Pères de l'Église

Depuis le XVIe siècle, l'historiographie moderne appelle Pères de l'Église des auteurs ecclésiastiques, généralement (mais non exclusivement) des évêques, dont les écrits (appelés littérature patristique), les actes et l'exemple moral, ont contribué à établir et à défendre la doctrine chrétienne. Ils ont exercé une influence considérable sur de multiples aspects de la doctrine chrétienne qui restent « modelés jusqu'à ce jour par l’exégèse patristique »[1].

Ceux que le Père Henri de Lubac appelle « nos pères dans la Foi » sont donc des personnages qui satisfont à quatre exigences de l'Église (« notes ») :

  1. avoir appartenu à la période de l'Église antique (avant le VIIIe siècle) avant que les auteurs scolastiques ne leur succèdent ;
  2. avoir mené une sainte vie ;
  3. avoir écrit une œuvre complètement exempte d'erreurs doctrinales, et qui doit constituer une excellente défense de la doctrine chrétienne ou en être une illustration ;
  4. avoir bénéficié de l'approbation implicite ou explicite de l'Église.

Les auteurs hérétiques, comme Arius ou Marcion, ou schismatiques, comme Novatien, ne font donc pas partie des Pères de l'Église, de même que certains poètes (comme Prudence) ou historiens (comme Grégoire de Tours), auteurs chrétiens d'ouvrages qui ne sont pas dogmatiques. Les fondements de la foi ont été établis grâce à des formations de ces Pères dans des écoles théologiques (école théologique d'Antioche, école théologique d'Alexandrie)[2].

On range fréquemment avec les Pères de l'Église certains auteurs importants comme Origène dont l'étude est indispensable aux spécialistes des Pères de l'Église. Ce sens large de l'expression, qui définit un domaine d'étude, peut être dit scientifique ou universitaire ; il a présidé à l'établissement de la liste ci-dessous.

On peut classer les Pères de l'Église selon leur époque (apostoliques), la nature de leurs écrits (apologistes), le style de leur pensée (orientaux ou occidentaux, de l'école d'Alexandrie ou de celle d'Antioche), leur langue (latine, grecque ou syriaque), leur milieu de vie (de l'empire chrétien), etc.

La connaissance des Pères de l'Église et de leurs écrits s'appelle la patristique (analyse historique) ou la patrologie (analyse théologique) .

Otsy
Pères de l'Église, peinture miniature du XIe siècle, de la Rus' de Kiev.

Position des Églises sur les Pères

Contrairement à la liste des Docteurs de l'Église, celle des Pères de l'Église n'est pas « officiellement » établie par les Églises.

L'Église catholique a tendance à assigner un terme à une « période patristique » et à considérer Jean Damascène et Isidore de Séville comme les derniers Pères.

L'Église orthodoxe ne voit pas les choses de la même façon et estime que la paternité ne suppose pas obligatoirement l'antiquité. Elle estime de plus qu'un Père n'est pas forcément un écrivain. Elle a tendance à considérer comme Pères de l'Église les Pères du désert et les grands instituteurs de la vie monastique car leur travail d'ascèse de direction spirituelle est éminemment doctrinal.

Les Pères anténicéens (jusqu'en 325)

Les Pères du IIe siècle

Les apologètes

La littérature anti-hérétique

Les Pères du IIIe siècle

Pères grecs

Pères latins

L'âge d'or patristique (325-451)

Les autres Pères ayant vécu à l'époque des 2e, 3e et 4e conciles (Ve siècle)

Pères grecs

Pères latins

Pères syriens

Les Pères de tradition chalcédonienne (après 451)

Pères grecs antérieurs à la crise iconoclaste

Pères grecs défenseurs des saintes images

Pères latins

Les Pères propres à une seule confession chrétienne

Les Pères propres à l'Église orthodoxe

Les théologiens du Moyen Âge propres à l'Église catholique

  • Jean Scot Erigène - théologien et philosophe latin d'origine irlandaise - (v. 810 - v. 870), selon certains, le dernier des Pères de l'Église
  • saint Bernard de Clairvaux - Docteur de l'Église ; selon certains, le dernier des Pères de l'Église (1090 - 1153)

Les Pères propres à l'Église non-chalcédonienne

Les Pères propres à l'Église de l'Orient

Iconographie

Michael Pacher 001
Michael Pacher. Retable des Pères de l'Église, Jérôme, Augustin, Grégoire, Ambroise.

L'iconographie occidentale représente ensemble quatre Pères de l'Église latine :

Marienmünster Dießen Hochaltar Zelebrationsaltar mit Tabernakel
Les 4 Pères de l'Église (Augustin, Grégoire, Ambroise et Jérôme) représentés en 1738 en Bavière

Note

  1. Charles Kannengiesser, « La Bible dans l’Eglise ancienne. Nature et présupposés de l’exégèse patristique », Concilium, no 233,‎ , p. 52
  2. Une distinction trop stricte est faite dans l'herméneutique patristique entre l'école alexandrine, axée sur l'allégorie, et celle d'Antioche, dénonçant une allégorie excessive et privilégiant davantage le sens historique et la typologie. Cf. (en) Tad W. Guzie, « Patristic Hermeneutics and the meaning of Tradition », Theological Studies, vol. 32, no 2,‎ , p. 647.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Berthold Altaner, Précis de Patrologie, Salvator, Toulouse, 1961.
  • Johannes Quasten, Initiation aux Pères de l'Église, 3 vol., Cerf, Paris, 1957 à 1962.
  • Hans von Campenhausen, Les Pères grecs et Les Pères latins, éditions de l'Orante, coll. « Livre de vie », Paris, 1963.
  • Jean-Marie Auwers, La lettre et l'esprit. Les Pères de l'Église, lecteurs de la Bible, coll. Connaître la Bible, no 28, Bruxelles, Lumen Vitae, 2002, 80 p. (ISBN 2-87324-185-3).
  • Jean Laporte, Les Pères de l'Église - I - Les Pères latins, II - Les Pères grecs, Paris, Éditions du Cerf, février 2007.
  • Michel Fédou, Les Pères de l'Église et la Théologie chrétienne, Édition facultés jésuites de Paris, 352 p.
  • Michel Fédou, La Voie du Christ II ; Développement de la christologie dans le contexte de l'Orient ancien ; d'Eusèbe de Césarée à Jean Damascène (IVe – VIIIe siècle) ; Éditions du Cerf , 670 pages.

Liens externes

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Ambroise de Milan

Ambroise de Milan ou Aurelius Ambrosius ou saint Ambroise, né à Trèves vers 340 et mort le 4 avril 397, est évêque de Milan de 374 à 397. Docteur de l'Église, il est l'un des quatre Pères de l'Église d'Occident, avec saint Augustin, saint Jérôme de Stridon et saint Grégoire le Grand.

Il est connu en tant qu'écrivain et poète, quasi fondateur de l'hymnodie latine chrétienne et lecteur de Cicéron et des Pères grecs, dont il reprend les méthodes d'interprétation allégoriques.

Il est aussi l'un des protagonistes des débats contre l'arianisme. C'est auprès de lui qu’Augustin d'Hippone (saint Augustin) se convertit au christianisme.

Il est honoré comme saint par l'Église orthodoxe et l'Église catholique qui le fêtent aujourd'hui le 7 décembre, fête de la translation de ses reliques. Au Moyen Âge, sa fête principale avait lieu soit le 4 avril, date de sa mort, soit le 7 décembre, date de son ordination épiscopale (Martyrologe romain).

Clavis Patrum Græcorum

La Clavis Patrum Græcorum (CPG) est l'index des œuvres des Pères de l'Église grecque établi par Maurice Geerard et publié chez Brepols. Les Pères concernés sont ceux qui ont écrit en grec, du Ier au VIIIe siècle, y compris si leurs œuvres n'existent plus qu'en traduction (latine, arménienne, géorgienne, éthiopienne, arabe, slavonne, etc.), ainsi que quelques auteurs traduits en grec à cette époque.

Elle ne s'étend toutefois pas à tous les textes patristiques : pour les Actes des martyrs ou les Apocryphes, notamment, il existe d'autres corpus (la Bibliotheca Hagiographica Græca et la Clavis Apocryphorum). La Clavis permet de renvoyer instantanément, par un numéro, à l'édition de référence de leurs œuvres, aux témoignages concernant leur transmission en grec ou en d'autres langues anciennes, et, éventuellement, à une étude sur tel ou tel auteur, voire, plus rarement, à une traduction en langue moderne. Les quatre tomes de la Clavis, augmentés de deux mises à jour (vol. 3 A et volume Supplementum), suivis d'un volume d'index et de concordances, sont un ouvrage de référence pour les spécialistes de la patrologie grecque.

Maurice Geerard, Clavis patrum graecorum : qua optimae quaeque scriptorum patrum graecorum recensiones a primaevis saeculis usque ad octavum commode recluduntur, Turnhout, 1974-2003 :

vol. 1 : Patres antenicaeni, schedulis usi quibus rem paravit F. Winkelmann, 1983 ; 2-503-05012-3 (broché) 2-503-05011-5 (relié) ; couvre les numéros 1000 à 1925.

vol. 2 : Ab Athanasio ad Chrysostomum, 1974 ; couvre les numéros 2000 à 5197.

vol. 3 : A Cyrillo Alexandrino ad Iohannem Damascenum, 1979 ; couvre les numéros 5200 à 8240.

vol. 3 A : A Cyrillo Alexandrino ad Iohannem Damascenum : addenda volumini III, a Jacques Noret Parata, 2003 ; - 2-503-05034-4.

vol. 4 : Concilia : catenae, 1980 ; couvre les numéros à partir de 9000 et c. (pour catena) à partir de 1.

vol. 5 : Indices, initia, concordantiae, cura et studio M. Geerard et F. Glorie, 1987, 2-503-05012-3 (broché) 2-503-05011-5 (relié).

(vol. 6 :) Supplementum cura et studio M. Geerard et J. Noret, 1998, XVIII, 516 p. 2-503-05062-X (broché) 2-503-05061-1 (relié).

Diatessaron

Le Diatessaron, littéralement « à travers quatre », est une harmonie des Évangiles écrite en syriaque, vers l'an 170 de notre ère dans le IIe siècle. Il est aussi connu sous le nom Evangelion Damhalte ܐܶܘܰܢܓܶܠܝܳܘܢ ܕܰܡܚܰܠܛ̈ܶܐ.

D'après Eusèbe de Césarée, il fut attribué à Tatien le Syrien. Il ne devrait pas être confondu avec un autre Diatessaron, ou Monotessaron, ou Concorde d'Ammonius, écrite par Ammonios d'Alexandrie le Chrétien, et qui est la seconde Harmonie des Quatre Evangiles figurant dans les ouvrages des Pères de l'Église.

Une autre analyse l'attribue toutefois à Ammonius, tandis que d'après une phrase d'Épiphane de Salamine dans le Panarion, Tatien serait en réalité l'auteur de l'Évangile des Hébreux.

Grégoire Ier

Grégoire Ier, dit le Grand, auteur des Dialogues (né vers 540, mort le 12 mars 604), devient le 64e pape en 590.

Docteur de l'Église, il est l'un des quatre Pères de l'Église d'Occident, avec saint Ambroise, saint Augustin et saint Jérôme. Son influence durant le Moyen Âge fut considérable.

C'est en son honneur que, deux siècles après sa mort, le chant élaboré dans les abbayes du diocèse de Metz est appelé « chant grégorien » (sans que l'on sache avec certitude son rôle dans l'évolution et la diffusion du chant liturgique).

Depuis le concile Vatican II, l'Église catholique le célèbre le 3 septembre (auparavant le 12 mars).

Immaculée Conception

L'Immaculée Conception est la conception de la Vierge Marie « sans tache », c'est-à-dire exempte du péché originel. Il s'agit d'un dogme de l'Église catholique qui a été proclamé, le 8 décembre 1854 par le pape Pie IX par la bulle Ineffabilis Deus, mais cette croyance existait déjà chez les Pères de l'Église au IVe siècle. Elle est souvent confondue avec la conception virginale de Jésus-Christ, c'est-à-dire le dogme de l'Incarnation, mais elle ne concerne que la conception de Marie elle-même.

L'Immaculée Conception est célébrée par l'Église catholique le 8 décembre lors de la fête qui lui est dédiée. Il s'agit d'une fête de précepte (en) dans plusieurs pays.

Si l'Église orthodoxe célèbre la fête de la Conception de Marie et nomme Marie « l'Immaculée », elle ne reconnaît cependant pas ce dogme de l'Immaculée Conception, de même que les protestants ou les autres Églises chrétiennes, qui y voient un théologoumène.

De très nombreuses églises de par le monde sont dédiées à l'Immaculée Conception. Dans l'art, en peinture comme en sculpture, l'Immaculée Conception est l'objet d'une iconographie importante.

John Henry Newman

John Henry Newman, né à Londres le 21 février 1801 et mort à Edgbaston le 11 août 1890, est un saint catholique. De son vivant, il fut ecclésiastique, théologien et écrivain britannique. Il se convertit au catholicisme en 1845.

Étudiant à l'Université d'Oxford, il est ordonné prêtre anglican. Ses travaux sur les Pères de l'Église le conduisent à analyser les racines chrétiennes de l'anglicanisme et à défendre l'indépendance de sa religion face à l'État britannique, sous la forme de « tracts ». Ainsi naît le Mouvement d'Oxford, dont John Newman est l'un des principaux acteurs. Ses recherches sur les Pères de l’Église et sa conception de l’Église l'amènent à se convertir au catholicisme, qu'il voit désormais comme la confession la plus fidèle aux racines du christianisme. C'est au cours de cette période qu'il écrit le célèbre poème Lead, kindly Light.

Il part pour l'Irlande afin de fonder une université catholique à Dublin, à la demande des évêques de ce pays. Pour mieux faire comprendre sa conception de l’éducation et de la science il donne un cycle de conférences : L'Idée d'université, avant de démissionner en 1857 à cause du manque de confiance de la part des évêques irlandais face à son entreprise. Sa conversion au catholicisme est incomprise et critiquée par ses anciens amis anglicans. Il est aussi regardé avec méfiance par une partie du clergé catholique anglais du fait de ses positions considérées comme très libérales. En réaction à des calomnies, John Newman décrit sa conversion au catholicisme dans Apologia Pro Vita Sua. Cet ouvrage change la perception des anglicans à son égard et accroît sa notoriété. L’incompréhension suscitée par la proclamation du dogme de l’infaillibilité pontificale conduit Newman à défendre l’Église et la place primordiale de la conscience dans sa Lettre au duc de Norfolk. Sa conception de la conscience sera en partie développée lors du Concile Vatican II. Il écrit par la suite la Grammaire de l'assentiment, qui se veut une défense de la foi face au développement du positivisme. Le nouveau pape Léon XIII, élu en 1878, décide de le créer cardinal en 1879. John Newman meurt onze années plus tard à l’âge de 89 ans.

Théologien et christologue reconnu, il est l'une des figures majeures du catholicisme britannique, avec Thomas More, Henry Edward Manning et Ronald Knox. Il a exercé une influence considérable sur les intellectuels catholiques, notamment les auteurs venus de l'anglicanisme. Pour Xavier Tilliette, il apparaît comme « une grande personnalité singulière, une sorte de cierge pascal dans l'Église catholique du XIXe siècle ». Ses œuvres, dont la Grammaire de l'assentiment et l'Apologia Pro Vita Sua, sont une référence constante chez des écrivains tels que G. K. Chesterton, Evelyn Waugh ou Julien Green, mais aussi pour des théologiens et des philosophes comme Avery Dulles, Erich Przywara et Edith Stein, qui a traduit en allemand son ouvrage L'Idée d'université.

Proclamé vénérable par la Congrégation pour les causes des saints en 1991 et béatifié à Birmingham, le 19 septembre 2010, par le pape Benoît XVI, il est proclamé saint le 13 octobre 2019 par le pape François.

Mariologie

La mariologie est la branche de la théologie chrétienne qui étudie la place de Marie, mère de Jésus-Christ, dans le mystère du salut du monde. De même que la christologie et la pneumatologie étudient respectivement le Christ et le Saint-Esprit, la mariologie étudie ce qui concerne Marie, mais jamais indépendamment du mystère du Christ.

La mariologie se fonde sur la tradition ancienne des Pères de l'Église et des premiers conciles œcuméniques et fournit des bases théologiques au culte marial.

Monita ad Missionarios (1664)

Les « Monita ad Missionarios » (« Instructions aux missionnaires » en français) est un ensemble de règlement écrit par les vicaires apostoliques François Pallu et Pierre Lambert de la Motte, et fondateurs des Missions étrangères de Paris (fondé en 1663). Envoyé en Asie à la demande du Saint-Siège afin de lancer un nouveau type de missions plus en accord avec le Vatican, les deux vicaires écrivent les Monita ad Missionarios (instructions aux missionnaires) à Ayutthaya dans le Royaume du Siam en 1665. Elles regroupent un ensemble de règles de conduite destinée à leurs missionnaires. Les deux vicaires affirment que les « Monita » sont inspirées de « l'Ecriture, des canons de l'Église, des constitutions des Souverains Pontifes, la doctrine des Pères de l'Église, les exemples des saints et surtout de Saint François-Xavier ».

Nouvelle Théologie

La Nouvelle Théologie ou le Ressourcement est un courant de pensée catholique apparu durant les années 1930 et jusqu'à la veille du concile Vatican II, en particulier parmi les théologiens allemands et français. Il prône un retour aux sources du christianisme, notamment à travers les Pères de l'Église, et prend ses distances avec l'hégémonie de la scolastique. La Nouvelle Théologie exerça une influence déterminante non seulement sur le déroulement de Vatican II mais aussi sur ses conséquences.

Ses principaux représentants sont Henri de Lubac, Pierre Teilhard de Chardin, Hans Urs von Balthasar, Yves Congar, Karl Rahner, Hans Küng, Edward Schillebeeckx, Marie-Dominique Chenu, Louis Bouyer, Jean Daniélou, Pierre Ganne, Jean Mouroux et le futur pape émérite Benoît XVI.

Origène

Origène (en grec ancien Ὠριγένης / Ôrigénês) est le père de l'exégèse biblique. Théologien de la période patristique, il est né à Alexandrie v. 185 et mort à Tyr v. 253.

Il est aussi l'un des Pères de l'Église et « le plus grand génie du christianisme antique avec saint Augustin » selon la formule du cardinal Jean Daniélou. Cependant, contrairement à de nombreux Pères de l'Église, il n'a jamais été canonisé comme un saint par l'Église catholique. De manière plus générale, ses enseignements sur la pré-existence des âmes, la réconciliation finale de toutes les créatures, y compris peut-être même le diable (l'apokatastasis) et sa croyance possible que Dieu le Fils était subordonné à Dieu le Père ont été rejetés par l'orthodoxie chrétienne.

Il y eut aussi au IIIe siècle un autre Origène, philosophe néoplatonicien et païen, condisciple de Plotin et de Longin, avec lequel on l'a parfois confondu.

Paganisme

Paganisme est un terme générique employé depuis le VIe siècle par des chrétiens pour désigner la religion de ceux qui ne sont ni chrétiens ni juifs. Il remonte au latin paganus : au VIe siècle, ce mot pouvait servir à désigner les habitants des campagnes par opposition à ceux des villes ou bien les civils par opposition aux militaires. D'abord employé comme sobriquet populaire par des chrétiens pour désigner ceux qui ne sont pas baptisés, les villes étant plus christianisées que la campagne, le mot paganus/paysan était devenu de manière ironique synonyme de non chrétien[réf. nécessaire]. Le terme a ensuite été adopté dans la littérature chrétienne. Même s'il y désigne toujours ceux qui ne sont pas chrétiens, son acception y est cependant ambiguë. Il est parfois employé de façon péjorative pour désigner ceux qui sont tenus pour être des ignorants, parfois de façon neutre pour désigner les philosophes grecs, parfois encore pour désigner des chrétiens jugés mal convertis ou tièdes dans leur foi. À partir de 370, des lois impériales regroupées au Ve siècle dans le code théodosien emploient le terme paganus pour désigner ceux qui pratiquent la magie, ceux qui sont considérés comme superstitieux ou dans l'erreur. Le terme a depuis conservé une connotation péjorative.

De nombreux Pères de l'Église ayant écrit « contre les païens », le paganisme a eu une première existence sous forme de fiction littéraire, comme s'il s'agissait de la religion de ceux qui ne sont pas chrétiens. Le paganisme tel qu'il a été exposé par les Pères de l'Église n'était cependant pas à proprement parler une religion, il s'agit plutôt de l'ensemble sans homogénéité des positions philosophiques et des croyances rejetées par les Pères de l'Église. Le paganisme est ainsi, dans l'antiquité tardive, une attitude combattue par des chrétiens puis par les autorités, mais elle n'est revendiquée par personne. C'est surtout à l'époque moderne, avec l'essor de l'histoire des religions que le paganisme commence à être perçu et étudié comme une religion parmi d'autres. Le paganisme peut aujourd'hui être revendiqué sous forme de néo-paganisme, ou bien comme une position philosophique tel que l'a fait Marc Augé dans Le génie du paganisme.

Le mot paganus n'a pas son correspondant chez les écrivains chrétiens de langue grecque qui utilisent le terme moins péjoratif de « nations » ou « religions nationales » (ethnikoï) (décalque de l'hébreu).

Patristique et patrologie

Ces deux termes sont souvent employés indifféremment pour désigner l'étude des auteurs chrétiens de l'Antiquité reconnus traditionnellement par l'Église catholique et les Églises orthodoxes comme « Pères », fondateurs de la théologie chrétienne. Cependant, on peut faire la distinction suivante :

la patristique est la discipline qui traite de la vie, de l'œuvre et de la doctrine des Pères de l'Église ;

la patrologie désigne l'ensemble des œuvres des Pères de l'Eglise, et le mot désigne aussi les recueils qui en ont été faits. Ainsi distingue-t-on traditionnellement, d'une part, la patrologie latine et d'autre part la patrologie grecque. La littérature patristique comprend de nombreux genres littéraires (commentaires, homélies, scolies, catenae, etc.) qui se fondent essentiellement sur la Bible, l'« autorité suprême » étudiée dans son sens littéral et historique mais surtout dans son sens spirituel, appelé allégorique.

Peinture religieuse de Goya

Les peintures religieuses de Goya sont l'ensemble des peintures et fresques réalisées par Francisco de Goya au début de sa carrière, à Saragosse puis lors de son voyage en Italie et enfin pour ses premières commandes à Madrid.

Philippe (diacre)

Philippe est un Juif helléniste faisant partie des Sept, les premiers diacres choisis par les membres de l'Église primitive de Jérusalem à l'initiative de l'assemblée des disciples et des apôtres afin d'aider ces derniers. Il ne faut pas le confondre avec l'apôtre Philippe mentionné dans les Évangiles, même si, dans la formation des légendes, les biographies des deux Philippe ont été reliées. Il a également une fonction d'évangéliste en Samarie et favorise la christianisation de l'Éthiopie. Il fait aussi partie des Septante disciples choisis par Jésus-Christ.

Salut (théologie)

Le salut est une notion spirituelle qui signifie « délivrance et libération ». Le croyant qui possède le salut se trouve ainsi délivré et libéré du péché, de l'insatisfaction et de la condamnation éternelle (enfer). Il bénéficie d'une relation avec Dieu et a ainsi accès au paradis.

La sotériologie est un domaine de la théologie qui étudie les différentes doctrines du salut.

Schisme

Un schisme est une rupture dans la communion d'une religion, le rejet de l'obédience commune qui entraîne la sécession d'une fraction de la communion ecclésiale, une séparation volontaire sans forcément renoncer aux dogmes. S'ils se produisent souvent pour des motifs doctrinaux, les schismes peuvent apparaître pour des raisons d'intérêt, de prestige ou même de personnes.

Le mot est employé surtout dans un contexte d'églises chrétiennes dès l'Antiquité par les Pères de l'Église. S'il contrevient à l'unité des disciples que semble exprimer Jésus-Christ dans sa Prière sacerdotale (Jn 17–22 : « Qu'ils soient un... »), le phénomène n'en apparaît pas moins dès l'apparition des premières communautés chrétiennes. Cela étant, il y a litige sur ce qu'en dit Jésus : Matthieu 10–35 : « Oui, je viens diviser l'homme et son père, la fille et sa mère, la bru et sa belle-mère. »

Dans son acception laïcisée, le mot conserve souvent une valeur péjorative et s'applique, notamment en histoire politique, aux tendances dissidentes, exprimant l'idée de dissension ou de rupture, particulièrement dans le cadre des idéologies sociopolitiques contemporaines.

Sources chrétiennes

La collection Sources chrétiennes publie des éditions critiques de textes patristiques anciens. Fondée à Lyon en décembre 1942 par les jésuites Victor Fontoynont, Jean Daniélou, Henri de Lubac et Claude Mondésert, elle compte à ce jour environ 590 volumes.

Théologie chrétienne

La théologie chrétienne veut « rendre raison de la foi chrétienne ». Elle est une tentative d'intelligence rationnelle de la foi au moyen des catégories de diverses philosophies (grecques au départ, modernes ensuite). Selon la formule de saint Anselme de Cantorbéry, on la définit comme Fides quaerens intellectum.

La théologie désigne le discours croyant sur Dieu, la Bible, la religion et l'Église, et notamment sur les doctrines chrétiennes, élaborée selon les moyens et la perspective énoncés ci-dessus. Tout discours croyant n'est pas théologique, mais peut-être de l'ordre de la confession de foi (ou témoignage), de la prédication, voire de la louange. On peut aussi parler de la théologie de telle ou telle grande figure (théologie johannique, théologie paulinienne, théologie d'Augustin ou augustinisme). On parle aussi de théologie calviniste ou de théologie luthérienne.

Les autorités religieuses organisent l'enseignement de la théologie comme discipline universitaire. Le caractère scientifique de la théologie demeure discuté. Sa parenté avec la philosophie la ferait mieux nommer une « sagesse ». Mais au Moyen Âge, on la considérait comme la reine des sciences, couronnement et sommet de tout savoir humain, selon la place que la métaphysique occupait dans le système aristotélicien. Toutefois, au regard des critères de la science, seules certaines branches peuvent être absolument considérées comme des disciplines scientifiques. Dans l'Église orthodoxe, la théologie n'est pas considérée comme une discipline spéculative et déductive mais comme la connaissance expérimentale d'un Dieu qui se manifeste à sa création. Le titre de « théologien » n'est d'ailleurs attribué qu'à trois saints seulement : saint Jean l'évangéliste, saint Grégoire de Nazianze et saint Syméon le Nouveau Théologien.

Zacharie (père de Jean le Baptiste)

Zacharie, dont le nom זְכַרְיָה en hébreu signifie « Yah s'est souvenu », (en arabe : زكريا « Zakaria »), (Ζαχαρίας en grec) est le père de Jean le Baptiste dans les traditions chrétiennes, mandéennes et musulmanes. C'est notamment un personnage de l'évangile selon Luc, de la Nativité de Marie appelée protévangile de Jacques et du Coran.

Il est le père de Jean le Baptiste et l'époux d'Élisabeth, parente ou cousine de la Vierge Marie.

Le Coran le mentionne comme prophète de l'islam et prêtre sous le nom de Zakarīyā. Dans la tradition musulmane, sa femme et mère de Yahyâ (Jean Baptiste), est appelée Ashâ. Elle est aussi parente de Maryam (la vierge Marie), mère d'Îsâ (Jésus).

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