Hyrcan II

Hyrcan II ou Jean Hyrcan II est un grand-prêtre du Temple de Jérusalem et un roi appartenant à la dynastie des Hasmonéens (mort en -30). Il est le fils d'Alexandre Jannée et de Salomé Alexandra. Il joue un rôle dans la prise du contrôle du royaume de Judée par les Romains en Puis il permet à Hérode le Grand de devenir roi en -37.

Sa vie peut être reconstituée à partir des Antiquités judaïques de Flavius Josèphe (livres XIII à XV).

Hyrcan II
Fonction
Roi d'Israël
Biographie
Naissance
Décès
Activité
Famille
Père
Mère
Fratrie
Enfant

Arrivée au pouvoir d’Hyrcan et son écartement après la mort de sa mère

Hasmoneese rijk
Le royaume Hasmonéen en .

La nomination d'Hyrcan II à la charge de grand-prêtre intervient dans le violent conflit qui oppose sadducéens et pharisiens. De même que Jean Hyrcan, Alexandre Jannée « favorable à la secte des Sadducéens[1] » avait « persécuté » les pharisiens qui, fortement opposés à lui, avaient appelé le roi séleucide de Syrie Démétrios III pour qu'ils viennent le renverser[2]. Après avoir repoussé les envahisseurs[2], il avait fait crucifier huit cents pharisiens, faisant égorger leurs femmes et leurs enfants devant les crucifiés pendant leur supplice, alors que lui-même et ses concubines assistaient à la scène comme à un spectacle tout en banquetant. À sa mort, Alexandre Jannée (le vieux lion) lègue la royauté à sa femme Salomé Alexandra (-76). Alors qu'Alexandre Jannée « avait embrassé le parti des Sadducéens et d'autres groupes sacerdotaux qui s'étaient rangés à ses côtés, la reine s'allia aux Pharisiens. La raison de cette volte-face était purement politique. Sachant qu'elle ne pourrait pas plaire en même temps aux Sadducéens et aux Pharisiens, Salomé-Alexandra, qualifiée par Josèphe de reine prudente et énergique mais un peu naïve, choisit tout simplement le camp le plus utile à sa cause[2]. » On ne sait s'il faut croire Flavius Josèphe, pour qui c'est Alexandre Jannée lui-même qui peu de temps avant sa mort, aurait suggéré cette tactique à sa femme.

Salomé Alexandra associe aussi son fils ainé Hyrcan au pouvoir et lui transmet la charge de grand-prêtre, fonction que s’étaient attribuée les princes hasmonéens. Selon Flavius Josèphe, Hyrcan était « un être faible, dénué de cran pour la guerre ou pour les autres charges que les monarques de ce temps étaient censés assumer[2] », « tandis qu'Aristobule aurait toute la fougue d'un jeune chef militaire[3]. » Ce serait la raison pour laquelle sa mère l’aurait appuyé lui plutôt que son second fils, Aristobule II, de peur que celui-ci, disposant de cette haute fonction ne finisse par complètement écarter la reine du pouvoir.

Les pharisiens au pouvoir se mettent à « persécuter » tous leurs adversaires qui trouvent un défenseur en la personne d'Aristobule II. Après que quelques-uns aient été exécutés ou assassinés par les pharisiens, il obtient de sa mère que les adversaires des pharisiens soient bannis plutôt que tués. Quelques-uns, jugés particulièrement compétents et fidèles à la famille hasmonéennes, sont relégués à la tête de lointaines forteresses. Alors que Salomé Alexandra était malade, Aristobule commence à rassembler ses forces. Il fait passer de son côté tous les commandants des forteresses et se proclame roi. Lorsque Hyrcan s’en plaint à sa mère, celle-ci fait emprisonner la femme d’Aristobule et ses fils, sans que cela ne permette de mettre fin à la révolte d’Aristobule.

Après la mort de Salomé Alexandra en , « une autre guerre civile éclata entre ses deux fils Hyrcan et Aristobule, partisans l'un des Pharisiens, l'autre des sadducéens[2]. » Hyrcan ajoute à sa fonction de grand-prêtre la couronne de roi[2], car il avait probablement été désigné roi par sa mère[4]. mais son pouvoir est violemment contesté par son jeune frère Aristobule[5]. Celui-ci, à qui Alexandra avait confié son armée, écrase les partisans de son frère près de Jéricho[5],[4], puis prend possession de Jérusalem. Hyrcan, assiégé dans le Temple avec ses partisans, hésite à se servir de la famille d'Aristobule qu'il retient en otage. Les deux frères se rencontrent dans le Temple et passent une alliance : à Aristobule revient la royauté et à Hyrcan la charge de grand-prêtre. Pour renforcer leur alliance, Alexandra, la fille d’Hyrcan épouse Jonathan Alexandre II, le fils d'Aristobule. Il paraît alors renoncer au trône ainsi qu'à la dignité de grand-prêtre en faveur de son frère cadet[4].

Influence d’Antipater l’Iduméen et la guerre civile

En , la guerre civile juive semble terminée, lorsque intervient Antipater[5], un Iduméen important d’une famille convertie au judaïsme sous Jean Hyrcan et dont le père Antipas était stratège (gouverneur) d’Idumée sous Alexandre Jannée. L'ambitieux Antipater a succédé à son père dans cette fonction[5] et « il possède des troupes qui lui sont aussi fidèles qu'elles sont efficaces[3]. » Antipater a probablement choisi de soutenir Hyrcan à cause des faiblesses de son caractère[3]. Il en devient le principal conseiller. Antipater a plusieurs fils à qui il confie des fonctions de gouverneurs d'autres territoires. L'un de ses fils régnera par la suite en Judée sous le nom d'Hérode le Grand[4]. Sous l’influence d’Antipater, Hyrcan décide de revenir sur son accord avec Aristobule et d’exiger le pouvoir. Hyrcan et Antipater s’enfuient à Pétra auprès d'Arétas III, roi des Nabatéens[4]. Ils lui promettent de lui rendre plusieurs villes qu'Alexandre Jannée lui avait prises quelques décennies auparavant en échange de son appui contre Aristobule[4].

Arétas III entre en guerre contre Aristobule et détruit une partie de son armée[4]. Celui-ci se réfugie à Jérusalem et se retrouve assiégé dans le Temple[4]. Arétas et son armée, avec Hyrcan et Antipater, assiègent Aristobule[6] pendant la Pâque -64. « Le peuple et les Pharisiens soutiennent Hyrcan qui fait figure de souverain légitime en raison de son droit d'aînesse, mais la puissante caste des Sadducéens reste majoritairement fidèle à Aristobule[6]. » Au cours du siège, Flavius Josèphe raconte la mort de Honi haMe'aguel, un sage qui savait faire tomber la pluie grâce à ses prières. Il est exécuté par les partisans d'Hyrcan, pour avoir refusé de maudire Aristobule. Le Talmud raconte une autre version. Puni par Dieu, pour avoir fait une réflexion sur l'inutilité de planter des caroubiers puisque l'arbre met 70 ans à pousser, il aurait été plongé dans un sommeil de 70 ans. Toutefois, lorsqu'il s'est réveillé, 70 ans plus tard, personne ne l'a reconnu.

L’intervention de Rome

Judea na Pompeius
La Judée romaine sous Hyrcan II

Le siège cesse lorsque le général romain Pompée, en campagne militaire en Orient, envoie Aemilius Scaurus à Damas. Aristobule et Hyrcan lui envoient immédiatement des ambassadeurs[7]. « Le choix de Scaurus se porte sur le client le plus solvable: Aristobule maître du Temple et du trésor sacré[7]. » De plus, réfugié dans le Temple qui est une véritable forteresse, il est plus difficile à vaincre qu'Hyrcan et ses alliés nabatéens[7], ce qui devrait permettre d'éviter un siège long et difficile[8]. La seule menace du Romain oblige Arétas et Antipater à se retirer immédiatement de Jérusalem[8]. Entre-temps, Pompée vainqueur de Tigrane II d'Arménie, arrive lui-même dans la région[8], Aristobule prend dans le Temple une extraordinaire pièce d’orfèvrerie : une vigne en or massif qui ne vaut pas moins de 500 talents et l'envoie en cadeau à l'Imperator[8].

Antipater, se rend toutefois auprès de Pompée et parvient à le convaincre de fournir un arbitrage entre Hyrcan et Aristobule[9]. « Pompée convoque alors les deux frères et les somme de s'expliquer[9]. » Il fait secrètement le choix d'Hyrcan, plus faible à ses yeux, mais ne dit rien et fait avancer ses troupes en prétextant une expédition contre les Nabatéens[9]. Alors que son armée longe le Jourdain, il convoque Aristobule et lui ordonne de lui livrer immédiatement toutes les places fortes de Judée, ce qu'Aristobule s'empresse de faire[9]. Parvenu à Jéricho, il fait prisonnier Aristobule et le contraint à écrire une lettre à ses officiers et aux prêtres de Jérusalem, dans laquelle il ordonne de livrer la ville aux Romains[10]. Mais les partisans d'Aristobule, refusent d'obéir tant que celui-ci est l'otage de Pompée et se barricadent dans le Temple[11].

Pompée assiège Jérusalem, mais les hommes de Jean Hyrcan II ouvrent les portes de la ville aux Romains[12]. L'assaut final se conclut en carnage contre les partisans d'Aristobule[11] (-63), qui se réfugient dans le Temple. Vers la fin de l'automne -63, après trois mois de siège, Pompée investit le Temple[12]. L'imperator pénètre même dans le Temple[11] et constate éberlué que le saint des saints, où seul le grand-prêtre a le droit d'entrer une fois par an, est complètement vide. Il fait lui-même l'inventaire du trésor sacré, estimé à 2000 talents, mais s'abstient d'y toucher[11]. « Le lendemain, il remet officiellement le titre de grand-prêtre à Hyrcan II, en même temps que la garde du trésor[11] » et ordonne pour le lendemain la purification du sanctuaire et la reprise des rites[12]. Les Psaumes de Salomon, 2 et 8, font écho de manière cryptée à ces événements[13].

La Judée est désormais « assujettie à Rome : Hyrcan n'a plus le droit d'user du titre royal ; il s'engage à payer aux Romains un tribut annuel au nom des Juifs[11]. » « C'est la fin de l'indépendance juive gagnée un siècle plus tôt sur les Séleucides[11]. » Le royaume hasmonéen a vécu[11] et est démembré. Les villes hellénistiques qui avaient été conquises par les souverains hasmonéens, depuis Jonathan jusqu’à Alexandre Jannée, telles que Jaffa, Beth Shéan, Gaza, Joppé, la Tour de Straton, ainsi que Pella, Gérasa et Dion en Décapole, sont rendues à leurs anciens habitants et intégrées à la province romaine de Syrie[14]. La Judée ne devient pas une province romaine, mais « elle n'est dans les faits qu'un protectorat romain[11]. »

De plus, le gouvernement réel revient à Antipater. Hyrcan II conserve le pontificat et le pouvoir du parti pharisien se trouve renforcé. Pompée rentre à Rome emmenant en captivité avec lui Aristobule et ses fils[14]. Arétas III conserve son trône en payant 300 Talents à Scaurus, qui est bientôt remplacé au poste de gouverneur de Syrie par Philippus (59-), Marcellinus (58-) puis Gabinius (57-)[14].

La révolte d’Alexandre II

En -58, Jonathan Alexandre II, un fils d’Aristobule, s’enfuit de Rome et rejoint la Judée. Il réunit des hommes et se proclame roi. Hyrcan est obligé de fuir Jérusalem et de se tourner vers Gabinius pour recevoir son aide. Gabinius réprime la révolte, fait prisonnier Alexandre et fait rentrer Hyrcan à Jérusalem. De toutes ses fonctions, il ne reste plus à Hyrcan que la charge de grand-prêtre[15].

Hyrcan II et son mentor Antipater demeurent fidèles à Rome, en dépit de l'abaissement de l'état judéen et des mesures vexatoires imposées par la nouvelle puissance conquérante. En -54, le proconsul Crassus passe par la Judée en allant mener une campagne contre les Parthes. Il pille le trésor du Temple de Jérusalem, comme il a spolié différents sanctuaires de la région[16]. La population trouve une occasion de réagir après la défaite romaine face aux Parthes à la bataille de Carrhes, où le proconsul Crassus est tué (-53). Bien qu'Aristobule II soit toujours prisonnier à Rome, Peitholaos, un de ses partisans organise alors une révolte qui est matée par le proconsul Cassius Longinus[17]. Les Romains continuent à poursuivre les partisans d’Aristobule et détruisent la ville de Taricheae sur les bords du lac de Tibériade (identifiée par la suite à Magdala[18]), réduisant 30 000 Juifs en esclavage[17]. Sur les conseils d'Antipater, Cassius fait mettre à mort Peitholaos, puis impose à Jonathan Alexandre II un traité qui le contraint à l'inaction[19].

Jules César

L'arrivée au pouvoir de Jules César à Rome donne une dernière occasion à Aristobule et à ses partisans. La maison d’Hyrcan était jusqu’à présent protégée par les partisans de Pompée qui étaient engagés dans une guerre civile avec la puissance montante de César. Aristobule reçoit le commandement de deux légions en Syrie, mais il est empoisonné par des hommes de Pompée. Son fils, Jonathan Alexandre II, est égorgé à Antioche sur ordre de Pompée.

Après la défaite de Pompée à Pharsale, César poursuit Pompée en Égypte, où il arrive quatre jours après la mort de son vieil ami[20]. Il se retrouve en difficulté après s'être impliqué dans les querelles entre Cléopâtre et son frère, le jeune roi Ptolémée XIII[20]. Confronté au soulèvement de la population, il fait appel à une expédition de secours[20]. De nombreux dynastes et cités de Syrie s'empressent d'y participer et en particulier Antipater[20], le conseiller d'Hyrcan. Tous deux manifestent leur soutien à César et encouragent les Juifs d’Égypte à s’associer à ses soldats. César confirme Hyrcan dans la grande prêtrise, le nomme ethnarque des Juifs et nomme Antipater administrateur de la Judée. Jaffa est réintégrée dans les limites du royaume. César permet à Hyrcan de reconstruire les murailles de Jérusalem rasées par Pompée.

Les fils d'Antipater

Antipater nomme en son fils aîné Phasaël stratège de Jérusalem et son fils cadet Hérode stratège de Galilée[21]. L'exécution d'un haut personnage appelé Ezéchias, chef des insurgés galiléens sert de prétexte à l'élite sacerdotale pour contester son action[22]. Hyrcan pour jouer son jeu personnel ou parce qu'il est contraint de sauver les apparences, convoque Hérode pour qu'il vienne s'expliquer. Hérode est contraint de se justifier devant le Sanhédrin[23]. Appuyé par le gouverneur de Syrie Sextus César et à la suite d'une intervention ambiguë du leader pharisien Saméas (Shemayah ou Shammaï[24] ?), Hérode est acquitté[23]. Sextus César le nomme alors stratège de Cœlé-Syrie et de Samarie ()[23].

Après le meurtre de César le , Antipater et son fils Hérode se rallient au gouverneur de Syrie, Caecilius Bassus, ex-partisan de Pompée[23].

Arrivée au pouvoir d’Antigone II

Lorsqu'Antipater est assassiné en -43, son fils Hérode prend sa place et se rallie au nouveau pouvoir romain. En -40, les Parthes envahissent toute la Syrie romaine, pendant que leur allié Labienus[25], un général romain partisan de Pompée qui s'était réfugié chez les Parthes après la défaite de son mentor, prend le contrôle des territoires du sud de la Turquie actuelle[25]. Les rois arabes se rallient sans difficultés aux Parthes comme Ptolémée Mennaeus, puis son fils Lysanias, rois d'Iturée[26], c'est aussi le cas d'autres rois de la région, jusque-là rois clients des Romains[26].

Le prince hasmonéens Antigone II Mattathiah (Antigone ben Aristobule) qui s'était réfugié chez Ptolémée Mennaus, après le meurtre de son père par les romains et sa disgrâce au profit de son frère Hyrcan II, s'allie aux Parthes. C'est Ptolémée Mennaus qui a joué le rôle d'intercesseur[26].

Antigone profite de la situation pour rassembler ses partisans, prendre le contrôle de Jérusalem avec ses propres forces et se proclamer roi. Lysanias parvient alors à convaincre le satrape Barzapharnès de soutenir les prétentions royales d'Antigone contre Hyrcan II et son soutien principal Hérode, qui sont trop liés aux Romains pour pouvoir se rallier facilement aux Parthes. Selon les détracteurs d'Antigone et Flavius Josèphe, pour emporter cette décision, il aurait promis 1 000 Talents et cinq cents femmes »[27] de la noblesse de la région au satrape qui conduit les armées parthes en direction de la Judée, à condition qu'il l'aide à éliminer les fils d'Antipater, dont Hérode[25].

Barzapharnès fournit alors à un général parthe, qui comme le fils du roi Orodès s'appelle Pacoros[28], une armée parthe composée essentiellement de cavalerie. Ce dernier s'avance jusqu'à Jérusalem[29] que les partisans d'Antigone contrôlent, mais où Hérode et Hyrcan sont solidement retranchés dans une forteresse[30]. Les troupes de Pacoros restent à l'extérieur de Jérusalem. Usant de duplicité, Pacoros invite Phasaël et Hérode à se rendre en Galilée auprès de Barzapharnès[30]. Hérode refuse, mais Phasaël accepte avec Hyrcan II[30], pour que Barzapharnès arbitre le conflit entre les deux prétendants au trône[31].

Toutefois, peu de temps après être parvenus dans la région de Ptolémais, les deux hommes se rendent compte qu'ils sont prisonniers[32],[25]. Phasaël se suicide et Antigone obtient qu'une des oreilles d'Hyrcan soit coupée, ce qui l'empêche définitivement d'être grand-prêtre, car un homme ayant un défaut physique est disqualifié pour cette fonction. Les adversaires d'Antigone feront courir le bruit que c'est Antigone lui-même qui lui aurait arraché l'oreille avec les dents. Hyrcan est ensuite envoyé chez les Parthes dans la partie nord de la Mésopotamie, où il est bien accueilli par les communautés juives de la région. De son côté Hérode parvient à sortir de Jérusalem avec 9 000 de ses partisans, en emmenant sa famille avec lui[25].

Sa vie dans l’ombre d’Hérode et la fin de la dynastie hasmonéenne

En -39, envoyé par Marc Antoine, le général romain Publius Ventidius Bassus chasse les Parthes de Syrie[33],[34],[35]. Au printemps , Hérode met le siège devant Jérusalem[36]. Laissant ses hommes à l'ouvrage, il s'absente quelques jours, le temps d'aller se marier en Samarie avec Mariamne l'Hasmonéenne, petite fille d'Hyrcan et la nièce d'Antigone[36]. Jérusalem tombe au bout de cinq mois[36] (le 8 juillet).

Sous la protection de Marc Antoine qui gouverne l’Orient, Hérode qui avait été proclamé roi de Judée à l'unanimité du Sénat romain en [37], se proclame roi des Juifs devant la population de Jérusalem. Hyrcan, toujours en exil à Babylone, est libéré grâce à l’intervention d’Hérode (). Le roi de Judée craint en effet qu’Hyrcan ne s’attire les faveurs de la riche communauté juive de Babylonie et que cela ne constitue un danger pour son pouvoir. Il l’invite donc à rentrer à Jérusalem. Selon Moïse de Khorène et Thomas Arçrouni, Ma'nu Saphul qui espérait tirer une rançon de la libération d'Hyrcan, se retourne alors contre le juif Enanus qui l'a laisser partir. Enanus est un général qui a le titre prestigieux de « pousse-couronne », car il posait la couronne sur la tête des rois. Il sera tourmenté par Ma'nu Saphul, mais celui-ci lui laissera finalement la vie sauve grâce à l'intervention d'un de ses ancêtres, Dchadchour prince de la maison des Ardzrouni, précise Thomas Arçrouni.

Aristobule III, petit-fils d’Hyrcan et frère de Mariamne l'Hasmonéenne, est alors le dernier prétendant légitime de la dynastie hasmonéenne. Avec Hyrcan, il représente un danger pour Hérode. Hérode lui accorde la charge de grand-prêtre bien qu'il n'ait que 17 ans, puis le fait noyer dans son palais de Jéricho. Cela soulève contre lui sa femme Mariamne, sa belle-mère Alexandra et Hyrcan. Hérode fait finalement tuer Hyrcan en -30, Alexandra et Myriam en -29[38], puis les deux fils qu’il avait avec Myriam, Alexandre et Aristobule IV, quelques années plus tard, en [39]

Selon Flavius Josèphe, Hyrcan II a laissé le souvenir d’un personnage de peu d'énergie et de faible détermination, qui par son alliance avec les Romains s'est rendu complice de l'abaissement de la Judée et de la profanation du Temple, qui n’a pas su s’opposer avec vigueur aux menées dirigées contre lui par ses neveux et qui enfin est resté sous la coupe de son mentor Antipater. Il faut cependant remarquer que l'histoire de Josèphe s'appuie sur des historiens hellénisés donc généralement hostiles aux souverains juifs hasmonéens. Nicolas de Damas en particulier, en tant que secrétaire d'Hérode, cherche à mettre en valeur la personnalité d'Antipater au détriment de celle d'Hyrcan.

Hyrcan II a maintenu la législation et les traditions religieuses juives. Au cours de son pontificat, ce sont les pharisiens qui ont eu la haute main sur l’interprétation de la Loi, et sous son règne les Esséniens, marqués par la profanation du Temple, développèrent des idées messianiques. Le Commentaire d’Habacuc, un des manuscrits de la mer Morte de type midrash pesher qui applique la prophétie biblique à l’histoire de la secte, laisse entendre que son chef spirituel, le Maître de Justice, a été supplicié par un « prêtre impie ». Ce « prêtre impie » est peut-être Hyrcan II.

Notes et références

  1. Michael Wise, Martin Abegg, Edward Cook, Les Manuscrits de la mer Morte, Paris, éd. Perrin, 2003, p. 40.
  2. Michael Wise, Martin Abegg, Edward Cook, Les Manuscrits de la mer Morte, Paris, éd. Perrin, 2003, p. 30.
  3. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 28.
  4. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 366.
  5. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 27.
  6. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 29.
  7. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 30.
  8. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 31.
  9. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 32.
  10. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 32-3.
  11. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 33.
  12. Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 367.
  13. Simon Claude Mimouni, Le judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF, p. 367-368.
  14. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 34.
  15. Stéphane Moronval, Rome et les Parthes, Champ de bataille (Thématique), no 11, 2009, p. 29.
  16. Stéphane Moronval, Rome et les Parthes, Champ de bataille (Thématique), no 11, 2009, p. 12.
  17. Stéphane Moronval, Rome et les Parthes, Champ de bataille (Thématique), no 11, 2009, p. 32.
  18. La première mention de la ville de Magdala, retrouvée dans la littérature antique ou l'épigraphie, date du IIIe siècle.
  19. Stéphane Moronval, Rome et les Parthes, Champ de bataille (Thématique), no 11, 2009, p. 32-33.
  20. Stéphane Moronval, Rome et les Parthes, Champ de bataille (Thématique), no 11, 2009, p. 41.
  21. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 37.
  22. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 38.
  23. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 39.
  24. Mireille-Hadas Lebel, Le contexte historique des débuts du Talmud : Le conflit entre pharisiens et saducéens, conférence pour Akadem, campus numérique juif, 28/05/2007, conférence en ligne
  25. Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 40.
  26. Stéphane Moronval, Rome et les Parthes, Champ de bataille (Thématique), no 11, 2009, p. 50.
  27. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, livre I, XIII, 1 (248).
  28. Ce Pacoros est aussi échanson de Barzapharnès, ce qui permet de le distinguer du fils du roi Orodès II qui s'appelle aussi Pacoros.
  29. Stéphane Moronval, Rome et les Parthes, Champ de bataille (Thématique), no 11, 2009, p. 51.
  30. Stéphane Moronval, Rome et les Parthes, Champ de bataille (Thématique), no 11, 2009, p. 52.
  31. Flavius Josèphe, Guerre des Juifs, livre I, XIII, 3 (253).
  32. Flavius Josèphe, Guerre des Jufs, livre I, XIII, 4 (256).
  33. Periochae de Tite-Live, 127.
  34. Plutarque, Vie d’Antoine, 33.
  35. Clément Huart & Louis Delaporte, L'Iran Antique, Albin Michel, coll. « L'Évolution de l'Humanité », Paris, 1943 p. 325.
  36. Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 47.
  37. Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 42.
  38. Christian-Georges Schwentzel, "Hérode le Grand", Pygmalion, Paris, 2011, p. 56.
  39. Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011, p. 76.

Bibliographie

  • Christian-Georges Schwentzel, Hérode le Grand, Pygmalion, Paris, 2011 (ISBN 9782756404721)
  • Michael Wise, Martin Abegg, Edward Cook, Les Manuscrits de la mer Morte, Paris, éd. Perrin, 2003
  • Simon Claude Mimouni, Le Judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, Paris, 2012, éd. PUF.
  • Mireille Hadas-Lebel, Rome, la Judée et les Juifs, Paris, A. & J. Picard, (ISBN 978-2708408425).

Articles connexes

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30 av. J.-C.

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47 av. J.-C.

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Alexandre Jannée

Alexandre Jonathan (Jannée en grec, ou Yannaï en hébreu) (103–76 av. J.-C.), est un roi hasmonéen de Judée et un Grand prêtre d'Israël, frère d’Aristobule Ier Philhellène et fils de Jean Hyrcan Ier.

À la mort d’Aristobule, sa femme Salomé Alexandra libère ses trois frères emprisonnés, se remarie probablement avec le plus âgé en vertu de la loi du lévirat, ce qui lui confère la royauté. Alexandre Jannée supprime d’abord un de ses frères qui revendique la royauté. Il prend le titre de grand-prêtre et de roi de Judée, ce qui provoque l’hostilité des pharisiens, qu’il fait massacrer en grand nombre.

Alexandre Jannée dirige le pays d'une poigne de fer, réprime les révoltes intérieures soutenues par le mouvement pharisien, en particulier la révolte des paysans contre le poids des taxes royales. Il est probablement le premier hasmonéen à frapper monnaie.

Antigone II Mattathiah

Antigone II Mattathiah, dit Antigone l’Hasmonéen, est le dernier fils d’Aristobule II et le dernier roi de la dynastie hasmonéennene. Il est né vers 80 av. J.-C. et mort en 37 av. J.-C.

Antipater (Judée)

Antipater « l'Iduméen » est un gouverneur, puis procurateur de Judée au Ier siècle av. J.-C.. Il est le père du roi Hérode le Grand qui devient roi de Judée en 37 av. J.-C. Antipater meurt en 43 av. J.-C.

Aristobule II

Aristobule II est un roi de Judée de la dynastie hasmonéenne. Fils d'Alexandre Jannée, il détrône son frère Hyrcan II, et devient roi de Judée en l'an 70 av. J.-C.

Arétas III

Arétas III, surnommé « Philhellène » (ou Arétas (Al-Harith)), est un roi nabatéen qui a régné entre -84 et -62.

En 84 AEC, alors que le roi séleucide Antiochos XII Dionysos lance une expédition contre l'Arabie Pétrée (Pétra).

« Arétas se replie, jusqu'à l'endroit le plus favorable pour le combat, puis tout à coup, fait faire volte-face à sa cavalerie (il avait dix mille cavaliers) et tombe sur les troupes d'Antiochos avant qu'elles aient pu se mettre en formation. »

Antiochos XII est tué dans l'affrontement, qui a eu lieu au sud de la mer Morte. Une fois tué, ses troupes lâchent pied. Presque tous sont massacrés sur le champ de bataille et un petit nombre, qui s'était réfugié dans le bourg de Cana, meurent finalement de faim après des semaines de siège.

« Les gens de Damas en profitent pour mander Arétas, et l'installent sur le trône de Cœlé-Syrie, par haine de Ptolémée fils de Mennaeus. »

La Syrie était alors en proie à une véritable anarchie. Les Séleucides y avaient, par leurs éternelles luttes de familles, perdu toute autorité. « Les habitants de Damas, pour trouver un protecteur au milieu de cette anarchie, se donnèrent au chef des Nabatéens, Arétas (Al-Harith)». Profitant de cette anarchie et suivant son exemple, d'autres chefs arabes s'empareront alors de plusieurs régions de Syrie.

Le roi nabatéen marche bientôt contre la Judée et bat Alexandre Jannée son roi, près d’Adida.

L’année suivante, Alexandre Jannée occupe Geras (Jerash, Gérasa). Une colonie juive s’y installe. Il s’empare de la Décapole et du Golân (Gamala) entre 83 et 80.

Arétas III régna sur Damas entre -84 et -72, donnant au royaume son extension historique maximale au Nord.

Vers 75 av. J.-C., il se donne le surnom de "Philhellène" ("Aime les Grecs"), bien qu'il soit d'ascendance barbare, donc totalement étranger aux Grecs. C'est une appellation répandue chez les souverains orientaux de l'époque.

Après la mort de Salomé Alexandra, reine de Judée, en 67 av. J.-C., ses fils Aristobule II et Hyrcan II entrent en conflit pour le trône. L’homme fort du parti d’Hyrcan, le gouverneur de l’Idumée Antipater, le père du futur Hérode le Grand, entraîne Hyrcan à Pétra auprès d’Arétas III qui lui confie une armée. Dans un premier temps Aristobule est vaincu et s’enferme dans Jérusalem. Toutefois, Pompée envoie le général romain Scaurus qui fait alors lever le siège de Jérusalem. Arétas est contraint de se retirer à Philadelphie et Aristobule peut battre les partisans d’Hyrcan à Papyron.

Arétas III participe au triomphe de Pompée en janvier 61 av. J.-C. à Rome,.

C'est Arétas III qui aurait fait émettre les premières pièces de monnaie nabatéennes en argent.

Barzapharnès

Barzapharnès (aussi appelé Parzaphrane Reschdoum par Moïse de Khorène) est un général parthe de la seconde moitié du Ier siècle av. J.-C.. Au printemps 40 av, J.-C. Barzapharnès commande une invasion parthe du Levant, sous les ordres de Pacorus Ier, fils du roi Orodès II. Alliés avec le romain hors la loi Quintus Labienus, ils s'emparent de la Syrie. Ils aident Antigone II Mattathiah à s'emparer du trône de la Judée. Par la ruse, Barzapharnès fait prisonnier Hyrcan II, qu'il envoie en Mésopotamie. Mais leurs succès est de courte durée, la contre-offensive romaine chasse Labienus d'Asie Mineure, puis en -38 les forces romano-parthes subissent une défaite cuisante lors de la bataille de Gyndarios, au cours de laquelle Pacorus est tué. On ignore si Barzapharnès a subi le même sort, ou s'il est parvenu à franchir l'Euphrate avec les maigres troupes parthes qui réchappèrent de cette aventure.

Cypros

Cypros I, en grec ancien Κῦπρος (Ier siècle av. J.-C.), est une riche princesse nabatéenne dont la famille a des liens avec tous les roitelets d'Arabie. Elle est l'épouse d'Antipater, le principal conseiller d'Hyrcan II mais qui dans les faits gouverne la Judée. Après la conquête de la région par Pompée (-63), Antipater devient gouverneur de Judée par décision des Romains, Hyrcan II devenant le dirigeant officiel de la Judée avec le titre de grand prêtre. En -48, Antipater est nommé procurateur de Judée.

Cypros est la mère d'Hérode le Grand qui deviendra roi de Judée en 37 av. J.-C.. Du vivant de Cypros, Hérode est

nommé stratège de Galilée en 47 av. J.-C., alors que Phasaël, le fils aîné, est stratège de Jérusalem. Les autres enfants de Cypros et Antipater sont Joseph, Phéroas, et une fille, Salomé.

Antipater, Hérode et Phasaël sont appuyés par le gouverneur de Syrie Sextus César, qui nomme Hérode stratège de Cœlé-Syrie et de Samarie en 46 av. J.-C.. Après le meurtre de César le 15 mars 44 av. J.-C., Antipater et son fils Hérode se rallient au gouverneur de Syrie, Caecilius Bassus, ex-partisan de Pompée, et lui versent un tribut de 700 talents. Cette « politique de pots-de-vin permet à Antipater et à ses fils d'être confirmés dans leurs fonctions. »

Antipater meurt empoisonné par Malichus qui rêvait de prendre sa place.

Débir

Le débir (en hébreu : דביר) ou Saint des saints (קודש הקודשים), est la partie la plus centrale du Temple de Jérusalem, sanctuaire de la religion juive dont la construction est attribuée à Salomon, selon la tradition biblique.

Il représente, dans le judaïsme, le lieu le plus saint comme désigné d'après le livre de l'Exode (26:33), celui abritant l'Arche d'alliance. En son centre se trouvait une source. Seul le Grand prêtre d'Israël y avait accès, une fois par an, à l'occasion de la fête de Yom Kippour. Néanmoins, le 24 septembre 63 av. J.-C., Pompée, après avoir assiégé le roi de Judée Aristobule II qui s'était réfugié sur le Mont du temple, pénétra dans ce lieu sacré sans l'autorisation du grand-prêtre Hyrcan II, frère d'Aristobule.

La tradition le situerait aujourd'hui à l'emplacement du dôme du Rocher sur le Mont du Temple, dans la vieille ville de Jérusalem, qui abrite le Rocher de la Fondation du mont Moriah, emplacement de la ligature d'Isaac par Abraham. Signalons qu'il existe plusieurs hypothèses concernant sa localisation, par exemple celle de l'architecte Tuvia Sagiv, qui le situe plus au sud, ou celle d'Asher Kaufman qui le situe plus au nord, sous l'emplacement du Dôme des esprits.

Comme tous les temples de l'Antiquité, il y avait une première chambre, appelée « saint » dans la Bible ou « hekhal » (du sumérien É.GAL, palais), et une seconde, appelée « Saint des saints ». La progression d'une chambre à l'autre est une façon de symboliser l'accès au monde transcendant[réf. nécessaire].

Hasmonéens

Les Hasmonéens sont une dynastie qui parvient au pouvoir en Judée au cours de la révolte des Maccabées que Mattathias un prêtre de la lignée sacerdotale de Yehoyarib lance en 168-167 av. J.-C., et auxquels se joignent les hassidéens. Dans les livres qui n'ont été conservés que par la tradition chrétienne, cette dynastie est aussi appelée Maccabées. Mattathias meurt un an après le déclenchement de la révolte. Son fils Judas Maccabée, qui n'est pas l'aîné, lui succède. Après plusieurs batailles, il parvient à s'emparer de Jérusalem et rétablit le culte juif au Temple (déc. 164 av. J.-C.). Le premier à régner avec le titre de Grand-prêtre est son successeur Jonathan (octobre 152-142 av. J.-C.). Ses successeurs sont:

Simon (142-134 av. J.-C.), frère de Jonathan,;

Jean Hyrcan Ier (134-104), deuxième fils de Simon;

Aristobule Ier (104-103), fils de Jean Hyrcan Ier, prend le titre de roi ;

Alexandre Jannée (Alexandre Jonathan) ou Yannaï (103-76), frère d'Aristobule Ier ;

Salomé Alexandra (76-67), épouse d'Aristobule Ier puis d'Alexandre Jannée ;

Hyrcan II et Aristobule II, fils d'Alexandre Jannée, se disputent le pouvoir royal et la fonction de grand-prêtre.

Antigone II Mattathias (40 - 37), dernier fils d'Aristobule II, roi et grand-prêtre hasmonéen

Hyrcania

Hyrcania est une ancienne forteresse dans le désert de Judée.

Elle se trouve sur une hauteur isolée à 200 m au-dessus de la vallée d’Hyrcania, sur son bord occidental.

Elle est située à une heure de marche à l'ouest de Qumrân. Le site n’a pas encore fait l’objet de fouilles. La connaissance actuelle des ruines du site repose sur les sondages qui y ont été réalisés.

Hyrcania a semble-t-il été construite par Alexandre Jannée, ou par son père, Jean Hyrcan. La première mention de la forteresse date du règne de Salomé Alexandra, la femme de Jannée. Flavius Josèphe rapporte qu’Hyrcania faisait partie, avec Machéronte et l’Alexandréion, des trois forteresses auxquelles la reine ne renonça pas lorsqu’elle transféra le contrôle de ses places fortes au parti pharisien.

« La reine, ne sachant que faire pour s’en tirer à son honneur, leur confia la garde des places fortes à l’exception de Hyrcania, Alexandrion et Machéronte, où se trouvaient ses richesses les plus précieuses »

— Flavius Josèphe, Antiquités juives, livre XIII

Elle est à nouveau mentionné lorsque Jonathan Alexandre II, le fils d’Aristobule II, s’enfuit face au gouverneur romain de Syrie Aulus Gabinius venu réprimer la révolte qu’il conduit contre Hyrcan II. Alexandre fait fortifier Hyrcania, mais il finit par la laisser à Gabinius. La place forte est alors rasée.

Strabon rapporte également que Pompée fit détruire des repaires de brigandage dont Alexandréion, Hyrcania et Machéronte (Géographie, 16,2,40).

Au nord du site, dans le nahal Sokoka, se trouvent deux tunnels qui ont été inspectés dans les années 1960 par John Allegro et en 2000 par Oren Gutfeld.

Hérode Ier le Grand

Hérode Ier le Grand (en hébreu : הוֹרְדוֹס הַגָּדוֹל Horedos haGadol, grec : Ἡρῴδης ὁ Μέγας Hêrôdês ho Mégas, en latin avec les tria nomina : Caius Iulius Herodes), fils d'Antipater, est né à Ascalon en 73 av. J.-C. et mort à Jéricho en 4 av. J.-C. Il est roi de Judée de 37 av. J.-C. à sa mort en 4 av. J.-C.

Hérode le Grand est l'un des personnages les plus importants de l'histoire de l'époque du Second Temple de Jérusalem, édifice auquel il confère son aspect monumental qui subsiste encore. Son histoire est surtout connue par les écrits de Flavius Josèphe, lesquels, inspirés dans un premier ouvrage par les écrits du secrétaire d'Hérode Nicolas de Damas, lui sont particulièrement favorables. Un second ouvrage corrige ensuite le premier, peut-être sous l'influence de ses relations avec les juifs de Rome.

Hérode est placé sur le trône de Jérusalem par les Romains. Pour consolider sa souveraineté, il retire le pouvoir politique aux prêtres qui dirigeaient la Judée depuis le début de l'époque du Second Temple. Pour écarter toute rivalité politique susceptible de menacer son pouvoir, il fait assassiner son épouse Mariamne ainsi que plusieurs de ses enfants.

Mais sa réputation de cruauté est surtout due à un passage de l'Évangile selon Matthieu (2, 16-18) connu sous le nom de massacre des Innocents. Selon l'évangile, les grands prêtres et les scribes du peuple avaient annoncé la naissance à Bethléem du « roi des Juifs », et Hérode, craignant un futur rival temporel, l'avait fait rechercher pour le mettre à mort. Ne l'ayant pas trouvé (Fuite en Égypte), il ordonna la mise à mort de tous les enfants mâles de la bourgade âgés de moins de deux ans, espérant qu'il serait du nombre. On peut aisément faire le parallèle entre ce récit et celui du début de l'Exode selon lequel le Pharaon d'Égypte aurait ordonné le meurtre des nouveau-nés mâles des esclaves hébreux. L'historicité de ce massacre, remise en cause par Voltaire dans l'article « Innocents » de son Dictionnaire philosophique, continue de faire débat parmi les spécialistes,,,.

Judée

La Judée (de l'hébreu יהודה, Yehudah au travers du latin Iudaea, ou Judaea) est le nom historique et biblique d'une région montagneuse qui correspond aujourd'hui à une partie de la Cisjordanie et du sud d'Israël. Son nom vient de la Tribu de Juda dont elle constituait le territoire. Dans l'Antiquité, c'était une région plutôt reculée au relief escarpé. La Judée a été le centre de plusieurs royaumes et provinces antiques : le royaume de Juda à l'âge du fer, la province perse de Yehoud Medinata, les dynasties des hasmonéens et des hérodiens puis la province romaine de Iudaea.

Judée (province romaine)

La Judée (en latin : Iudaea) est une province romaine créée en l'an 6 sur une partie du territoire des royaumes hasmonéen et hérodien. Elle tire son nom du royaume israélite de Juda. Elle couvre les régions de Judée, de Samarie et d'Idumée.

L'implication de Rome dans les affaires de la Judée commence en 63 av. J.-C. avec la fin de la Troisième guerre de Mithridate lorsque la Syrie devient une province romaine. Le général romain Pompée se trouve en position d'arbitre dans la guerre civile opposant les princes hasmonéens Hyrcan II et Aristobule II. La Judée devient un royaume client de Rome sous la direction d'Hérode Ier le Grand, puis au début du Ier siècle une province de l'empire romain après la déposition d'Hérode Archélaos. Elle connait trois révoltes contre Rome (Première Guerre judéo-romaine, Guerre de Kitos, Révolte de Bar Kokhba), à la suite desquelles l'empereur Hadrien change le nom de la province en Syrie-Palestine et transforme Jérusalem en une ville romaine baptisée Ælia Capitolina.

Phasaël

Phasaël (latin : Phasaelus du grec ancien : Φασάηλος, Phasaelos) est un prince de la dynastie des Hérodiens de Judée. Il est le fils aîné d'Antipater, procurateur de la province, et de Cypros, princesse nabatéenne, ainsi que le frère de Hérode Ier le Grand. Phasaël est stratège de Jérusalem en 47 av. J.-C. puis devient tétrarque de Judée en 41 av. J.-C. mais, fait prisonnier par les Parthes, il se suicide l'année suivante.

Flavius Josèphe, qui écrit à la fin du Ier siècle apr. J.-C., parle de Phasaël comme un homme brave et noble.

Pérée (Palestine)

La Pérée est un district situé à l'est du Jourdain dans l'Antiquité romaine. Il correspond approximativement au Galaad de l'Ancien Testament. Il s'étend de Pella dans la Décapole à Machéronte à l'est de la mer Morte. C'est probablement le district décrit dans le Nouveau Testament comme étant « la Judée au-delà du Jourdain (cf. Mt 19, 1) ». C'est une région de plateaux, où les précipitations étaient suffisantes pour permettre la croissance de fruits et la culture de céréales.

Des Grecs s'installent dans la région à la suite de la conquête du Proche-Orient par Alexandre le Grand. Après l'arrivée au pouvoir de la dynastie hasmonéenne en Judée, la région est annexée par Alexandre Jannée. Lors de la guerre civile entre les derniers souverains hasmonéens Hyrcan II et Alexandre II, le général romain Aulus Gabinius divise la Judée en districts administratifs distincts et établit Amathonte comme capitale de la Pérée. Avec l'accord de l'empereur Auguste, Hérode Ier le Grand désigne son frère Phéroras comme tétrarque de Pérée. À l'époque de Jésus, ce district était administré par Hérode Antipas. Les Juifs lui accordaient le même statut qu'à la Judée et la Galilée.

Salomé Alexandra

Salomé Alexandra (en hébreu שלומציון Shlomtsion) est une reine de la dynastie hasmonéenne née en 140 av. J.-C..

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