Idéologie

Une idéologie est un système prédéfini d'idées, appelées aussi catégories, à partir desquelles la réalité est analysée, par opposition à une connaissance intuitive de la réalité sensible perçue. De tels systèmes considérés comme idéologiques existent dans les domaines politique, social, économique, culturel et religieux. Une idéologie est souvent la dimension culturelle d'une institution sociale ou d'un système de pouvoir. Une idéologie est typiquement imposée d'autorité, par un endoctrinement (enseignement) ou de façon imperceptible dans la vie courante (famille, media). Une idéologie dominante est diffuse et omniprésente, mais généralement invisible pour celle ou celui qui la partage, du fait même que cette idéologie fonde la façon de voir le monde.

On peut distinguer dans une idéologie les dimensions :

À l'origine, le terme d'idéologie fut créé par Destutt de Tracy pour tenter de fonder une discipline qui étudie les idées pour elles-mêmes (la mémétique, si ses axiomes sont corrects, pourrait être une branche ou dimension de cette étude). Mais ce sens s'est perdu en faveur de la notion de système d'idées doctrinaire. Le terme tend à prendre un sens de plus en plus large, et est parfois employé pour sa seule connotation péjorative en vue de dénigrer une école de pensée adverse, qu'elle soit ou non dogmatique.

Origines

Étymologie

Du grec ancien ἰδέα (idea), « idée », et de λόγος (logos), « science, discours ». L'idéologie est donc, étymologiquement, un discours sur les idées. En grec ancien, le nom ἰδέα apparenté au verbe ἰδεῖν, « voir », suggèrerait plutôt le sens d'« image ». L'idéologie est communément interprétée comme :

  • la logique d'une idée par rapport à sa contrainte ;
  • la logique d'une vision ;
  • la logique d'une image développée pour la pensée de groupe.

Terme

Logique (du grec ancien : λόγος) : c'est à la fois le discours et la rhétorique de l'homme, animal politique selon Aristote[1] ; grâce à la parole et donc à la rhétorique, l'homme n'est plus un animal comme les autres[1]. Dans l'idéologie, il s'agit d'une logique par les mots, d'un discours, c'est-à-dire de rhétorique incluant la logique fallacieuse ; depuis la logique dépasse le langage humain. (voir Langage, Logique et Vérité)

Le terme d'idéologie apparaît à la fin du XVIIIe siècle : il fut forgé en 1796 par Destutt de Tracy (Mémoire sur la faculté de penser), pour désigner l'étude des idées, de leur caractère, de leur origine et de leurs lois, ainsi que leurs rapports avec les signes qui les expriment.

Dans la continuation des Lumières, les idéologues, groupe animé par Destutt de Tracy, (Cabanis, Volney, Garat, Daunou), voulaient instaurer une science des idées. Leur projet était de traiter les idées comme des phénomènes naturels exprimant la relation de l'homme avec son milieu naturel de vie. Dans la lignée du sensualisme de Condillac, qui cherchait déjà l'origine des idées, ils voulaient faire une analyse scientifique de la pensée. L'idéologie est alors considérée comme un système de pensée cohérent et naturel, indépendant de son cadre historique.

Cependant, selon Georges Canguilhem, ces idéologues étaient des positivistes avant la lettre, libéraux, anti-théologiens, et anti-métaphysiciens, cherchant à dissiper les mythes et l'obscurantisme. Ils ont cru en Bonaparte comme continuateur de la Révolution Française, pour devenir anti-napoléoniens. Et c'est Napoléon Ier qui a renversé leur image, au nom du réalisme politique et social, en les dénonçant eux-mêmes comme des métaphysiciens à la pensée creuse[2].

Cette problématique accompagne tout le XIXe siècle, en parallèle au déploiement de la pensée scientifique et à la Révolution industrielle. Ce qui guide les penseurs, c'est la recherche d'un système global et cohérent, qui s'articule autour de l'application des lois scientifiques aux phénomènes sociaux. Dans certains cas, la polarisation se fait entre idéologie scientifique et croyances religieuses.

Au XIXe siècle, Marx propose de cesser de considérer l'idéologie comme un système neutre et donne un éclairage critique au concept originel de l'idéologie de l'époque : il voit l'utilisation de l'idéologie comme un système d'opinions servant les intérêts de classes sociales (voir Analyse marxiste). Il reprend le concept du renversement du rapport de la connaissance à la chose. L'idéologie désigne désormais un système d'idées issue d'une situation qui méconnait son véritable rapport au réel[2].

Selon Georges Canguilhem :

« La fortune, aujourd'hui, de la notion d'idéologie a des origines non douteuses. Elle tient à la vulgarisation de Karl Marx. Idéologie est un concept épistémologique à fonction polémique, appliqué à ces systèmes de représentations qui s'expriment dans la langue de la politique, de la religion et de la métaphysique. Ces langues se donnent pour l'expression de ce que sont les choses mêmes, alors qu'elles sont des moyens de protection et de défense d'une situation, c'est-à-dire d'un système de rapports des hommes entre eux et des hommes aux choses.[3]»

À ce propos, Canguilhem pose la question « Qu'est-ce qu'une idéologie scientifique ? » et de sa pertinence en épistémologie et histoire des sciences[4].

Acceptions actuelles

Une idéologie est un ensemble d'idées sur la structure de la société, sur les forces qui agissent dans la société, sur les sources de conflit qui y sont présentes, et aussi sur les modalités qui permettent de résoudre ces conflits, ensemble d'idées partagées par un groupe, communément appelé parti politique. Une définition dérivée de l'idéologie est celle d'une doctrine politique qui fournit un principe unique à l'explication du réel. Celle-ci est susceptible d'inspirer rapidement un programme d'action et constitue un ensemble cohérent d'idées imposées et parfois acceptées sans réflexion critique et sans discernement. L'idéologie offre des notions beaucoup plus larges que celles des doctrines qui sont la dimension intellectualisée d'une idée imaginée. Les doctrines font appel à la dimension culturelle des « comportements psychologiques » et s'inscrivent dans un processus collectif important : la notion d'idéal remplace alors l'idéologie en encadrant une « société de masses ».

L'idéologie peut être vue sous l'angle sociologique : l'idéologie a été définie par Guy Rocher comme un « système d'idées et de jugements, explicite et généralement organisé, qui sert à décrire, expliquer, interpréter ou justifier la situation d'un groupe ou d'une collectivité et qui, s'inspirant largement de valeurs, propose une orientation précise à l'action historique de ce groupe ou de cette collectivité »[5]. Un autre auteur, Jean Baechler, donne cependant une définition plus fine et plus complète de l'idéologie.

  1. Au départ, l’idéologie est l’ensemble des représentations mentales qui apparaissent dès lors que des hommes nouent entre eux des liens, des associations.
  2. Ces représentations forment ensuite un ensemble d’états de la conscience liés à l’action politique, autrement dit à la façon conflictuelle ou non dont les humains organisent leur vie sociale. Le noyau de ces états de conscience est non verbal, c’est-à-dire composé de pulsions affectives ; ces états idéels s’actualisent dans différents types de registre et peuvent être inférés à partir des manifestations objectives et matérielles auxquelles ils donnent lieu.
  3. L’idéologie se trouve dans le contenu et non dans le contenant. Il n’existe pas de genre discursif qui puisse être décrété idéologique en tant que tel.
  4. Au total, pour cet auteur, une idéologie est une formation discursive polémique, ni vraie ni fausse, efficace ou inefficace, cohérente ou incohérente, élaborée ou non, normale ou pathologique, grâce à laquelle une passion cherche à réaliser une valeur par l’exercice du pouvoir dans une société[6].

Les analyses épistémologiques amènent une reformulation un peu plus nuancée de l'idéologie : celle-ci, ayant permis la conceptualisation des sciences, est également analysée quant à sa neutralité, sa construction et ses fondements. Et la critique marxiste n'est qu'un angle possible d'étude de ceux-ci.

Le philosophe allemand Christian Duncker invoque la nécessité d'« une réflexion critique du concept d'idéologie » (2006). Dans son travail, il tâche d'introduire le concept de l'idéologie dans le premier plan, comme les soucis étroitement reliés de l'épistémologie et de l'histoire. Le terme idéologie est défini en termes de système de représentation qui explicitement ou implicitement clame la vérité absolue. Dans le « système totalitaire », Hannah Arendt écrit que l'idéologie est consubstantielle au phénomène totalitaire et qu'elle présente plusieurs caractéristiques indissociables. D’une part, elle forme un système d’interprétation définitive du monde, elle affiche une prétention omnisciente et « omni-explicative » de celui-ci, qu’il s’agisse des événements passés ou futurs. D’autre part, elle affirme son caractère irrécusable, infalsifiable. Elle n’est jamais prise en défaut et s’émancipe de la réalité. Une autre caractéristique de l’idéologie est son « logicisme », son aptitude à se doter d’une cohérence interne, à intégrer en permanence la contradiction dans un processus logique. L’idéologie, de ce point de vue, est exactement ce qu’elle prétend être : la logique d’une idée.

L'idéologie est une pensée de groupe, le discours, la vision, et la logique s'adresse au groupe les soutenant et à la totalité de la société afin d'y faire adhérer le plus de monde. Autrement dit, l'idéologie est un moyen pour un groupe d'accroître son pouvoir par l'accumulation de force politique, de soutien, au sein de la société. L'idéologie est pourtant une vision tout à fait partiale qui peut se tromper lourdement (voir nazisme), cependant ce qui la définit c'est qu'elle cherche à devenir majoritaire, et par là même elle s'impose suivant un énoncé (discours d'une personne et de son groupe, sa minorité) et avec une logique comme structure la soutenant (voir totalitarisme). C'est la tyrannie de la majorité, mais cette majorité dans l'idéologie est une force majoritaire instrumentalisée : pourtant là où il y a influence d'un groupe sur un autre ou sur la politique de la société, il ne s'agit donc pas à proprement parler de démocratie, mais d'un autre type de gouvernement.

Il existe également des cas d'idéologie se voulant sans chef ni organisation (voir anarchisme) : mais par le fait même que cette 'logique d'une vision' refuse le discours imposé verticalement, elle refuse donc la pensée de groupe, et son statut d'idéologie en devient dès lors discutable.

Idéologies politiques

Analyse marxiste

Pour Karl Marx, l'idéologie est l'ensemble des idées, des valeurs et des normes servant à légitimer la division en classes de la société. L’idéologie au sens marxiste décrit donc l'idéologie dominante en tant que « vision du monde » imposée par la classe dominante. C'est la construction intellectuelle qui expliquerait et justifierait un ordre social existant à partir de raisons naturelles ou religieuses. Cette vision ne serait en réalité qu'un voile destiné à cacher la poursuite d'intérêts matériels égoïstes que la classe dominante utiliserait pour renforcer ou étendre sa domination : ainsi pour renforcer le pouvoir en place, l'idéologie de la classe dominante se présenterait de manière que les intérêts de la classe dominante paraissent être les intérêts de tous. L'idéologie devient une superstructure de la société dont elle émane et qu'elle soutient. Selon Friedrich Engels, « l’idéologie est un processus que le soi-disant penseur accomplit sans doute consciemment, mais avec une conscience fausse. Les forces motrices véritables qui le mettent en mouvement lui restent inconnues, sinon ce ne serait point un processus idéologique »[7].

La critique de Karl Marx de l'idéologie est d'abord une critique de la misère que cette idéologie cache, misère qui réside dans les rapports sociaux à la fois résultat et moteur de cette misère. La première misère est l' obligation au travail impliquée dans l'organisation de la société par Le Capital dans laquelle toute personne dépourvue d'une part de ce capital se voit dans l'obligation de vendre sa force de travail. Des auteurs comme Habermas, Althusser, Thompson (en), vont développer cette conception critique de l'idéologie.

Jean-Paul Sartre définit une idéologie comme « une conception globale du monde »[8], sans en dédouaner le marxisme malgré son appartenance à ce courant.

Louis Althusser utilise le concept d'« appareils idéologiques d'État » (scolaire, famille, religion, information, syndical, juridique, culturel et politique), par distinction avec les « appareils répressifs » d'État (armée, gouvernement, administration).

Les études de John B. Thompson concernant l'idéologie dans notre société moderne abordent les dimensions culturelles et politiques de l'idéologie en regard de la communication de masse, caractéristique de notre monde contemporain. L'idéologie concerne le comment le « sens » établit et maintient systématiquement des relations asymétriques de pouvoir.

Analyse situationniste

L'idéologie a aussi trouvé ses critiques dans l'Internationale situationniste, qui fait de la critique de l'idéologie la condition sine qua non des relations de ses membres entre eux[9] : la représentation du monde répondant à celle de soi (« le monde du rêve est le rêve du monde » Raoul Vaneigem) chacun est responsable de l'ensemble d'un projet dans lequel il se retrouve ; en l'occurrence, en finir avec le spectacle, organisation sociale où « tout ce qui était directement vécu s'est éloigné dans une représentation » (La Société du spectacle, Guy Debord), spectacle qui est ici considéré comme la forme achevée du Capital.

Plus clairement, pour l'Internationale situationniste, toute organisation révolutionnaire se doit de critiquer « radicalement toute idéologie en tant que pouvoir séparé des idées et idées du pouvoir séparé ».

Idéologie et sciences sociales

Saint-Simon

Le comte de Saint-Simon (1760-1825) (à ne pas confondre avec Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, auteur des célèbres mémoires), fut l'un des premiers à récupérer le concept d'idéologie afin d'en faire un système philosophique complet, entièrement fondé sur les sciences, en excluant tout apport des religions, puisqu'il était athée. Il joua un rôle tout particulier dans la diffusion de l'idéologie.

Saint-Simon, très influencé par les Idéologues, notamment le docteur Jean Burdin, bâtit entre 1801 et 1825 un système global que Pierre Musso qualifie de philosophie des réseaux[10]. Pour Saint-Simon, les relations des individus en société sont, par métaphore avec la physiologie, qui était en plein développement à ce moment, assimilables aux réseaux organiques des êtres humains (réseaux sanguins, système nerveux). Il introduit aussi la notion de capacité du réseau. L'appellation de « nouveau christianisme » fut en réalité trompeuse pour un système qui, prenant Isaac Newton comme référence suprême, prétendait remplacer Dieu par la gravitation universelle. Sur le plan spirituel, les sciences se substituent à la religion. Sur le plan temporel, les économistes remplacent les politiques.

Le système de gouvernement doit comprendre trois chambres, (chambre des inventeurs, chambre d'exécution…)[11]. Saint-Simon introduit la croyance exclusive dans le progrès industriel. Son système était très empreint de religiosité, surtout dans les dernières années.

Recherche d'un système cohérent (1825)

La préoccupation de la recherche d'un système cohérent que l'on trouvait déjà dans l'école des idéologues, un moment oubliée par les guerres de l'Empire et par la Restauration, ressurgit vers 1825[12], dans le contexte du début du règne de Charles X.

La fin de l'année 1825 et l'année 1826 furent ainsi, en France, un moment de réflexion sur un système philosophique global. On peut considérer que c'est une période charnière dans l'histoire des idées. Les penseurs qui participèrent à cette réflexion furent principalement Auguste Comte, Barthélemy Prosper Enfantin, Charles Fourier… et probablement Lamennais, qui fut engagé dans la réflexion des catholiques.

Cette période initia un grand nombre de mouvements de différentes natures : idéologies, utopies, qui donneront naissance par la suite aux grandes théories sur le libéralisme, ainsi qu'aux différentes formes de socialisme.

Saint-Simonisme : continuation

À la mort de Saint-Simon (1825), un polytechnicien, Barthélemy Prosper Enfantin reprend sa doctrine. Très intéressé par le système de Saint-Simon, il publie avec Saint-Amand Bazard, l'Exposition de la doctrine de Saint-Simon (1829). Ces idées sont ainsi diffusées par le mouvement dit saint-simonien, sous des formes transformées au cours du temps. En 1831, Saint-Amand Bazard se détache du groupe libéral d'Enfantin (schisme) et fonde une branche de sensibilité socialiste, qui influence notamment Marx ; Lazare Hippolyte Carnot, second fils de Lazare Carnot, collabore à l'un des journaux ; Michel Chevalier, saint-simonien de sensibilité libérale, est un proche conseiller de Napoléon III ; les idées saint-simoniennes se développent dans certains cercles de l'école polytechnique.

Les idées saint-simoniennes ont ainsi une forte influence en France dans la phase de développement industriel du Second Empire, puis de la IIIe République (révolution industrielle). Elles se répandent aussi hors des frontières à travers la colonisation en Afrique et au Moyen-Orient dont Enfantin fut l'initiateur (pour plus de détails, voir l'article sur Barthélemy Prosper Enfantin). C'est ainsi que l'on parle d'une idéologie coloniale française (voir aussi dans l'article cercle Saint-Simon les liens avec la colonisation et la propagation de la langue française). Elles trouvent des applications pratiques dans la construction des chemins de fer (étoile de Belgrand), de routes, de canaux, et encore aujourd'hui dans les réseaux de télécommunications[13].

Positivisme d'Auguste Comte

Auguste Comte fut secrétaire de Saint-Simon de 1817 à 1824. Il quitta Saint-Simon pour fonder son propre mouvement philosophique.

L'idéologie de Comte se subdivise en deux parties :

  • Le positivisme scientifique : les causes premières sont oubliées. Dans le Cours de philosophie positive (1830-1842), Comte expose la loi des trois états : l'humanité passe par trois états : l'état théologique (les dieux gouvernent le monde), l'état métaphysique (des entités abstraites déterminent le monde), et l'état positif (les sciences parviennent à l'état positif).
  • Le positivisme religieux : Dans cette phase, Auguste Comte définit les relations en société à partir de trois fondements : l'altruisme, l'ordre et le progrès. La sociologie (il reprend le terme de Sieyès) couronne les sciences dites positives : mathématiques, physique, chimie, astronomie, biologie (Système de politique positive, 1851-1854).

Le monde est gouverné par les morts. L'humanité est un Grand-Être, sorte de continuation du culte de l'Être Suprême, dont il est le « grand-prêtre »[14]. Le positivisme aura une influence déterminante à partir du milieu du XIXe siècle sur de nombreuses personnalités et dans de nombreux domaines : le positivisme logique, le positivisme juridique, qui se fonde sur le système de politique positive de la phase religieuse, et le néopositivisme.

Caractéristiques des premières idéologies

Les idées de Saint-Simon et d'Auguste Comte ont en commun une certaine religiosité et une foi absolue dans le progrès des sociétés humaines par les sciences, la technique, et l'industrie. Tous deux excluent la métaphysique, et remplacent la finalité par l'explication scientifique des phénomènes. Ils ignorent les auteurs classiques de l'antiquité grecque et romaine, qui avaient été redécouverts dès le Moyen Âge et la Renaissance. Ils ne s'appuient ni sur les présocratiques, ni sur la philosophie antique.

Idéologie et sciences

La notion d'idéologie scientifique peut apparaitre de prime abord comme un « monstre logique » puisque la science s'oppose catégoriquement aux idéologies politiques, juridiques, économiques et religieuses. Marx ne cite pas la science au nombre des idéologies, bien que la science dépende de l'activité matérielle des hommes[2].

Canguilhem utilise l'expression pour désigner les discours, à prétention de théorie scientifique, qui apparaissent et disparaissent dans l'évolution historique des connaissances. Il distingue l'idéologie scientifique (domaine de l'épistémologie) de l'idéologie des scientifiques[15], et qui serait plutôt du domaine de la sociologie des sciences.

Idéologie des scientifiques

C'est l'ensemble des discours tenus par les scientifiques sur leur méthodes, leur objet, leur place relative dans la culture et la société.

Les idéologies des scientifiques sont des idéologies philosophiques[15]. Par exemple, au XIXe siècle est apparu le scientisme postulant que la connaissance scientifique doit permettre d'échapper à l'ignorance dans tous les domaines et donc d'organiser scientifiquement l'humanité. De même décréter que la science, la technologie sont neutres, peut faire partie intégrante d'une idéologie philosophique (comme d'ailleurs le point de vue opposé : relativisme, voire la réduction de la science à une croyance sociologique déterminée par des intérêts).

Canguilhem donne comme exemples de concepts idéologiques de scientifiques au XVIIIe siècle, ceux de Nature et d'Expérience[15].

Idéologie scientifique

Selon Canguilhem, l'idéologie scientifique serait plutôt une idéologie de philosophes à prétention scientifique, ou des scientifiques « présomptifs ou présomptueux », souvent considérés comme des précurseurs. Il donne les exemples de Maupertuis (avec son « atome séminal »), de Buffon (avec sa « molécule organique »), de Charles Bonnet (« échelle des êtres ») et de Diderot (dans Le Rêve de d'Alembert pour l'idée d'évolution du vivant) qui sont des idéologies scientifiques dans le domaine des sciences naturelles.

L'idéologie scientifique n'est ni une fausse conscience (comme Marx l'entendait de l'idéologie), ni une fausse science, car la fausse science ne rencontre jamais le faux et ne renonce à rien. La fausse science n'a pas d'histoire, alors que toute science passe par un état préscientifique. L'idéologie scientifique est alors évidemment [16]:

« La méconnaissance des exigences méthodologiques et des possibilités opératoires de la science dans le secteur de l'expérience qu'elle cherche à investir, mais elle n'est pas l'ignorance, ou le mépris ou le refus de la science. »

L'idéologie scientifique n'est pas une superstition, car si elle occupe une place usurpée dans l'espace de la connaissance, elle n'est pas dans l'espace des croyances religieuses. L'idéologie scientifique est sur-située (historiquement en amont) par rapport à la science. Elle est aussi dé-portée, car la science constituée se place dans un autre cadre que l'idéologie lui assignait[16].

Canguilhem donne l'exemple de l'atomisme, comme idéologie scientifique jusqu'au XVIIIe siècle. Lorsque la chimie et la physique constituent la connaissance scientifique de l'atome, le mot persiste mais dans un cadre différent de l'atomisme grec, qui n'est plus celui de l'indivisible : « ce que la science trouve n'est pas ce que l'idéologie donnait à chercher »[16].

De même, la théorie de la dégénérescence à la fin du XIXe siècle est considérée comme une « idéologie scientifique majeure » dans le domaine de l'hérédité pathologique[17].

Dans l'épistémologie des sciences même, chez Kuhn, le concept de paradigme dominant explique la stagnation et la discontinuité de l'évolution des théories scientifiques.

Idéologie et vérité

Histoire des sciences

Canguilhem distingue une histoire des sciences qui s'articule selon une succession de faits de vérité, et qui dès lors n'a pas à rendre compte des idéologies scientifiques. Et aussi une histoire des sciences « qui traite une science dans son histoire comme une purification élaborée de normes de vérification », et qui doit a contrario s'en occuper[18].

L'idéologie et la science devraient être distinguées, mais aussi entrelacées. Distinguées, par exemple pour ne pas projeter ou mettre en continuité des concepts scientifiques modernes avec des concepts antiques ou médiévaux, ou chercher chez Diderot ce qui se trouvera chez Darwin ; entrelacées « pour empêcher de réduire l'histoire d'une science à la platitude d'un historique, c'est-à-dire sans ombres de relief »[18].

Selon Canguilhem, la spécificité de l'idéologie scientifique doit être reconnue en lui faisant une place « sur différents plans de scientificité », sans quoi l'histoire des sciences risquerait d'être une idéologie dans son sens péjoratif de fausse conscience. « À ne vouloir faire que l'histoire de la vérité on fait une histoire illusoire »[18].

Épistémologie

La constatation de l'origine sociologique d'une théorie scientifique n'implique pas qu'elle soit de valeur limitée. Ainsi l'origine religieuse du concept d'énergie n'enlève rien à la valeur scientifique de la notion d'énergie atomique[19].

Des théories scientifiques peuvent être idéologisées, ce qui ne les invalide pas forcément. Des théories scientifiques valables peuvent s'intégrer dans des ensembles idéologiques, et une approche idéologique peut préparer le terrain à une approche scientifique et déclencher des études de valeur scientifiques[19] (par exemple dans le domaine des sciences de l'environnement).

Une théorie, parmi d'autres théories concurrentes de valeur comparable, peut être sélectionnée par « choix idéologique », mais ceci ne garantit ni la validité, ni le caractère erroné de la théorie choisie.

Selon Joseph Gabel « l'identification scientifique vise à simplifier des réalités compliquées, afin de les mettre à la portée de la science ». Alors que l'identification idéologique simplifie encore plus des réalités parfois simples, « pour gagner, en échange du confort intellectuel ainsi offert, l'adhésion des foules ».

Il y aurait une analogie positive de la connaissance qui vise à connaitre quelque chose en l'assimilant à quelque chose de déjà connu, et une analogie négative de l'idéologie qui tend à faire détester quelque chose en l'assimilant à quelque chose de déjà détesté[19].

Approches psychologiques

Cette partie est une traduction du passage sur l'idéologie (en). Certaines recherches en psychologie [20] suggèrent que les idéologies reflètent les procédés des besoins et désirs, contrairement à la pensée que les convictions politiques dérivent toujours d’une réflexion indépendante et objective. En 2008[20], une recherche a suggéré que les idéologies pourraient fonctionner comme des éléments d’interprétation qui se répandent pour répondre aux besoins de comprendre le monde, d’éviter l’angoisse existentielle et de maintenir des relations d’estime entre les personnes. Les auteurs ont conclu que de tels besoins pourraient conduire de façon disproportionnée à l’adoption de systèmes de justification des visions du monde (voir l'étymologie d'idéologie).

Les psychologues ont découvert que des traits de personnalité, diverses particularités individuelles, besoins et croyances idéologiques pourraient être liés. Par exemple, une méta-analyse de Jost, Glaser, Kruglanski et Sulloway en 2003 a confronté 88 études originaires de 12 pays différents, comportant plus de 22 000 sujets et a trouvé que l’angoisse de la mort (présente dans le terrorisme dans les médias, le marketing de la peur ; théorie de la gestion de la peur, les intransigeances/intolérance face à l’ambiguïté, le manque d’ouverture aux nouvelles expériences (lack of openness to experience), le fait d’éviter l’incertitude (aversion à l'incertitude), le besoin de se réduire à l’aspect cognitif, le besoin d’une structure identitaire personnelle, et la crainte de perdre sa position ou son estime personnelle, tous contribuent au degré de conservatisme politique[21] chez l’individu.

Selon les chercheurs, ces résultats montreraient que les conservateurs en politique mettent l’accent sur la résistance au changement et qu’ils sont mus par des besoins qui visent à réduire la peur et l’incertitude. Selon Robert Altemeyer (en) ainsi que d’autres chercheurs, les individus conservateurs en politique ont tendance à se placer très haut sur l’échelle d'autoritarisme de droite.

  • Right-wing Authoritarianism (en) (RWA) : Échelle mesurant la soumission d’un individu aux autorités établies, son agressivité contre les opposants des autorités établies et son adhérence aux normes sociales. En dépit du terme right-wing (de droite), il a été montré en URSS que des individus communistes pouvaient donner des scores élevés[22]. La psychologue Felicia Pratto et ses collègues ont obtenu des données soutenant l'idée qu’une grande orientation vers la domination sociale est fortement liée à des visées politiques conservatrices.
  • Social Dominance Orientation Social (en) (SDO) : Échelle mesurant la préférence d’un individu pour un système hiérarchique.

Il est donc avéré que le conservatisme de droite ou de gauche, défini par une politique et une idéologie rigide et fermée, risque de conduire à choisir — souvent inconsciemment — une idéologie caractérisée par l’autoritarisme (pouvant aller jusqu'au fascisme ou au totalitarisme), et favorisant donc ses représentants. En rapport dans le domaine psychologique et sociologique : Propagande, langue de bois, sophisme, scientisme, pouvoir (sociologie), organisation sociale, hégémonie, manipulation mentale, norme, valeur (sociologie), biais émotionnel, amalgame (communication), conformisme, obéissance, Normalité, statu quo, effet de simple exposition, effet de halo, lieu commun, pensée de groupe, hyperstimulus, et ancrage.A

Notes et références

  1. Aristote, La Politique.
  2. Canguilhem 1977, op. cit., p. 36.
  3. Georges Canguilhem : Idéologie et rationalité dans l'histoire des sciences de la vie, 2e éd. 1977, éd.: Vrin, coll. : Coll.: Bibliothèque des Textes Philosophiques-Poche; 2009, p. 35 (éd. 1977), (ISBN 2711622045)
  4. Canguilhem 1977, op. cit., Première partie, chapitre I, « Qu'est-ce qu'une idéologie scientifique ? », p. 33-45.
  5. Guy Rocher, Introduction à la sociologie générale, Tome 1 :l'action sociale, p. 127
  6. Jean Baechler, Qu'est-ce que l'idéologie ?, Gallimard.
  7. Engels, Lettre à F. Mehring, 14 juillet 1893
  8. Plaidoyer pour les intellectuels, Gallimard, coll. NRF, 1972, p. 20.
  9. Les premiers succès de la lutte de l’Internationale la menaient à s’affranchir des influences confuses de l’idéologie dominante qui subsistaient en elle. Thèse 91 de la Société du spectacle
  10. Pierre Musso, Télécommunications et philosophie des réseaux
  11. Pour plus de détails, consulter Pierre Musso, Télécommunications et philosophie des réseaux
  12. Cette année était celle de la mort de Claude Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon (19 mai), dont le système trouva une postérité par l'intermédiaire de ses proches et ses anciens élèves.
  13. Pierre Musso, télécommunications et philosophie des réseaux
  14. Raquel Capurro, Le positivisme est un culte des morts : Auguste Comte
  15. Canguilhem 1977, op. cit., p.43-44.
  16. Canguilhem 1977, op. cit., p. 39-40.
  17. Dominique Lecourt (dir.), Dictionnaire de la pensée médicale, (ISBN 2-13-053960-2), p. 310.
    article Dégénérescence, par Patrice Pinell.
  18. Canguilhem 1977, op. cit., p. 44-45.
  19. Joseph Gabel, Idéologie, Encyclopaedia Universalis - Le Monde, (ISBN 978-2-35856-039-9), p. 37-38
    dans les Essentiels d'Universalis, volume 19, économie et société.
  20. (en) Jost, J.T., Ledgerwood, A., & Hardin, C.D. (2008). Shared reality, system justification, and the relational basis of ideological beliefs. Social and Personality Psychology Compass, 2, 171-186
  21. (en) Jost, J.J, Glaser, J., Kruglanski, A.A., & Sulloway, F.J. (2003). Political conservatism as motivated social cognition. Psychological Bulletin, 129(3), 339-375.
  22. (en) Altemeyer, B. (1981). Right-wing authoritarianism. Winnipeg, Canada : University of Manitoba Press.

Annexes

Bibliographie

  • Christian Duncker (Hg.): Ideologiekritik Aktuell – Ideologies Today. Bd. 1. Londres, 2008. (ISBN 978-1-84790-015-9)
  • Christian Duncker: Kritische Reflexionen des Ideologiebegriffes, 2006, (ISBN 1-903343-88-7)
  • Minar, David M. (1961) Ideology and Political Behavior, dans le Midwest Journal of Political Science, Midwest Political Science Association.
  • Mullins, Willard A. (1972) On the Concept of Ideology in Political Science, dans The American Political Science Review, American Political Science Association.
  • Pinker, Steven. (2002) The Blank Slate: The Modern Denial of Human Nature, New York, Penguin Group, Inc. (ISBN 0-670-03151-8)
  • André Gorz, L'idéologie sociale de la bagnole, 1973.
  • Karl Marx avec la collaboration de Friedrich Engels, L'Idéologie allemande, 1845-1846.
  • Karl Mannheim, Ideologie und Utopie, Cohen, Bonn 1929; suivi par l'éd. anglaise, rev. et augm. Ideology and Utopia, Routledge, London 1936.
  • Sergio Caruso, La galassia ideologica. Per un approccio storico-problematico ai significati di "ideologia", Libreria Dessì Éditrice, Sassari 1979.
  • John B. Thompson, Studies in the Theory of Ideology, Univ. of California Press, Stanford 1984.
  • John B. Thompson, Ideology and Modern Culture, Univ. of California Press, Stanford 1991.
  • Paul Ricœur, L'idéologie et l'utopie, 1997.
  • Marcello Sorce Keller, Why is Music so Ideological, Why Do Totalitarian States Take It So Seriously: A Personal View from History, and the Social Sciences, dans Journal of Musicological Research, XXVI (2007), no. 2-3, p. 91-122.
  • Danic Parenteau et Ian Parenteau, Les idéologies politiques. Le clivage gauche-droite, Presses de l'Université du Québec, 2008, (ISBN 978-2-7605-1585-7).
  • Jean-Pierre Faye, Le siècle des idéologies, Paris, Armand Colin 1996, Pocket Agora, 2002.
  • Isabelle Garo, L'idéologie ou la pensée embarquée, Paris, La Fabrique, 2009.
  • Guillaume Borel, Le travail, histoire d'une idéologie, Paris, Utopia, 2015.

Articles connexes

Liens externes

  • Portail de la philosophie
  • Portail de la politique
Anationalisme

L’anationalisme (espéranto : sennaciismo) est une idéologie promouvant la sortie des clivages nationaux.

Anationalisme est un terme originaire du mouvement espérantiste. Il s'agit d'un concept politique qui regroupe tout ou partie des idées suivantes :

un antinationalisme plus ou moins marqué,

l’universalisme,

le mondialisme,

la nécessité d’une langue internationale neutre et parfois la volonté de parvenir à l'homogénéisation linguistique au niveau mondial,

la nécessité pour le prolétariat mondial de s'éduquer et de s'organiser en accord avec ces idées,

l'utilité de l'espéranto en tant qu'instrument d'une telle éducation politique.Bien que conçu au sein de l'Association Mondiale Anationale, SAT, l'anationalisme n'est pas considéré comme l'idéologie officielle de cette organisation. Toutefois il n'est pas étonnant que l'anationalisme soit né dans la SAT, puisque, comme le montre le point 5. ci-dessus, l'anationalisme est une idéologie prolétarienne.

Centrisme

Le centrisme est un terme utilisé en science politique pour désigner une position défendant un équilibre ou un compromis entre l'idéal de l'égalitarisme et la nécessité d'une hiérarchie sociale, conduisant dans les faits à une modération entre interventionnisme et laissez-faire sur le plan économique, ainsi qu'entre progressisme et conservatisme sur le plan sociétal et culturel.

Droite (politique)

En politique, le terme de droite désigne à l'origine la partie droite de l'Assemblée nationale dans l'hémicycle, vu de la place de son président, en France. À cette époque, les fidèles au régime en place se plaçaient à droite car symboliquement la droite représentait dans la tradition ce qui était préférable et devait servir de règle. On retrouve notamment ce sens à travers les expressions : « Être assis à la droite du père » et « Être le bras droit de quelqu'un ».

En latin, « dexter » veut d'ailleurs dire « à droite » ou « favorable » tandis que « sinister » est « à gauche » ou de « mauvais augure ».

L'appellation droite a perduré et fut de plus en plus utilisée par néologisme pour désigner les idées de ceux qui suivaient et étaient favorables à l'état en place.

Aujourd'hui en France, les courants politiques dit de droite correspondent plus généralement à des courants politiques ayant une doctrine, une tradition ou une idéologie plutôt conservatrice, économiquement libérale ou non, manifestant un certain attachement à la liberté, l'ordre, considéré comme juste ou comme un moindre mal, réprouvant les changements brusques sur les questions de société et les questions éthiques et étant souvent partagée sur les questions économiques (droite conservatrice, par opposition à droite libérale).

La droite inclut des familles de pensée de type réactionnaire, mais, historiquement, elle n'a cessé depuis son apparition de perdre ses valeurs les plus conservatrices : le phénomène est à relier au sinistrisme.

D'après Michel Winock, on ne devrait pas parler de droite au singulier, mais davantage des droites, qui, dès l'origine, ont divergé et se sont opposées. La diversité des droites commence par la diversité des démocraties libérales : la droite espagnole n'est pas la droite française. D'autres distinctions viennent ensuite.

L'appellation « droite » est utilisé dans un usage en politique qui consiste à diviser les partis politiques en catégories générales qui formalisent une division bipartisane : la droite et la gauche, auxquelles on peut ajouter le centre et les extrêmes (extrême droite et extrême gauche).

Genre littéraire

Un genre littéraire est un concept de type catégoriel qui permet de classer des productions littéraires en prenant en compte des aspects de genre pictural, genre narratif ou genre dramatique, de contenu (entre autres : roman d'aventure, journal intime, théâtre de boulevard, etc.), ou encore de registre (fantastique, tragique, comique notamment).

Divers critères pouvant se combiner et se chevaucher pour déterminer des catégories secondaires, la liste des genres n’étant en effet pas close.

Le débat sur la constitution des genres littéraires existe depuis Platon et surtout depuis l'ouvrage majeur en la matière d'Aristote : la Poétique.

Inscrire une œuvre dans un genre est une façon de répondre à l'horizon d'attente d'un public donné. Selon la façon dont une œuvre est présentée (roman, autobiographie, comédie, drame…), le lecteur s’en fait une représentation plus ou moins stéréotypée, qui peut cependant être remise en question lors de la lecture. Le genre est donc, avant tout, une convention qui donne un cadre au public et fonctionne comme un modèle d'écriture pour les auteurs. C'est ce que souligne Tzvetan Todorov : « Chaque époque a son propre système de genres, qui est en rapport avec l'idéologie dominante. Une société choisit et codifie les actes qui correspondent au plus près à son idéologie ; c'est pourquoi l'existence de certains genres dans une société, leur absence dans une autre, sont révélatrices de cette idéologie. »Un genre est aussi un premier échange entre l'auteur et le lecteur qui se fait au moyen du paratexte. L'étiquetage du genre est parfois délicat à déterminer comme pour l'autofiction qui joue sur réalité et imaginaire entre roman et autobiographie, le roman à thèse comme Le Dernier Jour d'un condamné qui appartient à la fois au roman et au genre argumentatif, ou encore pour l'épopée, genre à la fois narratif et versifié.

Les genres sont avant tout une classification commode à manier en pédagogie, permettant d'appréhender les caractéristiques des productions littéraires.

Nombre d'auteurs et d'universitaires ont proposé des classifications.

Indépendantisme

L'indépendantisme, l'aspiration à l'indépendance, est utilisé dans le cadre politique pour désigner la revendication pour une collectivité à ne pas être « soumis à l'autorité d'un autre organe ou d'une autre collectivité ».

Il correspond donc à des mouvements politique, généralement d'inspiration nationaliste, visant à obtenir l'indépendance politique d'un territoire et pouvant être représenté par des partis politiques organisés, ou simplement naître d'un vaste mouvement d'opinion, qui s'organise ensuite en mouvements structurés. Les motivations de l'indépendantisme peuvent avoir des racines politiques, ethniques, historiques ou religieuses, aucune motivation n'excluant les autres. Le mouvement de décolonisation survenu au XXe siècle est caractérisé par l'aboutissement d'un ensemble de mouvements d'indépendance.

À la différence de l'autonomisme, l'indépendantisme vise à la sécession d'un État, d'une province ou d'un territoire par rapport au pays auquel il appartient. Les revendications indépendantistes peuvent évoluer vers l'autonomisme, comme dans le cas de la Ligue du Nord en Italie : à l'inverse, des revendications autonomistes peuvent se radicaliser et évoluer vers l'indépendantisme.

L'indépendantisme est également appelé à tort séparatisme. La nuance s'établissant au niveau de l'objectif et du moyen. Pour l'indépendantiste le but est l'indépendance, tandis que la séparation tout comme la sécession n'est qu'un passage obligé pour l'atteindre.

Les revendications indépendantistes peuvent éventuellement s'exprimer par diverses formes de violence, incluant le terrorisme, et aboutir à des conflits armés d'envergure, comme dans le cas d'une guerre d'indépendance - guerre d'Indochine, guerre d'Algérie, guerres de Yougoslavie - mais également dans le cadre d'un processus politique non violent, comme dans le cas de la Tchécoslovaquie, séparée pour devenir la République tchèque et la Slovaquie, ou bien dans le cas de l'éclatement de l'URSS, dont la plupart des anciennes républiques se séparent d'un commun accord, la majorité se réunissant ensuite au sein de la Communauté des États indépendants.

L'exemple du mouvement pour l'indépendance de l'Inde illustre le cas de revendications indépendantistes partagées entre violence et non-violence : Subhash Chandra Bose, partisan de l'action armée, finira par conduire le Gouvernement provisoire de l'Inde libre et affronter militairement les Britanniques durant la Seconde Guerre mondiale, mais c'est finalement la ligne pacifiste du Mahatma Gandhi qui obtiendra quelques années plus tard l'indépendance du pays.

Juche

Le juche (en coréen, Josongul : 주체사상 ; hanja : 主體思想, romanisation nord-coréenne : Juchesasang, littéralement, pensée (sasang) du corps maître (juche) ; prononcé /tɕu.tɕʰe/ en coréen) est une idéologie autocratique qui fonde le régime de la République populaire démocratique de Corée, et développée par son premier dirigeant Kim Il-sung. Elle guide les activités du Parti du travail de Corée, dominant en Corée du Nord, et du Front démocratique national anti-impérialiste en Corée du Sud et a vocation à diriger le destin de chaque citoyen. L'idéologie du juche est accompagnée par une propagande intensive, dont l'un des aspects les plus saillants est un culte de la personnalité autour de la « dynastie Kim ».

Cette idéologie prône le mouvement de la nation vers le chaju (l'indépendance), à travers la construction du charip (économie nationale) et l'accent sur le chawi (autodéfense) elle même garante du chaju, afin d'établir le socialisme. Cette idéologie est portée par trois axes : l'autonomie militaire, l'autosuffisance économique et l'indépendance politique,.

Le mot « jucheseong » dans le langage courant coréen veut dire « autonomie » ou « indépendance » ou « initiative ».

Cette doctrine est inscrite en 1972 dans la Constitution de la Corée du Nord.

Marxisme

Le marxisme est un courant de pensée politique, sociologique et économique fondé sur les idées de Karl Marx (et dans une moindre mesure de Friedrich Engels) et de ses continuateurs. Politiquement, le marxisme repose sur la participation au mouvement réel de la lutte des classes, afin d'arriver à une société sans classes en tant qu'alternative au capitalisme.

En effet, Karl Marx considère que « l’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes », donc que c'est par l'action collective que l'organisation économique et sociale peut et doit être changée.

Militantisme

Le militantisme est une forme d'engagement actif à une cause de nature politique, associative ou syndicale défendant une idéologie. Le but étant de faire valoir ce soutien à une plus grande échelle.

National-anarchisme

Le national-anarchisme, plus communément appelé anarcho-nationalisme ou nationalisme libertaire est un mouvement politique cherchant à concilier les positions anarchistes de rejet du capitalisme et de l’État avec le nationalisme, voire dans certains cas, avec le « séparatisme racial ». Il trouve ses racines intellectuelles dans les écrits de Miron Fyodorov,Pierre-Joseph Proudhon, Michel Bakounine, Pierre Kropotkine, Léon Tolstoï, Murray Bookchin, Richard Walther Darré et Max Stirner. Il s'agit d'une des variantes de l'anarchisme de droite.

Utilisé ainsi, le terme fut créé simultanément par Troy Southgate (en Angleterre), Peter Töpfer (en Allemagne), Tim Mudde (aux Pays-Bas) et Hans Cany (en France), et fut utilisé par la National Revolutionary Faction, désormais inactive, pour décrire son idéologie.

Nazisme

Le national-socialisme (en allemand Nationalsozialismus), plus couramment désigné en français sous l'abréviation nazisme, est l'idéologie politique du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), parti politique d'extrême droite fondé en Allemagne en 1920 et dirigé par Adolf Hitler,,,. Cette idéologie théorise une hiérarchie au sein d'une espèce humaine divisée en « races », au sommet de laquelle elle place la « race aryenne », les races les plus détestées, juifs, slaves, tziganes, formant la classe des sous-hommes, les Untermensch. Le nazisme est le seul type de fascisme incorporant à la fois racisme biologique et antisémitisme. Par extension, le terme nazisme désigne le régime politique inspiré de cette idéologie, dictature totalitaire et expansionniste dirigée par Adolf Hitler de 1933 à 1945 et connue sous les noms de Troisième Reich ou d'Allemagne nazie.

En tant que sujet de science politique, les définitions du nazisme varient selon les historiens. En particulier, reste ouverte la question de savoir si le nazisme ne fut que l'une des formes du fascisme ou doit être considéré, parce qu'ayant fait du racisme une doctrine d'État, comme un phénomène historique et idéologique unique. En effet, l'antisémitisme officiel du régime nazi, l'élimination des personnes handicapées et la persécution des opposants politiques, des homosexuels, des Roms, etc., se concrétisent dès 1933, par la mise en place d'une législation raciale et fortement discriminatoire, par une politique de spoliation des juifs, et par l'internement des opposants et des indésirables dans les premiers camps de concentration en Allemagne. Cette politique ne fait que s'amplifier du début de la Seconde Guerre mondiale, lorsque la Shoah par balles est déclenchée et que sont créés les camps d’extermination nazis, jusqu'à la défaite militaire du Troisième Reich en 1945. Ainsi plus de six millions de personnes, dont une majorité de Juifs, périssent dans les camps de concentration et d'extermination, ou lors des innombrables massacres commis par les troupes nazies et leurs collaborateurs. Le régime nazi, censé « durer mille ans », en dure douze et laisse l'Europe exsangue et l'Allemagne en ruines.

Néofascisme

Le néofascisme désigne l'idéologie et l'ensemble des mouvements prétendant trouver leur inspiration dans le fascisme italien.

Le fascisme est considéré par la majorité des historiens comme un événement historique déterminé, propre en particulier à l'Europe (et, au-delà, à l'ensemble du monde occidental). Le fascisme réfère stricto sensu au régime mussolinien, mais l'utilisation du terme peut s'étendre aux mouvements qui le reconnaissent comme influence notable.

Le nom « néofascisme » a pu être appliqué à tous les mouvements politiques se réclamant plus ou moins de cette idéologie mais étant postérieurs à la Seconde Guerre mondiale. Le néofascisme est parfois assimilé ou confondu avec le néonazisme, et le qualificatif peut être attribué par leurs opposants à divers mouvements nationalistes, nationaux-révolutionnaires, nationaux-bolchéviques ou plus largement de droite. Le qualificatif de néofasciste, comme celui de fasciste, demeure d'un usage polémique, et n'est pas toujours explicitement revendiqué par les mouvements rangés dans cette catégorie.

Des tentatives de confédérations européennes des mouvements néofascistes ont eu lieu sans grand succès, en 1949 avec le Front européen de libération animé au Royaume-Uni par l'Américain Francis Parker Yockey, puis en 1951 avec le Mouvement social européen, qui subit la même année une scission avec la naissance du Nouvel ordre européen. Jeune Europe, créé en 1962, fait figure de tentative comparable, mais tendant davantage vers l'activisme violent.

Parti québécois

Le Parti québécois (PQ) est un parti politique québécois indépendantiste, œuvrant sur la scène politique provinciale québécoise. Fondé en 1968, il est issu du Mouvement Souveraineté-Association (MSA) et du Ralliement national (RN), deux groupes résultant de la renaissance du nationalisme québécois comme force politique lors de la Révolution tranquille. Deux semaines après la fondation, un autre groupe indépendantiste, le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) vote à 82% en congrès de se dissoudre, en invitant ses membres à se joindre au PQ sur une base individuelle, ce qu’ils firent pour la plupart.

Après sa fondation, le Parti québécois s'est progressivement imposé à l'Assemblée nationale du Québec, comme l'alternative face au Parti libéral du Québec. Le PQ remporte les élections québécoises de 1976, et forme le premier gouvernement de René Lévesque, le fondateur du parti. Le PQ formera, jusqu'en 2014, plusieurs gouvernements, en alternance avec les libéraux.

Parmi les réalisations du Parti québécois on compte, notamment, la Charte de la langue française, la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles et le ministère de l'Environnement, la Loi sur le financement des partis politiques, la Société de l'assurance automobile du Québec, la Commission de la santé et sécurité au travail, la Loi sur l'équité salariale et le réseau des centres de la petite enfance. Le PQ a également tenu deux référendums sur la souveraineté du Québec : un en 1980 et un second en 1995. Le PQ propose aujourd'hui la mise en place d'un mode de scrutin proportionnel, la hausse progressive du salaire minimum à 15 $ l'heure, la gratuité scolaire au cégep et à l'université et s'assurer que les candidats à l'immigration connaissent le français dès leur arrivée.

Depuis mars 2019, le Parti québécois compte 9 députés à l'Assemblée nationale du Québec. Son chef intérimaire de groupe parlementaire est Pascal Bérubé.

Progressisme

Le progressisme est une tendance politique favorable aux réformes sociales et économiques, en opposition au conservatisme. En tant que philosophie, le progressisme se fonde sur le progrès social et l'idée que les avancées en matière de science, technologie, développement économique et l'organisation sociale sont vitaux à l'amélioration de la condition humaine.

Racisme

Le racisme est une idéologie qui, partant du postulat sans fondement scientifique de l'existence de races au sein de l'espèce humaine, considère que certaines catégories de personnes sont intrinsèquement supérieures à d'autres. C'est sa différence avec le racialisme qui part du même postulat, mais ne considère pas les races comme inégales. Cette idéologie peut amener à privilégier une catégorie donnée de personnes par rapport à d'autres. Le Petit Larousse définit le racisme, au sens large du terme, comme « une attitude d’hostilité répétée voire systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes ».

Cette hostilité envers une autre appartenance sociale (que la différence soit culturelle, ethnique – ou tout simplement due à une couleur de peau) – se traduit aussi par des formes de xénophobie ou d’ethnocentrisme. Certaines formes d’expression du racisme, comme les injures racistes, la diffamation raciale, la discrimination, sont considérées comme des délits dans plusieurs pays.

Selon certains sociologues, le racisme s’inscrit dans une dynamique de domination sociale à prétexte racial. Les idéologies racistes ont servi de fondement à des doctrines politiques conduisant à pratiquer des discriminations raciales, des ségrégations ethniques et à commettre des injustices et des violences pouvant aller, dans les cas extrêmes, jusqu'au génocide selon Abraham Maslow et la pyramide de la haine. Le « racisme inversé » est pour sa part une expression qui use du terme « racisme », mais venant non des membres d'un groupe social dominant, mais d'un groupe anciennement ou actuellement dominé et sans adhérer aux idées racistes sous-tendant le suprémacisme blanc. Ces idées s’appuyaient initialement non sur des faits scientifiques, mais sur la malédiction de Canaan dans le Livre de la Genèse et sur la « Table des peuples » qui en dérive.

Réaction (politique)

Une réaction désigne la politique prônant et mettant en œuvre un retour à une situation passée réelle ou fictive, selon le point de vue, révoquant une série de changements sociaux, moraux, économiques et politiques. Un partisan de la réaction est nommé « réactionnaire ». Le terme s'oppose à progressiste, ce dernier employant de façon raccourcie le mot « réac », pour désigner péjorativement toute personne identifiée comme réactionnaire qui s'oppose aux idéaux qui se veulent progressistes. Le réactionnaire se différencie également du conservateur qui souhaite la conservation des structures du modèle politique actuel.

La pensée réactionnaire rejette un présent perçu comme « décadent » et prône un retour vers un passé idéalisé, voire fictif selon les opposants à cette philosophie[réf. souhaitée]. Le terme serait apparu au cours de la Révolution française de 1789, pour qualifier le mouvement s'opposant aux changements initiés par les révolutionnaires, et voulant revenir à l'Ancien Régime.

Dans le Manifeste du Parti communiste, Karl Marx affirme que les « classes moyennes, petits industriels, petits commerçants, artisans, paysans, tous combattent la bourgeoisie parce qu'elle est une menace pour leur existence en tant que classes moyennes. Elles ne sont donc pas révolutionnaires, mais conservatrices ; bien plus, elles sont réactionnaires : elles cherchent à faire tourner à l'envers la roue de l'histoire ».

Les religions sont parfois qualifiées de réactionnaires par les militants qui se réclament du progressisme. Cela provient en partie de l'opposition de ces derniers à des philosophes religieux comme Louis de Bonald, Joseph de Maistre et François-René de Chateaubriand, et en partie de ce que Karl Popper a appelé la croyance progressiste dans le caractère manifeste de la vérité, qui conduit ceux-ci non pas à construire la connaissance mais à chercher quels obstacles s'opposeraient à la manifestation de la vérité, à identifier la religion comme génératrice de préjugé et finalement à chercher à abolir la religion.

Social-démocratie

Le terme de social-démocratie désigne une courant politique et économique, apparu au XIXe siècle, qui tend à incorporer certains éléments du socialisme dans une économie capitaliste et libérale. L'expression recouvre à la fois la dénomination employée par divers partis socialistes, la forme d'organisation de ceux-ci, un courant idéologique et une pratique politique.

Historiquement, le nom de social-démocrate a été, et est toujours, utilisé par les partis socialistes de divers pays, notamment en Allemagne et en Scandinavie mais également dans des pays extra-européens. En France, l'appellation a été employée par François Hollande pour définir sa politique. Au Canada, particulièrement dans la province de Québec, le terme désigne les partis prônant l'État-providence et par le fait même une intervention plus forte du gouvernement. Le terme de social-démocratie a pu, dans l'histoire, désigner des courants aussi bien réformistes que révolutionnaires : avec le temps, le sens du mot a évolué, jusqu'à désigner aujourd'hui, de manière quasi-exclusive, une forme réformiste et modérée du socialisme.

La social-démocratie européenne est, dans le dernier tiers du XIXe siècle, fortement influencée par le marxisme et se définit notamment par une alliance étroite avec le syndicalisme. Par la suite, divisés en tendances réformistes et révolutionnaires, les partis sociaux-démocrates, et plus largement la IIe Internationale, font l'objet d'une scission à la suite de la Première Guerre mondiale puis à la Révolution d'Octobre : une partie des cadres et militants, tout en continuant à se réclamer du socialisme, crée des partis qui utilisent désormais l'appellation de communiste et intègre l'Internationale communiste après la création de celle-ci en 1919. Durant l'entre-deux-guerres, l'arrivée au pouvoir de partis sociaux-démocrates en Scandinavie accompagne l'évolution du terme de social-démocratie, rattaché désormais à une pratique politique modérée, à la protection sociale et à la recherche d'un consensus politique entre l'État, le patronat et les salariés. Après la Seconde Guerre mondiale, les partis sociaux-démocrates européens, membres de l'Internationale socialiste, renoncent définitivement aux références marxistes et aux aspirations révolutionnaires.

De nos jours, le terme de social-démocratie, qui tend désormais à être employé comme un synonyme du socialisme démocratique dans son ensemble[réf. nécessaire], désigne un courant politique qui se déclare de gauche ou de centre gauche, réformiste tout en adoptant et appliquant des idées libérales sur l'économie de marché.

Ubuntu (philosophie)

Le mot ubuntu, issu de langues bantoues du sud de l’Afrique, désigne une notion proche des concepts d’humanité et de fraternité. En Afrique du Sud, ce terme a été employé, notamment par les prix Nobel de la paix Nelson Mandela et Desmond Tutu, pour dépeindre un idéal de société opposé à la ségrégation durant l’Apartheid, puis pour promouvoir la réconciliation nationale.

Dans son discours hommage à Nelson Mandela, Barack Obama l’explique ainsi : « Mon humanité est inextricablement liée à ce qu’est la vôtre ». Selon l’archevêque Desmond Tutu, auteur de Reconciliation: The Ubuntu Theology : « Quelqu’un d'ubuntu est ouvert et disponible pour les autres » car il a conscience « d’appartenir à quelque chose de plus grand ».

White Anglo-Saxon Protestant

Le terme de White Anglo-Saxon Protestant, abrégé par l'acronyme WASP et pouvant se traduire en français par « Protestant anglo-saxon blanc », désigne l'archétype de l'Anglo-Saxon, descendant des immigrants protestants d'Europe du Nord et de l'Ouest, dont la pensée et le mode de vie ont structuré une partie de la nation américaine depuis les premières colonies anglaises du XVIIe siècle. Incidemment, le mot anglais wasp signifie « guêpe ».

Les théories autour de la suprématie auto-proclamée des WASP sont à l'origine de la création de mouvements anticatholiques, antisémites, ségrégationnistes et racistes, comme le Ku Klux Klan aux États-Unis ou l'Ordre d'Orange en Irlande du Nord et au Canada. L'idéologie radicale de ces mouvements WASP prône la suprématie de la race blanche et développe des théories xénophobes.

D'après une origine parfois controversée, l'acronyme est inventé par le sociologue et professeur à l'université de Pennsylvanie E. Digby Baltzell (en) lors de sa thèse de doctorat, puis déposé par son directeur de recherche.

Écologisme

L'écologisme, ou environnementalisme, est à la fois un courant de pensée (idéologie ou philosophie), un corpus de valeurs et de propositions incluant notamment celles du mouvement environnemental. L'orientation de l'activité politique ou parapolitique vise au respect, à la protection, la préservation ou la restauration de l'environnement dans une forme très poussée. James Lovelock, père de la théorie Gaïa, est l'un des représentants les plus célèbres de cette doctrine.

Ce mouvement éco-centrique a comme projet la conservation de la nature et le « respect » des équilibres naturels. L'environnementalisme et le mouvement écologiste ont parmi leurs priorités : la conservation des ressources naturelles, la préservation de la « vie sauvage » (wilderness), la lutte contre la dégradation, la fragmentation et la destruction des habitats et des écosystèmes au sens le plus large. Ils définissent de nouveaux rapports territoriaux dans les milieux habités par l'humain, dont les milieux urbains considérés comme les habitats potentiels de substitution et comme cadre de vie d'une part grandissante de l'humanité.

Ces différentes demandes sociales et politiques, ou même protestations s'expriment dès le début du XXe siècle : en 1902, une convention internationale pour la protection des oiseaux utiles était signée entre 11 pays d'Europe, et en 1913, le congrès de Berne réclamait une « Protection mondiale de la nature », principalement du constat de la dégradation de la nature par l'homme, notamment par la chasse et la surexploitation de la nature, puis par la pollution et la destruction à grande échelle de milieux naturels (forêts tropicales) notamment.

Concepts de base
Domaines

Dans d’autres langues

This page is based on a Wikipedia article written by authors (here).
Text is available under the CC BY-SA 3.0 license; additional terms may apply.
Images, videos and audio are available under their respective licenses.