Shamash

Utu

Shamash / Utu
Dieu de la mythologie mésopotamienne
Bas-relief représentant le dieu Shamash faisant face au roi babylonien Nabû-apla-iddina (888-855 av. J.-C.) introduit par un prêtre et une divinité protectrice ; entre les deux, le disque solaire symbolisant le dieu[1]. British Museum.

Bas-relief représentant le dieu Shamash faisant face au roi babylonien Nabû-apla-iddina (888-855 av. J.-C.) introduit par un prêtre et une divinité protectrice ; entre les deux, le disque solaire symbolisant le dieu[1]. British Museum.
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Utu
Fonction principale dieu-Soleil, dieu de la justice et des incantations magiques
Parèdre Aya
Culte
Région de culte Mésopotamie
Temple(s) Sippar et Larsa
Symboles
Attribut(s) Disque solaire, disque solaire ailé

Shamash est le nom akkadien du dieu-Soleil dans le panthéon mésopotamien. Il correspond au sumérien Utu. Il occupe une petite position secondaire dans la hiérarchie divine par rapport au dieu Lune Sîn, considéré comme son père, et a un rôle effacé dans la mythologie, qui contraste avec la grande popularité dont il a bénéficié auprès des anciens Mésopotamiens comme l'atteste le fait que nombre d'entre eux ont porté un nom faisant référence à ce dieu.

Shamash était vu comme le garant de la justice. Tout comme le soleil disperse les ténèbres, il expose en pleine lumière le mal et l'injustice. Dans la mentalité mésopotamienne, cette fonction de justice a été mise en relation avec celle de guérison, vue comme la libération de l'emprise de maux injustement subis, ou encore avec la divination, Shamash éclairant les messages divins qui apparaissent dans les entrailles d'ovins, dans les rituels d'hépatoscopie très répandus en Mésopotamie ancienne. Cela lui vaut d'être célébré dans de nombreux hymnes et prières qui figurent parmi les plus belles pièces de la littérature mésopotamienne.

Le dieu-Soleil

Shamash est le Soleil, c'est d'ailleurs le sens de son nom en akkadien, dérivé de šamšu(m) (à rapprocher de l'arabe شمس : šams), qui signifie aussi « lumière solaire », « jour », « disque solaire » et peut servir d'épithète pour des rois ou des dieux (du type « Mon Soleil »)[2].

Il représente donc la lumière du soleil qui illumine la Terre chaque jour, ce que célèbre un passage du grand hymne qui lui est dédié, daté de la seconde moitié du IIe millénaire av. J.‑C. et considéré comme un des chefs-d’œuvre de la littérature akkadienne :

« Ton lever glorieux illumine l'existence des hommes :

Tous se retournent vers Ton éclat merveilleux !

Tel un immense flamboiement, Tu illumines le Monde ...

Lorsque tu apparais, Shamash, les peuples se prosternent ;

Tous les gens, de partout, s'inclinent devant Toi !

Tu resplendis dans les ténèbres, et Tu tiens les rênes du Ciel !

Ta gloire a recouvert les monts les plus lointains,

Ton éclat a rempli la face de la Terre !

Juché sur les Montagnes, Tu inspectes le Monde :

Du Ciel, Tu tiens à bout de bras tous les pays.

Tu as en mains tout ce qu'a produit Ea, le Roi sage :

Tu prends soin de tous les habitants de la Terre,

Tu fais paître tous les êtres vivants sans exception !

Ici-haut et là-dessous, leur Berger unique, c'est Toi !

Tu ne cesses de traverser ponctuellement les cieux,

Chaque jour, tu parcours la Terre interminable ...

Tu passes sans arrêt la Mer, large et immense,

Dont les dieux célestes, eux-mêmes, ignorent le tréfonds,

Mais tes rayons, Shamash, déscendent dans l'Abîme

Et les monstres marins contemplent ta lumière ! »

— Grand Hymne à Shamash, traduction de J. Bottéro[3].

Ea (Babilonian) - EnKi (Sumerian)
Empreinte de sceau-cylindre de la période d'Akkad figurant une scène de renouveau de la nature : le dieu Shamash est en bas en train de trancher les montagnes de l'ouest avec sa scie ; à ses côtés, Ishtar (à gauche) et Ea (à droite avec son vizir Ushmu).

La célébration de ce dieu porte donc sur le fait que rien n'échappe à sa lumière, car il parcourt chaque jour la Terre. Selon la cosmologie mésopotamienne, la surface de la Terre est plane et finie, entourée par une mer puis des montagnes situées au bout du monde. Au matin, Shamash émerge depuis l'est, entre les montagnes du levant marquant la limite du monde, figurées couramment sur des sceaux-cylindres représentant Shamash par deux monts jumeaux entre lesquels passe le dieu, appelés Mashu dans l'Épopée de Gilgamesh, où ils sont gardés par un homme-scorpion, créature associée à Shamash[4]. Dans l'écriture cunéiforme, le logogramme servant à désigner le dieu Shamash et le soleil, mais aussi le « jour » (ud/u4 ; ūmu(m) en akkadien), était d'ailleurs à l'origine un pictogramme représentant le soleil se levant entre deux collines[5].

Certains sceaux associent cette image à celle de deux divinités en train d'ouvrir des portes, ce qui trouve une explication dans plusieurs prières évoquant les portes du ciel que le dieu franchit chaque matin, même s'il est généralement expliqué qu'il les ouvre lui-même, parfois en débloquant leur verrou[6]. Suivant certains textes, Shamash accomplit ces voyages de jour et du nuit sur un char conduit par son vizir Bunene[7].

Au soir, le soleil qui a traversé le ciel durant la journée se retrouve à l'extrémité ouest du monde où il franchit les monts du ponant puis les portes du ciel. Il semble que plusieurs croyances pouvant entrer en contradictions cohabitent sur ce qu'il faisait la nuit : certains textes indiquent qu'il rentrait dans sa résidence céleste (qui porte le nom de « Maison brillante », comme ses résidences terrestres), apparemment pour se reposer ; d'autres (dont le Grand Hymne à Shamash) semblent indiquer que le dieu passait ensuite sous la surface de la Terre, dans le Monde inférieur (les Enfers) où il rendait également la justice (avant de retourner se reposer au ciel si on veut établir une cohérence entre ces croyances)[8].

L'aspect voyageur du dieu solaire explique peut-être pourquoi lui a été associé un certain type de génie du folklore mésopotamien, l'« homme-bison » (kusarikku(m)), symbolisant les contrées lointaines et montagneuses que traverse Shamash. Dans les plus anciennes représentations le dieu est présenté comme combattant cette créature. Par la suite les hommes-bisons sont présentés comme serviteurs de Shamash, soutenant ses étendards ou son trône[9].

Star of Shamash
Le disque solaire comprenant une étoile, symbolisant le dieu Shamash sur de nombreux bas-reliefs babyloniens.
Shamash
Représentation du disque solaire de Shamash, bas-relief assyrien du IXe siècle av. J.-C.

Les symboles de Shamash sont associés à son rôle solaire. Il est souvent représenté avec des rayons solaires jaillissant par-dessus ses épaules, symbolisant la lumière qu'il dispense. Il est aussi représenté par le disque solaire comprenant une étoile à quatre branches d'où irradient des rayons de soleil[10]. Plusieurs textes indiquent que des disques solaires (šamšu(m)) en or étaient voués par des fidèles au dieu Shamash (ainsi qu'à d'autres divinités)[11], et un disque solaire (niphu) tel que figuré sur la « Tablette de Shamash » joue un rôle dans le culte du dieu dans son temple de Sippar[12].

À partir de la seconde moitié du IIe millénaire av. J.‑C., le disque solaire ailé apparaît dans le répertoire iconographique mésopotamien (en particulier assyrien) à partir de Syrie, peut-être depuis l'Égypte (avant d'être repris par les artistes de l'Empire achéménide pour représenter Ahura-Mazda). Il est souvent supporté par des créatures associées à Shamash, notamment des hommes-taureaux et des hommes-scorpions[13]. Son autre attribut est une scie recourbée (šaššâru(m)) à la signification indéterminée, qui semble lui servir à trancher les montagnes du levant quand il les franchit au matin sur les sceaux-cylindres, et est peut-être aussi liée à sa fonction de dieu de la justice (voir plus bas).

Dans la mythologie sumérienne classique, Utu/Shamash est vu comme le fils du Dieu-Lune Sîn et frère de la déesse Ishtar, et il a un rôle peu présent, et n'est pas une divinité importante dans le panthéon. Utu a pu avoir une place plus importante dans les temps archaïques, puisque plusieurs rois des premières dynasties sumériennes connues, en particulier à Uruk, semblent lui accorder une grande importance et un aspect royal et martial, avant qu'il n'ait été relégué à un rang secondaire sous la dynastie d'Akkad[14] ; mais il occupe néanmoins une place importante dans la glyptique de cette période, apparaissant dans les scènes d'« épiphanie » symbolisant un renouveau de la nature et aussi dans des scènes de combat[15]. Shamash conserve l'aspect d'un dieu profondément bénéfique aux hommes, prodiguant lumière et chaleur à tous, qui lui assure une grande popularité parmi les fidèles. Durant la première moitié du IIe millénaire av. J.‑C. et après, il est une des figures les plus révérées du panthéon mésopotamien (sans jamais être vu comme une divinité de premier rang dans les théologies officielles), ce qui est peut-être lié à l'émergence d'une piété plus personnelle mettant en avant les dieux intercesseurs que l'on pouvait approcher par des prières. Dans la mythologie, il a d'ailleurs souvent cette fonction d'appui à des dieux et des héros en difficulté : il aide Dumuzi à échapper à des démons le poursuivant dans la Descente d'Ishtar aux Enfers en le transformant ; il appuie Gilgamesh dans son combat contre le démon Humbaba ; dans le Mythe d'Etana, il vient au secours du héros éponyme et de l'aigle qui l'assiste[16].

En tant que Dieu-Soleil, Shamash présente des similitudes avec les autres divinités solaires du Proche-Orient ancien, qui dans les textes cunéiformes sont d'ailleurs souvent désignées par le même logogramme que lui, UTU. Dans les pays sémitiques occidentaux (Syrie et Levant), le soleil est souvent une divinité féminine, comme la déesse Shapash à Ugarit (dont le nom est formé à partir de la même racine que celui de Shamash). Les Hittites et autres peuples anatoliens connaissaient des divinités solaires masculines et féminines, en particulier la Déesse-Soleil d'Arinna qui était au sommet du panthéon officiel hittite, ce qui est unique pour une divinité solaire du Proche-Orient ancien, encore que celle-ci soit particulière puisqu'elle présente des aspects chthoniens. La divinité solaire qui présente le plus de points communs avec le Dieu-Soleil mésopotamien est le dieu élamite Nahhunte, qui est lui aussi considéré comme le dieu de la justice[17].

Le dieu de la justice et de l'équité

P1050771 Louvre code Hammurabi bas relief rwk
Bas-relief représentant Shamash assis sur un trône avec des rayons solaires jaillissant au-dessus de ses épaules, face au roi Hammurabi en position de révérence, stèle du Code de Hammurabi, c. 1750 av. J.-C. Musée du Louvre.

Shamash éclaire tout et voit tout, personne ne pouvant lui cacher quoi que ce soit. Cette capacité à débusquer le mensonge est sans doute à l'origine de son rôle de dieu garant de la justice et de l'équité. Ce rôle est bien illustré dans le Code de Hammurabi, dont la stèle était vraisemblablement conservée à Sippar dans le temple de Shamash à l'origine, et dont l'épilogue proclame que le Dieu-Soleil est le « grand juge du ciel et de la terre », celui qui a permis au roi d'avoir un grand sens de la justice et de l'équité et de proclamer des décisions justes. Son bas-relief représente le dieu face au roi sur la stèle du Code, lui transmettant l'anneau et le bâton, généralement interprétés comme des instruments de mesure (utilisés pour calculer la surface des champs ou établir les fondations de bâtiments), symbolisant la capacité à établir des mesures justes ou bien à tracer des segments droits, et donc à rendre une bonne justice[18]. Le dieu est souvent représenté comme leur détenteur (mais d'autres dieux comme Sîn et Ishtar également), en particulier quand il fait face à un roi, comme sur la « Tablette de Shamash » retrouvée dans son temple de Sippar, autre bas-relief remarquable figurant le dieu et ses symboles. Cette capacité à établir des partages équitables se voit aussi dans le mythe d'Enki et l'ordre du monde, dans lequel le Dieu-Soleil figure parmi les divinités liées à l'agriculture en tant que garant d'un découpage et d'une répartition justes des terres agricoles[19]. La scie recourbée (šaššâru(m)) du Dieu-Soleil sert d'emblème divin devant lequel sont réglés certains cas juridiques complexes nécessitant la garantie divine lors d'une prestation de serments des parties impliquées.

Dans cette fonction, Shamash est associé à des divinités personnifiant la justice et l'équité, Kittu et Misharu, qui sont en fait deux conceptions de la « justice » divinisées, dont le sens exact est débattu[20] et au dieu Dayyanu (le « Juge »)[21]. Le Grand Hymne à Shamash déjà évoqué explicite ce rôle de dieu de la justice, garant des bonnes décisions de justice et des comportements équitables, et châtiant les comportements injustes et malhonnêtes :

« De celui qui trame un méfait tu émousses les cornes ;

De l'agent d'affaires intrigant est muté le bien-fonds

Tu fais voir la détention au juge malhonnête,

À celui qui accepte un présent mais juge injustement tu fais subir un châtiment.

Celui qui n'accepte pas de présent, défend la cause du faible

Est agréable à Shamash, il accroîtra sa vie.

Le juge consciencieux, qui rend un juste jugement,

Contrôle le palais, sa demeure est la demeure des princes. »

— Grand Hymne à Shamash, traduction de M.-J. Seux[22].

De là découlent les autres rôles de Shamash, qui en font un dieu important dans plusieurs aspects de la vie juridique. Il est ainsi le dieu des contrats, et le garant des échanges équitables, un passage de l'Hymne à Shamash semblant impliquer que ce dieu soit celui qui récompense les marchands audacieux en leur permettant de faire du profit, et punit ceux faisant des affaires mal jugées par la morale du temps (dont au moins certaines formes d'usure brutales)[22]. Les temples de Shamash du début du IIe millénaire av. J.‑C. sont d'ailleurs des prêteurs importants, pratiquant un taux d'intérêt annuel de 20 % appelé « taux de Shamash », peut-être considéré comme favorable à ses bénéficiaires (les taux d'intérêts privés étaient souvent autour de 33 % s'ils étaient en grains mais pouvaient être plus faibles s'ils étaient en l'argent). Cette fonction n'est pas propre aux temples de Shamash, les temples effectuant généralement des prêts à des particuliers ou à des marchands à des taux avantageux, même s'ils semblent y être les plus impliqués[23]. À cette même période, les gains des partenariats commerciaux sont parfois répartis dans le temple du Dieu-Soleil, sous sa supervision, pour s'assurer que cela soit fait de façon équitable.

La fonction de garant de la justice de Shamash se retrouve également dans son rôle de garant des serments, qu'il partage avec le Adad le dieu de l'Orage, ce qui leur vaut par exemple d'être parmi les divinités évoquées en premier parmi les garants des traités de paix passés par les rois. Il est aussi invoqué dans les serments en cas de litiges. Les prestations de serments devaient alors être effectuées devant ses armes divines dans son temple.

Un dieu des conjurations et de la divination

Cylinder seal Shamash Louvre AO9132
Le dieu Shamash, à gauche dans un sanctuaire stylisé, face à un dévot. Sceau-cylindre et son impression, musée du Louvre.
Divinatory livers Louvre AO19837
Maquettes de foies d'animaux servant à l'exercice de l'hépatoscopie, XIXe et XVIIIe siècles av. J.-C., Mari, Musée du Louvre.

Garant de la justice entre les hommes, Shamash est également le juge des litiges entre les hommes et les forces surnaturelles, celui qui aide à triompher la justice dans les actes d'exorcisme. Avec les dieux de l'exorcisme Ea et Marduk/Asarluhi, il est donc couramment invoqué dans les rituels conjuratoires, pour repousser des démons, des malédictions, des sortilèges lancés par des sorciers, apaiser des divinités. Il s'agit alors de prières ayant aussi une fonction d'incantation. Shamash est loué, souvent aux côtés de ses assistants (sa parèdre Aya, son vizir Bunene, et Kittu et Misharu), puis on évoque le but dans lequel il est appelé et les personnes qu'il doit aider[24]. Par exemple, un rituel de dissolution d'un maléfice (du type appelé namburbû) devait être réalisé lorsqu'un nourrisson humain ou animal malformé (izbu) venait au jour (ou était mort-né) dans une maisonnée, car c'était un mauvais présage dont il fallait annuler l'effet. Le maître de maisonnée faisait alors appel à un exorciste (ašipu) qui préparait un espace rituel au bord d'une rivière, puis l'intéressé à genoux invoquait le dieu Shamash dans une prière incantatoire qu'il devait répéter trois fois :

« Ô Shamash, Juge du ciel et de la terre, Seigneur du droit et de l'équité, Régisseur des régions de là-haut et d'ici-bas ! Ô Shamash, il est en ton pouvoir de rendre la vie au mourant, de délivrer le prisonnier ! Ô Shamash, je suis venu jusqu'à toi ! Ô Shamash, je t'ai recherché ! Ô Shamash, je me suis tourné vers toi ! Du malheur (à provenir) de ce produit-malformé écarte-moi : qu'il ne m'atteigne pas ! Que ce malheur s'enfuie loin de moi-même, pour que jour-après-jour je te bénisse et que ceux qui me contemplent (ainsi délivré par toi) célèbrent à jamais tes louanges[25] ! »

Shamash est donc invoqué en tant que juge, comme s'il devait trancher une affaire entre la personne menacée de malédiction et celle-ci, et devait rétablir la justice par la libération du malheureux. Ensuite intervenait une invocation à la rivière divinisée, puis le corps malformé était jeté à l'eau dans un rituel d'expulsion du mal, et enfin la personne touchée par la malédiction devait porter un collier protecteur pendant une semaine par précaution pour éviter que le malheur ne revienne[26].

Shamash est également le dieu invoqué dans les procédures de divination par lecture des viscères et des foies d'agneaux ou de béliers (extispicine et hépatoscopie). Il est alors invoqué (souvent aux côtés d'Adad) et questionné au moment où le devin s'apprête à ouvrir les entrailles de l'animal sacrifié pour y lire la réponse que le dieu y aura placé à la suite de la demande formulée et faire en sorte que le devin puisse bien l'interpréter[27]. Cette procédure de questionnement et la réponse sont désignées par le terme tāmītu. Ces rituels sont courants à la cour assyrienne au VIIe siècle av. J.-C., où ils sont attestés par de nombreux exemples[28]. Ils sont notamment relatifs à des événements militaires importants (en particulier les risques de rébellion et d'invasions), la nomination de hauts dignitaires et de prêtres, la santé du roi et d'autres personnages importants et d'autres actes importants, la religion et le culte, ou encore les événements diplomatiques comme dans le cas qui suit portant plus précisément sur la sincérité d'un roi étranger proposant un traité de paix :

« Shamash, grand seigneur, [donne moi une réponse ferme et positive] à ce que je te demande ! Si Urtaku, roi d'Élam, a envoyé [une proposition pour faire la paix] à Assarhaddon, roi d'Assyrie, [a-t-il honnêtement envoyé] des mots vrais et sincères de ré[conciliation à Assarhaddon, roi d'Assyrie ?] Sois présent dans ce bélier, [place une réponse ferme et positive, des desseins favorables], des présages favorables et propices, par le commandement oraculaire de ta grande divinité, et que je puisse les voir. »

— Oracle pour le roi Assarhaddon, c. 674 av. J.-C.[29]

Les sanctuaires de Shamash

Clay foundation cylinder of Nabonidus
Cylindre en argile commémorant la restauration de plusieurs temples par le roi babylonien Nabonide (556-539 av. J.-C.), en particulier celui de Shamash à Sippar où il a été mis au jour. British Museum.

Le dieu-Soleil était la divinité tutélaire de deux des villes les plus importantes de Basse Mésopotamie, Larsa et Sippar. Chacune d'elles disposait de son grand temple, nommé dans les deux cas é-babbar, ce qui signifie en sumérien « Maison brillante ». Un troisième temple portant ce nom est attesté à Assur, mais de moindre importance. Les deux grands temples de Shamash ont été dégagés lors de fouilles et ont révélé à chaque fois un complexe monumental majeur, organisé autour du grand temple du dieu et de plusieurs cours, et dominés par une ziggurat. Ils ont eu cet aspect à la suite d'une longue série de constructions, restaurations et réaménagements, notamment à la période néo-babylonienne sous les règnes de Nabuchodonosor II et Nabonide. L'Ebabbar de Larsa a connu un essor à la fin du IIIe millénaire av. J.‑C. durant les dynasties d'Akkad et Ur III, avant d'être agrandi et entretenu par les rois de la puissante dynastie de Larsa puis leurs successeurs babyloniens durant les premiers siècles du IIe millénaire av. J.‑C., qui correspondent à la phase d'essor du culte de Shamash. Il est ensuite restauré par des rois kassites puis assyriens et les derniers grands souverains de Babylone qui ont également entrepris des travaux à Sippar. Ce complexe religieux avait une organisation originale, étant constitué d'un alignement de bâtiments et de cours d'orientation sud-ouest/nord-est sur plus de 300 mètres, le temple se trouvant à un bout et la cour de la ziggurat à l'autre. L'Ebabbar de Sippar, dont une surface moindre a été dégagée, apparaît comme un complexe plus tassé, le temple de plan tripartite jouxtant la ziggurat. S'y trouvait la cella abritant la statue de culte du dieu Shamash, bordée par les chapelles de sa parèdre Aya et de son vizir Bunene[30].

Ces deux sanctuaires ont été d'importants centres religieux mais aussi, comme c'était la règle en Mésopotamie, d'importantes unités économiques disposant de vastes domaines et gérées par une administration propre. De fait, les nombreuses archives qui y ont été exhumées documentent surtout la vie économique et sociale de ces temples et des villes où ils se trouvent. Le clergé de Shamash est donc surtout connu dans ses activités économiques, en particulier par les tablettes retrouvées à Sippar. À la période paléo-babylonienne (XVIIIe et XVIIe siècles av. J.-C.), ses administrateurs, en particulier le šangum, sont des personnages importants de la ville. Les autres prêtres importants sont des purificateurs, des chantres et des prébendiers disposant de charges du culte qu'ils accomplissent de façon cyclique. Cette période est marquée par la présence d'un groupe particulier de religieuses, appelées nadītum, qui résident en communauté dans un secteur proche du temple, peut-être le quartier tassé disposant de petites unités qui a été dégagé à côté du temple, appelé gagûm par les textes. Elles étaient vouées par leurs familles au dieu Shamash, et elles sont présentées comme étant ses kallatum (terme au sens flou : « fiancée » ou « belle-fille »). Elles n'avaient pas le droit de se marier ni d'enfanter, mais pouvaient mener des affaires qui sont bien documentées. Plusieurs d'entre elles étaient richement dotées, car issues de riches familles et parfois même de familles royales. Leur rôle cultuel est en revanche très effacé voire inexistant[31]. L'autre époque durant laquelle l'activité de ce temple est bien documentée est la période néo-babylonienne (c. 600-480 av. J.-C.), durant laquelle le personnel cultuel, alors désigné collectivement comme erīb bīti (ceux qui ont le droit de rentrer dans la zone sacrée du temple), comprend toujours de nombreux prébendiers, et est dirigé par un grand prêtre portant le titre de « Grand frère » (ahu rabū) qui préside le collège (kiništu) des prêtres[32]. Ce même temple est alors un lieu de savoir important, comme l'atteste l'impressionnante découverte d'une bibliothèque dans une partie de l'édifice en 1985 par des archéologues irakiens, comprenant des rituels religieux, des hymnes, des prières et des listes lexicales servant pour la formation et l'exercice du métier des prêtres du temple, mais aussi quelques œuvres « littéraires » (ainsi Atrahasis et l'Épopée de la Création) et des copies de vieilles inscriptions royales[33].

Hatra ruins
L'enclos du dieu-Soleil, au centre de la cité de Hatra.

Le culte des grands sanctuaires de Larsa et Sippar s'éteint entre le IVe siècle av. J.-C. et le IIe siècle av. J.-C. avec l'effacement des anciennes traditions religieuses mésopotamiennes et des structures qui assuraient leur pérennité. Durant les trois premiers siècles de notre ère, le culte de Shamash connaît néanmoins un dernier essor plus au nord, dans la ville de Hatra dont le dieu-Soleil est la divinité tutélaire[34]. Dans les inscriptions en alphabet araméen qui y ont été mises au jour, son nom y apparaît sous la forme šmš (cette écriture ne notant pas les voyelles comme les autres alphabets sémitiques), et est souvent appelé par l'épithète Maran, « Notre maître », et de nombreuses personnes portent un nom composé à partir de celui de ce dieu. Celui-ci présente alors des particularités par rapport au dieu-Soleil de la tradition ancienne puisque sa parèdre est alors la déesse appelée Martan, « Notre maîtresse » (qui ne semble pas correspondre à Aya même si son identité exacte reste indéterminée), et que son animal-attribut est l'aigle (Nishra). Dans les inscriptions locales en alphabet romain, il est assimilé au Sol Invictus par des soldats de la légion stationnant dans la ville durant la première moitié du IIIe siècle. La religion de Hatra est en effet marquée par un puissant syncrétisme, mêlant les anciennes traditions mésopotamiennes à des influences araméennes, arabes, helléniques et romaines. Shamash dispose d'un temple dans la partie centrale de la ville, qui est un vaste sanctuaire enclos dans une muraille, et témoigne là aussi de fortes influences gréco-romaines.

Références

  1. Woods 2004
  2. (en) The Assyrian Dictionary of the Oriental Institute of the University of Chicago, Volume 17 Š Part 1, Chicago, 1989, p. 335-338 ; ; (de) W. von Soden, Akkadisches Handwörterbuch, Band III, Wiesbaden, 1974, p. 1154-1155 et 1158-1159.
  3. J. Bottéro, La plus vieille religion : en Mésopotamie, Paris, 1998, p. 82-83
  4. Black et Green 1998, p. 183-184
  5. R. Labat et F. Malbran-Labat, Manuel d'épigraphie akkadienne (Signes, Syllabaires, Idéogrammes), Paris, 1988 (réimpr. 2002), p. 1 et 174-175.
  6. Seux 1976, p. 215-216, 227 et 229 par exemple.
  7. Black et Green 1998, p. 52
  8. (en) W. Heimpel, « The Sun at Night and the Doors of Heaven in Babylonian Texts », dans Journal of Cuneiform Studies 38/2, 1986, p. 127-151
  9. Black et Green 1998, p. 48-49 ; Woods 2004, p. 54-55
  10. Black et Green 1998, p. 168
  11. (en) The Assyrian Dictionary of the Oriental Institute of the University of Chicago, Volume 17 Š Part 1, Chicago, 1989, p. 338
  12. Woods 2004, p. 50-53
  13. Black et Green 1998, p. 185-186
  14. Comme proposé par (en) C. Fischer, « Twilight of the Sun-God », dans Iraq 64, 2002, p. 125-134
  15. P. Amiet, L'art d'Agadé au musée du Louvre, Paris, 1976, p. 50-53
  16. Black et Green 1998, p. 184
  17. (en) G. Leick, A Dictionary of Ancient Near Eastern Mythology, Londres et New York, 1991, p. 124, 149 et 155
  18. Black et Green 1998, p. 156 ; (en) K. Slansky, « The Mesopotamian “Rod and Ring”: Icon of Righteous Kingship and Balance of Power between Palace and Temple », dans H. Crawford (dir.), Regime Change in the Ancient Near East and Egypt, From Sargon of Agade to Saddam Hussein, Oxford, 2007, p. 37-59.
  19. J. Bottéro et S. N. Kramer, Lorsque les Dieux faisaient l'Homme, Paris, 1989, p. 177-178
  20. Selon D. Charpin, Hammu-rabi de Babylone, Paris, 2003, p. 206-207, kittum serait la « justice en tant que garante de l'ordre public », et mišarum la « justice en tant que restauration de l'équité ».
  21. Black et Green 1998, p. 98
  22. Seux 1976, p. 57-58
  23. (en) R. Harris, « Old Babylonian Temple Loans », dans Journal of Cuneiform Studies 14/4, 1960, p. 126-137
  24. Plusieurs exemples dans Seux 1976, p. 215-234 et 403-412.
  25. J. Bottéro, Mythes et rites de Babylone, Paris, 1985, p. 45
  26. J. Bottéro, op. cit., p. 44-46
  27. Seux 1976, p. 467-475
  28. (en) I. Starr, Queries to the Sun God: Divination and Politics in Sargonid Assyria (SAA 4), Helsinki, 1990 ; (en) W. G. Lambert, Babylonian Oracle Questions, Winona Lake, 2007.
  29. (en) I. Starr, op. cit., p. 84. Le traité fut effectivement conclu puis rompu une dizaine d'années plus tard par les Élamites, cf. (en) S. Parpola et K. Watanabe, Neo-Assyrian Treaties and Loyalty Oaths (SAA 2), Helsinki, 1988, p. XVII-XVIII.
  30. F. Joannès, « Ebabbar », dans F. Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, 2001, p. 258-261
  31. (en) R. Harris, Ancient Sippar, Istanbul, 1975 ; (en) U. Jeyes, « The nadītu women of Sippar », dans A. Cameron et A. Kuhrt (dir.), Images of women in Antiquity, Londres, 1983, p. 260-272.
  32. (en) A. Bongenaar, The Neo-Babylonian Ebabbar Temple at Sippar: its Administration and its Prosopography, Istanbul, 1997
  33. W. al-Jadir, « Une bibliothèque et ses tablettes », dans Archaeologia 224, 1987, p. 18-27
  34. F. Joannès, « Hatra », dans F. Joannès (dir.), Dictionnaire de la civilisation mésopotamienne, Paris, 2001 , p. 369-372 ; E. Martínez Borolio, « Aperçu de la religion des Araméens », dans G. del Olmo Lete (dir.), Mythologie et religion des sémites occidentaux. Volume 2, Émar, Ougarit, Israël, Phénicie, Aram, Arabie, Louvain, 2008, p. 429-437.

Bibliographie

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  • (en) R. Horry, « Utu/Šamaš (god) », sur Ancient Mesopotamian Gods and Goddesses, Oracc and the UK Higher Education Academy, (consulté le 7 mars 2015)
  • M.-J. Seux, Hymnes et prières aux dieux de Babylonie et d'Assyrie, Paris,
  • (en) C. E. Woods, « The Sun-God Tablet of Nabû-apla-iddina Revisited », Journal of Cuneiform Studies, no 56,‎ , p. 23-103
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Adad-nerari II

Adad-nerâri II ou Adad-nirâri (« Adad est mon secours »), roi d'Assyrie de 911 à 891 est fils d'Assur-dan II. Il est généralement considéré comme le premier Empereur d'Assyrie de la période néo-Assyrienne.

Il veut restaurer l'Empire Assyrien, menacée par les Araméens et va faire campagne à de nombreuses reprises contre les ennemis de l'Assyrie. Il soumet les cités araméennes du Tigre, du Khābūr (ou Habur, actuelle Haut Djézireh) et des monts Kashiari. D'anciennes cités Assyriennes de la Jazirah sont reprises. Puis, il conquiert une grande partie de l'Ourartou. Il lance ensuite une offensive en Babylonie où régnait Shamash-Moudammiq (Shamash-Mudammiq, 942-900) qui venait de subir une attaque des Élamites. Le Roi de Babylone suivant, Nabû-shuma-ukin Ier (ou Nabû-Shumi-Ukin, 900-888) contre-attaque, mais il est vaincu aussi par Adad-Nirâri II. Au Sud, il prend les villes de Kadmuh et Nisibin. Il se réconcilie ensuite avec Nabû-shuma-ukin Ier avec qui il passe un traité de paix aux termes duquel Adad-Nirâri II épouse la fille du Babylonien et lui donne en échange sa propre fille. Ce traité inaugure un protectorat Assyrien sur la Babylonie qui durera deux siècles.

De ses activités de bâtisseur, on sait qu'il construit ou restaure plusieurs portes et palais à Assur. Son fils Tukulti-Ninurta II (ou Toukulti-Ninourta, 891-884) lui succède et comme lui aura un tempérament de conquérant.

Assarhaddon

Assarhaddon fut roi d'Assyrie de 680 à 669. Son nom, Assur-aha-iddina, signifie « Assur a donné un frère ».

Chivini

Chivini est sur la Liste des dieux d'Urartu le dieu du Soleil, le troisième en importance des dieux du panthéon d'Urartu, après le dieu suprême Haldi et le dieu du tonnerre Teisheba. L'épouse du dieu était la déesse Tushpuea, et son symbole était le disque ailé. Un autre nom qui lui est donné est celui d' Artinis. Cette dernière version est conservée en arménien moderne au sens du soleil levant.

La plupart des éléments de la religion d'Urartu ont été emprunté à la Mésopotamie, et le dieu Chivini était un dieu analogue au dieu assyrien Shamash et était même désigné en écriture cunéiforme par le même idéogramme. Selon une hypothèse répandue, la capitale du royaume d'Urartu, Tushpa, était le lieu du culte religieux du dieu Chivini,. Selon les textes cunéiformes d'Urartu, les sacricies d'animaux s'élevaient à 4 taureaux et 8 brebis pour ce dieu Chivini.

Dur-Sharrukin

Dur-Sharrukin (Dūr-Šarrukīn ou Dūr-Šarrukēn, la « Forteresse de Sargon » en assyrien), située près de l'actuel village de Khorsabad dans le Nord de l'Irak, à environ 15 km de Mossoul, est une des capitales de l'ancienne Assyrie. Inaugurée en 707 av. J.-C. par le roi Sargon II (721-705 av. J.-C.), la ville est délaissée, en partie inachevée, à sa mort en 705 au profit de la nouvelle capitale, Ninive.

Sa construction, sur un site quasiment inoccupé, est une énorme entreprise qui mobilise les considérables ressources de l'empire assyrien pendant une dizaine d'années. Cette grande ville de forme quadrangulaire est défendue par une muraille épaisse. Son principal ensemble monumental comprend un vaste palais royal, érigé sur une terrasse artificielle, qui comprend plusieurs grandes cours et des dizaines de salles, ornées de sculptures monumentales et de nombreux bas-reliefs illustrant la puissance que l'empire a atteint à la fin du VIIIe siècle av. J.-C. À proximité, isolés dans la même enceinte intérieure que le palais, se trouvent plusieurs autres vastes bâtiments résidentiels et administratifs ainsi que des temples, qui devaient constituer le cœur de l'empire. D'autres bâtiments ont été érigés sur le site avant son abandon, dont un palais servant d'arsenal sur une autre terrasse située de l'autre côté du site.

Construit puis laissé dépeuplé dans la foulée, jamais occupé par une agglomération importante, le site de Khorsabad est remarquablement préservé quand les premières fouilles y ont lieu dans les années 1840 et 1850. Il s'agit du premier site de la Mésopotamie antique qui fait l'objet de plusieurs campagnes ambitieuses, conduites par des consuls français établis à Mossoul, contribuant significativement à la redécouverte de l'empire assyrien, même si la ville n'en a jamais vraiment été à la différence des deux autres sites majeurs mis au jour à la même époque, Nimrud (l'antique Kalkhu) et Quyunjik (Ninive). De nombreuses sculptures exhumées à cette époque se trouvent actuellement au musée du Louvre à Paris où elles ont été transportées dans la foulée de leur redécouverte. Des campagnes de fouilles postérieures, menées par des équipes américaines de 1929 à 1935, ont permis d'améliorer la connaissance de ce site avec des méthodes archéologiques plus abouties que celles des pionniers qui l'avaient redécouvert.

Enkidu

Enkidu est un personnage de la mythologie sumérienne. Suivant les textes et les époques il est appelé Enkimdu, Eabani ou Enkita. Après avoir combattu Gilgamesh, il deviendra son plus fidèle compagnon. Le récit de leurs aventures constituera l'épopée de Gilgamesh.

Hanoukkia

Une hanoukkia (hébreu : חַנֻכִּיָּה, plur. hannoukiot) est un chandelier à neuf branches dont une branche particulière est appelée shamash. Ce chandelier est utilisé par les Juifs lors de la célébration de Hanoucca, la fête des lumières, qui commémore la victoire des Maccabées sur les légions syriennes séleucides.

Le nom de Hanoukkia donné à cette « ménorah de Hanoucca » est apparu à la fin du XIXe siècle à Jérusalem, dans la bouche de l’épouse de Eliezer Ben-Yehuda, qui est connu pour avoir ressuscité l’hébreu en tant que langue vivante.

On trouve des Hanoukkiot de toutes sortes, classiques, modernes, fantaisie, mais pour être valides elles doivent toutefois respecter une règle : les 8 bougies doivent être bien alignées et régulièrement espacées, et la neuvième décalée par rapport aux autres. Les bougies peuvent également être remplacées par des lampes à huile, ou même par des lampes à gaz de camping lors des allumages sur les places publiques.

Larsa

Larsa (ou Larag ou Larak), qui est appelé aujourd'hui Tell Senkerah (en arabe : tall sankara, تل سنكرة) en Irak, était une cité de Mésopotamie, capitale d'un royaume amorrite. Elle est située à quelque 25 km au sud-est des ruines d'Uruk. Larsa est mentionnée dans des inscriptions sumériennes antérieures au règne de Ur-Gur, entre 2700 et 2800 av. J.-C., qui construisit et restaura la ziggourat d'É-babbar, le temple de Shamash. Elle est parfois identifiée à la ville biblique d'Ellasar.

Nabû-apla-iddina

Nabû-apla-iddina ou Nabû-apla-idin, roi de Babylone d'environ 888 à 855 av. J.-C., fils et successeur de Nabû-shuma-ukin Ier. Il renforça le pouvoir babylonien, face aux tribus de Sutéens vivant dans la région du Moyen-Euphrate. Les relations avec l'Assyrie furent cordiales, marquées par la conclusion d'un traité de paix avec Salmanazar III. La situation de la Babylonie semble alors avoir été meilleure que durant les périodes précédentes, plus stable, prospère, et comme l'illustre le fait que la dynastie régnante soit alors stable, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps.

Un document remarquable daté de son règne, la « Tablette de Shamash », relate comment ce roi a rétabli le bon déroulement du culte du dieu-soleil Shamash à Sippar en faisant refaire sa statue de culte qui avait disparu durant les troubles antérieurs à son règne ; il confirma et étendit les privilèges du temple pour permettre au culte de perdurer.

Nabu-apla-iddina laisse à sa mort le trône à son fils Marduk-zakir-shumi Ier, qui fut rapidement contesté par son frère.

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Naram-Sin d'Akkad

Naram-Sin ou Naram-Suen (« aimé de Sîn ») est un roi d'Akkad qui régna de 2254 à 2218 av. J.-C. (ou plus tard vers 2202-2166 av. J.-C.). Les historiens et archéologues Jacque Pirenne et Leonard Wolley évoquent cependant un règne de 55 ans s'étendant donc de l'an 2273 à l'an 2218 av. J.-C.,Naram-Sin, fils de Manishtusu, doit réprimer une révolte générale lors de son avènement. Il prend Mari, détruit le royaume d’Ebla, restaure l’intégrité de l’empire et se fait proclamer « roi des quatre régions ». Au nord, il mène des expéditions contre les Hourrites. À l’est, il vainc Satuni, roi des Lullubi. Il mène d’autres campagnes en Syrie du nord et sur le cours inférieur du Tigre. Il détruit Ebla et le palais de Mari. Il capture Mannudannu, roi révolté de Magan, et intervient en Élam.

Naram-Sin, petit-fils de Sargon d'Akkad, a été sans doute un personnage hors du commun, mais la tradition en fait l’antithèse de Sargon en le représentant comme un roi néfaste par qui le malheur s’est répandu dans le pays, peut-être en raison du pillage du sanctuaire de Nippur. On peut penser que les prêtres ne sont pas étrangers à la réputation qui lui a été faite.

La stèle de victoire du roi Naram-Sin célèbre sa victoire sur les Lullubis du Zagros, dont le roi, Satuni, debout devant Naram-Sin, réclame grâce. Le mode de composition paratactique (personnages rangés en files) traditionnel est abandonné pour une composition en oblique parfaitement en harmonie avec l’idée d’une progression ascendante. Naram-Sin semble avoir été le premier souverain à associer, dans la deuxième moitié de son règne, le signe divin (l’étoile) à son nom et à se coiffer de la tiare à corne divine. De même, on l'appelle « dieu d'Akkad » et on prête serment par son nom. Ces pratiques, par leur côté sacrilège, contribuent sans doute à sa mauvaise renommée. Mais il s’agit d’une conception nouvelle du pouvoir royal, reprise par les souverains de la IIIe dynastie d’Ur.

Outre son fils Shar-kali-sharri qui lui succède on lui connait neuf autres enfants dont ses filles : En-men-ana (ou Enmenana) qui fut Prêtresse de Nanna à Ur, Shum-Shani (ou Shumshani ou Sumšani) qui fut Prêtresse de Shamash à Sippar et Tutar-Napshum (ou Tuta napšum) qui fut Prêtresse d'Enlil à Nippur.

Personnages de la mythologie mésopotamienne

Principaux personnages de la mythologie mésopotamienne.

Parmi toutes ces déités, huit eurent une importance capitale (Enlil, Shamash, Nabû, An, Ea, Assur, Mardouk et Sîn)

Conventions :

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Les noms ci-dessous peuvent provenir de différents contextes : {sum} signifie « nom sumérien » , {akk} « nom akkadien » ou forme utilisée par les Akkadiens. Les autres origines sont indiquées en toutes lettres, comme {amorrite}.

Révolte babylonienne de 652 av. J-C

La révolte de Babylone en 652 av. J-C est une guerre civile interne à l'empire assyrien qui met aux prises l'empire assyrien à sa vassale de Babylone. Celle-ci obtient aussi le soutien de différents acteurs régionaux importants comme l'Elam, l'Égypte, les Chaldéens et certaines tribus arabes. Cette guerre s'acheva en 648 av. J-C par la victoire des Assyriens mais elle affaiblit gravement l'empire qui s'effondrera en 609 av. J-C.

La révolte est menée par le roi de Babylone, Shamash-shum-ukin, qui profite des difficultés du roi assyrien Assurbanipal, son frère, qui doit faire face à la révolte de l'Égypte depuis 655 av. J-C. Il parvient à former une large coalition regroupant Elamites, Chaldéens, Arabes et disposant aussi du soutien de l'Égypte et des révoltés de l'ouest de l'empire assyrien.

Le début de la guerre est à l'avantage des insurgés. Les Chaldéens assiègent Our et Erech tandis qu'une armée élamite pénètre en Babylonie. Attaqués près de la forteresse d'Hiritu dans la région de Dilaya, les Babyloniens et les Elamites y subissent une sévère défaite où les généraux élamites Nesu et Attametu sont tués. Teumman, le souverain élamite, est lui tué lors de la bataille d'Ulai. Ensuite, l'instabilité politique en Elam contraint le corps élamite à se retirer. Les Assyriens peuvent alors marcher sur Babylone qu'ils assiègent à partir de 650. Après trois années de siège, la ville est réduite par la faim. Shamash-shum-ukin se suicide dans l'incendie de son palais et une violente campagne assyrienne de représailles sera menée contre les Elamites.

Les dégâts de la guerre sont telles que l'économie babylonienne ne retrouvera son niveau qu'en 642 av. J-C. Son territoire sera occupé jusqu'en 646 et Ninive restera sous contrôle assyrien.

Shamash-mudammiq

Shamash-mudammiq est un roi babylonien de la fin du Xe siècle av. J.-C. Son règne, dont les dates exactes sont inconnues, se situe dans une période d'instabilité chronique de la Babylonie, que ce roi n'est pas arrivé à juguler. Suivant la chronique assyrienne appelée Histoire synchronique, ce roi a été défait par le souverain assyrien Adad-nerari II, conflit au cours duquel le roi babylonien trouve peut-être la mort, aux alentours de 900.

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Shamash-shum-ukin

Shamash-shum-ukin (mort à Babylone en 648 av. J.-C.) fut roi de Babylone. Il fut nommé à la tête de la ville par son père, le souverain assyrien Assarhaddon. Cela se produisit vers 670 av. J.-C. Il était le frère aîné d'Assurbanipal et devint son vassal lorsque celui-ci monta sur le trône assyrien.

En 664 av. J.-C., le territoire de Babylone est envahi par une armée élamite. La ville n'est sauvée que par un renfort assyrien.

Vers 655 av. J.-C., l'empire assyrien connaît une nouvelle vague de révoltes, commençant à l'ouest par le refus de Psammétique Ier, qui administre l'Égypte, de payer de nouveau tribut.

Vers 653 av. J.-C., Shamash-shum-ukin profite de ces difficultés pour se révolter. Il obtient le soutien des Élamites et des tribus chaldéennes. C'est le début d'une violente guerre civile qui tourne à l'avantage des Assyriens, les coalisés étant défaits lors de la bataille d'Ulai. Babylone est assiégée à partir de 650 av. J.-C. Shamash-shum-ukin meurt dans l'incendie de son palais lorsque la ville tombe aux mains de l'armée assyrienne en 648. Assurbanipal place alors Kandalanu sur le trône de Babylone.

Sippar

Sippar (sans doute plutôt prononcé Sippir dans l'Antiquité, écrit Zimbir en idéogramme sumérien) est une ville de la Mésopotamie antique, située au nord-ouest de Babylone, sur le site actuel de Abu Habbah. Il s'agit d'une des villes les plus importantes de la Babylonie des IIe millénaire av. J.‑C. et Ier millénaire av. J.‑C., où se trouvait l'un des principaux sanctuaires de Shamash, le Dieu du Soleil. Ce site a livré des dizaines de milliers de tablettes cunéiformes, ce qui en fait un des sites antiques les mieux documentés par l'épigraphie.

Une autre ville portait le nom de Sippar, située à sept kilomètres à peine de la première (ce qui en fait plutôt une sorte de faubourg), sur l'actuel site de Tell ed-Der. Pour les distinguer les textes antiques appellent souvent la première « Sippar de Shamash » et la seconde « Sippar d'Annunitum », suivant leurs divinités tutélaires.

Spirou et Fantasio (série télévisée d'animation)

Spirou & Fantasio ou Les Nouvelles Aventures de Spirou et Fantasio est une série télévisée d'animation franco-belge en 39 épisodes de 22 minutes, adaptée de la bande dessinée Spirou et Fantasio et diffusée en France du 3 septembre 2006 à janvier 2009 sur M6.

Sumu-abum

Sûmû-abûm est un prince amorrite qui aurait régné dans la région de Babylone au début du XIXe siècle av. J.-C..

Il maintient le culte d'une divinité, à l'époque secondaire, de la famille du dieu Enki, Mardouk, humble serviteur du dieu protecteur de la cité de Sippar, Shamash. De son règne ne sont connues que quelques inscriptions mentionnant des constructions et des batailles contre des cités voisines. Ses liens avec celui que l'historiographie babylonienne a considéré comme son successeur, Sumu-la-El, sont mal établis. Il est en fait possible que les deux aient été contemporains et que Sûmû-abum ait été le suzerain de Sumu-la-El avant l'émancipation de ce dernier. Ce n'est que tardivement (sous le règne d'Ammi-saduqa, 1646-1626) que la liste royale babylonienne fait de Sûmû-abum son premier roi, alors qu'il est manifeste que Sumu-la-El est le véritable fondateur de la première lignée de rois babyloniens.

Sîn

Sîn est la divinité personnifiant la Lune dans la Mésopotamie antique. Comme la plupart des autres dieux mésopotamiens il a eu plusieurs noms : Sîn (ou Sî') correspond à la forme akkadienne (langue des royaumes de Babylone et d'Assyrie) de son nom, tandis qu'en sumérien, il est connu sous les noms Nanna(r) ou Su'en (d'où dérive sans doute le nom akkadien).

Nanna/Sîn était une des divinités les plus importantes du panthéon de la Mésopotamie, sans jamais avoir joué un rôle majeur dans la mythologie. Il était subordonné à son père le grand dieu Enlil, mais les deux autres grandes divinités astrales, la déesse Inanna/Ishtar et le dieu solaire Utu/Shamash étaient considérés comme ses enfants. Du fait de l'importance du cycle de la lune dans le culte religieux, il a conservé une place de premier plan durant toute l'histoire mésopotamienne, et son principal sanctuaire, dans la grande ville d'Ur, fut l'un des principaux lieux de culte de la région. Secondairement, Nanna/Sîn était également une divinité liée à la fertilité, en particulier celle des troupeaux de vaches.

Sîn-shar-ishkun

Sîn-shar-ishkun (« Sîn a installé le roi ») est l'avant-dernier roi à diriger le royaume assyrien avant sa chute définitive consécutive aux batailles de Harran en 609. Fils du roi Assurbanipal, il prend le pouvoir à la suite d'une guerre civile qui porte les germes de la chute de l'Assyrie.

Assurbanipal meurt vers 630 ou 627, et son fils Assur-etil-ilâni lui succède sur le trône d'Assyrie. Sîn-shar-ishkun est apparemment désigné pour être roi de Babylone. Ce type de partage serait similaire à celui qui avait eu lieu au début du règne de son père, qui était roi d'Assyrie alors que son frère Shamash-shum-ukin était installé à Babylone, tout en devant rester en position inférieure. Sîn-shar-ishkun entre rapidement en rivalité avec son frère, tandis qu'un autre personnage cherche à dominer la Babylonie : le chaldéen Nabopolassar. Une guerre éclate donc en Babylonie, à laquelle se joint l'eunuque Sîn-shum-lishir, qui soutenait Assur-etil-ilani au début.

Vers 625, Sîn-shum-lishir et Assur-etel-ilani sont éliminés en Babylonie, et Sîn-shar-ishkun peut prendre la route de l'Assyrie où il devient roi. Mais il doit laisser la Babylonie à Nabopolassar, qui devient alors son principal rival. L'armée assyrienne, sans doute affaiblie, perd progressivement du terrain face à Babylone, qui réussit à lancer des expéditions vers le nord de la Mésopotamie à partir de 616. L'année suivante, Cyaxare le roi des Mèdes attaque à son tour l'Assyrie. Sîn-shar-ishkun doit faire face à des attaques de ses deux ennemis chaque année, et n'a plus les moyens de lutter, d'autant plus que Mèdes et Babyloniens font alliance. La vieille capitale assyrienne Assur est prise en 614. Ninive tombe en 612 après une résistance acharnée, et Sîn-shar-ishkun disparaît dans ces événements. Une partie de l'armée assyrienne dirigée par Assur-uballit II résiste jusqu'en 609 à Harran, après quoi l'empire Assyrien n'existe plus.

Épopée de Gilgamesh

L’Épopée de Gilgamesh est un récit épique de la Mésopotamie. Faisant partie des œuvres littéraires les plus anciennes de l’humanité, la première version connue a été rédigée en akkadien dans la Babylonie du XVIIIe au XVIIe siècle av. J.-C. Écrite en caractères cunéiformes sur des tablettes d’argile, elle relate les aventures de Gilgamesh, roi d'Uruk, peut-être un personnage ayant une réalité historique, mais en tout cas une figure héroïque, et aussi une des divinités infernales de la Mésopotamie ancienne.

L’Épopée est un récit sur la condition humaine et ses limites, la vie, la mort, l'amitié, et plus largement un récit d'apprentissage sur l'éveil de son héros à la sagesse. La première partie du récit relate les exploits de Gilgamesh et de son compère Enkidu, qui triomphent du géant Humbaba et du Taureau céleste suscité contre eux par la déesse Ishtar dont le héros a rejeté les avances. Le récit bascule avec la mort d’Enkidu, punition infligée par les dieux pour l’affront qui leur a été fait. Gilgamesh se lance alors dans la quête de l’immortalité, parvenant jusqu’au bout du monde où réside l’immortel Uta-napishti, qui lui apprend qu’il ne pourra jamais obtenir ce qu’il souhaite (devenir immortel) mais lui enseigne l’histoire du Déluge qu’il pourra transmettre au reste des mortels.

L’Épopée repose en partie sur plusieurs récits en sumérien composés vers la fin du IIIe millénaire, relatant plusieurs exploits de Gilgamesh. À partir de sa première mise en forme vers le XVIIIe – XVIIe siècle av. J.-C., le texte de l’Épopée connaît différents remaniements et circule sous plusieurs variantes durant le IIe millénaire av. J.‑C., avant qu'une version « standard », relativement stable, ne soit écrite vers 1200 av. J.-C. et ne se diffuse au Ier millénaire av. J.‑C. Elle serait due selon la tradition mésopotamienne à l’activité d’un scribe du nom de Sîn-leqi-unninni. Cette version, sur douze tablettes, est connue avant tout par les tablettes retrouvées à Ninive et datant du VIIe siècle av. J.-C., mises au jour à partir des années 1850 dans l'ensemble de textes savants désigné comme la « Bibliothèque d'Assurbanipal ». Depuis de nouvelles tablettes exhumées sur divers sites de Mésopotamie et du Moyen-Orient ont permis d'améliorer la compréhension de l’œuvre, bien qu'elle ne soit pas intégralement connue.

L'Épopée de Gilgamesh connaît un grand succès dans le Proche-Orient ancien, et des exemplaires sont retrouvés dans des sites répartis sur un grand espace, en Mésopotamie, Syrie, et en Anatolie. Elle a été traduite en hittite et en hourrite. Son influence se décèle également dans diverses œuvres postérieures, jusqu'au début de l'époque médiévale, la mémoire des exploits de Gilgamesh ayant été préservée jusqu'à ces époques, par des canaux qui nous échappent largement, mais qui sont une indication supplémentaire de la popularité de ce récit dans l'Antiquité.

La redécouverte de l’Épopée puis la publication de ses premiers extraits en 1872 par George Smith, correspondant au passage relatant le Déluge, firent sensation en raison des parallèles qu'ils offraient avec la Bible. Par la suite, la reconstitution de l’œuvre plus complète la fit apparaître comme l'une des plus anciennes œuvres épiques connues. Elle suscite depuis l'attention de divers romanciers, poètes, psychologues, compositeurs, etc. qui en ont livré des versions et interprétations modernisées ou s'en sont inspirés.

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