Sériciculture

La sériciculture est l'élevage du ver à soie qui est lui-même la chenille d'un papillon, le Bombyx mori. Elle consiste en l'ensemble des opérations de culture du mûrier, d'élevage du ver à soie pour l'obtention du cocon, de dévidage du cocon, et de filature de la soie. L'élevage s'effectue à partir des œufs du papillon appelés selon l'usage « graines ».

Dans le sud de la France, la maison dans laquelle on pratique l'élevage des vers à soie est appelée magnanerie, du nom de « magnan » donné au ver.

Jusqu'en 1860, la sériciculture était répandue en France, en Italie, et dans le bassin méditerranéen, mais des épizooties ont décimé les populations de vers à soie et aujourd'hui plus de la moitié de la production de cocon est réalisée en Asie (Chine, Inde).

Bombyx mori Cocon 02
Cocon de ver à soie.

Histoire de la sériciculture

Les origines

L’origine de l’élevage du ver à soie appartient en partie à la légende. Celle-ci raconte que c’est la princesse chinoise Si-Ling-Chi qui, il y a 26 siècles, faisant tomber un cocon de papillon dans sa tasse de thé, découvre le principe du dévidage de la soie.

L’Empire de Chine va conserver durant plus de deux millénaires l’exclusivité de la fabrication de la soie. Son commerce s’étend, plus de deux siècles av. J.-C., jusqu’à la Grèce. Finalement le Japon, puis l’Inde, réussissent à découvrir le secret de la fabrication de la soie et deviennent d’importants producteurs. Les Romains nommaient Sericum la région située au-delà du Gange. Des découvertes archéologiques montrent la présence du mûrier pour l'élevage du ver à soie dans la culture de Yangshao (Néolithique moyen chinois (4500 à 3000 av. J.-C.)[1].

Ce n’est qu’au cours du VIe siècle apr. J.-C. que la technique de fabrication arrive dans le Bassin méditerranéen, l’Empire Byzantin la conservant d’abord jalousement. Procope de Césarée (v. 500-560) décrit la façon dont l’empereur Justinien (483-565) réussit l’élevage. La conquête musulmane de la péninsule ibérique et de la Sicile diffuse ces techniques plus largement. Sous l’impulsion de Roger Ier de Sicile (v. 1034-1101) et de son fils Roger II (1093-1154), le ver à soie et le mûrier furent introduits dans l'ancien Péloponnèse qui a pris ensuite le nom de Morée en raison de l'importance de la culture du mûrier. L'industrie de la production de la soie s'installe en Sicile qui devient un centre producteur. La diffusion continue tant en Espagne, autour de Grenade, Tolède ou Séville qu’en Italie autour de Venise, Florence ou Milan.

La sériciculture en France

Historique

Murier à Grand Clément
Mûrier blanc à Villars (Vaucluse), vestige d'une sériciculture disparue.
Planche Soie
Gravure de l'Encyclopédie de Diderot et de d'Alembert, montrant les étapes de la sériciculture.
Magnanerie Mirabeau
Une ancienne magnanerie en Luberon.
Magnanerie - coupe schématique
Coupe schématique d'une magnanerie.
Jeton de corporation des courtiers pour la soie de Lyon
Jeton de corporation des courtiers pour la soie de Lyon.
Lagorce Élevage du vers à soie
Élevage du vers à soie à Lagorce, dans les Cévennes ardéchoises.

La venue des papes à Avignon au début du XIVe siècle introduit la culture du mûrier dans la région.

Louis XI (1423-1483) invite des artisans italiens et grecs à s’installer à Tours, ville qui compte 8 000 métiers à tisser en 1546 et qui devient ainsi un centre séricicole plus important que Lyon, Montpellier ou Paris. D'autres mesures seront prises par la royauté, notamment par François Ier qui signera en 1544 une ordonnance encourageant la culture du mûrier.

Mais c'est surtout Henri IV qui donne une forte impulsion à la sériciculture grâce aux travaux de son illustre conseiller, l'agronome Olivier de Serres, dans le futur département de l'Ardèche. Des mûriers sont plantés jusque dans le jardin des Tuileries. François Traucat fait planter plus de quatre millions de mûriers en Provence et en Languedoc. Sous Louis XIV, Colbert chargea un certain Isnard de faire publier des mémoires sur la culture du mûrier et l'élevage du ver à soie.

Il fallut le terrible hiver de 1709 qui gela les châtaigniers des Cévennes ainsi que les oliviers dans tout le midi, pour obliger les agriculteurs à s'orienter vers une nouvelle ressource, la sériciculture. Le mûrier se développe dans les Cévennes et dans une moindre mesure en Provence. Michel Darluc parle de champs de mûriers bordant les champs de blé dans la Crau irriguée.

De 1760 à 1780 la production de cocons s'élève à environ 7 000 tonnes par an. Le développement s'accentue pour atteindre en 1853 la production record de 26 000 tonnes. Malheureusement cette progression se fait au détriment des exigences sanitaires. Comme dans bon nombre de cas, cette intensification de la production s'accompagne d'une multiplication des maladies touchant les vers à soie. La production de cocons tomba en 1856 à 7 500 tonnes de cocons. M. Jeanjean, secrétaire du comice agricole du Vigan (Gard), pouvait écrire : « Les plantations de mûriers sont entièrement délaissées ; l'arbre d'or n'enrichit plus le pays ». En fait ces maladies apparurent dès 1849, mais la propagation avait pu être freinée par l'importation de graines espagnoles et surtout italiennes. En 1855 l'Italie ayant été également touchée, les graines importées étaient contaminées d'où la récolte catastrophique de 1856.

Des importations de graines sont alors effectuées à partir du Japon et de la Chine. Mais les mauvaises conditions de stockage dans les entrepôts à Yokohama ou à Shanghaï ainsi que la durée du transport compromettent la qualité des graines. Des importations sont également faites de Géorgie et du Caucase. Pour maintenir l'activité des industries de filage, des cocons sont également importés du Japon.

À la suite de nombreuses interventions, le Ministre de l'Agriculture Béhic confia l'étude de ces maladies à Louis Pasteur. Ce dernier hésite à accepter cette mission car, selon ses propres termes, il n'avait jamais touché à un ver de soie. Pasteur finit par accepter et se rend le 6 juin 1865 à Alès. Il étudie en particulier, dans les Cévennes (Gard et Ardèche), deux maladies : la pébrine et la flacherie. Après 5 ans de travaux, il propose une méthode de prophylaxie et publie en 1870 un livre intitulé Étude sur la maladie des vers à soie, qu'il dédicace à sa majesté l'Impératrice qui lui avait dit que « la science n'a jamais plus de grandeur que dans les efforts qu'elle fait pour étendre le cercle de ses applications bienfaisantes ». Ces maladies avaient également été étudiées par de Quatrefages, Béchamp et Balbiani, mais la postérité ne retiendra que le nom de Pasteur.

Grâce à ces travaux recommandant une utilisation de graines saines, le développement de la pébrine est enrayé mais la production ne progresse pas et se stabilise entre 8 000 et 10 000 tonnes de cocons. En effet, d'autres facteurs entrèrent en ligne de compte : résistance de la flacherie, ouverture du canal de Suez d'où une concurrence étrangère plus forte, développement dans le midi de cultures plus rémunératrices (fruits et légumes dans les plaines et vignes sur les coteaux) et apparition des fibres synthétiques.

En 1891, la sériciculture est à l'origine d'un événement pittoresque et festif. L'élevage du ver à soie utilisait des feuilles de papier perforé de petits trous ronds. Monsieur Lué, administrateur du Casino de Paris, se procura des chutes de ces feuilles de papier. Elles furent utilisées, comme projectiles, dans un bal masqué donné à l'occasion du Carnaval de Paris. Ainsi fut lancée la vogue mondiale du confetti en papier, prodigieuse à ses débuts et que nous connaissons toujours aujourd'hui.

Après le bouleversement de la guerre de 1914-1918, la production se stabilise entre 3 000 et 4 000 tonnes de cocons, puis à compter de 1924 continue à décroître jusqu'à 500 tonnes à la Libération. Pendant la Seconde Guerre mondiale, un bref renouveau s'est manifesté pour la fabrication des parachutes. Une affiche éditée par le Ministère de l'Agriculture demandait aux paysans français d'élever des vers à soie avec pour slogan : « Des parachutes français tissés avec de la soie française ». Malgré cela la production continua à baisser pour ne devenir qu'anecdotique.

Tableau récapitulatif

Le tableau ci-après donne la production française de cocons. Les chiffres sont empruntés :

  • jusqu'en 1856 à un mémoire de M.Dumas, membre de l'Institut, inséré aux comptes rendus de l'Académie de Sciences de Paris ;
  • de 1857 à 1871 à la statistique de la France par M.Block ;
  • de 1872 à 1903 aux statistiques annuelles du syndicat des marchands de soie de Lyon ;
  • de 1913 à 1941 aux statistiques du ministère de l'Agriculture, bulletin technique séricicole.
Production française de cocons
Année Production
annuelle
en tonne
Année Production
annuelle
en tonne
Année Production
annuelle
en tonne
1801-07 4.250 1873 8.360 1900 9.180
1808-12 5.140 1874 11.070 1901 8.450
1813-20 5.200 1875 10.770 1902 7.287
1821-30 6.900 1876 2.390 1903 5.985
1831-40 14.700 1877 11.400 1913 4.423
1841-45 17.500 1878 7.720 1920 3.230
1846-52 24.250 1879 4.770 1921 2.557
1853 26.000 1880 9.490 1922 2.584
1854 21.500 1881 9.255 1923 3.355
1855 19.800 1882 9.690 1924 4.224
1856 7.500 1883 7.660 1925 3.389
1857 7.500 1884 6.257 1926 3.099
1858 11.500 1885 6.618 1927 3.655
1859 11.000 1886 8.261 1928 2.668
1860 11.500 1887 8.980 1929 2.535
1861 8.500 1888 9.550 1930 1.827
1862 9.700 1889 7.410 1931 996
1863 9.500 1890 7.800 1932 986
1864 8.500 1891 6.883 1933 942
1865 5.500 1892 7.680 1934 975
1866 16.400 1893 9.987 1935 656
1867 14.100 1894 10.584 1936 673
1868 10.600 1895 9.300 1937 644
1869 8.100 1896 9.318 1938 596
1870 10.100 1897 7.760 1939 526
1871 10.320 1898 6.893 1940 582
1872 9.870 1899 6.993 1941 593

Des essais de relance

Une première relance a été conduite par Édouard de Cazalet à Molières-Cavaillac (Gard) au profit d'un centre d'aide par le travail (CAT). Les résultats ne furent pas convaincants. Une autre expérience débuta en 1972 à Monoblet. Une ancienne magnanerie fut remise en état et l'Association pour le Développement de la Sériciculture (ADS) en Cévennes a été créée. En 1978, année de fermeture de la station séricicole d'Alès, l'ADS lance sa première campagne de production. Quelques agriculteurs se mobilisent et produisent une tonne et demi de cocons. Le projet se développe et reçoit des aides du Conseil général et du Conseil régional.

Toutefois la production reste très faible.

Conditions techniques de l'élevage

Élever quelques chenilles de Bombyx pour obtenir des cocons est chose facile, mais il n'en est pas de même pour l'élevage d'un grand nombre de vers à soie. Dans ce dernier cas, il faut respecter des conditions d'hygiène rigoureuses pour prévenir les diverses maladies. Avant de filer son cocon pour se transformer ensuite en chrysalide, le ver à soie subit quatre mues. L'espace de temps compris entre ces mues successives a reçu le nom d'âge. Le ver à soie doit donc passer par cinq âges successifs.

La graine : incubation et éclosion

La première condition qu'exige l'éducation du ver à soie est le choix de la graine. On doit rechercher une couleur gris cendré. La fabrication de la graine étant une opération délicate, des établissements spécialisés avaient été agréés conformément à la loi du 7 mars 1944 afin de produire des souches saines.

La mise en incubation doit être effectuée à la mi-avril, époque à laquelle les bourgeons de mûriers commencent à s'épanouir. Les conditions d'une bonne incubation sont :

  • une chaleur douce s'élevant régulièrement de 1 à 2 degrés par jour jusqu'à 23° C et sans jamais redescendre ;
  • de l'air pur et sans cesse renouvelé, indispensable à la respiration très active des œufs à ce moment ;
  • une légère humidité pour éviter le dessèchement de la graine.

Pour réaliser cette incubation, les graines étaient autrefois placées dans des sachets ou nouets qui étaient portés par les femmes sous leur vêtement ou déposés dans une pièce chauffée telle que celle où se trouve le four du boulanger. Il est évident que les conditions précédentes étaient mal respectées. La meilleure solution est de recourir à une couveuse ou incubateur dont le type classique en France est le castellet des Cévennes.

La durée de l'incubation est en général d'une quinzaine de jours ; l'approche de l'éclosion est annoncée par un changement de coloration de l'œuf qui devient blanchâtre. L'éclosion dure 3 à 4 jours. Pour enlever les jeunes vers éclos, on place sur les œufs un morceau de tulle sur lequel on dispose des feuilles de mûriers coupées en fines lanières. Les jeunes larves passent à travers la toile pour manger les feuilles qui, une fois garnies de vers, sont placées sur des claies.

Égalisation et espacements des vers

Pour faciliter la conduite de l'élevage, il importe que les vers évoluent de la même façon c'est-à-dire qu'ils muent et fassent leur cocon en même temps. Il faut donc que les derniers nés évoluent un peu plus vite pour combler leur retard : pour cela ils seront mis aux endroits les plus chauds de la magnanerie.

L'espacement des vers est un facteur qui influe énormément sur l'état sanitaire et donc sur le rendement. Il faut compter pour les chenilles du 5e âge, environ 2 m2 de claies pour 1 gramme de graines.

Délitage

Il faut débarrasser les vers de leurs déjections et des feuilles souillées, cela sans les toucher de crainte de les meurtrir. Cette opération appelée délitage s'effectue, après chaque mue, par les vers eux-mêmes au moyen de feuilles de papier trouées ou de filets à maille plus ou moins serrée selon leur grosseur et que l'on dispose au-dessus des chenilles. Les vers passent au travers des mailles pour venir chercher des feuilles fraîches qu'on leur a distribuées au-dessus. Le délitage terminé, la vieille litière doit être enlevée avec précaution pour ne pas disséminer les poussières contenant de nombreux germes.

Alimentation

Il faut donner à manger aux vers peu à la fois et souvent, soit 4 fois par jour. Les repas doivent être donnés à heures régulières. Les vers mangent avec plus d'avidité et profitent mieux de la nourriture qui doit être répandue uniformément. Pour 25 à 30 g de graines on estime qu'il faut distribuer, pendant les 32 jours que dure en moyenne l'élevage, environ 1300 kg de feuilles à répartir de la façon suivante :

Quantité de feuilles nécessaires
Âge Durée moyenne Poids des feuilles
1erâge 5 à 6 jours kg
2eâge 4 à 5 jours 18 kg
3eâge 6 à 7 jours 120 kg
4eâge 7 à 8 jours 250 kg
5eâge 8 à 10 jours 900 kg
Total 30 à 36 jours 1 300 kg

Encabanage

Vers le 8e jour après la 4e mue, l'appétit des vers diminue et on les voit se déplacer rapidement, leur corps devient jaune ambré. On dit que le ver est mûr. L'éleveur dispose des rameaux de bruyère en formant une sorte de galerie ou cabane de 50 cm de large et d'une profondeur égale à la largeur de la claie. La chenille monte dans ces branchages pour procéder à la formation de son cocon. Le maintien de la température est nécessaire pour que le ver puisse d'abord faire son cocon puis se transformer en chrysalide. Il arrive que deux vers s'unissent pour faire un même cocon : il y a alors formation d'un cocon double contenant deux chrysalides. À la place des bruyères, on peut utiliser des hérissons plastiques.

Conditions physiques de l'élevage

Aération

Le renouvellement de l'air dans lequel vivent les vers joue un rôle capital souvent négligé dans le passé. Dans les locaux d'élevage l'air est rapidement vicié par la respiration des vers et se trouve de plus pollué par la fermentation des litières. Un renouvellement fréquent de l'air est une nécessité absolue. Une ventilation énergique est plus particulièrement indispensable quand le temps est orageux et que l'air reste stagnant dans la magnanerie.

Température

La pratique a montré que la température la plus favorable se situe entre 22 et 24° C. Les vers redoutent beaucoup les variations brusques de température.

Lumière

La lumière est indispensable aux vers à soie, qui vivent normalement en plein air. En revanche, il est indispensable d'éviter les rayons directs du soleil.

Prévention des maladies du ver à soie

Bien respecter les conditions techniques et physiques de l'élevage ne suffit pas à assurer une bonne récolte, il faut également respecter une bonne hygiène. Les moyens de lutte contre les maladies sont uniquement préventifs à savoir :

  • une désinfection générale des locaux et du matériel avant et après l'élevage ;
  • un maintien des vers dans la plus grande propreté avec un changement fréquent et régulier des litières.

Les maladies qui peuvent atteindre les vers à soie sont : la muscardine, la pébrine, la flacherie et la grasserie.

La muscardine

La muscardine, désignée également sous le nom de maladie des blancs ou « dragées » est occasionnée par un champignon appelé autrefois Botrytis bassiana et actuellement Beauveria bassiana. Le mycélium se développe dans le sang et à l'intérieur du corps en envahissant tous les tissus. Au moment de la mort, le corps prend une teinte vineuse, le cadavre se couvrant d'un feutrage blanc constitué des filaments fructifères avec les spores. Les conidies libérées se déposent sur la peau des autres vers et les contaminent à leur tour. Cette maladie avait été observée par Vallisneri dès 1725 et expliquée par Agostino Bassi en 1825. L'animal peut mourir aussi à l'état de chrysalide.

Une désinfection bien effectuée permet de prévenir cette maladie. Cette désinfection peut être réalisée par une pulvérisation à base de sulfate de cuivre ou de formol. En cas de contamination il faut :

  • enlever les vers malades ou morts et les brûler ;
  • déliter les vers sains ;
  • brûler les litières où se trouvaient les vers malades.

La pébrine

Les vers atteints de pébrine restent petits et sont peu actifs. Le corps présente de nombreuses taches brunes entourées d'une auréole jaunâtre. Le ver paraît saupoudré de poivre d'où le nom de « pébrine », formé par Quatrefages[2]. Cette maladie est contagieuse et héréditaire, c'est-à-dire que l'œuf contaminé donnera naissance à un ver également malade. Il est donc nécessaire d'avoir des graines non contaminées. Pour cela, selon le procédé d'Osimo repris par Pasteur[3], les corps des femelles qui ont terminé leur ponte sont broyés dans un peu d'eau et examinés au microscope. Si le papillon est contaminé, la ponte correspondante est éliminée. Cette méthode permet de lutter avec efficacité contre cette maladie car les spores de la pébrine ne conservent pas leur vitalité d'une année à l'autre.

La flacherie

La maladie des morts flats ou flacherie est due à des troubles intestinaux, la feuille contenue dans le tube digestif entrant en fermentation. Les vers malades et les cadavres dégagent une odeur aigre très désagréable. Les vers atteints deviennent languissants, refusent de manger et meurent rapidement. Cette maladie peut détruire en peu de temps toute une récolte. Il faut prendre rapidement les mesures suivantes :

  • enlever les vers malades ou morts et les brûler ;
  • déliter et espacer les vers survivants ;
  • faire jeûner les vers pendant 24 heures et pousser ensuite l'élevage en chauffant et en distribuant de nombreux repas de feuilles fraîches, propres et non humides.

La grasserie

La grasserie se déclare généralement vers la fin du 5e âge, un peu avant la montée. La peau devient très fragile et se déchire spontanément, laissant échapper un liquide laiteux. Cette maladie virale est très contagieuse et doit faire l'objet des mêmes traitements que la muscardine : enlèvement des corps morts et des litières qui sont brûlés, délitage des vers sains. La fréquence des repas peut être augmentée.

Articles connexes

Sources

  • Boissier de Sauvages, L'art d'élever les vers à soie, Avignon, Niel, 1787.
  • Pomier, L'art de cultiver les mûriers blancs, d'élever les vers à soie et de tirer la soie des cocons, Paris, Vve Lottin, 1757.
  • Liger, La nouvelle maison rustique ou économie rurale, pratique et générale de tous les biens de campagne, Paris, Vve Desaint, 1790, 2 volumes (Tome 1 pages 390/424).
  • Louis Pasteur, Études sur la maladie du ver à soie, Paris, Gauthier-Villars, 1870, 2 volumes 322 et 326 pages.
  • E.Maillot et F.Lambert, Traité sur le ver à soie et sur le mûrier, Montpellier, Coulet et fils, et Paris, Masson, 1905 1 volume 622 pages.
  • A.Paillot et A.Rebouillon, Les maladies du ver à soie et le contrôle sanitaire des grainages et des éducations de reproduction, Bulletin technique séricicole du Ministère de l'Agriculture, 1945.
  • René Fraisse, Etude de quelques aspects de l'alimentation, de la croissance et de la sécrétation de la soie chez Bombyx mori L. Variations des caractères du cocon et du fil de soie, INRA, 1959
  • F.Clavairolle, M.Costa, E.Doulier, M.Nougarède, H.Ozil, M.H.Piault, D.Tavernier et M.Wienin, Les chemins de la soie, Saint Hippolyte du Fort, Espace Écrits, 1993.
  • Madeleine Villard, Aspects des industries de la soie en Languedoc, dans Marseille sur les routes de la soie, Actes de la table ronde organisée par la chambre de commerce et d'industrie Marseille-Provence et l'Université de Provence, 2001.
  • Jean-François Klein, Soyeux en mer de Chine. Stratégies des réseaux lyonnais en Extrême-Orient (1843-1906), Thèse d'Histoire contemporaine, tapuscrit, sous la dir. de Claude Prudhomme, Université Lyon-2, 2002, 1 1200 p.

Notes et références

  1. E. J. W. Barber, Prehistoric textiles: the development of cloth in the Neolithic and Bronze Ages with special reference to the Aegean, Princeton University Press, , p. 31
  2. Voir récit de Quatrefages reproduit dans L. Pasteur, Études sur la maladie des vers à soie, Paris, 1870, Œuvres complètes de Pasteur, t. 4, p. 27, consultable sur Gallica.
  3. Pasteur mentionne les idées d'Osimo dans Louis Pasteur, Études sur la maladie des vers à soie; Œuvres complètes, t. 4, pp. 38-39, consultable sur Gallica.
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Balakən (raion)

Balakən (en azéri : Balakən, en géorgien : ბელაქანი) est l'une des 78 subdivisions de l'Azerbaïdjan. Sa capitale se nomme Balakən. Elle est peuplée par 95 900 habitants en 2016.

Bombyx du mûrier

Le Bombyx du mûrier (Bombyx mori) est un lépidoptère domestique originaire du Nord de la Chine, élevé pour produire la soie. Le ver à soie est sa chenille. Le bombyx est inconnu à l'état sauvage, il résulte de la sélection par élevage appelé sériciculture.

C'est au stade de chenille que le bombyx produit la précieuse fibre sécrétée en une bave abondante qui, en durcissant, se transforme en un fil unique de soie brute avec lequel la chenille se fabrique un cocon. Ce fil mesure entre 800 et 1500 mètres de long. Cette production de soie par des glandes spécialisées, dites séricigènes a été interprétée comme une excrétion de substances toxiques présentes dans l'alimentation.

Cazedarnes

Cazedarnes en occitan Casa d'Arnas, est une commune française située dans le département de l'Hérault en région Occitanie. On y pratiqua longtemps jadis la sériciculture.

Ses habitants sont appelés les Cazedarnais.

Chenille (lépidoptère)

La chenille est la larve des lépidoptères, c'est-à-dire des insectes dont l'imago est appelé papillon. Les larves de certains hyménoptères qui ressemblent beaucoup à celles des lépidoptères sont appelées fausses-chenilles.

Parmi les quatre stades de développements successifs du lépidoptère (œuf, chenille, chrysalide, papillon), la chenille est l'un des deux stades mobiles et celui qui assure l'essentiel de la croissance de l'animal, la fonction reproductive étant réservée au papillon.

Le développement de la chenille nécessite plusieurs mues dont la dernière, appelée nymphose, marque le passage au stade de nymphe, appelée chrysalide chez les lépidoptères.

Les chenilles de certaines espèces tissent autour d'elles une structure de soie appelée cocon afin de s'y mettre à l'abri en vue de leur nymphose (le cas le plus célèbre est la chenille de Bombyx mori, appelée ver à soie, fondement de la sériciculture). D'autres chenilles (notamment celles des rhopalocères) se contentent de se fixer à un support par une ceinture de soie qui maintiendra la chrysalide. D'autres encore s'enterrent dans l'humus à faible profondeur, dans une loge plus ou moins soyeuse : c'est le cas de la plupart des sphinx.

Georges Coutagne

Georges Coutagne (né à Lyon le 20 septembre 1854 et mort à Saint-Genis-Laval le 18 août 1928) est un biologiste, naturaliste, botaniste, malacologiste, ingénieur et agronome français. Il s'intéresse aux grandes questions de biologie fondamentale qu'il aborde au travers de plusieurs disciplines naturalistes : viticulture, botanique, sériciculture et malacologie. Ces questions concernent l'évolution, la génétique, la notion d'espèce, le polymorphisme et l'hérédité des caractères acquis.

Guy Rosolato

Guy Rosolato, né le 29 janvier 1924 à Istanbul, et mort à Paris le 7 mars 2012 (à 88 ans), est un psychiatre et un psychanalyste français.

Histoire de la soie

L'histoire de la soie semble débuter, selon les découvertes récentes, en Chine entre 3000 et 2000 ans av. J.-C. (le plus vieux fragment de soie découvert en Chine datant de 2570 av. J.-C.). Elle se serait poursuivie ensuite avec trois millénaires d’exclusivité durant lesquels la Chine aurait fait commerce de ce tissu précieux sans jamais en transmettre le secret. L’art de fabriquer la soie se serait ensuite progressivement transmis aux autres civilisations par le biais d'espions de tous genres (moines, princesses…) aux pillards et aux marchands.

Cependant, des découvertes récentes dans la Vallée de l'Indus (à Harappa et à Chanhu Daro), entre l'Inde et le Pakistan actuels, laissent à penser que la civilisation qui y vivait (2800 à 1900 av. J.-C.) connaissait et maîtrisait déjà l'usage de la soie.

Arrivée en Europe occidentale à la fin du Moyen Âge, la production de soie parvient au stade de l'industrialisation à partir du XIXe siècle. Puis, elle connaît un grave déclin lié à l’essor rapide de la fabrication dans certains pays d’Asie et aux épidémies qui touchent les vers à soie en France. Elle est finalement redevenue une production essentiellement asiatique.

La Chavanne

La Chavanne est une commune française située dans le département de la Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Commune rurale de la combe de Savoie située en rive gauche de l'Isère, elle fait partie du massif des Alpes.

Magnan (oc)

En provençal, le magnan (en graphie mistralienne) ou manhan (en graphie classique) désigne le bombyx du mûrier, utilisé en sériciculture en tant que vers à soie, dans une magnanerie.

L’étymologie de magnan, mot que l'on rencontre dans tout le Midi de la France, n'est pas claire (voir le TLFi) : il semble bien cependant que le mot soit venu d'Italie tout comme les techniques de sériciculture elles-mêmes.

Selon Charles Fraissinet, magnan dérive du verbe maniar, lequel dans la langue romance signifiait « manger ». Le ver à soie est connu pour sa grande voracité.

Magnanerie

Une magnanerie (terme venant de l'occitan magnan, qui désigne le bombyx du mûrier) est un lieu d'exploitation de sériciculture, c'est-à-dire l'élevage du ver à soie.

L'exploitant d'une magnanerie est appelé un magnanier ou plus couramment magnan.

Dans une exploitation agricole, on peut aussi rencontrer la dénomination magnanière pour le bâtiment destiné à la sériciculture. Les femmes employées dans une magnanerie sont appelées magnanarelles ou magnarelles.

Des magnanarelles apparaissent dans l’opéra Mireille (1864) de Charles Gounod, d’après l’œuvre de Frédéric Mistral.

Il existe un « Lycée des Magnanarelles », un lycée technique situé aux Arcs (Var, PACA).

Les magnaneries se développent en France à la fin du XVIe siècle grâce à Olivier de Serres qui lance sa ferme modèle en Ardèche, le Domaine du Pradel. Il introduira la culture du mûrier pour la matière première, et obtiendra à la fin du siècle d'Henri IV un développement à grande échelle de cette culture avec la plantation de 4 millions de mûriers en Ardèche, Dauphiné et Cévennes.

Les magnaneries sont situés principalement dans les départements de l'Ardèche, du Gard, du Vaucluse et de la Lozère, la soie est ensuite exportée sur la région lyonnaise.

L'élevage du ver à soie pour la production du fil de soie ne se fait plus en France. Cependant, aujourd'hui encore, on peut découvrir ce savoir-faire dans certains musées tels qu'au château des Roure en Ardèche.

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Mario Tirelli

Mario Tirelli est un entomologiste italien, né en 1906.

Spécialiste de l’anatomie et la biologie du ver à soie, il est sous-directeur de la Station de sériciculture de Padoue. Il fait notamment paraître en 1929, Fisiologia degli Insetti et en 1930, Atlante microfotografico della embriologia degli insetti (Bombyx mori).

Musée de la soie

Le musée de la soie est un musée situé à Saint-Hippolyte-du-Fort. La thématique majeure de ses collections est la sériciculture en Cévennes.

Mûrier

Morus (les mûriers) est un genre de plantes dicotylédones de la famille des Moraceae, originaire des régions tempérées et subtropicales d'Asie, d'Europe, d'Afrique et d'Amérique, qui comprend 17 espèces acceptées. Il s'agit d'arbres ou d'arbustes à feuilles caduques qui sont soit monoïques, soit dioïques. Certaines espèces sont cultivées pour leurs fruits (les mûres) ou pour leurs feuilles, qui servent de nourriture au ver à soie, ou comme arbres d'ornement.

Les mûriers ne doivent pas être confondus avec les ronces (Rubus), plantes ligneuses sarmenteuses de la famille des Rosaceae, dont les fruits des haies sont similaires par l'aspect et le goût, et communément appelés des mûres ou mûrons, par analogie.

Une plantation de mûriers est appelée « mûraie » ou « mûreraie ».

Ongles

Ongles est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom des habitants d’Ongles est Onglois,.

Pierre Nicolas Le Chéron d'Incarville

Pierre Nicolas Le Chéron d'Incarville, (Louviers, 21 août 1706 — Pékin, 12 juin 1757), était un jésuite passionné de botanique.

Préfecture de Gunma

Gunma (群馬県, Gunma-ken) est une préfecture du Japon située dans le Kantō.

Soie

La soie est une fibre protéique naturelle d'origine animale utilisée dans la fabrication d'articles et produits textiles. Les protéines de soie sont de longues macromolécules structurelles composées d'acides aminés (principalement l'alanine, la glycine et la sérine) dont la répétition donne naissance à une fibre hydrophobe. De nombreux arthropodes produisent de la soie dans des glandes séricigènes, notamment les araignées (soie d'araignée) et les chenilles de certains papillons (Yponomeutes, bombyx). La faculté de produire des fibres de soie est apparue plusieurs fois au cours de l'évolution. Si les insectes de presque tous les ordres sécrètent un matériau protéique équivalent, seuls quelques groupes ont développé un véritable comportement de tissage de fils soyeux (Hyménoptères, Lépidoptères, Embioptères, Thysanoptères, Trichoptères et quelques larves de Diptères).

Les tissus de soie sont principalement issus du cocon produit par la chenille (ver à soie) du bombyx du mûrier (Bombix mori) pour la soie de culture, et du ver à soie Tussah (plusieurs espèces de chenilles du genre Antheraea) pour la soie sauvage. La soie aurait été découverte entre 2000 et 3000 avant notre ère[réf. nécessaire].

La technique permettant de produire la soie date de 2500 av. J.-C. et vient de Chine par la Route de la soie. Elle a été tenue secrète jusqu'en 560. La production a commencé en Europe au VIe siècle. En France, la production débuta au XIIIe siècle. L'élevage des vers à soie est appelé « sériciculture ». La soierie désigne aussi bien la fabrication de soie que la marchandise ainsi produite ou que le lieu où on la produit ou on la commercialise.

Sériciculture et artisanat de la soie en Chine

La sériciculture et l’artisanat de la soie en Chine est l'intitulé sous lequel la fabrication de la soie en Chine est inscrite sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité en 2009 par l'UNESCO.

Économie de l'Ouzbékistan

L'économie de l'Ouzbékistan est marquée par l'importance de son agriculture et de son industrie, de par son héritage soviétique. 38 % de la population active est occupée dans l'agriculture majoritairement irriguée (cultures du coton, des fruits, des primeurs, du riz, de la luzerne, des vignes ou encore des céréales fourragères, élevage ovin et bovin et sériciculture).

Le pays dispose également d'importantes richesses minières (gaz naturel, uranium, cuivre, pétrole) ce qui contribua à l'industrialisation du pays dans l'après-guerre et a totalisé récemment une bonne partie des investissements étrangers dans les secteurs de l'extraction minière, du raffinage du pétrole ou encore de la machinerie agricole et de l'assemblage de voitures.

Dès l'indépendance, le président Karimov a fait le choix d'une stratégie de réforme graduelle visant notamment à atteindre l'autosuffisance énergétique et alimentaire du pays. Cependant, la croissance économique reste soumise à des fluctuations régulières. Tributaire des recettes d'exportation (coton, uranium et or pour une large part), le développement de l'économie ouzbèke a été freiné par les résultats en demi-teinte de la récolte du coton dont l'Ouzbékistan est le 4e producteur mondial, et de l'uranium dont le Combinat minier et métallurgique de Navoï est le 8e producteur mondial.

De plus, sans véritable stratégie de réformes, les autorités du pays ont multiplié les faux pas (comme dans le domaine des changes, ayant refusé la convertibilité de la monnaie nationale jusqu'en 2003) et des actions restrictives et dirigistes envers les petites et moyennes entreprises, ce qui entraîna une stagnation dans le milieu des affaires. Seulement le petit commerce de rue et les entreprises ayant le droit privilégié de faire les opérations d'importation ont pu prospérer tandis que le tissu économique général resta de facto soit étatique, soit sous une forte emprise de l'État. On notera également une forte emprise sur les nouveaux secteurs économiques à haute valeur ajoutée, surtout dans la capitale Tachkent, exercée par la fille du président Karimov, Goulnora.

La situation économique de l’Ouzbékistan reste en effet fragile : l'adoption de la libre convertibilité de la monnaie nationale en octobre 2003 devrait cependant créer un environnement beaucoup plus favorable aux investissements étrangers. Certains résultats macroéconomiques positifs sont à noter (inflation et dévaluation de la monnaie relativement maîtrisées notamment). Le réchauffement politique avec la Russie, entamé en 2005, a eu pour résultat les investissements massifs des compagnies russes sur le sol ouzbek (dans le domaine de l'énergie, des télécommunications, de l'aviation civile ou encore de l'agroalimentaire), ainsi que la hausse substantielle des échanges commerciaux bilatéraux (3 milliards de dollars en 2006, + 42 % par rapport à 2005).

Toutefois, Tachkent hésite à aller de l'avant dans le domaine des privatisations du secteur agricole qui représente toujours 1/3 du PIB et de la population active. En fait, le gouvernement retarde une véritable libéralisation de l'économie par crainte de ses conséquences sur un tissu social déjà fortement dégradé (27 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et les revenus moyens sont à la baisse depuis 1997) et pour préserver les intérêts de quelques acteurs économiques influents, proches des élites au pouvoir. L'offensive maladroite, à partir de l'été 2004, contre l'économie informelle a été à l'origine d'importants remous sociaux.

Premier producteur et exportateur du coton dans l'ex-URSS, l'Ouzbékistan est largement critiqué par la communauté internationale d'utiliser le travail forcé des enfants et des étudiants sur les champs de coton sous le soleil accablant et d'appliquer les rémunérations dérisoires aux récolteurs de cette culture stratégique pour le pays qui rapporte plusieurs milliards de dollars aux coffres d'État. Malgré les pressions internationales et l'interdiction formelle du gouvernement ouzbek d'utiliser le travail des enfants, il apparait que la réalité sur le terrain reste inchangée.

Les multinationales implantée dans le pays sont capables d'exercer de fortes pressions ; en 1993, ayant acquis une usine de montage, Daewoo fait modifier la législation sociale qui interdisait la production en continu avec trois équipes de huit heures.

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