Song Yingxing

Song Yingxing (宋應星) (1587-1666) né à Yichun dans la province de Jiangxi, est un savant et encyclopédiste chinois qui a vécu vers la fin de la dynastie Ming. Il est l'auteur du Tiangong Kaiwu, une encyclopédie qui couvre un large éventail de sujets techniques. Le comparant au grand encyclopédiste français, l'historien et sinologue Joseph Needham l'a appelé « le Diderot de la Chine »[1].

Song Yingxing
Données clés
Naissance
Yichun, Jiangxi, Chine
Décès
Activité principale
Auteur

Œuvres principales

Tiangong Kaiwu

Biographie

Song Yingxing n'a connu qu'une aisance et une influence modestes au cours de sa vie. Né en 1587 dans une famille bourgeoise dont la fortune avait péricilité, il participa aux examens impériaux et réussit le test provincial en 1615, à l'âge de 28 ans[2]. Toutefois, il échoue à plusieurs reprises aux examens de la métropole, son cinquième essai infructueux ayant lieu en 1631, alors qu'il est âgé de 44 ans[2]. Après ce dernier échec, il occupe une série de postes subalternes dans l'administration provinciale. Les travaux pour lesquels Song est aujourd'hui connu datent de 1636 et 1637. Ses voyages répétés à la capitale pour participer aux examens lui ont vraisemblablement fourni la large base de connaissances dont il fait montre dans ses ouvrages. Il se retire de la vie publique en 1644, après la chute de la dynastie Ming[2].

L'encyclopédie Tiangong Kaiwu

Hydraulic-Powdered Trip Hammers
Martinets à entraînement hydraulique. Tiangong Kaiwu, Song Yingxing (1637).

Il y avait déjà bien avant Song une longue tradition encyclopédique en Chine, comme l'attestent notamment les Quatre grands livres des Song, énorme somme compilée entre le Xe et le XIe siècle, ainsi que le Sancai Tuhui publié en 1609. L'ouvrage de Song s'intitule le Tiangong Kaiwu (chinois simplifié : 天工开物 ; chinois traditionnel : 天工開物 ; pinyin : tiān gōng kāi wù), ou L'exploitation des œuvres de la Nature (1637)[3]. Il s'agit d'une encyclopédie couvrant un large éventail de sujets techniques, notamment les divers usages de la poudre à canon. En raison du monopole de l'État sur certaines industries décrites par Song, son encyclopédie était devenue introuvable en Chine durant la dynastie Qing (1644-1911), mais des copies originales en ont été préservées au Japon[4]. Cette encyclopédie comprend les sections suivantes :

  1. agriculture, irrigation, et ingénierie hydraulique[5]
  2. sériculture et technologie du textile[5]
  3. histoire de l'agriculture et moulins[5]
  4. technologie du sel[5]
  5. technologie du sucre[5]
  6. industrie de la céramique[5]
  7. bronze[5]
  8. transport fluvial par jonque et transport par chariot[5]
  9. fer et métallurgie[5]
  10. charbon, vitriol, soufre et arsenic[5]
  11. huile[5]
  12. fabrication du papier[5]
  13. métallurgie de l'argent, du plomb, du cuivre, de l'étain et du zinc[5]
  14. technologie militaire[5]
  15. mercure[5]
  16. encre[5]
  17. fermentation des aliments, boissons alcoolisées[5]
  18. perles et jade[5]

Cet ouvrage fournit des illustrations détaillées qui éclairent l'histoire des techniques de fabrication dans la Chine de l'époque. Par exemple, les illustrations de la fabrication des briques montrent le maître d'un four vérifiant la température tandis qu'un assistant à ses côtés arrose le four pour produire le glaçage de surface[6]; une autre illustration montre le briquetier en train de remplir d'argile un moule en bois tout en égalisant la surface avec un fil de fer tendu sur un arc[7].

Comme le signale Joseph Needham, l'énorme quantité d'illustrations dessinées avec précision fait pâlir en comparaison les encyclopédies chinoises antérieures, faisant de celle-ci un ouvrage de grande valeur pour l'histoire[4]. En même temps, le Tiangong Kaiwu rompt avec la tradition en ne mentionnant que très rarement ses sources. Son style suggère de la part de l'auteur une expérience de première main. Dans la préface, Song attribue cette entorse à la tradition à son manque de ressources[2].

Agriculture

Dans le premier chapitre, portant sur les semailles, Song rappelle la nécessité des paysans dans la société, alors même que les aristocrates avaient l'habitude de s'en moquer. Song commence ainsi son chapitre :

Tiangong Kaiwu Chain Pumps
Deux types de pompes hydrauliques, illustrées dans le Tiangong Kaiwu.

« Maître Song observe que, même si l'existence de Shennong, le mythique agriculteur de l'antiquité, est incertaine, la vérité que recèlent les deux mots de son nom est toujours valable aujourd'hui. L'homme ne peut pas vivre longtemps sans le soutien des cinq céréales; or celles-ci ne poussent pas spontanément, mais dépendent du travail de l'homme qui les cultive. La nature du sol change avec le temps et les espèces et propriétés des plantes se modifient en fonction de l'environnement. Mais pourquoi la classification et l'explication des nombreuses variétés de grains ont-elles dû attendre si longtemps [...] C'est parce que les riches regardaient le chapeau de paille du paysan et sa cape comme des vêtements de prisonnier et dans les maisons aristocratiques le mot « paysan » était devenu une injure. Bien des gens connaissent le goût de leur déjeuner et de leur souper, mais en ignorent la source. Le fait que le premier agriculteur, Shennong, ait été appelé « divin » n'est certes pas le simple résultat de machinations humaines[8]. »

Song décrit les divers termes utilisés en agriculture, en disant que les « cent grains » réfèrent aux cultures en général, tandis que les « cinq grains » sont précisément le sésame, les légumineuses, le blé, le millet commun et le millet glutineux. Le riz n'était pas inclus dans cette liste parce que, selon Song, les anciens vivaient dans la Chine du nord et du sud, où le riz ne poussait pas à l'époque[9]. Il détaille les techniques de culture propres à chacune de ces plantes et indique comment éviter des résultats désastreux[10].

Pour aider à la compréhension, il fournit de nombreuses illustrations : un homme labourant la terre avec un bœuf[11]; des mottes de terre réduites en fines particules grâce à une herse tirée par un bœuf[12]; des hommes engagés dans l'extraction manuelle et pédestre des mauvaises herbes dans un champ de riz[13]; une roue à aube avec des cylindres de bois évidés déversant de l'eau dans un tube menant à un canal d'irrigation en contrebas[14]; une pompe à chaine cylindrique actionnée par roue à aube verticale placée dans un cours d'eau très étroit avec une roue placée au sommet d'un plan surélevé où les cylindres déversaient de l'eau dans un canal d'irrigation[15]; un barrage en bois sur un cours d'eau afin de diriger l'eau vers un champ[16]; une porte d'écluse contrôlant le flot de l'eau dans un canal[17]; une pompe à chaine à godets carrés actionnée par une roue à aube horizontale connectée par un axe à une roue dentée superposée, qui à son tour engage une roue dentée verticale[18]; une autre pompe à chaine à godets carrés connectée à un ensemble de roues dentées actionnées par des bœufs[19]; deux types de pompes à chaine opérées par une pédale au pied[20]; un levier avec contrepoids pour soulever ou faire descendre un seau[21]; une roue à poulie pour soulever ou faire descendre un seau[22]; une charrue-semoir tirée par des bœufs avec un filtre conique[23]; une paire de rouleaux de pierre tirés par des bœufs pour enfoncer les semences dans la terre[24]; le procédé plus simple de semer à la main et d'enfoncer les graines avec le pied[25] et, enfin, une illustration d'hommes en train de cultiver du blé avec une houe à large tête[26].

Dans un autre chapitre portant sur la préparation du grain, il donne également des illustrations : un ventilateur à manivelle servant à séparer le grain de la balle[27]; un moulin à décortiquer manuel[28]; une autre en terre cuite[29]; un système de tamisage pour séparer des grains[30]; deux types de martinets fonctionnant au pied[31]; un martinet hydraulique actionné par une roue à aube faisant tourner un arbre à cames[32]; un moulin à décorticage actionné par un cheval[33]; un moulin actionné par un bœuf[34]; un moulin actionné par une roue à aubes verticale[35] et une roue à aubes horizontale placée dans un cours d'eau afin de faire tourner l'axe d'un rouleau en pierre situé dans un édifice construit par-dessus[36].

Technologie nautique

Tiangong Kaiwu Ship
Une Jonque à deux mâts, dans le Tiangong Kaiwu.

Song traite de façon détaillée les questions de technologie et d'ingénierie nautique. Il signale que dans le nord de la Chine les principaux moyens de transport sont le chariot et la charrette, alors que dans la Chine méridionale, ce sont le navire et le bateau[37]. Il détaille les questions maritimes, telles les ancres en fer pour les vaisseaux de combat et les gros navires[38]. Il note qu'il y a des milliers de noms pour désigner les différents bateaux circulant en Chine, qui dépendent de leur forme, de leur capacité wt de la nature des matériaux utilisés pour leur construction[37]. Il décrit ainsi le plan et la construction d'un bateau de transport du grain comme ayant un fond plat et utilisant de préférence du bois de cèdre ou de châtaignier pour les cloisons de la coque[39]. Il décrit aussi les méthodes utilisées à Guangdong pour la cueillette des perles en plongée sous-marine[40]. Il écrit que ces plongeurs sont capables de rester sous l'eau durant une longue période grâce à une corde nouée autour de la poitrine qui les rattache au bateau et au fait qu'ils respirent au moyen d'un long tube recourbé, renforcé par des anneaux d'étain, allant jusqu'à la surface et fixé au visage par un masque de cuir étanche[40]. Il en joint une illustration[41]. Faisant grand cas du gouvernail situé à l'arrière du bateau, connu en Chine depuis au moins le Ier siècle av. J.-C. [42], il écrit, en parlant des bateaux d'eau douce circulant sur le lac Poyang et le Grand canal :

« La nature d'une jonque est de suivre le cours de l'eau de la même façon que l'herbe se courbe sous le vent. Dès lors, un gouvernail sert à diviser et faire barrière à l'eau, de telle sorte que celle-ci ne va pas à elle seule déterminer le mouvement du bateau. Lorsqu'on tourne le gouvernail, les turbulences de l'eau se pressent contre celui-ci et obligent le bateau à réagir. Les dimensions du gouvernail devraient être telles que sa base soit sur le même plan que le fond du bateau. S'il est plus profond, ne serait-ce que par un pouce, il pourrait rester pris dans la boue et immobiliser le bateau dans un haut-fond; en cas de for vent, ce pouce de trop pourrait entraîner d'incroyables difficultés. Si le gouvernail est plus court, même par un pouce, il n'aura pas assez de force pour faire tourner le bateau. L'eau divisée et obstruée par le gouvernail réagit jusqu'à la proue; c'est comme s'il y avait sous la coque un fort courant menant le vaisseau dans la direction désirée. Donc, il n'y a rien à faire à la proue. On manœuvre le gouvernail par une barre attachée au sommet. Pour orienter le bateau vers le nord, on tourne la barre vers le sud, et vice versa. Le gouvernail consiste en une planche de bois, mesurant plus de dix pieds de long pour les bateaux de grain, avec la barre au sommet et la planche du bas taillée en biseau comme une lame. Cette lame est solidement fixée au montant avec des clous de fer et le tout est attaché au bateau. À l'arrière du bateau, il y a une cabine surélevée pour le pilote, appelée cabine du gouvernail[43]. »

Sériculture et coton

Tiangong Kaiwu Drawloom
Un métier à tisser géant, Tiangong Kaiwu.

Song Yingxing commence le chapitre sur le vêtement avec des considérations sur la sériculture et la production de la soie. Il décrit avec précision la culture du bombyx du mûrier ainsi que leurs façons de se reproduire[44]. Ceux qui élèvent les vers à soie déposent les œufs sur des pièces de papier ou de tissu et les entreposent pour l'année suivante [44]. Il écrit que dans certaines régions, on appliquait un bain à ces pièces, en utilisant de l'eau de pluie, de l'eau de chaux ou de la saumure; il précise aussi le moment où ce traitement est appliqué, soit en hiver, dans le 12e mois de l'année[44]. La raison en est, dit-il, que de cette façon les œufs de moindre qualité vont périr, de sorte que moins de feuilles de mûrier seront consommées en pure perte[44]. Il donne aussi des précisions sur la façon d'éviter d'abîmer les œufs au cours du long processus de préparation avant le bain donné au 12e mois[45]. Il note les différences entre deux grandes espèces de vers à soie, les précoces et les tardifs, tout en donnant des informations sur une grande variété de races et de cocons[46] ainsi que sur les maladies qui les affectent[47]. Il décrit aussi, après leur éclosion riche en évènements, les conditions environnementales nécessaires au ver à soie[48], ainsi que le soin à prendre dans leur alimentation[49]. Il met en garde contre diverses sources d'odeurs fétides et de fumée susceptibles de tuer le ver à soie par contact[48]. Il décrit la façon dont sont filés les cocons, la cueillette, le tri et les divers insectes nuisibles à éviter[50]. Il décrit ensuite comment planter les mûriers et les récolter[51]. Pour la fabrication de la soie, il décrit l'enroulement de la soie sur une bobine[52], le filage dans des trames, l'insertion des fils dans un cadre pour le tissage[53] et les façons ingénieuses de dessiner des figures[54]. Il décrit aussi les dimensions des différents métiers à tisser[55].

Song Yingxing note que même si la soie n'était accessible qu'aux riches, aussi bien les riches que les pauvres utilisaient des vêtements de coton durant l'hiver[56]. Dans les temps anciens, écrit-il, le coton était appelé « xima » (chanvre)[56]. Il décrit deux différentes variétés de coton : le Cotonnier en arbre et la plante à coton[56]. Il note qu'on le plante au printemps et que la récolte se fait à l'automne, et qu'on utilise une égreneuse pour séparer les graines de coton qui sont naturellement fixées aux boules de coton[57]. Il décrit le procédé par lequel on étire les fibres de coton avec des planches de bois, ce qui les prépare pour le rouet[56]. Après avoir décrit le procédé du tissage et les divers types de trame, il décrit le rembourrage de coton durant l'hiver, en précisant que dans l'ancien temps c'était du rembourrage de chanvre et que les riches pouvaient se payer du rembourrage de soie dans leurs vêtements[58]. De plus, il décrit divers types de vêtements de fourrure, de laine et de feutre[59].

Métallurgie, fonte et fer forgé

Chinese Fining and Blast Furnace
Ouvriers en train de fondre de la fonte à gauche et d'alimenter un fourneau à acier à droite, Tiangong Kaiwu.

En Chine, les « cinq métaux » étaient l'or, l'argent, le cuivre, le fer et l'étain, quoique le terme pouvait aussi s'appliquer à n'importe quelle sorte de métal[60]. L'or était le métal le plus précieux de tous et pouvait être obtenu soit dans les montagnes, soit par orpaillage, soit par extraction minière[61]. Song décrit aussi les diverses catégories d'or et sa malléabilité[61]. Pour éliminer les traces d'autres éléments qui pouvaient se trouver dans l'or, Song décrit la technique du creuset[62]. Il note que les anciens dirigeants de la Chine gravaient leurs inscriptions sur des trépieds de bronze car c'était une façon bien plus durable de préserver les documents que sur des matériaux périssables comme le papier et le rouleau [63]. Il écrit que des cloches musicales de meilleure qualité étaient faites de divers alliages de cuivre, tandis que celles de moindre qualité étaient en fer[64]. Il fournit la formule avec les proportions des divers composants pour certaines cloches; ainsi pour fondre une grosse cloche destinée à une salle d'audience ou à un pavillon, il faut 47 000 cattys de cuivre, 4 000 cattys d'étain, 50 onces d'or et 120 onces d'argent[64]. Song décrit aussi la façon de couler le métal et le processus de fabrication de casseroles et de poêles, de statuettes de métal[65], de fûts de canon et de miroirs métalliques en cuivre ou en fer[66]. Il décrit aussi la façon de forger le fer avec une enclume[38] et note que la production de chaleur se faisait à l'aide de charbon pour 70 % et de charbon de bois pour le reste[38]. Il décrit aussi le procédé de trempage du métal dans de l'eau courante afin de le refroidir immédiatement après que les pièces ont été forgées[67]. Il décrit divers types de couteaux, de haches, de houes, de limes, de scies, de ciseaux à bois et d'aiguilles. Les meilleures épées sont recouvertes d'acier fondu une centaine de fois, mais le centre en était fait de fer forgé parce qu'une épée entièrement faite d'acier se briserait aisément lors d'un choc violent[67].

Armes à feu

Nombre d'armes à feu décrites par Song sont similaires à celles décrites dans le traité militaire Huolongjing du début du XIVe siècle, quoiqu'il y ait des différences notables. Ainsi, le Huolongjing décrit une mine terrestre qui était déclenchée par le mouvement de l'ennemi par-dessus, avec une goupille qui faisait tomber des poids lesquels entraînaient un axe qui faisait tourner une molette sur une pierre à briquet afin de produire des étincelles qui déclencheraient l'explosion[68]. il décrit aussi une mine navale qui était chronométrée au moyen d'une mèche et envoyée en aval sur un navire ennemi[69]. Toutefois, c'est le Tiangong Kaiwu de Song Yingxing qui décrit l'usage d'une corde tirée par des soldats embusqués sur le rivage qui déclenche le mécanisme en produisant des étincelles qui mettent à feu une mine navale placée dans une rivière ou un lac[69]. Song décrit aussi les divers types de métaux recommandés pour fabriquer divers types de culasses de révolver et de canon[70].

Song Yingxing décrit une bombe de la façon suivante :

« Quand des attaques sont menées contre de petites villes dans des préfectures lointaines, si les fusils disponibles sont trop faibles pour repousser l'ennemi, il faut alors lancer des bombes du haut des remparts; si la situation continue à se détériorer, il faut alors recourir à la bombe dite des « dix mille armées »... Le salpêtre et le soufre dans la bombe en s'enflammant explosent et soufflent en pièces de nombreux hommes et chevaux en un instant. La méthode consiste à prendre une boule de terre cuite vide avec un petit trou pour le remplissage et d'y verser de la poudre à canon, du soufre et du salpêtre, soit de la poudre à canon « poison » et de la poudre « magique ». Les proportions relatives des trois poudres peuvent être modifiées au choix. Après que la mèche a été installée, la bombe est placée dans un coffre en bois. On peut aussi utiliser un baquet de bois, enduit à l'intérieur de terre cuite. Il est absolument nécessaire d'utiliser le coffre ou le baquet pour éviter que la bombe ne se brise avant que la poudre explose. Quand une ville est attaquée, les défenseurs placés sur les remparts allument la mèche et lancent la bombe. La force de l'explosion fait virevolter la bombe dans toutes les directions, mais les citoyens sont protégés par les remparts tandis que les forces ennemies et leurs chevaux n'ont pas cette chance. C'est le meilleur type de défense pour une ville[71]. »

L'historien Joseph Needham fait remarquer que Song ne doit pas avoir eu une connaissance approfondie des questions militaires si on en juge par son enthousiasme pour cet archaïque modèle de bombe qui était déjà en usage en Chine depuis la dynastie Song au XIIe siècle[71],[72].

Cosmologie

Song Yingxing a aussi publié des traités qui détaillent ses vues sur la cosmologie. Il y discute les concepts du qi et du xing (形). Le qi a été décrit de diverses façons par les philosophes chinois. Pour Song, c'est une sorte de vapeur qui pénètre tout et dont les objets solides sont formés. Les solides finissent par retourner à leur état de qi, lequel retournera finalement au grand vide. Certains objets, tels le soleil et la lune, gardent leur forme de qi indéfiniment, tandis que des objets comme les pierres sont éternellement sous la forme de xing. Certains corps, tels l'eau et le feu, sont dans un état intermédiaire[2].

Galerie du Tiangong Kaiwu

Machine for the spinning of thread - technology from the time of the Ming dynasty

Machine à filer

Seeding machine - technology from the time of the Ming dynasty

Semoir tiré par un bœuf

Winnowing machine

Ventilateur pour séparer la balle du grain

Casting a Tripod, Bell, and Statue

Fonte d'un trépied, d'une cloche et d'une statue

ChineseSeedDrill1637

Semoir tiré par un bœuf

ChineseIronPlow1637

Charrue en fer

Voir aussi

Notes

  1. Needham, Volume 5, Part 7, 102.
  2. (en) Cullen, Christopher, « The Science/Technology Interface in Seventeenth-Century China: Song Yingxing 宋 應 星 on "qi" 氣 and the "wu xing" 五 行 », Bulletin of the School of Oriental and African Studies, University of London, vol. 53, no 2,‎ , p. 295–318 (DOI 10.1017/S0041977X00026100, JSTOR 619236)
  3. Song, xiv.
  4. Needham, Volume 4, Part 2, 172.
  5. Needham, Volume 4, Part 2, 171-172
  6. Brook, 20.
  7. Brook, 21.
  8. Song, 3.
  9. Song, 3-4.
  10. Song, 3-31.
  11. Song, 5.
  12. Song, 7.
  13. Song, 9-10.
  14. Song, 13.
  15. Song, 15.
  16. Song, 16.
  17. Song, 17
  18. Song, 18.
  19. Song, 19.
  20. Song, 20-21.
  21. Song, 22.
  22. Song, 25.
  23. Song, 26.
  24. Song, 27.
  25. Song, 28.
  26. Song, 30.
  27. Song, 85.
  28. Song, 87.
  29. Song, 88.
  30. Song, 89.
  31. Song, 91-92.
  32. Song, 93.
  33. Song, 96.
  34. Song, 98.
  35. Song, 99.
  36. Song, 103.
  37. Song, 171.
  38. Song 189.
  39. Song, 172.
  40. Needham, Volume 4, Part 3, 668.
  41. Needham, Volume 4, Part 3, 669.
  42. Needham, Volume 4, Part 3, 649-650.
  43. Needham, Volume 4, Part 3, 634.
  44. Song, 36.
  45. Song, 36-37.
  46. Song, 37.
  47. Song, 41.
  48. Song, 38.
  49. Song 39-41.
  50. Song, 42, 48.
  51. Song, 38-39.
  52. Song 48-49.
  53. Song, 50.
  54. Song, 56.
  55. Song, 55-56.
  56. Song, 60.
  57. Song, 60-61.
  58. Song, 63.
  59. Song, 63-70.
  60. Song, 257.
  61. Song, 236.
  62. Song, 237.
  63. Song, 159-160.
  64. Song, 160.
  65. Song, 163.
  66. Song, 165-169.
  67. Song, 190.
  68. Needham, Volume 5, Part 7, 199.
  69. Needham, Volume 5, Part 7, 205.
  70. Needham, Volume 5, Part 7, 339 F.
  71. Needham, Volume 5, Part 7, 187.
  72. Needham, Volume 5, Part 7, 166

Bibliographie

  • (en) Timothy Brook, The Confusions of Pleasure: Commerce and Culture in Ming China, Berkeley, University of California Press, 1998 (ISBN 0-520-22154-0)
  • (en) Christopher Cullen, « The Science/Technology Interface in Seventeenth-Century China: Song Yingxing 宋 應 星 on "qi" 氣 and the "wu xing" 五 行 », Bulletin of the School of Oriental and African Studies, University of London, vol. 53, no 2, 1990, p. 295–318
  • (en) Joseph Needham, Science and Civilization in China, volumes 4 et 5, Taipei, 1986, Caves Books, Ltd.
  • (en) Song Yingxing, T'ien-Kung K'ai-Wu: Chinese Technology in the Seventeenth Century, University Park, Pennsylvania State University Press, 1966
  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Song Yingxing » (voir la liste des auteurs).
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Cinabre (pigment)

Le cinabre est un pigment de teinte rouge vermillon obtenu par broyage et lévigation (lavage) de l’espèce minérale de sulfure de mercure(II).

À la suite des Gréco-égyptiens, des Chinois et des Arabes, les alchimistes européens ont commencé, à synthétiser du sulfure de mercure, à partir de soufre et de mercure. Ce cinabre de synthèse, appelé aussi vermillon, d’un rouge intense, sera employé pour enluminer les manuscrits à partir du XIe siècle.

Le cinabre naturel a été employé dès l’époque Néolithique en peinture murale à Çatal Höyük en Anatolie au VIII-VIIe millénaire av. J.-C. puis dans de nombreuses régions d’Eurasie et d’Amérique jusqu’à l’époque moderne. L’histoire de l’utilisation du cinabre s’est déroulée sur une dizaine de millénaires, d’un bout à l’autre de la Terre et dans des cultures dissemblables. Malgré un assemblage hétérogène de phénomènes relativement indépendants, la fonction de ces emplois peut s’organiser suivant plusieurs grandes lignes de force. La poudre d’un rouge intense du cinabre se trouve impliquée dans :

les rituels funéraires

les quêtes spirituelles de Longue vie et les recherches alchimiques

les usages thérapeutiques

la production d’œuvre d’artLe rouge intense du cinabre est porteur de valeurs symboliques, pouvant varier selon les époques et les cultures mais s’organisant toujours autour des thèmes de l’Immortalité, de la Vie et de la Mort, du Sang et de la Majesté. D'un fonctionnement purement symbolique au Néolithique, le cinabre va ensuite s’inscrire avec l’apparition de l’écriture, dans des courants de pensée structurant comme l’alchimie et la médecine. L’usage artistique du pigment dans la peinture et la décoration ne cessera de s’affirmer, jusqu’à ce que la révolution chimique de la fin du XVIIIe siècle ne porte un coup dur sinon fatal à la dimension alchimique et médicale. Finalement la fonction artistique s'épuisera d'elle-même en raison de la prise de conscience de la toxicité du mercure.

Dynastie Ming

La dynastie Ming (chinois : 明朝 ; pinyin : míng cháo) est une lignée d'empereurs qui a régné sur la Chine de 1368 à 1644. La dynastie Ming fut la dernière dynastie chinoise dominée par les Han. Elle parvint au pouvoir après l'effondrement de la dynastie Yuan dominée par les Mongols, et dura jusqu'à la prise de sa capitale Pékin en 1644 lors de la rébellion menée par Li Zicheng, qui fut rapidement supplanté par la dynastie Qing mandchoue. Des régimes loyaux au trône Ming (collectivement appelés Ming du Sud) existèrent jusqu'en 1662, année de leur soumission définitive aux Qing.

Le fondateur de la dynastie, l'empereur Hongwu (1368-1398), tenta d'établir une société de communautés rurales auto-suffisantes au sein d'un système rigide et immobile qui n'aurait aucun besoin de s'associer à la vie commerciale des centres urbains. Sa reconstruction de la base agricole chinoise et le renforcement des voies de communication participèrent à l'essor agricole de l'empire qui déboucha sur la création d'importants surplus céréaliers pouvant être vendus dans des marchés bourgeonnant le long des axes de communication. Les villes connurent une importante phase de croissance démographique et commerciale, et également artisanale avec la multiplication des grands ateliers employant des milliers de travailleurs. Les catégories supérieures de la société rassemblées au sein de la basse noblesse furent également affectées par cette nouvelle culture centrée sur la consommation. S'éloignant des traditions, les familles marchandes commencèrent à s'intégrer au sein de l'administration et de la bureaucratie et adoptèrent les traits culturels et les pratiques de la noblesse.

Les Ming présidèrent à la construction d'une puissante marine de guerre et d'une armée de métier d'un million d'hommes. Bien que des missions commerciales et diplomatiques eussent existé durant les dynasties précédentes, la taille de la flotte menant les différentes expéditions de l'amiral Zheng He était largement supérieure et alla faire la démonstration de la puissance de l'empire jusqu'au Moyen-Orient. Il y eut d'énormes projets de construction dont la restauration du Grand Canal et de la Grande Muraille ainsi que la fondation de Pékin avec sa Cité interdite durant le premier quart du XVe siècle. La population de la fin de la dynastie Ming est estimée à quelque 160 à 200 millions d'individus.

La période Ming fut remarquable du point de vue de la création littéraire. Stimulée par l'essor de l'impression qui entraîna celui du marché du livre, la production d'ouvrages explosa en quantité. C'est de cette époque que datent les « quatre livres extraordinaires » (Les Trois Royaumes, Au bord de l'eau, La Pérégrination vers l'Ouest, Jin Ping Mei) et certaines des plus grandes pièces de théâtre chinoises (Le Pavillon aux pivoines). Plus largement, les esthètes collectionneurs s'intéressèrent à diverses formes d'arts (peinture, calligraphie, céramique, mobilier), ce qui eut un impact considérable sur la production artistique et artisanale. Si la classe de lettrés resta largement influencée par la tradition confucéenne, qui restait la référence des programmes des concours impériaux, plusieurs personnalités critiques eurent un écho important, en premier lieu Wang Yangming. La critique de la politique gouvernementale, et donc la politisation des réflexions et des débats intellectuels, furent par ailleurs des phénomènes marquants de la fin de la période Ming.

À partir du XVIe siècle, l'économie Ming fut stimulée par le commerce international avec les Portugais, les Espagnols et les Hollandais. La Chine fut impliquée dans l'échange colombien qui vit d'importants transferts réciproques de biens, de plantes et d'animaux entre l'Ancien et le Nouveau Monde. Le commerce avec les puissances européennes et le Japon entraîna un afflux massif d'argent qui devint le moyen d'échange standard en Chine. Durant le dernier siècle de la dynastie, les effets du petit âge glaciaire se firent sentir sur l'agriculture, les catastrophes naturelles et les épidémies, tandis que la vie politique à la cour puis dans l'empire devenait de plus en plus instable. L'effondrement de l'administration qui s'ensuivit fut un prélude à la chute définitive de la dynastie.

Encyclopédie

Une encyclopédie est un ouvrage (livre, ensemble de livres ou document numérique) de référence visant à synthétiser toutes les connaissances pour édifier le savoir et à en montrer l'organisation de façon à les rendre accessibles au public, dans un but d'éducation, d'information ou de soutien à la mémoire culturelle. Basé sur des autorités ou des sources valides et souvent complété par des exemples et des illustrations, ce genre d'ouvrage privilégie un style concis et favorise la consultation par des tables et des index. Le terme a pris son sens moderne avec l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772).

En principe, une encyclopédie est différente d'un dictionnaire, car ce dernier a pour objet le sens et l'emploi des mots d'une langue, et est donc intraduisible en tant que tel, alors que l'encyclopédie traite des choses ou réalités du monde et de la culture. Cette distinction n'est toutefois pas rigide, car un dictionnaire doit nécessairement aussi « traiter des choses dans la mesure où cela est nécessaire pour déterminer la signification et l'usage des mots », et bien des dictionnaires modernes accentuent leur caractère encyclopédique, tel Le Petit Larousse, afin d'offrir le maximum de renseignements en un seul volume. Quand ils sont suivis de la préposition (de, du ou des), dictionnaire et encyclopédie peuvent l'un et l'autre désigner un livre de proportions modestes portant sur un domaine restreint (par exemple : La Grande Encyclopédie des fées, Dictionnaire de géographie).

Les finalités ont varié au fil du temps : « Au Moyen Âge comme dans l'Antiquité, en Chine comme dans l'Islam classique, l'encyclopédie moralise, instruit, éduque, intègre socialement ; après le XVIIe siècle, elle ne veut plus qu'informer ». Souvent inféodées à des impératifs religieux ou étatiques, les encyclopédies n'ont réussi que tardivement à s'astreindre à « un exposé critique et impartial des faits et des idées », même si des biais idéologiques ou culturels parviennent encore à s'imposer de façon plus ou moins consciente.

La question de l'organisation interne a soulevé des passions et est liée à la conception que l'auteur se fait du savoir et de la façon dont son ouvrage devrait être utilisé. L'organisation dominante a d'abord été purement thématique, en fonction des disciplines. Le classement alphabétique, qui apparaît dans un dictionnaire au Xe siècle, ne s'imposera définitivement dans une encyclopédie qu'au XVIIIe siècle. Organisation thématique et classement alphabétique peuvent être utilisés de façon croisée en intégrant un ou plusieurs volumes d'index à un ouvrage thématique donné.

Les encyclopédies se sont multipliées pour suivre le rythme d'accroissement des connaissances. La révolution numérique a facilité la mise à jour, la consultation et la dissémination des encyclopédies, mais s'est révélée fatale pour la plupart des encyclopédies classiques, alors que Wikipédia devenait la plus grande encyclopédie en ligne. Au XXIe siècle, en raison de l'accélération des découvertes scientifiques et technologiques, une encyclopédie est plus que jamais un projet ouvert, en évolution permanente.

Histoire de l'encre de Chine

Si l'encre de Chine (ch. trad. : 墨 ; py : mò ; jap. : 墨 ; ko. : 먹) est très vraisemblablement originaire de ce pays, et bien que son principe de fabrication soit à peu près stable, il a existé une variété infinie d'« encres de Chine » différentes selon les lieux et les époques.

Selon certains, ce type d'encre serait apparu en Inde avant d'avoir été repris par les Chinois. Il n'existe pas d'« encre de Chine » unique et de formule fixe, et toutes les encres noires ne sont pas « de Chine », d'autant que la composition des encres n'est jamais indiquée sur les emballages. Pour les anglophones l'encre de Chine est l'« encre indienne » : India Ink, et en néerlandais l'« encre indienne orientale » : Oost-Indische Inkt. On ne connaît pas avec une grande précision les dates d'apparition des divers types d'encre.

Histoire de la production de l'acier

L’histoire de la production de l'acier, comme la plupart des histoires de découvertes et progrès techniques, n'est pas linéaire. On trouve des aciers à divers endroits de la planète au cours de l'histoire. Certaines innovations apparaissent sans se répandre : l'Europe découvre l'utilisation de la houille 1 000 ans après la Chine, les Arabes ne connaissant pas ce combustible. D'autres se diffusent différemment : l'adoption de l'énergie hydraulique permet au haut fourneau d'être réinventé partout où le minerai de fer s'y avère compatible.

Avec la Renaissance commence un inventaire des techniques, dont l'analyse se poursuit par des méthodes scientifiques jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Ces techniques, qui restent marquées par les contraintes locales et la transmission du savoir-faire, persisteront jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle. C'est en effet à cette époque qu'apparaissent les innovations les plus marquantes. Toutes sont liées à la mise au point du procédé indirect : le couple constitué par le haut fourneau et le convertisseur fonde la sidérurgie moderne.

Enfin, la sidérurgie de la fin du XXe siècle est contrainte de muter brutalement. La possibilité d'utiliser massivement des énergies et des procédés jusque-là coûteux ou complexes, comme l'électricité ou l'injection d'oxygène pur, permet l'utilisation d'outils dont les performances surclassent indiscutablement ceux de la révolution industrielle.

Histoire navale de la Chine

L'histoire navale de la Chine remonte à des milliers d'années et des archives existent depuis la fin des Période des Printemps et Automne (722 av. J.-C. - 481 av. J.-C.) sur l'ancienne marine chinoise et les différents types de navires utilisés à la guerre. La Chine était la première puissance maritime dans les années 1405–1433, lorsque les constructeurs de navires chinois ont commencé à construire d'énormes navires de haute mer. De nos jours, les gouvernements chinois et taïwanais actuels continuent de maintenir des marines permanentes avec respectivement la marine populaire de libération et la marine de la république de Chine.

Liste d'encyclopédies chinoises

Cet article présente une liste d'encyclopédies chinoises selon un ordre chronologique. Elle contient des ouvrages écrits en chinois de même de que des ouvrages encyclopédiques écrits dans d'autres langues portant su le monde chinois.

Dans cette liste d'encyclopédies chinoises le terme "leishu" désigne un travail de référence traditionnel chinois. Contrairement à une encyclopédie moderne avec des articles expressément écrits, ce type d'ouvrages est composé d'extraits de textes primaires organisés par catégories réunis en fascicules.

Lê Quý Đôn

Lê Quý Đôn (1726–1784) est un philosophe, encyclopédiste et poète vietnamien, qui a également occupé des fonctions importantes dans l'administration. Doté d'un esprit encyclopédique, il est considéré comme le savant le plus remarquable de son temps.

Martinet (industrie)

Un martinet est un gros marteau à bascule, longtemps mu par l'énergie hydraulique d'un moulin à eau, et utilisé depuis le Moyen Âge pour des productions industrielles diverses comme la fabrication du papier, du tan, du foulon, du chanvre, le forgeage du fer, le battage du cuivre. Le mot désigne par métonymie le mécanisme qui met en mouvement ce gros marteau, puis le bâtiment où il est installé.

L'usage d'un martinet par les moines cisterciens est attesté dans des écrits en 1135 à l'abbaye de Clairvaux et archéologiquement vers 1220 à l'abbaye cistercienne de Fontenay en Bourgogne.

Il a existé au XIXe siècle des martinets à fer à vapeur, et des ateliers avec six ou huit martinets. L'outil disparaît progressivement à partir de 1840, lorsque l'énergie hydraulique est remplacée par des machines à vapeur, et les marteaux à bascule par des marteaux à soulèvement (marteau-pilon).

Le dernier martinet à cuivre installé depuis le XVe siècle dans un moulin sur le bord du Sor à Durfort, a été en activité jusqu'en 1998. En même temps, d'autres moulins équipés de martinet ont été restaurés et remis en activité dans un but muséographique, comme le Martinet de la Ramonde, en Aveyron, la forge cistercienne de Fontenay dans la Côte-d'Or.

Rôle du sel dans l'histoire de la Chine

Le sel, sa production et ses taxes ont joué un rôle clé dans l'histoire de la Chine, dans son développement économique, et dans les relations entre l'État et la société. L'appât du gain procuré par les bénéfices dégagés par le sel a conduit à des innovations technologiques et à de nouvelles façons d'organiser le capital. Le débat sur les politiques gouvernementales du sel firent ressortir des positions contradictoires sur la nature du gouvernement, la richesse privée, les relations entre riches et pauvres, alors que l'administration de ces politiques du sel constituait un test pratique pour évaluer la compétence d'un gouvernement.

Parce que le sel est une nécessité vitale, ses taxes (souvent appelées gabelle) reposaient sur une base large et pouvaient être fixées à un faible taux ou au contraire constituer l'une des sources les plus importantes des recettes publiques. Dans les premiers temps, les gouvernements collectaient des revenus en gérant directement la production du sel et ses ventes. Après des innovations dans le milieu du VIIIe siècle, les bureaucraties impériales sécurisèrent ces revenus en vendant des licences sur les droits de commercialisation du sel à des commerçants qui le revendaient ensuite sur les marchés de détail. Le trafic de sel privé a persisté parce que le sel de monopole était plus cher et de moindre qualité, et les bandits locaux et les chefs rebelles prospéraient grâce à la contrebande du sel. Au fil du temps, cependant, ce système basé sur une supervision par la bureaucratie et sur une gestion privée a dégagé des revenus décroissants, arrivant en second rang après la taxe foncière, avec des variations régionales considérables ; ce système a connu des remaniement périodique, mais il est resté en place jusqu'au milieu du XXe siècle.

Le sel a également joué un rôle dans la société et la culture chinoise. Le sel est l'un des « sept nécessités de la vie » mentionnés dans les proverbes et le salé est l'une des cinq saveurs qui forment la base cosmologique de la cuisine chinoise. Song Yingxing, auteur du traité du XVIIe siècle, L'Exploitation des œuvres de la nature a expliqué le rôle essentiel du sel :

« De la même manière qu'il y a cinq phénomènes météorologiques, il existe aussi cinq goûts dans le monde… Un homme ne souffrira pas de s'abstenir pendant une année entière de sucré, d'acidité, d'amer ou de piquant ; mais privez-le de sel pendant une quinzaine de jours, et il sera trop faible pour ficeler un poulet…… »

Technologie sous la dynastie Han

La période dynastie Han (206 av. J.-C. - 220) est une période charnière dans l'histoire prémoderne des sciences et des technologies en Chine, puisqu'elle a été témoin d'avancées majeures dans ces domaines.

En matière de métallurgie, les innovations de la période de la dynastie Zhou sont améliorées et la période Han connaît l'essor de l'usage de l'acier et du fer forgé grâce à l'usage de l'acier naturel et du puddlage. En parvenant à forer toujours plus profondément dans la terre, les Han ne se contentent pas d'utiliser uniquement des derricks pour remonter de la saumure pour leur production de sel, mais ils élaborent aussi des pipeline en bambou afin d'acheminer du gaz naturel directement vers les fours. Les techniques de fonte sont améliorées grâce à l'invention de soufflets actionnés par des roues à eau. La diffusion d'outils en fer permet ainsi d'accroitre la productivité agricole et par extension la croissance démographique. Les systèmes d'irrigation sont améliorés avec l'invention de pompes mécaniques actionnées par des roues à eau ou des animaux, ce qui permet de transporter l'eau vers des terrains plus élevés. Par ailleurs, les roues à eau servent à actionner des martinets pour moudre le grain, mais également pour faire tourner des sphères armillaires représentant la sphère céleste autour de la Terre.

Les inventions Han permettent d'améliorer sensiblement la qualité de vie des Chinois. Auparavant, les écrit étaient conservés sur des rouleaux de bambous, mais l'invention du processus de fabrication du papier permet de créer un nouveau support d'écriture moins onéreux et plus facile à produire. L'invention de la brouette permet de déplacer de lourdes charges. Les jonques maritimes à l'arrière desquelles un gouvernail est monté permettent aux Chinois de s'aventurer au-delà des eaux calmes des lacs et rivières pour explorer la mer. Les Hans inventent aussi à cette époque les cartes graduées et en relief. En médecine, de nouveaux remèdes à base d'herbes sont élaborés afin de guérir les maladies. La généralisation de la pratique d'exercice physique et des régimes régulés permettent en parallèle de réduire les maladies. Les autorités de la capitale sont prévenues de la direction des séismes grâce à l'invention d'un sismomètre, qui est actionné par un mécanisme à pendule. Pour marquer le passage des saisons et les occasions particulières, les han utilisent deux versions de calendrier lunaires, qui sont établis grâce aux efforts entrepris en astronomie et mathématiques. Les avancées en matière de mathématiques à cette époque incluent la découverte de la racine carrée, de la racine cubique, du théorème de Pythagore, de l'élimination de Gauss-Jordan, de la méthode de Ruffini-Horner, l'amélioration du calcul de pi et les nombres négatifs. Des centaines de nouvelles routes et de nouveaux canaux sont construits pour faciliter le transport, le commerce, la collecte des taxes, la communication et le mouvement des troupes militaires. Les han utilisent également différents types de ponts pour enjamber les voies d'eau ou les précipices, comme les ponts à poutres, les ponts en arc, les ponts de singe et les ponts flottants. Les murs défensifs des villes fortifiés sont fabriqués en briques ou en terre battue et pour certains toujours debout aujourd'hui.

Tiangong

Tiangong peut faire référence à :

L'Empereur de jade, un dieu chinois d'origine taoïste qui régit les autres dieux, lié au Ciel et à la souveraineté.

Le programme de développement de trois stations spatiales de l'agence spatiale chinoise CNSA :

Tiangong 1

Tiangong 2

Tiangong 3

Tiangong Kaiwu, une encyclopédie écrite par Song Yingxing, « le Diderot de la Chine ».

Triadica sebifera

Triadica sebifera (nom courant : Arbre à Suif ou Porte-suif, Suif végétal de Chine, Chinese tallow tree, noms latins syn. Sapium sebiferum (Lin., Jacquin), ou Croton sebiferum c'est-à-dire Croton porte-suif Stillingia sebifera vulg. Suiffier ou Gluttier porte-suif (Juss., Jacq.) est une espèce d'arbre originaire d'Asie (Est de la Chine centrale (Vallée du Yangzi Jiang), Taïwan et Japon, Java ), et importé aux États-Unis, où il est devenu une espèce envahissante, poussant généralement aux latitudes inférieure à 32 °.

Il peut atteindre une hauteur de 12 m.

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