Joseph Needham

Joseph Terence Montgomery Needham () est un biochimiste et sinologue britannique, qui a acquis une renommée mondiale en menant des recherches sur l'histoire des sciences et des techniques dans la civilisation chinoise[1].

Comptant parmi les pionniers du domaine, il a contribué à la reconnaissance du passé scientifique de la Chine avec, notamment, la publication de la monumentale Science et civilisation en Chine (en), collection encyclopédique qui aborde tous les développements de la science chinoise.

Joseph Needham
Joseph Needham in Cambridge 1965 04
Biographie
Naissance
Décès
(à 94 ans)
Cambridge
Nationalité
Formation
Activités
Conjoints
Dorothy M. Needham (en) (de à )
Lu Gwei-djen (en) (de à )
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Directeur de thèse
Distinctions
Tang Fei-fan and Joseph Needham in 1944
Tang Fei-fan (en) et Joseph Needham à Kunming, Yunnan, Chine, en 1944

Biographie

Joseph Needham était le fils unique d'une famille écossaise établie à Londres. Son père était docteur en médecine et sa mère Alicia Adélaide Needham, née Montgomery (1863-1945), compositeur et professeur de musique. Needham étudie à l'université de Cambridge, où il reçoit son baccalauréat en 1921, son master en janvier 1925 et son doctorat en octobre de la même année. Après ses études, il travaille au laboratoire de Frederick Gowland Hopkins au Gonville and Caius College de Cambridge, dans le département d'embryologie et de morphogenèse.

En 1936, trois chercheurs chinois viennent travailler avec Needham, qui est déjà un chercheur très réputé : Lu Gwei-djen (en), (魯桂珍, Lǔ Guìzhēn, 1904-1991), Wang Ying-lai (en), et Chen Shi-chang. Lu, fille d'un pharmacien de Nankin, devient sa maîtresse. Elle lui enseigne la langue et les classiques chinois. Cela suscita l'intérêt de Needham pour le passé technologique et scientifique de la Chine.

Sous la direction de la Royal Society, Needham devient le directeur du Bureau de Coopération scientifique sinobritannique à Chongqing entre 1942 et 1946, collaborant avec l'historien Wang Ling (en). Il rencontre de nombreux intellectuels chinois, dont le peintre Wu Zuoren, et voyage dans une multitude de sites en Chine, à Dunhuang et au Yunnan par exemple. Il rend aussi visite a de nombreuses institutions universitaires, où une importante masse documentaire fut rassemblée, constituant la base de sa série Science et Civilisation en Chine.

Après deux années à la tête de la division Science Naturelle de l'UNESCO à Paris, il retourne au Gonville and Caius College en 1948, où l'université de Cambridge finance partiellement sa série Science et Civilisation en Chine. Il consacre la plus grande partie de son énergie à l'histoire scientifique de la Chine jusqu'à sa retraite, en 1990, bien qu'il continue d'enseigner la biochimie jusqu'en 1966. En 1966, Needham devient Master du Gonville & Caius College.

Le Needham Research Institute (en) de Cambridge, consacré à l'étude de l'histoire scientifique de la Chine a été inauguré en 1987 par Philip Mountbatten, duc d'Edimbourg. Un de ses plus proches collaborateurs et amis, Ho Peng Yoke, en assura la direction de 1990 à 2001.

Needham fut marié à Dorothy Moyle (1896-1987). Deux ans après la mort de Dorothy en 1989, il épousa Lu Gwei-djen. Il souffrait de la maladie de Parkinson depuis 1982. Il meurt à 94 ans dans sa maison de Cambridge.

Sensibilité politique de Needham

Joseph Needham, chrétien socialiste, cultivait de profondes sympathies avec le communisme sans toutefois jamais avoir été membre du parti. Sa visite à Moscou en 1935 le renforce dans ses convictions idéologiques. Il réclame le boycott anglais des Jeux olympiques de Berlin et devient le supporter de la cause républicaine en Espagne[2].

En pleine Guerre froide et alors que la guerre de Corée bat son plein, il se joint en 1952 à une mission d'enquête du gouvernement chinois, financée par les Russes, sur l'utilisation par les Américains d'armes bactériologiques en Corée et en Manchourie[3]. Selon Simon Winchester, un de ses biographes, Needham fut manipulé par les agents communistes qui placèrent de fausses preuves et trafiquèrent les résultats des analyses[4],[5]. Son scepticisme, dont il fait part à son épouse dans une lettre où il évoque un sentiment de « mise en scène », fut balayé par sa trop grande confiance envers la soixantaine d'experts travaillant sur le projet, près de la moitié d'entre eux ayant étudié dans des universités occidentales prestigieuses. Placé sur liste noire par la CIA, il devient alors, en cette période marquée par le maccarthysme, persona non grata aux États-Unis, et ce, pendant une vingtaine d'années. Il est momentanément isolé au sein de sa propre université. Sa réhabilitation aux Etats-Unis vient lentement, à partir d'août 1954, avec les parutions successives des volumes de son œuvre monumentale Science and Civilisation in China[6],[7].

Ses idées d'homme de gauche ne furent pas entamées pour autant. Ainsi, il apporte son soutien aux mouvements étudiants de 1968.

De retour en Chine en 1972, il est consterné par la situation et notamment par la «disparition» de certains de ses anciens collègues. Si son amour pour la Chine demeure intact, il commence en revanche à questionner les bienfaits du régime [8].

En 1974, lors d'un passage en France, il est invité à une table ronde au sujet de la Chine. Ainsi que le souligne Jean-Marc Lévy-Leblond, « La fascination qu'exerçait alors la Chine maoïste conféra un vif intérêt à sa venue ». Contrastant avec les autres participants qui débordaient d'enthousiasme sur la situation en Chine, « avec une réserve et une ironie toutes britanniques, (Needham) se garda d'entrer dans ces dithyrambes et exposa avec concision une synthèse de ses travaux sur les très anciennes traditions scientifiques et techniques chinoises, le rapport entre ces innovations, et la "révolution scientifique" européenne du XVIIe siècle, pour conclure en posant, sans y répondre, ce qu'il appela lui-même la "question à cent francs" : pourquoi la Chine, avec sa considérable avance sur l'Europe jusqu'à la Renaissance, n'a-t-elle pas été le théâtre de cette révolution ? »[9]

Dans son livre Histoire de Tel Quel 1960-1982, Philippe Forest revient sur les égarements des admirateurs naïfs de la Chine, et des espérances formidables que le mouvement de Mao avait pu soulever auprès d'intellectuels de tous pays. À leur décharge, il cite la puissance de rêve que ce pays avait pu soulever: « Certes, avec d'autres, au nombre desquels de prestigieux savants comme Joseph Needham, les telqueliens crurent que la Chine serait à notre temps ce que la Grèce fut à la Renaissance : un continent ignoré surgirait qui bouleverserait de fond en comble le savoir et la pensée de l’Occident. Comment pourrait-on reprocher à quiconque d'avoir fait ce rêve ? »[10].

Forest reprend ici une formulation que le « telquelien » d'alors Philippe Sollers avait attribuée à Needham : « D'autre part il y a eu la grande découverte vers les années 66-67 (...) des travaux de Joseph Needham, qui a fait ce merveilleux travail encyclopédique qui s'appelle Science et Civilisation en Chine. Et à ce moment-là s'est révélé à nos yeux quelque chose d'absolument inédit, car il nous a semblé que c'était l'aube d'une sorte de référence nouvelle dans le savoir. Needham pensait – il nous le dit – que "désormais l'entrée de la Chine dans l'histoire du savoir allait jouer un rôle absolument comparable à la référence grecque pour les gens de la Renaissance occidentale" »[11].

En 1978, peu après la mort de Mao, il brise les rangs et, dans la revue Nature, qualifie de « désastreuses » les politiques menées par Mao dans le domaine de la science[12].

Écrits

  • La Science chinoise et l'Occident, Seuil, Paris, 1977 (ISBN 2020046563)
  • Un taoïste d'honneur. Autobiographie, Le Félin, 1980, (ISBN 2866451023)
  • Science, Religion and Reality (1925)
  • Chemical Embryology (1931)
  • The Great Amphibium: Four Lectures on the Position of Religion in a World Dominated by Science (1931)
  • Perspectives in Biochemistry: Thirty-One Essays Presented to Sir Frederick Gowland Hopkins by Past and Present Members of His Laboratory (1937)
  • Time: The Refreshing River (Essays and Addresses, 1932-1942) (1943)
  • Chinese Science (1945)
  • History Is On Our Side (1947)
  • Science Outpost; Papers of the Sino-British Science Co-Operation Office (British Council Scientific Office in China) 1942-1946 (1948)
  • Science and Civilisation in China (1954, etc) - 25 volumes à ce jour [1]
    • vol. 1 : Introductory Orientations, 1954, 318 p. [2]
    • vol. 2 : History of scientific thought, 1956, 697 p. [3]
    • vol. 3 : Mathematics and the Sciences of the Heaven and the Earth, 1959 [4]
    • vol. 4.1 : Physics, 1962 [5]
    • vol. 4.2 : Mechanical Engineering, 1965
    • vol. 4.3 : Civil Engineering and Nautics, 1971 [6]
    • vol. 5.1 : Paper and Printing, 1985 [7]
    • vol. 5.2 : Spagyrical Discovery and Invention: Magisteries of Gold and Immortality, 1974 [8]
    • vol. 5.3 : id. : Historical Survey, from Cinnabar Elixirs to Synthetic Insulin, 1976, 516 p.
    • vol. 5.4 : id. : Apparitus and Theory, 1980
    • vol. 5.5. : id. : Physiological Alchemy, 1983, 574 p. [9]
    • vol. 5.6 : Military Technology: Missiles and Sieges, 1994
    • vol. 5.7 : id., The Gunpowder Epic, 1986 [10]
    • vol. 5.8 : id., Shock Weapons and Cavalry, 1986
    • vol. 5.9 : Textile Technology: Spinning and Reeling
    • vol. 5.10
    • vol. 5.11 : Ferrous Metallurgy
    • vol. 5.12 : Ceramic Technology
    • vol. 5.13 : Mining
    • vol. 6.1 : Botany, 1986, 718 p.
    • vol. 6.2 : Agriculture, 1988
    • vol. 6.3 : Agroindustries and Forestry, 1996
    • vol. 6.4 : Biologyb and Biological Technologies: Traditional Botany'
    • vol. 6.5 : Fermentations and Food Science
    • vol. 6.6 : Medicine, 2000 [11]
    • vol. 7.1 : Language and Logic, 1998
    • vol. 7.2 : General Conclusions and Reflections, 2004.
  • Science and Civilization in China, by Joseph Needham, with the research assistance [and collaboration] of Wang Ling (en) (1954-59) (2 volumes)
  • A History of Embryology (1959)
  • The Grand Titration: Science and Society in East and West (1969, 1979: (ISBN 0 04 931008 9))
  • Within the Four Seas: The Dialogue of East and West (1969)
  • Clerks and Craftsmen in China and the West: Lectures and Addresses on the History of Science and Technology (1970)
  • Chinese Science: Explorations of an Ancient Tradition (1973)
  • Moulds of Understanding: A Pattern of Natural Philosophy (1976)
  • The Shorter Science and Civilisation in China - an abridgement of the 1954 version (3 volumes) (1978)
  • Science in Traditional China : A Comparative Perspective (1982)
  • The Genius of China (préface) (1986)
  • Heavenly Clockwork : The Great Astronomical Clocks of Medieval China (1986)
  • The Hall of Heavenly Records : Korean Astronomical Instruments and Clocks, 1380-1780 (1986)

Prix et distinctions

Notes et références

  1. Voir l'article « China, the West, and World History in Joseph Needham's Science and Civilisation in China (en) », Robert Finlay, pages 265-303 in Journal of World History - Volume 11, Number 2, Fall 2000 - Extraits
  2. Voir pages 31-33 in The Man who loved China, Harper 2008
  3. Voir l'article « Embryologist in Eden » Walter Gratzer in The Journal of the Federation of American Societies for Experimental Biology, 2008 : « Needham, ever prey to flattery, accepted an invitation to join a mission to China, sponsored by the World Peace Council, a Soviet-financed organization. Its purpose was to investigate accusations that the Americans were deploying biological weapons in Korea and Manchuria. The year was 1952, and both the Korean War and the Cold War were at their height. Chinese claims were that diseased voles were raining out of the sky, presumably from American aircraft, and were infecting animals and people. On its return to Britain the committee confirmed the reports, absurd as they appeared. Uproar ensued. Needham was grilled by a rampantly hostile press, and gave a remarkably poor account of himself. Denunciations from the Foreign Office and Parliament followed; Needham was blacklisted by the CIA and barred from entering the United States (a ban that lasted twenty years). Opprobrium fell on his defenseless head, some from such highly respected figures as A. V. Hill. He was alienated from his Cambridge colleagues, secure now in their judgment of the man as showy and "unsound" from the start. »
  4. Voir aussi l’article « The man who discovered China » 28 septembre 2008 in The Observer
  5. Voir aussi l'article de Jonathan Mirsky in Far Eastern Economic Review, 8 juin 2008
  6. Sur cet épisode, consulter le chapitre 6 « Persona Non Grata – The Certain Fall from Grace », pages 199-216 in The Man who loved China, Harper, 2008
  7. Voir « China's Greatest Student -The making of Joseph Needham's multi-volume masterpiece » par Judith Shapiro in Washington Post 25 mai 2008 - Extrait: « During the McCarthy years, the staunchly pro-communist Needham was barred from the United States and shunned in England, in part because he supported charges that U.S. forces had dropped plague-infested rodents on northeast China during the Korean War. As head of an investigative commission of international scientists, he interviewed Chinese people who reported outbreaks of vermin and disease, which convinced him of a biological warfare campaign. Winchester reports that Needham was hoodwinked. If, however, Needham was correct, that puts a different slant on his disgrace, which in any event was temporary. As the political climate shifted and his books collected accolades, he was made master of Caius College at Cambridge, where he enjoyed decades of honors and respect. »
  8. Voir page 234-235 in The Man who loved China, Simon Winchester, Harper, 2008
  9. Voir le récit complet de l'entretien par Jean-Marc Lévy-Leblond
  10. Seuil, 1995, 555 pages, 1998, 654 pages, p.  612-625 (ISBN 2020173468)
  11. Voir entretiens avec Shuhsi Kao (en) en 1980, « Pourquoi j'ai été chinois », publié d'abord dans Tel Quel (no 88, été 1981) puis repris dans Improvisations, Philippe Sollers, Folio, 1991)
  12. Voir page 235 in The Man who loved China, Simon Winchester, Harper, 2008

Voir aussi

  • Philippe Forest, Histoire de Tel Quel 1960-1982, Paris, Seuil, coll. « Fiction & Cie », , 654 p. (ISBN 978-2-020-17346-9, OCLC 34357961).
  • (en) Simon Winchester, The man who loved China : the fantastic story of the eccentric scientist who unlocked the mysteries of the Middle Kingdom, New York, NY, Harper, , 336 p. (ISBN 978-0-060-88459-8, OCLC 173748716).

Liens externes

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As (carte à jouer)

L'as est une valeur de carte à jouer, correspondant au nombre 1.

Bataille de Tangdao

La Bataille de Tangdao (chinois : 唐岛之战) a lieu en 1161 et oppose les Jurchen de la dynastie Jin à la dynastie Song de Chine sur la Mer de Chine orientale. Il s'agit d'une tentative d'invasion des Jin afin de conquérir la dynastie des Song du Sud, mais se termine par un échec et une défaite des Jurchens. La marine de la dynastie Jin, équipée d'armes à feu et de flèches enflammées, subit de lourdes pertes. Au cours de cette bataille, le commandant de l'escadron Song, Li Bao, fait face au commandant Zheng Jia, l'amiral de la dynastie Jin. À propos du sort de Zheng Jia, le texte historique Jin Shi indique :

Cette bataille est suivie par une autre confrontation navale, la Bataille de Caishi (chinois : 采石之战), qui a lieu en 1161. Sur l'importance de ces batailles et le développement de la première marine permanente en Chine durant les Song, l'historien Joseph Needham indique que sur un total de 11 escadrons et 3 000 hommes, la marine Song est passée en un siècle à 20 escadrons et 52 000 hommes, avec une base navale près de Shanghai. Le besoin d'une force navale régulière pour les Song est supporté par les riches marchands chinois dans le Sud. Au cours de la campagne des Jin en 1161, presque 340 navires participent aux batailles sur le fleuve Yangzi Jiang. Cette bataille fait suite à un long processus technologique. En 1129, les trébuchets lançant des bombes de poudre à canon sont décrits comme faisant partie de l'équipement standard sur tous les navires de guerre. Entre 1132 et 1183, un grand nombre de bateaux à roues à aubes, petits ou grands, sont construits. En 1203, certains sont équipées de plaques en fer. La marine des Song du Sud défait ainsi les attaques successives de la dynastie Jin et les tentatives d'invasions mongoles pendant presque deux siècles, remportant donc le contrôle de la Mer de Chine orientale.

Carte à jouer

Une carte à jouer est une petite fiche illustrée de motifs variés et utilisée, au sein d'un ensemble, dans la pratique de divers jeux de société appelés jeux de cartes.

Elles possèdent une face commune, appelée dos, et une face particulière qui distingue chaque carte.

Un ensemble de cartes complet forme un jeu ou un paquet, tandis que les cartes qu'un joueur tient en main pendant une partie forment une main.

Il existe des ensembles de cartes traditionnels propre a chaque zone géographique (jeu de 52 cartes, jeu de tarot, etc.) et il en existe des spécifiques créées pour un jeu de société particulier.

Du fait de leur standardisation et de leur statut d'objets de consommation courante, les cartes peuvent être utilisées dans d'autres buts que le jeu, comme l'illusionnisme, la cartomancie, les châteaux de cartes, ou même de la monnaie.

Dame (carte à jouer)

Le dame ou reine est une figure de carte à jouer, représentant généralement une femme noble.

Dictionary of Scientific Biography

Le Dictionary of Scientific Biography est un ouvrage de référence publié de 1970 à 1980. Il est complété par le New Dictionary of Scientific Biography en 2008. Ces deux publications sont regroupées dans une version électronique : Complete Dictionary of Scientific Biography .

Histoire des sciences et techniques en Chine

L'histoire des sciences et des techniques en Chine est l'occasion de découvrir les contributions d'une civilisation non occidentale à un développement précoce des savoirs. Contributions qui, depuis Marco Polo notamment, ont été reconnues en Occident jusqu'à inspirer une véritable fascination européenne pour la civilisation Chinoise. Le mythe d'un « retard chinois » entre le XVe et le XXe siècle reste un sujet de discussion historique.

Durant l'Antiquité, indépendamment des philosophes grecs, les penseurs et les techniciens chinois ont contribué à des progrès significatifs dans de nombreux domaines.

Le premier exemple d’outil de calcul complexe est l’abaque, qui connut diverses formes, jusqu’au boulier toujours utilisé en Chine.

L'astronomie chinoise s'est développée sur plusieurs siècles et s'est longtemps montrée en avance sur celle du monde occidental. Elle a toutefois été précédée de plusieurs millénaires par l'astronomie sumérienne ou égyptienne. Un très grand nombre d'observations antérieures à la fin du Moyen Âge sont sans comparaison avec ce qui se faisait dans le monde occidental. Une des finalités du développement de l'astronomie était de nature divinatoire. Les premières observations de comètes, d'éclipses solaires et de supernovæ furent faites en Chine.

En physique, les travaux sur le magnétisme permirent aux Chinois de mesurer avec précision la déclinaison d'une boussole.

En médecine, l'acupuncture et l'usage des plantes médicinales fut précoce et développé. Les alchimistes taoïstes ont été des pionniers. Shennong est réputé avoir goûté de nombreuses substances pour tester leurs vertus médicinales, à la suite de quoi il a écrit une des premières pharmacopées incluant 365 remèdes issus de minéraux, plantes, animaux.

L'un des aspects les plus remarquables de la civilisation chinoise est l'invention de technologies, souvent plusieurs siècles avant leur apparition ou leur transmission ailleurs. Parmi les principales inventions chinoises figurent la porcelaine, la sériciculture (soie), la boussole, le papier, les types amovibles (imprimerie), l'acier, le gouvernail de poupe, le compas[réf. nécessaire], la brouette, l'abaque, le harnais du cheval, les étriers, l'horlogerie, la ferronnerie, les pâtes, le papier monnaie, la poudre à canon, et les allumettes.

Ho Peng Yoke

Ho Peng Yoke (né le 4 avril 1926 - mort le 18 octobre 2014) est un historien chinois. Il a grandement contribué à diffuser en Occident divers documents chinois des époques anciennes de par les traductions qu'il en a réalisées et commentées. Joseph Needham fut un de ses principaux collaborateurs et amis, ce qui lui valut naturellement d'être le directeur du Needham Research Institute de 1990 à 2001.

Jeu de hasard

Un jeu de hasard est un jeu dont le déroulement est partiellement ou totalement soumis à la chance. Celle-ci peut provenir d'un tirage ou d'une distribution de cartes, d'un jet de dé, etc. Lorsque le jeu est totalement soumis au hasard, on parle de jeu de hasard pur. Lorsque le joueur doit déterminer son action en fonction d'événements aléatoires passés ou futurs et de probabilités, on parle plus volontiers de jeu de hasard raisonné.

Le terme jeu de hasard désigne également les jeux d'argent, les jeux de grattage comme les machines à sous. La plupart de ces derniers sont des jeux de hasard pur ou raisonné.

L'étude des problèmes de stratégie dans les jeux a donné naissance à une théorie mathématique : la théorie des jeux.

Li (unité)

Le li (里, lǐ) est une unité de mesure chinoise de distance qui a considérablement varié en valeur avec le temps, mais qui est dorénavant standardisée à l'équivalent de 500 mètres.

Différentes valeursZhou occidental : 358,2 m

Zhou oriental : 415,8 m

Han 415,8 m

Médecine traditionnelle chinoise

La médecine traditionnelle chinoise est l'ensemble des théories et pratiques de santé au cours de l'histoire du monde chinois (aire d'influence de la civilisation chinoise). Au sens large, cette médecine inclut les traditions orales, folkloriques, magiques ou religieuses des différentes ethnies et communautés qui constituent le monde chinois.

Dans un sens plus classique, la médecine traditionnelle chinoise est celle qui se réfère à un imposant corpus de textes (tradition écrite), dont les premiers sont datés vers le Ve siècle avant J.C. environ. La médecine chinoise fait alors partie des trois grandes médecines traditionnelles savantes avec celle du monde méditerranéen (galénisme) et celle de l'Inde (ayurveda).

Au cours du XXe siècle, la médecine traditionnelle chinoise classique est celle qui est perçue, et plus ou moins reconnue, comme un système alternatif ou complémentaire à la médecine moderne (en Chine populaire, selon les pays y compris occidentaux, selon l'OMS...). Elle entre alors dans le cadre des médecines non conventionnelles.

Cette médecine se compose de plusieurs disciplines dont la pharmacopée, le massage et les exercices énergétiques (qi gong, taiji quan, kungfu…), la diététique, l’acupuncture et la moxibustion.

À côté de l'histoire de la médecine chinoise, de nombreuses thérapies sont proposées aujourd'hui sous l'étiquette de « médecine traditionnelle chinoise », inspirées plus ou moins librement d'éléments de cette tradition sans remise à jour pour des raisons essentiellement folkloriques ou commerciales, et constituent une pseudo-science,, aux effets parfois délétères sur les potentiels patients.

Roi (carte à jouer)

Le roi est une figure de carte à jouer, représentant généralement un homme noble.

Science en Chine

La Chine est connue pour être à l'origine d'inventions majeures de l'histoire de l'humanité, entre autres l'imprimerie, la poudre à canon, la brouette,... L'histoire des sciences en Chine a été étudiée en Occident à travers l'œuvre monumentale de Joseph Needham.

À la suite des guerres de l'opium et la soumission de l'empire Qing par les puissances occidentales, le développement des sciences et techniques en Chine a été freiné pendant une longue période. Après l'avènement de la République populaire de Chine, la Chine a privilégié le développement des armes stratégiques, ce qui lui a permis de se doter de l'arme atomique.

Après la mort de Mao Zedong et la politique d'ouverture engagée par Deng Xiaoping, la Chine a multiplié les contacts avec l'étranger, et permis de nombreux transferts de technologie qui la mettent en position, actuellement, de rivaliser avec les plus prestigieux laboratoires du monde. D'importants fonds sont attribués aux universités chinoises par le gouvernement, avec l'université Qinghua en tête de liste.

Simon Winchester

Simon Winchester (28 septembre 1944) est un journaliste et écrivain britannique. Il vit alternativement dans une petite ferme du Massachusetts, et sur une île à l'ouest de l'Écosse.

Journaliste reconnu, il a été enlevé par les militaires Argentins lors de la Guerre des Malouines. Son histoire a été portée à l'écran à la BBC sous le titre An Ungentlemanly Act (Action peu courtoise), son rôle étant interprété par Paul Geoffrey.

Il est aussi écrivain et s'est spécialisé dans des biographies brillamment recherchées. Le fou et le professeur porte sur un personnage excentrique enfermé pour avoir tué un homme par erreur et qui consacrera des décennies à la mise en place du monumental Oxford English Dictionary.

Son dernier succès de librairie, intitulé en anglais Bomb, Book & Compass (Bombe, livre et boussole) (2008) a pour thème central le biochimiste britannique Joseph Needham, célèbre pour ses travaux sur la Chine.

Song Taizu

Taizu (21 mars 927 - 14 novembre 976), de son nom personnel Zhao Kuangyin, est le fondateur de la dynastie Song. Général, il est choisi par ses pairs pour être empereur. Son frère cadet Taizong lui succède.

Song Yingxing

Song Yingxing (宋應星) (1587-1666) né à Yichun dans la province de Jiangxi, est un savant et encyclopédiste chinois qui a vécu vers la fin de la dynastie Ming. Il est l'auteur du Tiangong Kaiwu, une encyclopédie qui couvre un large éventail de sujets techniques. Le comparant au grand encyclopédiste français, l'historien et sinologue Joseph Needham l'a appelé « le Diderot de la Chine ».

Su Song

Su Song (chinois traditionnel : 蘇頌, pinyin : Sū Sòng, prénom social : Zirong子容), né en 1020 et mort en 1101, fut un scientifique polymathe chinois lors de la période de la dynastie Song (960-1279).

Astronome, cartographe, horloger, pharmacologue, géologue, zoologiste, botaniste, ingénieur en mécanique, architecte, poète et ambassadeur de la dynastie Song, il fut avec Shen Kuo l'un des scientifiques les plus représentatifs de cette période en Chine.

Su Song a été notamment le concepteur d'une tour horloge astronomique à force hydraulique et qui utilisait l'échappement d'horlogerie,,,. Construite à Kaifeng, son mécanisme d'échappement avait déjà été inventé par moine bouddhiste Yi Xing pour exploiter une sphère armillaire hydraulique, bien que la sphère armillaire de Su a été la première à être créée avec une horloge mécanique en « dur »,. La tour horloge avaient également la plus ancienne transmission à chaîne connue, appelée tian ti (天梯), ou « échelle céleste », comme on peut le voir dans son traité d'horlogerie Xiangfayao Xinyi (新仪.象法要). La tour horloge indiquait de manière sonore les heures.

Le traité sur la tour horloge, Xiangfayao Xinyi, a survécu depuis sa forme écrite en 1092 et imprimé officiel et la publication en 1094. Le livre a été analysé par de nombreux historiens, comme Joseph Needham. Toutefois, l'horloge elle-même a été démantelée par les envahisseurs Mandchous en l'an 1127 et, bien que des tentatives aient été faites pour remonter la tour, elle n'a jamais fonctionné. Bien que le traité sur la tour horloge soit le plus connu de ses traités, le polymathe Su Song avait composé d'autres œuvres. Il a réalisé un grand atlas céleste de plusieurs cartes, plusieurs cartes terrestres, ainsi qu'un traité de pharmacologie. Ce dernier traite des questions connexes en minéralogie, zoologie, botanique et métallurgie. Ses cartes utilisait également la projection de Mercator près de cinq cents ans avant qu'elle soit utilisée en Europe et connue par Gerardus Mercator.

Bien que plus tard, les écrits de voyageurs européens jésuite en Chine tels que Matteo Ricci et Nicolas Trigault mentionnassent les horloges chinoises à roues motrices, les précoces visiteurs européens en Chine ont cru à tort que les Chinois n'avaient jamais dépassé le stade de la clepsydre, de l'horloge à encens ou du cadran solaire. Ils ont estimé que la mécanique avancée des horloges était nouvelle pour la Chine, et ont pensé que c'était quelque chose de précieux que l'Europe pourrait offrir. Bien que moins importante que dans la période Song, des textes contemporains chinois de la dynastie Ming (1368-1644) décrivent plusieurs modèles d'horloges mécaniques en Chine du XIIIe au XVIe siècles.

Technologie sous la dynastie Song

La dynastie Song (chinois : 宋朝 ; 960–1279) apporte les avancées techniques les plus significatives de l'histoire de la Chine, dont la plupart émanent des talentueux fonctionnaires recrutés par les examens impériaux.

L'ingéniosité des avancées en génie mécanique est une longue tradition en Chine. L'ingénieur de la dynastie Song Su Song admet que lui et ses contemporains se sont appuyés sur les travaux d'anciens tels que Zhang Heng (78-139), un astronome, inventeur et maître en matière d'engrenages. L'utilisation des caractères d'imprimerie mobiles accélère l'usage déjà répandu de blocs en bois afin de pouvoir éduquer les étudiants confucianistes et le peuple. L'apparition de nouvelles armes utilisant de la poudre noire permet aux Song de survivre face à leurs ennemis, les dynasties Liao, des Xia occidentaux et des Jin, jusqu'à l'effondrement de la dynastie sous les coups des Mongols de Kubilai Khan à la fin du XIIIe siècle.

Des avancées notables en génie civil, génie maritime et métallurgie sont faites en Chine durant la période Song, comme l'introduction de moulins à vent en Chine durant le XIIIe siècle. Ces avancées, avec l'apparition du billet de banque, aident la révolution et le maintien de l'économie de la dynastie Song.

Wujing Zongyao

Le Wujing Zongyao, ou Principes généraux du classique de la guerre (chinois : 武經總要 ; pinyin : Wǔjīng Zǒngyào ; Wade : Wu Ching Tsung Yao ; litt. « Collection des plus importantes techniques militaires ») est un compendium militaire chinois écrit en 1044, durant la dynastie des Song du Nord. Ses auteurs sont les éminents fonctionnaires Zeng Gongliang (曾公亮), Ding Du (丁度) et Yang Weide (楊惟德), dont les écrits ont ensuite influencé de nombreux écrivains militaires chinois.

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