Ryūkyū (archipel)

L'archipel des Ryūkyū, ou îles Ryūkyū, constitue un archipel japonais de la mer de Chine orientale, situé entre l'archipel de Satsunan au nord et Taïwan au sud. Jusqu'au début du XXe siècle, les orthographes « îles Luchu »[1] (du chinois : 琉球 ; pinyin : liúqiú API : li̯oʊ̯³⁵ t͡ɕʰi̯oʊ̯³⁵) ou « îles Riou Kiou »[1] (du japonais) était également usitée. La principale île est Okinawa Hontō. Avec Satsunan, l'archipel des Ryūkyū fait partie de l'archipel Nansei, formé le long de la plaque d'Okinawa, entre la fosse des Ryūkyū et la fosse d'Okinawa. La façade méridionale de certaines îles est bordée par la mer des Philippines.

Location Okinawa Prefecture
L'archipel Ryūkyū au sein de l'archipel Nansei
Map-okinawa-pref
Composition (manque l'archipel Daitō à l'est)

Composition

Au sens strict, l'archipel des Ryūkyū (琉球諸島, Ryūkyū shotō) est composé des îles habitées suivantes :

L'archipel Daitō, bien qu'il dépende administrativement de la préfecture d'Okinawa et fasse partie des îles Ryūkyū, constitue pour autant sur le plan géologique un ensemble distinct et indépendant. En effet, ces trois îles se situent dans la mer des Philippines, sont séparées du reste de l'archipel par la fosse de Ryūkyū et, de ce fait, ne sont pas sur les mêmes plaques tectoniques (plaque d'Okinawa à l'ouest, plaque des Philippines à l'est). Les îles Ryūkyū appartiennent à la ride homonyme, tandis que l'archipel Daitō est situé sur les rides Daitō et Okidaitō (Daitō Ridge et Okidaitō Ridge). La première a une orientation nord-est/sud-ouest, tandis que les deux autres ont une direction respectivement est/ouest et est-sud-est/ouest-nord-ouest.[2].

Au sens large, les îles Ryūkyū comprennent les îles de l'ancien royaume de Ryūkyū, soit les îles Amami (奄美群島, Amami guntō, littéralement « groupe d'îles Amami ») et l'archipel Ryūkyū[3]. Lorsque l'on insère dans l'appellation l'ensemble de l'archipel Satsunan (薩南諸島, Satsunan shotō, préfecture de Kagoshima), on utilise en japonais le terme « chaîne d'îles Ryūkyū » (琉球列島, Ryūkyū rettō), plus vague, qui correspond alors à l'archipel Nansei.

Dans tous les cas, on peut ajouter à ces îles les Senkaku (尖閣諸島, Senkaku shotō), situées au nord des îles Yaeyama et Miyako et faisant partie de l'archipel Sakishima, qui est composé de quatre îles et trois rochers inhabités et est revendiqué par la République populaire de Chine et la République de Chine (Taïwan).

Histoire

Le Pléistocène et le Néolithique

L'archéologie distingue deux grandes aires culturelles dans les Ryukyu :

Il semble que les Sakishima aient été occupées au Pléistocène par des populations venues de Chine à une époque où une bande de terre joignait cette dernière à l'archipel. Elles auraient ensuite disparu.

Vers 2 200 ans avant l'ère commune, des populations néolithiques venues de Taiwan viennent à leur tour occuper les Sakishima, sans doute dans le même mouvement que l'expansion de populations de langue austronésienne. Parallèlement, une expansion de populations de culture Jomon a lieu depuis l'île de Kyushu vers les îles centrales jusqu'à Okinawa. Il ne semble pas que ces populations Jomon aient franchi les quelque 250 km qui séparent Okinawa des îles Miyako, les plus proches des îles méridionales[4].

Certains pensent que des Sibériens et des Coréens se sont ajoutés à cette population. Cependant les langues ryukyu sont les seules à avoir des racines communes avec le japonais, ce qui fait remonter les liens loin dans le passé de l'île.

Époque Sanzan

Durant l'Époque Sanzan (1322 – 1429), l'île principale de archipel, est composé de trois royaumes, tributaires de la Chine de la dynastie Ming (1368 – 1644).

Le royaume de Ryūkyū

Ryukyu king seal under Qing Dynasty
sceau en mandchou et chinois fourni par l'empereur de la dynastie Qing au roi de Ryūkyū

Le royaume de Ryūkyū a été quasi indépendant de 1429 à 1879. D’une indépendance opportuniste où le roi reconnaissait à la fois les Chinois et les Japonais, ce qui permettait de favoriser le commerce. Des visas étaient nécessaires pour commercer avec la Chine, ce que donnait la reconnaissance formelle de la vassalité du royaume, renouvelée par une simple visite d'une délégation chinoise apportant les sceaux à chaque changement de roi à Okinawa.

En 1623, le royaume tomba devant la force expéditionnaire de Kagoshima et la famille Shimazu. L'Empire de la dynastie Ming ayant prohibé le commerce avec les Japonais, le seigneur de Province de Satsuma (kyūshū) utilisait alors Ryūkyū comme couverture pour établir des relations commerciales profitables avec la Chine.

Sous la dynastie Qing la relation de vassalité perdure, des sceaux en mandchou et chinois sont donnés par les empereurs de Chine aux rois de Ryūkyū, des exemplaires sont conservés au château de Shuri, palais royal de Ryūkyū situé à Naha, sur l'île d'Okinawa.

Intégration au Japon et bases américaines

Il semble que durant le XIXe siècle l'emprise du Japon augmenta aux dépens de la Chine. En 1879, le gouvernement Meiji de l'Empire du Japon l’annexa définitivement avec l’arbitrage de l’ex-président des États-Unis Ulysses S. Grant.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Ryūkyū est le théâtre de combats acharnés entre les forces armées américaines et japonaises. À la fin de la guerre, les îles situées en dessous de la latitude 30°N sont placées sous l'autorité du gouverneur militaire américain de Naha. Lors de la Guerre froide l'archipel est source de frictions entre le Japon et les États-Unis pendant plus de vingt ans. En 1972, l'archipel revient sous contrôle japonais, lesquels accordent aux Américains le droit de conserver leurs bases militaires, les plus importantes d'Asie de l’Est, sous certaines conditions. Okinawa reste une zone aux règles militaires complexes (espace aérien contrôlé par les autorités militaires américaines). Plus récemment les premiers ministres japonais sont élus notamment pour leur promesse de fermer la base américaine d'Okinawa, mais ne tiennent pas leur promesses. En novembre 2014, Takeshi Onaga, opposé aux bases américaines, est élu préfet d'Okinawa. Les militaires américains sont vu comme irrespectueux de l'environnement, et responsables de crimes et de trop de bruit[5]. Le 21 décembre 2016, l'armée américaine restitue 4 000 hectares, réduisant de 17 % les terrains administrés par les États-Unis à Okinawa[6].

De nos jours, des problèmes politiques liés à ce passé sont toujours présents. Certains habitants des îles ne s’estiment pas être de « vrais » Japonais, d’autres se plaignent de la discrimination du gouvernement central (la région est une des plus pauvres du Japon). Durant la phase d'expansion du Japon, une obligation de passer à la langue japonaise fut imposée à la population locale, s'accompagnant d'un refus de la part du gouvernement japonais de considérer les langues ryukyu comme des langues en soi et non comme des divers dialectes du japonais, situation qui perdure aujourd'hui.

Langues

L’archipel est le terroir des langues ryūkyū, des langues japoniques, proches du japonais qui s'en distinguent tant par sa grammaire que par son vocabulaire. Du fait d'une longue occupation américaine, l'anglais est parlé en seconde langue par une partie de la population.

Ces langues sont divisées en différents groupes, les langues ryūkyū du Sud, comprenant principalement le Ynaguru, le Yaeyama et le Miyako, et les langues ryūkyū du Nord, comprenant principalement, la langue d'Okinawa et la langue d'Amami.

Transport

Les transports aériens entre les îles sont essentiellement effectués par Japan Transocean Air du groupe Japan Airlines.

L'ïle d'Okinawa comporte un monorail dans le centre-ville de Naha, le reste de ses transports publiques terrestres y est effectué par autobus.

Des ferrys permettent de lier les différentes îles de l'archipel.

Environnement

Certaines de ces îles, par leur isolement, présentent un endémisme important quant à la faune et la flore, et hébergent encore des espèces uniques au monde comme le pic d'Okinawa (Sapheopipo noguchii), le râle d'Okinawa (Gallirallus okinawae), ou le chat dit iriomote yamaneko (chat sauvage d'Iriomote, Felis iriomotensis). Les espèces de cheval miyako et yonaguni sont originaires de ces îles. Certaines espèces, comme le pigeon à col d'argent, ont déjà disparu.

Notes et références

  1. https://www.idref.fr/027890627
  2. « Wide-angle refraction experiments in the Daito Ridges region at the northwestern end of the Philippine Sea plate », sur Springer Link, (consulté le 24 mars 2018)
  3. (en) Robert Walker, Okinawa and the Ryukyu Islands : The First Comprehensive Guide to the Entire Ryukyu Island Chain, Tuttle Publishing, , 288 p..
  4. Mark J. Hudson, "'Austronesian' and 'Jomon' identities in the Neolithic of the Ryukyu Islands", Documenta Praehistorica XXXIX (2012)
  5. (en) Jethro Mullen, « Okinawa elects new governor opposed to U.S. air base », sur CNN
  6. « Okinawa : l'armée américaine restitue des milliers d'hectares au Japon », sur France TV info,

Voir aussi

Bibliographie

  • Bernard Hervé, Visite historique de la marine française dans le petit royaume des îles Ryükyü en mai 1877 article paru dans la revue Neptunia no 260, décembre 2010.

Articles connexes

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Dynastie Qing

La dynastie Qing (également retranscrit dynastie Ch'ing, ou dynastie Ching, ou dynastie Tsing, chinois : 清朝 ; pinyin : qīng cháo ; Wade : Ch'ing ch'ao ; mandchou : ᡩᠠᡳ᠌ᠴᡳᠩ ᡤᡠᡵᡠᠨ ; Daicing gurun ; mongol : Манж Чин Улс), d'origine mandchoue, est la dernière dynastie impériale à avoir régné sur la Chine, de 1644 à 1912. Elle a succédé à la dernière dynastie ethniquement chinoise, la dynastie Ming. En rébellion ouverte contre les Ming dès 1616, les Mandchous prirent progressivement le pouvoir dans l'ensemble de la Chine, prenant Pékin en 1644 et instaurant un nouveau régime politique, l'empire du Grand Qing (chinois simplifié : 大清国 ou 大清帝国 ; chinois traditionnel : 大清國 ou 大清帝國 ; pinyin : Dà Qīng Dì Guó). La Chine ne fut totalement sous leur autorité qu'en 1683.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'Empire Qing connut un long déclin, affaibli par les conflits internes comme par les pressions internationales, et le régime impérial fut finalement renversé par la révolution chinoise de 1911, laissant la place à la république de Chine. Le règne de la dynastie Qing prit fin le 12 février 1912, avec l'abdication du dernier empereur de Chine, Puyi, alors âgé de six ans.

Histoire des îles Ryūkyū

Cet article présente l'histoire des îles Ryūkyū, archipel situé au Sud-Ouest des quatre principales îles du Japon.

Irezumi

Irezumi (入れ墨, 刺青 ou タトゥー (tatoū = tattoo)) désigne une forme particulière de tatouage traditionnel au Japon, qui couvre de larges parties du corps, voire son intégralité. Il peut s'étendre du cou jusqu'au bas des fesses, sur la poitrine et sur une partie des avant-bras. On utilisera plutôt le terme horimono pour désigner l'ensemble des styles. À l'heure actuelle, l'irezumi, et le tatouage en général, est considéré par une majorité de japonais de manière négative, comme étant une marque d'appartenance aux yakuzas, ou un symbole machiste des classes sociales les plus basses.

Japon

Le Japon, en forme longue l’État du Japon, en japonais Nihon ou Nippon (日本) et Nihon-koku ou Nippon-koku (日本国) respectivement, est un pays insulaire de l’Asie de l’Est, situé entre l’océan Pacifique et la mer du Japon, à l’est de la Chine, de la Corée et de la Russie, et au nord de Taïwan. Étymologiquement, les kanjis (caractères chinois) qui composent le nom du Japon signifient « pays (国, kuni) d’origine (本, hon) du Soleil (日, ni) » ; c’est ainsi que le Japon est désigné comme le « pays du soleil levant ».

Le Japon forme, depuis 1945, un archipel de 6 852 îles de plus de 100 m2, dont les quatre plus grandes sont Hokkaidō, Honshū, Shikoku, et Kyūshū représentant à elles seules 95 % de la superficie terrestre du pays. L’archipel s’étend sur plus de trois mille kilomètres. La plupart des îles sont montagneuses, parfois volcaniques ; par exemple, le plus haut sommet du Japon, le mont Fuji (3 776 m), est un volcan (inactif depuis 1707). Le Japon est le onzième pays le plus peuplé du monde, avec environ 127 millions d’habitants pour 377 488 km2 (337 hab./km2), dont l'essentiel est concentré sur les étroites plaines littorales du sud d'Honshū et du nord de Shikoku et Kyūshū, formant un ensemble pratiquement urbanisé en continu appelé « Mégalopole japonaise » ou « Taiheiyō Belt » (太平洋ベルト, Taiheiyō beruto, littéralement « ceinture Pacifique »). Le Grand Tokyo, qui comprend la capitale Tokyo et plusieurs préfectures environnantes, est la plus grande région métropolitaine du monde, avec plus de 35 millions d’habitants. La ville a été première place financière mondiale en 1990.

Les recherches archéologiques démontrent que le Japon était peuplé dès la période du Paléolithique supérieur. Les premières mentions écrites du Japon sont de brèves apparitions dans des textes de l’histoire chinoise du Ier siècle. L’histoire du Japon est caractérisée par des périodes de grande influence dans le monde extérieur suivies par de longues périodes d’isolement. Depuis l’adoption de sa constitution en 1947, le Japon a maintenu une monarchie constitutionnelle avec un empereur et un parlement élu, la Diète.

Le Japon est la troisième puissance économique du monde pour le PIB nominal et la quatrième pour le PIB à parité de pouvoir d’achat. Il est aussi le quatrième pays exportateur et le sixième pays importateur au monde. Acteur majeur du commerce international et puissance épargnante, il a ainsi accumulé une position créancière nette vis-a-vis du reste du monde (en) de plus de 325 000 milliards de yens, le plaçant en première position devant la Chine. C’est un pays développé, avec un niveau de vie très élevé (dix-septième IDH le plus élevé) et la plus longue espérance de vie au monde selon les estimations de l’ONU. Mais ce tableau idyllique ne doit pas masquer d’importants problèmes qui pèsent sur l’avenir du pays : le Japon souffre d’un des taux de natalité les plus bas du monde, très en dessous du seuil de renouvellement des générations. Le pays est actuellement en déclin démographique. C’est également le pays pour lequel le poids de la dette publique brute est le plus important au monde, cette dernière s’élève en 2017 à 240 % du PIB.

Liste des îles du Japon

Voici la liste d'îles du Japon.

Le Japon est un archipel composé de 6 852 îles de plus de 100 m2, dont 430 sont habitées,, les cinq principales étant Honshū, Hokkaidō, Kyūshū, Shikoku et Okinawa. Toutes ne sont pas énumérées ici.

Pechin

Pechin (親雲上, peechin, aussi peichin) est un terme d'Okinawa qui désigne la classe des fonctionnaires érudits de l'ancien royaume de Ryūkyū (de nos jours Okinawa, au Japon), classe équivalente à celle des samouraïs. Bien qu'initialement culturellement différents, au XIXe siècle, ces fonctionnaires lettrés féodaux du royaume des Ryūkyū finissent par s'appeler eux-mêmes samurē.

Au cours des deux cents dernières années de l'existence du royaume de Ryūkyū, une forte pression s'exerce pour rendre les îles Ryūkyū plus japonaises, et peu à peu supplanter la langue, les coutumes et la culture. Les guerriers Ryūkyū, autrefois culturellement distincts, deviennent plus japonais jusqu'au point d'accepter le bushido. Dans les documents japonais du XIXe siècle, il est fréquent de constater que les pechin sont traités comme des samouraïs, et qu'il n'est fait aucune référence à aucune différence culturelle.

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