Grèce antique

L'expression « Grèce antique » renvoie à la civilisation des peuples de langue et de culture grecques durant l'Antiquité. On entend parfois plus précisément par Grèce antique la Grèce classique, en particulier l'Athènes du Ve siècle av. J.-C., celle de Périclès et de la tragédie, et celle du IVe siècle av. J.-C., de Platon et d'Aristote. Toutefois, la culture grecque s'est développée plus tôt : les épopées de l’Iliade et de l’Odyssée remontent sans doute au VIIIe siècle av. J.-C. Elle a aussi conservé un réel dynamisme au cours des siècles suivants, pendant lesquels elle s'est étendue dans de nombreuses autres régions. En Orient, après les conquêtes d'Alexandre le Grand, la culture grecque s'est mêlée aux cultures antérieures pour donner naissance à la civilisation hellénistique. Dans le bassin méditerranéen, la culture grecque a joué un rôle décisif, notamment du fait de l'influence qu'elle eut à Rome, où le grec devint la langue du savoir utilisée par les élites, et de l'influence qu'elle exerça dans le monde arabo-musulman, qui traduisit en arabe de nombreux traités grecs. C'est ainsi que certaines productions politiques et culturelles du monde grec ont eu un rôle majeur dans le développement de la civilisation occidentale.

Les chercheurs estiment souvent que les Grecs sont à l'origine d'une nouvelle manière d'appréhender le monde affranchissant la pensée des dogmes religieux[1]. Contrairement aux grandes religions monothéistes, la religion grecque est avant tout basée sur l'orthopraxie - il est en ce sens impossible de parler de dogme - et met l'homme au cœur de ses réflexions[2].

On considère les Grecs comme les fondateurs de la philosophie (les présocratiques, Socrate, Platon, Aristote, etc.). Inventeurs de la logique, ils peuvent être considérés comme des précurseurs de l'investigation scientifique (physique, mathématiques, astronomie)[3]. La littérature grecque eut sans doute longtemps moins d'influence que celle de ses imitateurs romains. L'art grec reste considéré comme un modèle de l'équilibre classique.

Comme ailleurs dans l’Antiquité, l’esclavage fournit à l’économie du monde grec antique une force de travail indispensable : Aristote[4], faisait de l’esclavage la « pierre angulaire » du fonctionnement de la société grecque[5], tandis que Platon le condamnait.

Carte Grece antique 02
Carte de la Grèce antique au Ve siècle av. J.-C.

Histoire

L'histoire de la Grèce avant le VIIIe siècle av. J.-C. est assez mal connue. La civilisation mycénienne a duré de -1650 à -1100 environ, elle est fortement influencée par la Crète minoenne. Les raisons de sa disparition sont sujettes à controverse. Les chercheurs croyant à l'historicité de la guerre de Troie la situent pendant cette période. Les temps qui suivent, aussi mal connus, sont parfois appelés siècles obscurs. Des changements culturels importants semblent s'y être déroulés.

Époque archaïque

NAMA Alphabet grec
Alphabet grec antique peint sur la panse d'une coupe attique à figures noires.

Au VIIIe siècle av. J.-C., la Grèce commence à émerger de la période sombre qui suit la chute de la civilisation mycénienne. L'écriture et les écrits mycéniens en général sont perdus et oubliés mais les Grecs adoptent l'alphabet phénicien tout en le modifiant ce qui deviendra l'alphabet grec. Au IXe siècle av. J.-C., les premiers textes proprement grecs apparaissent. Le pays est alors divisé en une multitude de petites communautés indépendantes, situation imposée par la géographie grecque, où chaque île, vallée ou plaine est totalement coupée de ses voisins par la mer ou les montagnes.

Il semble qu'à partir du VIIIe siècle av. J.-C. apparaissent les cités, de petits territoires indépendants et politiquement structurés. La population augmente fortement et des colonies grecques sont fondées, dans les îles de la mer Égée et en Asie mineure, puis dans d'autres régions méditerranéennes. Les grands penseurs vivent souvent outre-mer : Thalès et Xénophane vivent en Asie ; Pythagore fonde une école en Italie du Sud. C'est la naissance de la Grande Grèce.

La guerre lélantine (de -710 à -650) fut un long conflit entre cités grecques qui présente la particularité d'être l'un des premiers affrontements de la Grèce antique documenté. Cette guerre voit s'affronter les cités-état de Chalcis et d’Érétria à propos de la Lélantine, plaine fertile de l’Eubée.

Une classe marchande se développe dans la première moitié du VIIe siècle av. J.-C. comme le démontre l'apparition de monnaies grecques vers -680, ce qui ne manque pas de susciter des tensions entre les villes. Les classes aristocratiques qui gouvernent les cités sont menacées par cette nouvelle bourgeoisie de marchands qui souhaite se lancer dans la politique. À partir de -650, cette même classe aristocratique doit lutter afin de ne pas être renversée par des tyrans populistes. Le mot tyran étant d'ailleurs lui-même issu du grec τύραννος (tyrannos) signifiant « dirigeant illégitime » indifféremment qu'il soit bon ou mauvais.

Époque classique

Au début du Ve siècle av. J.-C., les Grecs parviennent à repousser les troupes de l'immense Empire perse lors des guerres médiques. La bataille de Salamine (480 av. J.C.) pose les bases de l'hégémonie de la cité d'Athènes en mer Égée. La Grèce connaît alors un « âge d'or ». Certains penseurs, Parménide, Empédocle, Leucippe inaugurent de nouvelles manières d'envisager le monde. Athènes, où une démocratie s'est mise en place, occupe une place prépondérante sur les plans politique et artistique. La tragédie s'y développe. Socrate ne quitte presque jamais la ville.

Après la guerre du Péloponnèse (de -431 à -404), les cités grecques sont affaiblies, mais la vie intellectuelle reste vivace (Platon, Aristote).

Vers -338, la Macédoine domine la Grèce. Entre -336 et -323, son roi, Alexandre le Grand, conquiert un immense empire.

Époque hellénistique

Map Macedonia 200 BC-fr
Carte de la Macédoine et du monde égéen vers 200 av. J.-C.

À la mort d'Alexandre le Grand, son empire est partagé entre ses anciens généraux ou diadoques : Ptolémée, Séleucos, Lysimaque, Antigone le Borgne, qui règnent en souverains absolus sur de vastes régions.

Les Antigonides conservent la Macédoine. Les Séleucides règnent en Asie, sur l'ancien Empire perse. On ressent des influences grecques jusque dans les sculptures bouddhiques d'Afghanistan. Les Ptolémées, qui dominèrent l'Égypte, nous sont toutefois mieux connus. Alexandrie y est un haut lieu du savoir. En Grèce même, de nouvelles philosophies se développent : l'épicurisme et le stoïcisme.

Époque romaine

La situation politique est assez difficile et, au IIe siècle av. J.-C., la Grèce passe sous domination romaine. La Grèce reste un centre culturel mais perd en créativité.

Économie

L'économie de la Grèce antique se caractérise par une forte prédominance de l’agriculture, d’autant plus importante que les sols grecs sont peu fertiles. Cette sténochôria provoque la création de colonies, qui procurent des matières premières. Plus qu'une source de subsistance, l’agriculture façonne une partie des représentations et des rapports sociaux : la majorité de la population du monde grec est rurale et la propriété foncière représente un idéal. L’artisanat et le commerce (principalement maritime) se développent à partir du VIe siècle av. J.-C. dans les cités. Cependant, les Grecs éprouvent une grande répugnance pour le travail rétribué, et en particulier le travail manuel : la politique est la seule activité réellement digne du citoyen, le reste devant être autant que possible abandonné aux esclaves.

Culture

Religion

La religion grecque antique a pour particularité de n'avoir ni textes sacrés, ni dogme, ni Église : elle est polythéiste. Elle accorde une grande importance aux rites et peu à la dévotion personnelle. Les différents cultes peuvent être distingués en trois grandes catégories : cultes publics, rassemblant la communauté des citoyens d'une cité, cultes privés, appartenant à la sphère domestique, cultes à mystères, qui seuls promettent aux initiés une vie heureuse et un au-delà.

Le panthéon grec comporte douze divinités principales (dites « olympiennes »), dont les plus importantes sont exprimées par trois figures ayant le monde en partage : Zeus, dieu de la foudre, régnant sur le Ciel, Poséidon, dieu des mers, des océans et des séismes et enfin Hadès, maître du monde des Enfers. Il existait cependant de nombreuses autres divinités, appelées parfois « divinités mineures », auxquelles on accordait plus ou moins d'importance selon la situation, l'époque de l'année, le lieu...

Arts

Greece Delphi Tholos
Ruines de la Tholos à Delphes remontée partiellement en 1938.

L'art grec est l'aspect le plus immédiatement sensible de la Grèce antique : il a influencé l'art romain, celui de la Renaissance et une grande partie de l'art moderne et contemporain d'Occident. Ses monuments sont admirés par les touristes en Grèce même, ainsi que sur les sites des colonies grecques de Grande Grèce et d'Asie mineure ; ses sculptures et ses vases occupent souvent une place de choix dans les musées et les collections privées. Le Parthénon et son décor sculpté, l'aurige de Delphes, le groupe du Laocoon et la Victoire de Samothrace figurent parmi les œuvres d'art les plus connues dans le monde.

Pour autant, l'œuvre d'art grecque est souvent mal comprise. Elle est admirée aujourd'hui pour le plaisir esthétique qu'elle procure, alors que sa fin première est pratique ou religieuse. Les ruines de monuments se trouvent dans des endroits isolés, ou sont incorporées dans des villes modernes, alors que les bâtiments grecs se trouvaient naturellement intégrés à tout un ensemble de bâtiments environnants. La peinture murale, l'une des principales formes d'expression de l'art grec, a presque totalement disparu, alors que la sculpture grecque nous est parvenue principalement sous la forme de copies ou variantes romaines, pour lesquelles il est difficile de départager le génie de l'auteur original de celui du copiste-adaptateur. Il est donc important de replacer l'art grec dans son contexte et de restituer ses origines, évolutions et influences.

Sciences

Les Grecs ont joué un rôle déterminant dans l’évolution des sciences. Ils ont notamment fait progresser les mathématiques, trigonométrie, géométrie (avec Pythagore), la physique (avec Aristote et Archimède), la chimie, l’astronomie et la géographie (avec Ptolémée), la météorologie, la zoologie (classification du règne animal par Aristote), la botanique (avec Théophraste et Dioscoride), la médecine (avec Hippocrate), l’anatomie et la physiologie.

Ces sciences atteindront un niveau qui ne sera dépassé qu’à la Renaissance. Les sciences physiques notamment sont longtemps restées basées sur des fondements aristotéliciens, qui n'ont commencé à être abandonnés qu'au XVIIe siècle avec la naissance de la physique classique.

Société

Bisexualité

On sait que les Grecs anciens, du moins les hommes, avaient un mode de vie bisexuel : s'ils se mariaient afin d'assurer la descendance, ils passaient aussi par une éducation de nature pédéraste durant l'adolescence, qui les liait sexuellement à un homme légèrement plus âgé, avant qu'eux-mêmes, une fois devenus citoyens, ne deviennent les amants et formateurs d'autres jeunes gens[6]. Par exemple, les sources d'époque présentent la vie amoureuse d'Alcibiade ainsi : « lorsqu'il était jeune, il détournait les hommes de leurs épouses, et lorsqu'il était plus âgé, il détournait les femmes de leurs maris »[7].

Place des femmes

Comme dans toutes les sociétés, la condition de la femme dans la Grèce antique diffère selon les époques et même les cités. À l'époque minoenne[8], elles jouent un rôle important dans la société et semblent l'avoir conservé à l'époque homérique[9]. Au VIe siècle av. J.-C., à Lesbos, la poétesse Sappho dirige un institut d'éducation pour jeunes filles de haute naissance où elles peuvent s'adonner à des exercices physiques, court vêtues et montrant leurs cuisses. Sur ce point du moins, Sparte était plus tolérante qu'Athènes et la relative libertés des femmes ne manquait pas de scandaliser les Athéniens comme Euripide ou Platon :« En dehors des maisons, avec les jeunes gens / Allant les jambes nues et la robe flottant[10] » Aristote définissant la citoyenneté comme la possibilité de participer au pouvoir politique, la femme en est donc la plus éloignée : contrairement aux métèques et aux esclaves, elle ne peut jamais devenir citoyenne. Confinée à la maison, la jeune Athénienne apprend principalement les travaux ménagers : cuisine, traitement de la laine et tissage, peut-être aussi quelques rudiments de lecture, de calcul et de musique. Ses rares occasions de sortir sont certaines fêtes religieuses où elles assistent aux sacrifices et participent aux processions. Si elles apprennent à danser et à chanter pour participer aux chœurs religieux, les chœurs de jeunes filles restent séparés de ceux des jeunes hommes.

Le mariage, arrangé par le père ou le tuteur légal, ne la délivre en rien de son confinement. Elle aura juste toute autorité sur sa maison et les esclaves pour lesquels elle est la despoïna. Le seul but du mariage est la procréation. La plupart des Athéniens se marient par convenance religieuse et sociale plus que par goût. À Sparte, le célibataire endurci est puni par la loi.

Il convient cependant de distinguer les différentes classes sociales. Les Athéniens pauvres et ne disposant que d'un logement exigu laissaient plus facilement sortir leur femme, souvent contraintes de travailler au dehors, notamment comme revendeuses sur les marchés, pour subvenir aux besoins de la famille[11].

Notes et références

  1. Pierre Vernant, Du mythe à la raison. La formation de la pensée positive dans la Grèce archaïque, Persée, Annales Année 1957 12-2 pp. 183-206.
  2. André Bernand, Les Grecs devant leurs dieux dans l'Antiquité, Clio, 2001.
  3. Jean-Baptiste Gourinat, « La logique : une création de la Grèce antique », Pour la science, no 49,‎ (lire en ligne, consulté le 16 juin 2018).
  4. Politique, livre I
  5. Le Politique
  6. L’hermaphrodite et la bisexualité à l’épreuve du droit dans l’antiquité, Eva Cantarella, (Université de Milan), Cairn.info
  7. (en) Diogenes Laerticius, Lives and Opinions of Eminent Philosophers, trans C.D. Younge (London: George Bell and Sons, 1891), p. 72, Michel Foucault, History of Sexuality, vol 2: The Uses of pleasure, trans Robert Hurley (New York, Viking Press, 1985) ; repris dans Bisexuality and the Eroticism of Everyday Life, de Marjorie Garber, Routeledge, 2000
  8. G. Glotz, La civilisation égéenne, p. 166-170. Cité par Robert Flacelière, La vie quotidienne en Grèce, p. 82
  9. E. Mireaux, La vie quotidienne au temps d'Homère, p. 204-227. Cité par Robert Flacelière, op. cit., p. 83
  10. Platon, Criton, p. 50, a-b
  11. Robert Flacelière, La vie quotidienne en Grèce, Paris, Librairie générale française, coll. « Le Livre de Poche » (no 5806), , 415 p. (ISBN 2-253-03207-7), p. 82-117

Voir aussi

Bibliographie

  • Alain Billault, Les 100 mots de la Grèce antique, collection « Que sais-je ? », Paris, PUF, 2012 (ISBN 978-2-13-059105-4).
  • Marie-Claire Amouretti et Françoise Ruzé, Le Monde grec antique, Hachette, collection « U », Paris, 2003 (ISBN 2-01-145541-3).
  • Anne-Marie Buttin, La Grèce classique, Belles Lettres, collection « Guide des civilisations », Paris, 2000 (ISBN 2-251-41012-0).
  • Jean Hatzfeld, Histoire de la Grèce ancienne, Paris, 1926.
    • 3e éd., revue et corrigée par André Aymard, Paris, Payot, 1950.
    • rééd. coll. « Petite Bibliothèque Payot », 1962, 1995, 2002.
  • Pierre Lévêque, L'Aventure grecque, Livre de Poche, collection « Références », Paris, 1997 (1re édition 1977) (ISBN 2-253-90449-X).
  • Robert Morkot, Atlas de la Grèce antique, Autrement, coll. « Atlas/Mémoires », Paris, 1999 (ISBN 2862607649).
  • Philippe Jockey, La Grèce antique, Paris, Le Cavalier Bleu éditions, « Idées reçues », 2005, 125 pages, (ISBN 2 -84670-118-0).
  • Prophéties et oracles, t. I : Dans le Proche-Orient ancien, t. II : En Égypte et en Grèce, Cerf, 1994, 132 et 116 p.
  • Moses I. Finley (traduit de l'anglais par Monique Alexandre, bibliographie de Pierre Vidal-Naquet, Claude Mossé et Annie Schnapp-Gourbeillon), Les Anciens Grecs. Une introduction à leur vie et à leur pensée, Paris, Seuil, coll.« Points Essais », 1993 (ISBN 2-02-013663-5).
Revues scientifiques

Articles connexes

Liens externes

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Acropole

L’acropole (ἀκρόπολις / akrópolis, signifiant « ville haute ») est un terme peu usité qui désigne initialement une citadelle construite sur la partie la plus élevée et la mieux défendue d'une cité de la Grèce antique, servant de refuge ultime aux populations lors des attaques. Il vient de l’adjectif ἄκρος (ákros « élevé ») et du nom πόλις (pólis, « cité »), signifiant ainsi « point le plus haut de la ville ». L'acropole contient aussi les temples dédiés aux dieux principaux de la ville. Par extension, ce terme est désormais employé pour désigner la partie haute d'une ville, sans qu'il y ait nécessairement un lien avec des fortifications ou des sanctuaires.

Les différentes acropoles ont parfois des noms originaux, comme « la Cadmée » à Thèbes, ou « l'Acrocorinthe » à Corinthe.

Antiquité grecque en musique

(Retour à la chronologie générale de la musique populaire)

Art de la Grèce antique

L’art de la Grèce antique a exercé une influence considérable sur la culture de nombreux pays des temps anciens à nos jours, en particulier dans les domaines de la sculpture et de l'architecture. À l'ouest, l'art de l'Empire romain s'est largement inspiré des modèles grecs.

À l'est, les conquêtes d'Alexandre le Grand ont permis plusieurs siècles d'échanges entre les Grecs, l'Asie centrale et les cultures indiennes, ce qui a donné naissance à l'art gréco-bouddhique, avec ses ramifications jusqu'au Japon lui-même. Après la Renaissance en Europe, l'esthétique humaniste et les techniques sophistiquées de l'art grec ont inspiré plusieurs générations d'artistes européens. Jusqu'au XIXe siècle, le classicisme de l'art grec a fortement influencé l'art du monde occidental.

Carie (Antiquité)

La Carie (en grec ancien Καρία / Karía) est une région historique du Sud-Ouest de l'Asie mineure, située entre la Lycie à l'est, la Pisidie au nord-est, la Lydie au nord et la mer Égée au sud-ouest. Elle correspond à l'actuelle région de Bodrum au sud-ouest de la Turquie.

Claude Ptolémée

Claude Ptolémée (en grec ancien Κλαύδιος Πτολεμαῖος Claúdios Ptolemaîos, en latin Claudius Ptolemaeus), communément appelé Ptolémée (Ptolémaïs de Thébaïde (Haute-Égypte), né vers 100 - mort vers 168 à Canope, est un astronome et astrologue grec qui vécut à Alexandrie (Égypte). Il est également l’un des précurseurs de la géographie. Sa vie est mal connue. Son cognomen Ptolemaeus semble indiquer des origines gréco-égyptiennes, et son nomen Claudius une citoyenneté romaine. Son prænomen est inconnu.

Ptolémée est l’auteur de plusieurs traités scientifiques, dont deux ont exercé une grande influence sur les sciences occidentales et orientales. L’un est le traité d’astronomie, aujourd’hui connu sous le nom d’Almageste (arabisation de Ἡ Μεγάλη Σύνταξις,ʿē Megálē Súntaxis, La Grande Composition, puis Ὴ μεγίστη,ʿē megístē, La Très Grande, al-Mijisti, mais dont le titre original en grec était Μαθηματική σύνταξις, Mathēmatikḗ súntaxis, Composition mathématique). L’autre est la Géographie, qui est une synthèse des connaissances géographiques du monde gréco-romain.

L’œuvre de Ptolémée est la continuation d’une longue évolution de la science antique fondée sur l'observation des astres, les nombres, le calcul et la mesure. Avec l’œuvre d’Aristote, c’est essentiellement à travers elle, transmise à la fois par les Arabes et les Byzantins, que l’Occident redécouvrira la science grecque au Moyen Âge et à la Renaissance, laissant leurs prédécesseurs dans l’obscurité. Pourtant Ptolémée ne manque pas de faire abondamment référence à ceux-ci dans ses écrits.

Diodore de Sicile

Diodore de Sicile (grec ancien : Διόδωρος Σικελιώτης; en latin Diodorus Siculus) est un historien et chroniqueur grec du Ier siècle av. J.-C., contemporain de Jules César et d'Auguste, auteur de la Bibliothèque historique.

Divination dans la Grèce antique

La divination constitue un aspect fondamental de la religion et de la culture de la Grèce antique. L’oracle est la réponse donnée par un dieu à une question personnelle, concernant généralement le futur. De tels oracles ne peuvent être rendus que par certains dieux, dans des lieux précis, sur des sujets déterminés et dans le respect de rites rigoureusement respectés : la prise d'oracle s'apparente à un culte. L'interprétation des réponses du dieu, qui s'exprime de diverses manières, demande parfois un apprentissage et l'oracle nécessite, en général, une interprétation heuristique, il s'agit souvent d'une parole énigmatique, sibylline (Sibylle était une prêtresse d'Apollon et une oracle, dans la mythologie grecque).

Par extension et déformation, le terme d'oracle désigne aussi le dieu consulté, l'intermédiaire humain qui transmet la réponse ou encore le lieu sacré où la réponse est donnée. La langue grecque distingue ces différents sens : parmi de nombreux termes, la réponse divine peut être désignée par χρησμός / khrêsmós, proprement « le fait d'informer ». On peut aussi dire φάτις / phátis, « parole, oracle ». L'interprète de la réponse divine est souvent désigné par προφήτης / prophêtês, "qui parle à la place [du dieu]", σίβυλλα/sibylla, ou encore μάντις / mántis et πρόμαντις / prómantis, « devin ». Enfin, le lieu de l'oracle est le χρηστήριον / khrêstếrion (terme qui désigne aussi l'oracle et la réponse de l'oracle).

La mantique, c'est-à-dire le domaine de la divination, n'est, dans le monde grec antique, constituée que des sciences oraculaires. Les devins comme Tirésias sont considérés comme des personnages mythologiques : la divination, en Grèce, n'est pas l'affaire de mortels inspirés mais de personnes respectant des rites déterminés, bien que la tradition ait pu donner l'apparence d'une telle inspiration, ou, au sens propre, ἐνθουσιασμός / enthousiasmós, « enthousiasme », c'est-à-dire le « fait d'avoir le dieu en soi ».

Drachme (Grèce antique)

La drachme (en grec ancien δραχμή / drakhmế) est le nom de plusieurs monnaies grecques depuis l’Antiquité, ainsi par extension que du monde proche-oriental antique.

Gymnastique

La gymnastique (abrégée en « gym ») est un terme générique qui regroupe aujourd'hui des formes très diverses de disciplines sportives, pratiquées pour le loisir ou la compétition : gymnastique artistique, gymnastique rythmique, trampoline, gymnastique acrobatique, gymnastique aérobic, tumbling. Le terme est aussi appliqué à des formes d'activités dites gymniques, plus ou moins liées à la santé ou à la condition physique des personnes la pratiquant, telles que l'aquagym ou le fitness.

Lors des compétitions, les gymnastes sont notés par des juges qui reçoivent une formation, spécifique selon la fédération concernée, validée par un examen.

Géographie (Strabon)

Le Geographica (en grec ancien Γεωγραφικά / Geōgraphiká), ou Géographie, est une encyclopédie géographique écrite en grec ancien par Strabon entre 20 av. J.-C. et 23 apr. J.-C. Elle contient 17 livres décrivant l'ensemble du monde connu à son époque.

Hellénisme

En français, le mot hellénisme peut désigner :

En histoire, l’ensemble de la civilisation grecque ancienne, et entre autres, en histoire des religions, la religion grecque antique ;

En linguistique, une tournure spécifique à la langue grecque ou d’origine grecque dans une autre langue ;

En éducation classique, l’« inclination pour la civilisation grecque » (Boiste), l’étude de la langue grecque et celle de la culture de la Grèce antique, par des lettrés ou des historiens tels que Guillaume Budé (1468-1540), Érasme (1469?-1536), Jean Dorat (1508-1588), Pierre de Fermat (1601-1665), Josué Barnes (1654-1712), Giacomo Lamberti (1758-1815), André Chénier (1762-1794), Johann Gustav Droysen (1808-1884), Émile Egger (1813-1885), Alexis Pierron (1814-1878), Anatole Bailly (1833-1911), Éloi Ragon (1853-1908), Victor Magnien (1879-1952), Victor Fontoynont (1880-1958), André Bonnard (1888-1959), Jean-Pierre Vernant (1914-2007) ou Jacqueline de Romilly (1913-2010) pour n’en citer que quelques-uns.Quels que soient les liens entre ces trois domaines, il ne faut pas confondre hellénisme avec hellénique (qui relève du monde grec) ou avec hellénistique (espace-temps allant, sur les territoires de l’empire d’Alexandre le Grand, de la conquête macédonienne jusqu’à Cléopâtre et à la conquête romaine, avec des pôles de diffusion de la culture hellénique comme Alexandrie, Antioche, Pergame ou Bactres). Le terme « hellénistique », inspiré par le verbe grec ἑλληνίζειν / hellênízein : « vivre comme les Grecs », a été créé par l’historien allemand Johann Gustav Droysen dans Geschichte des Hellenismus (1836 et 1843) pour définir cet espace-temps où le grec devint une langue de communication et un vecteur d’influence culturelle.

L’expression « hellénisme » peut aussi être parfois improprement utilisée au sujet :

de divers aspects de la civilisation humaine présentés comme des « inventions des Grecs » (démocratie, politique, sciences, histoire ou philosophie) ;

des racines grecques des dénominations de la classification scientifique (noms d’éléments chimiques, de minéraux, d’espèces biologiques) ;

de la civilisation byzantine ;

de la construction identitaire de la Grèce moderne à partir des années 1820 ;

de la « Grande Idée », idéologie politique moderne ;

de la religion néo-hellénique moderne ;

de la diaspora grecque moderne.

Holocauste

Un holocauste (grec ancien : ὁλόκαυστος ; de ὅλος, entier + καύστος, brûlé) est, dans la Grèce antique, un sacrifice où l'offrande est entièrement consumée.

Pratiqué par les Grecs dans le cadre des rituels chthoniens, il l'est aussi dans la tradition juive. Ce terme apparaît dans l'Ancien Testament lorsque Noé remercie Dieu de l'avoir sauvé des eaux et dans le livre du Lévitique.

Selon la terminologie créée par le Tribunal de Nuremberg, le terme « génocide » est le plus souvent utilisé après la Seconde Guerre mondiale pour désigner les massacres perpétrés par le régime nazi et en particulier le massacre des juifs dans les camps d'extermination ; toutefois, le terme « holocauste » est aussi parfois utilisé,. Il se répand en particulier après la diffusion du téléfilm américain Holocauste Holocauste (Holocaust), mini-série américaine en quatre épisodes réalisée par Marvin Chomsky en (1979). Cependant le terme « Shoah » s'impose en Europe francophone dans les années 1990 après la diffusion en 1985 du film homonyme réalisé par Claude Lanzmann.

Ordre ionique

L’ordre ionique (appelé également colonne ionique) se caractérise notamment par son chapiteau à volutes, par son fût orné de 24 cannelures et par sa base moulurée.

Parfois, un groupe de cariatides prend la place de colonnes ioniques, les plis des vêtements évoquant les cannelures de ces colonnes. La plus célèbre de ces réalisations est sans conteste l'Érechthéion de l'Acropole d'Athènes.

Pentathlon antique

Le pentathlon antique est une épreuve sportive constituée de cinq disciplines, d'où le nom de pentathlon. Ces épreuves sont le lancer du disque, lancer du javelot, saut en longueur, course d'un stade (environ 192 m) et lutte. Cette forme de pentathlon grec est pratiquée notamment à l'occasion des Jeux olympiques antiques depuis son ajout au programme en 708 av. J.-C., édition marquant l'introduction de la lutte. Lampis remporte le premier titre olympique de pentathlon.

Si un même athlète remporte trois épreuves (longueur, disque et javelot), il est déclaré vainqueur et les deux dernières épreuves n'ont pas lieu. Pour accéder aux deux dernières épreuves, il faut passer à travers un système de classement relatif étudié par l'historien allemand Joachim Ebert. Le principe est que, dès lors qu'un concurrent s'est trouvé trois fois classé derrière un quelconque des autres, il est éliminé.

Les disciplines du lancer du javelot, du lancer du disque et du saut en longueur ne donnent pas de titre olympique. L'épreuve de saut en longueur s'effectue avec des haltères dans chaque main.

Pentécontère

Le pentécontère ou pentécontore (grec ancien : πεντηκόντερος) est un bateau de guerre à 50 rameurs – d’où son nom – auquel il faut ajouter un barreur et peut-être d'autres marins.

Prostitution dans la Grèce antique

La prostitution est une composante de la vie quotidienne des Grecs antiques dès l'époque archaïque. Dans les cités grecques les plus importantes et en particulier les ports, elle emploie une part non négligeable de la population et représente donc une activité économique de premier plan. Elle est loin d'être clandestine : les cités ne la réprouvent pas et les maisons closes existent au grand jour. À Athènes, on attribue même au législateur légendaire Solon la création de lupanars étatiques à prix modérés, les dicterions. La prostitution concerne inégalement les deux sexes : femmes de tous âges et jeunes hommes se prostituent, pour une clientèle très majoritairement masculine.

Vies parallèles des hommes illustres

Les Vies parallèles des hommes illustres ou Vies parallèles (grec ancien : Βίοι Παράλληλοι / Bíoi Parállêloi) forment l'œuvre la plus connue de Plutarque, composée entre 100 et 120. Il s'agit d'une série de biographies d'hommes illustres du monde gréco-romain, organisées par paires, chaque paire mettant en parallèle un Grec et un Romain.

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