Ptolémée II

Ptolémée II Philadelphe (en grec ancien Πτολεμαίος Φιλάδελφος / Ptolemaios Philadelphos : « Qui aime son frère / sa sœur »), né vers 309-308 av. J.-C. à Cos[1], mort le 28 ou 29 janvier 246, est un roi pharaon de la dynastie lagide (ou ptolémaïque). Il a concouru à réaliser un certain syncrétisme entre la civilisation grecque et la civilisation égyptienne et a œuvré à faire de son royaume le foyer principal de la culture hellénistique.

Ptolémée II Philadelphe
Πτολεμαίος Φιλάδελφος
Buste de Ptolémée II

Buste de Ptolémée II
Fonctions
Roi d'Égypte
283 – 28 ou 29 janvier 246 av. J.-C. (37 ans)
Prédécesseur Ptolémée Ier
Successeur Ptolémée III Évergète Ier
Biographie
Dynastie Dynastie lagide
Date de naissance v. 309/308 avant notre ère
Lieu de naissance île de Cos
Date de décès 28 ou 29 janvier 246 av. J.-C.
Père Ptolémée Ier Sôter
Mère Bérénice Ire
Grand-père paternel Lagos
Grand-mère paternelle Arsinoé
Fratrie Ptolémée Kéraunos
♂ Ptolémaïs
♀ Lysandra
♂ Argées
Arsinoé II
♀ Philatéra
Conjoint Arsinoé Ire
Enfants Ptolémée III Évergète Ier
♂ Lysimaque
Bérénice Syra
Deuxième conjoint Arsinoé II
Troisième conjoint Bilistiche
Enfants avec le 3e conjoint ♂ Ptolémée Andromaque
Pharaons par ordre chronologique

Règne

Roi divinisé

Ptolémée II et Arsinoé II
Monnaie à l'effigie de
Ptolémée II et Arsinoé II.

Fils de Ptolémée Ier et de Bérénice (sa quatrième épouse), il est associé au trône vers 285 av. J.-C. entraînant l'exil de Ptolémée Kéraunos, l'héritier présomptif. À la mort de son père en 283, il lui succède comme roi d'Égypte et reçoit les honneurs divins. Ptolémée et sa veuve constituent déjà les « Dieux Sauveurs » (Theoi Sôtères), première étape vers la divinisation des souverains ptolémaïques. Ce culte, rattaché à celui d'Alexandre le Grand, est purement grec à l'origine ; il vise d'abord à consolider la dynastie et à recueillir la piété des sujets grecs de l'empire.

De sa première épouse, Arsinoé Ire, fille de Lysimaque, il aurait eu trois enfants dont Ptolémée III, son successeur. Son épithète, Philadelphe, lui vient de l'amour qu'il aurait porté à sa sœur Arsinoé II qu'il épouse en secondes noces et qu'il divinise à sa mort en -270 en lui donnant le nom cultuel de Philadelphos (« Qui aime son frère »). Il exige qu'Arsinoé soit l'objet d'un culte dans les sanctuaires indigènes au titre de synnaos theos (« divinité qui partage le temple »). Étant désormais le veuf d'une déesse, il devient aisé pour Ptolémée II de devenir lui-même un dieu ; il forme avec sa sœur-épouse la dyade des Theoi Adelphoi (« Dieux Frères »). À sa suite, les souverains lagides sont l'objet d'un culte officiel en tant que divinité royale, cela en vue de considérations politiques évidentes.

Ptolémée II est apparemment le premier souverain lagide à se faire couronner comme pharaon par les prêtres égyptiens. Une inscription du temple d’Edfou indique qu’Horus lui a livré la terre d’Égypte avec ses titres de propriété rédigés par le greffier divin Thot. Successeur des pharaons, dieu vivant, c’est de lui que tous les prêtres tiennent leur ministère. Il administre directement et perçoit les revenus de la terre sacrée qui comporte toujours d’immenses domaines fonciers et des ateliers (de tissage par exemple).

Callixène de Rhodes décrit la procession des somptueuses fêtes instituées au début du règne de Ptolémée Philadelphe, et mentionne ses participants, comme le rapporte Athénée. Roi lettré, il a attiré à la bibliothèque d'Alexandrie des poètes comme Alexandre d'Étolie, Philiscos de Corcyre, Homère le Jeune, Éantide, Sosiphane, Lycophron, etc. comme nous le rapporte la Souda, ainsi que Callimaque de Cyrène ou encore Théocrite. Il fit d'Alexandrie un phare intellectuel de la période hellénistique.

Ptolémée et les guerres de Syrie

Au moment de la plus grande expansion de son royaume, Ptolémée II possède notamment Chypre, la Pamphylie, la Lycie, l'Ionie et la Cœlé-Syrie et exerce son hégémonie sur la confédération des Cyclades. Il a entrepris deux guerres de Syrie contre les Séleucides qui cherchent notamment à étendre leur domination sur la Cœlé-Syrie alors que le lagide n'a pas perdu ses ambitions en Asie Mineure.

La première guerre de Syrie débute en 274 av. J.-C. quand Antiochos Ier tente d'étendre son empire à la Syrie. Antiochos occupe la Cœlé-Syrie tandis que Magas, demi-frère de Ptolémée II et roi autoproclamé de Cyrénaïque, envahit l'Égypte. Cependant Magas doit faire demi-tour car une révolte de nomades survient dans son royaume ; de son côté, Ptolémée II est retenu par une mutinerie provoquée par ses 4 000 mercenaires galates stationnés à Memphis qui voulaient s'emparer du trésor royal et conquérir la Basse-Égypte[2]. Une réconciliation entre les demi-frères se produit à une date inconnue ; Ptolémée II se fiance à la fille de Magas, Bérénice II, qui par la suite se marie à Ptolémée III. Dans le même temps, Ptolémée II fait la reconquête des territoires perdus et il conclut en 271 la première guerre de Syrie en prenant la Cilicie orientale et la Phénicie aux dépens d'Antiochos.

Il profite de l'avènement d'Antiochos II en 261 pour prendre Éphèse et Milet, déclenchant la deuxième guerre de Syrie qui s'achève elle sur une défaite. Antiochos II réagit vigoureusement en s'alliant avec Antigone II Gonatas ; car assuré de la domination sur la Grèce centrale, le roi de Macédoine entend mener une politique agressive dans les îles Égéennes et se mêler aux guerres entre Séleucides et Lagides, en allié fidèle des premiers. La flotte de Ptolémée II est ainsi vaincue au large de Cos vers 258 ; il semble avoir dû abandonner ses possessions en Cilicie, en Pamphylie et en Ionie, tandis qu'Antiochos II recouvre Milet et Éphèse. Mais la Macédoine doit se retirer du conflit quand se déclarent une rébellion à Corinthe et à Chalcis en 253, sans doute à l'instigation de Ptolémée II. Vers 250, la flotte ptolémaïque défait de façon décisive les Macédoniens et remet en cause leur influence dans les Cyclades. Pour sceller la fin la deuxième guerre de Syrie vers 253, Ptolémée II offre sa fille richement dotée, Bérénice Syra, en mariage à Antiochos II qui répudie pour cela sa première épouse, Laodicé.

Roi bâtisseur

Museo Gregoriano 025
Statue colossale de Ptolémée II provenant d'Héliopolis, Musées du Vatican.

Ptolémée II entreprend de grand travaux notamment à Alexandrie, Naucratis, Philæ et Tanis. Il développe également la région du Fayoum et enrichit la bibliothèque d'Alexandrie en y faisant venir Démétrios de Phalère. C'est sous son règne que s'achèvent les travaux du phare d'Alexandrie. Il apparaît finalement être le plus cultivé des rois hellénistiques de son temps. Il fonde en 279 les Ptolemaia sur le modèle des Jeux olympiques antiques avec concours hippique, athlétique et musical précédés de sacrifices et d'une immense procession ; il y invite tous les sujets de son empire dans le cadre du culte voué à ses parents, les « Dieux Sauveurs » (Theoi Sôtères)[3]. Les fêtes se terminent par d'immenses banquets.

Il envoie par ailleurs des ambassadeurs à Rome et auprès de l'Empire maurya en Inde comme l'atteste Pline l'Ancien[4]. Il est aussi mentionné, avec notamment Antigone II Gonatas et Antiochos II, dans les édits d'Ashoka (Édit no 13 d'Ashoka) comme l'un des bénéficiaires d'une mission de prosélytisme bouddhiste envoyée par l'empereur de la dynastie Maurya[5].

Ptolémée et la Septante

Selon la lettre d'Aristée (IIe siècle avant notre ère), la Septante serait due à l'initiative du fondateur de la Bibliothèque d'Alexandrie, Démétrios de Phalère. Celui-ci aurait suggéré à Ptolémée II (au pharaon selon Aristée) d'ordonner la traduction en grec de tous les livres israélites, textes sacrés et narrations profanes. Très vite après la fondation d'Alexandrie par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C., une population juive s'est en effet développée fortement, en particulier autour du Palais royal ; à tel point que deux des cinq quartiers sont réservés aux « descendants d'Abraham ». Ils continuent à y parler la langue hébraïque et à étudier les textes de l'Ancien Testament. Déjà intéressé par le sort de ses sujets israélites, le souverain apparaît également soucieux de connaître les règles des divers peuples qui lui sont assujettis dans le cadre d'une réorganisation de son royaume.

Les savants juifs au nombre de 72 (six de chacune des douze tribus d'Israël) sont chargés de cette traduction qui, en leur honneur, porte le nom de Version des Septante. La tradition prétend que le souverain sacrificateur de Jérusalem, Éléazar, n'accède à la demande de Ptolémée II qu'à une condition : l'affranchissement des Juifs de Judée que son père, Ptolémée Ier, a fait prisonniers et réduits à l'esclavage en Égypte.

Titulature

Cameo gonzaga

Camée de la Maison de Gonzague représentant Ptolémée II et Arsinoé II, Musée de l'Ermitage

Notes et références

  1. Son anniversaire officiel est le 10 février 308.
  2. Strabon, Les Galates.
  3. Voir en ce sens la réponse de la confédération des Cyclades à l'invitation de Ptolémée II.
  4. Pline l'Ancien, Histoire naturelle, 21.
  5. Édits d'Ashoka (en langue gandhari), no 13, paragraphe 9. Il n'existe aucune mention de cet événement dans les sources occidentales.

Annexes

Bibliographie

  • Pierre Cabanes, Le Monde hellénistique de la mort d’Alexandre à la paix d’Apamée, Seuil, coll. « Points Histoire / Nouvelle histoire de l’Antiquité », (ISBN 2-02-013130-7) ;
  • Pierre Lévêque, Le Monde hellénistique, Pocket, coll. « Agora », 2003 (4e édition) (ISBN 2-266-10140-4) ;
  • Édouard Will, Histoire politique du monde hellénistique 323-, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (ISBN 2-02-060387-X).

Articles connexes

Liens externes

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279 av. J.-C.

Cette page concerne l'année 279 av. J.-C. du calendrier julien proleptique.

285 av. J.-C.

Cette page concerne l'année 285 av. J.-C. du calendrier julien proleptique.

Antiochos II

Antiochos II Théos (« Dieu »), né vers -287, mort en -246, est le troisième souverain de la dynastie des Séleucides. Il a régné de -261 à -246.

Arsinoé II

Arsinoé II Philadelphe (en grec antique : Ἀρσινόη) est une reine égyptienne, souveraine en Macédoine et Thrace, puis en Égypte. Elle est la fille de Ptolémée Ier Sôter et de sa maîtresse (puis épouse) Bérénice Ire. Sa date de naissance se situe au plus tard en -316 probablement à Memphis et elle meurt vers -270 à Alexandrie. Elle est successivement l'épouse de Lysimaque, de Ptolémée Kéraunos (son demi-frère) et de Ptolémée II (son frère).

Elle est née en Égypte, issue de deux parents macédoniens, Ptolémée Ier Sôter et Bérénice Ire. En -299, elle épouse Lysimaque, roi de Thrace et de Macédoine. Comme reine, elle voyage pour des affaires politiques dans différentes villes, en particulier Heraclea et Ephèse.

On peut voir son physique sur les pièces de monnaies ainsi que sur les sculptures qui la représentent, dont une tête en marbre conservée au Musée du Louvre.

Dynastie lagide

La dynastie lagide (en grec ancien Λαγίδαι / Lagidai) ou ptolémaïque est une dynastie hellénistique issue du général macédonien Ptolémée, fils de Lagos (d'où l'appellation « lagide »), qui règne sur l'Égypte de 323 à 30 av. J.-C. Les souverains lagides portent le titre de basileus (roi) et de pharaon. Si on considère que la dernière dynastie numérotée de l'Égypte ancienne est la dynastie perse achéménide, soit la XXXIe dynastie, vaincue par Alexandre le Grand qui, couronné roi d'Égypte, serait alors l'unique représentant d'une XXXIIe dynastie, la dynastie des Lagides peut être considérée comme la XXXIIIe dynastie égyptienne.

La défaite de Cléopâtre VII et de Marc Antoine face à Octave à la bataille d'Actium en 31 av. J.-C. marque la fin de la dynastie ptolémaïque et de l'Égypte pharaonique, mais aussi pour les historiens modernes de l'époque hellénistique.

La dynastie est typiquement grecque et se réclame comme telle : aucun Ptolémée ne parle l'égyptien, sauf Cléopâtre VII, qui est d'ailleurs polyglotte[source insuffisante].

Guerre chrémonidéenne

La guerre chrémonidéenne est un conflit qui a lieu de 268 à 261 av. J.-C.. Elle a pour élément déclencheur le décret de Chrémonidès (vers 267), qui est une véritable déclaration de guerre contre le royaume de Macédoine d'Antigonos II Gonatas de la dynastie des Antigonides. Ce conflit est une alliance de cités grecques menée par Athènes et Sparte, avec le soutien de Ptolémée II de la famille des Lagides.

Elle tient son nom de l'auteur du décret à l'origine du conflit, l'homme politique Athénien nommé Chrémonidès. La chronologie de cette guerre reste approximative et on ne connait que très mal les opérations concernant ce conflit. Enfin elle se solde par la défaite d'Athènes et de Sparte et le maintien de l'hégémonie macédonienne sur la Grèce centrale.

Guerres de Syrie

Les guerres de Syrie sont une série de six conflits qui ont opposé les royaumes lagide et séleucide durant la période hellénistique, de 274 av. J.-C. à 168 av. J.-C., pour la domination de la Cœlé-Syrie. Après la bataille d'Ipsos en 301 av. J.-C., Séleucos Ier étend sa domination sur la Syrie qu'ambitionne de contrôler Ptolémée Ier, roi d'Égypte. Ces conflits ont épuisé humainement et en ressources les deux royaumes et ont conduit à leur destruction finale et leur conquête par Rome et les Parthes.

Généalogie des Lagides

Cette page présente la généalogie des Lagides ou Ptolémées, dynastie d'origine macédonienne qui a régné sur l'Égypte de 305 à 30 av. J.-C. Les noms féminins sont indiqués en italique.

Lycophron

Lycophron de Chalcis (en grec ancien Λυκόφρων ὁ Χαλκιδεύς / Lukóphrôn ho Khalkideús) est un poète grec du IVe siècle av. J.-C., né dans les années 320 av. J.-C. à Chalcis en Eubée.

Selon la Souda, il vécut en Égypte, à la cour de Ptolémée II. Il fit un grand nombre de tragédies et de poésies diverses. Il était considéré selon le canon alexandrin comme l'un des sept poètes de la Pléiade tragique et de la Pléiade poétique.

Magas de Cyrène

Magas est le fils de Bérénice Ire par son premier mariage, et donc le beau-fils de Ptolémée Ier Sôter et le demi-frère de Ptolémée II Philadelphe. Il est roi de Cyrène de -276 à -250.

Manéthon de Sebennytos

Manéthon de Sebennytos (en grec ancien Μανέθων, Μανέθως) (IIIe siècle avant notre ère) est un prêtre égyptien qui a écrit une Histoire de l'Égypte (Ægyptiaca) en trois volumes en grec sous le règne de Ptolémée II, mais sans doute à la demande de son prédécesseur Ptolémée Ier Sôter.

Manéthon était un Égyptien originaire de Sebennytos, ville du delta du Nil et dernière capitale pharaonique des Nectanébo. En tant que prêtre, il avait sans doute accès aux listes royales des bibliothèques de temples, mais aussi aux contes populaires à propos de divers pharaons mythiques. C'est à Manéthon que l'on doit la division en trente dynasties des souverains d'Égypte, toujours utilisée par les égyptologues avec quelques modifications (dynastie égyptienne zéro par exemple), car elle rend l'analyse de l'histoire égyptienne plus commode. C'est également à lui que l'on doit l'usage d'appeler Aménophis les Amenhotep, Thoutmôsis les Djéhoutimès ou Sésostris les Sénousert. Il s'agit là en effet des transcriptions hellénisées de noms égyptiens.

Mendès

Mendès (En grec : Μένδης, ou Djedet : ddt en égyptien ancien, ou Tell el-Rob'a ou Tall al-Rub en arabe : تل الربع) est une ancienne cité égyptienne du delta oriental sur une branche secondaire du Nil aujourd'hui ensablé, à proximité de l'actuel village d'El-Simbellawin, à environ 35 km d'El-Mansourah. Le site, qui porte le nom actuel de Tell el-Rob'a (ou Tall al-Rub), fut aussi connu dans l'Égypte antique sous le nom de Per-Banebdjedet (ou Perbanebdjedet), c'est-à-dire « Le domaine du Bâ du seigneur de Djedet ».

Mendès sera la capitale du 16e nome de Basse-Égypte, le nome « du dauphin » (HAt-mHyt) jusqu'à ce qu'elle soit remplacée dans cette fonction à la période romaine, par Anpet-Thmuis, aujourd'hui appelée Tell el-Timai. Les deux villes n'étaient séparées que de quelques centaines de mètres de distance.

Mendès était la cité où vivait le dieu Banebdjedet, représenté sous la forme d'un bélier. On y vénérait également la déesse Hatméhyt.

Sa fondation remonte au début de l'Ancien Empire et, comme Bouto, Mendès eut un rôle mythologique important pendant les périodes qui suivirent. Mendès fut la capitale et la résidence royale sous la XXIXe dynastie (-399/-380) qui reprit son indépendance au conquérant Perse peu de temps après la première invasion. Quatre pharaons sont attestés dans les listes de Manéthon : Néphéritès Ier, Psammouthis, Achôris et Néphéritès II.

Comme en beaucoup de sites du delta du Nil, une vaste zone de buttes de décombres s'étend, ici sur trois kilomètres, formées par les nombreuses strates de la ville antique (voir Bubastis, Tanis). De ces ruines émergent des blocs épars, fracassés, restes romantiques de l'ancienne zone des temples. Seul un grand naos monolithe, dédié au dieu Shou, perce cet horizon de ruines, encore debout sur ses fondations, et qui initialement appartenait à un groupe de quatre grands naos groupés dans le sanctuaire du principal temple de la ville. Les restes des trois autres naos gisent encore au sol.

Le site fait l'objet depuis une dizaine d'années de fouilles par la mission menée par Donald Bruce Redford, qui ont révélé que la ville subit des destructions importantes au IVe siècle avant notre ère, sans doute à l'occasion de la reconquête par Artaxerxès III qui est réputé avoir profané la nécropole des béliers sacrés et notamment la tombe de Néphéritès Ier.

Grâce à ces fouilles, nous savons maintenant que la ville ne fut pas abandonnée et continua à jouer un rôle important notamment dans le commerce avec la Méditerranée et ce jusqu'à l'époque romaine.

Une grande stèle commémorative fut élevée par Ptolémée II et dédiée au dieu de Mendès. Comme d'autres exemples de cette époque elle proclame les travaux qu'entreprit le roi dans cette partie de l'Égypte.

Papyrus Revenue Laws

Célèbre papyrus publié à la fin du XIXe siècle par Bernard Pyne Grenfell, le papyrus Revenue Laws est un vaste ensemble de règlements concernant la ferme des impôts sous le règne de Ptolémée II Philadelphe, plus précisément pour l'année -259/-258. Ce document contient des règlements fiscaux pour qui veut comprendre comment Ptolémée II organisa une économie dirigiste perfectionnée.

Phare d'Alexandrie

Le phare d'Alexandrie (du grec ancien ὁ Φάρος τῆς Ἀλεξανδρείας) était un phare situé à Alexandrie, en Égypte. Il était considéré dans l'Antiquité comme la septième des Sept Merveilles du monde. Il a servi de guide aux marins pendant près de dix-sept siècles (du IIIe siècle av. J.-C. au XIVe siècle). Sa construction aurait débuté entre -299 et -289 (la date exacte est inconnue) et duré une quinzaine d'années. Les travaux sont commencés par Ptolémée Ier mais il meurt avant la fin du chantier qui est achevé sous le règne de son fils Ptolémée II.

Ptolémée III

Ptolémée III Évergète Ier (le « Bienfaiteur ») est un roi d'Égypte et un pharaon de la dynastie lagide. Il est le fils de Ptolémée II Philadelphe, auquel il succède, et d'Arsinoé Ire. Sa date de naissance est inconnue : entre 285 et 275 av. J.-C. (il est souvent avancé 284 ou 282). Il meurt en -222. Son règne marque l'apogée de l'Égypte lagide.

Ptolémée Ier

Ptolémée Ier Sôter, le « Sauveur » (en grec ancien Πτολεμαῖος / Ptolemaios), né vers 368 av. J.-C., mort en 283, est un général macédonien d'Alexandre le Grand et l'un des principaux Diadoques. Désigné satrape d'Égypte au partage de l'empire d'Alexandre en 323, il prend part aux guerres des Diadoques en s'opposant essentiellement à Antigone le Borgne et à son fils Démétrios Poliorcète.

Il est le fondateur de la dynastie ptolémaïque (ou lagide du nom de son père Lagos) qui règne sur l'Égypte jusqu'à la conquête romaine en 30 av. J.-C. Il se fait proclamer roi (basileus) (et non pharaon) en 305 av. J.-C. ; c'est son fils, et successeur, Ptolémée II, qui le premier aurait reçu le titre de pharaon des prêtres égyptiens.

Manifestant la volonté d'établir une thalassocratie, il étend sa domination sur les rives de l'Asie Mineure ainsi que sur des îles en mer Égée et en Méditerranée orientale, dont Chypre. Mais il échoue à s'implanter durablement en Grèce continentale et en Cœlé-Syrie. Roi bâtisseur, stratège prudent et ami des lettres, il est aux yeux des historiens modernes l'un des plus grands souverains du début de l'époque hellénistique.

Royaume lagide

Le royaume lagide ou ptolémaïque (en grec ancien Πτολεμαϊκὴ βασιλεία / Ptolemaïkḕ basileía) est un royaume hellénistique situé en Égypte et dirigé par la dynastie lagide issue du général macédonien Ptolémée, fils de Lagos (d'où l'appellation « lagide »), de 323 à 30 av. J.-C. Considéré comme le plus puissant et le plus riche des royaumes hellénistiques, il établit une véritable thalassocratie en Méditerranée orientale pour atteindre son apogée sous le règne de Ptolémée III. Son principal adversaire est le royaume séleucide contre lequel il lutte durant les guerres de Syrie. Les Lagides interviennent régulièrement dans les affaires de la Grèce afin de faire face aux ambitions des Antigonides. À partir du IIe siècle av. J.-C., le royaume est confronté à des mouvements de sédition qui entament l'autorité royale. La défaite de Cléopâtre VII et de Marc Antoine face à Octave à la bataille d'Actium en 31 av. J.-C. marque la fin de la dynastie ptolémaïque et de l'Égypte pharaonique, mais aussi (pour les historiens modernes) de l'époque hellénistique.

Le fonctionnement interne du royaume, ainsi que ses institutions politiques et économiques, sont les mieux connus de l'époque hellénistique grâce aux nombreuses trouvailles papyrologiques et archéologiques.

Septante

La Septante (LXX, latin : Septuaginta) est une traduction de la Bible hébraïque en koinè grecque. Selon une tradition rapportée dans la Lettre d'Aristée (IIe siècle av. J.-C.), la traduction de la Torah aurait été réalisée par 72 (septante-deux) traducteurs à Alexandrie, vers 270 av. J.-C., à la demande de Ptolémée II.

Par extension, on appelle Septante la version grecque ancienne de la totalité des Écritures bibliques (l'Ancien Testament). Le judaïsme n'a pas adopté la Septante, restant fidèle au texte hébreu, et à des traductions grecques ou araméennes (Targoum) plus proches selon leurs autorités dudit texte.

Plusieurs manuscrits de la Septante nous sont parvenus. Quelques écarts existent entre ces différentes versions. Trois codex complets écrits en onciales existent :

Le Codex Vaticanus

Le Codex Sinaiticus

Le Codex AlexandrinusDe nombreuses autres versions[pas clair] en minuscules existent.

Temple d'Isis (Behbeit el-Hagar)

Le site de Behbeit el-Hagar, l'ancienne cité d'Iséum, entre Mansourah et Semenoûd, est certainement le champ de granit le plus spectaculaire de tout le delta du Nil avec son temple d'Isis.

Le grand temple était dédié à la déesse Isis d'où le nom d'Iseum pour désigner ce site.

Cet amas de pierres en granit, dont de nombreuses portent des bas-reliefs, est impressionnant à première vue. Au nord-ouest se trouve un marécage couvert de roseaux. Ce serait l'ancien lac sacré du temple.

D'après les relevés des voyageurs du XVIIIe siècle et le plan de la Description de l'Égypte réalisé par les savants de Bonaparte, une grande enceinte délimitait le temple central dédié à la déesse Isis.

Vers 1875, l'Iseum était dans un état de bouleversement complet. Les murs étaient renversés, les blocs entassés les uns sur les autres sur une grande hauteur. Il était impossible de reconnaître dans ce chaos le plan primitif de ce temple dédié à la déesse Isis.

L'enceinte sacrée était formée d'un mur de briques crues sur 460 mètres de longueur et 300 mètres de large. De cette immense enceinte de briques, il ne reste plus rien.

Le temple proprement dit d'Isis avait 120 mètres de longueur, ou 180 en comprenant le pronaos, et 60 mètres de largeur.

D'après les nombreuses inscriptions, le temple aurait été construit par le pharaon Nectanébo II de la XXXe dynastie en -360, mais la décoration n'aurait été qu'à peine ébauchée. En effet, les corniches encore visibles portent le triglyphe égyptien avec les cartouches du roi Ptolémée II. Elles présentaient des éléments variés suivant la place qu'elles devaient occuper dans l'édifice. L'une des frises ornementales porte une tête d'Isis, alternant avec le cartouche de Ptolémée II.

Comme sur la majeure partie des parois du temple apparaît le nom de Ptolémée II Philadelphe, il est à supposer que ce souverain acheva donc le temple d'Isis et l'embellit. Ptolémée II aurait ainsi ajouté une cour précédée d'un portique.

L'archéologue Christine Favard-Meeks a proposé une reconstitution historique de ce temple. Le sanctuaire d'Isis était au centre. À l'est de ce sanctuaire et sur le toit, étaient aménagées différentes chapelles destinées au culte d'Osiris. Un escalier ouvrant sur la façade à droite du temple permettait d'accéder à ces chapelles aériennes qui à l'instar d'autres exemples bien conservés, comme au temple d'Hathor à Dendérah, devaient remplir un rôle particulier dans les rites et mystères qui s'y jouaient. Des parties de cet escalier d'accès se trouvent encore au milieu des ruines.

Le temple d'Isis devait être précédé d'une cour entourée de colonnades. Son accès se faisait par un portique datant de Ptolémée III.

L'Iseum de Behbeit el-Hagar représentait l'un des sanctuaires majeurs de la déesse en Égypte et formait avec celui de Philæ un des centres de pèlerinage très populaires à l'époque gréco-romaine.

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Période prédynastique
Période thinite
Ancien Empire
Première Période intermédiaire
Moyen Empire
Deuxième Période intermédiaire
Nouvel Empire
Troisième Période intermédiaire
Basse époque
Période macédonienne
Période lagide

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