Talmud de Babylone

Le Talmud de Babylone, aussi appelé Talmud Bavli, est l'un des deux talmuds existants (avec le Talmud de Jérusalem, aussi appelé Talmud Yeroushalmi) compilé autour du VIe siècle de notre ère au sein de la diaspora juive de Babylonie. Les traités du Talmud de Babylone sont regroupés, tout comme la Mishna qui en forme le socle, en six ordres appelés Sédarim. Chaque traité aborde un thème principal et de très nombreux autres thèmes aussi variés qu'inattendus.

Histoire du Talmud de Babylone

Après la compilation de la Mishna (vers 200), les Sages entreprirent d'approfondir et d'élargir son étude, à la fois en terre d’Israël (ce qui donna lieu au Talmud de Jérusalem) et dans la diaspora babylonienne (Talmud de Babylone). Ces sages sont appelés les Amoraïm (ce qui signifie les commentateurs).

L'étude de la Mishna comprenait la recherche du raisonnement derrière les Halakhot et la révélation de la dépendance de la Torah aux Halakhot de la Mishna. Le débat autour de sujets soulevés dans le Talmud inclut les discussions qui étaient menées en Israël et dans la diaspora.

Chaque page de Talmud comprend aussi les Mishnayot et les références indiquées par le mot « matni » (abréviation de matnitine, Mishna en araméen). Après chaque section de la Mishna, la Gémara écrit les références en lettres « Gam » (abréviation de Gémara) qui signifie : débat talmudique.

Le Talmud de Babylone, compilé au sein de la diaspora babylonienne, autour du VIe siècle de notre ère, est très complet, bien connu et aussi plus étudié que le Talmud de Jérusalem. Il est écrit en araméen mêlé d'hébreu. L'ordre du Talmud et l'ordre des divers sujets traités furent fixés à des moments différents, par les Amoraïm.

Le premier traité fut imprimé en 1475. En 1520 pour la première fois, l'intégralité du Talmud babylonien fut imprimé à Venise.

Exégèse et nouveaux concepts du Talmud

Le Talmud de Babylone est accompagné de commentaires par Rashi (1040-1105). Avec le temps, d'autres commentaires furent rajoutés. Parmi ceux-ci, on peut mentionner les travaux rédigés dans les Baté Midrash en France et en Allemagne pendant les XIIe et XIIIe siècles, appelés les Tossafot.

Outre les commentaires de Rashi, de nouveaux concepts (Hidoush) de la Gémara furent rédigés dans les Tossafot et autres annotations. Le premier livre de nouveaux concepts fut Hidoushé HaRamban de Nahmanide (1194-1270). Il fut suivi de : Hidoushé haRashba de Rabbi Shlomo ben Aderet (1235-1310) et Hidoushé HaRitva de Yom Tov Asevilli (1250-1330) ainsi que le Rav Menahem HaMéiri - Beit HaBéhira (1249-1315) et la Shita Mékoubetset du Rabbin Bétsalel Ashkénazi de Jérusalem (du XVIe siècle).

Composition du Talmud de Babylone

I - Zéra'im (semences)

Cet ordre traite principalement des lois relatives à l'agriculture et aux bénédictions. Son traité le plus long est celui traitant des bénédictions.

  • Berakhot : (bénédictions)
  • Pea : (coin) traite du fait qu'on ne doit pas moissonner les épis des coins de son champ, afin d'en laisser la disposition aux pauvres
  • Demai : (doute) traite des précautions à prendre pour s'assurer de la pureté rituelle, dont le prélèvement de la dîme
  • Kilaym : (mélanges) traite des croisements de semences interdits
  • Chevi'it : traite de l'année sabbatique
  • Ma'asser cheni : (seconde dîme)
  • Bikourim : (prémices) traite des offrandes à faire sur les premières récoltes

II - Mo'èd (rendez-vous / fête)

Cet ordre traite principalement des lois relatives au calendrier comme le chabbat et les fêtes. Il est composé de douze traités :

  • Chabbat : les lois de shabbat, principalement, les trente-neuf catégories de travaux (melakhot) interdits par la Torah ainsi que les interdits imposés par les Sages à titre de précautions supplémentaires ;
  • Erouvin : les lois du Chabbat relatives aux domaines privés où, par décret rabbinique, il est interdit de porter, ainsi que les moyens permettant de fusionner de tels domaines afin de pouvoir y porter ; la distance de 2 000 amot autour du lieu de résidence d'une personne, au-delà de laquelle on ne peut aller le chabbat (te'houm chabbat), et les moyens d'augmenter cette distance dans une direction ;
  • Péssa'him : les lois du hametz et de la matza, le sacrifice de Pessah et le Seder ;
  • Chékalim : les lois concernant la taxe annuelle d'un demi-Shekel dont chacun devait s'acquitter, et qui servait à financer les offrandes communautaires dans le Temple ;
  • Yoma : les lois de Yom Kippour (essentiellement le service du Temple en ce jour) et les lois concernant ce jour de jeûne ;
  • Soucca : les lois de Souccot, telles que la construction de la soucca, et l'obligation d'y habiter, les Quatre Espèces, la fête de Sim'ha Beit HaChoéva qui avait lieu dans le Temple, et Hoshanna Rabba ;
  • Beitsa : les lois spécifiques à l'accomplissement de travaux les jours de Fête ; approche détaillée des nombreuses lois de mouktsé qui s'appliquent à la fois au chabbat et aux fêtes ;
  • Roch hachana : la procédure permettant de déterminer la date de la nouvelle lune et son annonce, les règles du chofar et l'ordre des sonneries, les prières de Roch Hachana ;
  • Taanit : les prières spéciales ajoutées aux prières quotidiennes pour demander la pluie, les jours de jeûne décrétés durant les périodes de sècheresse, de guerre ou de danger généralisé, les lois de Tisha Beav ;
  • Méguila : les lois de Pourim et de la lecture de la Meguilat Esther, les lois concernant la synagogue et la lecture de la Torah. Traité dans lequel on voit discuter de l'authenticité de certains textes bibliques en comparant les témoignages grecs et hébreux ;
  • Mo'èd katane : les lois de Hol HaMoèd (les Jours de Fêtes Intermédiaires), les lois du deuil ;
  • Haguiga : l'obligation qu'a chaque homme juif adulte de se présenter dans le Temple lors des Trois Fêtes de Pèlerinage et l'offrande spécifique à la fête que chaque pèlerin amène à cette occasion.

III - Nachim (femmes)

Cet ordre traite principalement des lois relatives au mariage et de sujets qui y sont liés comme le divorce ou la fidélité conjugale mais aussi des vœux et du naziréen. Il est composé des sept traités :

  • Yévamot : (belles-sœurs) traité des lois du lévirat ;
  • Ketouvoth : (contrats de mariage) traité des contrats de mariage et des règles du bon mariage ;
  • Nédarim : (vœux) traité des lois des vœux ;
  • Nazir : (l'abstinent) traité qui évoque des vies d'ascètes et donne des règles de sanctification, en particulier autour du nezirat ;
  • Sota : (la perverse) traité de la femme soupçonnée d'infidélité ;
  • Guitine : (certificats de divorce) traité des lois du divorce ;
  • Kidouchine : (consécration nuptiale) traité des lois du mariage et des acquisitions diverses.

IV - Nézikin (dommages)

Cet ordre traite principalement des lois relatives aux droits civil et pénal, de l'idolâtrie, d'éthique et de morale. Il est composé de huit traités :

  • Baba kamma : (première porte) traite des dommages corporels et matériels, ainsi que de leur réparation ;
  • Baba metsi'a : (porte intermédiaire) traite des lois sur les objets perdus, les prêts, les salaires ;
  • Baba bathra : (dernière porte) traite des associations, ventes, héritages ;
  • Sanhédrine : traite des tribunaux et de leur fonctionnement, ainsi que des crimes capitaux ;
  • Makkott : (punitions corporelles) ;
  • Chevou'ot : (serments) ;
  • Edouiyoth (témoignages) : extraits de discussions et controverses tirées de la Mishna ;
  • Avoda zara : (cultes étranger) traite de l'idolâtrie ;
  • Horayot : (décision légale) traite de la léïcité des décisions.

V - Kodachim (objets sacrés)

Cet ordre traite principalement des lois relatives à l'abattage rituel (che'hita), aux sacrifices et au Temple. Il est composé de dix traités :

  • Zéva'him : sacrifices ;
  • Ména'hot : offrandes ;
  • Houlin : choses profanes, quotidiennes ;
  • Békhorot : premiers-nés ;
  • Arakhine : évaluation des personnes et offrandes ;
  • Témoura : substitution - échanges d'animaux consacrés au Temple ;
  • Kritout : fautes punies par le retranchement (mort soudaine) ;
  • Mé'ila : empiètement - utilisation illégale de la propriété du Yemple ;
  • Tamid : offrandes permanentes ;
  • Midoth: dimensions du second Temple.

VI - Taharoth (puretés)

Cet ordre traite principalement des lois relatives à la pureté et à l'impureté rituelle. Il est composé de très courts traités, le principal étant le nidda (pour le Talmud) :

  • Kelim : (ustensiles) traite de la pureté rituelle des objets ;
  • Nega'im : (plaies) traite de l'impureté liée à la lèpre;
  • Nidda : (période d'isolement) traite des règles de l'impureté liée à la menstruation. Il inclut d'autres types d'impuretés, liées à la grossesse ou à la sexualité ;
  • Yadaiym : traite de la pureté des mains ;
  • Ouketsin : traite de l'impureté liée aux produits de la mer.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Le texte

  • texte hébreu [1]
  • trad. anglaise : The Babylonian Talmud, trad. Michael L. Rodkinson, 10 vol., 1918 [2]
  • trad. française : Le Talmud de Babylone traduit en langue française et complété par celui de Jérusalem et par d'autres monuments de l'antiquité judaïque (1831), trad. abbé Luigi Chiarini (abbé), Ulan Press, 2012, 390 p. [3]
  • La Guemara. Le Talmud de Babylone, trad. par les membres du rabbinat français sous la direction de M. le rabbin Élie Munk, Colbo, 1972-1986.
    • Livre II, traité 1 : Chabbat, trad. Désiré Elbèze, Colbo/Keren hasefer ve-halimoud, 1972-1977, 2003, t. I 122 p., t. II 227 p., t. III 404 p., t. IV 154 p., t. V 186 p.
    • Livre II, traité 4 : Pessahim, trad. Israël Salzer (1984), Folio, coll. "Folio essais", 2003, 755 p.
    • Livre II, traité 5 : Yoma, trad. Israël Salzer, Colbo/Keren hasefer ve-halimoud/Presses du temps présent, 1980, t. I 207 p., , t. II 208 p.
    • Livre II, traité 8 : Roch hachana, trad. J. D. Frankforter, C.L.K.H./Keren hasefer ve-halimoud/Presses du temps présent, t. I 1974 [I-II] XVIII-102 p.
    • Livre II, traité 10 : Meguilla, trad. Israël Salzer, C.L.K.H., 1978, 186 p.
    • Livre II, traité 12 : Haguigua, trad. Israël Salzer, Verdier, 1991, 210 p.
    • Livre IV, traité 4 : Sanhédrin, trad. Israël Salzer, C.L.K.H./Presses du temps présent, 1969, 571 p.

Études

Liens externes

  • Portail de la culture juive et du judaïsme
Académies talmudiques en Babylonie

Les académies talmudiques (yeshivot) de Babylonie, également appelées les académies gaoniques, bien qu'elles aient été fondées à la période des docteurs du Talmud, quelques siècles plus tôt, étaient le centre de l'éducation juive et du développement de la Loi juive en Mésopotamie d'à peu près 220 EC à 1038 EC (ou, selon les dates hébraïques, de 3980 AM à 4798 AM). C'est sur leur modèle que furent conçues les académies talmudiques ultérieures.

Le principal travail de ces académies fut la compilation du Talmud de Babylone, amorcée par Rav Achi et Ravina, les deux dirigeants spirituels de la communauté juive de Babylone, vers l'année 550. Le travail éditorial de leurs successeurs, les Savoraïm, continua sur ce texte pendant les 250 ans qui suivirent, ne s'achevant qu'aux alentours de l'an 700. Les deux académies les plus célèbres étaient localisées à Soura et Poumbedita; la première fut pendant longtemps prédominante, mais son autorité déclina vers la fin de la période gaonique, et le gaonat de Poumbedita prit l'ascendant. D'autres yeshivot étaient également localisées à Nehardea, Mahoza, Mata Mehassia (souvent confondue avec Soura), Firouz Shabour, etc.

Pour les Juifs de la période des Amoraïm et des Gueonim (correspondant à l'antiquité tardive et au haut Moyen Âge), les académies babyloniennes occupèrent la même fonction que l'ancien Sanhédrin, celle d'un concile d'autorités spirituelles juives. Les académies furent fondées en Babylonie pré-islamique, sous la dynastie sassanide zoroastrienne ; elles étaient situées non loin de la capitale sassanide, Ctesiphon, qui était en ce temps la plus grande ville du monde. Elles furent en fonction pendant quatre cents ans sous le califat islamique, après la conquête de la Perse au VIIe siècle.

Pendant la période des Amoraïm, les yeshivot fondées par Rav et Shmouel furent le siège de l'élaboration, la transmission, la compilation et la rédaction du Talmud de Babylone. Les académies de Soura et Poumbedita, dans laquelle a été transféré le collège de Nehardea, sont considérées comme les seuls centres d'étude majeurs, bien que des centres moins importants, généralement périphériques, exercent quelque influence. Elles sont les seules académies à survivre aux persécutions survenues à l'époque des Savoraïm, intermédiaire entre celles des Amoraïm et des Gueonim.

Les académies de Babylone prirent un ascendant considérable sur la vie juive au cours de la période des Gueonim. Ceux-ci, qui dirigeaient les grandes académies de Soura et Poumbedita, étaient généralement considérés comme les dirigeants spirituels de l'ensemble des communautés de la diaspora juive, à l'exception des possessions fatimides contemporaines (l'Égypte et la Syrie), dirigées par la Yeshiva de la terre d'Israël.

Selon l'épître de Sherira Gaon, qui sert de référence pour la période gaonique, le premier gaon de Soura fut Mar Rav Mar, qui en assuma la fonction en 609, et le dernier aurait été Samuel ben Hofni, décédé en 1034 (en réalité, il semble qu'au moins trois gueonim lui aient brièvement succédé, mais à sa mort, l'académie de Soura était déjà fermée) ; le dernier gaon de Poumbedita fut Hizqiah Gaon, déposé et torturé à mort en 1040, selon les sources traditionnelles (bien que les études modernes ne semblent pas les confirmer). Toutefois, il est généralement considéré que la période des Gueonim s'arrête à la mort de Haï Gaon, en 1038, couvrant donc approximativement 450 ans.

Amoraïm

Amoraïm (judéo-araméen: אמוראים, singulier אמורא Amora; « expositeurs ») est un terme générique pour désigner les docteurs du Talmud, qui opèrent entre la clôture du Mishna (circa 200 EC ["circa" signifiant "vers", et "EC" ou "CE" signifiant "après J.C."]) et la compilation des Talmuds (vers 400 EC pour le Talmud de Jérusalem, un siècle plus tard pour le Talmud de Babylone)

L'époque des Amoraïm voit s'affirmer, à côté du centre juif de la terre d'Israël, situé d'abord à Sepphoris, en Basse Galilée, puis à Tibériade, le centre babylonien, dont le pôle principal est l'académie de Soura, et accessoirement celle de Poumbedita. Bien que largement indépendants, une correspondance soutenue transmettait en terre d'Israël les questions de Babylonie et les enseignements « de l'ouest » à ceux-ci.

Anân

Anân ben Seth (חנן, Hanan en hébreu, Anne ou Hanne en français, ou encore Annas ou Ananus) est un Grand-prêtre du Temple de Jérusalem au début du Ier siècle. Né vers 23/22 AEC, il exerce cette charge vers 6-15 EC et meurt probablement vers l'année 40.

Anân est nommé par le gouverneur de Syrie Quirinius après la déposition d'Archélaüs, ethnarque de Judée, pour succéder à Yoazar ben Boethus, lui-même précédemment nommé par Archélaüs. Il est déposé par le préfet de Judée Valerius Gratus après l'accession de Tibère à la tête de l'Empire romain.

Il est à la tête d'une famille qui a donné six grands prêtres à l'époque hérodienne :

Éléazar ben Hanan (16–17)

Joseph Caïphe (18–36), marié avec la fille de Hanan (Anân)

Jonathan ben Hanan (36–37 et 52-56)

Théophile ben Hanan (37–41)

Matthias ben Hanan (43)

Hanan ben Hanan (63)En fait quelques familles influentes possèdent l'exclusivité de la fonction de grand prêtre.

Outre la famille d'Anân, il s'agit des familles de Boethus, Kathros, Phiabi et Kamith.

La famille d'Anân (Bet Hanin) est mentionnée dans le Talmud comme étant influente, mais agissant contre l'intérêt du peuple (T.B., Mishna Pessahim 4, page 57a). Le reproche suivant est ainsi rapporté au nom d'Abba Saül

« (...) Malheur sur moi à cause de la maison de Hanin [Hanan] ! Malheur sur moi à cause de leurs conciliabules (...) Ils sont grands prêtres, leurs fils sont trésoriers, leurs gendres administrateurs et leurs esclaves frappent le peuple à coups de bâton. »

— Talmud de Babylone, Mishna Pessahim 4, page 57a

La famille d'Anân est mentionnée dans le Nouveau Testament. Avant d'être emmené devant le Sanhédrin pour y être jugé, Jésus est dans un premier temps présenté à Anân pour que celui-ci puisse l'interroger (uniquement dans l'Évangile selon Jean).

En 62, l'un de ses fils, le grand prêtre Hanan ben Hanan, fait lapider Jacques le Juste, le « frère de Jésus », avant l'arrivée du procurateur Albinus (62 – 64).

Ashkénaze

L'appellation Ashkénaze \aʃ.ke.naz\, Ashkenaze ou Achkenaze (au pluriel Ashkenazim) désigne les Juifs d'Europe centrale et orientale. Ils constituent avec les Séfarades et les Mizrahim l'un des principaux groupes ethniques juifs.

Leur nom vient du patriarche biblique Ashkenaz. Les communautés ashkénazes se sont principalement concentrées en Allemagne, en Pologne, en Russie, dans l'ancien Empire austro-hongrois et, de façon plus clairsemée, dans le reste de l'Europe centrale et orientale. Les Ashkénazes sont caractérisés par des coutumes, un héritage culturel et des traditions religieuses particulières. À la différence des communautés séfarades ou mizrahim, la langue vernaculaire des Ashkénazes est le yiddish, variété de moyen haut allemand enrichie d’emprunts à l’hébreu, au polonais et au russe.

Certaines sources attestent de leur présence dans toute l'Europe du nord-ouest au début du Moyen Âge. Les Ashkénazes constituent aujourd'hui la catégorie la plus nombreuse du judaïsme mondial.

Avot déRabbi Nathan

Avot deRabbi Nathan (hébreu : אבות דרבי נתן) est un traité extra-talmudique. Recensé en deux versions de 41 et 48 chapitres respectivement, la première étant habituellement imprimée aux côtés des traités mineurs, en appendice à l’ordre Nezikin du Talmud de Babylone, il ne semble cependant pas appartenir à ce genre et ressemble davantage à celui du Midrash. Toutefois, il élabore non sur un livre ou passage de la Bible mais sur un traité de la Mishna, en l’occurrence une version du traité Avot antérieure à celle qui sera canonisée par Juda Hanassi et qui était, selon la tradition, enseignée dans l’académie de Rabbi Nathan. Cependant, bien qu’attribué à ce docteur de l’ère de la Mishna, Avot deRabbi Nathan a vraisemblablement été composé à l’ère des gueonim. Son style est moins formel que celui du traité Avot et il contient nombre de traditions qui lui sont uniques.

Baba Batra

Baba Batra ou Bava Batra (araméen בָּבָא בָּתְרָא « la dernière porte ») est un traité de la Mishna possédant une gémara dans le Talmud de Babylone et dans le Talmud de Jérusalem. Baba Batra s'intéresse aux questions liées à la responsabilité individuelle et aux droits des détenteurs de propriétés. Avec Baba Kamma et Bava Metzia, il appartient à l'ordre Nezikin et les trois traités formaient à l'origine un seul long traité.

Dans l'édition classique du Talmud, Bava Batra compte 176 folio. Le commentaire de Rachi sur Bava Batra est incomplet. Il a été terminé par son petit-fils, le Rashbam.

Berakhot (traité)

Berakhot (Hébreu: ברכות, « Bénédictions ») est le premier traité (massekhet) du Seder Zeraïm ("Ordre des Graines") de la Mishna, la première compilation majeure de la loi orale juive. Le traité discute des règles du Shema, de la Amida, Birkat Hamazon (action de grâces après les repas), le Kiddoush (« Sanctification »), la Havdala (« Séparation ») et d'autres prières et bénédictions. Berakhot est le seul traité de Zeraïm à posséder une Guemara ("Complétion") tant dans le Talmud de Babylone que dans le Talmud de Jérusalem.

Gueonim

Les Gueonim, Gaonim ou ghe'onim (hébreu: גאונים, sing. Gaon גאון) sont, au sens strict, les autorités juives halakhiques faisant suite aux Savoraïm (Sages qui avaient fixé le Talmud de Babylone), et rashei yeshiva (directeurs) des deux grandes académies talmudiques de Babylonie, Soura et Poumbedita. Le titre pourrait cependant avoir été antérieur, et fut revendiqué par les dirigeants de la Yeshiva en terre d'Israël.

Le premier Gaon fut, selon la lettre de Sherira Gaon, Hanan d'Iskiya qui rouvrit la yeshiva de Poumbedita en 589 (4349 dans le calendrier hébraïque). On considère traditionnellement le décès de Haï Gaon, en 1038 (4798 dans le calendrier hébraïque), comme clôturant la période gaonique, bien qu'une académie talmudique ait subsisté à Bagdad. Comme cette période coïncide de près avec la première ère de domination musulmane du Moyen-Orient, certains historiens modernes étendent la période au XIIe siècle, date effective de la fin de la dite domination musulmane.

Au cours de cette période, le Talmud de Babylone est érigé en norme, au terme d'une lutte âpre entre le puissant centre babylonien et l'antique centre palestinien du judaïsme ; les Gueonim de Babylone développent la littérature des responsa et décrètent des taqqanot (règles, mises au point) sur des sujets pour lesquelles aucune règle n'avait été établie du temps de leurs prédécesseurs, assurant la direction spirituelle de la diaspora juive dans sa quasi-entièreté ; l'école de Tibériade impose sa version du texte massorétique, mais la vocalisation tibérienne de l'hébreu se perd ; le caraïsme, un courant contestant la tradition rabbinique se lève, et prône un retour à la terre d'Israël, en vue de hâter la venue du Messie ; le judéo-araméen cède le pas au judéo-arabe, à la suite de quoi une littérature judéo-arabe, fortement influencée par la culture musulmane, se développe et aborde des sujets extérieurs à la tradition, dont la poésie et la philosophie ; les premiers livres de prière sont élaborés ; la communauté juive établie en terre d'Israël est massacrée, et le centre d'études détruit, au cours de la Première Croisade, qui ensanglante également le judaïsme européen.

Gémara

La Gémara / guemara (mot signifiant « achèvement, perfection » en hébreu, ou « étude » en araméen, langue dans laquelle est rédigé cet ouvrage) est un commentaire de la Mishna qui la relie plus clairement au Tanakh.

Hazal

Ḥaza"l (חכמינו זכרם לברכה Ḥakhamenou, zikhram livrakha « nos sages, de mémoire bénie ») est un terme générique désignant, dans le judaïsme rabbinique, les dirigeants spirituels du peuple d'Israël et les décisionnaires en matière de Halakha (Loi juive) dans la période s'étendant du Second Temple à la clôture du Talmud de Babylone, au VIe siècle de l'ère commune.

Les Sages se situent à une période cruciale de l'histoire juive, où les Juifs passent d'un statut de nation juive centrée autour de leur terre, la Judée et de leur Temple, à un peuple dont le centre est principalement spirituel. Ils jouent un rôle crucial dans la transmission des traditions orales juives rabbiniques, sous forme orale d'abord, écrite ensuite.

Isaac ben Jacob Alfassi

Isaac ben Jacob Alfassi, aussi orthographié Yitshak ben Yaakov Hacohen Alfassi, (1013–1103), également appelé Ri"f (רי"ף, acronyme de Rav Itshak AlFasi), est un rabbin médiéval, décideur halakhique.

Son grand-œuvre, le Sefer HaHalakhot (ספר ההלכות) est considéré comme le premier ouvrage majeur de littérature halakhique.

Son code, compilation du Talmud de Babylone, est l'un des « Trois Piliers de la Halakha », sur lesquels se basent le Arbaa Tourim (les "Quatre Colonnes") et le Choulhan Aroukh.

Littérature gaonique

La littérature gaonique (hébreu : ספרות הגאונים sifrout hagueonim) désigne l’ensemble de la production littéraire des gueonim, directeurs des académies talmudiques de Babylonie, au cours d’une période s’étendant approximativement de 600 à 1040 EC.

Figures centrales pour la majeure partie du monde juif en leur temps et successeurs des docteurs du Talmud babyloniens, les gueonim de Soura et Poumbedita visent à imposer le Talmud de Babylone au détriment du Talmud de Jérusalem par le biais de milliers de responsa où le Talmud de Jérusalem n’a, pendant longtemps, pas droit de cité, de codes ou monographies légales et des premiers commentaires du Talmud. Saadia Gaon et ses successeurs élargissent leur champ d’activité, intégrant les savoirs développés en terre d’Israël et abordant, sous l’influence du monde arabe, la linguistique, la théologie, l’histoire et l’éthique.

Romaniote

Les Romaniote (Ρωμανιώτες Rōmaniōtes, « citoyens de l'Empire romain d'Orient ») forment un groupe ethnique juif de culture grecque, issu du judaïsme hellénistique, qui a vécu autour de la Méditerranée orientale et de la mer Noire pendant plus de 2 400 ans. Son importance est largement méconnue tant dans le domaine des études hellénistes et byzantines, que dans l'histoire du peuple juif.

Vivant dans la sphère d'influence des académies de la terre d'Israël, les Romaniote déterminent pendant longtemps la Loi juive en fonction du Talmud de Jérusalem (alors que la majorité du monde juif a adopté le Talmud de Babylone,,). Ils possèdent leur rite propre, leur langue propre et d'autres particularités, mais, avec l'arrivée des Juifs expulsés de la péninsule ibérique dans ce qui est devenu l'Empire ottoman, la culture romaniote se dissout progressivement dans celle des Séfarades. La communauté, décimée lors de la Shoah, ne compte plus qu'une dizaine de milliers de membres en Grèce et s'est en partie reconstituée en Israël et aux États-Unis.

Savoraïm

Les savoraïm ou rabbanan savoraeï (judéo-araméen: סבוראים « raisonneurs ») sont les Sages babyloniens de la période faisant immédiatement suite à celle des amoraïm (docteurs du Talmud).

Selon l’interprétation traditionnelle, les savoraïm, ne disposant plus de la liberté de promulguer la Loi par interprétation directe de la Mishna comme leurs prédécesseurs, auraient expliqué les raisonnements sous-jacents à leurs décisions. Les travaux de David Weiss-Halivni ont cependant suggéré que ces docteurs, dénommés par lui stammaïm, auraient joué un rôle bien plus important dans l’édition du Talmud de Babylone sous sa forme actuelle.

Seder Olam Rabba

Le Seder Olam Rabba (סדר עולם רבה Grand Ordre du monde) est le nom d'un traité consacré à la chronologie biblique et juive. Abondamment cité par les textes talmudiques, il est attribué au Tanna Yosé ben Halafta, qui vivait au IIe siècle de l'ère commune.

Il s'agit de la plus ancienne chronique conservée en hébreu. Selon la tradition, il aurait été écrit vers 160 par Yose ben Halafta, ce qui n'est pas invraisemblable, mais il a probablement été complété et édité ultérieurement.

Dans le Talmud de Babylone, cette chronique est mentionnée à plusieurs reprises, sous le titre de "Seder Olam" (Shab. 88a; Yeb. 82b; Nazir 5a; Meg. 11b; Av. Zara 8b; Niddah 46b), et est également citée comme telle par les plus anciens commentateurs bibliques, y compris Rachi. Toutefois, au XIIe siècle, on commença à désigner l'œuvre du nom de "Seder Olam Rabba, " afin de la distinguer d'une chronique plus tardive et plus petite, le Seder Olam Zoutṭa; le premier à désigner le Seder Olam Rabba ainsi fut Abraham ibn Yarḥi (Ha-Manhig, p. 2a, Berlin, 1855).

Sota (traité)

Le traité Sota (hébreu : שוטה / סוטה « déviante ») est le cinquième de l’ordre Nashim dans la Mishna et le Talmud de Babylone selon les éditions courantes, mais le dernier dans certains manuscrits et le Talmud de Jérusalem. Il a pour principal sujet l’épreuve de l'eau amère pour la femme soupçonnée d’adultère, discutant aussi d’autres rituels nécessitant une déclaration orale, comme le brisement de la nuque de la génisse et les règles d’exemption de la conscription militaire.

Talmud

Le Talmud (hébreu : תַּלְמוּד talmoud, « étude ») est l’un des textes fondamentaux du judaïsme rabbinique et la base de sa Halakha (« Loi »).

Rédigé dans un mélange d'hébreu et de judéo-araméen et composé de la Mishna et de la Guemara, il rassemble les discussions rabbiniques sur les divers sujets de la Loi juive telle qu’exposée dans la Bible hébraïque et son versant oral, abordant entre autres le droit civil et matrimonial mais traitant, au détour de ces questions, de points d’éthique, de mythes, de médecine, de génie et autres. Divisé en six ordres (shisha sedarim, abrégé Sha"s), il existe deux versions du Talmud, dites Talmud de Jérusalem et Talmud de Babylone.

Depuis sa clôture, le Talmud a fait l’objet de nombreux commentaires et exégèses, les uns tentant d’en extraire la matière légale, les autres d’en poursuivre les discussions en développant sa dimension casuistique, aboutissant à de savantes discussions et à des interprétations novatrices.

Talmud de Jérusalem

Le Talmud de Jérusalem (hébreu : תלמוד ירושלמי Talmoud Yeroushalmi) est une somme de commentaires et discussions rabbiniques sur la Mishna, depuis le IIe siècle jusqu’au Ve siècle. Contrairement à ce que son nom laisse entendre, il n’est pas rédigé à Jérusalem, alors interdite aux Juifs, mais dans les académies talmudiques de la terre d’Israël, qui se trouvent pour la plupart en Galilée. Certains préfèrent donc l’appeler Talmouda deEretz Israël ou Talmud d'Israël.

Écrit dans un mélange d’hébreu et de judéo-araméen occidental, il couvre, contrairement au Talmud de Babylone élaboré deux siècles plus tard, l’ensemble des traités de la Mishna. Sous la pression des circonstances historiques, il est plus concis, moins approfondi et moins édité que son équivalent babylonien (d’aucuns affirment qu’il n’a pas été édité du tout et que la version classique de ce Talmud serait en fait celle de l’académie de Sepphoris, dont les docteurs auraient fui vers l’est suite aux répressions de la révolte des Juifs contre Constantius Gallus). Les traités de l'ordre Neziqin présentent d'importantes différences de forme et de style par rapport aux autres traités, ce qui laisse penser qu'ils sont le fruit d'une composition plus ancienne (50 ans avant le reste du Talmud).

En raison de l’intense compétition d’influence au cours de la période des gueonim entre les académies babyloniennes et galiléennes — qui se solde à l’avantage des premiers, le Talmud de Jérusalem est délaissé à mesure que le Talmud de Babylone est érigé en norme. La négligence dont il fait l’objet entraîne la perte de nombreuses portions de ce Talmud, y compris l’intégralité de l’ordre Kodashim. Son étude demeure confidentielle jusqu’à l’ère contemporaine où elle est encouragée et promue par la rédaction de nouveaux commentaires appelés à faciliter la compréhension de ce texte ardu et d’autant plus sybillin qu’il reste fragmentaire et n’a pas fait l’objet d’un commentaire équivalent à celui de Rachi.

Tossafistes

Les tossafistes (en hébreu בעלי התוספות, baaléi tossafot, auteurs des Tossafot) sont des rabbins médiévaux du XIe au XIVe siècle. Localisés pour la plupart dans le centre historique du judaïsme ashkénaze, en France et en Allemagne, ils sont majoritairement anonymes.

Ils ont réalisé des tossafot, gloses et commentaires de plus de 30 traités du Talmud qui doublent le commentaire de Rachi. Certains tossafot, qui sont imprimés dans les éditions courantes du Talmud, sont appelés tossefot chelanou. Dans les éditions classiques du Talmud, ils sont imprimés en miroir du commentaire de Rachi.

Les premiers tossafistes sont les disciples immédiats de Rachi, parmi lesquels ses gendres et son petits-fils ainé, Samuel ben Meïr. Les suivants sont leurs disciples et descendants :

Jacob ben Samson, (début du XIIe siècle). Disciple de Rachi.

Rashbam (Samuel ben Meir; 1080-1171). Petit-fils aîné de Rachi, il lui servit de secrétaire, et composa le commentaire sur le Traité Bava Batra du Talmud de Babylone. Son commentaire de la Bible et du Talmud sont tout aussi réputés que ses Tossafot. Cependant, ils n'égalent pas la popularité des commentaires de son grand-père.

Rabbénou Tam (Yaacov ben Meïr, surnommé Tam -simple, parfait- comme Jacob dans la Bible). Né vers 1100, décédé en 1171, on dit de lui que, lorsque son grand-père Rachi mourut, Rabbenou Tam, âgé de quatre ans, dit à sa mère : ne t'inquiète pas de la lumière tombée, je la reprendrai ! Ce Tossafiste français fut l'un des plus importants de son temps, et on lui doit la matière principale des Tossafot du Talmud de Babylone, ainsi qu'une somme de "Responsa", réunies dans le Sefer Hayachar (le livre du Juste).

Abraham le Prosélyte (XIIe siècle). Originaire de Hongrie, il se convertit au judaïsme, et étudia auprès de Rabbenou Tam.

Bekhor Schor (Joseph ben Isaac). Exégète du Talmud, disciple de Rabbenbou Tam, poète et tossafiste, il vécut dans le Nord de la France notamment à Orléans.

Isaac ben Samuel de Dampierre dit le Ri (décédé en 1185). Tossafiste, neveu et disciple de Rabbénou Tam. Il fut l'un des grandes figures en Halakha du Judaïsme du Nord de la France et de l'Allemagne. Il enseigna dans la yeshiva de cette ville.

Elhanan ben Isaac de Dampierre (décédé en 1184). Tossafiste français fils du Ri, il subit le martyre dans des circonstances mal connues.

Isaac ben Abraham de Dampierre le Jeune. Successeur du Ri et frère de Samson ben Abraham de Sens, il dirigea la yeshiva de Dampierre jusqu'au début du XIIIe siècle. Il entretint une correspondance avec Meir ben Todros Abulafia de Tolède et son enterrement fut décrit par Rabbi Perez de Corbeil.

Yaakov ben Asher (environ 1270-1340). Autorité décisionnaire, fils et disciple du Rav Asher ben Yehiel (le Rosh). Il est l'auteur du code de loi Arbaa Tourim (les Quatre Colonnes).

Moïse ben Jacob de Coucy (XIIIe siècle). Tossafiste et prédicateur, il ramena, par milliers, les Juifs d'Espagne au repentir et prit part à la disputation de Paris sur le Talmud contre Nicolas Donin, en 1240. Son œuvre maîtresse, le Sefer Mitsvot Gadol (SEMAG), fut écrit en réaction à la crémation du Talmud, afin d'en préserver l'enseignement légal. Ce code de la loi orale fut l'un des plus prisés avant le Mishné Torah de Maïmonide

Yehiel ben Joseph de Paris (décédé en 1265). Talmudiste et tossafiste français, il fut l'un des principaux protagonistes de la Disputation de Paris en 1240. Il s'exila à Saint-Jean-d'Acre où il fonda une yeshiva.

Eshtori haFarhi (Isaac ben Moïse), né en 1280 dans le Midi et mort vers 1355, voyagea en Terre d'Israël. Élève de Jacob ben Machir ibn Tibbon, il fut géographe et médecin. Il écrivit dans son Sefer Kaftor wa-Ferah ("Livre du bouton et de la fleur") :Je rappellerais aussi la date de la ruine du petit temple, la ruine des collège et synagogue de France et de la marche provençale survenue en mon temps.

Littérature des Sages
Littérature médiévale et ultérieure
Les six ordres de la Mishna et des Talmuds
Ordre Zeraïm
Ordre Moëd
Ordre Nashim
Ordre Nezikin
Ordre Kodashim
Ordre Taharot
Traités mineurs

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