Mishné Torah

Le Mishné Torah, (en hébreu : מִשְׁנֶה תּוֹרָה : « Répétition de la Torah ») ou Yad haHazaka (« La Main forte ») est un code de la loi juive composé par l'une des plus importantes autorités rabbiniques du judaïsme, Moïse Maïmonide, le « Rambam ». Cet ouvrage magistral est compilé entre 1170 et 1180. Il est considéré comme son grand-œuvre. Le Mishné Torah consiste en 14 livres, divisés en sections, chapitres et paragraphes. C'est le seul ouvrage jusqu'à ce jour traitant de tous les détails de l'observance du judaïsme, y compris des lois ne pouvant s'appliquer qu'à l'époque du Temple. Il reprend pour chaque loi la somme des enseignements talmudiques, en tâchant d'en retirer la substance halakhique, c'est-à-dire la règle à en tirer. Considéré comme un monument de la halakha, il est maintes fois commenté et critiqué, d'aucuns reprochant au Rambam de fixer la halakha selon son opinion personnelle au mépris des autres. C'est sur cet ouvrage en particulier que se base l'autre référence en matière de halakha, le Choulhan Aroukh de Rabbi Yossef Karo.

Rambam mishne-torah
Mishné Torah

Dénominations de l'œuvre

  • Mishné Torah (משנה תורה « Répétition de la Torah ») fait allusion à un verset du Deutéronome :
וְהָיָה כְשִׁבְתּוֹ, עַל כִּסֵּא מַמְלַכְתּוֹ--וְכָתַב לוֹ אֶת-מִשְׁנֵה הַתּוֹרָה הַזֹּאת, עַל-סֵפֶר, מִלִּפְנֵי, הַכֹּהֲנִים הַלְוִיִּם

« Quand il (celui qui aura été désigné roi d'Israël) s’assiéra sur le trône de son royaume, il écrira pour lui, dans un livre, une copie de cette loi, qu'il prendra auprès des sacrificateurs, les Lévites »

— Deutéronome 17:18

mishné torah désigne aussi le Deutéronome lui-même.
  • Yad haHazaka (יד החזקה « La Main Puissante ») est l'autre titre par lequel on désigne souvent l'œuvre. Il fait référence au nombre de ses livres, 14 se transcrivant en valeurs alphanumériques hébraïques Yad (י"ד). "Yad" signifiant "Main", la "Main Puissante" fait alors référence à un verset de l'Exode :
כִּי בְּיָד חֲזָקָה, הוֹצִאֲךָ יְהוָה מִמִּצְרָיִם

« car c'est d'une Main Puissante que Dieu t'a fait sortir d'Égypte »

— Exode 13:9

Ainsi qu'au dernier verset du Deutéronome :
וּלְכֹל הַיָּד הַחֲזָקָה, וּלְכֹל הַמּוֹרָא הַגָּדוֹל, אֲשֶׁר עָשָׂה מֹשֶׁה, לְעֵינֵי כָּל-יִשְׂרָאֵל

« Et pour tous les prodiges de terreur que Moïse accomplit d'une main puissante aux yeux de tout Israël »

  • Des sources plus tardives s'y réfèrent sous le nom de Maim, Maïmonide ou Rambam, bien que Maïmonide ait composé d'autres travaux.

Préface au Mishneh Torah

Elle est composée de quatre parties :

  • Introduction générale : la transmission de la Torah, depuis qu'elle fut donnée jusqu'à l'époque de Maïmonide
  • Exposition des 613 commandements qui furent dites à Moïse sur le Sinaï, leurs règles, leurs modalités, leurs exceptions. Maïmonide les a subdivisées en :
    • Prescriptions positives (מצוות עשה) : comput des 248 prescriptions à réaliser (le Rama"h)
    • Prescriptions négatives (מצוות לא תעשה) : comput des prescriptions de ce qu'il ne faut pas réaliser (ex : mentir, tuer, voler)
  • Division des livres : table des matières, et explication du choix.

But du livre, d'après Maïmonide

« En ces temps... la sagesse de nos Sages est perdue, et notre compréhension est enfouie. Les commentaires, responsa et règles compilées par les Gueonim sont devenus trop difficiles pour notre époque, et peu les comprennent comme il faudrait… C'est pourquoi moi, Moshe, fils du rav Maïmon l'Espagnol… je me suis efforcé de réunir toutes les paroles dispersées dans ces compilations, en matière d'interdit et de permis, de pur et d'impur avec les autres jugements de la Torah, de les rédiger dans une langue claire et un style concis, afin que toute la Loi Orale se trouve réunie dans sa plénitude, sans difficulté, et sans subdivision, et sans 'un tel dit ceci, un autre dit cela' ; mais au contraire des phrases simples, proches, justes, selon le jugement qui explique tout ce qui se trouve dans ses compilations et commentaires existant depuis l'époque de notre saint Rabbi jusqu'aujourd'hui… jusqu'à ce que tous les jugements soient connus, pour le petit et pour le grand, pour chaque prescription, et pour tous les arrêts rendus par les Sages et les prophètes : le but de cet ouvrage, est qu'il n'y ait pas besoin d'autre source, mais que cette œuvre rassemble toute la Loi Orale, avec tous les nuances, les coutumes et les arrêts rendus depuis Moïse notre Maître jusqu'à la compilation du Talmud… C'est pourquoi j'ai appelé ce code Mishneh Torah, car si l'on commence à lire la Torah écrite, et qu'on lit ceci ensuite, on saura toute la Loi orale, et il n'y aura pas besoin d'autre livre entre eux ».

Langage et style

L'œuvre est écrite dans un hébreu mishnaïque pur, et dans le style de la Mishna. Maïmonide était réticent à utiliser l'araméen, car connue de quelques initiés seulement, ou ayant la motivation de l'étudier (Préface au "Mishneh Torah"). Ses œuvres précédentes avaient été écrites en arabe.

Les différentes versions du Mishne Torah

Au fil du temps, de nombreuses erreurs se sont glissées dans la fixation des lois, ainsi que dans les schémas et images. Principalement, les erreurs proviennent des éditeurs, des différents scribes qui ont juge bon de "corriger" certains points, mais également de la censure chrétienne. Tenant compte du fait que Maimonide lui-même a revu son texte à plusieurs reprises, il va de soi que les textes que nous avons aujourd'hui ne sont pas rigoureusement authentiques. Afin de rétablir un texte le plus fidèle qui soit à l'original, il nous faut croiser différentes sources, qui ont été épargnées par les différentes érosions parvenus au cours du temps, tels que les manuscrits de Maïmonide.

Éditions exactes

Au cours du XXe siècle, quatre éditions précises ont vu le jour :

  • L’édition de Shabattai Frankel – Cette édition a été réalisée selon les premières éditions de même que les premiers manuscrits, et inclut les commentateurs classiques. Tous les volumes ont été publiés, à l’exception du Volume « ahava », littéralement, « de l'amour ».
  • L’édition de Yossef Kappah’ – Celle-ci intègre les manuscrits yéménites, ainsi que certains rajouts effectués par différents commentateurs au cours des siècles.
  • L’édition « yad Pshouta », littéralement « main simple » du Rav Eliezer Rabbinowitz – Principalement basée sur un certain nombre de manuscrits (varient, en fonction de leurs précisions, d’un volume à l’autre). Inclus également les commentaires originaux du Mishne Torah. Jusqu’à présent, la moitié des volumes ont été publiés.
  • L’édition « Précis de Mishne Torah » du Rav Itshak Shalit – N’inclut aucun commentaire. Confronte les différentes versions. Jusqu'à présent, 4 volumes ont été publiés, et environ deux nouveaux sont publiés chaque année.

Une édition incluant les éditions fondées sur les manuscrits exacts, sans commentaires additionnels, en un seul volume (1000 pages). Éditée par Torah , édition de la yeshiva « Or Vishoua ». Cette édition est réalisée à partir de l’édition du Rav Kappah’, et inclut es modifications importantes par rapport aux éditions classiques.

Les livres

  1. Maddah (Connaissance) : principes fondamentaux du Judaïsme, hygiène de vie, étude de la Torah, prohibition de l'idolâtrie, considération sur le repentir et le monde à venir.
  2. Ahavah (Amour) : préceptes à observer en tout temps, si l'amour dû à Dieu est à rappeler continuellement (prière, téfilline).
  3. Zmanim (Temps, Périodes): lois limitées à certaines périodes, comme le Shabbat et les commémorations dans le judaïsme.
  4. Nashim (Femmes) : lois sur le mariage, le divorce, le lévirat et la conduite appropriée entre les sexes.
  5. Kedoushah (Sainteté): relations sexuelles prohibées, aliments interdits, méthode de l'abattage rituel
  6. Hafla'ah (Séparation) : lois sur les vœux
  7. Zeraïm (Semences) : lois sur l'agriculture
  8. Avodah (Culte) : Lois de Temple de Jérusalem
  9. Korbanot (Offrandes) : lois sur les offrandes dans le Temple, excepté celles de toute la communauté
  10. Tohorah (Purification) : Lois de pureté rituelle
  11. Nezikin (Préjudices) : code pénal et civil
  12. Kinyan (Acquisition): lois de l'acquisition, du commerce
  13. Mishpatim (Lois): code civil
  14. Shoftim (Juges): lois en rapport avec les législateurs, le Sanhédrin, le roi, et les juges.

Bref exposé

Sefer haMadda (Livre de la Connaissance)

Il comporte cinq traités.
Maïmonide explique qu'il n'aurait pu composer un ouvrage clair sur les préceptes à suivre dans la vie quotidienne sans exposer au préalable les principes fondamentaux du Judaïsme, c'est-à-dire les commandements à la "racine" de la religion mosaïque. Parmi ces principes se trouvent des matières à consonance fortement philosophique : l'existence de Dieu, Son Unité, Son incorporalité, la providence, le libre-arbitre, la prophétie, les treize articles de foi, etc. Ces principes ne pouvant que s'harmoniser, le premier livre du Mishneh Torah est un exposé théologico-philosophique soulignant l'harmonie entre la Loi et la philosophie.

Premier traité : Yessodei haTorah (Principes fondamentaux de la Torah)

Il contient selon les termes de Maïmonide lui-même, tous les préceptes constituant l'essence authentique de la foi juive, ses sine qua non.

Second traité : De'ot

De'ot signifie littéralement "connaissances", ou "opinions", mais Maïmonide l'emploie dans le sens plus particulier de "prédispositions morales". Chaque article est un modèle de comportement sain, tant moral que physique. Le quatrième chapitre, en particulier, comportant de nombreux éléments de théorie médicale, ressemble au Régime de Santé, opuscule rédigé par Maïmonide à l'attention de son patron, le sultan Al-Malik Al-Afdhal. Il s'agit de recommandations de diététique, d'hygiène, non seulement corporelle mais de vie. En résumé, Maïmonide recommande d'adopter la voie du juste milieu, en toutes circonstances et pour toute disposition, à l'exception d'une : l'humilité, qui ne saurait jamais être excessive.

Troisième traité : Hilkhot Talmud Torah (Règles concernant l'étude de la Torah)

Il aborde la façon d'étudier proprement dite, mais aussi la façon de l'enseigner et les marques de respect à fournir envers les maîtres, et les savants en général.

Quatrième traité : Avoda Zara ve'Houkat haGoyim (Idolâtrie et coutumes païennes)

Ce traité commente à lui seul 51 des 613 prescriptions de la Torah. L'idolâtrie y est évidemment prohibée, mais aussi la pratique de la magie (indépendamment de la question de croire ou non à son efficacité), de la sorcellerie, de la divination, de la mutilation en rapport avec les superstitions, l'embaumement des morts et le tatouage.

Cinquième traité : Hilkhot Teshouva (Règles du Repentir)

Il expose l'obligation du repentir et de l'aveu des fautes, de la rétribution des actes, récompense ou punition, mais aussi de la destinée, de l'âme, sa nature, analogue à l'intelligence qui appréhende et comprend le Créateur (Hilkhot Teshouva 8:6), son immortalité, et surtout, sa destinée dans le monde à venir : celui-ci est spirituel, seules les âmes l'habitent, libérées des besoins matériels, et de la matérialité même. Il n'y a ni besoin corporel, ni émotion, sinon la jouissance que procure le rayonnement de la Shekhina (Présence Divine). Cette idée semble faire impasse sur un principe fondamental du Judaïsme, que Maïmonide proclame lui-même dans ses 13 articles : la résurrection des morts. Cette apparente inconsistance valut à Maïmonide les plus dures critiques, et la méfiance perpétuelle de l'exilarque Salomon ben Eliya. Elle l'obligea à rédiger l'Épître sur la Résurrection des Morts (Iggeret T'hiyat haMetim) pour répondre aux critiques : il concilie les deux thèses en expliquant que le Messie ressuscitera bien les morts, mais que ceux-ci mourront peu après pour entrer dans le monde à venir. Selon Maurice Ruben-Hayoun, certains lui contestent la paternité de cette épitre, et pensent qu'elle fut rédigée par ses disciples.

Sefer Ahava (Livre de l'amour)

Il comporte six traités. Maïmonide explique qu'il entend inclure dans ce traité les commandements perpétuels qui ont été institués afin de favoriser et d'exprimer l'amour du divin par Israël. Parmi ces commandements sont inclus la récitation du Shema Israël, les prières, les bénédictions et la circoncision censée marquer dans la chair le souvenir de l'alliance.

Premier traité : Qiryat Chéma (Récitation du Chéma Israël)

Traité compilant les lois et les détails de la récitation quotidienne du Chéma Israël.

Deuxième traité : Téfilla ouvirkhat kohanim (Prière et bénédiction des prêtres)

Traitant du culte synagogal en général avec entre autres, les prières, labénédiction sacerdotale ou encore, des lois sur le comportement du fidèle au sein d'une synagogue.

Troisième traité: Téfillin oumézouza véséfèr tora (Téfiline, Mézouza et rouleau de Torah)

Lois sur les objets associés au culte juif.

Cinquième traité: Bérakhot (Bénédictions)

Des bénédictions dans le judaïsme.

Sixième traité: Mila (Circoncision)

Séfer zémanim (Livre du temps)

Il comporte dix traités qui compilent les lois des commandement relatifs à des temps particuliers, comme le Sabbat ou les fêtes religieuses.

Premier traité: Chabbat (Sabbat)

Deuxième traité: Erouvin (Erouv)

Troisième traité: Chévitat assor (Yom Kippour)

Quatrième traité: Chévitat yom tov (fêtes juives)

Cinquième traité: Hamétz oumatza (Pâque juive)

Sixième traité: Chofar véssoukka véloulav (Rosh Hashana, Souccot)

Septième traité: Chéqalim (dîme au Temple de Jérusalem)

Huitième traité: Qidduch haHoddech (Sanctification du mois)

Neuvième traité: Ta'aniyot (Afflictions)

Dixième traité: Mégilla va'Hanoukka (Pourim et Hanoucca)

Séfer nashim (Livre des femmes)

Premier traité: Ishut (Mariage)

Deuxième traité: Guérouchin (Divorce)

Troisième traité: Yibboum vaHalitza (Lévirat)

Quatrième traité: Na'ara bétoula (jeune fille vierge) traite du viol et de la séduction de la jeune fille non mariée.

Cinquième traité: Sota (perverse), traite du cas d'une femme accusée d'adultère par son époux.

Séfer qéduoucha (Livre de la sainteté)

Premier traité: Issouré bi'a (Interdits sexuels)

Deuxième traité: Ma'akhalot assourot (Nourritures interdites)

Troisième traité: ShéHita (occision), traite du rite juif de l'abattage.

Séfer hafla'a (Livre de l'engagement)

Premier traité: Chévou'ot (serments)

Deuxième traité: Nédarim (vœux)

Troisième traité: Nézirout (Nazir)

Quatrième traité: Arakhin vaHaramim (donations et offrandes)

Séfer zéra'im (Livre des semences)

Traite des lois agricoles, dont l'année sabbatique et l'année du jubilé et de l’aumône.

Séfer avoda (Livre du culte)

Traite des lois particulières au Temple de Jérusalem.

Séfer haqqorbanot (Livre des sacrifices)

Traite du culte sacrificiel au Temple de Jérusalem.

Séfer tahara (Livre de la pureté)

Traite des lois de pureté rituelle dans le judaïsme. À noter qu'en dehors de la niddah, ces lois ne sont pas de mise après la destruction du Temple de Jérusalem.

Séfer nézaqim (Livre des dommages)

Premier traité: Nizqé mammon (dommages matériels), atteinte à la propriété.

Deuxième traité: Guénéva (Vol)

Troisième traité: Guézéla va'Avéda (Vol violent et objets trouvés)

Quatrième traité: Hovél oumazziq. Droit civil et criminel, traite des blessures et des mutilations et de leur compensation.

Cinquième traité: RotséaH oushémirat néfesh (Homicide et préservation de la vie)

Séfer shofétim (Livre des magistrats)

Les sources de Maïmonide

Maïmonide cherchant la concision du style afin d'y gagner en clarté, il s'abstient de détailler ses sources, comme il l'avait fait dans son Commentaire sur la Mishna, se contentant de les nommer dans sa préface, en indiquant qu'il se référait aux Sages du Tanakh, des deux Talmuds, et de la littérature midrashique. Il préfère, en certaines occasions, les règles stipulées dans la littérature midrashique aux règles trouvées dans le Talmud, ce qui était une opinion assez originale pour l'époque. Il inclut aussi les Responsa (teshouvot) des Gueonim, qu'il introduit par la phrase "Les Gueonim ont décidé" ou "Il y a une régulation venant des Gueonim", tandis que les opinions d'Isaac Alfasi et Joseph ibn Migash (son maître « immédiat », en dehors de son père, Maïmon, bien que ce fût en réalité ce dernier qui reçut l'enseignement d'Ibn Migash) sont précédées par les mots "Mes maîtres ont décidé".

Maïmonide n'hésite pas non plus à se référer à des autorités rabbiniques espagnoles, palestiniennes, plus rarement françaises (il ne connaissait pas Rachi), sans les nommer ni indiquer à quel maître il se réfère pour quel enseignement.
Il se base aussi sur des sources non-juives, et une grande part de son travail sur le calendrier se basait sur des théories et intuitions grecques. Ces règles étant en effet établies sur des preuves solides selon lui, il estimait qu'il y avait peu de différences entre un auteur Juif ou Gentil.
C'est dans un esprit similaire qu'il adopta des principes issus de la philosophie aristotélicienne dans le premier livre de son Code, bien qu'aucune autorité pouvant cautionner ces enseignements ne se trouve dans le Talmud ou le Midrash.

Un nombre de lois, enfin, semble n'avoir de sources dans aucune des œuvres sus-mentionnées; on pense généralement que Maïmonide les a déduit à partir d'interprétations bibliques qui lui étaient propres.

Omissions

Maïmonide ne se défit pas de son indépendance de jugement, même lorsque ses points de vue étaient en conflit avec d'autres autorités. Il lui semblait impossible qu'un homme puisse renoncer à ses propres raisons, ou de rejeter des vérités reconnues du fait de quelques assertions contradictoires dans le Talmud ou le Midrash. Il érigea donc parfois sa propre autorité en règle et se basa sur ses connaissances médicales sans pouvoir s'appuyer sur des sources plus anciennes.

De même, il ne mentionna pas beaucoup de règles contenues dans la Mishna et le Talmud, comme les préceptes qui lui semblaient tenir de la croyance populaire, de la démonologie ou de l'angéologie. Dans un même esprit, il passa outre sur beaucoup de choses interdites dans le Talmud, car décrites nocives pour la santé. Les raisons exactes de ces omissions ont fait l'objet de beaucoup de spéculations.

Controverses liées à l'œuvre

Critique et critiques

Le Mishneh Torah fut l'objet de fortes résistances dès sa parution. On lui reprochait, entre autres, l'absence de sources, et sa prétention (apparente) à se substituer au Talmud. D'autres critiques étaient moins fondées, voire moins rationnelles.

Le plus grand opposant, et le plus acerbe, dont les commentaires figurent dans pratiquement toutes les éditions du Mishneh Torah, fut le Raavad III (le Rav Abraham ben David de Posquières), contemporain de Maïmonide. Toutefois, le Raavad reconnaissait lui-même l'importance et la magnificence de ce travail (note sur Kilayim 6:2), et n'hésitait pas à en louer l'auteur. Néanmoins, cette opinion n'était que celle du Maître Moïse, non celle de Moïse le Maître : d'autres opinions étaient envisageables, et il fallait que les étudiants le sachent.

voir Abraham ben David

Beaucoup de critiques portaient sur les méthodes employées, trop novatrices à leur goût, et gâchant ses mérites. On lui reprocha :

  • l'usage de l'hébreu mishnaïque, plutôt que l'idiome araméen du Talmud,
  • de se départir de la classification dudit Talmud et d'en proposer une nouvelle qui était de sa composition (on notera à ce propos que les lois exposées dans le Deutéronome ne respectent pas non plus la classification établie dans les quatre livres précédents),
  • de donner préséance dans ses décisions à la Tossefta et au Talmud de Jérusalem sur le Talmud de Babylone.
  • de ne pas citer ses sources, ce qui rendait impossible la vérification de son opinion, et obligeait à les suivre absolument.

Un autre critique à mentionner est Yona de Gérone, cousin et prédécesseur de Nahmanide à la tête de la communauté de Gérone. Il fut d'abord l'un des plus « bruyants » opposants au Mishneh Torah, et en fit brûler en 1240. Cependant, lorsque le Talmud fut brûlé à Paris en 1244, il le vit comme une punition divine de ses actes, et un signe qu'il s'était trompé. Il rédigea alors de nombreux traités sur le repentir (dont le classique Shaarei Teshuva, "Les Portes du Repentir"), et entreprit un pèlerinage sur la tombe de Maïmonide à Tibériade afin de lui demander pardon en présence de dix témoins. Il mourut cependant sur la route avant de concrétiser son projet.

La réponse de Maïmonide

Maïmonide répondit à ses critiques (du moins, ceux qu'il jugeait dignes d'attention) : le Mishneh Torah n'avait pas été composé pour sa gloire propre, mais pour pallier la difficulté qu'offraient les commentaires des Gueonim, et le danger résultant que les étudiants ne s'égarent en les étudiant pour trouver la décision adéquate. Il répondait donc à un besoin, ou plutôt un manque (Lettre au Rav Jonathan de Lunel, qu'il remercie pour certaines corrections; Responsa de Maïmonide, 49).

On est en droit de se demander ce que Maïmonide aurait fait s'il avait connu les commentaires de Rachi et des Tossafistes

Il insista n'avoir jamais eu l'intention d'abolir l'étude du Talmud, ni celle des "Hilkhot" du Ri"f, puisque lui-même se penchait sur la Guemara avec ses élèves, et sur le Ri"f s'ils le demandaient (Responsa, No. 140).

L'omission de ses sources n'était due qu'à son désir de concision (Si je pouvais résumer le Talmud en un livre, je ne le ferais pas en deux), bien qu'il regrettât n'avoir pas rédigé un ouvrage supplémentaire pour citer les autorités dans le cas de ces halakhot dont les sources n'étaient pas évidentes à déduire du contexte. Il corrigerait cette erreur, si les circonstances le permettaient, bien que ce travail ne serait pas moins gigantesque (Responsa, No. 140).
Ce travail serait réalisé, bien plus tard, par Yossef Karo, qui dans son Kessef Mishné s'attache à trouver les sources des décisions de Maïmonide, et à résoudre les divergences entre le Raavad et lui.

Kessef Mishneh

Le Kessef Mishneh est un commentaire sur le travail du Mishné Torah. Le Kessef Mishne a été écrit par le rabbin et cabaliste sépharade Joseph Karo, auteur du Choulhan Aroukh, dans la ville de Nikopol, en Bulgarie, et publié à Venise, en Italie, entre les années 1574 et 1575. Dans l'introduction de son ouvrage, L'auteur écrit que son but était de citer la source de chaque loi qui figure dans le Mishneh Torah et de défendre le travail du Rambam contre les arguments de Ravad, le Rabbin Abraham ben David. Il est écrit en hébreu simple, semblable à celui de la Mishna[1],[2],[3].

Influence

sur les décisionnaires

L'œuvre de Maïmonide, nonobstant les attaques dont elle fut l'objet, gagna rapidement la reconnaissance en tant qu'autorité de première importance dans les décisions rituelles : selon certains décisionnaires (Yad Mal'akhi" règle 26, page 186), une décision ne peut être rendue en opposition avec l'avis de Maïmonide, quand bien même celui-ci aurait apparemment tranché contre le sens d'un passage talmudique, car dans ce cas, il faut présumer que les mots du Talmud ont été mal interprétés !
De même (ibid, rule 27): « Il faut suivre Maïmonide, même lorsqu'il s'oppose à ses maîtres, car il connaissait sûrement leur point de vue, et s'il a décidé contre eux, c'est qu'il a désapprouvé leur interprétation ».

Même lorsque des autorités ultérieures comme le Rosh décidèrent contre lui, ses décisions prirent force de loi chez les Juifs d'Orient, encore que les Juifs d'Occident, les Ashkenazim en particulier, s'en tiennent plutôt au Rosh dans ces cas.

Néanmoins, l'espoir de Maïmonide, que dans les temps à venir, son ouvrage et lui seul serait accepté, n'a été qu'à moitié exaucé : bien que fort populaire, les travaux antérieurs (et postérieurs) n'ont jamais cessé d'être étudiées. Il est vrai que Maïmonide avait une vision assez sombre de l'avenir du judaïsme, surtout en Orient, lorsqu'il composa son Mishneh Torah, et qu'il n'imaginait pas que l'étude puisse un jour reprendre.

Ironiquement, alors que Maïmonide n'avait pas signalé ses sources dans un souci de concision (ou peut-être parce qu'il n'envisageait pas qu'on étudierait le Talmud avant le Mishneh), le résultat fut qu'au contraire, de nombreux commentaires furent écrits afin de combler ces omissions, et en réalité, le Mishneh Torah est de nos jours quelquefois utilisé en tant qu'index pour retrouver certain passage talmudique. De plus, dans les cas où ses sources ou l'interprétation qu'il en fait sont sujettes à débat, ce manque de clarté a quelquefois conduit à de longues analyses et discussions—l'inverse du résultat recherché.

sur les codificateurs et les commentateurs

Le Mishneh Torah a en effet fait lui-même l'objet de nombreux commentaires : outre le Raavad et le Kessef Mishné de Maran Yossef Karo déjà cités, on compte Mishné la-Melekh, Lekhem Mishné, Radvaz, Hagahot Maïmoni (qui détaille les coutumes ashkénazes). La plupart des commentaires visent à répondre aux critiques du Raavad et à retrouver les sources de Maïmonide dans le texte du Talmud, du Midrash et des Gueonim.

Les codes ultérieurs, comme l'Arbaa Tourim du Rav Jacob ben Asher et le Shoulhan Aroukh du Maran Yossef Karo, s'inspirent hautement de l'œuvre de Maïmonide, à tel point que des sections entières ne sont parfois « que » des commentaires de certains verbatim.

de nos jours

L'étude en profondeur du Mishneh Torah connut un regain dans le judaïsme lituanien de la fin du XIXe siècle. Parmi les éminentes autorités à avoir réalisé un commentaire récent, on note le Or Samea'h (Lumière Joyeuse) du Rav Meïr Simha de Dvinsk, les Hiddoushei Rabbi Haïm (novellae du Rav Haïm) du Rav Haïm Soloveitchik, le Even ha-Ezel (pierre de base) du Rav Isser Zalman Meltzer et, plus récemment, le Avi Ezri (Mon père est mon aide) du Rav Elazar Menachem Shach et le Hadran al ha-Rambam (Retour sur le Rambam) du Rav Menachem Mendel Schneerson.

Le Mishneh Torah est souvent l'une des premières sources post-talmudiques consultées lors de l'investigation d'une question de loi juive. De même, beaucoup de discours d'érudition (par exemple, la drasha du rabbin lors du Shabbat précédant Pessa'h ou Yom Kippour) tourne souvent autour d'une difficulté entre deux passages de l'œuvre de Maïmonide.

De nos jours, de nombreux Juifs orthodoxes, particulièrement les Habad, participent à l'un des cycles d'étude annuels du Mishneh Torah (1 ou 3 chapitres par jour).

Notes

  1. (en) « Kessef Mishneh on Mishneh Torah », Sefaria,
  2. (he) « Sefer Kessef Mishneh », Wikisource,‎
  3. (es) « Mishné Torá: Yad Hazaká » [PDF], Librería Judaica,

À lire

  • Pr F. Rosner, "La médecine tirée du Mishne Torah de Maïmonide" (Trad. D. & Dr A. Beresniak), édité par BibliEurope et Britt International, 1992 (ISBN 2-9506285-3-2)

Liens externes

  • Portail de la culture juive et du judaïsme
Choulhan Aroukh

Le Choulhan Aroukh (hébreu : שולחן ערוך « table dressée ») est un code de Loi juive compilé par Joseph Caro au XVIe siècle. Condensé de son grand-œuvre, le Beit Yossef, et conçu par conséquent sur le modèle de l’Arbaa Tourim, il édicte les lois attenant aux quatre principaux domaines de la vie juive (vie quotidienne, vie « religieuse », vie conjugale et droit civil) en suivant principalement les opinions d’Isaac Alfassi, Moïse Maïmonide et Asher ben Yehiel. Il est complété peu après sa parution par la Mappa (hébreu : מפה « nappe ») de Moïse Isserlès qui amende nombre de ses articles et indique les usages en cours dans les communautés ashkénazes.

Cet ouvrage marque la fin de l'ère des Rishonim et de leurs efforts pour extraire de manière plus ou moins définitive les règles et lois dispersées dans le Talmud. Il devient dès lors la nouvelle référence en matière de Loi juive et, par conséquent, l’un des livres fondamentaux du judaïsme jusqu’à nos jours.

Eschatologie juive

L'eschatologie juive est un rameau de la pensée juive s'intéressant à la destinée finale du peuple juif, et du monde en général. Selon la plupart des croyances relatives à ce sujet, la fin des jours (hébreu אחרית הימים a'harit hayamim) se caractérise par la venue du Messie, se déroule en plusieurs étapes, et s'achève sur le triomphe de Dieu et celui de son peuple, les enfants d'Israël.La destinée des individus, censés ressusciter à la venue du Messie, y est également évoquée, mais à titre secondaire, malgré les nombreuses interrogations que le fait suscite.

Cette vision eschatologique sous-tend tout entière le sens de l'histoire d'Israël, et de l'humanité, dans la Bible. Elle trouve sa plus grande expression chez les prophètes, qui prédisent le jour de YHWH : en ce jour redoutable, YHWH visitera la terre pour juger les individus. Cependant, à la venue du Messie, un règne glorieux commence pour ne plus s'achever.

Halakha

La Halakha (hébreu : הלכה « Voie », Halokhe selon la prononciation ashkénaze, plur. halakhot) regroupe l’ensemble des prescriptions, coutumes et traditions collectivement dénommées « Loi juive ».

Essentiellement fondée sur la Bible hébraïque et, dans le judaïsme rabbinique, sur le Talmud, la Halakha guide la vie rituelle ou les croyances de ceux qui la suivent et les nombreux aspects de leur vie quotidienne. Basée sur les acquis des générations précédentes et les discussions et débats portant sur les problèmes de la génération présente, elle connaît de nombreuses variantes entre les diverses communautés et factions juives, du fait de leur dispersion dans le temps et l’espace.

Elle est, jusqu’à l’ère moderne, le pilier et ciment de nombreuses communautés juives, qui sont régies par ses règles civiles et religieuses. Avec l’avènement de la Haskala et de l’émancipation des Juifs, ceux-ci se retrouvent citoyens de pays pratiquant la « séparation de l'Église et de l'État », et elle devient pour beaucoup « facultative ». De nouveaux courants émergent qui s’écartent du modèle traditionnel, renommé orthodoxe, pour proposer des alternatives plus souples et moins fidèles aux sources, tandis que les courants demeurés observants campent sur les lois en vigueur jusque-là voire ne tolèrent plus le moindre changement ou nouveauté. L’État moderne d'Israël, en sa qualité d'« État juif », se fonde partiellement sur la Halakha orthodoxe pour quelques domaines de statuts familiaux et personnels, notamment les lois sur le mariage et le divorce.

Histoire des Juifs en Zambie

L'histoire des Juifs en Zambie se caractérise par la présence d'une faible communauté depuis le XIXe siècle, jouant un rôle notable dans l'histoire du pays.

Kippa

Kippa (kɪˈpɑ, hébreu : כִּפָּה ou כִּיפָּה ; pluriel : kippot, כִּפוֹת ou כִּיפּוֹת) est le terme hébraïque désignant la calotte portée traditionnellement par les Juifs pratiquants. Elle est également appelée yarmoulke (aˈjɑrməlkə ou ˈjɑːməkə, du yiddish : יאַרמולקע) aux États-Unis, et parfois kapele (yiddish : קאפעלע) .

Littérature rabbinique

La littérature rabbinique comprend tout ce qui fut écrit par les rabbins du Moyen Âge à nos jours. Les Juifs distinguent traditionnellement la Sifrout 'Hazal (« littérature de nos Sages, de mémoire bénie »), couvrant la période d'élaboration de la Mishna à la clôture du Talmud, des écrits rabbiniques ultérieurs, la littérature rabbinique proprement dite. La définition académique du terme n'inclut à l'inverse que le Talmud, le Midrash et œuvres satellites, et exclut les œuvres de composition plus tardive.

Maariv (office)

L'office religieux de ʿArviṯ (hébreu : תפילת-מעריב Tefillaṯ-Maʿariv ou ערבית ʿArviṯ) est la prière du soir que chaque juif doit faire.

L'on prie ʿArviṯ à partir du crépuscule jusqu'à, à priori, la moitié de la nuit. Lors des jours fériés, on commence ʿarviṯ au coucher du soleil et à la fin du jour ferié à la sortie des premières étoiles.

Cet office est composé de plusieurs parties:

Lecture de verset des psaumes voire de psaumes entiers dans certaines communautés ainsi qu'au jours de Hol hamoëd

Shema Israël précédé et suivi de deux bénédictions (Hamaariv aravim et Ahavat olam avant, et Emet véémouna et hachkivénou après).

La Amidah ou Chemoné Essre

Lecture du Psaume 121 (pas dans toutes les communautés)

alenou lechabeah.

Portail de la culture juive et du judaïsme

Matriarches (Bible)

Les quatre Matriarches (hébreu אמהות Imahot « mères ») mentionnées dans le Livre de la Genèse sont les épouses des Patriarches bibliques. Ces femmes sont considérées par les traditions abrahamiques comme les ancêtres des enfants d'Israël.

Il s'agit de:

Sarah, l'épouse d'Abraham

Rebecca, l'épouse d'Isaac

Rachel et Léa, les épouses de Jacob.Elles sont, selon la Bible, enterrées dans le Caveau de Makhpela à Hébron, à l'exception de Rachel, qui l'est dans son propre tombeau.Les servantes de Rachel et Léa, Bilhah et Zilpa, bien que mentionnées dans le texte comme mères biologiques de plusieurs des enfants de Jacob, ne sont pas comptabilisées, leurs enfants ayant été conçus au nom de leurs maîtresses.

Portail de la culture juive et du judaïsme Portail de la Bible

Min'ha

L'office religieux de Min'ha (hébreu : תפילת מינחה) est l'ensemble des prières de l'après-midi que chaque juifs doit faire, qu'il soit grand ou petit, vieux ou jeune. Elle fait partie des trois prières obligatoires pour un juif pratiquant.

Cet office est composé de plusieurs parties :

un psaume ;

deux extraits de la torah de quatre et huit versets ;

un traité de la michna ;

une explication provenant du Keritoute sur la façon avec laquelle on préparait l'encens au temple ;

Achré

la 'Amida ;

les supplications (Tah'anounims - en hébreu = תחנונים) ;

un deuxième psaume ;

le passage qui conclut toutes les prières que l'on nomme alenou lechabeah (en hébreu עלינו לשבח ).

Portail de la culture juive et du judaïsme

Mohel

Le mohel (מוהל en hébreu, mohalim au pluriel) est la fonction de celui qui exécute la Brit milah selon la tradition juive, c'est-à-dire la circoncision rituelle d'un enfant mâle au huitième jour après sa naissance ou lors d'une conversion.

Moussaf

Moussaf (hébreu מוסף, rajout) est une prière juive récitée aux jours de joie fixés par la Torah tels que Pessa'h, Shavouot, Souccot ou Rosh HaChanna. Elle fut instaurée à l'instar du sacrifice en plus du sacrifice journalier que l'on sacrifiait au Temple à Jérusalem en ces jours. Cette prière peut être récitée à n'importe quel moment du jour (faire la différence entre jour et journée), bien que les juifs aient l'habitude de la réciter tout de suite après Sha'harit.

Cet office est essentiellement composé de la Amidah, non comme les autres, dans laquelle on rappelle le Temple, les sacrifices et autres rituels d'antan, ainsi que l'impossibilité de les réaliser aujourd'hui étant donné l'absence du Temple.

Portail de la culture juive et du judaïsme

Mouvement du Moussar

Le Mouvement du Moussar est un mouvement pour l'éducation éthique visant à promouvoir et développer les enseignements et les pratiques adoptées par Israël de Salant (1810-1883).

Moïse Maïmonide

Moshe ben Maïmon, plus couramment connu en français sous le nom de Moïse Maïmonide (hébreu : הרב משה בן מימון HaRav Moshé ben Maïmon ; arabe : أبو عمران موسى بن ميمون بن عبد الله القرطبي اليهودي Abou Imrane Moussa ibn Maïmoun ibn Abdallah al-Kourtoubi al-Yahoudi « Moïse fils de Maïmoun ibn Abdallah le cordouan juif » ; grec ancien : Μωυσής Μαϊμονίδης Moyses Maïmonides) et référé dans la littérature juive par son acronyme HaRambam (הרמב"ם « le Ramba"m »), est un rabbin séfarade du XIIe siècle né à Cordoue le 30 mars 1138 et mort à Fostat, le 13 décembre 1204, considéré comme l’une des plus éminentes autorités rabbiniques du Moyen Âge.

Talmudiste, commentateur de la Mishna, jurisconsulte et décisionnaire, il est l’auteur du Mishné Torah, l’un des plus importants codes de loi juive. Philosophe, métaphysicien et théologien, il entreprend comme son contemporain Averroès une synthèse entre la révélation et la vérité scientifique, laquelle est représentée de son temps par le système d’Aristote dans la version arabe d’Al-Fârâbî. Médecin de cour et astronome, il publie aussi des traités dans ces domaines qui accroissent son prestige parmi ses contemporains juifs et non juifs. Dirigeant de la communauté juive d’Égypte, il s’emploie à juguler l’influence du karaïsme et répond aux questions et requêtes de centres aussi éloignés que l’Irak et le Yémen. Il est cependant accueilli avec plus de circonspection voire d’hostilité en France et en Espagne, où ses écrits et son rationalisme sont sujets à controverse des siècles durant.

Il sera pour les uns un « second Moïse », ainsi que l’indique son épitaphe, et pour les autres un « hérétique excommunié ». Il est également l’une des rares autorités juives à avoir influencé les mondes arabo-musulman et chrétien, notamment Thomas d'Aquin, qui le surnomme « l’Aigle de la Synagogue ».

Point de vue du judaïsme sur Jésus de Nazareth

Le point de vue du judaïsme sur Jésus de Nazareth repose sur un double postulat : d'une part la judéité de Jésus de Nazareth, d'autre part l'opposition fondamentale entre le judaïsme et le christianisme. L'un des principes de foi du judaïsme est en effet l'affirmation d'un Dieu unique, sans aucun intermédiaire ni associé (shoutaf). La croyance en Jésus en tant que divinité, partie de divinité ou fils de Dieu est donc incompatible avec le judaïsme, de même que sa messianité ou sa prophétie.

Les juifs ayant partagé une ou plusieurs de ces croyances, dont les judéo-chrétiens de l'Église primitive, furent exclus par les Sages avec les minéens. Pour cette raison, des questions telles que l'existence historique de Jésus et les autres sujets concernant sa vie sont considérés comme hors de propos dans le judaïsme.

Période des Rishonim

La période des Rishonim (hébreu : תקופת הראשונים Teqoufat HaRishonim) est la huitième dans le développement de la Torah orale, sur laquelle se base l'historiographie juive traditionnelle.

Elle s'étend sur environ quatre siècles, au cours desquels se développe une intense activité littéraire, à la base de la majeure partie de la littérature rabbinique.

Shtiebel

Un shtiebel (pluriel : shtiblekh) en yiddish, qui veut dire « petite pièce » est une petite synagogue (ou un local) utilisée par les hassidim pour la prière et l'étude.

Tossafistes

Les tossafistes (en hébreu בעלי התוספות, baaléi tossafot, auteurs des Tossafot) sont des rabbins médiévaux du XIe au XIVe siècle. Localisés pour la plupart dans le centre historique du judaïsme ashkénaze, en France et en Allemagne, ils sont majoritairement anonymes.

Ils ont réalisé des tossafot, gloses et commentaires de plus de 30 traités du Talmud qui doublent le commentaire de Rachi. Certains tossafot, qui sont imprimés dans les éditions courantes du Talmud, sont appelés tossefot chelanou. Dans les éditions classiques du Talmud, ils sont imprimés en miroir du commentaire de Rachi.

Les premiers tossafistes sont les disciples immédiats de Rachi, parmi lesquels ses gendres et son petits-fils ainé, Samuel ben Meïr. Les suivants sont leurs disciples et descendants :

Jacob ben Samson, (début du XIIe siècle). Disciple de Rachi.

Rashbam (Samuel ben Meir; 1080-1171). Petit-fils aîné de Rachi, il lui servit de secrétaire, et composa le commentaire sur le Traité Bava Batra du Talmud de Babylone. Son commentaire de la Bible et du Talmud sont tout aussi réputés que ses Tossafot. Cependant, ils n'égalent pas la popularité des commentaires de son grand-père.

Rabbénou Tam (Yaacov ben Meïr, surnommé Tam -simple, parfait- comme Jacob dans la Bible). Né vers 1100, décédé en 1171, on dit de lui que, lorsque son grand-père Rachi mourut, Rabbenou Tam, âgé de quatre ans, dit à sa mère : ne t'inquiète pas de la lumière tombée, je la reprendrai ! Ce Tossafiste français fut l'un des plus importants de son temps, et on lui doit la matière principale des Tossafot du Talmud de Babylone, ainsi qu'une somme de "Responsa", réunies dans le Sefer Hayachar (le livre du Juste).

Abraham le Prosélyte (XIIe siècle). Originaire de Hongrie, il se convertit au judaïsme, et étudia auprès de Rabbenou Tam.

Bekhor Schor (Joseph ben Isaac). Exégète du Talmud, disciple de Rabbenbou Tam, poète et tossafiste, il vécut dans le Nord de la France notamment à Orléans.

Isaac ben Samuel de Dampierre dit le Ri (décédé en 1185). Tossafiste, neveu et disciple de Rabbénou Tam. Il fut l'un des grandes figures en Halakha du Judaïsme du Nord de la France et de l'Allemagne. Il enseigna dans la yeshiva de cette ville.

Elhanan ben Isaac de Dampierre (décédé en 1184). Tossafiste français fils du Ri, il subit le martyre dans des circonstances mal connues.

Isaac ben Abraham de Dampierre le Jeune. Successeur du Ri et frère de Samson ben Abraham de Sens, il dirigea la yeshiva de Dampierre jusqu'au début du XIIIe siècle. Il entretint une correspondance avec Meir ben Todros Abulafia de Tolède et son enterrement fut décrit par Rabbi Perez de Corbeil.

Yaakov ben Asher (environ 1270-1340). Autorité décisionnaire, fils et disciple du Rav Asher ben Yehiel (le Rosh). Il est l'auteur du code de loi Arbaa Tourim (les Quatre Colonnes).

Moïse ben Jacob de Coucy (XIIIe siècle). Tossafiste et prédicateur, il ramena, par milliers, les Juifs d'Espagne au repentir et prit part à la disputation de Paris sur le Talmud contre Nicolas Donin, en 1240. Son œuvre maîtresse, le Sefer Mitsvot Gadol (SEMAG), fut écrit en réaction à la crémation du Talmud, afin d'en préserver l'enseignement légal. Ce code de la loi orale fut l'un des plus prisés avant le Mishné Torah de Maïmonide

Yehiel ben Joseph de Paris (décédé en 1265). Talmudiste et tossafiste français, il fut l'un des principaux protagonistes de la Disputation de Paris en 1240. Il s'exila à Saint-Jean-d'Acre où il fonda une yeshiva.

Eshtori haFarhi (Isaac ben Moïse), né en 1280 dans le Midi et mort vers 1355, voyagea en Terre d'Israël. Élève de Jacob ben Machir ibn Tibbon, il fut géographe et médecin. Il écrivit dans son Sefer Kaftor wa-Ferah ("Livre du bouton et de la fleur") :Je rappellerais aussi la date de la ruine du petit temple, la ruine des collège et synagogue de France et de la marche provençale survenue en mon temps.

Téfiline

Les téfilines (judéo-araméen : תפילין, tefillin, singulier hébreu : tefilla), appelés phylactères (grec ancien : φυλακτήριον phylacterion, « amulettes ») dans les sources chrétiennes, sont des objets de culte propres au judaïsme rabbinique. Constitués de deux petits boîtiers cubiques contenant quatre passages bibliques et attachés au bras et à la tête par des lanières de cuir, ils sont portés lors de la lecture du shema et de la prière matinale des jours profanes par les hommes ayant atteint leur majorité religieuse.

Zougot

Au sens général dans la culture judaïque, un zoug (au pluriel zougot, de l'hébreu זּוּגוֹת « paires ») désigne un couple ou une paire d'objets ou d'individus de nature similaire.

L'historiographie judaïque utilise ce terme en référence aux cinq binômes de Sages d'Israël les plus importants de leur époque, associés dans la direction de la Grande Assemblée, puis du Sanhédrin.

Général
Vie juive
Principes de foi
Textes
Dirigeants
Culte
Figures du culte
Courants
Culture
Histoire du
peuple juif
Articles liés

Dans d’autres langues

This page is based on a Wikipedia article written by authors (here).
Text is available under the CC BY-SA 3.0 license; additional terms may apply.
Images, videos and audio are available under their respective licenses.