Othon (empereur romain)

Othon — ou Marcus Salvius Otho — (latin : Imperator Marcus Otho Cæsar Augustus) (32-69) est un empereur romain qui régna de janvier à avril 69. Son frère aîné, Lucius Salvius Otho Titianus, fut consul en 52.

Othon
Empereur romain
Aureus à l'effigie d'Othon, Département des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France.

Aureus à l'effigie d'Othon, Département des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France.
Règne
D’abord usurpateur puis légitime
(~3 mois)
Période Année des quatre empereurs
Précédé par Galba
Usurpé par Vitellius
Suivi de Vitellius
Biographie
Nom de naissance Marcus Salvius Otho
Naissance - Ferentium(Italie)
Décès (36 ans) - Brescello
Père Lucius Otho (en)
Mère Terentia Albia
Fratrie Lucius Salvius Otho Titianus
Épouse Poppée (52 - 58)
Empereur romain
Imperador Oto - Louvre - 69 aC
Statue antique en marbre d'Othon, trouvée dans les marais Pontins, saisie révolutionnaire 1792, musée du Louvre.

Biographie

La vie d'Othon est connue par les biographies de Suétone[1] et de Plutarque[2], complétées par les annales de Tacite et celles de Dion Cassius.

Origine et débuts

Ses ancêtres étaient originaires du bourg de Ferentium. Né en 32 apr. J.-C. à Ferentium en Étrurie[3],[4], mort à Bedriacum le , Marcus Salvius Otho est issu d'une famille de notables de la gens Saluia : son grand-père est sénateur, son père proconsul d'Afrique sous Tibère, et est élevé au rang de patricien par l'empereur Claude[5].

Selon Suétone, Othon était un personnage assez peu recommandable et disposé à tout pour parvenir à ses fins. Il séduisit ainsi une vieille courtisane dans le seul but d'entrer en contact avec Néron dont il devient l'un des favoris et partage les frasques de jeunesse. Les auteurs soulignent sa coquetterie comme efféminée[6] et lui prêtent une complicité homosexuelle avec l'empereur[7] ou avec ses mignons[8].

Suétone prétend que mis au courant de l'intention de Néron d'assassiner Agrippine, sa mère, il lui prête une assistance concrète en organisant un repas le soir du meurtre pour donner le change[7].

Il tombe cependant en disgrâce en refusant de restituer Poppée qu'il avait épousée pour complaire à Néron, mais dont il tomba réellement amoureux[9]. En conséquence, il est envoyé comme gouverneur en Lusitanie, poste habituellement occupé par un ancien préteur alors qu'il n'est qu'ancien questeur. Selon Suétone, il y officie « avec une modération et un désintéressement exceptionnels ». Ce séjour forcé de dix ans doit l'assagir, car les auteurs anciens ne rapportent plus aucun scandale à son propos pour cette période, ni durant son bref règne[10].

Usurpation et règne

Cherchant à se venger, Othon prend le parti de Galba en avril 68 pour se débarrasser de Néron. Mais quand Galba adopte Pison en janvier 69, il voit ses rêves d'accession au pouvoir suprême s'écrouler. Criblé de dettes, il n'a d'autre solution que de se débarrasser par le meurtre de Galba et de Pison, avec l'aide de prétoriens qu'il soudoie. La conjuration est passablement improvisée, mais elle réussit : Galba est tué en plein forum le . Othon se présente aussitôt au Sénat.

Il se veut continuateur de Néron, et le venge en obligeant au suicide le préfet du prétoire Tigellin, qui avait trahi et abandonné Néron. Il poursuit la construction de la Domus aurea, avant que Vespasien, Titus et Trajan ne la réaménagent en espaces publics et la délaissent. Il continue la politique de Claude d'extension aux provinciaux du droit de cité, et l'accorde à la tribu des Lingons.

Si Othon est reconnu par les armées du Danube, d'Orient et d'Afrique, l'armée du Rhin est en état de rébellion depuis le . Son chef Vitellius se fait proclamer en Germanie inférieure. Il reçoit le soutien des légions de Belgique, d'Espagne, de Bretagne et de Rhétie, et marche sur l'Italie.

Othon quitte Rome le 14 mars pour l'affronter sans attendre le renfort de l'armée du Danube. Après deux petites victoires dans le Nord de l'Italie, il est vaincu le 14 avril à Bedriacum près de Vérone. Après trois mois de règne, Othon décide alors de se donner la mort le 16 avril avec une dignité qui surprend Suétone. Tous les auteurs classiques, Suétone, Tacite, Dion Cassius rendent hommage au courage et au désintéressement d'Othon.

Noms et titres

Noms successifs

  • 32, naît MARCVS•SALVIVS•OTHO
  • 69, accède à l'Empire : IMPERATOR•MARCVS•OTHO•CÆSAR•AVGVSTVS

Titres et magistratures

Titulature à sa mort

Lors de son suicide en 69 la titulature de Othon était :

IMPERATOR•MARCVS•OTHO•CÆSAR•AVGVSTVS, TRIBVNICIÆ•POTESTATE•I, IMPERATOR•I, CONSVL•I

Notes et références

  1. Suétone, Vie des douze Césars : « Othon ».
  2. Plutarque, Vies parallèles, XVII.
  3. Suétone, Vie des douze Césars : « Othon », 1.
  4. Aurelius Victor, Épitomé de Cæsaribus : « Othon ».
  5. François Zosso et Christian Zingg, Les Empereurs romains, édition Errance, 1995, pp. 29-31.
  6. Plutarque, Vie de Galba, 25 ; Suétone, Othon, 12.
  7. Suétone, Othon, 2, 3.
  8. Dion Cassius, LXIV, 8.
  9. Suétone, Othon, 3, 2.
  10. Régis Martin, Les douze Césars, du mythe à la réalité, p. 158.

Voir aussi

Bibliographie

  • Pierre Cosme, L'Année des quatre empereurs, Fayard, (ISBN 978-2-213-65518-5).
  • Régis Martin, Les douze Césars, du mythe à la réalité, Les Belles Lettres, (ISBN 978-2-262-02637-0).
  • François Zosso et Christian Zingg, Les Empereurs romains, Errance, (ISBN 2877722260).

Liens externes

  • Portail de la Rome antiquesection Empire romain
16 avril

Le 16 avril est le 106e jour de l'année du calendrier grégorien, le 107e en cas d'année bissextile. Il reste 259 jours avant la fin de l'année.

C'était généralement le 27e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de l'anémone.

15 avril - 16 avril - 17 avril

28 avril

Le 28 avril est le 118e jour de l’année du calendrier grégorien, le 119e en cas d’année bissextile. Il reste 247 jours avant la fin de l’année.

C’était généralement le 9e jour du mois de floréal dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de l’hyacinthe.

27 avril - 28 avril - 29 avril

Agrippina

Agrippina (HWV 6) est un opera seria en trois actes composé par Georg Friedrich Haendel, d'après un livret de Vincenzo Grimani. Composé pour la saison 1709-1710 du Carnaval de Venise, l'opéra raconte l'histoire d'Agrippine la Jeune, la mère de Néron, complotant contre l'empereur romain Claude pour mettre son fils sur le trône. Le livret de Grimani, qui compte parmi l'un des mieux mis en scène par Haendel, est décrit comme une comédie satirique antihéroïque, parsemée d'allusions à la vie politique de l'époque. En outre, plusieurs spécialistes pensent que ces allusions font écho à la rivalité qui opposa Grimani et le pape Clément XI.

Haendel composa Agrippina au terme d'un voyage qui dura trois années en Italie. La première fut donnée à Venise au Teatro San Giovanni Grisostomo le 26 décembre 1709 et l'opéra remporta un succès immédiat. À compter de cette soirée, 27 représentations eurent lieu, ce qui ne s’était jusqu'alors jamais produit ; le public ne tarit pas d'éloges. Partout l'on pouvait lire dans les critiques, très élogieuses, combien la musique de Haendel était de qualité : tout en respectant les usages musicaux de l'époque, cette même musique doit beaucoup à d'autres œuvres, voire d'autres compositeurs, desquelles elle fut partiellement adaptée. Cependant, malgré le succès évident de l'opéra, Haendel n'offrit plus d'autres représentations. Quelques fois encore on put voir Agrippina dans les années qui suivirent, mais, tout comme ses autres œuvres dramatiques, cet opéra tomba dans l'oubli quand, au XVIIIe siècle, ce type d'opéras devint démodé.

Au XXe siècle cependant, Agrippina bénéficia d'un vif regain d'intérêt ; après quelques représentations en Allemagne, Agrippina fut pour la première fois jouée en Angleterre et aux États-Unis. Dès lors, jouer Agrippina n'est plus un fait d'exception. Des mises en scène particulièrement novatrices ont par exemple vu le jour au David H. Koch Theater à New York ou encore au Coliseum Theatre à Londres en 2007. La critique actuelle considère Agrippina comme étant le premier chef-d'œuvre parmi les opéras de Haendel, notamment grâce à son éclat et sa créativité musicale.

Bataille de Bedriacum

Bataille de Bedriacum ou bataille de Bédriac ou bataille de Bedriac ou bataille de Crémone est le nom de deux batailles livrées en 69, l'année dite « Année des quatre empereurs », pour déterminer le successeur de l'empereur romain Néron. Elles ont lieu à Bedriacum (Bedriaco en italien) près de Crémone (Italie).

Homosexualité dans l'Antiquité

Le terme « homosexualité » datant de la deuxième moitié du XIXe siècle, on s'est demandé dans quelle mesure l'opposition homosexualité/hétérosexualité peut validement être utilisée pour étudier les époques antérieures, en particulier pré-modernes. Le courant essentialiste considère que ces deux catégories existent de manière implicite dans toutes les sociétés, alors que pour le courant constructionniste, il s'agit d'une construction culturelle occidentale qui ne peut s'appliquer qu'après le XIXe siècle.

Le modèle historique le plus communément accepté sur la base des travaux de Kenneth Dover (1920-2010) et de Michel Foucault (1926-1984), affirme que le concept d'homosexualité n'existe pas dans l'Antiquité : les relations sexuelles ne sont pas définies selon des critères biologiques (identité ou différence sexuelle des partenaires) mais selon des critères sociaux, à savoir l'adéquation entre l'usage d'autrui pour le plaisir charnel et sa place dans la structure sociale. Cette théorie, comme son corollaire, reste contestée par des universitaires.

Othon

Othon, qu'on écrit aussi Otton, est un nom propre, utilisé principalement comme prénom masculin, d'origine germanique basé sur le thème od-, patrimoine, prospérité, félicité. Il a pour variantes Odon et Otto.

Il est également utilisé comme patronyme et toponyme.

Poppée

Poppée (Poppaea Sabina) (v. 30 - 65) est la deuxième épouse de l’empereur romain Néron.

À l'exception de Flavius Josèphe, les historiens de l’Antiquité lui trouvent peu de qualités en dehors de sa beauté et soulignent ses intrigues pour devenir impératrice.

Quinze siècles plus tard, Claudio Monteverdi l’a représentée sous une lumière plus favorable dans son dernier opéra, L'incoronazione di Poppea, soulignant son amour pour Néron.

Principat
(27 av. J.-C. – 235)
Crise du troisième siècle
(235-284)
Dominat
(284-395)
Empire d'Occident
(395-476)
Empire d'Orient
(395-1204)
Empire d'Orient divisé
(1204-1261)
Empire d'Orient restauré
(1261-1453)
Précédé par En fonction Suivi par
Galba (68 - 69)
Othon (jan.-avr. 69)
Vitellius (avr.-déc. 69)

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