Idumée

L'Idumée est le nom d'une région limitrophe de la Judée pendant la période du Second Temple. Elle s'étend du sud des monts de Judée au nord du Néguev.

Idumea
Frontières approximatives de l'Idumée, et du royaume d'Edom en son extension maximale vers 600 BCE.

L'âge du Fer

Dès le VIIe siècle av. J.-C., des populations édomites originaires de Transjordanie évoluent dans le nord du désert du Néguev. Au début du VIe siècle av. J.-C. les Babyloniens mènent une campagne contre les populations de Transjordanie, en particulier contre le royaume d'Édom. La domination babylonienne se traduit par une destruction à grande échelle des sites habités du Néguev[1]. À partir du début du VIe siècle av. J.-C., l'effondrement du royaume de Juda encourage les populations du Néguev à s'établir plus au nord[2]. Parallèlement, des tribus nomades pénètrent dans les zones de peuplement édomite, entraînant le déclin des sites édomites de Transjordanie et repoussant Édom au sud de la Judée[3].

Période perse

Le nombre de sites occupés en Idumée augmente de façon considérable pendant la période perse. Cet accroissement de la population répond au développement des opportunités économiques et à l'immigration de populations venant du sud et de l'est. L'occupation de cent cinquante-neuf sites est identifiée pour la période perse. Cinquante-et-un de ces sites se situent dans la région de Hébron et cent huit dans la Shéphélah. Plus de la moitié des sites occupés dans la Shéphélah sont nouveaux et ne correspondent pas à une nouvelle occupation de sites de l'âge du fer. Cette croissance est moins marquée dans les monts de Hébron où seulement 35 % des sites sont nouveaux[4].

Plus de mille six cents ostraca en araméen sont retrouvés pour la période perse. Ils datent essentiellement du IVe siècle av. J.-C., c'est-à-dire de la fin de la période perse. Ils constituent la principale source épigraphique pour cette période. Les sites d'Arad et de Tel Sheva sont parmi les plus riches en ostraca. Ceux de Tel Sheva traitent de la culture de champs et de vergers. Ils semblent indiquer qu'un centre de collecte de taxes y est établi. À Arad, les ostraca fournissent des données sur l'approvisionnement en vivres pour des hommes et des animaux. Une partie de cette nourriture pouvait faire partie de la logistique pour l'approvisionnement d'un régiment militaire. Ils attestent également de la présence de Judéens en Idumée, notamment à des postes de fonctionnaires dans le cas des ostraca d'Arad[5].

Les ostraca mentionnent quinze toponymes dont trois sont identifiés. Au vu des mille trois cents noms qui figurent dans ces documents, la population de l'Idumée apparaît très mélangée. Les Édomites représentent environ 27 % de la population, les Arabes 32 %, les Juifs 10 % et les Phéniciens 5 %. Le reste de la population est d'origine sémitique occidentale, babylonienne et iranienne. Si les différentes ethnies conservent leurs identités, il ressort des ostraca qu'elles se mélangent et qu'elles sont bien intégrées entre elles[4].

L'Idumée semble ignorée dans les sources de l'époque perse. Elle n'apparaît comme province qu'à l'époque hellénistique[2].

Iduméens et Nabatéens

La présence des Édomites se maintient en Transjordanie mais ils y sont devenus minoritaires face à l'invasion de populations arabes. En Transjordanie, les Nabatéens abandonnent progressivement le mode de vie nomade et se dotent d'une organisation politique et administrative. Ils deviennent un élément important, voire dominant dans la région à partir du IVe siècle av. J.-C.. Dans leur nouvelle organisation, ils intègrent les éléments ethniques déjà présents dont les Édomites[6]. Strabon identifie d'ailleurs de manière erronée les Iduméens aux Nabatéens[7]. La culture édomite persiste donc dans son territoire historique. Même lorsque les Nabatéens sont devenus l'élément démographique dominant, le nom du dieu Qôs, son culte et les rituels associés se perpétuent[8].

L'Idumée hellénistique

Marésha devient une ville importante d'Idumée à partir du règne des Ptolémées d'Égypte. Des colons sidoniens s'y installent au milieu du IIIe siècle av. J.-C.[9]. Marsésha abrite peut-être le siège du gouvernement[10]. Zénon de Caunos y séjourne au milieu du IIIe siècle av. J.-C.[11]. La ville fait partie intégrante du commerce du monde hellénistique : elle a des liens commerciaux avec les autres villes productrices de vin et d'huile de la mer Méditerranée, de la mer Égée et de la mer Noire. À partir de la fin du IIe siècle av. J.-C., le commerce avec la Méditerranée occidentale, sous domination romaine, commence à y être bien représenté[12].

À la fin du IIIe siècle av. J.-C., les fortifications perses de l'acropole de Marsésha sont renforcées face au risque d'une nouvelle invasion d'Antiochos III après la bataille de Raphia. L'Idumée passe finalement sous domination séleucide.

Les populations rurales sont contrôlées par les villes d'Adouraïm et de Marésha. Comme en Judée, la politique d'hellénisation imposée par le pouvoir séleucide génère des tensions entre le secteur rural de la population et le secteur urbain, acquis à l'hellénisme. La société iduméenne est divisée face à l'hellénisme. À l'ouest, les influences hellénistique et phénicienne sont mieux acceptées, grâce aux contacts avec les villes marchandes de la côte. L'influence grecque y est véhiculée par l'établissement des Phéniciens. À l'intérieur des terres à l'est et dans le Néguev, le secteur rural est certainement plus influencé par la société juive. Juifs et Iduméens partagent une hostilité commune aux cités hellénistiques et au pouvoir séleucide[13].

Lors de la révolte des Maccabées en Judée, Judas Maccabée s'empare de Hébron et de Marésha[14]. Les attaques de celui-ci ont des conséquences négatives durables sur les relations commerciales de Marésha. L'activité économique y diminue pendant les années 165 à 150[12]. Profitant des divisions au sein du pouvoir séleucide qu'est la rivalité entre Démétrios II Nicator et Antiochos VII, Jean Hyrcan Ier mène une campagne en Idumée en 125 av. J.-C., de Hébron à Beer-Sheva. Il détruit les villes de Marésha et d'Adouraïm[15] car celles-ci font partie du dispositif séleucide menaçant la Judée.

L'intégration à la Judée

La conversion des Iduméens

En 125 av. J.-C., Jean Hyrcan Ier achève la conquête de l'Idumée. Selon les historiens gréco-romains, les Iduméens sont alors convertis au judaïsme. La nature de la conversion des Iduméens lors des conquêtes hasmonéennes, conversion forcée ou conversion volontaire, fait débat parmi les historiens. Ces conversions de masse sont rapportées par Strabon[N 1], Flavius Josèphe[N 2] et par Ptolémée l'Historien, auteur d'une Histoire d'Hérode[16]. Si Strabon semble parler d'une conversion volontaire, les autres auteurs parlent de conversion forcée. Chez ces auteurs, les souverains Hasmonéens sont perçus comme des ennemis de la culture hellénistique et romaine. Les Hasmonéens sont arrivés au pouvoir en réaction à l'hellénisation de la société juive. Ces témoignages sont donc à considérer avec réserve. Les auteurs insistent sur le caractère forcé de ces conversions pour mettre en évidence la tyrannie du pouvoir juif hasmonéen[17]. Certains arguments ont été mis en avant pour expliquer la possibilité d'une conversion graduelle et volontaire des Iduméens. L'assimilation des Iduméens aux Juifs pourrait résulter d'un processus de convergence sur la base d'une communauté d’intérêt. Ces deux populations sémitiques partagent la même hostilité à un monde hellénistique qui menace leur indépendance et leur organisation sociale. Ce processus aurait débuté avant la conquête de l'Idumée par Jean Hyrcan. Le prestige des Hasmonéens dans leur victoire contre les villes hellénistiques aurait même pu faciliter l'adhésion des Iduméens au judaïsme[17]. La conversion des Iduméens pourrait s'expliquer par une démarche volontaire, mais à l'initiative des Hasmonéens et encouragée par eux. Ces circonstances expliqueraient la conquête rapide de l'Idumée[18]. Le rôle des élites iduméennes a pu favoriser les conversions de masse. Les Hasmonéens utilisent les grandes familles iduméennes pour asseoir leur contrôle sur la région[19]. L'adhésion des dirigeants iduméens au judaïsme a pu entraîner celle du reste de la population. La famille d'Hérode apparaît par exemple s'être très rapidement intégrée aux cercles dirigeants hasmonéens. Dès le règne d'Alexandre Jannée, Antipas, le grand-père d'Hérode Ier le Grand, est nommé stratège de l'Idumée et de Gaza[20]. Cependant, pour les villes hellénistiques d'Adora et de Marissa, les conversions au judaïsme ont vraisemblablement été opérées sous la contrainte[18]. Et d'autres historiens jugent plausible le caractère forcé de la conversion des Iduméens[21].

La société iduméenne

La participation des Iduméens à des révoltes aux côtés des Juifs est souvent pris comme élément pour démontrer que leur conversion est volontaire, durable et sincère. Des Iduméens participent à la révolte réprimée par Varus qui suit la mort d'Hérode (4 av. J.-C.) et à la défense de Jérusalem pendant la Grande révolte contre les Romains (66-73 ap. J.-C.). La révolte à la mort d'Hérode est cependant un soulèvement populaire provoqué par un mécontentement accumulé sous la tyrannie d'Hérode et qui éclate à la suite des exactions de Sabinus et des troupes romaines. Il affecte toutes les régions du royaume[22]. Quant à la défense de Jérusalem en 69-70, elle ne s'inscrit pas dans le cadre d'une guerre entre les Juifs d'une part et les Romains d'autre part, mais dans le cadre d'une guerre civile entre une aristocratie soutenue par les Romains et le peuple ordinaire. Pendant le siège de Jérusalem, les Iduméens ont d'ailleurs leur propre organisation sociale, peut-être héritée de leur société tribale[23].

Les Iduméens apparaissent en fait mal intégrés à la société juive. Ils restent un peuple distinct, possédant leur propre organisation sociale[24]. Les coutumes indigènes perdurent et la judaïsation n'affecte pas la conduite des affaires locales ou familiales[25]. L'Idumée se présente comme un district organisé sur un mode tribal. Elle n'a pas de capitale centralisée mais des centres régionaux (Hébron, Adora, Marissa). Peut-être signe de cette organisation tribale, les Hasmonéens s'appuient sur les puissantes familles iduméennes pour s'assurer le contrôle de la région. Les dirigeants de Judée passent des alliances politiques avec des familles iduméennes. Antipas est nommé stratège d'Idumée par Alexandre Jannée. À l'époque hérodienne, Costobar s'allie avec Hérode Ier. Pour assurer le contrôle du district d'Idumée, Hérode n'hésite pas à nouer une alliance politique avec une importante famille iduméenne, celle de Costobar. Celui-ci épouse Salomé, la sœur d'Hérode, alors même qu'il est issu d’une famille de prêtres de Qôs et qu'il reste attaché aux traditions autochtones. En rupture avec Hérode, il cherche à réinstaurer le culte de Qôs et à gouverner une Idumée indépendante de la Judée en s'appuyant sur l'Égypte et sa reine Cléopâtre VII[26].

La soumission au pouvoir juif suscite des protestations et des oppositions. La politique de judaïsation entraîne un exil de certains Iduméens. Des colonies iduméennes apparaissent dans la vallée du Nil[27]. En Idumée, des groupes conservent les traditions édomites, dont le culte de Qôs, au moins jusqu'à l'époque hérodienne[28].

Période romaine

Après la période hasmonéenne, l'est de l'Idumée est considérée comme une partie intégrante de la Judée. Lorsque la Judée est divisée après la conquête de Pompée, seule la partie ouest est détachée de la Judée[29]. Des Iduméens participent à la révolte qui suit la mort d'Hérode (4 av. J.-C.) et à la défense de Jérusalem pendant la Grande révolte contre les Romains (66-73 ap. J.-C.). Des cercles iduméens s'opposent au pouvoir romain[28]. Vingt mille Iduméens se seraient joints aux Juifs pour combattre les Romains[N 3].

Dans la culture

Le nom d'Idumée a trouvé sa sacralisation poétique dans le vers célèbre de Mallarmé : « Je t'apporte l'enfant d'une nuit d'Idumée! » (Don du poème, 1865).

Notes et références

Notes
  1. Strabon, Geographica XVI 2:34
  2. Flavius Josèphe, Antiquités judaïques XIII
  3. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs.
Références
  • Cet article est partiellement ou en totalité issu de l'article intitulé « Édom » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Oded Lipschits et Joseph Blenkinsopp (dir.), Judah and the Judeans in the Neo-Babylonian period, Winona Lake, (ISBN 9781575060736), p. 23
  2. (en) Lester L. Grabbe, A History of the Jews and Judaism in the Second Temple Period : Yehud: A History of the Persian Province of Judah, vol. 1, T&T Clark International, (ISBN 978-0567043528) p. 165
  3. (en) Ephraim Stern, Archeology of the land of the Bible, volume II : The Assyrian, Babylonian and Persian Periods 732-332 BCE, (ISBN 978-0-300-14057-6) p. 31
  4. (en) Amos Kloner et Ian Stern, « Idumea in the late persian period (fourth century BCE) », dans Oded Lipschits, Gary Knoppers et Rainer Albertz, Judah and the Judeans in the Fourth Century BCE, Eisenbrauns, (ISBN 978-1575061306), p. 141 et 142
  5. Stern 2001, p. 452
  6. Kasher 1988, p. 8
  7. « Les Iduméens sont d'anciens Nabatéens chassés de leur patrie à la suite de discordes intestines, et qui, mêlés aux Juifs, ont fini par adopter leurs mœurs et leurs coutumes. » Strabon, Geographica
  8. Kasher 1988, p. 2
  9. CHJ 2007, p. 7
  10. CHJ 2007, p. 57
  11. CHJ 2007, p. 55
  12. Gérald Finkielsztejn, « Du bon usage des amphores hellénistiques en contextes archéologiques », dans Céramiques hellénistiques et romaines. Productions et diffusion en Méditerranée orientale (Chypre, Égypte et côte syro-palestinienne), Lyon, Maison de l'Orient, (ISBN 2-903264-77-5, ISSN 1274-6525)
  13. Kasher 1988, p. 27
  14. Kasher 1988, p. 26
  15. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe de notre ère, Paris, 2012, PUF, p. 360
  16. Menahem Stern, Greek and latin authors on Jews and Judaism : from Herodotus to Plutarch, vol. I, Jérusalem, The Israel Academy of Sciences and Humanities, (ISBN 965-208-035-7), p. 355
  17. Kasher 1988, p. 55
  18. Kasher 1988, p. 56
  19. CHJ 2007, p. 347
  20. Horsley 2002, p. 152
  21. (en) Lester L. Grabbe, Judaism from Cyrus to Hadrian : The Roman Period, vol. II, Augsburg Fortress, (ISBN 978-0800626211)p. 329
  22. Horsley 2002, p. 144
  23. Horsley 2002, p. 145
  24. Horsley 2002, p. 147
  25. Horsley 2002, p. 164
  26. (en) I. Ronen, « Formation of Jewish nationalism among the Idumaeans », dans Aryeh Kasher, Jews, Idumaeans, and Ancient Arabs : relations of the Jews in Eretz-Israel with the nations of the frontier and the desert during the Hellenistic and Roman era (332 BCE - 70 CE), Tübingen, (ISBN 978-3161452406), p. 215
  27. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère : des prêtres aux rabbins, Presses universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio », (ISBN 978-2-13-056396-9), p. 386
  28. Kasher 1988, p. 63
  29. Kasher 1988, p. 62

Bibliographie

  • (en) The Cambridge History of Judaism, vol. 2, Cambridge University Press, (1re éd. 1989) (ISBN 978-0-521-21929-7)
  • (en) Aryeh Kasher, Jews, Idumaeans, and Ancient Arabs : relations of the Jews in Eretz-Israel with the nations of the frontier and the desert during the Hellenistic and Roman era (332 BCE - 70 CE), Tübingen, (ISBN 978-3161452406)
  • (en) Richard A. Horsley, « The expansion of Hasmonean rule in Idumea and Galilee : toward a historical sociology », dans Philip R. Davies et John M. Halligan (dir.), Second Temple Studies III : Studies in Politics, Class and Material Culture, Sheffield Academic Press, coll. « Journal for the study of the Old Testament / Supplement series » (no 340), (ISBN 0-8264-6030-5)
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164 av. J.-C.

Cette page concerne l'année 164 av. J.-C. du calendrier julien proleptique.

Barzapharnès

Barzapharnès (aussi appelé Parzaphrane Reschdoum par Moïse de Khorène) est un général parthe de la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C.. Au printemps 40 av, J.-C. Barzapharnès commande une invasion parthe du Levant, sous les ordres de Pacorus Ier, fils du roi Orodès II. Alliés avec le romain hors la loi Quintus Labienus, ils s'emparent de la Syrie. Ils aident Antigone II Mattathiah à s'emparer du trône de la Judée. Par la ruse, Barzapharnès fait prisonnier Hyrcan II, qu'il envoie en Mésopotamie. Mais leurs succès est de courte durée, la contre-offensive romaine chasse Labienus d'Asie Mineure, puis en -38 les forces romano-parthes subissent une défaite cuisante lors de la bataille de Gyndarios, au cours de laquelle Pacorus est tué. On ignore si Barzapharnès a subi le même sort, ou s'il est parvenu à franchir l'Euphrate avec les maigres troupes parthes qui réchappèrent de cette aventure.

Hérode Ier le Grand

Hérode Ier le Grand (en hébreu : הוֹרְדוֹס הַגָּדוֹל Horedos haGadol, grec : Ἡρῴδης ὁ Μέγας Hêrôdês ho Mégas, en latin avec les tria nomina : Caius Iulius Herodes), fils d'Antipater, est né à Ascalon en 73 av. J.-C. et mort à Jéricho en 4 av. J.-C. Il est roi de Judée de 37 av. J.-C. à sa mort en 4 av. J.-C.

Hérode le Grand est l'un des personnages les plus importants de l'histoire de l'époque du Second Temple de Jérusalem, édifice auquel il confère son aspect monumental qui subsiste encore. Son histoire est surtout connue par les écrits de Flavius Josèphe, lesquels, inspirés dans un premier ouvrage par les écrits du secrétaire d'Hérode Nicolas de Damas, lui sont particulièrement favorables. Un second ouvrage corrige ensuite le premier, peut-être sous l'influence de ses relations avec les juifs de Rome.

Hérode est placé sur le trône de Jérusalem par les Romains. Pour consolider sa souveraineté, il retire le pouvoir politique aux prêtres qui dirigeaient la Judée depuis le début de l'époque du Second Temple. Pour écarter toute rivalité politique susceptible de menacer son pouvoir, il fait assassiner son épouse Mariamne ainsi que plusieurs de ses enfants.

Mais sa réputation de cruauté est surtout due à un passage de l'Évangile selon Matthieu (2, 16-18) connu sous le nom de massacre des Innocents. Selon l'évangile, les grands prêtres et les scribes du peuple avaient annoncé la naissance à Bethléem du « roi des Juifs », et Hérode, craignant un futur rival temporel, l'avait fait rechercher pour le mettre à mort. Ne l'ayant pas trouvé (Fuite en Égypte), il ordonna la mise à mort de tous les enfants mâles de la bourgade âgés de moins de deux ans, espérant qu'il serait du nombre. On peut aisément faire le parallèle entre ce récit et celui du début de l'Exode selon lequel le Pharaon d'Égypte aurait ordonné le meurtre des nouveau-nés mâles des esclaves hébreux. L'historicité de ce massacre, remise en cause par Voltaire dans l'article « Innocents » de son Dictionnaire philosophique, continue de faire débat parmi les spécialistes,,,.

Jean Hyrcan Ier

Jean Hyrcan Ier, dit Hyrcanus, règne sur la Judée de 134 à sa mort en 104 av. J.-C. Il est le deuxième fils de Simon Maccabée et grand prêtre du Temple de Jérusalem à la fin du IIe siècle av. J.-C.. C'est donc un Hasmonéen et le neveu de Judas Maccabée. Plusieurs campagnes de conquêtes lui permettent d'étendre son royaume sur une grande partie de l'aire géographique palestinienne à l'exception de la Galilée.

Deux de ses fils marquèrent la dynastie hasmonéenne : Aristobule Ier et Alexandre Jannée.

Judas Maccabée

Judas Maccabée (en hébreu יהודה המכבי ou המקבי Yéhouda HaMakabi) est un dirigeant juif du IIe siècle av. J.-C. qui était à la tête des forces juives pendant la révolte des Maccabées contre la domination syrienne hellénistique des séleucides. Il est le troisième fils du prêtre juif Mattathias auquel il succède en 166 av. J.-C. comme chef de la révolte. Il meurt en 160 av. J.-C.. Judas est considéré comme l’un des grands héros de l’histoire juive.

Kokh

Un kokh (pluriel kokhim en hébreu, kokha/kokhin en araméen, littéralement « four ») est une cavité rectangulaire creusée dans les chambres funéraires dans laquelle le mort est placé lors de son inhumation. C'est un terme hébraïque équivalent à loculus. Les kokhim sont des éléments typiques des tombes juives de la période du Second Temple avec l'autre type de tombes de cette période, les arcosolia. L'emploi du terme kokh est fréquent dans la littérature rabbinique et il apparait dans une inscription en araméen découverte en 1932 par Eleazar Sukenik dans une tombe de la vallée du Cédron.

Un kokh est une cavité longue et étroite creusée perpendiculairement aux parois des chambres funéraires. Elle mesure environ 2 m de long et 50 cm de large. Sa taille est variable d'une tombe à l'autre, voir d'un kokh à l'autre au sein d'une tombe. Le kokh est destiné à accueillir un seul corps en position allongée. Selon la nécessité ou les usages, les ossements sont rassemblés dans des dépôts une fois le corps décomposé et le kokh peut servir à une nouvelle inhumation. Le kokh est fermé par une dalle verticale fixée par du mortier. La dalle de fermeture est prévue pour être rouverte à plusieurs reprises, selon les besoins. Elle n'est ni décorée, ni ne porte d'inscription, car son usage est temporaire. Lors de fouilles archéologiques, plusieurs kokhim ont été découverts encore scellés. Le kokh est généralement creusé au niveau du sol. Des canaux sont creusés dans le centre du puits pour drainer l'eau qui s'infiltre à travers la roche.

Contrairement au kokh, l'arcosolium est creusé parallèlement aux parois de la chambre funéraire. Il constitué d'une tablette creusée à l'horizontale dans la paroi (le corps étant exposé sur cette banquette jusqu'à dessication des parties molles, les os et ce qui restait de la peau étant ensuite jetés en vrac dans des fosses collectives puis à partir de 20 av. J.C. placés dans un ossuaire) et est surmontée d'un arc voûté. Plus facile à tailler, l'arcosolium est cependant plus onéreux car on ne mettait qu'un corps parallèle à la paroi là où on aurait pu tailler trois kokhim perpendiculairement.

De nombreux exemples de kokhim peuvent être trouvés, notamment en Palestine et en Israël, en particulier tout autour de Jérusalem. Le tiers d'un complexe a par exemple subsisté à l'extrémité occidentale de l'église du Saint-Sépulcre et est dite « tombe de Joseph d'Arimathie »; le mur de l'église traversant le centre du complexe, les deux tiers restants n'existent plus. Dans le quartier de Sanhédriah, les tombes du Sanhédrin présentent une disposition particulière : des kokhim ordinaires creusés au niveau du sol sont surmontés d'une paire de kokhim creusés dans des arcosolia.

Le kokh a son origine en Phénicie ou en Égypte ptolémaïque. Depuis Alexandrie, le kokh se répand en Idumée, à Marésha. En Judée, l'usage des kohkim commence à partir du IIe siècle av. J.-C. soit sous l'effet direct d'Alexandrie, soit sous l'effet de Marésha. Il remplace l'usage des bancs, très communs à l'âge du fer. Il présente l'intérêt de distinguer différentes unités au sein de la chambre funéraire, ce qui facilite le respect des lois de pureté rituelle. La littérature rabbinique discute longuement de leur structure (Mishna Baba Batra 6:8, Talmud de Babylone Baba Batra 100b-102b). À partir du Ier siècle, les kokhim servent aussi à déposer des ossuaires.

À Doura Europos et à Palmyre, la plupart des tombes à kokh datent des IIe — IIIe siècle. Ils sont creusés par des familles qui peuvent ensuite vendre une partie des tombes ou des kokhim à d'autres personnes. À partir de Palmyre, ce type de sépultures se répand dans toute la région syrienne, à Séleucie de l'Euphrate (Zeugma) par exemple.

Krak de Montréal

Le krak de Montréal ou de Mont Réal, aussi appelé par les historiens arabes Karac el Chobac, château d'al-Shawbak ou de Schaubak est un château fort datant du XIIe siècle, à l'époque des croisades. Il est situé dans la région d'Édom (« Idumée ») à environ 50 km au sud-est de la mer Morte. Les ruines d'al-Shawbak sont situées en Jordanie.

Palestine

Le nom Palestine (en latin : Palaestina, dérivé du grec ancien Παλαιστίνη / Palaistínê ; en arabe فلسطين / Falistīn et en hébreu : פלסטין) désigne la région historique et géographique du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée et le désert à l'est du Jourdain et au nord du Sinaï. Si le terme « Palestine » est attesté depuis le Ve siècle av. J.-C. par Hérodote, il est officiellement donné à la région par l'empereur Hadrien au IIe siècle, désireux de punir les Juifs de leur révolte en 132-135 ap. J.-C.

La zone n'est pas clairement définie. Elle est centrée sur les régions de la Galilée, de la Samarie et de la Judée. Ses limites sont au nord la Phénicie et le mont Liban et au sud la Philistie et l'Idumée. À l'époque des croisades, le Pérée au nord-est de la mer Morte, la Batanée et la Décapole au-delà du Jourdain y étaient attachés. La Palestine peut désigner le territoire situé uniquement à l'ouest du Jourdain. Le terme est aussi utilisé comme équivalent à la terre d'Israël.

La région comprend aujourd'hui l'État d'Israël, les territoires palestiniens occupés, la bande de Gaza et parfois également une partie du royaume de Jordanie, le Liban du Sud et le plateau du Golan,.

Historiquement, elle correspond à Canaan, à la Terre d'Israël et fait partie de la région de Syrie (Syrie-Palestine). Dans les traditions abrahamiques, elle est la Terre promise aux enfants d'Israël, la Terre sainte du christianisme et une terre sainte de l'islam.

Qôs

Qôs, Kos, Cos ou Qaus (קוס en araméen) est une divinité du Proche-Orient ancien dont le culte est particulièrement attaché aux Édomites. Le dieu Qôs acquiert une pré-éminence à partir du VIIIe siècle av. J.-C. avec la formation du royaume édomite, un petit royaume situé au sud de la mer Morte. Il constitue la divinité nationale d'Édom, à l'instar de Yahweh dans l'Israël antique. Alors que la Bible hébraïque cite le nom des divinités Kemoch et Milkom des peuples moabite et ammonite voisins, le dieu Qôs, lui, est passé sous silence et ne fait l'objet d'aucune condamnation.

Rouge

Le rouge est un champ chromatique regroupant les couleurs vives situées sur le cercle chromatique entre l'orange et les pourpres. Lavé de blanc, le rouge devient rose, sombre, il s'appelle brun. Opposé au vert, il forme un des contrastes qui, avec celui entre le bleu et le jaune et celui entre le noir et le blanc, orientent la perception visuelle. Un rouge, un vert et un bleu suffisent pour la synthèse additive des couleurs ; différentes nuances de rouge peuvent servir de couleur primaire. Pour la théorie ondulatoire de la lumière, la bande rouge est à l'extrémité de moins d'énergie du spectre visible, à la limite de l'infrarouge.

Certaines cultures classent les sensations visuelles entre le sombre, dont le maximum est le noir, le clair, dont le maximum est le blanc, et le coloré, correspondant aux couleurs vives, dont le maximum est le rouge. Toutes les autres couleurs se placent dans ces catégories fondamentales. Même dans la culture occidentale, où la classification des couleurs par celles de l'arc-en-ciel domine, le rouge vif a un statut particulier, dans la signalisation et dans la symbolique.

Révolte des Maccabées

La Révolte des Maccabées qui se déroule de 175 à 140 av. J.-C. est à la fois une révolte des Juifs de Judée contre les Séleucides et un conflit interne au peuple juif opposant les traditionalistes aux Juifs hellénisants. Elle tire son nom de la famille des Maccabées, dont Mattathias et ses fils Judas et Simon. Cet épisode est raconté dans les deux premiers Livres des Maccabées et conduit à la fondation de la dynastie des Hasmonéens.

Seigneurie d'Outre-Jourdain

La seigneurie d'Outre-Jourdain aussi appelée seigneurie de Montréal, du nom de sa capitale, était au XIIe siècle un fief du royaume de Jérusalem situé à l'est du Jourdain.

Tétrarchie d'Hérode

La tétrarchie d'Hérode ou tétrarchie de Judée a été formée à la suite de la mort de Hérode le Grand en 4 avant notre ère, lorsque son royaume fut divisé en héritage entre ses fils Hérode Archélaos en tant que ethnarque, Hérode Antipas et Hérode Philippe II en tant que tétrarques. La sœur d'Hérode Salomé Ire devint quant à elle toparque de Jamnia. La Judée, partie principale de la tétrarchie, fut transformée par Rome en l'an 6 après J.-C. en Province de Judée, constituée de la Judée proprement dite, de la Samarie et de l'Idumée. Avec la mort de Salomé Ire en 10 après J.-C., son domaine fut également intégré à la nouvelle province de Judée. Malgré la domination romaine, Hérode Philippe II continua à gouverner la Batanée, la Trachonitide, ainsi que l'Auranitide jusqu'en 34 après J.-C. (son domaine étant plus tard incorporé à la Province de Syrie), tandis que Hérode Antipas dirigea la Galilée et la Pérée jusqu'en 39 après J.-C. Le dernier souverain hérodien notable doté d'un certain degré d'indépendance fut Agrippa Ier. Ce dernier devint même roi de Judée de 41 après J.-C. jusqu'à à sa mort en 44.

Par la suite, les hérodiens Hérode de Chalcis, Agrippa II, Aristobule de Chalcis puis à nouveau Agrippa II gouvernèrent le Royaume de Chalcis. La mort sans descendance d'Agrippa II entraîna l'incorporation du royaume dans la Province de Syrie en 93.

Édom

Édom est un petit royaume du Proche-Orient ancien situé au sud de la mer Morte, au sud de la Transjordanie et de la Judée, de part et d’autre de la vallée de l'Arabah. Le terme Édom désigne à la fois un peuple, les Édomites, et une région. Comme les royaumes israélite et moabite voisins, le royaume d'Édom apparaît à l'âge du fer. Il perdure pendant trois siècles, du VIIIe au VIe siècle av. J.-C. environ, durant lesquels il se confronte à ses voisins : Juda à l'ouest et Moab au nord.

Les Édomites connaissent leur plus grande prospérité à l'époque assyrienne et babylonienne. Sous la pression des tribus nomades du désert, leur position se fragilise en Transjordanie. Alors que le royaume de Juda s'affaiblit, ils s'installent graduellement au sud de la Judée. L'installation continue de populations arabiques finit par les rendre minoritaires dans leur territoire historique. À partir de la période perse achéménide, le terme apparenté « Idumée » est utilisé pour désigner une région du nord du Néguev et s'étendant dans la Shéphélah, peuplée d'Édomites ou Iduméens.

Comme pour les Israélites, l'origine des Édomites est obscure. Contrairement aux Israélites, les Édomites n'ont pas laissé de littérature semblable à la Bible hébraïque. Les sources contemporaines assyriennes et égyptiennes donnent peu d'information sur Édom. La Bible quant à elle rapporte des traditions biaisées et plutôt hostiles. Selon la Bible, son ancêtre fondateur serait Ésaü, frère de Jacob. Il est allégoriquement identifié dans la tradition juive avec l'empire romain, et plus tard, avec la chrétienté.

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