Syrie

La Syrie (en arabe : سوريا / sūriyā), en forme longue la République arabe syrienne (en arabe : الجمهورية العربية السورية / al-jumhūriyya al-ʿarabiyya as-sūriyya), est un pays d'Asie de l'Ouest situé sur la côte orientale de la mer Méditerranée. Elle possède des frontières terrestres avec la Turquie, l'Irak, la Jordanie, Israël, le Liban et une frontière maritime avec Chypre. Sa capitale est Damas.

En français, la Syrie était autrefois synonyme du Levant ou de la Grande Syrie (bilad el-Cham en arabe [بلاد الشام]). Durant l'Empire ottoman, cette région fut un temps regroupée, comprenant les États actuels de la Syrie, d'Israël, du Liban, de la Jordanie et de la Palestine. Durant l'Antiquité, ces pays étaient distinctement la Phénicie, les royaumes d'Israël et de Juda, la province romaine de Judée puis de Palestine, l'Assyrie et une partie de la Mésopotamie occidentale.

De février 1958 à fin septembre 1961, l'Égypte et la Syrie s'unissent brièvement dans la République arabe unie, jusqu'au coup d'État du général Haydar al-Kouzbari.

En 1970, après une série de dictatures militaires instables, Hafez el-Assad, alors ministre de la Défense, prend le pouvoir par un nouveau coup d'État. Son régime fortement autoritaire, structuré autour d'un parti unique, le Baas, a mis en place un contrôle de l'ensemble de la vie politique syrienne. Il est responsable du massacre de Hama[8].

À sa mort en 2000, son fils, Bachar el-Assad, lui succède et maintient le régime instauré par son père, avec un certain relâchement des libertés en début de mandat[9]. Début 2011, la Guerre civile syrienne se déclenche dans le cadre du Printemps arabe[10]. De 2011 à septembre 2016, le conflit a fait près de 500 000 morts et deux millions de blessés[11].

Étymologie

L’origine du nom « Syrie » n'est pas certaine. Il pourrait venir du grec ancien et désignerait à l’origine la terre d’Aram, mais Hérodote y voyait plutôt une forme abrégée d’Assyrie, tandis que les historiens modernes le font remonter à divers toponymes locaux.

Il apparaît pour la première fois en grec et n’a pas d’antécédents identifiables, ni dans la forme ni pour le contenu, dans les textes pré-hellénistiques. Bien établi dans l’usage officiel romain et byzantin, il disparaît au VIIe siècle avec la conquête musulmane, mais continue à être utilisé en Europe.

Dans le monde arabo-musulman, la région autrefois appelée « Syrie » portait le nom de Cham (شام) qui était aussi celui de sa capitale, Damas.

Le nom « Syrie » (en arabe : سوريا / sūriyā), était inconnu jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle où il ressurgit sous l’influence européenne.

En 1865, il devient le nom officiel d’une province, celle du vilayet de Damas. C’est après l’établissement du mandat français en 1920, qu’il désigne l’État syrien actuel[12].

Histoire

Les archéologues ont démontré que la Syrie accueillait l’une des plus anciennes civilisations[13] et les Amorrites (un des plus anciens peuples de l'Antiquité).

Dans la ville excavée d’Ebla, dans le nord-ouest de la Syrie, les archéologues ont découvert en 1975 les vestiges d’un grand empire sémite, qui va du nord de la mer Rouge à la Turquie et jusqu'en Mésopotamie dans sa partie orientale.

Cet empire remontant de 2500 à 2 400 ans av. J.-C. fait de la langue d’Ebla l'une des langues sémitiques les plus anciennes avec l'akkadien. La Syrie compte d’autres grands sites archéologiques comme celui de Mari où fut retrouvé un code comparable au Code de Hammourabi à Babylone, Ougarit et Doura Europos.

La Syrie fut occupée successivement par les Cananéens, les Phéniciens, les Hébreux, les Araméens, les Assyriens, les Babyloniens, les Perses, les Grecs, les Arméniens, les Romains, les Nabatéens, les Byzantins, les Arabes, et partiellement par les Croisés, par les Turcs Ottomans et enfin par les Français à qui la SDN confia un protectorat provisoire pour mettre en place, ainsi qu'au Liban, les conditions d'une future indépendance politique.

La Syrie géographique est le lieu où seraient apparues les premières formes d'urbanisation[14].

La Syrie est un pays significatif dans l’histoire du christianisme. Paul de Tarse, le futur saint Paul, a été converti au christianisme sur la route de Damas, et a établi une Église d’abord à Antioche en Syrie antique (aujourd’hui en Turquie). C’est de ce port qu’il est parti pour plusieurs de ses voyages de mission.

Damas a été fondée au IIIe millénaire av. J.-C.[15] ; c'est une des villes les plus anciennes du monde et elle a été habitée sans interruption (comme Bénarès et Jéricho). Après l’arrivée des conquérants musulmans, Damas est devenue la capitale de l’Empire omeyyade, et a atteint un prestige et une puissance encore inégalés dans l’histoire syrienne. Cet empire s’étendait de l’Espagne à l’Asie centrale (661 à 750 ap. J.-C.). Après la chute des Omeyyades, un nouvel empire fut créé à Bagdad, l’Empire abbasside. En 1260, Damas est devenue la capitale provinciale de l’empire des Mamelouks. En 1400, la ville fut détruite en grande partie par Tamerlan : Damas a été presque entièrement incendiée, et les artisans damascènes furent enlevés pour travailler à Samarcande. Une fois reconstruite, Damas a servi de capitale jusqu’en 1516. En 1517, la ville et le pays tombent sous occupation ottomane. Les Ottomans régnèrent sur le pays pendant plus de 400 ans jusqu'en 1918, excepté la brève période où l’Égyptien Ibrahim Pacha occupa le pays de 1832 à 1840.

Mandat français

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Division du mandat sur la Syrie et le Liban (en 1922).

Le pays se libéra de l’occupation ottomane après la Révolte arabe, les forces arabes entrèrent à Damas en 1918. Un royaume arabe syrien indépendant fut alors créé. Fayçal, issu de la famille hachémite, frère d’Abdallah bin al-Hussein, en sera le premier et dernier roi.

En effet, l’indépendance du royaume cessera après l’occupation du pays par les forces françaises en 1920. Après la bataille de Khan Mayssaloun en juillet 1920, la colonne du général Goybet entra à Damas. Les Français imposèrent leur mandat dans le pays, ce qui entraîna l’exil de Fayçal en Irak[16]. La France et le Royaume-Uni, qui se disaient alliés des forces arabes de Fayçal, s’étaient mis d’accord pour se partager le Proche-Orient.

Après l’accord Sykes-Picot, les Français et les Britanniques se répartissent administrativement les territoires de l'Empire ottoman déchu, créant artificiellement des pays distincts. L’accord met fin à la Syrie historique, Bilad al-Cham, qui comprenait la Syrie actuelle, le Liban, la Jordanie, la Palestine (actuels territoires palestinien et israélien). La période du mandat voit la montée du nationalisme et de la révolte contre l’armée française.

C'est en septembre 1920 qu'est créé l'État du Grand Liban, appuyé sur les chrétiens maronites. La création d'un État côtier des Alaouites autour de Lattaquié et d'un État d'Alexandrette achève d'enclaver la Syrie. De plus, celle-ci est divisée entre un État de Damas et un État d'Alep, les Français jouant de la rivalité historique des deux villes. La naissance du Liban est vécue comme un échec par les Syriens. Jusqu'au XXe siècle, le mot « Liban » désigne la chaîne de montagnes parallèle à la côte qui sépare une partie du littoral de la plaine de Bekaa. Pour compléter ce morcellement sont séparés un État du djebel druze au sud et le plateau de la Djézireh, peuplé de Kurdes. Cela n'anéantit pas le nationalisme syrien, et la France doit livrer d'importants combats en 1925-1927, bombardant Damas en 1925 (environ 10 000 Syriens et 2 500 Français y laissent la vie)[17].

Après la défaite de la France en Europe lors de la campagne de France en juin 1940, ce sont les Britanniques, et les Forces françaises libres, qui prennent le contrôle du pays (campagne de Syrie, juin-juillet 1941) redonnant le pouvoir à la France libre. Les Syriens continuent à réclamer le départ des Français, avec l’appui des Britanniques. De Gaulle engage un bras de fer avec Churchill et les Syriens qui se solde par le bombardement de la Syrie par la France gaullienne. Après plus de 2 000 morts, l'interposition de la Grande-Bretagne interrompt le conflit[18]. L’indépendance de la Syrie s'ensuivra en 1946[16].

Indépendance

Carte de la Syrie FR
Carte de la nouvelle Syrie.
Hashim Al Atassi
Le président Hachem al-Atassi.

Les premiers pourparlers entre la France et la Syrie en vue de la rédaction d’un traité d’indépendance avaient débuté en septembre 1936. Mohammed Ali Bey el-Abed, premier président syrien du mandat français, incarne alors dans le pays l'empreinte de la France, mais celle-ci ne continue pas la négociation du traité et maintient sa présence dans le pays jusqu’en 1946. Quand une semi-indépendance est accordée aux Syriens et aux Libanais, en 1943 sous la conduite du général Catroux, Haut-commissaire au Levant nommé par le général de Gaulle en 1941, Choukri al-Kouatli est élu président de la République.

Coup d’État de Chichakli

Adib al-Shishakli
Le président Adib Chichakli.

La fin du mandat français entraîne une très grande instabilité en Syrie. Après la guerre israélo-arabe de 1948, le colonel Housni al-Zaïm procède à un coup d'État en mars 1949, mettant fin au système parlementaire syrien. Antoun Saadé, le président-fondateur du Parti social nationaliste syrien (PSNS) doit fuir le Liban où il a été condamné à mort et se réfugie en Syrie où le colonel Zaïm lui promet protection. Toutefois, quelques mois plus tard Zaïm livre Saadé aux autorités libanaises et ce dernier est fusillé. Après sa trahison, Zaïm est lui-même victime d'un coup d'État en août 1949 lorsque le colonel Sami al-Hinnaoui, membre du PSNS, arrête le colonel Zaïm et le fait exécuter. La femme de Saadé reçoit une lettre d'al-Hinnaoui lui indiquant que la mort de son mari a été vengée.

En décembre 1949, Al-Hinnaoui est renversé par un troisième coup d'État, mené par Adib Chichakli. Il se proclame président de la République en 1951 et dissout le Parlement la même année . Les États-Unis et le Royaume-Uni portent un intérêt considérable à Chichakli ; les Britanniques espèrent même l'amener à adhérer au pacte de Bagdad. Les Américains, dans l’espoir qu’il signe un traité de paix avec Israël, lui offrent par ailleurs une aide étrangère considérable .

Mais en contrepartie, les États-Unis voudraient que le gouvernement syrien fasse des réfugiés palestiniens des Syriens à part entière : durant les négociations entre les États-Unis et la Syrie en 1952, le gouvernement américain va jusqu'à proposer la somme de 400 millions de dollars américains pour intégrer dans le pays - dans les plaines fertiles de la Djézireh - 500 000 Palestiniens.

Or certains partis politiques syriens - le Parti socialiste arabe d’Akram Hourani, ou encore le parti Baas de Michel Aflak - s’en prennent violemment à cette proposition, qui représente à leurs yeux, la vente du droit au retour des Palestiniens.

Avec l’alliance entre le Parti socialiste d’Hourani et le parti Baas d’Aflak, le nouveau parti Baas arabe socialiste tente ainsi, en 1952, de renverser Chichakli. Devant l’agitation, Chichakli refuse l'accord avec les États-Unis .

République arabe unie

Shukri al-Quwatli et Nasser
Nasser et le président syrien, Choukri al-Kouatli.

Les civils reprennent le pouvoir en 1954, après le renversement du président Chichakli. Mais une grande instabilité politique régnait alors dans le pays, le parallélisme des politiques syriennes et égyptiennes et l’appel à l’union du président égyptien Gamal Abdel Nasser à la suite de la crise du canal de Suez en 1956 a créé des conditions favorables à l’union entre l’Égypte et la Syrie.

Le , l'Égypte et la Syrie s’unissent, créant la République arabe unie, ce qui entraîne, de facto, l’interdiction des partis politiques syriens.

Mais l’union cesse rapidement d’exister. Le général Haydar al-Kouzbari fait un coup d’État le , la Syrie faisant sécession, et rétablit la République arabe syrienne.

République arabe syrienne

Les dix-huit mois suivants seront marqués par une grande instabilité politique, avec divers coups ou tentatives de coup d’État. Le , un nouveau coup d’État a lieu, installant le Conseil national de commande révolutionnaire au pouvoir, avec à sa tête Amine al-Hafez. Ce conseil est constitué d’un groupe de militaires et de civils, tous socialistes, qui ont assumé les fonctions exécutives et législatives. Le coup d’État est l’œuvre du parti Baas, et la majorité des membres de ce conseil étaient membres du Baas.

Gouvernement baassiste

General Salah Jadid
Salah Jedid, instigateur du coup d’État du 23 février 1966.

À quelques mois d’intervalle, le parti Baas procèda également à un coup d’État en Irak. Le gouvernement syrien réfléchit, à nouveau, à l'éventualité d'une union entre l’Égypte, l’Irak et la Syrie. Un accord fut signé au Caire le , pour mettre en œuvre un référendum sur l’union qui devait se tenir en septembre 1963. Mais des désaccords sérieux entre les trois partis apparurent rapidement, et finalement le projet d’union fut abandonné. En mai 1964, le président Amine al-Hafez promulgue une constitution temporaire prévoyant l’établissement d’un Conseil national de la révolution (CNR), des parlementaires désignés composés de travailleurs, de paysans et de syndicalistes.

Le , un groupe de militaires, toujours issus du parti Baas, avec à leur tête Salah Jedid, réussit à renverser le gouvernement d’Amine al-Hafez. Celui-ci est emprisonné. Le nouveau gouvernement dissout le CNR, abroge la Constitution, et chasse les fondateurs historiques du parti Baas de Syrie (Michel Aflak, Salah Eddine Bitar et Akram Hourani), ce qui leur permet d’avoir une politique régionaliste et non plus panarabe comme le voulait le parti Baas. Les chefs du coup d'État parlent alors de « rectification » des principes du parti. Mais la guerre des Six Jours, perdue par les Égyptiens et les Syriens, affaiblit du même coup le gouvernement de Salah Jedid. Le , profitant de l'impasse due à l'implication de l'armée syrienne dans la crise en Jordanie entre le roi Hussein et l'OLP (Septembre noir), le ministre de la Défense Hafez el-Assad procède à un coup d’État. Déposant Salah Jedid, il devient grâce à sa « révolution corrective » le nouveau premier ministre, et l’homme fort de la Syrie.

Dynastie el-Assad

Syria.BasharAlAssad.01
Bachar el-Assad, président de la Syrie depuis 2000.

Hafez el-Assad, chef de l’État de 1970 à sa mort en 2000, est confirmé dans ses fonctions de chef de l’État par cinq référendums successifs. Il est, après le roi Hassan II du Maroc, le chef d’État arabe qui est resté le plus longtemps au pouvoir. Cette longévité provient essentiellement du fait qu’il était soutenu par des minorités religieuses, dont la minorité religieuse alaouite. Il est aussi soutenu par beaucoup de fermiers et par les Syriens vivant dans les milieux ruraux. L’expansion de la bureaucratie a créé une classe moyenne fidèle au gouvernement. Mais l’essentiel de sa puissance venait de l’armée syrienne et de son appareil de sécurité. Un autre facteur de son maintien au pouvoir est le nationalisme, dont entre autres les conflits qui l’opposaient et opposent la Syrie aux États-Unis, à Israël et à l’Irak de Saddam Hussein.

Bachar el-Assad succède à son père le , élu par référendum. Les Syriens et en particulier les militants pour les droits de l’homme ont alors espéré une certaine libéralisation du pays ; c’est ce qu’on a appelé le printemps de Damas.

Ce premier printemps ne dure pas longtemps : il se termine en février 2001, lorsque les services de sécurité gèlent l'activité des forums intellectuels, culturels et politiques, et avec la poursuite des militants pour les droits de l'homme et leur emprisonnement. Dans cette courte période de six mois, le printemps de Damas aura vu des débats politiques et sociaux intenses, d'une part, et d'autre part il a conservé un écho qui sonne dans les débats politiques, culturels et intellectuels jusqu'en 2011.

Guerre civile syrienne

Début 2011, le printemps arabe atteint la Syrie. Des manifestations en faveur de la démocratie et majoritairement pacifiques ont lieu dans tout le pays contre le régime baasiste du président Bachar el-Assad[19]. Ces manifestations sont réprimées brutalement par le régime et peu à peu, le mouvement de contestation se transforme en une rébellion armée[19].

De nombreux belligérants participent au conflit. L'Armée syrienne libre, nationaliste, est le premier mouvement à mener la rébellion mais à partir de 2013, elle est supplantée par des groupes islamistes sunnites comme Ahrar al-Cham, Jaych al-Islam ou le Front al-Nosra, la branche syrienne d'al-Qaïda. Les groupes rebelles sont soutenus principalement par la Turquie, le Qatar et l'Arabie saoudite. De son côté, le régime syrien se maintient grâce à l'aide de l'Iran et de la Russie. L'Iran déploie en Syrie des forces du Corps des Gardiens de la révolution islamique dés le début du conflit, par la suite des dizaines de milices islamistes chiites parrainées par Téhéran gagnent à leur tour la Syrie ; comme les Libanais du Hezbollah, les Afghans hazaras de la Division des Fatimides ou les Irakiens de l'Organisation Badr et du Harakat Hezbollah al-Nujaba. De son côté la Russie intervient militairement en septembre 2015 et commence une campagne de frappes aériennes en soutien du régime.

Venu d'Irak, l'État islamique (EI) apparaît en Syrie en 2013, initialement allié aux groupes rebelles syriens, il entre en conflit avec ces derniers à partir de janvier 2014. Depuis septembre 2014, l'EI est la cible d'une campagne de frappes aériennes effectuée par une coalition menée par les États-Unis.

De leur côté, les Kurdes du Parti de l'union démocratique (PYD) et sa branche armée, les Unités de protection du peuple (YPG), liés au PKK, combattent pour l'autodétermination du Rojava.

De mars 2011 à février 2016, le conflit a fait de 260 000 à 470 000 morts d'après les estimations de diverses ONG et de l'ONU. De nombreux massacres, crimes de guerre et crimes contre l'humanité ont été commis, principalement par le régime syrien et l'État islamique. Le camp loyaliste est responsable de la majorité des victimes civiles de la guerre, souvent par le fait de bombardements aériens. Entre 100 000 et 200 000 personnes ont disparu dans les prisons du régime, au moins 12 000 à 60 000 y ont été torturées à mort. Des armes chimiques ont également été employées. La moitié de la population syrienne a été déplacée pendant le conflit et entre cinq et six millions de Syriens ont fui le pays, soit le quart de la population.

Conflit avec la Turquie

Le , la Turquie lance l’Opération Source de paix sur les territoires au nord de la Syrie, qui sont en majorité des territoires kurdes, ayant pour objectif de créer une bande de 32km pour neutraliser les bases kurdes au bords de la Turquie. L’opération se transforme en conflit entre d’un côté la Turquie et l’Armée nationale syrienne et de l’autre les Forces démocratiques syriennes et la République arabe syrienne.

Institutions

Armée

D’après le site de statistiques Nationmaster, la Syrie se trouve au 13e rang mondial pour les effectifs militaires et au 5e rang mondial[20] pour les effectifs militaires par tête (2008).

FNP et parti Baas

L'ancienne constitution syrienne investit le parti Baas des fonctions nécessaires pour conduire l’État et la société. Celle-ci a été abrogée par la nouvelle constitution de février 2012.

8 partis politiques ont été légalisés dans le pays, ils font en réalité tous partie du Front national progressiste, dominé par le parti Baas. En plus de celui-ci, en sont membres : le Mouvement des socialistes arabes, le Parti communiste tendance Bagdach, le parti communiste tendance Faysal, le Parti social-nationaliste syrien (Grand-syrien), l’Union socialiste arabe (nassérienne), l’Union démocratique arabe (nassérienne), Le Parti unioniste socialiste (nassérien) et le parti unioniste socialiste démocratique (nassérien).

Présidence

La constitution confère par ailleurs de larges compétences au président.

Celui-ci est officiellement élu après un référendum pour un mandat de sept ans. En plus d’exercer la charge de chef de l’État, il est le secrétaire général du parti Baas et le chef du Front national progressiste, qui regroupe toutes les organisations politiques légales.

Le président peut nommer les ministres, déclarer la guerre et l’état d'urgence. Il a aussi le pouvoir d’amnistie, il peut modifier la Constitution et nommer les fonctionnaires et le personnel militaire.

C’est avec le Front national progressiste que le président peut décider des questions de relations internationales, c’est aussi le FNP qui approuve la politique économique de l’État. Le FNP se veut aussi officiellement un « forum d’idées » dans lequel la politique économique et l’orientation du pays seraient débattues.

Gouvernement et députés

Chacune des trois branches du gouvernement est guidée par les objectifs du parti Baas, dont l’importance dans les institutions d’État est assurée par la constitution.

C’est la même chose pour le parlement, le Conseil du peuple (Majlis al-Chaab).

Les députés sont élus pour une durée de quatre ans, mais le Conseil n’a aucune autorité indépendante. Bien que les parlementaires puissent critiquer des lois et modifier des projets de loi, ils ne peuvent pas faire de proposition de loi, et les décisions finales sont prises par la branche exécutive.

Revendications territoriales

Syrie revendications
Plateau du Golan occupé par Israël depuis 1967 et le Hatay cédé à la Turquie en 1939.

En plus des territoires contrôlés par la Syrie, le pays revendique un certain nombre de territoires frontaliers contrôlés par des pays étrangers voisins :

Subdivisions

La Syrie est divisée en quatorze gouvernorats, ou mohafazate (singulier : mohafaza), portant chacun le nom de leur chef-lieu. Les gouverneurs sont proposés par le ministère de l’Intérieur au gouvernement, lequel annonce leur nomination par décret exécutif. Dans ses fonctions, le gouverneur est assisté par un conseil provincial élu. Une partie du gouvernorat de Qouneïtra est sous occupation israélienne depuis 1967 (voir Golan). Le Golan est un des principaux sujets de discorde entre Israël et la Syrie. Ce dernier et l'ONU le considèrent comme territoire syrien occupé, alors qu'Israël le considère comme annexé.

  1. Damas
  2. Rif Dimachq
  3. Qouneitra
  4. Deraa
  5. Soueïda
  6. Homs
  7. Tartous
  8. Lattaquié
  9. Hama
  10. Idleb
  11. Alep
  12. Rakka
  13. Deir ez-Zor
  14. Hassaké
Carte de <carte>
100 km
1:7 130 000
City locator 1.svg Capitale nationale
City locator 2.svg Population > 500 000 hab.
City locator 3.svg Population > 100 000 hab.
City locator 4.svg Population > 50 000 hab.
City locator 5.svg Population < 50 000 hab.

Géographie

L’essentiel du territoire syrien est constitué par un vaste plateau calcaire (hamada) surmonté de quelques anciens reliefs volcaniques (djebel druze), et traversé au nord-est par le fleuve Euphrate.

Hydrographie

Le pays est en dessous du niveau du seuil de pénurie puisque la ressource par habitant s’établit à 947 m3 par an (le seuil de stress hydrique est généralement fixé à 1 700 m3 par an et par habitant et le seuil de pénurie à 1 000 m3). La Syrie reçoit de plus son eau des pays voisins : 50 % des réserves proviennent de Turquie, 20 % du Liban. Autre facteur inquiétant, l’exploitation des nappes phréatiques dépasse leur capacité de renouvellement. La Syrie exploite ainsi aujourd’hui plus de 50 % des ressources renouvelables, alors que le seuil maximum communément admis est de 30 %. Le nord-est du pays (« Djézireh ») et le sud (« Haurane ») sont des zones agricoles importantes.

Climat

La Syrie est un pays majoritairement aride, en particulier à l’intérieur et dans la partie orientale. Le niveau de pluviométrie moyen est de 318 mm par an mais tombe à moins de 150 mm dans le nord-est, contre plus de 800 mm à proximité de la côte et près de 1 400 dans les montagnes.

La Syrie connaît un climat tempéré composé de quatre saisons. La température moyenne estivale atteint les 32 °C et la température moyenne hivernale est de 10 °C. Au printemps et en automne la moyenne des températures est de 22 °C.

Environnement

La Syrie est un pays situé à l'extrémité orientale de la mer Méditerranée. Outre son littoral, le pays possède une plaine côtière, des chaînes de montagnes à l'ouest, une steppe semi-aride au centre occupant la majeure partie du pays et une zone désertique à l'est. Chacune de ces zones a ses propres animaux et plantes caractéristiques.

Environ 3 100 espèces de plantes à fleurs ont été répertoriées en Syrie, ainsi que 112 gymnospermes[22]. Le pays peut être considéré comme un carrefour entre différentes zones de végétation et la flore montre des influences de trois continents: l’Europe, l’Asie et l’Afrique.

La Syrie possède une faune diverse avec 125 espèces de mammifères, 394 d'oiseaux, 127 de reptiles, 16 d'amphibiens et 157 espèces de poissons d'eau douce recensés dans le pays[22].

Villes

Les principales villes du pays incluent Damas dans le Sud-Ouest, Alep dans le Nord, et Homs. Les autres villes importantes sont situées pour la plupart sur la côte.

Économie

Entre 2010 et 2014, l'économie syrienne s'est rétractée de 62 %, dû à la Guerre syrienne, qui a détruit les infrastructures et des lieux de production et empêché les échanges[25]. Une contraction de 12 à 20 % de l'activité économique est attendue pour l'ensemble de 2011[26]. Le chômage a quintuplé et la devise syrienne a perdu les 5/6 de sa valeur[27],[28].

Avant le début de la guerre syrienne, l'Union européenne achetait 95 % du pétrole exporté par la Syrie, ce qui représentait entre un quart et un tiers des recettes de ce pays. En septembre 2011, pour faire pression sur le régime, l'Union européenne décrète un embargo total sur le pétrole syrien[29]. En avril 2013, la guerre s'éternisant, l’Europe lève « partiellement » son embargo sur le pétrole syrien : « les ministres européens des Affaires étrangères souhaitant ainsi aider les rebelles syriens, qui contrôlent une partie des champs pétroliers »[30]. En mai 2013, le ministre syrien du Pétrole Souleïman Abbas révèle que la production de pétrole syrienne a chuté de 95 % (à 20 000 barils par jour contre les 380 000 barils par jour) et celle du gaz syrien de 50 %, à la suite des combats et des activités terroristes[31].

De 2011 à 2014, la guerre a coûté 502 milliards de livres syriennes (3 milliards de dollars américains) aux secteurs du pétrole et des mines du pays. En mai 2014, alors que la Russie fournit surtout des armes, l'Iran livre plutôt du pétrole à Bachar el-Assad.

Le conflit a détruit fin 2014, environ 791 000 logements, destructions qui ont eu lieu à 58 % à Alep, à 20,5 % à Homs et à 12,92 % à Hama[32]. Au niveau agricole, la superficie cultivée est passée de 8 millions d'hectares à 3,6 millions entre 2010 et 2015[33]. Au total entre 2011 et 2016, la guerre civile aurait coûté près de 260 milliards de dollars au total[34].

Système horaire

L’horaire d’hiver prend effet du mois de novembre au mois de mars (+ 2 heures GMT). L’horaire d’été est appliqué du mois d’avril au mois d’octobre (+ 3 heures GMT).

Enseignement et scolarité

L’éducation est libre et obligatoire de l’âge de 6 ans à l'âge de 15 ans, soit de la première à la neuvième classe (réforme de 2002, l'équivalent français de CP à la 3e). La scolarité se compose de six années d’études primaires, de quatre années d'études préparatoires (équivalent du collège français)[35], puis d’une formation générale ou professionnelle de trois ans (lycée). La durée des études supérieures est variable : deux ans pour les instituts moyens (études professionnelles ou techniques), quatre ans pour une licence générale, cinq ans pour un diplôme d’ingénieur, etc. Le nombre d’inscrits dans les établissements d’études supérieures est de plus de 150 000 élèves. L’alphabétisation chez les Syriens est de 90 % chez les garçons et de 80 % chez les filles.

Les politiques d'alphabétisations ont connu une forte avancée avec l'arrivée du parti Baath au pouvoir dans les années 1960[36].

Démographie

Syria-demography
Évolution de la démographie entre 1961 et 2013 (chiffre de la FAO). Population en milliers d’habitants.

La plupart des Syriens (22,5 millions d'habitants en 2011) vivent non loin de l’Euphrate et le long de la côte, une bande de terre fertile entre les montagnes côtières et le désert, entre Alep au nord, et Damas au sud, en passant par Hama et Homs. Ces 4 villes regroupent environ 8,5 millions d'habitants sur les 22 millions de la Syrie, soit un peu moins de 40 % de la population du pays.

La mortalité infantile serait inférieure à 23 pour 1 000 naissances. L'espérance de vie serait 75 ans et l'indice de développement humain (IDH) de 0,742 au 107e rang mondial en 2009 sur 173 pays.

Ethnies et religions

Le régime syrien se voulant un État laïc, aucun recensement confessionnel n'existe en Syrie. Il en est de même pour le décompte des appartenances ethniques non arabes, comme les Kurdes notamment, celui-ci s'opposant à l'idée de nationalisme arabe[37].

Musulmans

La population de la Syrie compte environ 78 % de musulmans sunnites et 12 % d'alaouites[38],[39].

Il n'y a plus de recensement confessionnel en Syrie depuis 1958, et les estimations des répartitions des différents groupes religieux reprennent, ou s'inspirent des statistiques établies au temps du mandat français, en 1936. Les estimations de répartitions des différents groupes confessionnels sont difficiles, car depuis 1936, la population syrienne à plus que triplé, passant de environ 5 millions d'habitants en 1936, à plus de 22,5 millions en 2011.

Chrétiens

Environ 10 % de la population Syrienne est chrétienne[38],[39]. Les chrétiens sont répartis en plusieurs confessions : les syriaques (appelés syrian en arabe, ou suryoyo ou souraya en syriaque moderne) sont de loin les plus nombreux, suivis par les grecs-orthodoxes (environ 250 000, chrétiens de rite byzantin), viennent ensuite les grecs-catholiques melkites (environ 200 000, chrétiens de rite byzantin unis à Rome depuis 1724), les maronites, les syriaques, les assyriens et les chaldéens (aachouriyine et kaldane en arabe), les protestants et les catholiques-romains (rite latin).

Il existe aussi une importante communauté arménienne vivant principalement à Alep, issue de rescapés du génocide de 1915 perpétré par les ottomans lors de la 1re guerre mondiale. Les Arméniens étaient environ 250 000 en Syrie au début des années 1960, ils sont maintenant (2010) 190 000.

Yézidis

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Les yézidis représentent environ 15 000 personnes. Adeptes d'un monothéisme issu d'anciennes croyances kurdes, ils sont installés sur la frontière irakienne et turque, au nord-est, et presque tous d’ethnie kurde. Depuis 2011, de nombreux Kurdes se déclarent Yézidis, et il apparaitrait que la religion Yézidie est beaucoup plus importante des diverses estimations communiquées depuis 1965.

Juifs et Israéliens

Il existait une minorité juive en Syrie. Leur nombre était estimé à 40 000. Entre 1942 et 1947, du fait d'une poussée de l’antisémitisme suscitée par la montée du nationalisme arabe et l’indépendance syrienne[40] environ 4 500 juifs syriens émigrent en Palestine[41]. À cette époque, la communauté juive syrienne compte plus de 30 000 personnes. En décembre 1947, à la suite du vote des Nations unies en faveur du partage de la Palestine mandataire, le Pogrom d'Alep a lieu dans le quartier juif d'Alep. 75 Juifs sont massacrés et plusieurs centaines blessés, la grande synagogue et des centaines d'habitations et de magasins sont incendiées et détruites[42]. Dans la foulée de ce pogrom, la moitié de la population juive de la ville prend la fuite et environ 4 500 d'entre eux émigrent en Israël[41],[43]. Après la guerre des Six Jours en 1967, De nombreux Juifs syriens tentent de s’échapper par le Liban. Ceux pris au cours de tentatives de fuites sont exécutés ou condamnés aux travaux forcés[44].

Plus de 12 000 Israéliens (sur 28 000 habitants) sont installés dans le Golan, occupé par l’armée israélienne depuis la guerre des Six Jours (1967), puis annexé par l'État hébreu, annexion non internationalement reconnue.

Kurdes

Les Kurdes, qui sont linguistiquement un peuple indo-iranien, représentent une minorité ethnique, avec environ 10 % de la population. La plupart des Kurdes vivent dans le nord-est de la Syrie, et beaucoup parlent encore la langue kurde. Quelques Kurdes vivent aussi dans les grandes villes syriennes, comme Hasakah, Qamichli ou Al-Boukamal.

Langues

Population map Syria & Liban (1935)
Une carte des communautés religieuses et ethniques de la Syrie et du Liban (1935).

La langue arabe est la langue officielle du pays, la grande majorité des Syriens parlent l'arabe syrien, variante dialectale de l'arabe, également utilisée au Liban, en Autorité palestinienne, et dans une moindre mesure en Irak et en Jordanie. De nombreux Syriens instruits parlent l’anglais, le russe et le français (surtout dans la bourgeoisie et la communauté chrétienne, il y a moins de 4 500 francophones de nos jours), mais l’anglais est plus largement compris (de 650 000 à un million de locuteurs, en seconde langue).

L’arménien, le kurde, le tcherkesse et le turkmène sont aussi parlés dans le pays par les minorités nationales. L’araméen (la langue biblique, celle de Jésus-Christ) à travers le néo-araméen occidental au nord de Damas et le touroyo en particulier dans la Jaziré. Le turc est encore parlé en seconde langue, surtout pour des raisons historiques, au nord, vers la frontière turque, et à Alep : le nombre de locuteurs est inconnu, du fait de relations difficiles de la Syrie avec son voisin turc, pour des raisons politiques, et aussi en raison du passé de la Syrie au sein de l'Empire ottoman. Il y a des contentieux aussi en ce qui concerne la région du Sandjak d'Alexandrette (hui Iskandaroun), annexé par la Turquie en 1939, et qui comprend encore aujourd'hui une majorité d'arabes. La Syrie revendique toujours cette région. Autrefois parlé, et langue importante, le grec a disparu depuis les années 1950, mais reste une langue historique, la langue véhiculaire sous l'Empire byzantin, et son héritage se retrouve à travers les Chrétiens grecs orthodoxes. La langue kurde est parlé par plus de trois millions de personnes[45]. De 1932 à 1945, il y avait trois revues kurdes publiées en langue kurde à Damas, par Jaladat Badir Khan, Haouar, en 1932, Ronahi, en 1941 et la revue Stere, en 1943 (Damas)[46].

Du fait de liens importants avec la Russie, le russe est parlé en seconde langue par 15 000 à 20 000 personnes. Il existe une diaspora de Syriens en Russie (plus de 10 000 Syriens). Le russe est enseigné à l'université et dans certains lycées, tout comme le chinois, parlé cependant dans une moindre mesure. Le russe est la seconde langue enseignée dans les collèges, après l'anglais. Le chinois est une langue de plus en plus choisie à l'université, notamment du fait d'échanges importants avec la Chine. Le persan et l'allemand sont également enseignés.

Avant le début de la guerre civile syrienne, environ 8 000 élèves étudaient dans les établissements catholiques francophones[47].

Culture

Les premières traces d’agriculture ou d’élevage furent trouvées en Syrie. Le premier alphabet du monde fut inventé en Syrie, à Ougarit.

Les réalisations artistiques et culturelles de la Syrie antique sont nombreuses. Les archéologues ont découvert que la culture syrienne rivalisait avec celles de la Mésopotamie et de l’Égypte, surtout autour d’Ebla. De plus, beaucoup d’artistes syriens ont contribué à la pensée et à la culture hellénistique romaine. Cicéron était un élève d’Antiochos d'Ascalon à Athènes. Et les livres de Posidonios ont beaucoup influencé Tite-Live et Plutarque.

Les Syriens ont aussi contribué à la littérature et à la musique arabe et ont une grande tradition de la poésie orale et écrite. Les intellectuels syriens émigrés en Égypte ont joué un rôle fondamental dans la nahda, la renaissance culturelle et littéraire des Arabes au XIXe siècle.

Il faut ici souligner le rôle des Syriens d'Égypte, appelés Chouam Masr en arabe, issus de l'émigration du XIXe siècle (en particulier après les massacres des chrétiens à Damas en 1860). La communauté syrienne d'Égypte, essentiellement chrétienne (grecs-catholiques en majorité mais aussi grecs-orthodoxes, maronites ou syriaques) a joué durant un siècle un rôle de premier plan dans l'essor de l'Égypte moderne. Ses membres ont été très actifs dans la haute fonction publique (Mikhaïl Kahil Pacha, Habib Sakakini Pacha), les douanes, les banques, l'ingénierie (Farid Boulad Bey), le commerce (les grands magasins de la famille Sednaoui), l'industrie (coton, savon), les transports, la presse, le théâtre (Georges Abyad), le cinéma (le réalisateur Henri Barakat). Francophone et éduquée, la communauté des Syriens d'Égypte a constitué une bourgeoisie prospère et moderne. Elle s'est considérablement réduite sous le mandat de Nasser, ayant particulièrement souffert des lois de nationalisations de 1961, et ses membres ont pour la plupart émigré au Liban, en Europe ou en Amérique du Nord. Parmi les familles syriennes chrétiennes ayant joué un rôle remarquable dans les affaires et la haute administration en Égypte on peut citer les familles Assouad, Anhouri, Ayrout, Barakat, Boulad, Kassab, Debbané, Fattal, Ghorra, Kahil, Lakah, Medaouar, Messadiyé, Michaca, Pharaon, Rathle, Sabbagh, Sakakini, Sednaoui, Toutoungi, Zananiri, Zemokhol.

Siria, figurine del teatro d'ombre khayal al-dhill, da damasco, fine XIX-inizio XX sec. 03
Figurines du théâtre d'ombres damasquin de la fin du XIXe siècle ou du début du XXe siècle (musée du quai Branly - Jacques-Chirac).

Les auteurs syriens les plus célèbres sont Adonis, Haidar Haidar (en), Ghada al-Samman, Nizar Kabbani et Zakaria Tamer.

Les artistes syriens les plus célèbres sont Fateh Moudarres (en), Louay Kayali, Nahed Koussa, et Saad Yagan.

Les chanteurs syriens célèbres sont entre autres Georges Ouassouf, Ouadih Mrad, Majd el Kasem, Assala Nasri, Rabi Al Asmar, Elias Karam… à préciser aussi que les stars Farid El Atrache et sa sœur Asmahan ont fait leur carrière en Égypte sont d'ascendance syrienne (famille princière druze Al Atrach originaire de Jebel ed druz).

La Syrie possède une petite industrie cinématographique, dont la production est entièrement contrôlée par l’Organisation nationale du cinéma d’État, qui emploie des réalisateurs de films sous le statut de fonctionnaires. Il n’y a qu’un seul film qui peut sortir par an, il est néanmoins souvent salué par les festivals internationaux. Le feuilleton télévisé syrien de Bab El Hara, très connu dans le monde arabe, a eu un énorme succès.

La numération utilise les chiffres indiens : ٠ (0), ١ (1), ٢ (2), ٣ (3), ٤ (4), ٥ (5), ٦ (6), ٧ (7), ٨ (8) et ٩ (9).

Damas, la capitale de la Syrie, a été élue capitale culturelle du monde arabe en 2008[48].

Amphitheatre Palmyra Syria

Amphithéâtre romain à Palmyre.

Tazza Syria MET 91-1-1538

Une coupe syrienne datant du XIIIe siècle.

Damascus citadel001

Statue de Saladin à Damas.

Caravanserai of Qalat el-Mudiq 02

Caravanserai de Qalaat al-Moudiq.

Fêtes et jours fériés

Date Nom français Nom local Remarque
1er janvier Jour de l'an عيد رأس السنة الميلادية
(ʿīd raʾs as-sana al-mīlādiyya)
 
8 mars Révolution du 8 mars ثورة الثامن من آذار
(ṯawrat aṯ-ṯāmin min āḏār)
 
21 mars Fête des Mères عيد الأم
(ʿīd al-umm)
 
17 avril Journée d'Indépendance عيد الجلاء
(ʿīd al-jalāʾ)
Célébration de l'indépendance de la Syrie vis-à-vis de la France
variable Pâques grégorienne عيد الفصح الغريغوري
(ʿīd al-fiṣḥ al-ġrīġūrī)
Selon le calendrier grégorien
variable Pâques julienne عيد الفصح اليوليوسي
(ʿīd al-fiṣḥ al-yūliyūsī)
Selon le calendrier julien
1er mai Fête du Travail عيد العمال
(ʿīd al-ʿummāl)
 
6 mai Journée des martyrs عيد الشهداء
(ʿīd aš-šuhadāʾ)
 
25 décembre Noël عيد الميلاد المجيد
(ʿīd al-mīlād al-majīd)
 
Dates selon le calendrier musulman
Dhou al-hijja 10 Aïd al-Adha عيد الأضحى
(ʿīd al-aḍḥá)
 
Chawwal 1 Aïd el-Fitr عيد الفطر
(ʿīd al-fiṭr)
 
Rabia al awal 12 Mawlid المولد النبوي
(al-mawlid an-nabawī)
Anniversaire de Mahomet

Foires et festivals

Festival/Foire Ville Mois
Festival des fleurs Lattaquié (اللاذقية) Avril
Festival traditionnel Palmyre (تدمر) Mai
Foire internationale des fleurs Damas (دمشق) Mai
Festival de la vigne Soueïda (السويداء) Septembre
Festival du coton Alep (حلب) Septembre
Foire internationale de Damas Damas (دمشق) Septembre
Festival de l'amour Lattaquié (اللاذقية) Septembre
Festival de Bosra Bosra (بصرى) Septembre
Festival des films et du théâtre Damas (دمشق) Novembre

Sports

Le niveau sportif syrien n'est pas très élevé mais on peut tout de même citer quelques sports pratiqués. Parmi les sportifs syriens les plus titrés on trouve Ghada Chouaa championne olympique (Jeux olympiques d'été de 1996 à Atlanta) et championne du monde (1995 à Göteborg) en heptathlon.

Football

La vie sportive syrienne est rythmée par son championnat semi-professionnel de football, le Championnat de Syrie de football, ainsi que par sa coupe, la Coupe de Syrie de football et l'Équipe de Syrie de football. Cependant, le niveau syrien reste assez faible.

Basketball

C'est le deuxième sport national en Syrie. Le niveau s'est amélioré dans les années 2000 à son entrée dans le professionnalisme. La Syrie a de bonnes équipes comme Aljalaa, Alitihad, Aljaych et Alouahda.

Codes

La Syrie a pour codes :

Notes et références

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  2. Monique Mas, « Syrie: la fuite en avant sanglante d'un régime totalitaire », Radio France internationale,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mai 2019)
  3. Alexis Afeiche, « « Dans la tête de Bachar Al-Assad », autopsie d’un régime totalitaire à l’image moderne », Le Monde arabe,‎ (lire en ligne, consulté le 15 mai 2019)
  4. Akram Belkaïd, « Stratégies du pouvoir syrien », Le Monde diplomatique,‎ , p. 25 (lire en ligne, consulté le 15 mai 2019)
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  35. Élodie Vital, Dominique Auzias, Jean-Paul Labourdette et Marine de Tilly, Syrie, Petit Futé, 2008, 360 p., p. 71.
  36. Zakaria Taha 2016, p. 110.
  37. Frédéric Pichon, Syrie : Pourquoi l'Occident s'est trompé, Éditions du Rocher, 2014, p. 19-20.
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  45. Le rôle des Kurdes dans la création de l'État syrien, thèse de doctorat en science politique, sous la direction de George Almaden, université de Paris 10, 1992.
  46. Jamal Khaznadar, Guide de journalisme kurde, publication du ministère de la Culture irakien, Bagdad, 1973, en trois langues (anglais, arabe et kurde).
  47. « Réfugiés syriens : réapprendre le Français grâce à l'Oeuvre d'Orient », sur TV5MONDE, (consulté le 25 février 2019)
  48. Maison Mahdil, « La Syrie vue du ciel | », sur www.babelmed.net (consulté le 25 février 2019)

Voir aussi

Bibliographie

  • Jérôme Bocquet, La France, l’Église et le Baas. Un siècle de présence française en Syrie (de 1918 à nos jours), Les Indes savantes, .
  • Joseph Kessel, En Syrie, Folio, (ISBN 978-2070459568).
  • Mohamed al-Dbiyat (préf. Jean-François Troin), Homs et Hama en Syrie centrale, Presses de l'Institut français du Proche-Orient, (lire en ligne).
  • Zakaria Taha, Syrie, Louvain-la-Neuve, De Beck, , 137 p. (ISBN 978-2-8073-0647-9).

Articles connexes

Liens externes

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1920

1920 est une année bissextile commençant un jeudi.

Alep

Alep (en arabe : حلب / ḥalab) est une ville de Syrie, chef-lieu du gouvernorat d'Alep, le gouvernorat de Syrie le plus peuplé, situé dans le Nord-Ouest du pays. Pendant des siècles, Alep a été la ville la plus grande de la région syrienne et la troisième plus grande ville de l'Empire ottoman (après Constantinople et Le Caire). Avec une population de 2 132 100 habitants en 2004, Alep était la ville la plus peuplée du pays et du Levant avant l'arrivée de la guerre civile.

Située à l'emplacement de l'antique Bérée (en grec ancien : Βέροια / Béroia ; en latin : Berœa), Alep est une ancienne métropole, l'une des plus vieilles villes du monde à avoir été constamment habitée, étant habitée depuis le VIe millénaire av. J.-C. Son importance historique est attribuée à son emplacement stratégique en tant que centre de commerce à mi-chemin entre la mer Méditerranée et la Mésopotamie (l'Irak moderne), puis à sa situation sur la route de la soie.

Lorsque le canal de Suez a été inauguré en 1869, le commerce a été dévié vers la mer et Alep commença à décliner doucement. À la chute de l'Empire ottoman après la Première Guerre mondiale, Alep céda le Nord de son arrière-pays à la Turquie moderne de la même manière que le chemin de fer Berlin-Bagdad. Dans les années 1940, la ville a perdu son principal accès à la mer lorsqu'Antioche et Alexandrette sont rattachés à la Turquie. Ce déclin a contribué à la préservation de l'ancienne ville d'Alep, son architecture médiévale et son patrimoine traditionnel classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco en 1986. Au cours des années 1990 et 2000, la ville montre un nouveau dynamisme et une forte croissance, mais elle subit d'importantes destructions au cours de la bataille d'Alep.

Bachar el-Assad

Bachar el-Assad (en arabe : بشار الاسد / Baššār al-Asad), né le 11 septembre 1965 à Damas, est un homme d'État syrien. Il est président de la République arabe syrienne depuis le 17 juillet 2000, date à laquelle il a succédé à son père, Hafez el-Assad. Il exerce également les fonctions de secrétaire régional du Parti Baas. Il est une personnalité centrale de la guerre civile syrienne, pendant laquelle il est accusé de crimes de guerres et de crimes contre l'humanité.

Campagne d'Égypte

La campagne d’Égypte est l'expédition militaire en Égypte menée par le général Bonaparte et ses successeurs de 1798 à 1801, afin de s'emparer de l'Égypte et de l'Orient, et ainsi bloquer la route des Indes à la Grande-Bretagne dans le cadre de la lutte contre cette dernière. Elle était en effet l'une des puissances à maintenir les hostilités contre la France révolutionnaire.

Elle se double d'une expédition scientifique, de nombreux historiens, botanistes, dessinateurs accompagnant l'armée afin de redécouvrir les richesses de l'Égypte. Elle est donc parfois aussi appelée « expédition d’Égypte », lorsque son côté scientifique, moins martial, est considéré.

Le 19 mai 1798 (30 floréal an VI), aussitôt après l'arrivée du trésor monétaire pillé à Berne, le corps expéditionnaire français quitte Toulon, mais des navires les accompagnent de Marseille, Gênes, Ajaccio, Civitavecchia. Au total plus de 400 navires prennent part à cette flotte, ainsi que 40 000 hommes et 10 000 marins. La flotte s'empare tout d'abord de Malte le 11 juin, puis débarque à Alexandrie le 1er juillet.

Une des plus célèbres batailles de cette campagne est la bataille des Pyramides qui a lieu le 21 juillet 1798.

Les troupes révolutionnaires sont finalement vaincues et doivent abandonner l'Égypte mi-1801.

Campagne de Syrie (1941)

La campagne de Syrie, ou opération Exporter, vit l'invasion par les Alliés de la Grande Syrie (actuellement Syrie et Liban), alors contrôlée par le gouvernement de Vichy, lors de la Seconde Guerre mondiale entre juin et juillet 1941 après que la région eut servi de support à des activités allemandes lors de la guerre anglo-irakienne.

L’invasion du Levant français (opération Exporter du 8 juin au 11 juillet 1941) est menée sous le commandement en chef du général britannique Henry Maitland Wilson avec des troupes notamment britanniques, indiennes, australiennes et françaises libres.

Championnat de Syrie de football 2013

La saison 2013 du Championnat de Syrie de football est la quarante-deuxième édition du championnat de première division en Syrie. Les dix-huit meilleurs clubs du pays sont répartis en deux poules géographiques où ils s'affrontent deux fois au cours de la saison, à domicile et à l'extérieur. Il n'y a pas de relégation en fin de saison.

C'est le club d'Al Jaish Damas qui remporte le championnat après avoir terminé en tête de la poule pour le titre, avec un seul point d'avance sur Al Shorta Damas et trois sur le duo Hurriya SC. C'est le douzième titre de champion de Syrie de l'histoire du club.

Al-Jehad SC Qamishli et Al Futuwa Deir ez-Zor déclarent forfait avant le début de la seconde phase.

Coalition internationale en Irak et en Syrie

La coalition internationale en Irak et en Syrie, aussi appelée coalition contre l'État islamique ou coalition anti-EI, est formée en 2014 lors de la Seconde Guerre civile irakienne et la guerre civile syrienne afin d'intervenir militairement contre l'État islamique et le Front al-Nosra en Irak et en Syrie. Elle intervient à partir d'août 2014, et rassemble initialement vingt-deux pays,,. Ces interventions militaires, principalement aériennes et américaines, s’inscrivent dans le contexte de la Seconde Guerre civile irakienne et de la guerre civile syrienne. Elles visent à contrer l'expansion des djihadistes salafistes de l'État islamique qui ont conquis durant l'année les villes de Raqqa, Falloujah, Mossoul, ou encore Tikrit.

La coalition dirigée par les États-Unis rassemble les principales armées européennes, l'Australie, le Canada, l'Arabie saoudite, la Jordanie, le Qatar, Bahreïn et les Émirats arabes unis. L'Iran intervient également pour soutenir les gouvernements irakiens et syriens mais indépendamment de la coalition.

Les premières frappes contre des positions de l'État islamique débutent le 8 août 2014 en Irak et le 23 septembre en Syrie,. Au début d'octobre 2014, l'armée américaine affirme être à l’origine de 90 % des deux mille raids menés depuis le début du conflit. La Russie mène parallèlement sa propre intervention, depuis septembre 2015.

Entre le 8 août 2014 et le 12 juillet 2016, la coalition mène 13 803 frappes aériennes, dont 9 273 en Irak et 4 530 en Syrie.

Damas

Damas (en arabe : دمشق / dimašq) est une ville et la capitale de la Syrie. Elle a plusieurs noms en arabe : le Cham (en arabe : الشام, aš-šām), la ville du Jasmin (en arabe : مدينة الياسمين, madīnat al-yāsmīn).

La ville même compte plus de 1 700 000 habitants pour une agglomération qui dépasse les 2 600 000 habitants, c'est l'une des villes les plus anciennes continuellement habitées au monde.

De 661 à 750, Damas fut la capitale des Omeyyades.

Euphrate

L'Euphrate (tiré du nom du cours d'eau en grec ancien, appelé aussi Եփրատ en arménien, Firat en kurde, Ufrat en persan, Prâth/Frot en araméen, Al-Furat الفرات en arabe, Fırat en turc et Pu-rat-tu en assyrien) est un fleuve d'Asie de 2 780 km de long. Il forme avec le Tigre dans sa partie basse la Mésopotamie (du grec μεσο [mesos] « milieu » et ποταμός [potamos] « fleuve »), l'un des berceaux de la civilisation[réf. nécessaire].

De type pluvio-nival, son débit est particulièrement irrégulier puisque plus de la moitié de son flux s'écoule de mars à mai et que le débit peut tomber à 300 m3/s contre un débit moyen de 830 m3/s (à l'entrée en Syrie). En période de crue, il peut atteindre 5 200 m3/s pouvant provoquer de graves inondations. D'une année à l'autre, le volume d'eau varie fortement passant de 15 km3 lors de la sécheresse de 1958-1962 à 58 km3 en 1969.

Autre caractéristique, le débit diminue en traversant les zones sèches en raison de la forte évaporation, en particulier dans les lacs artificiels, et du pompage pour l'irrigation. Ainsi, alors que le volume moyen d'eau entrant en Syrie est de 28 km3, il tombe à 26 à la frontière irakienne malgré l'apport de trois affluents (1,75 km3) et n'est plus que de 14 à Nassiriya au sud de l'Irak (E. Vaumas, 1955).

L'Euphrate est un sujet de friction entre l'Irak, la Syrie et la Turquie, cette dernière voulant réduire son débit par la construction de nouveaux barrages.

Guerre civile syrienne

La guerre civile syrienne — ou révolution syrienne — est un conflit armé en cours depuis 2011 en Syrie. Elle débute dans le contexte du Printemps arabe par des manifestations majoritairement pacifiques en faveur de la démocratie contre le régime baasiste dirigé par le président Bachar el-Assad. Réprimé brutalement par le régime, le mouvement de contestation se transforme peu à peu en une rébellion armée.

De nombreux belligérants participent au conflit qui connaît plusieurs phases. La majeure partie des premiers groupes insurgés se structurent autour de l'Armée syrienne libre (ASL), qui est fondée en juillet 2011. L'opposition politique en exil forme quant à elle le Conseil national syrien (CNS) en septembre 2011 puis la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution (CNFOR) en novembre 2012. En 2012 et 2013, les rebelles s'emparent de la majeure partie du nord et de l'est de la Syrie, mais le régime de Bachar el-Assad résiste dans le sud et l'ouest du pays. L'opposition obtient des financements et des armes de la part de la Turquie, de l'Arabie saoudite, du Qatar, de la Jordanie, des États-Unis et de la France. Mais l'ASL est progressivement supplantée dans plusieurs régions par des groupes islamistes sunnites ou salafistes, comme Ahrar al-Cham ou Jaych al-Islam, ou encore par des groupes salafistes djihadistes, comme le Front al-Nosra, reconnu en 2013 comme la branche syrienne d'al-Qaïda. Le régime syrien est quant à lui soutenu indéfectiblement par l'Iran, qui lui fournit des financements pour contourner les sanctions internationales et qui dépêche dès le début du conflit des officiers du Corps des Gardiens de la révolution islamique et des dizaines de milices islamistes chiites venues du Liban, d'Irak ou d'Afghanistan, comme le Hezbollah, l'Organisation Badr ou la Division des Fatimides. En 2012 un autre acteur, le Parti de l'union démocratique (PYD), aile syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), prend avec sa branche armée, les Unités de protection du peuple (YPG), le contrôle des régions kurdes, au nord de la Syrie.

Le rapport des forces en présence est bouleversé par l'apparition en Syrie de l'organisation salafiste djihadiste État islamique en Irak et au Levant (EIIL) — rebaptisé ensuite État islamique (EI) — qui en 2014 entre en conflit contre tous les autres belligérants, s'empare de près de la moitié de la Syrie, ainsi que d'un tiers de l'Irak, et proclame la restauration du califat. En septembre 2014, menée par les États-Unis, une coalition internationale formée contre l'État islamique commence à mener des bombardements en Syrie et décide d'appuyer les YPG. Forts du soutien américain, les Kurdes remportent une première victoire à Kobané en janvier 2015, forment en octobre 2015 une alliance avec des groupes arabes qui prend le nom de Forces démocratiques syriennes (FDS), et lancent une campagne contre les djihadistes qui aboutit en octobre 2017 à la chute de Raqqa, la « capitale » syrienne de l'EI. La Turquie intervient également militairement en Syrie : d'abord contre l'État islamique en 2016 et 2017, avant d'attaquer les FDS en 2018 en raison de leurs liens avec le PKK.

De son côté, la Russie entre dans le conflit syrien en septembre 2015 en intervenant militairement pour soutenir le régime syrien. Cette intervention redonne l'avantage au camp loyaliste : l'armée syrienne et ses alliés remportent des victoires décisives à Alep en décembre 2016, à Homs en mai 2017, à Deir ez-Zor en novembre 2017, dans la Ghouta en mai 2018 et à Deraa en juillet 2018.

En se prolongeant dans le temps, le conflit syrien est devenu à la fois une guerre civile, une guerre confessionnelle et une guerre par procuration. Depuis mars 2011, le conflit a fait autour de 500 000 morts d'après les estimations de diverses ONG. Des attaques à l'arme chimique et de nombreux massacres, crimes de guerre et crimes contre l'humanité ont été commis, principalement par le régime syrien et par l'État islamique. Le camp loyaliste syrien est responsable de la grande majorité des victimes civiles de la guerre par ses bombardements aériens massifs et par la répression exercée contre l'opposition, qualifiée de politique d'« extermination » par l'ONU : entre 70 000 et 200 000 personnes ont disparu dans les prisons du régime, au moins 17 000 d'entre elles y ont été torturées à mort et plus de 5 000 à 13 000 autres ont été exécutées par pendaison, principalement dans la prison de Saidnaya.

La moitié de la population est déplacée pendant le conflit, et cinq à six millions de Syriens ont fui le pays, soit le quart de la population.

Hama

Hama (en arabe : حماة / ḥamāh), Hamah et parfois Hamath, est une ville se trouvant en Syrie, chef-lieu du gouvernorat de Hama.

Elle occupe l'emplacement de l'antique Épiphanie de Syrie (en latin : Epiphania ; en grec ancien : Ἐπιφάνεια / Epipháneia). De la forteresse au centre de la ville il ne reste guère que la colline sur laquelle elle était construite en bordure de l'Oronte. Elle fut le théâtre de violents affrontements entre les Frères musulmans, les nationalistes arabes du Baath irakien, la gauche syrienne et l'armée syrienne de Hafez el-Assad en février 1982.

Kurde

Le kurde (en kurde : kurdî) est une langue indo-européenne appartenant à la branche des langues iraniennes occidentales. Il est parlé par les Kurdes (environ 44 millions de personnes), qui peuplent une vaste région appelée Kurdistan et divisée entre la Turquie centrale et surtout orientale, le nord-ouest de l'Iran, notamment occidental, l'Irak septentrional et la Syrie septentrionale.

D'importantes communautés kurdes sont également installées dans la CEI et dans les principales villes moyen-orientales. Depuis la fin des années 1960, une diaspora de plus de cinq millions de Kurdes est installée en Europe (en particulier en Allemagne), aux États-Unis, au Canada et en Australie.

Pour des raisons historiques et politiques, le kurde s'écrit actuellement au moyen de trois alphabets différents : l'alphabet latin (pour les Kurdes de Turquie et de Syrie), l'alphabet cyrillique (pour les Kurdes des ex-républiques soviétiques) et l'alphabet arabe (pour les Kurdes d'Irak et d'Iran).

Le dialecte Mukriani est parlé dans les villes de Piranshahr et de Mahabad. Piranshahr et Mahabad sont deux principales villes de Mukrian.

Lattaquié

Lattaquié [latakje] (en arabe : اللاذقية / al-lāḏiqiyya), est une ville de Syrie, chef-lieu du gouvernorat homonyme. La ville était en 2004 la quatrième ville la plus peuplée du pays avec 383 786 habitants, appelés en français les Lattaquiotes.

Cette ville est établie sur un site très anciennement occupé, proche de l'ancienne Ougarit. La cité qui fut un chef-lieu de satrapie sous le royaume séleucide portait alors le nom de Laodicée-de-Syrie ou Laodicée-sur-Mer (en grec ancien : Λαοδίκεια ἡ Πάραλος / Laodíkeia hē Páralos ; en latin : Laodicea ad Mare) parce qu'elle a été refondée par Séleucos Ier qui a donné à la ville le nom de sa mère Laodicé (en) et de sa fille.

Après la domination romaine et byzantine, elle fit partie, à l’époque des croisades, de la principauté d'Antioche, avant de retomber aux mains des Mamelouks puis des Turcs (Empire ottoman). Pendant l'entre-deux-guerres, elle est la capitale d'un éphémère État des Alaouites sous mandat français.

Elle doit son importance ancienne et actuelle, d’une part au fait qu’elle possède le seul port bien protégé de la côte syrienne et, d’autre part, à la proximité de la vallée fertile de l’Oronte, ce qui a entraîné la création d’une industrie alimentaire et textile.

Levant (Proche-Orient)

Le Levant désignait traditionnellement en français les pays bordant la côte orientale de la mer Méditerranée : en premier lieu le Liban et la Syrie (les États du Levant au sens français) ; mais la région du Levant inclut également Israël, l'Autorité palestinienne, la Jordanie, l'Anatolie, la Mésopotamie et l'Égypte. La liste des provinces composant le Levant se déduit de l'article 17 du titre II de l'ordonnance du 3 mars 1781 sur les Consulats, le commerce et la navigation dans les Échelles du Levant et de Barbarie.

Le Levant est aujourd'hui plus souvent désigné sous le nom de « Proche-Orient » ou même de « Moyen-Orient », par alignement sur l'anglais Middle East. Il correspond aussi parfois au Machrek (المشرِق en arabe) : mais ce terme, dérivant des racines consonantiques ch-r-k (ش ر ق, « est » ou « soleil levant »), désigne une région plus large qui comprend aussi l'Irak. Un autre terme arabe utilisé est « Cham » (الشام), qui comprend dans sa version large Syrie, Liban, Jordanie, Palestine et une partie du Sud de la Turquie.

Mandat français en Syrie et au Liban

Le mandat français en Syrie et au Liban fut l'un des deux mandats — l'autre étant le mandat britannique en Palestine — institués par la Société des Nations (SDN) dans leur principe le 25 avril 1920 (après la Première Guerre mondiale, alors que la France administrait avec le Royaume-Uni les Territoires ennemis occupés mais alors que le Royaume arabe de Syrie avait déclaré son indépendance), et qui devaient permettre officiellement aux États du monde arabe d'accéder à l'indépendance et à la souveraineté, sitôt après avoir atteint un niveau suffisant de maturité politique et de développement économique. Les textes des deux mandats furent rédigés à Londres le 24 juillet 1922, alors que la France avait fait succéder aux Territoires ennemis occupés (le Royaume arabe de Syrie s'étant rendu en juillet 1920), d'une part, l'État des Druzes et l'État du Grand Liban, et, d'autre part, l'État d'Alep, l'État de Damas, et le territoire des Alaouites qu'elle administrait depuis juin 1922 dans la Fédération syrienne.

La France administra ensuite l'État de Syrie, l'État des Alaouites, l'État des Druzes et l'État du Grand Liban puis République libanaise (de 1925 à 1930), puis la République syrienne, la République libanaise, l'État des Alaouites et l'État des Druzes (de 1930 à 1936) puis enfin les Républiques syrienne et libanaise seules. La France avait signé en 1936 des traités d'indépendance avec la Syrie et le Liban mais n'avait pas ratifié ces traités. La République du Hatay déclara son indépendance le 2 septembre 1938, et la République syrienne en 1944.

Contrairement à une idée reçue, et répandue, entre 1920 et 1946, la Syrie ne fut en aucun cas une colonie française, mais un pays placé sous mandat de la SDN, administré presque comme un protectorat. L'objectif était de donner l'indépendance à ce pays, ainsi qu'au Liban, quand une élite politique fiable et sérieuse serait formée, pour diriger et administrer ce pays.

Le statut de la Syrie et du Liban sous mandat français fut toutefois comparé par nombre de ses détracteurs à celui de colonies. La Syrie a par ailleurs été pour la France une étape utile sur la route la reliant à ses possessions coloniales extrême-orientales. Contrairement au Royaume-Uni qui prépara plutôt de futures monarchies pour ses mandats (sauf pour le futur État d'Israël et la Palestine), la France privilégia un modèle républicain.

Syrie (province romaine)

La Syrie fut l'une des provinces les plus importantes de l'Empire romain, tant par sa richesse que sur le plan militaire. Étendue de la Méditerranée à l'Euphrate, elle constitua un riche creuset de civilisations, composées entre autres de Juifs, de Phéniciens, ou de Nabatéens, hellénisés pour la plupart d'entre eux.

Tigre (fleuve)

Le Tigre est un fleuve de Mésopotamie long de 1 900 km. Ce fleuve prend sa source en Turquie comme l'autre grand fleuve de la région l'Euphrate.

État islamique (organisation)

L'État islamique (en arabe : الدولة الإسلامية (ad-dawla al-islāmiyya)), abrégé en EI, est une organisation terroriste, militaire et politique, d'idéologie salafiste djihadiste ayant proclamé le 29 juin 2014 l'instauration d'un califat sur les territoires sous son contrôle. De l'été 2014 au printemps 2019, il forme un proto-État en Irak et en Syrie où il met en place un système totalitaire. Son essor est notamment lié aux déstabilisations géopolitiques causées par la guerre d'Irak et la guerre civile syrienne.

Sa création remonte à 2006, lorsqu'Al-Qaïda en Irak forme avec cinq autres groupes djihadistes le Conseil consultatif des moudjahidines en Irak. Le 13 octobre 2006, le Conseil consultatif proclame l'État islamique d'Irak (en abrégé EII ; en arabe : الدولة العراق الإسلامية (ad-dawla al-ʿirāq al-islāmiyya)), lequel se considère à partir de cette date comme le véritable État irakien.

En 2012, l'EII commence à s'étendre en Syrie et le 9 avril 2013, il devient l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL ; الدولة الاسلامية في العراق والشام (ad-dawla al-islāmiyya fi-l-ʿirāq wa-š-šām), littéralement « État islamique en Irak et dans le Cham »), en anglais ISIS (Islamic State of Iraq and Sham), parfois désigné par ses opposants par l'acronyme arabe Daech (en arabe : داعش (Dāʿiš), prononcé [ˈdaːʕiʃ ]) ou anglais Daesh. Le 29 juin 2014, l'EIIL annonce le « rétablissement du califat » dans les territoires sous son contrôle, prend le nom d'« État islamique » et proclame son chef, Abou Bakr al-Baghdadi, « calife et successeur de Mahomet », sous le nom d'Ibrahim. Désormais rival d'Al-Qaïda, avec qui il est en conflit depuis janvier 2014, l'État islamique voit son influence s'étendre à plusieurs pays du monde musulman avec l'allégeance de nombreux groupes djihadistes ; les plus importants étant Boko Haram au Nigeria, Ansar Bait al-Maqdis dans le Sinaï égyptien et le Majilis Choura Chabab al-Islam en Libye. Il apparait également en Afghanistan où il tente de supplanter les talibans. À partir de 2015, l'État islamique mène des attentats jusqu'en Europe et en Amérique du Nord.

En Irak et en Syrie, l'État islamique atteint son expansion territoriale maximale en 2014 et 2015 avec la prise de nombreuses villes comme Falloujah, Raqqa, Manbij, Boukamal, Mossoul, Tall Afar, Al-Qaim, Tikrit, Hit et Ramadi. À partir de 2015, avec une première défaite symbolique à Kobané, l'EI commence à perdre tout ou partie de ses conquêtes sous la pression de ses nombreux adversaires : les forces armées des gouvernements de l'Irak et de la Syrie, les rebelles syriens, les milices chiites parrainées par l'Iran, les peshmergas du GRK, les groupes kurdes des YPG et du PKK et diverses autres milices. À partir d'août 2014, une coalition internationale de vingt-deux pays menée par les États-Unis procède à une campagne de frappes aériennes contre l'EI. La Russie est intervenue à son tour en Syrie en septembre 2015. Mossoul, la plus grande ville contrôlée par l'État islamique, est reprise par l'armée irakienne en juillet 2017, tandis que Raqqa, sa « capitale » syrienne, est prise par les Forces démocratiques syriennes en octobre de la même année. L'État islamique perd ses derniers territoires en Irak en décembre 2017 et en Syrie en mars 2019.

L'État islamique est classé comme organisation terroriste par de nombreux États et est accusé par les Nations unies, la Ligue arabe, les États-Unis et l'Union européenne d'être responsable de crimes de guerre, de crimes contre l'humanité, de nettoyage ethnique et de génocide. Il pratique également la destruction de vestiges archéologiques millénaires dans les territoires qu'il contrôle.

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