Stefano Delle Chiaie

Stefano Delle Chiaie, alias ALFA, alias Alfredo di Stefano (né le à Caserte en Campanie et mort le à Rome[1]) est un militant néofasciste italien impliqué dans diverses opérations paramilitaires.

Durant les années de plomb, il est d'abord membre du Mouvement social italien (MSI) puis il participe au Centro Studi Ordine Nuovo avant de fonder Avanguardia Nazionale. Surnommé caccola en raison de sa petite taille, il est ami de Licio Gelli, le grand-maître de la loge maçonnique Propaganda Due (P2), et a été impliqué dans l'opération Condor, en cultivant des liens avec le régime de Pinochet.

Stefano Delle Chiaie
StefanoDelleChiaie
Stefano Delle Chiaie dans les années 1970.
Biographie
Naissance
Décès
(à 82 ans)
Rome (Latium, Italie)
Nom de naissance
Stefano Delle Chiaje
Surnom
Alfredo di Stefano
Alfa
Nationalité
Activité
Autres informations
Partis politiques

Biographie

Fondateur d'Avanguardia Nazionale

Stefano Delle Chiaie prend sa carte au Mouvement social italien (MSI), un parti néo-fasciste composé de nombreux anciens participants à la République de Salò, dès l'âge de 14 ans - ce qui lui vaut son surnom de caccola [2]. Après avoir participé à la fondation des Centri Studi Ordine Nuovo, avec des membres du MSI, dont notamment Pino Rauti, il créé, à la fin des années 1950, le petit Gruppi di Azione Rivoluzionari (GAR), afin de pouvoir mener des actions directes, souvent illégales, sans que la responsabilité n'en échoie à Ordine Nuovo [2]. C'est avec le GAR qu'il lance une série d'actions militantes, à l'occasion, par exemple, de la visite d'Eisenhower en Italie, ou contre le PCI. Partisan d'un nationalisme européen, il entretient alors des liens avec le néo-nazi autrichien Konrad Windisch, créateur du cercle de jeunesse Kameradschaftsring Nationaler Jugendverbände (KNJ) [3].

Stefano Delle Chiaie fonde en 1960 le groupe Avanguardia Nazionale, qui a été accusé de participation à de nombreux attentats lors des années de plomb (1969-1980), dont l'attentat de la piazza Fontana du 12 décembre 1969. Il devient membre de la loge maçonnique Propaganda Due (P2), dirigée par Licio Gelli.

Malgré l'anti-parlementarisme radical de Delle Chiaie et d'Avanguardia Nazionale, raison de la prise de distance avec le MSI, jugé trop électoraliste, il décide de prendre part aux élections législatives de 1963 (remportées par la DC d'Aldo Moro), considérées comme bonne plate-forme de propagande. Mais au lieu de présenter une liste propre d'AN, comme envisagé, il finit par se rallier - pour d'obscures raisons [4]- à la liste du MSI, son groupe se chargeant de la communication du candidat Paolo Signorelli [2]. Au Congrès du MSI de Pescara, en 1965, il soutient la tendance radicale de Giorgio Almirante contre le secrétaire général sortant, Arturo Michelini, accusé d'embourgeoisement - mais se déclare floué lorsque les deux candidats s'accordent à la fin du congrès sur un compromis[2].

Il participe activement aux événements de 1967-68, notamment la bataille de Valle Giulia du 1er mars 1968, qu'il considère rétrospectivement comme un des rares événements où l'extrême-droite et l'extrême-gauche auraient lutté, côte à côte, contre le capitalisme et l'État. Après la tentative de coup d'État à Rome du (golpe Borghese) menée avec Junio Valerio Borghese, ancien homme de main de Mussolini, il s'enfuit en mars 1971 vers l'Espagne franquiste [5],[6], comme Vincenzo Vinciguerra. Là-bas, il se lie avec des hommes qui participeront ensuite aux GAL, les escadrons de la mort anti-ETA, ainsi qu'avec le Belge Léon Degrelle. Il rencontre notamment José López Rega, l'éminence grise d'Isabel Peron, et aussi le fondateur de la Triple A, un escadron de la mort argentin[5].

Le , il est en Argentine lors du massacre d'Ezeiza, le jour de l'arrivée de Perón à Buenos Aires après 18 ans d'exil en Espagne. En 1974, il quitte l'Espagne pour s'installer au Chili. Selon les déclarations à la justice de Vinciguerra et de Michael Townley, ex-agent de la CIA inculpé dans le cadre de l'assassinat d'Orlando Letelier, le ministre d'Allende, à Washington, il y rencontre, en avril 1974 à Santiago, et avec Valerio Borghese, Manuel Contreras, le chef de la DINA, la police politique de Pinochet [6]. Il prépare alors l'attentat contre le démocrate chrétien chilien Bernardo Leighton, et rencontre, à cet effet, en 1975 Michael Townley et le Cubain anti-castriste Virgilio Paz Romero (un proche de Luis Posada Carriles) [7]. Leighton et sa femme seront victimes d'une tentative d'assassinat le à Rome.

Lors des funérailles de Franco, à Madrid, le , il rencontre à nouveau Manuel Contreras, ainsi que Pinochet[6],[8], afin de préparer un attentat contre Carlos Altamirano, le chef du Parti socialiste chilien[9]. Il croise aussi, lors de cet enterrement, Yves Guérin Sérac, qui a mis en place l'Aginter Press, une agence de mercenaires, dans le Portugal de Salazar, et qui a émigré en Espagne après la « révolution des œillets » d'avril 1974[8].

Selon Vincenzo Vinciguerra, un de ses camarades d'Avanguardia Nazionale :

« Les rapports entre Avanguardia nazionale et Pinochet ont été instaurés par le prince Borghese, qui a présenté Stefano Delle Chiaie à Pinochet. C'était un rapport politique, en ce sens qu'Avanguardia nazionale apportait son appui à la Dina en Europe. Il pouvait s'agir de renseignements, de propagande et éventuellement d'actions d'un genre particulier. L'une d'entre elles a été la tentative d'assassinat de Bernardo Leighton [10]. »

Altamirano sera finalement averti par la DST, à sa descente d'aéroport à Roissy, des menaces pesant sur lui, mettant ainsi en échec la tentative d'assassinat [11].

Il se réfugie ensuite au Chili, où, avec d'autres Italiens, y compris Vinciguerra, ils sont hébergés par Michael Townley dans une résidence de Lo Curro que leur a accordée la DINA[12]. Utilisée par le chimiste de la DINA Eugenio Berrios pour fabriquer du gaz sarin (Operación Andrea [13]), la résidence de Lo Curro héberge aussi les Cubains terroristes Orlando Bosch et Virgilio Paz, membres du Mouvement nationaliste cubain de Miami, ainsi que le français Albert Spaggiari, alias Daniel[12].

En 1976, Stefano Delle Chiaie aurait été présent lors de la fusillade de Montejurra contre des Carlistes auto-gestionnaires. Après la mise à l'écart du général Manuel Contreras à la suite des pressions exercées par les États-Unis sur le Chili, en raison de l'assassinat d'Orlando Letelier, Stefano Delle Chiaie s'installe en Argentine, alors dirigée par la junte militaire.

Selon le journaliste argentin Martín Sivak, la piste des assassins du général Joaquín Zenteno Anaya, ancien chef des forces armées boliviennes, tué à Paris le 11 mai 1976, remonterait à une agence de mercenaires installée à Valladolid et liée à Delle Chiaie et à des anciens de l'OAS [14].

Il participe, à Buenos Aires, en septembre 1980, au 4e congrès de la Confédération anticommuniste latino-américaine (CAL), affiliée à la Ligue anti-communiste mondiale (WACL), présidée par le Coréen Woo Jae-sung, qui est aussi dirigeant de la secte Moon[15]. Le congrès de Buenos Aires est alors présidé par le général Guillermo Suárez Mason, responsable du Bataillon d'intelligence 601[15], et réunit, à part Woo Jae-Sung et Delle Chiaie, le major Roberto d'Aubuisson et Luis Ángel Lagos, fondateurs des escadrons de la mort au Salvador[15], Mario Sandoval Alarcón, aussi chef d'un escadron de la mort au Guatemala[15], des membres du groupe terroriste anti-castriste Alpha 66[15].

Il participe ensuite, aux côtés de Klaus Barbie, au Cocaine Coup dirigé par Luis Garcia Meza Tejada en 1980 en Bolivie[16]. Durant une audition devant le sénateur Giovanni Pellegrino, pendant laquelle il rapporte ce fait, il raconte avoir voulu participer à un « mouvement révolutionnaire mondial » et se référait à une « internationale noire fasciste » [16]. Mentionnant la Ligue anticommuniste mondiale (WACL), il prétendit l'avoir quittée après un meeting au Paraguay, affirmant qu'il ne s'agissait que d'une vitrine pour la CIA [16]. Il admit seulement avoir participé à l'organisation New European Order (Nouvel Ordre Européen) et nia avoir travaillé avec l'International Anticommunist Alliance vers 1974[16].

En 1982, il rencontre à Miami Abdullah Catli, le numéro deux des Loups gris, groupe ultranationaliste turc infiltré par Gladio[17].

Arrestation en 1989

Stefano Delle Chiaie est arrêté en 1989 à Caracas, au Venezuela, et extradé en Italie dans le cadre des poursuites judiciaires pour l'attentat de la piazza Fontana en décembre 1969, qui a marqué le début des années de plomb. Il est acquitté en 1989 pour absence de preuves[18]. Plus tard, avec Licio Gelli, Francesco Pazienza, et d'autres, il sera soupçonné d'avoir participé au massacre de Bologne le (85 morts et 200 blessés), mais sera aussi acquitté en appel[19].

Stefano Delle Chiaie est aussi soupçonné d'avoir participé à l'assassinat du général chilien Carlos Prats à Buenos Aires le . Aux côtés de Vincenzo Vinciguerra, il témoigne à Rome en décembre 1995, devant le juge Servini de Cubria, affirmant que Enrique Arancibia Clavel, ancien membre de la DINA accusé de crimes contre l'humanité, et Michael Townley, sont directement impliqués dans le meurtre de Prats[20].

Notes et références

  1. (it) « E' morto il neofascista Stefano Delle Chiaie », sur Agi, (consulté le 13 septembre 2019)
  2. Stefano Delle Chiaie, en coll. avec Massimiliano Griner et Umberto Berlenghini (2012), L'aquila e il condor, Sperling & Kupfer editori.
  3. Stefano Delle Chiaie, Massimiliano Griner, Umberto Berlenghini (2012), ''L'aquila e il condor'', p.17-18, Sperling & Kupfer editori, 2012
  4. Il prétendra, dans son autobiographie publiée en 2012, avoir alors été approché, de manière dissimulée, par le Grand Orient d'Italie, qui lui aurait proposé des subsides afin de financer la campagne de l'AN, affirmant qu'ils avaient intérêt à faire échouer le MSI. Le récit de la rencontre, à supposer qu'elle ait eu lieu, est étrange, dans la mesure où l'on imagine mal les franc-maçons annoncer noir sur blanc à Delle Chiaie que leur soutien visait à faire échouer ses anciens camarades, avec lesquels il continuait à entretenir de nombreux contacts.
  5. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p.303
  6. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, chap.XXIII p.379
  7. Documents déclassifiés de la CIA, publiés par l'ONG National Security Archive
  8. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p.381
  9. (es) « Las Relaciones secretas entre Pinochet, Franco y la P2 - Conspiración para matar », Projet Nizkor (es)
  10. Karl Laske, Une police politique relayée en Europe, Libération, 23 juillet 2001
  11. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p.384. Robin cite aussi, en note, John Dinges, The Condor years (New York Press, 2004), p.130 et Francisco Martorell, Operación Condor. El vuelo de la muerte (Editorial LOM, Santiago, 1999) pp.124-125
  12. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p.382
  13. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p.383
  14. Martín Sivak, El Asesinato de Juan José Torres, Ediciones del Pensamiento Nacional, Buenos Aires, 1999, cité par Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], p.385
  15. Marie-Monique Robin, Escadrons de la mort, l'école française [détail des éditions], 2008, p.390
  16. Audition de Stefano Delle Chiaie le 22 juillet 1997 devant la Commission italienne parlementaire sur le terrorisme présidée par le sénateur Giovanni Pellegrino (it)
  17. « La Turquie, plaque tournante du trafic de drogue », Le Monde diplomatique de juillet 1998
  18. Two Acquitted of Organizing Terror Attack, Associated Press, 1989-02-21
  19. Four Convicted Of Mass Murder In Italian Bombing That Killed 85, Associated Press, 1988-07-11
  20. (es) Arancibia, « clave » en la cooperación de las dictaduras, La Jornada, 22 mai 2000 (es)

Voir aussi

Liens externes

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Aginter Press

Aginter Press était une agence de presse fondée à Lisbonne en septembre 1966. Elle possédait des antennes dans le monde entier. Aussi appelée « Centrale Ordre et Tradition », elle prit part à la « stratégie de la tension » en Italie, débordant ainsi les frontières du Portugal de Salazar. S'il existait bien une activité d'agence de presse (collection d'information et diffusion de celles-ci aux abonnés d'une lettre d'information confidentielle, payante), il s'agissait d'une officine sous-traitant des opérations de renseignement, d'entraînement militaire et de mercenariat dans le monde entier pour des régimes autoritaires de droite (Salazar, Franco, colonels grecs, etc.). Ses agents opéraient sous des couvertures de journalistes ou de photographes leur permettant de se déplacer et d'enquêter. Ces agents étaient pour la plupart d'anciens parachutistes ou légionnaires français, vétérans de la seconde guerre mondiale et des guerres d'Indochine et d'Algérie. Le financement provenait de valises de devises, remises à Lisbonne en mains propres. Certains auteurs l'on considérée comme un équivalent aux réseaux stay behind de l'OTAN (réseau destiné à agir derrière les lignes du Pacte de Varsovie en cas d'invasion de l'Europe de l'Ouest par ses troupes)

Un document d'Aginter Press, titré Notre Activité Politique, est découvert fin 1974 et décrit son implication dans la stratégie de la tension : « Notre croyance est que la première phase de l'activité politique devrait être de créer les conditions favorisant l'instauration du chaos dans toutes les structures du régime (…) le premier mouvement que nous devrions faire serait de détruire les structures de l'état démocratique sous couverture d'activités communistes et pro-chinoises (…) En outre, nous avons des personnes qui ont infiltré ces groupes d'extrême gauche ». Aginter Press théorisait ainsi les actions dites « false flags ».

Selon un rapport du Sénat italien sur Gladio, la CIA a soutenu Aginter Press au Portugal. Aginter Press était « en réalité, selon les derniers documents obtenus (…), un centre d'information directement lié à la CIA et au service secret portugais, spécialisé dans les opérations de provocation ». Jean-Yves Camus précise pour sa part qu'Aginter Press était une « centrale contre-révolutionnaire qui effectuait pour le compte de plusieurs États occidentaux les sales besognes qu'ils ne pouvaient (ou ne voulaient) pas assumer. Y compris le travail d'infiltration, voire de manipulation de certains groupuscules gauchistes […] ».

Alliance anticommuniste argentine

L’Alliance anticommuniste argentine (espagnol : Alianza Anticomunista Argentina, AAA ou Triple A), fondée par José López Rega, était un escadron de la mort actif en Argentine lors de la "guerre sale" dans les années 1970. Celle-ci a fait plus de 30 000 victimes. On estime à environ 1 500 le nombre de victimes de la Triple A elle-même .

Avanguardia Nazionale

Avanguardia Nazionale (AN) était une organisation italienne néo-fasciste et nationaliste révolutionnaire, fondée le 25 avril 1960 par Stefano Delle Chiaie, officiellement dissoute en 1976 à la suite de la Loi Scelba,,,.

Bataille de Valle Giulia

La bataille de Valle Giulia du 1er mars 1968 est le nom donné à un affrontement entre des étudiants italiens et la police, les premiers tentant de reconquérir la faculté d'Architecture de l'Université de Rome, que la police occupait après avoir délogé les étudiants à la suite de l'occupation des locaux. Elle oppose aussi les militants d'extrême gauche et d'extrême droite. Cet évènement est considéré comme l'un des signes avant-coureurs des années de plomb.

Centro Studi Ordine Nuovo

Le Centro Studi Ordine Nuovo (français : Centre d'études Ordre Nouveau) était une association politico-culturelle. Elle est fondée en 1956, en marge du Mouvement social italien, par de jeunes militants réunis autour de Pino Rauti et influencés par les thèses du philosophe Julius Evola.

En 1969, l'association s'auto-dissout et réintègre le MSI.

Di Stefano

Alfredo Di Stéfano (1926-2014), un footballeur argentin

Andrea Di Stefano (1972-), un acteur et réalisateur italien

Giuseppe Di Stefano (1921-2008), un chanteur d'opéra italien

Paolo Di Stefano (1956-), un écrivain italien

Décès en septembre 2019

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Fronte Nazionale (1968)

Le Fronte Nazionale (en français: Front National) était un parti politique italien fondé par Junio Valerio Borghese, commandant durant la Seconde Guerre Mondiale de la Xª Flottiglia MAS de la République sociale italienne pendant la Guerre civile italienne.

Étant parti du Mouvement social italien en 1968, Borghese, après la fondation de la nouvelle organisation du Fronte Nazionale, a eu des contacts avec divers militants d'Ordine Nuovo, avant que celui-ci ne soit réabsorbé dans les rangs du MSI (en novembre 1969) et surtout parmi les hommes des formations dissoutes de la République sociale italienne. C'était un point de référence important pour les militants de l'Avanguardia Nazionale et la considération de Borghese était formidable pour Stefano Delle Chiaie, le chef historique de l'Avanguardia Nazionale.

Il comprenait des délégations régionales et provinciales comptant quelques centaines de membres et des bureaux à Ancône, Bari, Biella, Catanzaro, Côme, Gênes, Florence, La Spezia, Lucques, Massa, Matera, Naples, Palerme, Parme, Pérouse, Pise, Reggio. Calabre, Sassari, Terni, Turin, Trévise, Venise, Verceil, Vérone et Vicence.

Borghese, en plus d'avoir dirigé la tentative de coup d'Etat de 1970, le Golpe Borghese, se vantait d'avoir joué un rôle important dans les événements de Reggio et dans l'activité d'extrême droite en Sicile.

Les procès sur le Fronte Nazionale n'ont abouti à rien.

Guerre sale

La « guerre sale » (espagnol : guerra sucia) est une expression utilisée pour désigner la répression d'État qui a lieu dans les années 1960, 1970 et 1980 en Amérique latine, d'abord en Argentine, au Brésil, et dans l'ensemble du Cône Sud dans les années 1970, puis en Amérique centrale.

En Argentine, la Comisión Nacional sobre la Desaparición de Personas (CONADEP, Commission nationale sur la disparition de personnes), constituée par le président Raúl Alfonsín après le retour de la démocratie a compté près de 10 000 disparus (desaparecidos) en Argentine ; d'autres études en comptèrent trente mille disparus. Les « archives de la terreur », découvertes dans un commissariat au Paraguay en 1992 et qui concernent l'opération Condor menée par les dictatures du Cône Sud, comptent au total 50 000 personnes assassinées, 30 000 « disparus » et 400 000 personnes incarcérées. Le Rapport Valech au Chili, rendu public en 2004, compte 30 000 personnes torturées pour le seul Chili pinochettiste. La justice argentine a parlé pour la première fois de « génocide » (bien que le mot soit mal appliqué), lors du procès de Miguel Etchecolatz, un membre notoire de la police métropolitaine de Buenos Aires, jugé pour crimes contre l'humanité en 2006. Trente ans après le coup d'État ayant amené les militaires au pouvoir en Argentine, ce procès a vu la disparition de Jorge Julio López, qui devait témoigner contre Etchecolatz. Jorge Julio López n'a toujours pas été retrouvé, tandis que les responsables éventuels de sa disparition n'ont pas été non plus identifiés. Beaucoup des partisans des anciens membres ou des parentés des anciens membres des mouvements qui appuyaient aux années 1970 la « révolution castriste » ou « castro-guévariste » soupçonnent de l'action des membres des forces de l'ordre, de l'armée ou des agences de renseignement.

Kameradschaftsring Nationaler Jugendverbände

Les Kameradschaftsring Nationaler Jugendverbände (KNJ) étaient un cercle de jeunesse autrichienne néo-nazie, fondé en 1954 par Konrad Windisch, Richard Etzel et Walter Matthaei . Bien qu'éphémère, en raison de l'interdiction politique pesant sur l'apologie du NSDAP, il réussit à coordonner un premier mouvement étudiant néo-nazi à une échelle régionale, étant présent tant en Autriche qu'en Allemagne ou qu'en Italie tyrolienne . Il entretenait ainsi des liens avec le groupuscule néo-fasciste de Stefano Delle Chiaie . À sa dissolution, le KNJ fut remplacé par le Bund Heimattreuer Jugend, dirigé par K. Windisch .

Luis García Meza Tejada

Luis García Meza Tejada, né le 8 août 1929 à La Paz et mort dans la même ville le 29 avril 2018, est un militaire et homme politique bolivien.

Il est président de facto et dictateur du pays après le coup d'État du 17 juillet 1980 et démissionne en août 1981.

Manuel Contreras

Juan Manuel Guillermo Contreras Sepúlveda (né le 4 mai 1929 - 7 août 2015) est le directeur de la DINA de 1973 à 1978, le service de renseignement chilien sous la dictature militaire dirigée par le général Augusto Pinochet. Il fut contraint de démissionner de la DINA, rebaptisée CNI, en avril 1978 après l'affaire Orlando Letelier, du nom du ministre démocrate-chrétien assassiné en 1976 aux États-Unis. Il resta toutefois général.

Massacre d'Ezeiza

Le massacre d'Ezeiza eut lieu à l'aéroport d'Ezeiza (Argentine) le 20 juin 1973. Une foule énorme de deux à quatre millions de personnes s'était réunie pour accueillir le général Juan Perón, de retour d'exil. Les Jeunesses péronistes, les Forces armées révolutionnaires (FAR) et les Montoneros étaient organisés en colonnes célébrant la victoire du mouvement péroniste. Le général Perón avait quant à lui confié l'organisation de son retour au colonel Jorge Osinde, appartenant à l'aile la plus à droite du mouvement péroniste et chef de la sécurité du Parti justicialiste, retirant toute responsabilité à la police fédérale dirigée par le ministre de l'Intérieur Esteban Righi, proche du président Héctor Cámpora et de l'aile gauche péroniste.

Opération Charly

L'Opération Charly désigne un programme d'assistance de l'armée argentine, alors dirigée par la junte militaire qui livrait une « sale guerre » contre ses opposants, aux forces armées d'Amérique centrale.

Stuart Christie

Stuart Christie, né le 10 juillet 1946, est un militant anarchiste et révolutionnaire internationaliste écossais.

Il est connu pour avoir participé à la résistance des Républicains espagnols contre Franco.

Terza Posizione

Terza Posizione (en français: Troisième Position) était un mouvement néo-fasciste italien fondé à Rome en 1978 par Giuseppe Dimitri (it), Roberto Fiore et Gabriele Adinolfi et qui est resté actif jusqu’en 1982.

Né des cendres de l'organisation de jeunesse Lotta Studentesca, Terza Posizione s'est proposé comme un mouvement national-révolutionnaire rompant avec la logique de l'extrême droite de la période, se déclarant à la fois opposé au communisme et aux modèles de droite réactionnaire, capitaliste et impérialiste,.

Le symbole adopté par Terza Posizione a été inspiré par la rune Wolfsangel, terme allemand désignant la dent de loup qui appartenait également à la Division de Panzer "Das Reich". À l’origine, le symbole semble provenir d’un talisman ancien utilisé pour préserver les attaques de loups ou même, au contraire, pour indiquer le même loup.

Vincenzo Vinciguerra

Vincenzo Vinciguerra, né le 3 janvier 1949 à Catane, est un terroriste néofasciste italien proche de Stefano Delle Chiaie.

Yves Guérin-Sérac

Yves Guillou, plus connu sous le nom de Yves Guérin-Sérac (alias Jean-Robert de Guernadec, alias Ralf), né le 2 décembre 1926 à Ploubezre (Côtes d'Armor), est un militant catholique anti-communiste français, animateur de la fausse agence de presse Aginter Press, hébergé par le Portugal de Salazar.

Alors officier de l'armée française, il avait pris part à la guerre d'Indochine (1945-54), la guerre de Corée (1950-53) et la guerre d'Algérie (1954-62). Yves Guérin-Sérac était aussi membre de la 11e Demi-Brigade parachutiste de choc (« 11e choc »), bras armé du service action du SDECE. Ayant rejoint l'OAS, il se réfugie après les accords d'Évian en Espagne, où Franco l'engage pour combattre l'opposition. Il partit ensuite pour le Portugal de Salazar.

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