Shasou

Le terme shasou apparaît dans les documents égyptiens après la chute des Hyksôs. Il décrit des bédouins localisés d'abord en Transjordanie, qui sont ensuite cités dans la Palestine du sud, puis dans une région plus au nord, autour de Megiddo et Bet-Shean.

Shasou
M8G1M23G43
šȝsw

Étymologie

Selon R. Givéon, le mot šȝsw pourrait dériver de l'égyptien « errer », ou de šȝs, « aller, passer au travers », ou du sémitique « voler, piller ». Ward exprime une préférence pour l'origine égyptienne.

Il pourrait s'agir d'un terme désignant ceux qui se déplacent dans le désert, de la même manière que le terme arabe bédouins.

Le terme canaanéen šasah, « piller » témoigne de la mauvaise réputation (maraudeurs, voleurs) associée au terme[1]. De même, le papyrus Anastasi I témoigne de l'antipathie qu'ils inspiraient aux Égyptiens, reflétée également dans l'histoire de Joseph[2],[3].

Les documents égyptiens

Le terme apparaît dans des textes égyptiens sous les règnes de Thoutmôsis III, Amenhotep II, Thoutmôsis IV, Amenhotep III, Akhenaton, Séthi Ier, Ramsès II, Mérenptah, et Ramsès III, entre le XVe siècle et le XIIe siècle avant notre ère.

La première occurrence se trouve dans l'inscription biographique trouvée à El Kab de l'amiral Ahmôsé[4], qui raconte avoir fait des prisonniers Shasou en servant le pharaon Âakhéperenrê Thoutmôsis II, vers -1490. Les Shasous se trouvaient sur son chemin alors qu'il menait une expédition punitive vers le nord. Pour R. Givéon le seul évènement pouvant expliquer l'apparition des Shasous à cette date est l'expulsion des Hyksôs (autour de -1550).

En l'an 39 de Thoutmôsis III, pendant sa 14e campagne, le pharaon combat les Shasous avant d'atteindre le Rétjénou. Ceux-ci se trouvent donc dans le sud de Canaan. D'après la grande liste du pharaon, ils se trouveraient plus précisément dans le Negev (no 14 de la liste).

Les autres documents de la XVIIIe dynastie attestent de l'importance grandissante des Shasous en Palestine, par le nombre important de prisonniers (à l'époque d'Amenhotep II, une liste de prisonniers donne un nombre avoisinant la moitié de ceux de Kharou), puis par leur nomination aux côtés des plus grands ennemis de l'Égypte, comme Babylone ou Tehenou (Libye).

Pendant le règne d'Amenhotep III, est évoquée une source des Shasous (En-Shasous) à proximité de la ville biblique de Dothan. L'endroit est connu comme un lieu où les bédouins amènent leurs troupeaux. L'histoire de Joseph fait également mention de nomades qui viennent abreuver leurs bêtes à une source près de Dothan.

Lors de la campagne de Séthi Ier, largement attestée comme un évènement historique par la présence de stèles de victoires retrouvées à Megiddo et Beth Shean, ils vivent dans une région fertile en eau et montagneuse entre Sileh à l'est du Sinaï et Pa-Canaan (peut-être la ville de Gaza[5] ?). Le texte d'introduction du relief montrant les shasous note :

« Les ennemis shasous complotent une rébellion ! Leurs chefs tribaux sont rassemblés, se tenant sur les collines de Khor, et ils sont engagés dans le trouble et le tumulte. Ils ne respectent pas leurs voisins, ils ne considèrent pas les lois du Palais ! »

Dans cette campagne le pharaon affronte également les Apirous autour de Megiddo.

Géographie

Les Shasous sont associés à des terre à l'est de l'Égypte : Sinaï, Canaan, Tranjordanie, Liban et Syrie. La phrase « terre des Shasous » est souvent employé. Quelques documents attestent leur présence au nord de Canaan, autour de Megiddo, voire en Syrie. Quelques références mentionnent la Nubie, au Sud de l'Égypte.

Dans le temple d'Amon à Soleb, une liste mentionne quatre toponymes associés à des déités :

  • t3 !3-sw-w s3 m-’-ti-i, terre des Shasous de Maati
  • t3 !3-sw-w y-h-w3 w, terre des Shasous de Yhw
  • t3 !3-sw t-w-r-ÿ b-l, terre des Shasous de Bel
  • b3-i-ti h ‘-[n-t], Bayt maison d'Anat[6]

Une liste de Ramsès III trouvée à Al-Amara[7] reproduit une stèle plus ancienne datée du règne d'Amenhotep III. Elle donne des toponymes associés aux Shasous.

Édom et « Séïr en terre de Shasou »

Pendant le règne de Séthi II, le papyrus Anastasi VI mentionne les Shasous d'Édom, que le pharaon Merneptah autorise à séjourner en Égypte avec ses troupeaux[8],[9],[10] :

« Nous avons fini de laisser les Shasous d'Edom passer la forteresse de Merneptah qui se trouve en Succoth (Tjeku), jusqu'aux piscines de Per-Atum de Merneptah en Succoth, pour les garder vivants eux et leur bétail, par la volonté du Pharaon, le long des noms des autres jours, dans lesquels le fort de Merenptah en Succoth fût passé (par de tels gens)… »

La Bible présente un parallèle tardif à cette histoire dans laquelle Hadad, roi d'Edom, reçoit un bon accueil en Égypte[5].

Séïr est citée dans plusieurs documents égyptiens, en rapport direct avec les Shasous. Outre la liste d'Amarah dont l'entrée est « Séïr en terre de Shasou », un obélisque de Ramsès II parle de la « montagne de Séïr », le papyrus Harris I de l'époque de Ramsès III dit :

« J'ai détruit les gens de Séïr parmi les tribus de Shasous et j'ai pillé leurs tentes avec leurs gens, leurs biens ainsi que leurs troupeaux sans nombre… »

Séïr est un lieu important de l'histoire de la religion d'Israël[5]. Dans la Bible, le mont Séïr est étroitement associé à Édom[11]. Dans le livre des Nombres Moïse appelle Edom « les frères d'Israël », faisant référence à une origine commune des deux peuples[12]. Dans la Bible, le terme est compris à la fois comme un peuple et un nom de région[3].

Les Shasous de YHWH

Plusieurs documents datant des XVIIe et XIXe dynasties font mention de Yhw des Shasous, dont la liste d'Amarah. L'expression se rapporte à un territoire où un culte pour YHWH existe au XIVe siècle avant notre ère. Pour Givéon, sa présence dans une liste de toponymes pourrait indiquer une ville avec un sanctuaire dans la région de Séïr, peut-être à l'origine beth-yhw, la maison de Yhw. Ce terme semble déjà apparaître pendant la XIe dynastie.

Donald Redford estime que nous avons affaire à un groupe qui adorait le dieu d'Israël, ce qui l'amène à parler d'Israël naissant à propos des Shasous[13]. De façon similaire Shmuel Ahituv parle des « adorateurs de Yahu, le dieu d'Israël[14] ». Pour Thomas Römer, la rencontre entre Yahvé et Israël se situerait vers 1250-1200 av. J.-C. Les Shasou, qui vénèrent un dieu qui porte ce nom, ont rencontré un autre groupe, du nom d'Israël, auquel ils ont fait connaître leur dieu, Yahvé[15].

Laban des Shasou

Le toponyme Laban des Shasou apparaît dans la liste d'Amarah. Pendant la période byzantine, Libona fait partie d'une liste de garnison de la Notitia dignitatum. Il s'agit de l'actuel Khirbet el-Libben, au sud d'Amman, qui pourrait être la même ville[5].

Laban est cité dans le territoire d'Edom dans le livre du Deutéronome, 1.1.

Considérations parallèles

Shasous, Shoutous, Soutous

Les Shoutous sont mentionnés en Transjordanie dans les textes d'exécration ; Albright les assimile aux « enfants de Seth » du livre des Nombres[16], bene shet est synonyme de Moab[17]. D'après R. Givéon le lien est possible du fait que ces deux entités occupent le même espace, la Transjordanie méridionale, même si elles sont très éloignées dans le temps.

En revanche il juge difficile le lien avec les Soutous des documents d'Amarna et de Mari, car les archives de Mari indiquent des lieux trop différents de ceux usuellement attribués aux Shasous.

Shasous et Apirous

Ces deux groupes sont mentionnés dans la même liste de prisonniers du pharaon Amenhotep II. Les égyptiens font donc à ce moment la différence entre ce que représentent ces deux termes, qui sont mentionnés tous deux sans le déterminatif de pays qui indique une région ou une ethnie.

Les Apirous apparaissent également dans la campagne de Séthi Ier, qui les affronte à Megiddo.

Archéologie

Il existe peu de traces archéologiques connues de Shasous ; il est difficile de trouver des évidences des nomades. Cependant Thomas E. Levy leur attribue un cimetière dans le district de Faynan en Jordanie. Il s'agit de restes du début du Fer II, vers la fin du Xe siècle avant notre ère.

Notes et références

  1. Adolf Erman, Hermann Grapow (Hrsg.) Wörterbuch der Aegyptischen Sprache, Akademie-Verlag, Berlin 1926–1961
  2. (Gen. 46.33) Et quand Pharaon vous fera appeler, et dira : Quel est votre métier ? Vous direz : Tes serviteurs se sont toujours occupés de bétail, depuis notre jeunesse et jusqu'à maintenant, et nous et nos pères ; afin que vous demeuriez dans le pays de Gossen ; car les Égyptiens ont en abomination tous les bergers.
  3. James K. Hoffmeier, Ancient Israel in Sinai: The Evidence for the Authenticity of the Wilderness Tradition, Oxford University Press, (ISBN 0-19-515546-7).
  4. James Bennett Pritchard, Ancient Near Eastern Texts Relating to the Old Testament, Princeton University Press, (ISBN 0-691-03503-2).
  5. R. Givéon, Les bédouins Shasous
  6. Soleb, tome 5 : Le temple - Bas-reliefs et Inscriptions, IFAO, 2006, (ISBN 2-7247-0223-9)
  7. H.W. Fairman, « Preliminary Report On the Excavations at 'Amrah West, Anglo-Egyptian Sudan, 1938-9. », JEA, no 25,‎
  8. Papyrus Anastasi VI, 51–61, British Museum, TGI, S. 40.
  9. Archaeology and the Shasu Nomads: Recent Excavations in the Jabal Hamrat Fidan, Jordan, Thomas E. Levy, Russell B. Adams, Adolfo Muniz
  10. J. K. Hoffmeier: Ancient Israel in Sinai, Oxford University Press, 2005
  11. (Gen. 32.3) Et Jacob envoya des messagers devant lui vers Ésaü, son frère, au pays de Séir, aux champs d'Édom.
    (Gen 36.8) Et Ésaü habita sur la montagne de Séir. Ésaü est Édom.
  12. (Nom 20.14-17) Puis Moïse envoya, de Kadès, des messagers au roi d'Édom, pour lui dire : Ainsi a dit ton frère Israël. Tu sais tous les maux qui nous sont survenus ; comment nos pères descendirent en Égypte ; et nous avons demeuré longtemps en Égypte, et les Égyptiens nous ont maltraités, nous et nos pères ; et nous avons crié à l'Éternel, et il a entendu notre voix. Il a envoyé un ange, et nous a fait sortir d'Égypte. Et voici, nous sommes à Kadès, ville qui est à l'extrémité de ta frontière ; permets que nous passions par ton pays ; nous ne passerons ni par les champs, ni par les vignes, et nous ne boirons pas l'eau des puits ; nous marcherons par le chemin royal, nous ne nous détournerons ni à droite ni à gauche, jusqu'à ce que nous ayons passé ta frontière.
  13. Donald B. Redford, Egypt, Canaan and Israel In Ancient Times, Princeton, Princeton University Press, (ISBN 0-691-00086-7)
  14. S.Y. Ahituv, Canaanite Toponyms in Ancient Egyptian Documents, Magnes Press, (ISBN 965-223-564-4)
  15. La filature d’un théologien suisse pour connaître l’origine de Dieu, entretien Thomas Römer, letemps.ch, 27 mars 2014
  16. (Nombres 24.17) Un astre s'élance de Jacob, et une comète surgit du sein d'Israël, qui écrasera les sommités de Moab et renversera tous les enfants de l'orgueil (בני-שת, bni-Seth).
  17. Albright, Journal of Biblical Literature LXX, 1944.

Bibliographie

  • R. Givéon, Les bédouins Shosou des documents égyptiens, Leyde, .
  • Donald Bruce Redford, Egypt, Canaan and Israel in ancient times', Princeton University Press, 1993
  • J. K. Hoffmeier, Ancient Israel in Sinai, Oxford University Press, 2005
  • Michael C. Astour, Yahweh in Egyptian Topographic Lists, in Festschrift Elmar Edel in Agypten und Altes Testament, edited by Manfred Gorg, Bamberg, 1979

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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Ahmôsé (amiral de Thoutmôsis II)

Ahmôsé est un amiral du pharaon Thoutmôsis II, qui dans une inscription biographique trouvée à El Kab, raconte avoir fait des prisonniers Shasou en servant le pharaon Âakhéperenrê Thoutmôsis II, vers -1490. Les Shasous se trouvaient sur son chemin alors qu'il menait une expédition punitive vers le nord.

Années 1290 av. J.-C.

XIVe siècle av. J.-C. |

XIIIe siècle av. J.-C. |

XIe siècle av. J.-C.

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Années 1310 av. J.-C.

XVe siècle av. J.-C. |

XIVe siècle av. J.-C. |

XIIIe siècle av. J.-C.

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Années 1440 av. J.-C.

XVIe siècle av. J.-C. |

XVe siècle av. J.-C. |

XIVe siècle av. J.-C.

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Années 1470 av. J.-C.

XVIIe siècle av. J.-C. |

XVIe siècle av. J.-C. |

XVe siècle av. J.-C. |

XIVe siècle av. J.-C. |

XIIIe siècle av. J.-C.

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Apirou

Apirou, Abirou, Hapirou ou Habirou est le nom donné par de nombreuses sources sumériennes, égyptiennes, akkadiennes, hittites, mitannites, et ougaritiques (datant environ de -2000 à -1200) à une catégorie de la population du nord-ouest de la Mésopotamie et du Croissant Fertile, depuis les frontières de l'Égypte, jusqu'en Canaan et en Iran. Le portrait qu'on dresse des Apirou varie selon la source et l'époque : ils sont nomades, semi-sédentaires, hors-la-loi, marginaux, rebelles, mercenaires, esclaves, travailleurs migrants, etc.

Les termes Habiru et Hapiru se trouvent dans les tablettes akkadiennes en écriture cunéiforme et semblent correspondre au terme apr.w apparaissant dans les textes égyptiens à partir de Thoutmôsis III, conventionnellement prononcé « Apirou » (w étant la marque du pluriel en égyptien). Dans les annales mésopotamiennes, on les identifie par le logogramme sumérien sa.gaz, dont la prononciation est inconnue. Apirou signifie peut-être poussiéreux, à l'instar des nomades de la steppe.

Hapirou est le terme utilisé pour désigner un des deux groupes d’étrangers qui préféraient vivre en marge de la société du Canaan. Ce terme fut d’abord mentionné dans les lettres de Tell el-Amarna datées du XIVe siècle av. J.-C. ainsi que dans d’autres documents de l’âge du Bronze. Celui-ci est doté d’une connotation négative puisque ces étrangers, chassés de leur foyer par la famine et la guerre, sont présentés comme des brigands, hors-la-loi et soldats de fortune. Dans le passé, on croyait que les Hapirou désignaient les premiers Israélites. Toutefois, l’emploi de ce terme fut très répandu tout au long des siècles et ce, à travers le Proche-Orient. Ainsi, nous savons désormais que ce terme désignait plutôt une situation socio-économique précaire d’un groupe ethnique donné.

Données archéologiques sur l'Exode et Moïse

Cet article présente les données archéologiques qui sont en rapport avec le sujet de « l'Exode et Moïse », c’est-à-dire avec les données bibliques concernées.

Données archéologiques sur les premiers Israélites

Cet article concerne la sédentarisation et l'origine des premiers Israélites qui s'installent au début du Fer I (c. -1200 à -1000) dans les montagnes de la vallée du Jourdain, une population dont l'une des caractéristiques est de ne pas consommer de porc et qui est appelée Israël sur la stèle de Merenptah en -1200. Les installations (voir carte) se développent progressivement à partir des contreforts qui dominent le Jourdain, il s'agit à l'origine de populations nomades qui peuplent le territoire de Canaan au Bronze récent. Loin des grands axes de communication sur lesquels se situent les cités-États, les Hautes Terres de Cisjordanie n'étaient peuplées au Bronze récent (c -1550 -1200), que de nomades ou semi-nomades.

L'exposé est centré sur les données archéologiques c'est-à-dire, au départ, les faits bruts, datés et validés par publication dans les revues professionnelles à comité de lecture. Il convient de noter que certaines données sont interprétées différemment selon les auteurs et selon les époques. L'exposé de l'historique des différents modèles archéologiques est décrite dans Histoire des théories sur l'origine des premiers Israélites. Le consensus qui se dégage parmi les experts permet maintenant de reconstituer l'Histoire de l'Israël antique.

Hyksôs

Les Hyksôs (en démotique heka khasout, littéralement « chefs des pays étrangers », en grec ancien : Ὑκσως) formaient autrefois un groupe pluriethnique vivant dans l'Asie de l'ouest, et qui arriva à l'est du delta du Nil au cours de la Deuxième Période intermédiaire.

Ils chassèrent les dirigeants de la XIVe dynastie, qui siégeaient à Avaris, et fondèrent les XVe et XVIe dynasties d'Égypte (entre -1674 et -1548), régnant sur la Basse et la Moyenne-Égypte durant plus d'un siècle.

Traditionnellement, seuls six dirigeants de la XVe dynastie sont appelés « Hyksôs ». Les noms hyksôs sont très proches des noms cananéens, confirmant un lien avec le Levant antique. Les Hyksôs introduisirent de nouveaux armements en Égypte, notamment l'arc composite, le cheval et le char.

Les nombreux princes de la XVIe dynastie sont en partie Hyksôs, en partie sémites, en partie asiatiques et en partie égyptiens. Les noms des princes de la XVe dynastie nous sont parvenus grâce aux œuvres et aux monuments égyptiens, ainsi que par l'Histoire d'Égypte de Manéthon, rédigée sous Ptolémée Ier.

Hébreux

Les Hébreux (du latin Hebraei, du grec ancien Ἑϐραῖοι / Hebraioi, lui-même issu de l'hébreu עברי (Ivri)) sont un ancien peuple sémitique du Proche-Orient mentionné dans la Bible hébraïque, qui contient de nombreuses références et constitue la principale source documentaire à leur sujet.

Les Juifs contemporains considèrent les anciens Hébreux comme leurs ancêtres, et les deux termes sont souvent synonymes. En tous cas les actuels Israélites ont le même livre sacré que les anciens Hébreux, les mêmes fêtes principales, et étudient dans les textes d'une longue chaîne de maîtres remontant à Hillel au moins. Quant à la langue des Israéliens modernes, par sa syntaxe et ses racines, elle découle manifestement de la langue biblique, auquel ses enseignants se réfèrent constamment.

KOTOKO

KOTOKO, de son nom complet Kotoko Horikawa (堀川ことこ), est une chanteuse j-pop née le 19 janvier 1980 à Sapporo, sur l'île de Hokkaidō au Japon. Elle a sorti cinq albums, 6 singles, et un DVD. Elle a aussi chanté, composé et écrit des chansons pour d'autres groupes. Elle travaille souvent avec les producteurs I've Sound et a contribué aux bandes sonores de plusieurs anime et jeux vidéo, dont Onegai teacher, Onegai twins, Mahô shôjotai arusu, Maria-sama ga miteru, Hayate no gotoku, Kannazuki no Miko, BALDR FORCE EXE Resolution (en), Starship operators, Shakugan no Shana, BlazBlue: Calamity Trigger, BlazBlue: Continuum Shift...

La Bible dévoilée

La Bible dévoilée, Les nouvelles révélations de l'archéologie, est un ouvrage de synthèse de l'archéologue Israël Finkelstein et de l'historien et archéologue Neil Asher Silberman, d'abord paru en anglais en 2001 sous le titre de The Bible Unearthed. Traduit en français dès 2002, il présente le résultat de recherches archéologiques permettant, selon les auteurs, d'éclairer les événements rapportés par la Bible.

Il a été complété en 2006 par un second ouvrage, Les Rois sacrés de la Bible, À la recherche de David et Salomon , qui rend compte de datations au carbone 14 réalisées postérieurement avec de nouvelles techniques. La Bible dévoilée, Les révélations de l'archéologie est un film de Thierry Ragobert adapté du livre.

Il s'agit d'un ouvrage scientifique sur des données archéologiques récemment « tirées de terre », d'où le terme unearthed dans le titre original, littéralement « La Bible exhumée ». La traduction française a préféré le mot « dévoilée ». Le livre offre la synthèse d'un nombre important d'articles scientifiques publiés dans des revues professionnelles à comité de lecture, tant par les auteurs eux-mêmes que par leurs collègues, abondamment cités. L'ouvrage discute en détail les travaux de 15 archéologues reconnus, et, tout aussi en détail, de 6 biblistes reconnus. Un film documentaire de quatre heures a été tiré du livre ; sa vocation pédagogique explique le choix fait par France 5 et Arte d'en donner plusieurs diffusions à des heures de grande audience, deux ans de suite, à l'occasion des fêtes de Noël.

Mont Séïr

Le mont Séïr ou montagne de Séïr (hébreu : הַר-שֵׂעִיר; Har Se'ir ; s'r en langue hébraïque canonique, vocalisé en sari ou saru, soit « seigneur » en akkadien). Il désigne une région montagneuse où selon la Bible Ésaü et les siens se sont installés après avoir quitté le pays de Canaan. Son nom vient de Séïr, le Horien, dont les fils habitaient le mont. Les enfants d'Esaü luttèrent contre ceux-ci et les détruisirent.

Il est aussi dit être le lieu où « les Amalek qui avaient fui » furent annihilés par cinq cents Siméonites

Ounas

Ounas (ou Ounis, Égyptien ancien : wnjs) était un pharaon, le neuvième et dernier souverain de la Ve dynastie de l'Égypte sous l'Ancien Empire. Ounas régna pendant quinze à trente ans au milieu du XXIVe siècle avant notre ère, succédant à Djedkarê Isési, qui aurait pu être son père, et précédant Téti.

On sait peu de choses des activités d'Ounas pendant son règne, qui fut une période de déclin économique. L'Égypte entretenait des relations commerciales avec la côte levantine et la Nubie, et des actions militaires ont pu avoir lieu dans le sud de Canaan. La croissance et la décentralisation de l'administration, conjuguées à la diminution du pouvoir du roi, se sont poursuivies sous Ounas, contribuant finalement à l'effondrement de l'Ancien Empire quelque deux-cents ans plus tard.

Ounas a construit une pyramide à Saqqarah, la plus petite des pyramides royales achevées sous l'Ancien Empire. L'ensemble mortuaire qui l'accompagnait, avec ses temples funéraire et de la vallée reliés par une chaussée de 750 mètres de long, était richement orné de reliefs peints, dont la qualité et la variété dépassent l'iconographie royale habituelle. De plus, Ounas fut le premier pharaon à faire graver et peindre les Textes des pyramides sur les murs des chambres de sa pyramide, une innovation majeure qui fut suivie par ses successeurs jusqu'à la Première Période intermédiaire. Les hiéroglyphes disposés en des successions de colonnes verticales sont délicatement ouvragés et rehaussés d'une couleur bleue ; 227 formules entourent la dépouille royale telle une récitation silencieuse mais permanente. Ces textes identifient le roi à Rê et à Osiris, dont le culte était en croissance au temps d'Ounas, et étaient destinés à aider le roi à atteindre l'au-delà. Ces inscriptions influenceront toute la littérature funéraire des Égyptiens.

Manéthon, prêtre égyptien du royaume ptolémaïque du IIIe siècle avant notre ère et auteur de la première histoire de l'Égypte, affirme qu'avec la mort de l'Ounas, la Ve dynastie a pris fin. Ounas a été remplacé par Téti, le premier souverain de la VIe dynastie, peut-être après une courte crise. Cependant, les preuves archéologiques suggèrent que les Égyptiens de l'époque n'ont pas rompu consciemment avec la dynastie précédente et la distinction entre ces deux dynasties pourrait être illusoire.

Le culte funéraire d'Ounas établi à sa mort a continué jusqu'à la fin de l'Ancien Empire et a peut-être survécu pendant la Première Période intermédiaire chaotique. Le culte existait encore ou a été ressuscité au cours du Moyen Empire tardif. Ceci n'a pas empêché Amenemhat Ier et Sésostris Ier de démanteler partiellement le complexe mortuaire d'Ounas pour ses matériaux.

Parallèlement au culte officiel, Ounas a peut-être reçu la vénération populaire en tant que dieu local de Saqqarah jusqu'à la fin de la Basse époque, presque deux-mille ans après sa mort.

Pharaon de l'Exode

Le pharaon de l'Exode est le pharaon qui aurait régné sur l'Égypte lors de l'Exode décrit dans la Bible. Au cœur de ce sujet se trouve le problème de l'identification de ce pharaon ainsi que l'historicité de l'Exode.

Qôs

Qôs, Kos, Cos ou Qaus (קוס en araméen) est une divinité du Proche-Orient ancien dont le culte est particulièrement attaché aux Édomites. Le dieu Qôs acquiert une pré-éminence à partir du VIIIe siècle av. J.-C. avec la formation du royaume édomite, un petit royaume situé au sud de la mer Morte. Il constitue la divinité nationale d'Édom, à l'instar de Yahweh dans l'Israël antique. Alors que la Bible hébraïque cite le nom des divinités Kemoch et Milkom des peuples moabite et ammonite voisins, le dieu Qôs, lui, est passé sous silence et ne fait l'objet d'aucune condamnation.

Yahweh

Yahweh, aussi écrit dans les publications Yahvé, Iahvé, Jéhovah, YHWH ou JHVH (de l'hébreu יהוה (yhwh)), est dans le milieu ouest-sémitique du Proche-Orient ancien étroitement associée à l'Israël antique, un des noms donnés au Très-Haut, le Dieu Créateur. Yahweh est vénéré dans les royaumes d'Israël et de Juda. Son sanctuaire principal est le premier Temple de Jérusalem. Dans la Bible hébraïque, Yahweh (YHWH) est présenté comme le Dieu national des Enfants d'Israël. En dehors de la Bible, l'archéologie a fourni des exemples du lien entre le théonyme Yahweh et les Israélites. La religion de l'Israël antique ressemble beaucoup à celle des autres peuples sémitiques du Proche-Orient ancien, notamment à celles de la zone syro-palestinienne. Le culte israélite développe cependant avec le temps des caractéristiques uniques qui l'isolent des autres religions.

Yahwisme

Le yahwisme est un néologisme utilisé pour nommer un courant hypothétique de la religion israélite antique, qui serait antérieur à l'Exil du peuple d'Israël à Babylone. Ce néologisme est construit à partir du terme YHWH considéré par les tenants de cette théorie comme un théonyme, bien que les grammairiens penchent, depuis Baruch Spinoza, à le considérer comme une forme verbale. André Lemaire, Directeur d’études à l'Ecole pratique des hautes études, est promoteur de cette théorie nouvelle qui heurte les sensibilités traditionalistes du judaïsme. Son ouvrage The Birth of Monotheism: The Rise and Disappearance of Yahwism est fort récent, puisqu'il date de février 2007.

Édom

Édom est un petit royaume du Proche-Orient ancien situé au sud de la mer Morte, au sud de la Transjordanie et de la Judée, de part et d’autre de la vallée de l'Arabah. Le terme Édom désigne à la fois un peuple, les Édomites, et une région. Comme les royaumes israélite et moabite voisins, le royaume d'Édom apparaît à l'âge du fer. Il perdure pendant trois siècles, du VIIIe au VIe siècle av. J.-C. environ, durant lesquels il se confronte à ses voisins : Juda à l'ouest et Moab au nord.

Les Édomites connaissent leur plus grande prospérité à l'époque assyrienne et babylonienne. Sous la pression des tribus nomades du désert, leur position se fragilise en Transjordanie. Alors que le royaume de Juda s'affaiblit, ils s'installent graduellement au sud de la Judée. L'installation continue de populations arabiques finit par les rendre minoritaires dans leur territoire historique. À partir de la période perse achéménide, le terme apparenté « Idumée » est utilisé pour désigner une région du nord du Néguev et s'étendant dans la Shéphélah, peuplée d'Édomites ou Iduméens.

Comme pour les Israélites, l'origine des Édomites est obscure. Contrairement aux Israélites, les Édomites n'ont pas laissé de littérature semblable à la Bible hébraïque. Les sources contemporaines assyriennes et égyptiennes donnent peu d'information sur Édom. La Bible quant à elle rapporte des traditions biaisées et plutôt hostiles. Selon la Bible, son ancêtre fondateur serait Ésaü, frère de Jacob. Il est allégoriquement identifié dans la tradition juive avec l'empire romain, et plus tard, avec la chrétienté.

Dans d’autres langues

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