Phonétique

La phonétique (du grec « phônê » qui signifie la « voix », le « son ») est une branche de la linguistique qui étudie les sons utilisés dans la communication parlée. À la différence de la phonologie, qui étudie comment sont agencés les phonèmes d'une langue pour former des mots, la phonétique concerne les sons eux-mêmes (les unités phonétiques, les « phones »), leur production, leur variation plutôt que leur contexte. La sémantique ne fait donc pas partie de ce niveau d'analyse linguistique. La phonétique se divise en trois branches :

  • la phonétique articulatoire, qui étudie les positions et les mouvements des organes utilisés pour la parole par son émetteur ;
  • la phonétique acoustique, qui étudie la transmission de l'onde sonore entre son émetteur et son récepteur ;
  • la phonétique auditive, qui se préoccupe de la façon dont les sons sont perçus et décodés par son récepteur.

Il existe également une discipline nommée phonétique historique, qui étudie l'évolution diachronique d'une langue.

Il y a en tout 118 caractères phonétiques reconnus et utilisés par l'Association phonétique internationale dans son alphabet phonétique international, fréquemment utilisé dans les ouvrages français (dictionnaires, manuels, etc.) La transcription phonétique s'écrit entre crochets droits.

On parle aussi de la phonétique d'une langue pour désigner l'ensemble des sons et des traits qui caractérisent la prononciation naturelle des mots et des énoncés dans une langue.

Consonnes

Voyelles

Les voyelles sont représentables dans le triangle vocalique, en voici la liste exhaustive :

Bibliographie

  • Jacqueline Feuillet-Thieberger et Jack Feuillet, Précis de phonétique allemande, CRINI, Nantes, 2006 (ISBN 2-9164-2403-2), 111 pages.
  • Mathieu Roy, KIAMU, archipel de Lamu (Kenya) : Analyse phonétique et morphologique d'un corpus linguistique et poétique, PAF, Saarbrücken, Allemagne, 2013. (ISBN 978-3-8381-7943-8), 324 pages.

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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Alphabet phonétique international

L'alphabet phonétique international (API) est un alphabet utilisé pour la transcription phonétique des sons du langage parlé. Contrairement aux nombreuses autres méthodes de transcription qui se limitent à des familles de langues, l'API est prévu pour couvrir l'ensemble des langues du monde. Développé par des phonéticiens français et britanniques sous les auspices de l'Association phonétique internationale, il a été publié pour la première fois en 1888. Sa dernière révision date de 2005, celle-ci comprend 107 lettres, 52 signes diacritiques et 4 caractères de prosodie.

Aspiration (phonétique)

L'aspiration est un des phénomènes phonétiques affectant le mode d'articulation des consonnes occlusives et consistant en une bouffée d'air après l'émission de la consonne sourde et un retard des cordes vocales à se refermer pour émettre la voyelle.

Il est noté à l'aide du signe diacritique [ʰ] en alphabet phonétique international (voir le tableau des modificateurs de consonnes de l'API). Il accompagne parfois une consonne voisée. Il se note alors [ʱ] : [dʱ] (voir murmure).

Homophonie

En linguistique, l’homophonie est une variété d’homonymie désignant le rapport entre deux mots différents possédant la même prononciation — cf. phonétique. L’homophonie se distingue en cela de l’homographie, qui elle, désigne le rapport entre deux mots de sens différents possédant la même orthographe. L’homophonie est très fréquente en français (car elle peut se produire avec quasiment tous les mots, même les plus courants) et est la source de fautes d’orthographe très fréquentes :

Par exemple en français, « ferment » (conjugaison de « fermer » à la troisième personne du pluriel du présent de l’indicatif) et le nom masculin « ferment » (homophone du participe présent « fermant ») sont homographes mais pas homophones, tandis que les mots « mer », « mère », et « maire » sont homophones mais pas homographes, ou encore « hêtre » et « être ».

Le cas le plus courant en français de prononciations identiques se produit avec les accords au féminin ou au pluriel de nombreux mots, car ces accords, même s’ils se différencient orthographiquement, ne se différencient pas toujours phonétiquement. C’est également très fréquent dans les formes conjuguées du même verbe (notamment avec tous les verbes réguliers du premier ou second groupe). Mais, dans tous ces cas, ce sont des formes du même mot, pas des mots différents.

Palatalisation

La palatalisation est une modification phonétique dans laquelle un son est produit par une partie plus à l'avant du palais dur que celle utilisée pour le son d'origine.

Par exemple, le latin castellum a donné chastel en ancien français. Conformément à la loi de Bartsch, caballus s'est transformé en cheval. Le phénomène qui fait passer la consonne occlusive vélaire sourde /k/ latine (phonème dorso-vélaire, articulé du dos de la langue contre le voile du palais) à la consonne fricative palato-alvéolaire sourde /ʃ/ française (phonème post-alvéolaire, prononcé contre une partie du palais dur) est une palatalisation.

La palatalisation a joué un rôle important dans l'évolution des langues romanes, slaves, l'anglo-frison et les langues indo-aryennes mais aussi en japonais (elle explique pourquoi les consonnes /t/ et /s/ sont réalisées [ʨ] et [ɕ] devant un /i/, par exemple) et en mandarin (où /hi/, par exemple, s'est palatalisé en [ɕi]).

Abusivement, on parle aussi de palatalisation pour décrire l'avancée du point d'articulation d'une voyelle postérieure vers une voyelle antérieure. L'évolution du u long latin prononcé [uː], vers le français u prononcé [y], en est un exemple.

Enfin, la palatalisation peut désigner un trait d'articulation secondaire, alors noté [j].

Phonème

En phonologie, domaine de la linguistique, un phonème est la plus petite unité discrète ou distinctive (c'est-à-dire permettant de distinguer des mots les uns des autres) que l'on puisse isoler par segmentation dans la chaîne parlée. Un phonème est en réalité une entité abstraite, qui peut correspondre à plusieurs sons. Il est en effet susceptible d'être prononcé de façon différente selon les locuteurs ou selon sa position et son environnement au sein du mot (voir allophone). Les phones sont d'ailleurs les différentes réalisations d'un phonème. Par exemple [ʁ̥] dans croc [kʁ̥o], et [ʁ] dans gros [ɡʁo] sont deux phones différents du même phonème /ʁ/. On transcrit traditionnellement les phonèmes par des lettres placées entre des barres obliques : /a/, /t/, /ʁ/, etc., selon la règle un phonème = un symbole.

Quantité (phonétique)

En phonétique et en phonologie, la quantité indique la durée relative d’un phonème. C'est une unité suprasegmentale. Au degré non-marqué [C, V], on oppose les contoïdes et vocoïdes qui subissent un allongement [Cː, Vː] ou un semi-allongement [Cˑ, Vˑ]. Phonologiquement, il convient de ne pas confondre les consonnes longues ([Cː]) avec les consonnes géminées ([CC]).

En français, la quantité ne permet pas à elle seule d’oppositions phonologiques mais le finnois a deux degrés de quantité vocalique et consonantique (bref et long) et l’estonien trois : bref, long et surlong (en fait une combinaison des degrés bref et long).

Il existe aussi des distinctions de quantité au niveau des syllabes.

Semi-voyelle

Une semi-voyelle ou semi-consonne (appelée également glide par anglicisme bien que ce dernier terme soit assez rare) est une voyelle non syllabique qui forme une diphtongue avec une voyelle syllabique qui la suit. Son comportement est plus proche de celui d'une consonne que d'une voyelle. Ainsi, généralement, en français, les semi-voyelles ne donnent pas lieu à élision ou liaison.

Le français compte trois semi-voyelles :

/j/, comme dans yeux [jø], fille [fij], abeille [abɛj];

/ɥ/ comme dans huile [ɥil], lui [lɥi] ;

/w/ comme dans oui [wi], jouet [ʒwɛ], moi [mwa].Les semi-voyelles se distinguent des consonnes spirantes, qui leur sont similaires, par une articulation moins haute. En notation phonétique, on les écrit habituellement en ajoutant le marquage non syllabique « ̯ » de l'alphabet phonétique international au symbole de voyelle, mais bien souvent on simplifie en n'écrivant que la voyelle seule. L'exclamation anglaise wow peut se transcrire [waʊ̯] (ou [waʊ] sous forme abrégée). Même si le [w] et le [ʊ̯] sont tous deux similaires à la voyelle [u], cette transcription indique que le premier est considéré comme une consonne, alors que le second forme une diphtongue avec la voyelle précédente. La spirante [w] est plus resserrée et donc plus de type consonne que la voyelle [ʊ].

En raison de leur similarité, les termes semi-voyelle et consonne spirante sont souvent utilisés de façon interchangeable. Dans un tel contexte, les semi-voyelles sont définies comme les spirantes correspondant phonétiquement à certaines voyelles hautes particulières. On trouve ainsi : [j] correspondant à [i], [w] à [u], [ɥ] à [y], et [ɰ] à [ɯ]. Cependant, il existe dans certaines langues comme le roumain ou le népalais des semi-voyelles correspondant à des voyelles moyennes telles que [e] et [o] ; de telles semi-voyelles, bien que non syllabiques, ne sont absolument pas de type consonne.

Tilde

Le tilde (‹ ◌̃ ›, ‹ ˜ › ou ‹ ~ ›) est un signe diacritique des alphabets latin et cyrillique en forme de « S » inversé et couché utilisé dans de nombreuses langues. Il sert aussi, quand il possède une chasse, de signe de ponctuation permettant de séparer des éléments en opposition (en phonologie, par exemple : /s/ ~ /z/ → « le phonème /s/ s’oppose au phonème /z/ »).

Transcription phonétique

Une transcription phonétique est une méthode de transcription plus ou moins formalisée des sons d'une ou plusieurs langues.

Cette transcription rend normalement une approximation de la prononciation standard de la langue. Les variantes dialectales et individuelles sont difficiles à rendre dans la transcription. Les variantes d'un même phonème (allophone) sont presque toujours impossibles à rendre. Quelques signes sont à disposition pour rendre les informations paraverbales (pauses, racler, tousser, rire...).

Quelques méthodes de transcription, comme l'alphabet phonétique international ou le système de Bourciez, sont recensées ici.

Voyelle ouverte antérieure non arrondie

La voyelle ouverte (ou basse) antérieure non arrondie est une voyelle utilisée dans de nombreuses langues. Son symbole dans l'alphabet phonétique international est [a], et son équivalent en symbole X-SAMPA est a.

Ce même symbole est employé très souvent pour la voyelle ouverte centrale non arrondie, cette utilisation étant acceptée par l'Association phonétique internationale. Comme aucune langue ne fait de distinction entre voyelles ouvertes antérieures et centrales, des symboles séparés sont inutiles. S'il est nécessaire, la différence peut être spécifiée à l'aide du diacritique central, [ä].

ɢ

Le symbole petite capitale G, (minuscule : ɢ) est une lettre additionnelle de l’écriture latine qui est utilisée dans certaines transcriptions phonétiques dont l’alphabet phonétique international et a été utilisée dans le Premier traité grammatical islandais au Moyen Âge.

ɤ

ɤ, appelé cornes de bélier ou petit gamma, est un symbole utilisé dans l’alphabet phonétique international pour représenter une voyelle mi-fermée postérieure non arrondie. Il a été utilisé comme lettre dans l’alphabet phonotypique d’Isaac Pitman ou dans l’alphabet français de Pierre de La Ramée.

Le cornes de bélier (majuscule et minuscule) est aussi utilisée dans l’alphabet du dan au Côte d'Ivoire.

Il apparait déjà dans le tableau de 1932 de l’alphabet phonétique international, sa forme initiale étant celle d’un gamma latin ɣ raccourci (qui ne descend pas sous la ligne de base) appelé petit gamma. Depuis 1989, sa forme actuelle a ses fûts diagonaux courbés et est appelée cornes de bélier, pour éviter la confusion avec le gamma ɣ utilisé comme symbole pour la consonne fricative vélaire voisée,.

Le petit gamma (majuscule et minuscule) était aussi utilisé comme lettre dans l’alphabet phonotypique d’Isaac Pitman, pour représenter la diphtongue /aʊ/.

Les cornes de bélier (majuscules et minuscules) sont déjà utilisées comme lettre en 1574 dans le livre Etrenes de poezie frasoeze an vers mezures de Jean-Antoine de Baïf, utilisant l’alphabet français de Pierre de La Ramée, pour représenter la voyelle fermée postérieure arrondie française /u/ normalement écrite ‹ ou ›. La Ramée composa cette lettre comme ligature o sous un u.

ɴ

Le symbole petite capitale N, (minuscule : ɴ) est une lettre additionnelle de l’écriture latine qui est utilisée dans certaines transcriptions phonétiques dont l’alphabet phonétique international et l’alphabet phonétique ouralien et a été utilisée dans le Premier traité grammatical islandais au Moyen Âge.

ʟ

Le symbole petite capitale L, (minuscule : ʟ) est une lettre additionnelle de l’écriture latine qui est utilisée dans certaines transcriptions phonétiques dont l’alphabet phonétique international et l’alphabet phonétique ouralien et a été utilisée dans le Premier traité grammatical islandais au Moyen Âge.

ᴙ, appelé petite capitale R réfléchi, est une lettre additionnelle de l’écriture latine qui est utilisée dans l’alphabet phonétique ouralien et qui a été utilisée dans l’alphabet phonétique international.

ᴚ, appelé petite capitale R culbuté, est une lettre additionnelle de l’écriture latine qui est utilisée dans l’alphabet phonétique ouralien et qui a été utilisée dans l’alphabet phonétique international.

ᴜ, appelé petite capitale U, est une lettre additionnelle de l’écriture latine qui est utilisée dans l’alphabet phonétique ouralien et a été utilisé dans l’alphabet phonétique international avant d’être remplacé par l’upsilon ‹ ʊ ›.

La lettre Ɒ (minuscule ɒ), appelée alpha culbuté, est une lettre additionnelle qui est utilisée dans la transcription phonétique. Sa forme minuscule est utilisée par l’alphabet phonétique international, l’alphabet phonétique américaniste, l’alphabet phonétique ouralien, la transcription Dania, la transcription Norvegia, l’alphabet dialectal suédois et plusieurs transcriptions phonétiques utilisées en dialectologie allemande, dont la transcription Teuthonista. Sa forme majuscule est utilisée dans l’alphabet phonétique américaniste.

Ɡ (minuscule : ɡ), appelé g cursif est une lettre additionnelle de l’alphabet latin dont la minuscule est utilisée dans l'alphabet phonétique international. C’est une variante de la lettre g qui peut aussi être utilisée dans l’alphabet phonétique international pour représenter une consonne occlusive vélaire voisée.

Dans d’autres langues

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