Vincent de Beauvais

Vincent de Beauvais (né vers 1184 / 1194 à Boran-sur-Oise - mort en 1264 à l'abbaye de Royaumont)[1] est un frère dominicain français, auteur, entre autres, d'une encyclopédie constituant un panorama des connaissances du Moyen Âge.

Vincent de Beauvais
Vincent de Beauvais
Vincent de Beauvais
Données clés
Naissance vers 1184 / 1194
Boran-sur-Oise
Décès
Abbaye de Royaumont
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture latin
Mouvement Renaissance du XIIe siècle
Genres
encyclopédie

Œuvres principales

  • Speculum maius (1263)

Une vie presque inconnue

On ignore presque tout de la vie de Vincent de Beauvais. On pense qu'il a appartenu au couvent des dominicains de Paris, entre 1215 et 1220, et à celui de Beauvais, fondé par Louis IX.

Il est à peu près certain qu'il a été lecteur à l'abbaye cistercienne de Royaumont dans le Val-d'Oise, fondée également par Louis IX entre 1228 et 1235. Le roi, comme la reine Marguerite, son fils Philippe et son beau-frère Thibaut II de Navarre, lui ont commandé de nombreuses œuvres.

Œuvres

Speculum maius

L'œuvre majeure de Vincent est son Speculum maius, vaste compilation de la connaissance du Moyen Âge, commandée en 1246 par Louis IX (Saint Louis), achevée en 1263 et maintes fois rééditée jusqu'en 1624[2]. Il en reste deux copies complètes et trois cents copies partielles, dont la plupart correspondent au Speculum historiale, dont on possède trente-sept copies intégrales[3].

Avec ses 4 500 000 mots[4], cet ouvrage restera la plus considérable encyclopédie du monde occidental jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Il est constitué de trois parties, qui suivent la classification des sciences de Hugues de Saint-Victor :

Vincent of Beauvais's Speculum Maius 1473
Speculum maius de Vincent de Beauvais
  • Speculum naturale (Miroir de la nature),
  • Speculum doctrinale (Miroir de la doctrine ou science rationnelle) et
  • Speculum historiale (Miroir de l'histoire).

Au total, cet ouvrage compte 80 livres et 9 885 chapitres. Chaque partie s’ouvre sur un sommaire, afin que « le lecteur ne perde pas son temps à tourner les pages à l’aveuglette ».

« J’ai eu l’idée de réunir en un seul volume, condensé et ordonné, selon un agencement de mon invention, des extraits choisis parmi tout ce que j’ai pu lire… » explique Vincent de Beauvais dans son Prologue et, plus loin, « je traite selon l’ordre de la sainte Écriture en premier lieu du Créateur, puis des créatures [qui font l’objet du Speculum naturale], de la chute et de la restauration de l’homme [objet du Speculum doctrinale], ensuite des faits et des gestes historiques selon la chronologie [Speculum historiale] »[5].

L'ouvrage original ne comportait pas d'index, mais le Specuclum historiale a été indexé soixante-dix ans après sa composition, vers 1320, par Jean de Hautfuney, qui deviendra évêque d'Avranches. Le lecteur pouvait toutefois s'y retrouver grâce à une organisation très rigoureuse : le Speculum naturale suivait l'ordre de la création en six jours selon la Genèse, tandis que le Speculum historiale suivait l'ordre chronologique. La division en courts chapitres aidait aussi à la consultation[6].

Speculum naturale

Speculum naturale, ou Miroir de la nature, est divisé en 32 livres et 3718 chapitres. C'est le résumé de l'histoire naturelle de son temps, composée d'une mosaïque de citations d'auteurs latins, grecs, arabes et même hébraïques, dont Vincent donne les sources. Comme partout dans le Speculum maius, il n'hésite pas à faire ses propres remarques (en les faisant précéder de la rubrique Auctor (L'auteur).

Le premier livre parle de la Création et constitue un commentaire de la Genèse.

Le deuxième livre traite des constituants du monde : la lumière, la couleur, les quatre éléments, ainsi que de Lucifer et des anges déchus.

Les troisième et quatrième livres traitent de l'âme et du temps, ainsi que de phénomènes atmosphériques tels que le ciel, la pluie et le tonnerre.

Les livres V à XIV traitent de la mer et des rivières, de l'agriculture, des métaux, des pierres précieuses et des plantes (171 chapitres sur les herbes, 134 sur les semences et les graines). En fonction de chaque espèce, Vincent, lorsqu'il le peut, donne des informations sur son utilisation dans la médecine. Il adopte un classement alphabétique.

Le livre XV traite des phénomènes astronomiques comme la lune, les étoiles, le soleil et les saisons.

Les livres XVI et XVII abordent les volailles (161 chapitres) et les poissons (46 chapitres). L'ordre y est à nouveau alphabétique et Vincent fait référence aux utilisations médicales.

Les livres XVIII à XXII traitent des animaux sauvages ou domestiques, tels que les chiens, les serpents, les abeilles et les insectes. Les deux derniers livres abordent plus particulièrement la physiologie.

Les livres XXIII à XXVIII traitent de la psychologie, de la physiologie et de l'anatomie de l'être humain, de ses cinq sens et de ses organes, de son sommeil, de ses rêves, de sa mémoire, etc.

Les quatre derniers livres constituent un complément aux précédents. Le dernier résume les connaissances géographiques et historiques de l'année 1250.

Speculum doctrinale

Speculum doctrinale, ou Miroir de la doctrine, est constitué de 17 livres et 2374 chapitres. Il s'agit d'une sorte de manuel pour étudiants qui traite de choses variées : arts mécaniques, scolastique, tactique militaire, etc. Il ne se limite donc pas à l'histoire naturelle mais traite aussi de logique, de rhétorique, de poésie, de géométrie, d'astronomie, de l'éducation ou des passions humaines, de l'anatomie, de la chirurgie et de la médecine, du droit.

Le premier livre commence par aborder la philosophie avant de fournir un vocabulaire latin de 6 000 à 7 000 mots. La grammaire, la logique, la rhétorique et la poésie sont traitées dans les livres II et III. Le livre III comporte plusieurs fables bien connues comme celle du Lion et de la Souris. Les livres IV et V traitent de la vertu et de sujets similaires.

Le livre VI traite de sujets assez différents : on y trouve des conseils pour la construction des maisons, le jardinage, l'élevage et la viticulture. Il inclut une sorte d'almanach pour chaque mois de l'année.

Les livres VII à IX font référence aux arts politiques et énoncent des règles pour l'éducation des princes. Ils contiennent aussi des éléments de droit civil, criminel et canonique. Le livre IX traite aussi de commerce, de chasse et navigation.

Les livres XII à XIV traitent de la médecine et donnent notamment des conseils pour préserver sa santé.

Le livre XV peut être considéré comme un résumé du Speculum Naturale.

Le livre XVI traite des mathématiques ainsi que de la musique, la géométrie, l'astronomie, l'astrologie, des poids et mesures et de la métaphysique. Vincent connaît parfaitement les chiffres arabes bien qu'il ne les appelle pas par leur nom et préfère utiliser les mots digitus et articulus.

Les développements consacrés la musique occupent les chapitres 10 à 35 du livre XVI. Il traite de la théorie, sinon de la philosophie de la musique, et non de la pratique. Sa source principale est Boèce (v. 480-524/5) à qui il emprunte beaucoup. L'ouvrage s'adresse à des étudiants cherchant une culture générale assez sommaire, puisque rien n'est fait dans l'ouvrage pour agrémenter le texte des aspects concrets.

Speculum historiale

Speculum historiale, ou Miroir de l'histoire/Miroir historial, énumère « les faits et les gestes historiques selon la chronologie » depuis la Création du monde jusqu'au milieu du XIIIe siècle. Cette section a eu beaucoup plus de succès que les autres[7].

Le texte comprend de nombreux extraits d'œuvres littéraires, philosophiques et théologiques insérées au fil du récit des événements historiques, notamment, pour le XIIIe siècle, des extraits de l’Histoire des Mongols appelés par nous Tartares de Jean de Plan Carpin et de l’Histoire des Tartares de Simon de Saint-Quentin.

Autres œuvres

Vincent de Beauvais a également composé :

  • Liber de sancta Trinitate (Livre sur la Sainte trinité)
  • Tractatus de poenitentia (Traité de la Pénitence)
  • Liber de laudibus beatae Virginis (Livre de louange sur la Sainte Vierge)
  • Liber de laudibus Johannis Evangelistae (Livre de louange sur Jean l’Évangéliste)
  • Liber gratiae (Livre de la grâce)
  • De eruditione filiorum nobilium (De l'érudition des fils de la noblesse): traité destiné à l'éducation de Philippe III le Hardi, fils de Saint Louis, et dédié à Marguerite, sa mère.
  • Liber consolatorius ad Ludovicum regem de morte filii (Livre de consolation pour le roi Louis sur la mort de son fils)
  • Epistola consolatoria de morte amici (Épitre consolatrice sur la mort d'un ami)
  • De morali principis institutione (De l'institution morale du prince)
  • Expositio in orationem dominicam (Exposition sur la prière dominicale)
  • Tractatus in salutatione beatae Virginis Mariae ab angelo facta (Traité sur la salutation de la Sainte Vierge Marie faite à l'ange)
  • Sermones (Sermons)
  • Memoriale temporum (Mémorial des temps) (vers 1250). Compendium en 80 chapitres du Speculum maius.

Éditions modernes

  • Speculum majus : Bibliotheca Mundi Vincentii Burgundi … Speculum quadruplex, Naturale, Doctrinale, Morale, Historiale (1244), Douai, 1624 ; reprint, Graz, 1965. Traduction anglaise par William Caxton (1481) : The mirrour of the world, Amsterdam, Theatrum Orbis Terrarum, 1979, 2000 p.
  • De l’Institution morale du Prince, éd. établie, présentée et annotée par Charles Munier, Paris, éd. du Cerf, coll. "Sagesses chrétiennes", 2010.
  • De Morali Principis Institutione, éd. Robert J. Schneider, Corpus Christianorum, Continuatio Mediaevalis, 137, Turnhout, Brepols, 1995.
  • De eruditione filiorum nobilium, éd. A. Steiner, Cambridge, Mediaeval Academy of America, 1938

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Ann M. Blair, Too much to know : Managing Scholarly Information before the Modern Age, New Haven, Yale University Press, , 397 p. (ISBN 9780300165395)
  • Henri-Louis Duclos (abbé), Histoire de Royaumont : Sa fondation par Saint-Louis et son influence sur la France, Tome Premier, Ch. Douniol, Paris 1867, 696 p.; p. 239-265. Lire sur Google livres
  • Serge Lusignan et Monique Paulmier-Foucart, « Vincent de Beauvais et l'histoire du Speculum maius », Journal des savants, 1990, 1, 1-2, p. 97-124. En ligne.
  • Serge Lusignan, Préface au Speculum maius de Vincent de Beauvais : réfraction et diffraction, Montréal-Paris, Bellarmin-Vrin, 1979, 146 pages.
  • Serge Lusignan, "La Réception de Vincent de Beauvais en langue d'oïl", dans Wissensorganisierende und wissensvermittelnde Literatur im Mittelalter : Perspektiven ihrer Erforschung : Kolloquium 5.-7. Dezember 1985, 1987, p. 34-35.
  • Serge Lusignan, Monique Paulmier-Foucart et Monique Duchenne, Lector et compilator Vincent de Beauvais, frère prêcheur : Un intellectuel et son milieu au XIIIe siècle, Créaphis, coll. « Rencontres à Royaumont », , 450 p. (ISBN 978-2907150682)
  • Monique Paulmier-Foucart, Vincent de Beauvais et le Grand Miroir du monde, Turnhout, Brepols 2004.
  • Jacques Verger, La musique et le son chez Vincent de Beauvais, in La place de la musique dans la culture médiévale, Actes du colloque, Fondation Singer-Polignac, 25 octobre 2006, Éd. Brépols, 2007, 152 p. (ISBN 978-2-503-52520-4)

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Henri-Louis Duclos (abbé), Histoire de Royaumont : Sa fondation par Saint-Louis et son influence sur la France, Tome Premier, Ch. Douniol, Paris 1867, 696 p.; p. 240-244.
  2. Bibliotheca Mundi seu Speculi maioris Vincentii Burgundi... tomus secundus, Douai, 1624
  3. Blair 2010, p. 43.
  4. Blair 2010, p. 36.
  5. Fiche BNF
  6. Blair 2010, p. 44.
  7. Serge Lusignan et Monique Paulmier-Foucart, 1990, p. 97.
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Arnold de Saxe (philosophe)

Arnold de Saxe (connu sous les noms de Arnoldus Saxo ou Arnoldus Luca dans les manuscrits qui conservent son œuvre, appelé aussi Arnoldus de Saxonia par Vincent de Beauvais) est un philosophe allemand du XIIIe siècle, auteur d'ouvrages de philosophie naturelle, de médecine et de morale.

Bataille du confluent

La bataille du confluent est une bataille s'étant déroulée en 121 av.ne., opposant les troupes alliées des peuples arverne et allobroge aux légions romaines du consul Q. Fabius Maximus. Les Arvernes étaient menées par le roi Bituit selon Tite Live (Épitomé, 61).

Le combat est gagné par les troupes romaines et permet ainsi à Rome d'annexer le sud de la Gaule, depuis la côte méditerranéenne jusqu'au cours moyen du Rhône (-121), donnant ainsi naissance à la Provincia Romana ou Narbonnaise.

Bituitos

Bituitos est un roi des Arvernes du IIe siècle av. J.-C. Il a succédé à son père Luern sur le trône et fut vaincu par les Romains en -121.

On peut aussi trouver son nom sous les formes de Betultich, Betultus ou Bituit. La racine celte de son nom bitu aurait le sens de « monde ».

L'état fragmentaire de nos sources, et leur caractère parfois difficilement conciliable, sinon contradictoire, rendent le récit de la confrontation entre Bituitos et les romains en partie incertain.

Décès en 1267

Cette page dresse une liste de personnalités mortes au cours de l'année 1267 :

17 mars : Pierre de Montreuil, architecte français.

31 août : Jean Ier de Chalon, comte de Chalon, comte d'Auxonne et seigneur de Charolais, puis sire de Salins et régent du comté de Bourgogne.

23 septembre : Béatrice de Provence, comtesse de Provence et de Forcalquier.

9 octobre : Othon III de Brandebourg, margrave de Brandebourg avec son frère Jean Ier.

novembre : Hugues II de Chypre, roi de Chypre et de Plaisance d'Antioche.

6 novembre : Poppo von Osterna, 9e grand maître de l'ordre Teutonique.

14 décembre : Casimir Ier de Cujavie, duc de Cujavie, de Ląd, de Wyszogród, de Sieradz, de Łęczyca et de Dobrzyń.

Agnès du Palatinat, duchesse de Bavière.

Chakna Dorjé, enseignant impérial de Kubilai Khan de la dynastie Yuan mongole, siégeant au Temple Zhenjue à Pékin.

Constantin Ier Bardzabertsi, Catholicos de l'Église apostolique arménienne.

Sylvestre Guzzolini, religieux italien, fondateur de l'ordre des Sylvestrins.

Mathilde de Brabant, comtesse de Hollande.

Vincent de Beauvais, frère dominicain français, auteur, entre autres, d'une célèbre encyclopédie.

date incertaine (vers 1267)

Raimond II Trencavel, membre de la maison Trencavel.

Elucidarium

L’Elucidarium ou Elucidarius (littéralement Élucidaire ou Lucidaire en latin car « il élucide l’obscurité d’une variété de choses ») est un ouvrage de théologie chrétienne et de croyances folkloriques médiévales de type encyclopédique écrit à la fin du xie siècle par Honoré d’Autun, sous l'influence d'Anselme de Cantorbéry et de Jean Scot Érigène.

L’ouvrage est construit sous la forme d’un dialogue questions-réponses entre un maître et son disciple. Il comporte trois parties. Le premier livre porte sur Dieu, la création des anges, des hommes et l’enfance du Christ. Le deuxième discute la nature divine du Christ et la fondation de l’Église. Le troisième porte sur la fin des temps et décrit en détail le jugement dernier, les peines du purgatoire et de l’enfer, et les joies du paradis.

Immensément populaire dès sa publication, cet ouvrage a été recopié durant tout le Moyen Âge, de manière comparable au Speculum maior de Vincent de Beauvais. Plus de 300 copies manuscrites de la version latine originale ont subsisté. Le livre a de plus été traduit en plusieurs langues : ancien français, ancien occitan, moyen haut-allemand, vieux norrois, moyen gallois etc.

Encyclopédisme médiéval

L'encyclopédisme médiéval est le mouvement intellectuel de production de compilations du savoir destinés aux milieux cultivés entre le VIe siècle et le XVe siècle.

Jean de Plan Carpin

Giovanni dal Piano dei Carpini, ou Plano Cerpini, en français : Jean de Plan Carpin, né vers 1182 à Pian del Carpine en Ombrie et mort le 1er août 1252 à Antivari en Dalmatie, est un religieux franciscain italien du XIIIe siècle, légat du pape Innocent IV en Mongolie (1245-1247), puis évêque d'Antivari. C'est l’un des premiers Européens à laisser un récit de voyage en Asie centrale.

Jean de Vignay

Jean de Vignay, Jehan de Vignay, ou Jehan du Vingnai (vers 1283 près de Bayeux - après 1340?) est un traducteur français de la première moitié du XIVe siècle, connu pour son énorme production de traductions du latin au français.

Jérôme de Moravie

Jérôme de Moravie, ou le Morave est un dominicain actif à Paris à la fin du XIIIe siècle, auteur d'un important traité sur la musique.

La Légende dorée

La Légende dorée (Legenda aurea en latin) est un ouvrage rédigé en latin entre 1261 et 1266 par Jacques de Voragine, dominicain et archevêque de Gênes, qui raconte la vie d'environ 150 saints ou groupes de saints, saintes et martyrs chrétiens, et, suivant les dates de l'année liturgique, certains événements de la vie du Christ et de la Vierge Marie.

Pour le médiéviste Philippe Walter, une mythologie chrétienne s'est ainsi constituée, « construite sur les croyances païennes que le christianisme dut assimiler dans le but de les contrôler ». Cet ouvrage a en effet inspiré prédicateurs et hagiographes du Moyen Âge tandis que les artistes médiévaux ont puisé leurs thèmes iconographiques dans le Speculum majus de Vincent de Beauvais.

Le Miroir royal

Le Miroir royal (en vieux norvégien Konungs skuggsjá) est une œuvre écrite par un auteur anonyme aux alentours de 1250, sous le règne du roi Håkon IV de Norvège, parent par alliance d’Alphonse X de Castille, et qui est considérée comme le texte fondateur de la littérature norvégienne. Cette somme de connaissances de l'époque portant sur la géographie, la zoologie (22 types de baleines y sont mentionnés), la navigation, le commerce voire la courtoisie et incluant une démonstration de la sphéricité de la Terre compte parmi les œuvres maîtresses d'un genre littéraire très riche apparu au XIIe siècle qui connut un tournant décisif, dans les années 1240, avec la parution de l’encyclopédie Speculum maius rédigée par Vincent de Beauvais, le genre littéraire du miroir. Dante mentionne l'ouvrage dans la partie « Il paradiso » de son poème, la Divine Comédie, sous le nom d’« Ancone ». Le texte a été traduit du vieux norvégien en français par Einar Már Jónsson et publié en 1997.

Les Divertissements pour un empereur

Les Divertissements pour un empereur (appelés également en latin : Liber facetiarum, Otia imperialia, Liber de mirabilibus mundi, Solatia imperatoris ou Descriptio totius orbis) sont un ouvrage encyclopédique de Gervais de Tilbury.

Ils furent à l'origine destinés au prince puis roi d'Angleterre, Henri le Jeune, mais à la suite du décès de celui-ci, il est remis à l'empereur Otton IV de Brunswick, en 1214 ou 1215.

Gervais de Tilbury le compléta durant toute sa vie, au début dans le but de distraire le prince anglais, d'où son premier titre, Liber facetiarum (Livre ou recueil de divertissements), un manuscrit aujourd'hui perdu. Puis Gervase, de 1210 à 1214, composa ses Otia Imperialia pour Otton. Cet ouvrage est contemporain d'autres sommes telles le Liber exceptionum de Richard de Saint-Victor ou les Speculum de Vincent de Beauvais.

Léproserie

Une léproserie (ladrerie, maladrerie ou maladière) est un lieu d'isolement et de prise en charge des malades de la lèpre.

Natura naturans

La Natura naturans (expression latine signifiant « Nature naturante ») est un concept qui, avec celui de Natura naturata (« Nature naturée »), forme une opposition philosophique classique.

« La nature naturante est Dieu, en tant que créateur et principe de toute action ; la nature naturée est l'ensemble des êtres et des lois qu'il a créés » (André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie).

Vincent de Beauvais en 1476 : « Nature se dit en deux acceptions : d'une part la Nature naturante, c'est-à-dire la loi suprême de la nature, loi qui est Dieu... ; d'autre part la Nature naturée » (Speculum quadruplex, XV, 4).

Simon de Saint-Quentin

Simon de Saint-Quentin (XIIIe siècle, fl. 1245-1248) était un moine dominicain et diplomate qui a accompagné Ascelin de Lombardie dans l’une des ambassades que le pape Innocent IV envoya aux Mongols en 1245.

Le compte-rendu de la mission, rédigé par Simon, est perdu dans sa forme originale mais une grande partie a été conservée par Vincent de Beauvais dans son « Speculum Historiale », où dix-neuf chapitres sont expressément déclarés être « ex libello fratris Simonis ».

Speculum humanae salvationis

Le Speculum humanae salvationis (latin : Miroir du salut humain) est une œuvre latine datée du premier quart du XIVe siècle. Ce traité de théologie est basé sur le principe de la typologie biblique, c'est-à-dire la confrontation de scènes du Nouveau Testament et de l'Ancien Testament. Le texte est anonyme. Même s'il a longtemps été attribué à Vincent de Beauvais, les spécialistes s'accordent pour y voir Ludolphe le Chartreux. Il s'agit d'une des œuvres les plus diffusées à la fin du Moyen Âge, faisant l'objet de nombreux manuscrits enluminés puis d'incunables.

Éale

L’éale est un animal imaginaire issu des descriptions de Pline l'Ancien et transformé au gré des bestiaires européens médiévaux.

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