Pentateuque

Le Pentateuque est chez les chrétiens l'ensemble des cinq premiers livres de la Bible. Pour les juifs, ces cinq livres constituent la Torah. La tradition en attribue la paternité à Moïse, mais la recherche moderne a pu établir qu'ils ont été composés à l'époque de l'exil à Babylone par de nombreux rédacteurs. Ils présentent une version théologique de l'histoire du peuple d'Israël depuis la création du monde jusqu'à la mort de Moïse.

Si, dans la religion juive, ils portent le nom de Torah, c'est-à-dire « doctrine », « enseignement », mais aussi « Loi » (ce qui explique que le terme ait été traduit en grec par νόμος/nomos), c'est parce qu'ils renferment, outre des récits « historiques », un ensemble de prescriptions (religieuses, rituelles, culturelles, juridiques, etc.) qui constituent les bases du judaïsme. Les lois alimentaires (cacherout) énoncées dans le chapitre 11 du Lévitique en sont un exemple parmi d'autres.

Étymologie

Le mot Pentateuque est utilisé par les chrétiens pour désigner les cinq premiers livres de la Bible ; il correspond à la Torah juive. Les livres de la Torah s'appellent hâmisâ humsê hattôrâ, « les cinq cinquièmes de la loi ». Cette expression hébraïque est probablement à l'origine de l'expression grecque hè pentateuchos (biblos)[1]. Celle-ci apparaît pour la première fois dans un texte du gnostique Ptolémée au IIe siècle. Penta vient de πέντε/pente « cinq », et -teuque de τεῦχος/teukhos, « étui » (il s'agit de la custode cylindrique contenant les livres en forme de rouleaux). Teukhos a fini par désigner, par métonymie, le contenu même de l'étui. La forme latine pentateuchus liber apparaît chez Tertullien[2] à la fin du IIe siècle - début IIIe siècle[3].

Alors que les juifs nomment les cinq livres d'après les premiers mots de chacun d'eux, la tradition chrétienne, se fondant sur la traduction des Septante, préfère un terme qui résume le contenu des différents livres : Genèse (les origines du monde), Exode (la sortie d'Égypte du peuple juif), Lévitique (les lois religieuses, les lévites étant les prêtres du peuple juif antique), Nombres (le livre comporte de nombreux recensements), Deutéronome (la seconde loi)[L 1].

Contenu

Le Pentateuque est constitué de deux sortes de textes : les récits historiques et les prescriptions religieuses. À part le livre de la Genèse, qui ne contient que des textes narratifs, les quatre autres alternent ces deux types de textes[L 2]. Les récits historiques qui constituent le Pentateuque vont de la création du monde jusqu'à la disparition de Moïse et se poursuivent dans les livres suivants (livre de Josué, livre des Juges, premier et Deuxième livre de Samuel et premier et Second livre des Rois) qui vont de l'installation dans la Terre Promise jusqu'à la chute de Jérusalem et l'exil à Babylone[L 3]. Les textes de loi sont au nombre de trois et sont dispersés dans le texte. Il s'agit du Code de l'Alliance du chapitre 20, verset 22 au chapitre 23, verset 19 de l'Exode, du Code de sainteté des chapitres 17 à 26 du Lévitique et du Code deutéronomique des chapitres 12 à 26 du Deutéronome. Ces groupes de lois ont été, selon la tradition, transmis par Moïse qui est l'agent de Dieu et sont donc clairement différents d'un autre texte de loi, le Décalogue qui est transmis directement par Dieu. Ces dix lois divines sont exposées deux fois dans le Pentateuque. Elles se trouvent d'abord dans le livre de l'Exode (chapitre 20 versets 2 à 17) puis dans celui du Deutéronome (chapitre 5 versets 6 à 21)[L 4].

Genèse

Le Livre de la Genèse est souvent divisé en deux parties : la création (des chapitres 1 à 11) et les récits patriarcaux (chapitres 12 à 50). Après la création de l'univers et de l'homme (chapitres 1-2), l'histoire du péché originel et celle du meurtre de Abel par son frère Caïn (chapitre 4), arrive l'histoire de Noé qui échappe au déluge grâce à son arche (chapitres 6 à 8). L'histoire de la tour de Babel occupe le chapitre 11. Des généalogies entrecoupent ce récit et la dernière d'entre elles permet de faire le lien avec la seconde partie de la Genèse. En effet, la généalogie du chapitre 11 donne les ancêtres d'Abraham dont l'histoire vient ensuite[4].

La seconde partie de la Genèse raconte l'histoire des patriarches. D'abord Abram, qui change son nom en Abraham après sa rencontre avec Dieu, est choisi pour être le père d'une grande nation et ce bien qu'il soit âgé et que sa femme Sarah soit stérile (chapitres 12 à 25 verset 8). Un fils leur naît, Isaac lui-même père de Jacob qui change son nom en Israël après avoir lutté contre un être mystérieux et à qui est fait la même promesse (du chapitres 25 verset 19 au chapitre 37). Enfin, l'histoire de Joseph achève le livre de la Genèse. Joseph, fils de Jacob est vendu par ses frères, est esclave en Égypte mais parvient à devenir le conseiller de Pharaon. Il fait venir en Égypte toute sa famille pour qu'elle échappe à la famine et se réconcilie avec ses frères (chapitres 37 à 50)[4]. Avec ses frères, il fonde ainsi les 12 tribus d'Israël.

Exode

Le Livre de l'Exode raconte la sortie d'Égypte du peuple hébreu composé des descendants des 12 tribus d'Israël. Les Hébreux étant trop nombreux aux yeux de Pharaon, celui-ci les réduit en esclavage. Alors que le nouveau pharaon tente d'écraser les Hébreux jusqu'à faire tuer les premiers-nés, un enfant, Moïse, est sauvé et, une fois adulte, est appelé par Dieu pour conduire les Hébreux hors d'Égypte. Malgré de nombreux miracles (Dix plaies d'Égypte), Pharaon refuse le départ de ce peuple esclave et c'est seulement lorsque tous les premiers-nés, humains et animaux, meurent en une nuit, qu'il accepte de voir partir les Hébreux. Il revient ensuite sur sa décision mais son armée est noyée dans la Mer Rouge (chapitres 1 à 14) que Dieu avait ouverte pour laisser le passage aux Hébreux. Libéré de cette menace, le peuple hébreu entame une longue marche jalonnée de miracles divins comme le don de la manne. Pendant ce voyage, Moïse reçoit les Tables de la Loi sur lesquelles est écrit le Décalogue. Enfin, le tabernacle est construit et consacré.

Lévitique

Alors que les deux livres précédents font une large part au récit, le Lévitique rompt l'histoire pour exposer une série de rites à accomplir. Après la description de l'onction d'Aaron et de ses fils de la tribu de Lévi sont présentés les différents types de sacrifice pour chaque occasion. Des indications médicales expliquent la conduite à tenir en cas de suspicion de lèpre. Les lois sur le mariage et celles sur la nourriture sont aussi inscrites ainsi que celles concernant les fêtes, la libération des Hébreux en situation de servitude pour dettes et celle sur le repos de la terre tous les sept ans.

Nombres

Le Livre des Nombres commence par le dénombrement des tribus hébreues puis raconte le départ pour le Sinaï afin de conquérir la Terre promise. Cependant, après le retour d'éclaireurs partis reconnaître le pays, les Hébreux prennent peur et refusent d'entrer sur cette terre. N'ayant pas confiance en la parole divine, le peuple est maudit de sorte que tous (sauf Caleb et Josué) sont condamnés à errer dans le désert durant quarante ans et à ne pas entrer dans la terre promise qui n'appartiendra qu'à leurs enfants. Le peuple continue cependant à se révolter, ce qui provoque la colère divine. Même Moïse et Aaron subissent le châtiment de ne pouvoir pénétrer sur la Terre promise. Aaron meurt en chemin. Cependant, les Hébreux commencent à combattre des rois de la région et selon qu'ils respectent ou oublient la parole divine, parviennent à vaincre ou sont défaits.

Ce récit est entrecoupé de règles à observer : celles sur le sacrifice, celles sur les villes refuges pour ceux qui sont coupables d'un homicide involontaire, celles sur l'héritage, etc.

Deutéronome

Le Deutéronome se présente comme un long discours tenu par Moïse aux Hébreux avant sa mort. Dans ce texte sont rappelées les règles auxquelles doivent se soumettre les Hébreux pour garder la bienveillance de Dieu à leur égard. Quelques rappels d'évènements racontés dans les livres précédents servent à montrer la puissance de Dieu, son soutien à son peuple élu et sa colère lorsqu'ils oublient ses commandements. Le texte se termine par un cantique, des bénédictions de Moïse et le bref récit de la mort de ce dernier.

Composition

Philippe de Champaigne - Moses with the Ten Commandments - WGA04717
Moïse, qui a longtemps été considéré comme l'auteur du Pentateuque. Tableau de Philippe de Champaigne.

Le Pentateuque est une collection de textes mis en commun par des scribes autour de la période de l'exil et après[5]. La publication de cette littérature de compromis, qui ne cherche pas à gommer les divergences des options théologiques, peut se comprendre comme la mise en place d'une matrice identitaire du judaïsme naissant, une réponse aux changements politiques, économiques et religieux auxquels celui-ci se trouve confronté[3].

Depuis la fin des années 1990 et durant les années 2000, les chercheurs mettent surtout en avant l'idée que l'essentiel des textes du Pentateuque, ainsi que les quelques livres qui le suivent comme Josué ou Juges, ont certainement été compilés à l'époque perse, c'est-à-dire entre le Ve siècle et le IVe siècle[6] ou, au plus tôt, aux VIIe et VIe siècles av. J.-C.[7].

Notes et références

Références

  1. Jean Louis Ska, Introduction à la lecture du Pentateuque, Éditions Lessius, , p. 11
  2. Tertullien, Adversus Marcionem, 1,10
  3. Félix García López, Comment lire le Pentateuque, Labor et Fides, , p. 9
  4. (en) Roger Norman Whybray, Introduction to the Pentateuch, Wm. B. Eerdmans Publishing, , 146 p. (ISBN 9780802808370, lire en ligne), p. 3-5
  5. Thomas Römer, Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides, , p. 150-153
  6. Christophe Nihan et Thomas Römer, Introduction à l'AT, p. 179, 182
  7. La filature d’un théologien suisse pour connaître l’origine de Dieu, entretien Thomas Römer, letemps.ch, 27 mars 2014
  1. p. 14
  2. p. 15
  3. p. 16
  4. p. 19

Annexes

Bibliographie

  • Félix García López, Comment lire le Pentateuque, Labor et Fides, , 377 p. (ISBN 978-2-8309-1163-3)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Albert de Pury et Thomas Römer, Le Pentateuque en question : les origines et la composition des cinq premiers livres de la Bible à la lumière des recherches récentes, Labor et Fides, , 429 p. (ISBN 9782830910469, lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Thomas Römer, « La construction du Pentateuque, de l'Hexateuque et de l'Ennéateuque : Investigations préliminaires sur la formation des grands ensembles littéraires de la Bible hébraïque », dans Thomas Römer et Konrad Schmid, Les dernières rédactions du Pentateuque, de l'Hexateuque et de l'Ennéateuque, Louvain, Presses universitaires de Louvain, (lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Thomas Römer, La première histoire d'Israël : L'Ecole deutéronomiste à l'œuvre, Labor et fides, (ISBN 978-2830912272)
  • Diana Edelman, Philip Davies, Christophe Nihan et Thomas Römer, Clés pour le Pentateuque : Etat de la recherche et thèmes fondamentaux [« Opening the Books of Moses »], Labor et Fides,
  • Thomas Römer (éd.), Jean-Daniel Macchi (éd.) et Christophe Nihan (éd.), Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides, (1re éd. 2004), 902 p. (ISBN 978-2-8309-1368-2, lire en ligne). 

Articles connexes

Liens externes

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Bible

La Bible est un ensemble de textes considérés sacrés par les juifs et les chrétiens. Les différents groupes religieux peuvent inclure différents livres dans leurs canons, dans un ordre différent. Les textes des livres eux-mêmes ne sont pas toujours identiques d'un groupe religieux à l'autre.

La Bible rassemble une collection d’écrits très variés (récits des origines, textes législatifs, récits historiques, textes sapientiaux, prophétiques, poétiques, hagiographies, épîtres) dont la rédaction s’est échelonnée entre le VIIIe siècle av. J.-C. et le IIe siècle av. J.-C. pour l'Ancien Testament, et la deuxième moitié du Ier siècle, voire le début du IIe siècle pour le Nouveau Testament.

La Bible hébraïque est dite en hébreu « TaNaKh », acronyme formé à partir des titres de ses trois parties constitutives : la Torah (la Loi), les Nevi'im (les Prophètes) et les Ketouvim (les autres écrits). Elle est traduite en grec ancien à Alexandrie. Cette version — la Septante — est utilisée au tournant du Ve siècle par Jérôme de Stridon pour compléter sa traduction latine de la Bible — la Vulgate — à partir de l'hébreu puis, au IXe siècle, par les « apôtres des Slaves » Cyrille et Méthode pour traduire la Bible en vieux-slave.

La Bible chrétienne, qui connait plusieurs canons selon les époques et les confessions, est constituée de deux parties : l'Ancien Testament, qui reprend le Tanakh tel quel ou augmenté d'un certain nombre de livres et le Nouveau Testament commun à la plupart des Églises chrétiennes et regroupant les écrits relatifs à Jésus-Christ et à ses disciples. Il s'agit des quatre Évangiles canoniques, des Actes des Apôtres, des Épîtres et de l'Apocalypse.

Bible samaritaine

La Bible samaritaine ou Pentateuque samaritain est la version du Pentateuque en usage chez les samaritains, communauté religieuse se réclamant d'une ascendance israélite parente du judaïsme.

Cette Bible est relativement proche des versions chrétiennes et juives du Pentateuque, mais intègre plus de six mille différences dont la plus importante est l'obligation de considérer le mont Garizim comme le principal lieu saint, en lieu et place de Jérusalem et de son temple. Les Samaritains se considèrent comme les conservateurs de la véritable Torah, dont Ezra aurait rapporté un exemplaire à Jérusalem pour le falsifier.

Deutéronome

Le Deutéronome (du grec τὸ Δευτερονόμιον, tò Deuteronómion, la seconde loi, en hébreu דְּבָרִים Devarim, paroles) peut être lu comme le cinquième livre de la Bible hébraïque ou Ancien Testament et dernier de la Torah (le Pentateuque chrétien) ou comme le premier livre de l'historiographie deutéronomiste. Il contient le récit des derniers discours de Moïse aux Israélites et le récit de sa mort, avant qu'ils n'entrent au pays de Canaan, sur l'autre rive du Jourdain.

Il est intitulé en hébreu Devarim (prononcer /dva.ʁim/), c'est-à-dire Paroles, qui sont les premiers mots du texte ou Michné Torah, la répétition de la Torah.

Exégèse historico-critique de la Bible

L'exégèse historico-critique de la Bible, ou méthode historico-critique, étudie l'histoire de la réception des Écritures, leur contexte historique, le processus des étapes de leur production et leurs destinataires.

C'est initialement une branche de l'exégèse biblique apparue au milieu du XIXe siècle, notamment en Allemagne, même si elle eut des précurseurs à partir du XVIIe siècle. Elle est au XXIe siècle la méthode la plus employée par les biblistes. Parfois nommée critique haute, elle est qualifiée de critique radicale par ses détracteurs. Faisant appel à l'histoire, à la linguistique, à la philologie, à l'épigraphie, à la sociologie, à l'archéologie, l'exégèse historico-critique étudie les origines de l'Ancien Testament comme du Nouveau Testament. Cette lecture se concentre en particulier sur les sources des documents afin d'en déterminer l'auteur, la date et le lieu de composition. Elle s'intéresse aussi aux sources externes de la Bible et se distingue de la critique textuelle (ou « critique basse »), qui vise à établir la version originale d'un texte ou ses divers états intermédiaires.

On lui doit plusieurs théories, dont le système de Graf-Wellhausen concernant la rédaction du Pentateuque, hypothèse abandonnée depuis les années 1970 au profit de modèles affinés, également produits par l'analyse historico-critique. Dans le domaine des études néotestamentaires, elle a donné lieu à la théorie des deux sources, qui est depuis plus d'un siècle la solution la plus communément admise au problème synoptique.

Histoire de la recherche sur le Pentateuque

L'Histoire de la recherche sur le Pentateuque est l'histoire de l'analyse critique et philologique de ces textes, depuis les premières remises en question de leur attribution, jusqu'aux théories et hypothèses récentes.

Bien que Philon d'Alexandrie (De vita Mosis 1 § 84) n'attribue à Moïse que la composition et la rédaction partielles du Pentateuque, les traditions anciennes, juive et chrétienne, lui en attribuent en général la composition et la rédaction totales. Le récit de la mort de Moïse et de son enterrement par Dieu, en Deutéronome 34, pose cependant un problème logique. Une réponse est que Josué, le successeur de Moïse, avait continué le travail inachevé (Talmud de Babylone, traité Baba Bathra, 14b). Dans cette ligne, Issac ibn Yasush au XIe siècle et Abraham ibn Ezra au XIIe siècle dressèrent des listes de post mosaïca, dans lesquelles on observe par exemple que :

Genèse 36,31 nécessite d'avoir passé l'époque de la monarchie

Nombres 22, 1 désigne la Transjordanie comme le pays au-delà du fleuve, ce qui nécessite d'écrire depuis Canaan ; or, Moïse est supposé ne pas y être entré

etc.Par la suite Baruch Spinoza dans son Traité théologico-politique (1670) remarque une unité entre le Pentateuque et les Livres historiques de Josué à Rois et en conclut qu'il ne peut avoir été écrit par Moïse. Il penche plutôt pour Esdras, après la fin du Royaume de Juda. Le débat ne s'amplifia qu'au XVIIIe siècle.

Historiographie deutéronomiste

L'historiographie deutéronomiste, aussi appelée histoire deutéronomiste, ou encore document deutéronomiste, est une œuvre hypothétique dont seraient originellement extraits le Deutéronome (cinquième livre du Pentateuque) et les passages des Livres historiques, seconde partie de l'Ancien Testament faisant immédiatement suite au Deutéronome, qui présentent avec ce dernier une similitude stylistique ou théologique. Il s'agit des livres de Josué, Juges, 1 et 2 Samuel, 1 et 2 Rois. En exégèse biblique, l'abréviation HD est parfois utilisée.

L'étude de l'historiographie deutéronomiste a eu lieu en parallèle avec l'hypothèse documentaire, qui affirme que le Pentateuque est l'assemblage de quatre textes correspondant aux différents styles littéraires de l'ouvrage final. Le dernier quart du XXe siècle a vu l'abandon de l'hypothèse documentaire au sens strict, mais l'existence d'une école de rédaction deutéronomiste reste consensuelle parmi les exégètes, bien que diverses théories soient en concurrence pour expliquer sa présence dans le Tanakh.

Hypothèse documentaire

L’hypothèse documentaire est une théorie aujourd'hui abandonnée qui affirme que les cinq premiers livres de l'Ancien Testament, formant le Pentateuque ou Torah, ont pour origine quatre sources différentes : le document jahviste, le document élohiste, le document deutéronomiste et le document sacerdotal. Cette hypothèse a été systématisée au XIXe siècle par les biblistes allemands Charles-Henri Graf (1815-1869) et Julius Wellhausen (1844-1918), dont les conclusions sont connues sous le nom de « système de Graf-Wellhausen ».

Ce système n'est pas la première hypothèse documentaire. Auparavant, Henning Bernhard Witter (de) (1683-1715), Jean Astruc (1684-1766) puis Édouard Reuss (1804-1891) en avaient déjà formulé un équivalent.

Le système de Graf-Wellhausen a dominé dans les milieux de l'exégèse biblique jusqu'aux années 1970, époque à laquelle il a été remis en question par plusieurs chercheurs et, quoique encore défendu par certains d'entre eux, est devenu caduc sans qu'une nouvelle approche exégétique rencontre pour autant le consensus. S'appuyant sur l'état des textes et leur date probable de composition, la recherche actuelle privilégie deux autres hypothèses : d'une part, la « théorie des fragments », qui postule la mise en forme de plusieurs traditions différentes, à des dates variables ; d'autre part, la « théorie des compléments », selon laquelle des textes initiaux ont subi diverses modifications ou interpolations. Elle tend à discerner deux grands groupes rédactionnels : l'école deutéronomiste et l'école sacerdotale.

Livre de l'Exode

Le livre de l’Exode est le deuxième livre de la Bible et de l'Ancien Testament. Il raconte l'exode hors d'Égypte des Hébreux sous la conduite de Moïse, le don des Dix Commandements et les pérégrinations du peuple hébreu dans le désert du Sinaï en direction de la Terre promise. Son titre originel en hébreu est Shemot, littéralement « les Noms ».

Traditionnellement, la rédaction du livre est attribuée à Moïse, bien que rien dans le texte ne le dise. Cependant, cette idée n'est plus retenue aujourd'hui dans les milieux académiques, et les exégètes et les historiens datent sa rédaction du VIIe siècle av. J.-C., voire plus tard, même s'il est probable que les rédacteurs se soient fondés sur des sources plus anciennes.

L'historicité du livre est de même fortement sujette à caution, l'archéologie ayant dans une large mesure infirmé le récit.

Livre de la Genèse

Le Livre de la Genèse (en hébreu ספר בראשית Sefer Bereshit, en grec Βιϐλίον της Γενέσεως / Biblíon tês Généseôs, en latin Liber Genesis) est le premier livre de la Bible. Ce texte est fondamental pour le judaïsme et le christianisme.

Récit des origines, il commence par la création du monde, œuvre de Dieu, suivie d'une narration relatant la création du premier couple humain. Adam et Ève, forment ce premier couple mais désobéissent et sont exclus du jardin d'Éden. Dieu détruit alors l'humanité par le Déluge, dont seuls Noé et sa famille sont sauvés. Enfin, Dieu différencie les langues et disperse l'humanité sur la surface de la Terre, lors de l'épisode de la tour de Babel. L'essentiel de la Genèse est ensuite consacré aux cycles d'Abraham, de Jacob et de Joseph.

La Genèse est anonyme, tout comme les autres livres de la Torah (Pentateuque). Les traditions juives et chrétiennes l’attribuent à Moïse, mais les recherches exégétiques, archéologiques et historiques tendent, au vu des nombreux anachronismes, redondances et variations du texte, à remettre en cause l’unicité de son auteur. Ainsi, la Genèse représente, pour l'exégèse historico-critique du XXIe siècle, la compilation d’un ensemble de textes écrits entre les VIIIe et IIe siècles av. J.-C.. Pour cette raison, entre autres, l'historicité de son contenu est aussi mise en question.

La Genèse est largement commentée par les rabbins et par les théologiens chrétiens. Avec l'avènement de l'islam, ses personnages font l'objet de multiples interprétations dans le Coran et ses commentaires.

De nos jours, certains fondamentalistes, surtout protestants, défendent l'idée que le créationnisme, théorie qui s'appuie sur une lecture littérale de la Genèse, est historiquement et scientifiquement valable. Cependant, cette position est rejetée par l'ensemble des scientifiques.

Livre des Nombres

Le Livre des Nombres (traduit du grec de la Septante Αριθμοί Arithmoí, en hébreu במדבר Bəmidbar, dans le désert) est le quatrième livre de la Bible. Ce livre regroupe tous les éléments qui ont pris place entre la sortie d'Égypte et l'arrivée en terre promise.

Il doit son titre aux nombreux dénombrements ou recensements des Israélites qu'il comporte, mais cela ne représente pas l'essentiel de l'ouvrage. Ce texte aborde des thèmes variés et on y trouve des récits, des textes de lois, des prophéties et des listes généalogiques. Il relate l'histoire du voyage d'Israël depuis le mont Sinaï jusqu'aux plaines de Moab à la frontière de Canaan. Un de ses enseignements les plus importants est que le peuple de Dieu doit agir selon la foi, faisant confiance à ses promesses, s'il veut continuer avec succès. Il raconte le châtiment infligé par Dieu à Israël pour sa désobéissance et donne des renseignements sur les lois israélites.

La tradition attribue son écriture à Moïse, mais les tensions et contradictions internes du livre, ainsi que le vocabulaire employé et les allusions à des événements historiques, incitent la recherche moderne à situer plutôt son écriture entre le VIIIe siècle av. J.-C. et le VIe siècle av. J.-C..

Il est peu commenté par la tradition et peu travaillé par les chercheurs modernes, si bien qu'il fait figure de parent pauvre dans l'exégèse de l'Ancien Testament. Origène, père de l'exégèse biblique qui attribue facilement un sens allégorique aux Écritures, estime que la lecture de ce livre est rejetée « comme des nourritures lourdes et indigestes » (Homélies sur les Nombres, vers 239-242).

Lévitique

Le Lévitique (en grec ancien Λευιτικός Leuitikós, relatif aux Juifs, en hébreu ויקרא Vayikra, et Il appela) est le troisième des cinq livres de la Torah (Pentateuque). Il doit son nom au terme « lévite », prêtre hébreu issu de la tribu de Lévi. Il parle des devoirs sacerdotaux en Israël. Il met l'accent sur la sainteté de Dieu et le code selon lequel son peuple pouvait vivre pour devenir saint. Son but est d'enseigner les préceptes moraux et les rituels religieux de la loi de Moïse.

L'étude de l'hébreu dans le texte montre plusieurs styles d'écriture différents, et l'étude du contenu montre plusieurs préoccupations théologiques qui ne sont pas toujours conciliables. Il est donc raisonnable de penser que le Lévitique, comme l'ensemble du Pentateuque, a été écrit par plusieurs auteurs, et il est aujourd'hui admis que le livre a pris forme durant le Ve siècle av. J.-C., soit de nombreux siècles après Moïse.

Le livre comprend 27 chapitres, qui relatent l'exposé à Moïse de lois et de rites.

Moïse

Moïse (hébreu מֹשֶׁה בן עמרם Moshé ben Amram, grec Mωϋσῆς ou Μωσῆς, Mō(y)sēs, latin Moyses, arabe موسى Moussa) est, selon la tradition, le premier prophète du judaïsme, qui s'appelle parfois « mosaïsme », ce qui signifie « religion de Moïse ». Moïse apparaît dans le Livre de l'Exode. Il est probablement le personnage le plus important de la Bible hébraïque, recevant la Loi pour le judaïsme, préfigurant Jésus-Christ pour le christianisme et précédant le prophète Mahomet pour l'islam.

Pour les traditions monothéistes juive et chrétienne, Moïse est l'auteur sous inspiration divine du Pentateuque, c'est-à-dire des cinq premiers livres de la Bible, livres qui constituent la Torah juive et sont appelés la « Loi de Moïse » dans le judaïsme. C'est là que sont relatées l'histoire de Moïse lui-même, celle des Patriarches et celle du peuple d'Israël. Moïse y apparaît comme le prophète et le guide qui conduit le peuple hébreu hors d'Égypte, pays où il vivait dans la servitude, après que les dix plaies infligées à l'Égypte ont permis la libération du peuple d'Israël. Fils d'Amram, Moïse est le premier personnage à être nommé « homme de Dieu » dans la Bible.

Selon ces traditions, Moïse écrit également « sous la dictée de Dieu » le Décalogue et tout un ensemble de lois religieuses, sociales et alimentaires. En plus de cette idée d'une rédaction mosaïque sous la dictée de Dieu connue comme la « Torah écrite », les rabbins attribuent également à Moïse la « Torah orale » que constituent les commentaires de la Loi codifiés dans la Mishna.

La place de Moïse dans la chronologie universelle tout comme son historicité demeurent néanmoins inaccessibles pour la recherche contemporaine.

La tradition de la rédaction mosaïque de la Torah a été remise en question à partir du XVIIe siècle, entre autres par Spinoza, puis au XVIIIe siècle par Jean Astruc, qui ne réfutent pas l'historicité de Moïse pour autant. C'est par la suite que se développe l’école de la critique biblique, étudiant la Bible comme un objet scientifique.

En Islam, Moïse — sous le nom de Moussa — est le prophète le plus présent dans le Coran, cité à cent trente-six reprises. Il fait partie des « grands prophètes », considéré comme l'un des messagers envoyés par Allah et annonce le prophète Mahomet. Les récits mosaïques du Coran font référence au Pentateuque et à l'Aggada qui sont parfois confirmés, parfois « corrigés », mais proposent aussi des épisodes originaux, insistant sur le parallélisme entre Mahomet et Moïse. Ce dernier est le seul des prophètes à avoir entendu directement Dieu lorsqu'il reçoit les tables de la Loi ce qui lui vaut le titre de kalîm Allah — « interlocuteur de Dieu ».

Nevi'im

Les Nevi'im (en hébreu נביאים / nébīīm, « Prophètes ») forment la seconde partie du Tanakh (Bible hébraïque), après la Torah (Pentateuque) et avant les Ketouvim (Autres Écrits).

Les Nevi'im (ou Nəḇî'îm) sont souvent désignés sous le nom de « Livres prophétiques » ou « Livres des Prophètes » en français, ou même simplement de « Prophètes ». Cependant le nom hébreu נביא (nabī) comporte une autre notion que celle véhiculée par le mot « prophète », puisqu'il signifie « produire » plutôt qu'« apporter au-devant ».

Parasha

Pour la section hebdomadaire de lecture de la Torah, voir Parasha de la semaine.La parasha (héb. פרשה, « exposé, » rendu en français par péricope, plur.: parashiot ou parashiyyot) est l'unité traditionnelle de division du texte de la Bible hébraïque selon la seule version admise dans le judaïsme, à savoir le texte massorétique. La division du texte en parashiot est indépendante de la numérotation des chapitres et des versets, qui ne font pas partie de la tradition des Massorètes. Les parashiot ne comportent pas non plus de numérotation. Cette division est la seule autorisée pour les rouleaux de la Torah. Néanmoins, les éditions juives imprimées du Pentateuque et de la Bible hébraïque possèdent les deux notations.

D'après la tradition juive, au retour de la captivité à Babylone, la Torah fut divisée en 54 sections hebdomadaires, également appelées sidrot (sing.: sidra), lesquelles comportent au total 669 sous-sections. Ces sections sont désignées par divers types d'espacement entre elles dans les rouleaux de Torah, ainsi que dans les rouleaux des Nevi'im ou des Ketouvim (en particulier les meguilot), et dans les codex massorétiques, mais certaines se distinguent par leur titre comme la Parashat Zakhor, la Parashat Kriyat Hayam, etc.

Une division du texte en parashiot qui serait incorrecte, que ce soit en indiquant une parasha à un endroit inapproprié ou par l'emploi d'une technique d'espacement inappropriée, rend le Sefer Torah halakhiquement impropre à la lecture selon Moïse Maïmonide.

La division en parashiot trouvée de nos jours dans les rouleaux de Torah des communautés juives ashkénazes et sépharades est basée sur la décision de Maïmonide. Lui-même se base sur le Codex d'Alep.

Saintes Écritures

Dans le langage chrétien, les Saintes Écritures, ou Écriture sainte, sont les paroles écrites et dites par les saints hommes de Dieu inspirés par le Saint-Esprit. Par saintes Écritures, on désigne également les textes sacrés juifs. L'adjectif scripturaire (du latin scriptura, écriture) désigne ce qui est relatif aux saintes Écritures.

La Bible est le recueil de saintes Écritures commun aux Églises chrétiennes. Le mot Bible est également employé pour désigner la Bible hébraïque, qui est divisée en trois grandes parties, résumées par le terme de TaNaKh, initiales de leurs titres hébreux, la Torah (équivalent du Pentateuque du Premier Testament), les Neviim (les Prophètes), les Ketouvim (les Écrits).

Jésus et les auteurs du Nouveau Testament considéraient les livres de l'Ancien Testament (ou Premier Testament) comme Écritures (Mt 22:29 ; Jn 5:39 ; 2 Ti 3:15 ; 2 Pi 1:20–21).

Sefer HaHinoukh

Le Sefer haHinoukh ("Livre de l'Éducation") ou simplement le Hinoukh est un texte juif médiéval publié anonymement en Espagne au XIIIe siècle, discutant des 613 commandements de la Torah en suivant l'ordre du récit du Pentateuque et non pas selon un ordre systématique, comme le Sefer Hammitsvot du Rambam.

Chaque commandement est décrit avec le concept de la mitzvah, sa source biblique, l'arrière-plan philosophique du commandement et un rapide survol de la halakha (Loi juive pratique) en ce qui concerne son observance.

Certains savants attribuent le livre au Rav Aharon HaLevi (Ra'ah) de Barcelone (1235-c. 1290), un Talmudiste et halakhiste réputé [1] [2] [3] mais d'autres contestent cette attribution, arguant que les vues exprimées dans le 'Hinoukh contredisent les opinions du Ra'ah en d'autres ouvrages.

Siddour

Le siddour (hébr. סידור pluriel סידורים siddourim) formé à partir de la racine סדר qui signifie "ordre" désigne un livre de prière regroupant l'ensemble des prières journalières pour les jours ouvrés, yemey 'hol, le shabbat ainsi que les principaux textes des fêtes les plus importantes (essentiellement la Amida des fêtes).

En outre, il contient un certain nombre de textes liturgiques, de bénédictions en usage dans la liturgie domestique et parfois les extraits du Pentateuque lus lors des offices du matin des lundi et jeudi.

Sifre

Le Sifri (hébreu : סִפְרֵי; siphrēy, Sifre, Sifrei, ou encore Sifre debe Rab ou Sifre Rabbah) fait référence aux deux autres volets du Midrash halakha basés sur les deux derniers livres de la Torah : Bamidbar (les Nombres) et Devarim (Deutéronome).

Torah

La Torah ou Thora (en hébreu תּוֹרָה, « instruction » ; en grec ancien Νόμος — Nomos —, « Loi ») est, selon la tradition du judaïsme, l'enseignement divin transmis par Dieu à Moïse (תּוֹרַת־מֹשֶׁה – Tōraṯ Mōshe) sur le mont Sinaï et retransmis au travers de ses cinq livres (hébreu : חמשה חומשי תורה – Ḥamishā Ḥoumshē Tōrā) ainsi que l'ensemble des enseignements qui en découlent,.

Elle est composée de cinq livres désignés en hébreu par un des premiers mots du texte et traditionnellement en français : la Genèse (Berēshīṯ : Commencement), l'Exode (Shemōṯ : Noms), le Lévitique (Wayyiqrā : Et il appela), les Nombres (Bamiḏbar : Dans le désert) et le Deutéronome (Devarim : Paroles). Elle contient, selon la tradition juive rabbinique, 613 commandements et comporte, outre la composante écrite (hébreu : תורה שבכתב, Tōrā sheBikhtāḇ : « Torah écrite »), une dimension orale (hébreu : תורה שבעל פה, Tōrā sheBeʿal Pe : « Torah orale »), ultérieurement compilée dans le Talmud et la littérature midrashique contrairement à la tradition juive karaïte qui ne prend en compte que la Torah écrite.

Le christianisme appelle Pentateuque les livres traditionnellement attribués à Moïse, terme d'origine grecque Πεντάτευχος qui signifie « Les cinq livres ». Il les reconnaît comme faisant intégralement partie des Écritures canoniques (« Ancien Testament »), bien qu'il en ait partiellement abandonné les préceptes rituels et qu'il ne reconnaisse pas d'autorité aux enseignements rabbiniques. Le christianisme soutient en effet que le message du Christ diffusé par le Nouveau Testament conduit à l'accomplissement de la Torah (Matthieu 5, 17-20), désormais objet d'une observance intériorisée et d'une interprétation allégorique, comme l'attestent les écrits de Paul de Tarse dès le milieu du Ier siècle (Première épître aux Corinthiens).

La Torah est aussi reconnue par l'islam, selon lequel elle aurait cependant été falsifiée.

Livres de l’Ancien Testament
Tanakh
(Bible hébraïque commune aux canons juif et chrétiens)
Livres deutérocanoniques
(canon des Églises catholique et orthodoxe)
Canon orthodoxe grec et slavon
Canon orthodoxe géorgien
Canon orthodoxe éthiopien restreint
Peshitta syriaque
Structure
Versions et traductions
Exégèse biblique
Lieux
Personnages
Peuples

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