Livres de Samuel

Les livres de Samuel forment une partie de la Bible. Ils racontent les événements survenus pendant une période de l'histoire de l'Israël antique allant de la naissance du prophète Samuel jusqu'à peu avant la mort du roi David, ce que la tradition situe au Xe siècle av. J.-C.

En réalité, sur bases des faits évoqués, les deux livres de Samuel furent rédigés par plusieurs auteurs ou rédacteurs anonymes entre approximativement 1030 avant notre ère et le VIe siècle avant notre ère, couvrant donc les règnes de plusieurs générations de souverains.

À l'origine, il n'existe qu'un seul livre de Samuel, mais la traduction grecque de la Septante le divise en deux (Premier et Deuxième livre de Samuel) et le rattache au livre des Rois qui est également divisé en deux. Ces quatre livres deviennent un ensemble intitulé Règnes qui se retrouve encore dans les Bibles du christianisme orthodoxe. Ils retrouvent leur indépendance dans la version de la Vulgate, mais le livre de Samuel reste divisé en deux. Dans la tradition juive, les livres de Samuel appartiennent au groupe des Prophètes et viennent alors après le livre des Juges. Dans la tradition chrétienne, ils sont compris dans les livres historiques de l'Ancien Testament et suivent le livre de Ruth[n 1].

Jusqu'au XVIIIe siècle, la réalité des faits racontés n'est pas contestée : Samuel aurait raconté les évènements survenus à partir de sa naissance ; puis, à sa mort, les prophètes Gad et Nathan auraient achevé ce récit historique. Mais à partir du XVIIIe siècle, la recherche biblique interroge peu à peu les évidences théologiques jusqu'à ce que l'on aboutisse à une remise en cause complète de l'auteur, de la date d'écriture et de l'historicité du récit. Selon la théorie la plus couramment adoptée, il s'agit d'une compilation de plusieurs récits anciens repris par un ou des rédacteurs appelés « deutéronomistes ». Elle servirait à montrer que pour être agréée par Dieu, la monarchie doit suivre les lois édictées par celui-ci et inscrites dans le Deutéronome.

Comme ils posent la question du rapport entre le pouvoir de Dieu et celui du roi, les livres de Samuel ont été l'objet de nombreux travaux exégétiques — d'autant que dans ces livres apparaît le roi David qui, dans la théologie chrétienne, est un ancêtre de Jésus Christ. Ils ont été aussi l'objet d'adaptations musicales et théâtrales, surtout sous forme de mystères.

Samuel
L'onction de David par Samuel, enluminure du psautier de Bedford, XVe siècle.

L'onction de David par Samuel, enluminure du psautier de Bedford, XVe siècle.

Titre dans le Tanakh Sefer Sh'muel
Auteur traditionnel Samuel (jusqu'au chapitre 25 du Premier livre) puis Gad et Nathan[1]
Auteur(s) selon l'exégèse École deutéronomiste principalement
Datation traditionnelle XIe siècle av. J.-C.[2]
Datation historique VIe-Ve siècle av. J.-C.
Plus ancien manuscrit Qumrân 1
Nombre de chapitres 55
Classification
Tanakh Nevi'im
Précédent Juges I Rois Suivant
Canon chrétien Livres historiques
Précédent Ruth I Rois Suivant

Titre

En hébreu, les livres de Samuel sont appelés Shemouel (שמואל). À l'origine, les deux livres n'en forment qu'un. C'est lors de la traduction de la Septante que ce livre est rattaché au livre des Rois sous le titre générique de Règnes. Cet ensemble est divisé en quatre parties qui correspondent donc à Samuel 1 (Règnes 1), Samuel 2 (Règnes 2), Premier livre des Rois (Règnes 3) et Second livre des Rois (Règnes 4)[3]. Par la suite, dans le texte de la Vulgate, le livre de Samuel et le livre des Rois sont de nouveau séparés et reprennent leur titre original. Cependant, la division en deux livres persiste à cause de la longueur des rouleaux[4]. En effet, comme le grec requiert davantage de place pour traduire un texte hébreu, la disposition sur deux rouleaux facilite la manutention du texte[5]. Dans les Bibles juives, le livre de Samuel n'est pas divisé avant le XVe siècle sous l'influence des Bibles chrétiennes ; un siècle plus tard est imprimée la première Bible juive comportant deux livres de Samuel[6]. L'Église orthodoxe, cependant, garde toujours comme texte de référence la version de la Septante et le regroupement en quatre livres Règnes continue à être utilisé[7].

Texte

Lucian of Antioch (Menologion of Basil II)
Lucien d'Antioche dans le Ménologe de Basile II daté du Xe ou XIe siècle (bibliothèque Vaticane).

Le texte du livre de Samuel est connu dans deux versions principales, celle de la Septante, traduction grecque de la Bible datée du IIIe siècle av. J.-C., et celle du texte massorétique écrite en hébreu au Xe siècle, qui présentent des différences notables. La découverte des manuscrits de la mer Morte a montré que ces deux versions étaient les héritières de deux traditions différentes et que la Septante n'était pas une traduction fautive du texte hébreu. Au contraire, le texte massorétique est difficile et comprend des erreurs qui ont été souvent corrigées grâce au texte de la Septante. Ainsi, en 1842, est édité l'ouvrage Die Blücher Samuelis, d'Otto Thenius, qui propose un texte inspiré du massorétique, mais qui l'adapte à chaque difficulté en utilisant la Septante. Il est le premier d'une longue lignée qui se poursuit jusqu'à la découverte des manuscrits de la mer Morte. En effet, plusieurs de ces manuscrits, qui datent du IIe siècle av. J.-C., présentent un texte proche de celui de la Septante, bien qu'ils soient incomplets[8],[9]. Dès lors, des chercheurs comme Frank Moore Cross supposent que le texte biblique n'était pas aussi fixe qu'il est maintenant, mais que des traditions différentes s'étaient imposées dans différentes parties de l'Empire romain[9]. Après avoir été très critiqué, le texte massorétique retrouve des défenseurs qui cherchent à résoudre les difficultés du texte en partant de la linguistique[10].

La version même de la Septante n'est pas univoque et il en existe plusieurs éditions antiques. Ainsi, à la version kaigé[n 2] s'oppose la version attribuée à Lucien d'Antioche, écrite aux alentours de l'an 300. Cette dernière prolonge le livre de Samuel en y ajoutant le premier et le deuxième chapitre (jusqu'au verset 11) du livre des Rois qui décrit la mort du roi David[11]. Il semble que cette version, écrite pour une lecture publique lors du culte, reprenne une tradition bien plus ancienne, proche de celle trouvée dans les manuscrits de la mer Morte[12].

Récit

Andalusische Schule 001 Samuel Saul David
Samuel entre Saül et David. École andalouse, vers 1500-1520.

Bien que le Premier livre couvre à peu près la durée de la vie de Samuel, il s'intéresse également à l'histoire de Saül, et plus encore à celle de David ; leurs trois parcours s'entrecroisent à travers l'ensemble du Premier livre, qui montre la mise en place d'un système monarchique. Le Deuxième livre, en revanche, ne retient plus que l'histoire de David et évoque les gloires comme les vicissitudes de son règne. Grâce à l'usage d'un art narratif remarquable qui se retrouve à travers de nombreux genres littéraires différents, la complexité de figures comme celles de Saül et de David reflète la richesse des traditions bibliques sur ces deux grands rois fondateurs[13].

Premier livre de Samuel

Après avoir présenté Samuel, le dernier « juge » d'Israël, dans les chapitres 1 à 7, le texte s'intéresse à Saül et aux relations qu'il entretient avec Samuel, au cours des chapitres 8 à 15. C'est à ce moment du récit qu'est décrit le choix de Saül comme roi, malgré le désaveu de cette fonction par Yahvé, qui y voit un rejet de sa majesté divine au profit d'une royauté humaine. Les derniers chapitres montrent le déclin de Saül opposé à l'essor de David, et la mort héroïque du roi dont le récit achève le livre.

Deuxième livre de Samuel

Ce livre est consacré à David, qui est proclamé roi de Juda alors qu'au nord règne Abner, commandant des armées de Saül au nom d'Ishboshet, fils de Saül. Lorsque Ishboshet meurt, David devient roi de la totalité du pays, fait de Jérusalem sa capitale, vainc les Philistins et soumet la Transjordanie et la Syrie (chapitres 5 à 8). Les chapitres 9 à 20 font état des luttes que doit mener David, en particulier contre son fils Absalom ; sa succession par Salomon, l'un de ses autres fils, est annoncée. Les quatre derniers chapitres relatent divers épisodes de la vie du roi.

Plan

Place dans les canons

Dans la Bible juive, le livre de Samuel appartient au groupe des « Prophètes antérieurs » (Neviim Rishonim [נביאים ראשונים]), qui comprend aussi le livre de Josué, le livre des Juges et le livre des Rois[14]. Dans la tradition chrétienne, les livres de Samuel appartiennent aux livres historiques (qui intercalent le livre de Ruth entre les Juges et Samuel) et sont suivis des livres des Rois[15].

Une partie de la critique biblique[n 3] suppose que le livre de Samuel faisait, à l'origine, partie d'un vaste ensemble dénommé Ennéateuque, qui aurait compris les cinq livres du Pentateuque et les quatre livres des Prophètes antérieurs. Cependant, même si des indices montrent que des liens existent entre les neuf premiers livres de la Bible (récit unique partant de la création du monde à la prise de Jérusalem et quelques éléments qui se répondent d'un livre à l'autre), cette hypothèse tient difficilement. En effet, il n'a jamais été retrouvé de recueils de rouleaux comprenant tout cet ensemble, et trop de différences stylistiques existent pour laisser supposer une écriture unique[16].

Structure

Le livre de Samuel est organisé autour d'une opposition forte entre deux parties disproportionnées. La première, qui va du début du Premier livre jusqu'au chapitre 15, présente Samuel, Saül et le début de la monarchie ; la seconde s'intéresse à David, de ses débuts à la cour de Saül jusqu'aux évènements marquants de la fin de son règne, et se développe du chapitre 16 jusqu'à la fin du second livre (chapitre 24)[17]. Le Premier livre s'arrête à la mort de Saül et le Deuxième est consacré uniquement à David[6].

David Toshio Tsumura fait remarquer que des poèmes servent à structurer le récit. En effet à la chanson de Hannah, mère de Samuel, en 1S 2 répond celle de David ainsi que ses dernières paroles en 2S 22 et 2S 23 et entre les deux parties (règne de Saül dans le livre 1 et règne de David au livre 2) s'insère l'élégie de David pour Saül et Jonathan, qui par ailleurs répond aussi à la chanson de Hannah puisque dans les deux cas se retrouvent une narration suivie d'un poème[18].

À l'intérieur de ces grands ensembles, de plus petits regroupements sont visibles comme celui du récit de l'arche (qui pourrait être très ancien et même précéder les récits davidiques[19]), ou encore celui de l'ascension de David (de 1S 16 à 2S 8[17]). Nihan et Nocquet distinguent ainsi cinq « grands ensembles narratifs » qui ont subi un ou plusieurs travaux d'édition pour devenir un tout cohérent[20]. Le récit se structure alors comme suit :

  • L'histoire de Samuel puis celle de Saül issue de traditions sur Samuel et Saül[n 4] dont les sources sont multiples, mais pour lesquelles il est certain que la représentation de Samuel comme seul prophète accrédité de Yahvé et comme dernier juge-sauveur est « clairement une création deutéronomiste, qui n'a aucune base traditionnelle[21]. » Cette partie plus particulièrement présente les débuts de Samuel, la fin du culte à Silo, le choix des Hébreux pour un roi qui s'avère être Saül et enfin le rejet de Saül par Yahvé. À l'intérieur de cet ensemble s'insère celui du « récit de l'arche » capturée par les Philistins puis retournée en Israël pour être transférée à Jérusalem[n 5]. Cette histoire a été divisée et sa fin est reportée en 2S 6[22].
  • Après cette partie arrive le « récit de l'ascension de David »[n 6] qui légitime le roi et sa dynastie, et fut très certainement composé à la cour de Jérusalem à partir de traditions plus anciennes, au plus tôt à la fin du VIIIe siècle av. J.-C. et probablement sous le règne de Josias[23].
    Dans cette partie David fait son apparition, tue le géant philistin Goliath et vit à la cour de Saül 1S 16 à 1S 18.
    Pris en haine par Saül, David est obligé de fuir 1S 19 à 1S 26.
    David forme une troupe de guerriers poursuivie par l'armée de Saül. David et ses hommes se réfugient chez les Philistins avant que ceux-ci s'arment contre les Hébreux. Saül meurt lors du combat 1S 27 à 1S 31.
    David devient roi d'Israël et de Juda 2S 1 à 2S 8.
  • Enfin le « récit de la succession »[n 7], à la narration si réaliste que certains auteurs y voient les traces d'une narration très précoce par un témoin direct, quand d'autres y discernent une volonté de propagande politique destinée à légitimer la royauté salomonienne après la mort de David. Mais il est plus généralement admis que, là aussi, une rédaction antérieure au VIIIe siècle av. J.-C. est peu probable[24]. David établi sur le trône mène plusieurs combats contre des royaumes proches, contre son fils Absalom, contre un rebelle, Shéba.
    David mène plusieurs guerres, tombe amoureux de Bethsabée, fait tuer son mari Urie. Bethsabée donne naissance à Salomon 2S 9 à 2S 12.
    Le fils de David, Amnon, viole une de ses demi-sœurs et plus tard est tué par Absalom 2S 13 à 2S 14. Absalom se révolte contre David 2S 15 à 2S 19 puis Shéba entraîne Israël contre David qui ne peut s'appuyer que sur Juda 2S 20.
  • L'appendice aux livres de Samuel[n 8], composé à partir de différentes traditions[21].

L'existence de récits quasiment autonomes a été proposée par Leonhard Rost dès 1926. Lorsque le chercheur Martin Noth présente sa théorie d'un récit deutéronomiste, il reprend cette idée ancienne en suggérant que le rédacteur deutéronomiste se soit emparé de cet ensemble de récits, et les ait alors reliés. Cependant, même si la théorie de Noth s'impose majoritairement dans la recherche biblique, d'autres auteurs postulent que la compilation de récits aurait eu lieu bien avant, dans un cercle prophétique entre le IXe et VIIIe siècles av. J.-C.[n 9]. Le rédacteur deutéronomiste aurait alors repris ce texte pour l'adapter selon son opinion anti-monarchiste[25]. La rédaction deutéronomiste aurait été reprise plusieurs fois et à un premier ensemble de récits assemblés de 1S 1 à 2S 8, deux autres parties auraient été ajoutées (2S 9 à 2S 20 puis 2S 21 à 2S 24)[26].

Auteur et datation

Point de vue traditionnel et théorie documentaire classique

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Passage du Deuxième livre de Samuel, Bible hébraïque du codex d'Alep (Xe siècle).

La tradition juive, comme le montre le traité du Talmud Baba Batra[11], attribue au prophète Samuel la rédaction du livre qui porte son nom. C'est le prophète Gad qui aurait raconté les évènements se déroulant après la mort de Samuel[27]. Une autre tradition ancienne fait de Jérémie l'auteur de ces deux livres car il est considéré comme celui du Livre des Rois[11]. L’exégèse a depuis rejeté ces traditions et proposé d'autres auteurs, bien que jusqu'à présent aucune théorie n'ait réussi à convaincre la totalité des chercheurs.

À la fin du XVIIIe siècle, Johann Gottfried Eichhorn suppose que le livre de Samuel provient d'une source ancienne racontant la vie de David. Celui-ci aurait régné au Xe siècle av. J.-C.[28]. Puis au XIXe siècle Charles-Henri Graf, appartenant à l'école de la théorie documentaire, tend à démontrer l'existence de deux sources distinctes aux fonctions différentes. La première aurait été plus attachée aux évènements historiques et la seconde serait d'inspiration plus théologique. Sur ce modèle, plusieurs chercheurs proposent des théories pour distinguer les strates successives du livre : s'inspirant des éléments de recherche concernant le Pentateuque, ils retrouvent des textes élohistes, jahvistesetc.[29]

Théories actuelles

À l'heure actuelle, bien que certains continuent à défendre des thèses de cet ordre, la théorie dominante, celle de l'histoire deutéronomiste, propose une écriture par un groupe de scribes d'un récit historique partant du Deutéronome pour s'achever au livre des Rois et comprenant les Livres de Samuel. Ce récit aurait été construit à partir de plusieurs histoires : histoire de la succession, histoire de l'arche, histoire de l'accession au trône de David[30]. Cependant certains exégètes, comme Konrad Schmidt, rejettent cette hypothèse. Selon cet auteur, il aurait existé avant l'Exil un récit couvrant la période de Moïse et de Josué. Pendant l'Exil, un récit retraçant la vie des rois d'Israël et de Juda aurait été écrit. Lors de la création du Pentateuque, ce texte historique aurait intégré le livre de Josué et l'ensemble aurait été divisé en plusieurs livres : Josué, Samuel et Rois[31].

Même si la théorie de l'histoire deutéronomiste est retenue, la datation de l'œuvre est encore une question ouverte. Plusieurs écoles s'affrontent sur la résolution de ce problème. Les chercheurs américains, suivant la solution trouvée par Frank Moore Cross, supposent généralement que le livre a été composé à l'époque du roi Josias, au VIIe siècle av. J.-C.. En revanche, d'autres exégètes, s'appuyant sur le ton anti-monarchiste du livre, affirment que le livre a été écrit après la chute de Jérusalem, donc à partir de -586[32].

Une question encore ouverte aujourd'hui est celle de savoir si l’œuvre a été écrite en une fois, ou si elle a été remaniée par plusieurs rédactions successives. Certains auteurs[n 10] en reviennent à l'auteur deutéronomiste unique de Noth, tandis que d'autres[n 11] distinguent plusieurs rédactions deutéronomistes successives. Des tensions dans les livres de Samuel, et un langage tardif pour certains passages, font en effet penser qu'une partie de l’œuvre a été écrite après le retour d'exil, tandis qu'une autre partie, plus favorable à la royauté, date vraisemblablement du début de l'exil[33].

Réalité historique

Les livres de Samuel présentent la constitution d'un royaume d'Israël sous l'égide de Saül dans un premier temps, puis sous l'autorité de David, qui est considéré comme le fondateur de la dynastie des rois de Juda. Or, la majorité de la communauté scientifique rejette l'idée d'un royaume hébreu puissant à l'époque de David[34]. En effet, les recherches archéologiques montrent selon l'interprétation la plus répandue, et reprise par Christophe Nihan et Dany Nocquet[35], que le royaume de Juda apparaît tardivement, à la fin du VIIIe siècle av. J.-C., lorsque le royaume de Samarie disparaît. À l'époque de David, il existe seulement des clans dominant des territoires et effectuant des razzias sur ceux avoisinants. Dans cette optique, l'histoire de Samuel, de Saül et de David est donc considérée comme une légende. Le nom de David est toutefois attesté sur la stèle de Tel Dan datée du IXe ou VIIIe siècle av. J.-C.[35] et peut-être aussi sur la stèle de Mesha datée du IXe siècle av. J.-C. si l'interprétation du chercheur français André Lemaire est correcte[36].

Cette reconstruction a posteriori par les rédacteurs des livres de Samuel, d'un royaume puissant au XIe siècle av. J.-C. ne signifie pas qu'aucun royaume hébreu ne soit apparu à cette époque. En effet, à l'époque de l'âge de fer se créent les royaumes d'Ammon, de Moab, etc., et il est donc possible qu'un royaume hébreu dépendant des Philistins ait vu le jour[37].

Thèmes et théologie

Finalité du texte

Le livre de Samuel s'inscrit dans une série de textes qui va de la Genèse aux livres des Chroniques et qui servent de récit historique aux Hébreux. Cependant, cet aspect important et évident n'est pas le seul qui structure le récit car le livre de Samuel est tout autant un livre théologique qu'un livre historique. Les enseignements théologiques peuvent être résumés en quatre points : tout d'abord, Dieu dirige les affaires des hommes ; de plus, il est attaché à son peuple et veut son bonheur même lorsqu'il le punit à cause de sa conduite. Par ailleurs, Dieu élit des êtres d'exception comme David pour qu'ils montrent la voie à leur peuple. Enfin, Dieu se manifeste par des paroles et des actes qui sauvent les Hébreux lorsqu'ils sont menacés par les tribus voisines[38].

Idéologie

Aspects religieux

L'être humain apparaît dans ce livre comme soumis à la volonté divine. La prière d'Hanna présente dès le début du livre insiste sur cet aspect : Dieu dirige le monde entier et lui seul décide des fortunes humaines. Même si cela n'apparaît pas clairement aux hommes, Yahvé organise le monde pour le bien des élus[18]. Dès lors, une obéissance inconditionnelle est demandée[39].

Le livre de Samuel, même s'il est une compilation de récits, est marqué par l'idéologie attribuée à l'école deutéronomiste. En effet, bien qu'il présente la création de la monarchie, le texte en constitue dans le même temps une critique. La perte de confiance du peuple envers le système des juges, après l'épisode de la corruption des fils de Samuel telle qu'elle est dépeinte au chapitre 8, amène les Hébreux à demander à Samuel un roi. Or, même si l'instauration de la monarchie était prévue[40] et reçoit l'aval de Yahvé, elle est quand même montrée comme un rejet de l'autorité divine. La seule condition acceptable pour l'instauration de la royauté est une obéissance sans faille du roi et de ses sujets aux ordres divins. C'est en cela que réside l'opposition essentielle entre Saül et David : le premier se rebelle contre Yahvé alors que le second s'y soumet totalement[32]. L'idéal reste cependant le personnage de Samuel qui est le réel représentant de Yahvé ; il est tout autant prophète que chef politique ou militaire. De même, le rédacteur deutéronomiste juge que les Hébreux, lorsqu'ils reviendront de l'exil pour retrouver Jérusalem, devront s'unir autour de l'obéissance à Dieu et plus concrètement à sa loi écrite dans le Deutéronome et non autour d'un roi. Le roi est un mal nécessaire désiré par le peuple mais il est légitime à la seule condition qu'il se soumette totalement à Dieu et qu'il reconnaisse la prédominance des prophètes (comme le fait David)[35].

Aspects politiques

Groslay Saint-Martin110530
Le roi Josias, vitrail de l'église Saint-Martin de Groslay daté de 1572. Une partie du texte de Samuel a pu être composée sous son règne (VIIe siècle av. J.-C.) afin de soutenir la légitimité de la dynastie davidique à laquelle il appartient.

Sur le plan politique, le livre de Samuel présente aussi une volonté d'unir Juda et Israël et plus particulièrement le territoire de Benjamin d'où est issu Saül. Alors que le royaume de Samarie a disparu, Juda se présente comme héritier du royaume davidique qui comprenait toutes les tribus des Hébreux. Le territoire de Benjamin est le plus proche de celui de Juda et l'insistance dans le texte pour faire de David le successeur légitime de Saül s'explique par les prétentions territoriales de Juda sur son voisin à l'époque de la rédaction deutéronomiste. D'ailleurs ces deux territoires sont réunis lorsqu'ils sont dominés par l'empire néo-babylonien[35]. Ces prétentions territoriales sont aussi le signe des tensions qui existent entre les deux royaumes. Le livre de Samuel montre aussi ces tensions à l'œuvre car selon les passages, le terme « Israël » inclut ou exclut la région de Juda ; et dans le Deuxième livre, Absalom se révolte en appelant les régions du Nord à se dresser contre son père David qui règne sur le sud[41]. D'emblée, les livres de Samuel se construisent donc autour de l'opposition entre deux types différents de royauté : celle du roi Saül, qui est benjaminite, et celle de David le Judéen[42].

Intertextualité

La figure du roi est donc ambiguë. Incarnée par David qui a été choisi par Yahvé et auquel a été promise une descendance perpétuellement royale, elle ne peut être rejetée totalement ; mais la catastrophe de l'exil expliqué comme un continuel reniement de Yahvé par les rois montre que la monarchie ne peut être une forme valable de gouvernement. Cette ambivalence née de la confrontation entre les légendes anciennes favorables à David et la réalité de l'exil va perdurer dans les années suivantes puis, lorsque l'espoir d'une restauration davidique disparaît, se transformer en une espérance messianique. La personne du Christ telle qu'elle est présentée dans les Évangiles, descendant de David et incarnant la loi divine, permet la résolution de cette tension[43].

Ancien Testament

Le psaume 18 qui célèbre une victoire est entièrement copié du chapitre 22 du Deuxième livre, mais d'autres livres bibliques font aussi référence au livre de Samuel. Ainsi, le livre d'Isaïe qui défend une alliance sacerdotale entre Yahvé et ses prêtres s'oppose au livre de Samuel qui défend une alliance davidique entre Yahvé et la famille de David, assurée d'être à jamais choisie pour régner sur les Hébreux[44].

Le Premier livre des Chroniques évoque explicitement le livre de Samuel en évoquant l'histoire de David :

« Les actions du roi David, les premières et les dernières, sont écrites dans le livre de Samuel le voyant, dans le livre de Nathan, le prophète, et dans le livre de Gad, le prophète (…)[45] »

Nouveau Testament

Dans le Nouveau Testament le livre de Samuel est peu cité, bien que Jésus soit présenté comme « fils de David[46] ». Il est fait référence au début du chapitre 21, qui raconte l'épisode de David chez les prêtres de Nob, dans le chapitre 2 de l'évangile selon Marc et des deux autres évangiles synoptiques. Les Actes des Apôtres et l'épître aux Hébreux évoquent le livre de Samuel et plus précisément l'oracle de Nathan, et présentent Samuel comme le premier des prophètes. Enfin, lors du récit de la naissance du Christ, le chapitre 5 du livre 2 de Samuel est cité[47].

Postérité

Commentaires et exégèse

Comme David est présenté comme annonciateur du Christ, le livre de Samuel a suscité l'intérêt des pères de l'Église comme Jean Chrysostome ou Origène et des commentateurs postérieurs comme Théodoret de Cyr ou Bède le Vénérable. En effet, David dans ce livre présente plusieurs particularités qui sont reprises plus tard par les Évangiles : il libère son peuple de la menace philistine là où Jésus libère l'humanité de Satan et de la mort ; il est roi et prophète comme le Christ[48].

La figure de David est utilisée plusieurs fois dans les siècles suivants afin de comparer le suzerain du moment à celui-ci. Ainsi l'empereur Théodose est-il pris à partie en 390 par Ambroise de Milan qui, dans une lettre, le compare à David ayant fait tuer Urie le Hittite[n 12] alors qu'Ambroise se met, lui, à la place du prophète Nathan[49]. Plus tard, Charlemagne est présenté comme le nouveau David[47], mais cette fois, l'accent est mis sur la double nature de la royauté de Charlemagne qui — comme celle de David — possède une dimension religieuse[49].

D'autres éléments du texte ont été utilisés comme outils de référence. Ainsi, Origène établit une liste d'événements liés aux prophètes de l'Ancien Testament, et notamment de Samuel, afin d'en montrer l'aspect préfiguratif du Messie[50]. Plus anecdotique, dans la deuxième moitié du XVIe siècle commence un débat sur la danse et sur sa possible interdiction. Les défenseurs de cette pratique citent le chapitre 6 du deuxième livre de Samuel dans lequel le roi David danse. Différentes lectures (théologique, morale, exégétique et politique) de ce passage entraînent de nouvelles questions sur cet art et le sujet reste discuté jusqu'au XVIIe siècle[51].

Dans les arts

Théâtre et littérature

Saul and David by Rembrandt Mauritshuis 621
Rembrandt, Saül et David, XVIIe siècle. Musée Mauritshuis, La Haye.

Les livres de Samuel, comme d'autres livres de l'Ancien Testament, ont été une source d'inspiration importante pour les auteurs de mystères en France. Deux ensembles de mystères comportent des pièces dans lesquelles on retrouve des épisodes et des personnages des livres de Samuel. Le premier est celui des Mystères de la procession de Lille qui étaient joués chaque année lors de la procession de Lille au XVe siècle. Sur les 72 pièces du recueil, 12 reprennent des épisodes relatés dans les livres de Samuel. Ce sont, dans l'ordre des épisodes relatés dans la Bible : La prise de l'arche par les Philistins, Le sacre de Saül, La guerre de Saül contre Amaleq, L'attentat de Saül contre David, David et Jonathan, David et Abigaïl, Joab et Abner, David et Bethsabée, Le viol de Tamar, La guerre d'Absalom contre David, La révolte de Sheba contre David et Le dénombrement du peuple d'Israël[52].

Le second ensemble est une partie de la compilation intitulée Mistére du Viel Testament, un texte d'environ 50 000 vers qui servait probablement de fonds duquel les acteurs se servaient pour présenter un mystère. Alors que les mystères de Lille ne s'intéressent pas à la jeunesse du roi David, le Viel Testament présente des épisodes à jouer reprenant son enfance, son combat contre Goliath et d'autres événements précédant la lutte de Saül et de David[53]. À la Renaissance, des dramaturges réécrivent pour le théâtre des épisodes bibliques, dont ceux du livre de Samuel. Ainsi Louis des Masures en 1566 écrit David combattant, David triomphant, David fugitif qui forment un ensemble intitulé Tragédies Saintes dans lequel se retrouvent des signes distinctifs des mystères ; d'autres comme Jean de la Taille préfèrent au contraire suivre le modèle de la tragédie antique comme dans la pièce Saül le furieux qui date de 1572[54]. Les personnages de Saül et David sont alors, en cette période de guerres de religion, un moyen pour développer les opinions catholiques ou protestantes des lecteurs et des spectateurs[55].

La fin du XVIe siècle marque le déclin rapide des pièces dont le sujet est tiré de la Bible. Le 17 novembre 1548, la représentation des mystères est interdite à Paris et cet interdit est imité dans presque toutes les provinces françaises à la fin du XVIe siècle[56]. L'Église catholique comme les pasteurs protestants condamnent la représentation de pièces bibliques et les auteurs s'exécutent, de sorte qu'à partir du XVIIe siècle de telles pièces n'apparaissent plus au répertoire des théâtres officiels[57]. En revanche, dans les villages continuent à être joués des mystères, dont certains s'inspirent des livres de Samuel ; mais le caractère populaire de ces spectacles entraîne l'absence ou la disparition de traces écrites qui pourraient permettre de connaître en détail cette activité théâtrale foisonnante. Par ailleurs, le théâtre scolaire, bien que l'éducation soit tenue par des religieux, continue à autoriser la représentation de pièces inspirées de l'Ancien Testament[58] : on trouve ainsi des traces de pièces mettant en scène les personnages des livres de Samuel — principalement David — qui permettent de délivrer un message édifiant aux jeunes acteurs et aux spectateurs[59]. Quelques pièces théâtrales comme celle de Pierre du Ryer (Saul, 1642) ou encore celle d'Alfieri (Saul, 1782) abordent ainsi des thèmes inspirés de Samuel et de ses personnages[60].

Aux XVIIIe et XIXe siècles, quelques auteurs français écrivent encore des pièces bibliques se basant sur le texte de Samuel (Voltaire rédige ainsi en 1763 la pièce burlesque Saül[61], qui n'est d'ailleurs pas destinée à être jouée[58]), mais le théâtre biblique n'a plus guère d'importance[62]. Dans les autres pays européens, ce genre littéraire est aussi délaissé à partir de la fin du XVIe siècle pour les mêmes raisons. En Angleterre, la chronique historique prend le relais ; en Espagne, le théâtre garde des liens avec la religion mais le genre de l'auto sacramental s'impose[56].

Néanmoins, outre la figure centrale de David, d'autres personnages comme Saül continuent à intéresser des auteurs jusqu'au XXe siècle[60]. Après Voltaire, et s'inspirant largement d'Alfieri, Alphonse de Lamartine reprend certains de ses thèmes dans sa tragédie Saül écrite en 1818. Plus tard, André Gide reprend également des éléments du livre de Samuel (Saül en 1903, Bethsabée en 1912). Thomas Hardy se base aussi sur certains de ses ressorts dramatiques pour The Mayor of Casterbridge[63], comme le font plusieurs poètes comme Byron, Browning et Rilke[60].

Musique

Michelangelos David
Le personnage de David, tiré des livres de Samuel, influence également l'art sculptural comme en témoigne le célèbre David (entre 1501 et 1504) de Michel-Ange.

L'art musical utilise souvent la Bible comme source, mais il s'agit alors essentiellement de textes issus du Nouveau Testament ou des Psaumes[64]. Pour qu'un épisode tel que ceux trouvés dans les livres de Samuel soit utilisé, il y faut une œuvre longue comme un opéra ou un oratorio. Dans ce genre, Haendel en 1768 écrit Saül à partir du chapitre 17 du premier livre et du deuxième livre de Samuel[65]. Carl Nielsen compose également Saül et David (danois : Saul og David) en 1902, opéra en quatre actes sur un livret d'Einar Christiansen d'après le premier livre de Samuel[66] ; Darius Milhaud, de même, s'inspire des livres de Samuel pour composer son opéra David en 1954[67].

Plus spécifiquement, ce sont surtout la figure et l'histoire du roi David qui constituent des thèmes fréquemment repris sous différentes formes artistiques, et notamment en musique, avec par exemple Davide penitente de Mozart (1785) ou encore Le Roi David d'Arthur Honegger (1921).

Notes et références

Notes

  1. Le livre de Ruth dans les Bibles chrétiennes s'intercale entre le livre des Juges et les livres de Samuel alors qu'il est classé dans les Ketouvim dans les Bibles juives.
  2. Le terme de kaigé désigne une version grecque révisée de la Septante, produite entre le IIe et IVe siècles. Elle est ainsi nommée parce qu'elle traduit la conjonction gam (« גם » = « aussi ») en hébreu par le mot kaigé (« καὶ γε » = « au moins ») en grec. Jean Koulagna, Salomon de l'histoire deutéronomiste à Flavius Josèphe : Problèmes textuels et enjeux historiographiques, Éditions Publibook Université, , 198 p. (ISBN 9782748345834, lire en ligne), p. 81, 96.
  3. L'idée d'un Ennéateuque originel est notamment défendue par Hölscher, mais il s'agit d'une « opinion minoritaire » selon Römer. Thomas Römer, « La construction du Pentateuque, de l'Hexateuque et de l'Ennéateuque », dans Thomas Römer et Konrad Schmid, Les dernières rédactions du Pentateuque, de l'Hexateuque et de l'Ennéateuque, Louvain, Presses universitaires de Louvain, (lire en ligne), p. 15
  4. 1 Samuel 1–15
  5. 1 Samuel 4–6
  6. De 1S 16 à 2S 5
  7. 2 Samuel 2,12–4,12 ; 2 Samuel 9–20 (+ 1 Rois 1–2).
  8. 2 Samuel 21–24
  9. Parmi ces « autres auteurs » partisans d'une composition pré-déteuronomiste et pré-exilique se trouvent notamment McCarter, Dietrich, Mommer, Shalom Brooks et Lehnart. Nihan et Nocquet 2009, p. 365.
  10. Notamment Mommer, Van Seters et McKenzie
  11. Kratz par exemple
  12. 2S 12,7-10

Références

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  2. Tables of Contemporary Chronology : From the Creation to A. D. 1825, Shirley and Hyde, , 45 p. (lire en ligne), p. 5
  3. Römer 2007, p. 14
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  6. Hancock 2011, p. 287
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  9. Tsumura 2007, p. 3-4
  10. Tsumura 2007, p. 8
  11. Caquot et de Robert 1994, p. 7
  12. Wolfgang Kraus et Olivier Munnich, La Septante en Allemagne et en France : textes de la Septante à traduction double ou à traduction très littérale, vol. 238, Saint-Paul, coll. « Orbis biblicus et orientalis », , 307 p. (ISBN 9783525534571), p. 4
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  16. Thomas Römer, « Introduction », dans Thomas Römer et Konrad Schmid, Les dernières rédactions du Pentateuque, de l'Hexateuque et de l'Ennéateuque, Louvain, Presses universitaires de Louvain, (lire en ligne), p. 4
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  25. Nihan et Nocquet 2009, p. 365
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  28. Israël Finkelstein et Neil Asher Silberman (trad. Patrice Ghirardi), Les rois sacrés de la Bible : à la recherche de David et Salomon [« David and Solomon »], Paris, Bayard, (ISBN 978-2-227-47224-2), p. 31-33
  29. Caquot et de Robert 1994, p. 15
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  31. Ernst Axel Knauf, chap. 1-2 « Rois », dans Thomas Römer, Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides, , 902 p. (ISBN 9782830913682, lire en ligne), p. 387
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  50. Origène : Exégèse spirituelle. IV. Josué, les Juges, Samuel et les Prophètes ; V. Les paraboles évangéliques. Textes choisis et présentés par Sœur Agnès Égron.
  51. Marie-Joëlle Louison-Lassablière, « La danse du roi David », dans Marie-Joëlle Louison-Lassablière, Le recours à l'écriture : polémique et conciliation du XVe siècle au XVIIe siècle, Saint-Étienne, université de Saint-Étienne, (ISBN 2-86272-185-9, lire en ligne), p. 128
  52. Alan E. Knight, Les Mystères de la Procession de Lille : De Josué à David, vol. 2, Genève, Librairie Droz, coll. « Textes littéraires français », , 672 p. (ISBN 2-600-00846-2, lire en ligne), p. 667
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  65. Jacques Michon, « Bible et théâtre », dans Yvon Belaval et Dominique Bourel, Le siècle des lumières et la Bible, Paris, Beauchêne, , 869 p. (ISBN 2-7010-1093-4, lire en ligne), p. 321
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Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

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  • Martine de Rougemont, « Bible et théâtre », dans Yvon Belaval et Dominique Bourel, Le siècle des lumières et la Bible, Paris, Beauchêne, , 869 p. (ISBN 2-7010-1093-4, lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bernard Gosse, Structuration des grands ensembles bibliques et intertextualité à l'époque perse : de la rédaction sacerdotale du livre d'Isaie à la contestation de la Sagesse, Berlin, De Gruyter, , 197 p. (ISBN 3-11-015395-5, lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article.
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  • Charles Mazouert, « La geste de David dans le théâtre religieux du Moyen Âge à la Renaissance », dans En un vergier : mélanges offerts à Marie-Françoise Notz, Bordeaux, Presse universitaire de Bordeaux, , 379 p. (ISBN 9782867814952, lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • David Toshio Tsumura, The First Book of Samuel, Wm. B. Eerdmans Publishingl, coll. « New international commentary on the Old Testament », , 698 p. (ISBN 9780802823595)Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi

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Bethléem

Bethléem (en arabe : بيت لحم, Bayt laḥm, en hébreu : בֵּית לֶחֶם, Bet lehem) est une ville située en Cisjordanie à environ 10 km au sud de Jérusalem. Cette ville compte 30 000 habitants, principalement des Palestiniens musulmans. Elle abrite aussi une petite communauté de chrétiens palestiniens, une des plus anciennes communautés chrétiennes au monde. L'agglomération de Bethléem s'étend aux villes de Beit Jala et Beit Sahour.

La ville est un important centre religieux. La tradition juive, qui l'appelle aussi Éphrata, en fait le lieu de naissance et de couronnement de David, roi d'Israël. Elle est considérée par les chrétiens comme le lieu de naissance de Jésus de Nazareth. C'est un lieu de pèlerinage qui génère une activité économique importante à la période de Noël. La ville est également le siège d'un lieu saint du judaïsme, le tombeau de Rachel, situé à l'entrée de la ville.

Depuis 1995, aux termes des accords d'Oslo, la ville est théoriquement sous administration de l'Autorité palestinienne, bien qu'une partie importante de l'agglomération (85 %) soit en réalité administrée par Israël.

Critique textuelle

La critique textuelle est une science, à l’intersection de l’histoire, de la critique littéraire et de la littérature, qui étudie la rédaction et les circonstances de rédaction, ainsi que la tradition de textes anciens jusqu’à nous.

Également appelée critique de restitution, la critique textuelle est l'opération visant à reconstituer, d'après les témoins subsistants, la teneur originelle d'un texte, forme écrite d'une œuvre. Elle comporte deux types d'exercices distincts, la critique externe et la critique interne.

David et Jonathan (Bible)

David et Jonathan étaient des figures héroïques du royaume d'Israël, qui ont formé une alliance (pacte d'amitié), dans les livres de Samuel.

David et Jonathas

David et Jonathas, H. 490, est un opéra en un prologue et cinq actes du compositeur français Marc-Antoine Charpentier. Le livret, du père François de Paule Bretonneau, S.J., s'inspire du récit de l'amitié de David et Jonathan que font les livres de Samuel dans l'Ancien Testament.

Deuxième Livre de Samuel

Le Deuxième Livre de Samuel (en hébreu : ספר שמואל Sefer Sh'muel) est un livre classé parmi les Prophètes dans le Tanakh (la Bible hébraïque) et dans les Livres historiques de l'Ancien Testament chrétien. Il est entièrement consacré au règne de David, qui apparaît déjà dans le Premier Livre. David unifie les tribus d'Israël et choisit Jérusalem pour y déposer l'Arche d'alliance. L'épisode de David et Bethsabée figure au chapitre 11.

Dans certaines bibles et traditions, les Livres de Samuel sont regroupés en un seul. Dans d'autres, ils constituent deux livres séparés, généralement désignés sous la forme I Samuel et II Samuel. Réunis, ils couvrent une période qui s'étend de la naissance de Samuel jusqu'à juste avant la mort du roi David.

Eben Ezer

Eben-Ezer (אבן העזר, Even Ha'Ezer, lit. pierre d'aide), est un toponyme mentionné dans les Livres de Samuel comme le lieu de batailles entre Israélites et Philistins. Il est précisé qu'il se trouvait à moins d'un jour de marche de Silo, près d'Afek, dans le voisinage de Mizpah, près de l'entrée occidentale de la passe de Beth Horon. Il n'a toutefois pas été localisé avec un lieu contemporain de façon assurée, certains l'identifiant avec Beit Iksa et d'autres avec Dier Aban.

Il apparaît dans deux récits des Livres de Samuel : dans le premier épisode (I Samuel iv, 1b-11), les Philistins défont les Israélites, bien que ces derniers aient apporté avec eux l'Arche de l'Alliance sur le champ de bataille dans l'espoir qu'elle leur assurerait la victoire. Le résultat est la capture de l'Arche par les Philistins, et elle ne leur est pas retournée avant de nombreuses semaines. Dans le second épisode (I Samuel vii, 2b-14), les Israélites défont les Philistins, après que Samuel a offert un sacrifice. Samuel place une pierre en mémoire de l'événement et la nomme « Eben Ezer » — c'est ce nom qui est utilisé par anticipation et interpolation chronologique dans le premier récit.

D'après la critique textuelle moderne, le second récit est une rédaction postérieure, probablement le fait d'un deutéronomiste, pour expliquer ce qui est en réalité un sanctuaire antérieur possédant une pierre sacrée de YHVH. Le premier récit est considéré comme provenant d'un récit des sanctuaires (I Samuel iv, 1-vii, 1) qui rapporte la captivité de l'Arche et était peut-être plus développé à l'origine sur les pérégrinations de l'Arche. Ce premier passage interrompt de façon abrupte le récit de Samuel, qui d'après les spécialistes du texte, se lirait plus naturellement s'il passait directement de I Samuel iii, 21 à I Samuel vii, 17.

Les archéologues et historiens israéliens contemporains s'accordent en général pour placer l'Eben Ezer du premier récit dans le voisinage immédiat de Kafr Qasim près d'Antipatris, tandis que le lieu de la seconde bataille est considéré comme insuffisamment précisé dans le récit biblique pour être déterminé avec certitude.

Gad (prophète)

Gad est un personnage de la Bible hébraïque. Comme Nathan, c’est l'un des prophètes personnels attachés au roi David d'Israël, et qui selon la tradition, a participé à l'écriture des livres de Samuel. La première mention de son nom se trouve dans 1S 22,5 lorsqu'il demande à David de retourner sur les terres de Juda.

Il est surtout fait référence à Gad de 2S 24,11 à 2S 24,13 : après que David a confessé avoir commis le péché de dénombrer les populations d'Israël et de Juda, Dieu lui envoie Gad pour lui proposer trois formes de punition. Gad est à nouveau évoqué dans 2S 24,18, lorsqu'il dit à David de construire un autel pour remercier Dieu d'avoir mis fin à la peste qu'il avait finalement choisie parmi les trois fléaux.

Une tombe située à Halhul, près d'Hébron en Cisjordanie, est attribuée à Gad.

Des textes de la main de Gad, sous forme de chroniques, sont mentionnés dans le Premier livre des Chroniques (1Ch 29,29) : c'est un texte généralement considéré comme perdu.

« Les actions du roi David, les premières et les dernières, sont écrites dans les actes de Samuel le Voyant, dans les actes de Nathan le prophète, et dans les actes de Gad le prophète. »

Homosexualité dans la Bible chrétienne

La Bible chrétienne (Ancien Testament et Nouveau Testament), présente une vision globalement homogène des pratiques homosexuelles. Elles sont perçues de façon négative par les auteurs sacrés qui les présentent comme étant l'objet de la condamnation de Dieu. Cela dit, les divers interprètes du texte biblique débattent pour savoir quel sens donner à ces textes anciens et s'ils sont prescriptifs pour l'époque moderne.

Jonathan (Bible)

Jonathan (en hébreu: יְהוֹנָתָן / יוֹנָתָן « celui que Dieu a donné ») est un personnage biblique. Il est prince du royaume d'Israël à l'époque où son père Saül est roi.

Les livres de Samuel, de l'Ancien Testament, rapportent qu'il se lie d'amitié avec le jeune David alors que celui-ci est désigné pour prendre le trône à Saül. La nature exacte de cette relation a depuis longtemps été l'objet de controverses[réf. nécessaire].

Jonathan meurt avec son père lors d'une bataille contre les Philistins au Mont Gelboé.

Livres des Chroniques

Les Livres des Chroniques forment un livre du Tanakh, originellement rédigé aux alentours du IVe siècle av. J.-C. comme un seul livre et dont la division en deux parties est tardive, initialement dans la Septante (LXX) puis, depuis la Vulgate dans les canons chrétiens et, finalement, à partir du XVe siècle, dans le texte hébreu. On distingue ainsi généralement le Premier Livre des Chroniques (1 Ch) et le Deuxième Livre des Chroniques (2 Ch).

Les Chroniques proposent une histoire d'Israël depuis la création jusqu'au terme de l'Exil à Babylone, présentant d'abord de longues généalogies jusqu'à l'époque du roi David puis insistant ensuite sur la période des rois de Juda.

Livres des Rois (Bible)

Les Livres des Rois sont deux livres bibliques qui font partie du canon reconnu par les Juifs et toutes les Églises chrétiennes. Dans la Bible juive ils font partie du groupe des prophètes antérieurs qui comprend les livres de Josué, Juges, Samuel et Rois. Dans la Bible catholique les livres des Rois font partie des textes historiques. À l'origine, ils ne formaient qu'un seul livre qui dans la Septante étaient nommés Règnes 3 et 4 et faisaient suite aux Livres de Samuel nommés Règnes 1 et 2. Excepté chez les orthodoxes qui suivent la Septante, ils sont maintenant divisés en Premier livre des Rois (1R) et Deuxième livre des Rois (2R). Ils viennent après les Livres de Samuel et racontent l'histoire d'Israël de la fin du règne de David à la chute du royaume d'Israël et celui de Juda en 586 av. J.-C.. Longtemps considérés comme écrits par le prophète Jérémie, ils sont maintenant le plus souvent considérés comme ayant été écrits par des rédacteurs de l'histoire deutéronomiste après la chute de Jérusalem en -586. Le livre est d'une structure complexe et reprend des thèmes, des formules, des constructions de récit d'une partie à l'autre. Cette écriture a plusieurs fins qui sont d'expliquer pourquoi YHWH a abandonné son peuple malgré ses promesses, de montrer qu'il faut adorer seulement YHWH et que le seul temple accepté par lui est à Jérusalem.

Nevi'im

Les Nevi'im (en hébreu נביאים / nébīīm, « Prophètes ») forment la seconde partie du Tanakh (Bible hébraïque), après la Torah (Pentateuque) et avant les Ketouvim (Autres Écrits).

Les Nevi'im (ou Nəḇî'îm) sont souvent désignés sous le nom de « Livres prophétiques » ou « Livres des Prophètes » en français, ou même simplement de « Prophètes ». Cependant le nom hébreu נביא (nabī) comporte une autre notion que celle véhiculée par le mot « prophète », puisqu'il signifie « produire » plutôt qu'« apporter au-devant ».

Of Kings and Prophets

Of Kings and Prophets est une série télévisée américaine en neuf épisodes de 42 minutes créée par Adam Cooper et Bill Collage, et dont seulement deux épisodes ont été diffusés les 8 et 15 mars 2016 sur le réseau ABC. La série est basé sur les Livres de Samuel.

Cette série est inédite dans tous les pays francophones.

Premier Livre de Samuel

Le Premier Livre de Samuel (en hébreu ספר שמואל : Sefer Sh'muel) est un livre biblique qui fait partie des Livres des Prophètes (Nevi'im) dans la Bible hébraïque et des Livres historiques dans l'Ancien Testament chrétien. Le livre se concentre sur la vie de Samuel, consacré à YHWH par sa mère Hanna ; puis sur le règne tragique du premier roi d'Israël, Saül, choisi et oint par Samuel ; et enfin sur l'essentiel de la vie de David, dont la narration s'achève dans le Deuxième Livre de Samuel. Il couvre une période d'environ cent ans correspondant à peu près à la vie de Samuel.

Dans certaines bibles et traditions, les Livres de Samuel sont regroupés en un seul livre. Dans d'autres, ils constituent deux livres séparés, généralement désignés sous la forme I Samuel et II Samuel. Réunis, ils couvrent une période d'environ cent trente ans, de la naissance de Samuel jusqu'à juste avant la mort du roi David.

Premier Livre des Chroniques

Le Premier Livre des Chroniques est un livre de l'Ancien Testament. Dans le canon hébreu originel, le Premier et le Deuxième Livre des Chroniques étaient assemblés dans un ouvrage, les Livres des Chroniques.

Une chronique (du mot grec chronicon) signifie un recueil de faits rapportés dans l'ordre de leur succession dans le temps. Le titre grec de ce livre dans la traduction des Septante est paraleipomenon, ce qui signifie « choses omises » (c'est-à-dire : omises par les Livres de Samuel et les Livres des Rois).

Chroniques 1 retrace les événements de la Création du monde à la royauté de David.

Prologue Galaetus

Dans le prologue de la Vulgate, le Prologue Galaetus est une note attribuée à Jérôme de Stridon, reproduite à l'en-tête des deux livres de Samuel par les copistes tout au long du Moyen Âge. Jérome y affirme son opposition aux livres extérieurs au canon hébraïque et qui dit que : « Tout ouvrage qui ne figure pas parmi les 24 livres de la Bible hébraïque doit être considéré comme Apocryphe», c'est-à-dire non canonique.

Roland de Vaux

Le père Roland Guérin de Vaux (né le 17 décembre 1903 à Paris ; mort le 10 septembre 1971 à Jérusalem) était un père dominicain français qui a dirigé l'équipe catholique ayant travaillé sur les manuscrits de la mer Morte découverts dans onze grottes à proximité des ruines de Qumrân.

Saül

Saül ([sa.yl], hébreu : שאול - Šā’ûl, Sha'ul qui signifie « désiré » et qui se prononce [ʃaul] en hébreu) est un personnage du Premier Livre de Samuel, qui fait partie de la Bible. Fils de Quish de la tribu de Benjamin et du clan de Matri, il est le premier roi des Israélites en Terre d'Israël.

Tanakh

Tanakh (en hébreu תנ״ך), est l'acronyme

de l’hébreu « תּוֹרָה - נביאים - כתובים », en français : « Torah - Nevi'im - Ketouvim », formé à partir de l'initiale du titre des trois parties constitutives de la Bible hébraïque :

T ת : la Torah תּוֹרָה (la Loi ou Pentateuque) ;

N נ : les Nevi'im נביאים (les Prophètes) ;

K ך : les Ketouvim כתובים (les Autres Écrits ou Hagiographes).On écrit aussi Tanak (sans h à la fin). Le Tanakh est aussi appelé Miqra מקרא,

Terminologie : Tanakh, Ancien Testament et Bible hébraïque.

La division que reflète l'acronyme Tanakh est bien attestée dans des documents de l'époque du Second Temple, dans le Nouveau Testament chrétien et dans la littérature rabbinique, à ceci près qu'au cours de cette période l'acronyme en question n'était pas utilisé ; le terme correct était Miqra (« Lecture », renvoyant à une fonction liturgique du texte), par opposition à Mishna (« Enseignement », « Répétition ») ou Midrash (« Exégèse »). Le terme Miqra continue à être utilisé de nos jours, aux côtés de Tanakh pour dénommer les Écritures hébraïques. En hébreu moderne parlé, Miqra possède néanmoins une connotation plus formelle que Tanakh.

Les livres inclus dans le Tanakh étant pour la plupart écrits en hébreu, on l'appelle également la Bible hébraïque. Bien que l'araméen se soit introduit en bonne partie dans les livres de Daniel et d'Esdras, ainsi que dans une phrase du Livre de Jérémie et un toponyme de deux mots dans le Sefer Bereshit (Livre de la Genèse), ces passages sont écrits dans la même écriture hébraïque. Les passages en araméen sont les suivants : Esdras 4.8, 4.7 et 12.26 ; Jérémie 10.11 ; Daniel 2.4 à 7.28

Selon la tradition juive, le Tanakh est constitué de vingt-quatre livres : la Torah contenant cinq livres, les Nevi'im huit, et les Ketouvim onze.

La Bible hébraïque a exactement le même contenu que l’Ancien Testament protestant mais les livres sont présentés et classés différemment, les protestants comptant trente-neuf livres, et non vingt-quatre.

Ceci est dû au fait que les Chrétiens ont choisi de subdiviser certains livres de la religion juive.

Cependant, l'expression Ancien Testament, utilisée dans la tradition chrétienne, peut paraître péjorative pour des Juifs. D'une part, elle peut être perçue comme une volonté de s'approprier arbitrairement les textes de la religion juive et d'autre part, selon la foi juive, il ne saurait exister de Nouveau Testament hors des textes massorétiques. Tout ceci étant relatif, puisque le christianisme est issu du judaïsme et que les proto-chrétiens étaient eux-mêmes tous Juifs, il résulte que l'expression « Premier Testament » est parfois considérée comme plus respectueuse envers la tradition juive.

En tant que telle, une distinction technique peut être tracée entre le Tanakh et le corpus similaire mais non identique que les Chrétiens protestants nomment Ancien Testament. L'expression de Bible hébraïque est donc préférée par certains érudits, car elle recouvre les aspects communs du Tanakh et de l'Ancien Testament en évitant les biais partisans.

L’Ancien Testament catholique et orthodoxe contient sept Livres non inclus dans le Tanakh. Ils sont appelés Livres deutérocanoniques (lit. « canonisés secondairement » c'est-à-dire canonisés ultérieurement). Ils sont tirés de la Septante, version grecque étendue du Tanakh. Ainsi, dans les Bibles chrétiennes, les Livres de Daniel et d'Esther peuvent contenir des textes deutérocanoniques, n'ayant été inclus ni dans le canon juif ni dans le canon protestant.

Livres historiques de l'Ancien Testament (dans l'ordre des Septante)
"Prophètes (Nevi'im) Antérieurs" en violet, "Autres écrits (Ketouvim)" en vert, "Livres deutérocanoniques" en orange
Livres des Nevi'im (Prophètes)
Premiers prophètes
Derniers prophètes ou
Prophètes seconds
Livres de l’Ancien Testament
Tanakh
(Bible hébraïque commune aux canons juif et chrétiens)
Livres deutérocanoniques
(canon des Églises catholique et orthodoxe)
Canon orthodoxe grec et slavon
Canon orthodoxe géorgien
Canon orthodoxe éthiopien restreint
Peshitta syriaque

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