Hébreu

L’hébreu (en hébreu ancien לשון הקודש lašon ha-qodeš « langue sacrée » et en hébreu moderne עִבְרִית / ivrit) est une langue chamito-sémitique appartenant à la branche centre-nord de la famille des langues sémitiques du groupe canaanéen. Elle est étroitement apparentée au phénicien et aux langues araméennes ainsi qu'à l'arabe.

L'hébreu classique est la langue rituelle et liturgique de la religion juive, tandis que l'hébreu moderne compte plus de 8 millions de locuteurs en Israël[1] et dans le monde. L’hébreu est la langue officielle de l’État d’Israël.

Hébreu
עִבְרִית [iv.'ʀit]
Test hebreu1
Date de création IIe millénaire av. J.-C.
Pays Israël, Cisjordanie, diaspora juive à travers le monde
Originaire de Israélites et Israël
Nombre de locuteurs 7,5 millions (locuteurs premiers 5M, seconds 2M, bons connaissants 0,5M)
Typologie Langue SVO
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle Drapeau d’Israël Israël
Régi par Académie de la langue hébraïque
Codes de langue
ISO 639-1 he
ISO 639-2 heb
ISO 639-3 heb
IETF he
Linguasphere 12-AAB-a
WALS heb
Glottolog hebr1246
Échantillon
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme (voir le texte en français)

כל בני האדם נולדו בני חורין ושווים בערכם ובזכיותיהם. כולם חוננו בתבונה ובמצפון, לפיכך חובה עליהם לנהג איש ברעהו ברוח של אחוה

Histoire

Hébreu ancien

Langues sémitiques
L'hébreu parmi les langues sémitiques vers -500.
Arbre des langues sémitiques
L'hébreu provient du cananéen.

De l’écriture égyptienne en hiéroglyphes dériva hypothétiquement l’écriture protosinaïtique, suivie de l’écriture protocananéenne. Cette écriture évolua ensuite en écriture phénicienne considérée comme la mère des écritures grecque, paléo-hébraïque, samaritaine et araméenne.

Proto-hébreu

Les lettres d’Amarna ou de Tel-Amarna sont une correspondance diplomatique égyptienne du XIVe siècle avant notre ère. Certaines lettres viennent de Canaan. Elles sont rédigées en akkadien, la langue diplomatique de l’époque. Toutefois, elles comprennent bien des mots et d'expressions de la ou des langues ouest-sémitiques parlées en Canaan. On y retrouve des parallèles linguistiques frappants avec l’hébreu de la Torah, ce qui indique que des formes dialectales de proto-hébreu étaient parlées en Canaan avant l'installation des Hébreux eux-mêmes (les lettres ne font pas mention des Hébreux, sauf peut-être sous la forme des Apirou, population mal identifiée, dont le nom a un rapport possible avec « Hébreux »).

Cependant, au-delà de ces indices linguistiques, la forme de ce ou de ces proto-hébreu(x) reste imprécise. On peut cependant remarquer que les anciens dialectes phéniciens (Liban actuel) connus sont très similaires à l’hébreu ancien, à tel point qu’on peut parler de formes géographiques d’une même langue, qui semble donc avoir été parlée (avec des variantes régionales) sur la côte syro-palestinienne. L’hébreu biblique provient donc d’une (voire plusieurs) de ces variantes géographiques dialectales.

En , est découvert dans une strate datée entre -1050 et -970 : l'Ostracon de Khirbet Qeiyafa, qui pourrait être la plus ancienne trace écrite de l'hébreu sur le site de Khirbet Qeiyafa, une petite localité de l’Âge du Fer II A.

Hébreu biblique

AlphabetSyroPalestine XIIIe-VIIIe Siecle
Diffusion de l'alphabet en Syro-Palestine entre le XIIIe s. et le VIIIe s. (alphabets ougarite, proto-cananéen, phénicien ancien, araméen ancien, hébreu ancien), selon Mario Liverani

L'hébreu est la langue de la Bible hébraïque (תַּנַ"ךְ / tanakh) et de la Mishnah ; celle de la plupart des livres apocryphes (ספרים חיצוניים / sefarim hiśoniyim) est l'araméen. Les manuscrits de Qumran (ספרים גנוזות / sefarim genuzot) découverts dans des grottes situées au nord de la mer Morte entre 1947 et 1956, sont eux aussi principalement écrits en hébreu. En dehors des copies de livres bibliques, seulement un manuscrit sur six était rédigé en araméen (quelques manuscrits étant aussi composés en grec).

Dans la Bible, notamment dans le premier livre, la Genèse (בְּרֵאשִׁית / Berešit), au chapitre 14, verset 13, on trouve אברם העברי / Abram ha-’ibri, il s’agit « d’Abram l’Hébreu » avant qu’il ne devienne Abraham (אַבְרָהָם / Abraham), mais le texte ne fait aucune mention de la langue parlée par celui-ci et ses descendants. Il est généralement admis que le terme « hébreu » viendrait de l’expression « מעבר לנהר / me-’eber la-nahar » (de l’autre côté du fleuve), qui désigne l’origine d’Abraham.

Le texte de la Bible hébraïque en usage dans les éditions imprimées ou dans les rouleaux de la Torah à la synagogue est appelé texte « massorétique » (מסורת / massoret, signifiant « transmission »). Sa rédaction est le fruit d’un travail de plusieurs siècles, depuis l’époque des rois (VIIIe siècle av. J.-C.) jusqu'à celle des Maccabées (livre de Daniel, 167 avant l’ère chrétienne), dont il est difficile d’établir les différentes étapes.

L'hébreu biblique est une langue religieuse, sans doute différente de la langue parlée par la population. On y retrouve en effet essentiellement des termes pouvant être utilisés dans un contexte religieux. On a ainsi remarqué une certaine pauvreté de la langue biblique : la Bible ne comporte pas plus de 8 000 mots, dont 2 000 seraient des hapax (des termes n'apparaissant qu'une seule fois), et ces mots sont construits sur seulement 500 racines hébraïques. À titre de comparaison, à la même époque, le lexique grec comporte 120 000 mots[2]. Un vocabulaire populaire plus diversifié, maintenant disparu, a dû exister à côté de la langue formaliste et spécialisée de la Bible.

Hébreu mishnique

2nd century Hebrew decalogue
Papyrus Nash en hébreu, IIe s. av. J.-C. à IIe s. ap. J.-C.

Cette forme de l'hébreu correspond à une période de l'histoire de la langue hébraïque (IerVIe siècle) qui correspond à peu près à la période du Talmud (IIe - Ve siècle), et celui-ci en est donc un témoignage. Elle est appelée aussi hébreu rabbinique ou langue des Sages.

C'était une langue vivante utilisée dans la vie courante autant que dans la littérature, comme attestent des documents épigraphiques et des manuscrits retrouvés par les archéologues en Israël et réunis dans une banque de données israélienne[3]. Elle a commencé à être étudiée linguistiquement par Abraham Geiger en 1845.

L’hébreu mishnaïque contient certaines innovations par rapport à l’hébreu de la Bible auquel il est postérieur de plusieurs siècles. Ces innovations portent en particulier sur les domaines de la syntaxe et du vocabulaire. Dans ce dernier domaine, on constate des emprunts aux langues politiquement et/ou culturellement dominantes de l’époque : araméen, grec, latin et persan.

Hébreu médiéval

À partir du Xe siècle, c'est en dehors de la Palestine, au milieu des diverses communautés juives de la diaspora (גלות / galout) que l’hébreu survit, jusqu’à sa remarquable renaissance en Israël au XXe siècle à la suite des efforts d'Éliézer Ben-Yehoudah.

Dans la vie quotidienne, les juifs parlaient la langue du pays dans lequel ils vivaient, réservant la langue hébraïque au domaine cultuel. C’est en effet dans cette langue que les juifs de la diaspora priaient trois fois par jour, qu’ils lisaient la Torah et en étudiaient les commentaires. C’est également en hébreu que des sages (חכמים / hakhamim) des différents pays correspondaient. La production hébraïque dans des domaines cultuels, culturels et professionnels montrent la dynamique de la langue hébraïque sur la longue durée historique.

Hébreu moderne : renaissance ou reconstruction de la langue

L’hébreu a connu au XXe siècle une renaissance moderne sous l’impulsion d'Eliézer Ben Yehoudah (1858-1922).

Le travail de Ben Yehoudah trouve son origine dans la période dite de la Haskalah (השכלה).

La Haskalah

La Haskalah est un mouvement philosophique, influencé par le siècle des Lumières, qui est lancé à la fin du XVIIIe siècle en Allemagne par Moses Mendelssohn (1729-1786). Il entend mieux intégrer les Juifs dans leur environnement non juif par la pratique d’une éducation « moderne », l’implication dans les débats philosophiques ou scientifiques, et l’intégration aux circuits économiques de l’époque.

Une partie du mouvement s’est aussi attachée à une renaissance de l’usage de la langue hébraïque. Celle-ci était devenue exclusivement une langue religieuse utilisée pour le culte. Les partisans de la Haskalah, les maskilim (משכילים), du moins ceux intéressés par cette question, souhaitaient développer un usage laïque de la langue et en répandre l’usage dans les populations juives.

En 1793, le premier périodique en langue hébraïque est publié par des maskilim de la ville prussienne de Koenigsberg : המאסף / Hameasef (« le Collectionneur »). Une part importante du journal est consacrée aux traductions, à la philologie, à la création littéraire de type moderne et aux actualités.

Dès 1853, Avraham Mapou, le père du roman hébreu, publie un « roman biblique » qui connaîtra un grand succès auprès des lecteurs : L’Amour de Sion[4].

Shalom Abramovitch, plus connu sous le nom de Mendele Moich Sforim (Mendele le vendeur de livres), inventa, après un détour via le yiddish, une nouvelle prose hébraïque, mélange d’hébreu biblique et rabbinique.

HAMELITZ" (THE ADVOCATE) DAILY WHICH WAS FIRST ISSUED IN ST. PETERBURG DURING THE NINETEENTH CENTURY.
המליץ « Hamelitz » (« l'Avocat »), quotidien russe en hébreu, publié au XIXe s. à St-Pertersbourg, 14 février 1889

La Haskalah se développe progressivement dans l'Empire austro-hongrois et dans l'Empire russe, où elle se heurte à l'hostilité de milieux plus traditionalistes, moins exposés à l’assimilation qu'en Allemagne.

C’est en Europe centrale et orientale que se développe la presse hébraïque : plusieurs journaux naissent à Vienne, en Galicie (חלוץ / halouts, השחר / hašahar) ou dans l’Empire russe (המגיד / hamagid, המליץ / hamelits). Ces derniers jouèrent un rôle clé dans la diffusion des idées « modernisatrices », des œuvres littéraires et de l’usage laïque de l’hébreu propre aux maskilim.

Ces derniers furent très tôt confrontés à la relative pauvreté (8 000 mots et 500 racines) de la langue hébraïque, en particulier pour évoquer le monde moderne. Le problème avait deux origines. D’une part, l’hébreu était une langue datant de l’Antiquité, et d’autre part, il s’agissait d’une langue formaliste spécialisée dans le domaine religieux et qui n’était quasiment plus usitée en dehors du domaine religieux.

Certains auteurs, comme Mendele Moich Sforim, commencèrent donc un travail de création lexicale, inventant de nouveaux mots sur la base de racines hébraïques et arabes.

Les maskilim parvinrent ainsi à faire éclore l’usage littéraire de la langue hébraïque, partiellement modernisée.

Ben Yehouda

BYwork
Eliézer Ben Yehoudah à sa table de travail

C’est en 1858 que naquit dans une bourgade lituanienne Eliézer Perlman. De son maître à la yeshiva (école talmudique), il apprit la grammaire hébraïque et lut en cachette, comme d’autres étudiants, le roman d’Avraham Mapou, L’Amour de Sion. Il poursuivit des études de médecine à Paris où il eut l’occasion de parler hébreu et conçut le projet de faire revivre l’usage de cette langue. En 1878, il écrivit un article dans ha-šahar dans lequel il appelle les Juifs à parler l’hébreu.

Sympathisant du premier groupe sioniste, les Amants de Sion, Eliézer Perlman choisit en 1881 le patronyme d’Eliézer Ben Yehouda et partit s’installer dans la ville de Jérusalem, en Palestine ottomane. Il décida de ne s’adresser qu'en hébreu à Deborah qu'il avait épousée la même année. Il interdit que l’on communique avec son fils, Ben Tsion, qui portera plus tard le nom d’Itamar Ben Avi, dans une autre langue. Les maskilim avaient développé une langue littéraire, mais c’est à l’initiative de Ben Yehouda que commença le renouveau de l’hébreu parlé.

En 1894, Ben Yehouda entreprit la rédaction d’un Grand Dictionnaire de la langue hébraïque ancienne et moderne réunissant tous les termes hébreux utilisables en hébreu moderne, dictionnaire intitulé à l'origine le Thesaurus Totius Hebraitatis. Pour ce faire, il parcourut des dizaines de milliers d'ouvrages, se fonda sur l’hébreu religieux (biblique ou mishnaïque) et sur le travail de création lexical des premiers maskilim. Ce travail restant insuffisant, Ben Yehouda fut à l’origine de nombreux néologismes comme « restaurant » (מסעדה / mis'ada), « journal » (עיתון / iton) ou encore « montre » (שעון / ša'on). Il est aussi à la base de l’usage de la prononciation séfarade, qu’il considérait être plus fidèle à la prononciation antique, de l’hébreu religieux comme base de la prononciation de l’hébreu moderne.

Après 15 ans, le premier volume du Thésaurus de la langue hébraïque ancienne et moderne était publié. Les sixième et septième volumes furent publiés peu avant sa mort, en 1922. Ce n’est qu’en 1959 que la série complète en seize volumes fut achevée par une équipe fidèle à son esprit. Pour chacune de ses entrées, ce Grand Dictionnaire contient une traduction en allemand, en russe, en français et en anglais, ainsi qu'une indication de la racine arabe correspondante[5].

Oppositions et adhésions

La pratique « vulgaire » et quotidienne de la « langue sacrée » (לשון הקודש / Lĕšôn Ha-Qôdeš) suscitera la très ferme hostilité des Juifs les plus religieux. Au cours du XXe siècle, la plupart des haredim (ultra-orthodoxes) se rallieront cependant progressivement à la pratique quotidienne de cette langue « modernisée », tout en conservant l’hébreu religieux pour le culte.

Certains groupes haredim actuels, comme la Edah Haredit continuent de refuser l’usage laïque de l’hébreu, le réservant à un usage sacré. Les membres israéliens actuels de la Edah utilisent ainsi toujours le yiddish comme langue parlée.

À l’inverse, le mouvement sioniste défendit rapidement l’usage de l’hébreu modernisé des maskilim, plus particulièrement dans la version de Ben Yehouda.

Si dans Der Judenstaat, Théodore Herzl ne croit pas à l’hébreu comme langue uniforme de l’État juif, les organisations sionistes qui apparurent entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle s’y rallièrent très rapidement. L’hébreu devint ainsi une des langues officielles de la Palestine mandataire (1922-1948) et d’Israël depuis 1948.

Académie de la langue hébraïque

La langue est officiellement régie par l'Académie de la langue hébraïque (האקדמיה ללשון העברית / Ha-aqademia La-lašon Ha-ibhrit) née en 1948 et dont l'ancêtre créé en 1890 par Ben Yehouda, s'appelait la Va'ad halashon, la « Commission de la langue hébraïque »[5]. Cependant, les Israéliens ont tendance à ne pas suivre les conseils que donne l'Académie hébraïque ; par exemple, les recommandations en matière de prononciation de l'hébreu moderne n'ont pas été toujours suivies, et on retient, par exemple, la prononciation des consonnes gutturales, qui donnent à l'hébreu son caractère plus oriental. Les Israéliens se sont bien éloignés maintenant du modèle oriental initialement proposé. Une des décisions de l'Académie de la langue hébraïque qui a été appliquée fut la prononciation du « sadi » comme le « z » allemand, en raison de la difficulté supposée des populations germanophones de le prononcer autrement, le « sadi » devient alors « tsadi ».

Synthèse

Ben Yehouda n’est pas le seul créateur de l’hébreu moderne. Les maskilim qui l’ont précédé y ont contribué. Les locuteurs de l’hébreu qui lui ont succédé ont continué de créer des mots, processus propre à toute langue vivante. Toutefois, par l’ampleur de son œuvre de création et de recensement des termes, il apparaît comme un fondateur incontournable.

Langue ressuscitée

Keyboard Layout Hebrew
Configuration du clavier hébreu

Pendant des siècles, d'aucuns ont pu considérer que l'hébreu était devenu une sorte de langue morte[6] au même titre que le latin puisque tombé en désuétude depuis le IIe siècle, il n'était plus parlé, ni utilisé comme outil de communication entre locuteurs (langue vernaculaire) et se réservait principalement à la liturgie juive (langue liturgique ou cultuelle) et éventuellement au monde de l'écrit à travers les études à la Renaissance ou la correspondance entre lettrés (langue savante) ou dans les documents commerciaux entre Juifs (langue véhiculaire). Ainsi, l'hébreu n'était plus considéré comme une langue vivante. Cet entre-deux permet au linguiste Claude Hagège d'affirmer que « l'hébreu n'était plus vivant, mais il n'était pas mort »[5].

Sa renaissance au XXe siècle est un euphémisme ; l'hébreu a plutôt connu une véritable résurrection après des siècles de somnolence et c'est la seule langue au monde qui ait été ressuscitée, actuellement parlée par plusieurs millions de locuteurs[7].

Alphabet

Écriture des consonnes

Alphabet hébreu
Alphabet hébreu

L’hébreu s’écrit et se lit de droite à gauche en utilisant un alphabet consonantique (abjad) de 22 lettres.

L'écriture actuelle de l’hébreu est l'écriture dite carrée (כתב מרובע / ketab meruba’), que les sages du Talmud appelaient « écriture assyrienne » (כתב אשורי / ketab ašuri).

Les sages du Talmud connaissaient deux écritures de l’hébreu : l’écriture dite hébraïque (כתב עברי / ketab 'ibri — maintenant appelée alphabet paléo-hébraïque) et l’écriture assyrienne. D’après un traité talmudique, le peuple d’Israël aurait abandonné aux Samaritains l’écriture hébraïque à l’époque du Talmud et conservé la seule écriture assyrienne : « Israël a choisi l’écriture assyrienne et la langue sacrée et a laissé aux hediotot [Samaritains[8]] l’écriture hébraïque et la langue araméenne ».

Alphabet samaritain kadosh
Alphabet samaritain kadosh

Ainsi les caractères paléo-hébraïques de l’hébreu samaritain, qui sont encore utilisés par les Samaritains de la petite communauté de Holon et Naplouse, sont les antiques caractères, légèrement modifiés au cours des siècles et abandonnés par les Juifs à l’époque talmudique.

Si l’hébreu ancien distingue très clairement les différentes gutturales, l’hébreu contemporain ne le fait guère. De plus, sa syntaxe incline de plus en plus vers des structures indo-européennes. La prononciation de l’hébreu moderne ne distingue plus certains phonèmes notés par des lettres différenciées, telles que « ח » (het) et « כ » (khaf) par exemple, ce qui cause une tendance homophonique et des difficultés d’orthographe. D’autres couples homophoniques figurent dans l’hébreu moderne : « ב » / « ו » (vav / bhet), « ת » / « ט » (tet / tav) et « כ » / « ק » (quf / kaf).

Notation des voyelles

Vazla
Vazla : mot hébreu avec consonnes, voyelles et (indiqué en vert) signe de cantillation

À l’origine, la langue hébraïque, comme toutes les autres langues sémitiques utilisant l’alphabet, ne note pas les sons vocaliques.

Trois systèmes vocaliques se sont développés : le babylonien, le palestinien et celui dit de Tibériade. Ce n’est qu’au VIIe siècle que les sages (חז"ל / hazal) du judaïsme réunis à Tibériade convinrent d’un système de voyelles basé sur des traits et des points qu’on appelle système vocalique, qui se nomme en hébreu « torat haniqud » (« règles de ponctuation »). On hérite aussi de cette période les signes de cantillation (טעמים / te'amim — le mot טעם / ta’am signifie « goût » en hébreu), la Torah étant chantée depuis ses origines ; elle l’est encore dans le culte juif, grâce à ces signes de cantillation.

Grammaire

Formation des mots

En hébreu, tout mot peut s’analyser en deux morphèmes : le schème et la racine.

Les schèmes nominaux ou verbaux constituent des squelettes dans lesquels sont coulées les racines. Ils sont en nombre limité et associés à des sens ou des usages spécifiques.

La racine de chaque mot se dégage naturellement pour le locuteur qui distingue l’ajout d’une consonne préfixale ou suffixale. Une racine est généralement trilitère, mais l’hébreu connaît aussi des racines quadrilitères, voire quinquilitères.

C’est ainsi qu'on peut produire un adjectif, une conjugaison, une forme passive, un indicatif etc. à partir de toute racine, même si le mot est d’origine étrangère ou [lazim] לעזי"ם, comme l’écrit Rachi : prenons le mot « téléphone » (טלפון) se prononçant bien entendu « telefon », le verbe « téléphoner » suivant la grammaire hébraïque, se dit « letalpen » (לטלפן) (certains prononcent [letalfεn] par assimilation).

Les membres de la famille Kimhi qui ont vécu vers le milieu du Moyen Âge ont passé de nombreuses années à dénombrer et comprendre les schèmes (משקל) et ont posé les bases de la première grammaire hébraïque.

Notes et références

  1. « Monthly Bulletin of Statistics for Population », Israel Central Bureau of Statistics, (consulté le 24 août 2013)
  2. Jean Soler, La violence monothéiste, De Fallois, , 469 p. (ISBN 978-2-87706-675-4)
  3. 1, CD-Rom du Hebrew Language Historical Dictionary Project, Jérusalem, 1998.
  4. L'Amour de Sion de 1853 inspirera le nom du mouvement « les Amants de Sion » fondé en 1881.
  5. « Un bref historique de la langue hébraïque », sur www.morim.com (consulté le 29 janvier 2019)
  6. En 1880, Ben Yehouda écrit une lettre ouverte à l'éditeur Smolenski que celui-ci publie dans le mensuel juif viennois « Ha-Shah'ar » : « Pourquoi en êtes-vous arrivé à la conclusion que l'hébreu est une langue morte (...) ? » Lire en ligne
  7. Mireille Hadas-Lebel, « Histoire de la langue hébraïque », sur www.massorti.com, (consulté le 30 janvier 2019)
  8. Qui sont les hediotot ? Rabbi Hisda dit : « les Couthéens » (Sanhédrin 21b). Le terme dépréciatif de hediotot désignerait les Samaritains.

Voir aussi

Bibliographie

  • L’article « hebrew » dans l’Encyclopedia Judaica.
  • Bar Asher Moshé, Fonctions et activités de l’Académie de la langue hébraïque dans l’orientation et le développement de la langue hébraïque, Meta, Volume 43, numéro 1, 1998
  • Mireille Hadas-Lebel, Histoire de la langue hébraïque, Des origines à l’époque de la Mishna, Collection de la Revue des études juives, Éditions E. Peeters, 1995
  • Mireille Hadas-Lebel, L’Hébreu : 3 000 ans d’histoire, Albin Michel, collection Présences du judaïsme, 1992 (ISBN 978-2-226-05865-2)
  • Agnès Tichit, Hébreu biblique. Grammaire de base et introduction aux fêtes juives. Textes expliqués. Exercices et corrigés, collection Langues et cultures anciennes 3, éd. Safran, 2007 (2e édition) (ISBN 978-2-87457-008-7)
  • Agnès Tichit, Le Verbe en hébreu biblique. Conjugaisons, exercices et corrigés, collection Langues et cultures anciennes 2, éd. Safran, 2004 (ISBN 978-2-9600469-6-0)
  • Orna Lieberman, Hébreu d'aujourd'hui ; grammaire, vocabulaire, Biblieurope, 2001
  • Eliyahou Reichert, L'Hébreu israélien. Précis de grammaire, Didier Devillez - Institut d'études du judaïsme, Bruxelles, 2008
  • Yishai Neuman, [Hebrew in] France, G. Khan (ed.), The Brill Encyclopedia of Hebrew Language and Linguistics, 2013, pp. 911-926

Filmographie

Articles connexes

Liens externes

  • Portail de la culture juive et du judaïsme
  • Portail des langues
  • Portail d’Israël
(99942) Apophis

(99942) Apophis (anciennement 2004 MN4) est un astéroïde géocroiseur de type sidérite, qui fut découvert le 19 juin 2004. Mesurant environ 325 mètres de diamètre, constitué de fer et d'une masse d'environ 40 à 50 millions de tonnes, il suit une orbite proche de celle de la Terre qu'il croise deux fois à chacune de ses révolutions.

Les premières observations de l'astéroïde tendaient à donner une probabilité non négligeable d'une collision avec la Terre le vendredi 13 avril 2029. L'astéroïde avait alors été classé au niveau 4 sur l'échelle de Turin, ce qui fut un cas unique. Cependant, de nouvelles observations ont précisé davantage sa trajectoire et ont écarté la possibilité d'une collision avec la Terre ou la Lune pour 2029. En effet, l'astéroïde doit alors passer à environ 30 000 km de cette première.

Fin juin 2006, la NASA a évalué la probabilité de collision entre cet astéroïde et la Terre au cours des 100 années suivantes à approximativement 1/45 000, la date de collision la moins improbable se situant en 2036, également aux alentours du 13 avril.

En octobre 2009, la NASA a publié un communiqué dans lequel elle affirme qu'après avoir affiné ses calculs, elle n'évalue plus cette probabilité qu'à environ 1/250 000.

Le 10 janvier 2013, après le passage d'Apophis près de la Terre le 9 janvier, les scientifiques de la NASA ont évalué, d'après des observations au radar, que l'astéroïde n'entrera pas en collision avec la Terre en 2036,.

L'astéroïde est désormais classé au niveau 0 sur l'échelle de Turin.

Acre (Israël)

Acre (en hébreu עַכּו Akko ; en arabe عكّا ʿAkkā ; aussi connue sous le nom de Saint-Jean-d’Acre, et Ptolémaïs dans l'Antiquité) est une ville d’Israël, située au nord de la baie de Haïfa, sur un promontoire et dotée d'un port en eaux profondes.

Acre est située à 152 km de Jérusalem et dépend administrativement du district nord. Cette ville côtière donne son nom à la plaine d'Acre qui comporte plusieurs villages. Son ancien port de commerce florissant dans l'Antiquité, est devenu une zone de pêche et de plaisance de moindre importance.

Alphabet hébreu

L’alphabet hébraïque (he) האלפבית העברי (haˈalefbet haivri) est un alphabet consonantique (abjad) dont les graphèmes actuels se développèrent à partir de ceux de l’alphabet araméen. Les Hébreux appellent leur alphabet /ˈalefbet/, /ˈalef/ et /bet/ en étant les deux premières lettres.

Cet alphabet est utilisé pour écrire l'hébreu, mais aussi certaines judéolangues : le judéo (Al Yahudiyya), le yiddish (ou judéo-allemand), et aussi autrefois d’autres langues sémitiques ou encore régionalement des langues indo-européennes ou ouralo-altaïques parlées par la diaspora juive.

Alphabet phonétique international

L'alphabet phonétique international (API) est un alphabet utilisé pour la transcription phonétique des sons du langage parlé. Contrairement aux nombreuses autres méthodes de transcription qui se limitent à des familles de langues, l'API est prévu pour couvrir l'ensemble des langues du monde. Développé par des phonéticiens français et britanniques sous les auspices de l'Association phonétique internationale, il a été publié pour la première fois en 1888. Sa dernière révision date de 2005, celle-ci comprend 107 lettres, 52 signes diacritiques et 4 caractères de prosodie.

Chambellan

Un chambellan ou chambrier (camerarius en latin) est un gentilhomme chargé du service de la chambre d’un monarque ou d'un prince, à la cour duquel il vit.

On traduit aussi par « chambellan » le mot hébreu sârîs, cariyc (סריס) fréquemment cité dans la Bible hébraïque, désignant un eunuque,.

Chrétien

Un chrétien est une personne qui adhère à la religion issue de Jésus de Nazareth, le christianisme, et suit son enseignement rapporté par les Évangiles.

Le mot « chrétien » provient du mot « Christ » qui est la traduction du grec Khristos, lui-même traduisant le mot hébreu Massiah désignant le « Messie », c'est-à-dire l'« oint » du Seigneur », celui qui est consacré par une onction divine d'huile sacrée.

Au centre de la foi chrétienne est la Bonne Nouvelle, selon laquelle l'humanité a espoir de rédemption à travers l'enseignement de Jésus-Christ, sa mort sur la croix et sa résurrection. Les chrétiens croient que Jésus est le Messie annoncé dans la Bible hébraïque. La plupart d'entre eux croient en la Trinité.

Les chrétiens sont répartis en trois grandes confessions : les catholiques, les orthodoxes et les protestants. Les chrétiens sont à la recherche de leur unité à travers le mouvement interconfessionnel de l'œcuménisme.

District (Israël)

Le district (en hébreu : mehoz מחוז, au pluriel : mehozot מחוזות) est une subdivision administrative israélienne.

Espace-temps

En physique, l'espace-temps est une représentation mathématique de l'espace et du temps comme deux notions inséparables et s'influençant l'une l'autre. En réalité, ce sont deux versions (vues sous un angle différent) d'une même entité.

Cette conception de l'espace et du temps est l'un des grands bouleversements survenus au début du XXe siècle dans le domaine de la physique, mais aussi pour la philosophie. Elle est apparue avec la relativité restreinte et sa représentation géométrique qu'est l'espace de Minkowski ; son importance a été renforcée par la relativité générale.

Haaretz

Haaretz (en hébreu : הארץ, Le Pays) est l'un des quatre plus grands quotidiens nationaux en Israël. Il appartient à la famille Schocken et son dirigeant en 2011 est Amos Schocken, appartenant à la troisième génération. Il est le troisième quotidien d'Israël, derrière Maariv et Yediot Aharonot. Sa ligne éditoriale se situe à gauche. Haaretz constitue ainsi le plus grand quotidien d'obédience socialiste d'Israël et le seul parmi les 4 principaux quotidiens.

En 2012, face à la baisse régulière de son lectorat, le journal est au bord de la faillite et doit lancer des coupes drastiques dans son budget. Depuis 2012, il subit une politique d'austérité budgétaire.

Hébreux

Les Hébreux (du latin Hebraei, du grec ancien Ἑϐραῖοι / Hebraioi, lui-même issu de l'hébreu עברי (Ivri)) sont un ancien peuple sémitique du Proche-Orient mentionné dans la Bible hébraïque, qui contient de nombreuses références et constitue la principale source documentaire à leur sujet.

Les Juifs contemporains considèrent les anciens Hébreux comme leurs ancêtres, et les deux termes sont souvent synonymes. En tous cas les actuels Israélites ont le même livre sacré que les anciens Hébreux, les mêmes fêtes principales, et étudient dans les textes d'une longue chaîne de maîtres remontant à Hillel au moins. Quant à la langue des Israéliens modernes, par sa syntaxe et ses racines, elle découle manifestement de la langue biblique, auquel ses enseignants se réfèrent constamment.

Israël

Israël ([is.ʁa.ɛl]), en forme longue l'État d'Israël (respectivement en hébreu יִשְׂרָאֵל (Yisrā'el) et מְדִינַת יִשְׂרָאֵל (Medīnat Yisra'el) [mediˈnat jisʁaˈʔel], en arabe إِسْرَائِيلُ (Isrā'īl) et دولة إسرائيل (Dawlat Isrā'īl)), est un État situé sur la côte orientale de la mer Méditerranée au Proche-Orient en Asie occidentale. Son indépendance est proclamée le 14 mai 1948, après le vote du plan de partage de la Palestine le 29 novembre 1947 par l'Organisation des Nations unies (ONU) qui met fin au mandat britannique et qui prévoit la création d’un État juif et d’un État arabe. Les premières bases politiques en ce sens ont été posées lors du premier congrès mondial sioniste à Bâle en 1897 sous la direction de Theodor Herzl.

Israël est une démocratie parlementaire. Le Premier ministre, élu par le Parlement et nommé par le président, est le chef de l'exécutif. La Knesset (assemblée), où siègent cent vingt députés élus au scrutin proportionnel intégral à un tour, représente le pouvoir législatif. La Cour suprême, composée de neuf juges, sert à la fois de pouvoir judiciaire et de Cour d'appel. Le pays a établi sa capitale à Jérusalem, choix qui n’est pas reconnu par une grande partie de la communauté internationale. Tel Aviv est le centre diplomatique, économique et financier du pays.

Israël est également le seul État au monde où la population est majoritairement juive avec une proportion de 75 %. Le 19 juillet 2018, la Knesset adopte une nouvelle loi fondamentale de l'État d'Israël qui fait d'Israël l'État-nation du peuple juif. La population non juive comprend principalement des Arabes pour la plupart des descendants des Arabes de l'époque de la Palestine mandataire aussi appelés Arabes israéliens ; ils représentent 20,6 % de la population : 91 % d'entre eux sont musulmans.

Depuis sa création en 1948, l'État d'Israël a subi de nombreuses attaques et déclarations de guerres venant des pays arabes voisins. L'Égypte et la Jordanie ont signé un traité de paix avec Israël, mais ce dernier reste en conflit avec la Syrie, le Liban et le Hamas dans la bande de Gaza.

Israël au Concours Eurovision de la chanson

Israël participe au Concours Eurovision de la chanson, depuis sa dix-huitième édition, en 1973, et l’a remporté à quatre reprises : en 1978, 1979, 1998 et 2018.

Knesset

La Knesset (en hébreu : כנסת, littéralement assemblée ; en arabe : الكنيست) est le parlement monocaméral de l'État d'Israël siégeant à Jérusalem. Les députés sont élus pour un mandat de quatre ans. Depuis sa création en 1949, sur les 19 chambres élues, 12 ont été dissoutes.

Liste des cratères de Vénus

La liste des cratères sur Vénus recense les cratères connus de la planète ainsi que leurs noms.

Vénus est une planète dont la surface est essentiellement recouverte de plaines et de bassins ainsi que de deux chaînes montagneuses majeures. Les cratères sur Vénus sont assez peu nombreux comparativement aux autres planètes du système solaire. Le nombre de cratères sur la planète s'élève à un millier environ, ce qui est caractéristique d'un sol relativement jeune.

La morphologie des cratères de Vénus diffère de ceux des autres planètes. Du fait de son atmosphère épaisse, il se peut que les météores aient tendance à exploser ou se désagréger en y pénétrant, les plus petits objets ne pouvant ainsi pas atteindre le sol. Leur répartition est uniforme sur la surface de la planète et la plupart des cratères ont été créés sur deux périodes distinctes, celle du grand bombardement et une autre période plus récente de bombardement d'astéroïdes et de comètes.

Lors de la période du grand bombardement tardif, où la plupart des cratères de Mercure et de la Lune se sont formés, il est probable que Vénus ait aussi été impactée, mais le peu de traces d'impact montre que le sol vénusien s'est renouvelé, processus qui s'est interrompu il y a peu de temps, il y a approximativement 500 millions d'années,.

Les cratères vénusiens possèdent pour la plupart un nom féminin ou d'une personnalité célèbre féminine, par convention les cratères d'un diamètre supérieur à 20 km sont nommés d'après des femmes célèbres ayant contribué de manière notable à leur domaine, les cratères d'un diamètre inférieur à 20 km sont nommés par des prénoms usuels féminins dans de multiples langues.

La direction des longitudes croissantes est l'est.

Rabbin

Le rabbin (hébreu רַב, Rav en hébreu moderne, Rov ou Rouv en hébreu ashkénaze) est une personne dont l’érudition dans l’étude de la Torah lui permet de prendre des décisions ou rendre des jugements en matière de Loi juive. Au vu de l’importance de celle-ci dans la vie juive traditionnelle, le rabbin a longtemps été la figure communautaire dominante du judaïsme. À la suite de la Haskala et surtout de la réforme du judaïsme, son rôle a été fortement redéfini dans les franges non-orthodoxes.

Rivière

En hydrographie, une rivière est un cours d'eau au débit moyen à modéré (supérieur à 2 m3/s), recevant des affluents et qui se jette dans une autre rivière ou dans un fleuve.

En français courant, une rivière est un cours d'eau d'une certaine importance, inférieure subjectivement à celle d'un fleuve, sans autre égard à son débouché.

Pourtant cette affirmation est erronée au regard de la définition hydrographique. En effet, il n'est pas rare de rencontrer des fleuves qui sont plus "petits" que certaines rivières (à titre d'exemples : la Saône à Lyon, qui présente un lit et un débit importants, reste une rivière. À l'inverse, l'Huveaune, fleuve côtier marseillais, présente un lit et un débit beaucoup plus restreints).

Quand le substrat le permet (porosité suffisante), la rivière peut être accompagnée d'un compartiment écologique parallèle où l'eau s'écoule plus lentement, dit compartiment sous-fluvial.

Tanakh

Tanakh (en hébreu תנ״ך), est l'acronyme

de l’hébreu « תּוֹרָה - נביאים - כתובים », en français : « Torah - Nevi'im - Ketouvim », formé à partir de l'initiale du titre des trois parties constitutives de la Bible hébraïque :

T ת : la Torah תּוֹרָה (la Loi ou Pentateuque) ;

N נ : les Nevi'im נביאים (les Prophètes) ;

K ך : les Ketouvim כתובים (les Autres Écrits ou Hagiographes).On écrit aussi Tanak (sans h à la fin). Le Tanakh est aussi appelé Miqra מקרא,

Terminologie : Tanakh, Ancien Testament et Bible hébraïque.

La division que reflète l'acronyme Tanakh est bien attestée dans des documents de l'époque du Second Temple, dans le Nouveau Testament chrétien et dans la littérature rabbinique, à ceci près qu'au cours de cette période l'acronyme en question n'était pas utilisé ; le terme correct était Miqra (« Lecture », renvoyant à une fonction liturgique du texte), par opposition à Mishna (« Enseignement », « Répétition ») ou Midrash (« Exégèse »). Le terme Miqra continue à être utilisé de nos jours, aux côtés de Tanakh pour dénommer les Écritures hébraïques. En hébreu moderne parlé, Miqra possède néanmoins une connotation plus formelle que Tanakh.

Les livres inclus dans le Tanakh étant pour la plupart écrits en hébreu, on l'appelle également la Bible hébraïque. Bien que l'araméen se soit introduit en bonne partie dans les livres de Daniel et d'Esdras, ainsi que dans une phrase du Livre de Jérémie et un toponyme de deux mots dans le Sefer Bereshit (Livre de la Genèse), ces passages sont écrits dans la même écriture hébraïque. Les passages en araméen sont les suivants : Esdras 4.8, 4.7 et 12.26 ; Jérémie 10.11 ; Daniel 2.4 à 7.28

Selon la tradition juive, le Tanakh est constitué de vingt-quatre livres : la Torah contenant cinq livres, les Nevi'im huit, et les Ketouvim onze.

La Bible hébraïque a exactement le même contenu que l’Ancien Testament protestant mais les livres sont présentés et classés différemment, les protestants comptant trente-neuf livres, et non vingt-quatre.

Ceci est dû au fait que les Chrétiens ont choisi de subdiviser certains livres de la religion juive.

Cependant, l'expression Ancien Testament, utilisée dans la tradition chrétienne, peut paraître péjorative pour des Juifs. D'une part, elle peut être perçue comme une volonté de s'approprier arbitrairement les textes de la religion juive et d'autre part, selon la foi juive, il ne saurait exister de Nouveau Testament hors des textes massorétiques. Tout ceci étant relatif, puisque le christianisme est issu du judaïsme et que les proto-chrétiens étaient eux-mêmes tous Juifs, il résulte que l'expression « Premier Testament » est parfois considérée comme plus respectueuse envers la tradition juive.

En tant que telle, une distinction technique peut être tracée entre le Tanakh et le corpus similaire mais non identique que les Chrétiens protestants nomment Ancien Testament. L'expression de Bible hébraïque est donc préférée par certains érudits, car elle recouvre les aspects communs du Tanakh et de l'Ancien Testament en évitant les biais partisans.

L’Ancien Testament catholique et orthodoxe contient sept Livres non inclus dans le Tanakh. Ils sont appelés Livres deutérocanoniques (lit. « canonisés secondairement » c'est-à-dire canonisés ultérieurement). Ils sont tirés de la Septante, version grecque étendue du Tanakh. Ainsi, dans les Bibles chrétiennes, les Livres de Daniel et d'Esther peuvent contenir des textes deutérocanoniques, n'ayant été inclus ni dans le canon juif ni dans le canon protestant.

Torah

La Torah ou Thora (en hébreu תּוֹרָה, « instruction » ; en grec ancien Νόμος — Nomos —, « Loi ») est, selon la tradition du judaïsme, l'enseignement divin transmis par Dieu à Moïse (תּוֹרַת־מֹשֶׁה – Tōraṯ Mōshe) sur le mont Sinaï et retransmis au travers de ses cinq livres (hébreu : חמשה חומשי תורה – Ḥamishā Ḥoumshē Tōrā) ainsi que l'ensemble des enseignements qui en découlent,.

Elle est composée de cinq livres désignés en hébreu par un des premiers mots du texte et traditionnellement en français : la Genèse (Berēshīṯ : Commencement), l'Exode (Shemōṯ : Noms), le Lévitique (Wayyiqrā : Et il appela), les Nombres (Bamiḏbar : Dans le désert) et le Deutéronome (Devarim : Paroles). Elle contient, selon la tradition juive, 613 commandements et comporte, outre la composante écrite (hébreu : תורה שבכתב, Tōrā sheBikhtāḇ : « Torah écrite »), une dimension orale (hébreu : תורה שבעל פה, Tōrā sheBeʿal Pe : « Torah orale »), ultérieurement compilée dans le Talmud et la littérature midrashique.

Le christianisme appelle Pentateuque les livres traditionnellement attribués à Moïse, terme d'origine grecque Πεντάτευχος qui signifie « Les cinq livres ». Il les reconnaît comme faisant intégralement partie des Écritures canoniques (« Ancien Testament »), bien qu'il en ait partiellement abandonné les préceptes rituels et qu'il ne reconnaisse pas d'autorité aux enseignements rabbiniques. Le christianisme soutient en effet que le message du Christ diffusé par le Nouveau Testament conduit à l'accomplissement de la Torah (Matthieu 5, 17-20), désormais objet d'une observance intériorisée et d'une interprétation allégorique, comme l'attestent les écrits de Paul de Tarse dès le milieu du Ier siècle (Première épître aux Corinthiens).

La Torah est aussi reconnue par l'islam, selon lequel elle aurait cependant été falsifiée.

États pontificaux

Les États pontificaux,, ou États de l'Église, sont les États qui furent entre 752 et 1870 sous l'autorité temporelle du pape. Le premier noyau de ces États était baptisé patrimoine de saint Pierre. Les accords du Latran en 1929 ayant réglé la question romaine sans toutefois se prononcer sur l'abolition des États pontificaux proclamée par Victor-Emmanuel en 1870 mais non acceptée par le pape, on considère que leur continuité se retrouve aujourd'hui dans l'État de la Cité du Vatican.

  • Hébreu
  • עִבְרִית
Généralités
Ères
Dialectes
Scripts
Alphabet
Signes
Grammaire
Academia
Articles liés
afro-asiatiques
indo-européennes
turques
dravidiennes
kartvéliennes

Dans d’autres langues

This page is based on a Wikipedia article written by authors (here).
Text is available under the CC BY-SA 3.0 license; additional terms may apply.
Images, videos and audio are available under their respective licenses.