Georgette Elgey

Georgette Elgey, née Léon[1] le et morte le [2], est une historienne et journaliste française, spécialiste de l'histoire de la Quatrième République[3].

Georgette Elgey
Fonctions
Présidente
Conseil supérieur des archives
-
Membre du Conseil économique, social et environnemental
Biographie
Naissance
Décès
(à 90 ans)
Paris
Nom de naissance
Georgette Léon
Nationalité
Activités
Père
Fratrie
Autres informations
A travaillé pour
Spécialité
Histoire du régime de Vichy
Histoire de la Quatrième République
Distinctions

Biographie

Premières années

Georgette Elgey est la fille adultérine de l'historien Georges Lacour-Gayet (1856-1935)[4],[5],[6] âgé alors de 73 ans, et de Madeleine Léon issue de la haute bourgeoisie israélite[5].

Comme son père avait refusé de la reconnaître, elle a pris en 1950 comme nom de famille ses initiales LG (Elgey)[4],[7],[5],[6][3]. Elle compte parmi ses ancêtres maternels le médecin-général Michel Lévy[4],[6].

Bien que sa famille maternelle soit d'origine israélite, Georgette Elgey est baptisée catholique à sa naissance[5]. Sous le gouvernement de Vichy, sa grand-mère refuse de se déclarer juive, se considérant simplement comme Française[5].

De son enfance, Georgette Elgey dit qu'elle fut « extraordinairement heureuse », élevée dans un « cocon », en dépit d'une naissance illégitime, ce qui n'avait rien d'évident au sein d'un milieu hautement bourgeois[5]. Mais lorsque la guerre arrive, sa vie devient difficile. Le , sa mère est dénoncée comme juive. Après un voyage périlleux, détenues elle et sa mère pendant quinze jours par les Allemands à la ligne de démarcation, elles parviennent enfin à rejoindre la zone libre[5]. Ces conditions de vie durant l'Occupation lui inspirent un de ses premiers ouvrages La Fenêtre ouverte, faisant référence à la fenêtre qu'elle avait l'obsession de garder ouverte la nuit — pendant qu'elle vivait cachée avec sa mère dans une maison partiellement occupée par des Allemands — afin de pouvoir, éventuellement, leur échapper[5].

L'âge des choix

Après la guerre, Georgette Elgey ne poursuit pas d'études supérieures: bien qu'elle ait eu la mention Très bien à la première partie du baccalauréat, le fait qu'elle soit définitivement déboutée de sa demande de reconnaissance de paternité l'a déprimée pendant deux années, après lesquelles elle entreprit des études de secrétariat[1],[5]. Ses cours de secrétariat durant sa jeunesse lui permettent néanmoins, sur proposition de Philippe Viannay, qui vient de créer le Centre de formation des journalistes (CFJ), de suivre les cours pour les sténotyper. C'est donc par effet de circonstances et de rencontres fortuites qu'elle devient journaliste, quoique non diplômée du CFJ[5].

Carrière journalistique et éditoriale

C'est notamment la rencontre avec Jacques Kayser, qui lui permet d'être mise en relation avec Lucie Faure, puis d'écrire ses premières piges dans la revue La Nef dès l'âge de 20 ans. Elle est par la suite, en 1955, engagée au magazine L'Express par Pierre Viansson-Ponté[5]. Elle devient, en 1961, rédactrice en chef du journal Le Nouveau Candide[5]. Elle rejoint plus tard la rédaction de Paris-Presse[5].

Georgette Elgey, comme elle le déclare au cours d'une interview au magazine L'Express[5], est « gaulliste[7] de cœur[5] » et a été mendésiste, car bien qu'étant « une admiratrice inconditionnelle de sa personnalité[5] », elle « ne partag[e] pas toutes [les] interprétations de [l']action[5] » de Pierre Mendès France.

Elle recueille très tôt auprès des personnalités concernées les témoignages oraux et les documents pour écrire une Histoire de la IVe République, qui est une de ses œuvres historiques majeures[1].

En 1974, elle est nommée directrice littéraire aux Éditions Fayard. Elle publie les principaux textes politiques de François Mitterrand entre 1977 et 1982. Elle fait publier également par cette maison d'édition des œuvres de Jean-Raymond Tournoux, Jacques Delarue, Alain Peyrefitte et notamment son best-seller Quand la Chine s’éveillera , Jean Fourastié, Jean Favier, mais aussi Jean Delumeau et ses ouvrages sur la peur à l’aspiration au paradis[1].

Elle exerce les fonctions de conseiller technique à la présidence de la République de 1982 à 1995[7].

Elle siège au Conseil économique et social (1999-2004). À ce titre, elle présente en janvier 2001 un rapport sur les archives orales.

Elle accepte en 2001 de devenir présidente du comité d'honneur de l'association Une cité pour les Archives nationales, aux côtés de René Rémond, association d'archivistes, d'historiens et d'usagers des archives, présidée par Annette Wieviorka, dont l'objet est d'obtenir de nouveaux moyens d'actions pour les Archives nationales. L'association obtient ainsi la mise en place du site des Archives nationales de Pierrefitte-sur-Seine, inauguré par le Président François Hollande le 11 février 2013. À la mort de René Rémond, Georgette Elgey est nommée présidente du Conseil supérieur des archives qu'elle préside de décembre 2007[1],[8] à mars 2016[9].

Mort

Le , Elgey est morte à l'age de 90 ans[1].

Ouvrages

  • Histoire de Vichy : 1940-1944, avec Robert Aron, Paris, éd. Fayard, coll. « Les grandes études contemporaines », 1954, 766 p.
  • Barricades et colonels, avec Merry Bromberger, Serge Bromberger et Jean-François Chauvel, Fayard, 1960.
  • La Fenêtre ouverte, Paris, éd. Fayard, 1973.
  • Anonymes, Paris, éd. Grasset, 1980.
  • La Ve République, ou la République des phratries, avec Jean-Marie Colombani, Paris, éd. Fayard, 1999, 412 p.
  • Histoire de la IVe République [1](rééd. complète chez Robert Laffont, Bouquins, 2018) :
    • Première partie : La République des illusions (1945-1951), Paris, éd. Fayard, 1965 ; édition revue et augmentée, 1993.
    • Deuxième partie : La République des contradictions (1951-1954), Paris, éd. Fayard, 1968 ; édition revue et augmentée, 1993.
    • Troisième partie : La République des tourmentes (1954-1959), tome I, Métamorphoses et mutations, Paris, éd. Fayard, 1992.
    • Quatrième partie : La République des tourmentes (1954-1959), tome II, Malentendu et passion, Paris, éd. Fayard, 1997[10].
    • Cinquième partie : La République des tourmentes (1954-1959), tome III, La fin, Paris, éd. Fayard, 2008[11], prix des Ambassadeurs 2009[12].
    • Sixième partie : La République des tourmentes (1954-1959), tome IV, De Gaulle à Matignon, Paris, éd. Fayard, 2012[13].
  • Toutes fenêtres ouvertes, Paris, éd. Fayard, 2017, 416 p.

Décorations

Filmographie

  • 1929-1940 : la mort de la IIIe République, documentaire français de Daniel Lander, produit par Georgette Elgey et Jacques Anjubault (1970), h 30[17],[18].
  • Georgette Elgey – Une vie pleine d'Histoire, documentaire français de Pascal Thomas et Thomas Briat (2011), 53 minutes, diffusé le sur Arte [présentation en ligne][19].
  • De Gaulle à Matignon - Sept mois qui ont changé la France, documentaire français de Georgette Elgey et Antoine-Léonard Maestrati (2013), 52 minutes, diffusé le sur France 5.

Sources

Les papiers personnels de Georgette Elgey sont conservés aux Archives nationales sous la cote 561AP[20].

Notes et références

  1. Philippe-Jean Catinchi, « L’historienne Georgette Elgey est morte », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  2. Astrid de Larminat, « Historienne au destin hors du commun, Georgette Elgey est morte à 90 ans », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  3. « Georgette Elgey : Au nom du père », sur www.lhistoire.fr (consulté le 9 octobre 2019)
  4. Raphaëlle Branche, « Portrait de Georgette Elgey », sur raphaellebranche.fr (consulté le 28 février 2014) [PDF].
  5. Marc Riglet, « Georgette Elgey : Je redoutais de raconter le retour au pouvoir du général de Gaulle », L'Express,‎ (lire en ligne).
  6. Raphaëlle Branche, « Georgette Elgey, l'oreille de la IVe République », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  7. Séverine Nikel, « Fenêtres ouvertes sur Georgette Elgey », L'Histoire, no 264, avril 2002.
  8. La nouvelle composition de cet organisme a été fixée par arrêté de la ministre de la Culture et de la Communication en date du 24 avril 2009.
  9. Arrêté du portant nomination au Conseil supérieur des archives.
  10. François Bédarida, « Livre – Un ouvrage tonique et déprimant de Georgette Elgey – Retour à la IVe – Georgette Elgey, Histoire de la IVe République : la République des tourmentes (1954-1959), tome II : Malentendu et passion », Libération,‎ (lire en ligne).
  11. Éric Roussel, « Plaidoyer pour un régime mal-aimé », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  12. « Prix des Ambassadeurs », sur sciences-po.fr (consulté le 28 février 2014) [PDF].
  13. « Présentation en ligne », sur librairie-sciencespo.fr (consulté le 28 février 2014).
  14. « Distinction », sur historia.fr, Historia, (consulté le 6 octobre 2015).
  15. « Remise des insignes de commandeur de la Légion d'honneur à Georgette Elgey », sur culture.gouv.fr, ministère de la Culture, (consulté le 28 février 2014).
  16. Élevée grand'croix par décret du 2 mai 2017 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier, elle avait été élevée à la dignité de grand officier par décret 14 novembre 2012 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier.
  17. 1929-1940 : la mort de la IIIe République, youtube.com, consulté le 28 avril 2015.
  18. « Extrait vidéo » [vidéo], sur ina.fr
  19. Véronique Dumas, « Georgette Elgey : une vie hors norme », sur historia.fr, Historia (consulté le 28 février 2014).
  20. Voir la notice dans la salle des inventaires virtuelle des Archives nationales.

Liens externes

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André Boutemy

André Boutemy est un homme politique français, né le 21 décembre 1905 à Bécherel (Ille-et-Vilaine), décédé le 14 juillet 1959 à Combs-la-Ville (Seine-et-Marne).

Brit Milah

La brit milah (hébreu : בְרִית מִילָה [bə'rīt mī'lā] ou [bə'rīs mī'lā] selon la prononciation ashkénaze, « alliance [par la] circoncision ») est un rite de passage du judaïsme réalisé par un péritomiste (mohel) qui excise définitivement le prépuce du pénis, et découvre donc perpétuellement le gland. Il peut parfois aussi enlever tout ou partie du frein du pénis. Le rite est traditionnellement pratiqué au huitième jour de vie d’un nouveau-né mâle ou lors de la conversion d’un individu au judaïsme. La brit milah est suivie par un festin de célébration (seoudat mitzva).

Elgey

Elgey est un nom de famille notamment porté par :

Georgette Elgey (1929-2019), journaliste, écrivaine et historienne française ;

Kane Elgey (en) (1994-), rugbyman australien.

Georges Lacour-Gayet

Georges Lacour-Gayet, né le 31 mai 1856 à Marseille et mort le 8 décembre 1935 à Paris, est un historien français.

Georgette

Georgette est un prénom féminin :

Georgette Soustelle, ethnologue française

Georgette Lizette Withers, actrice britannique

Georgette Breem, dite Danièle Breem, journaliste française

Georgette Piccon, artiste peintre française

Georgette Buigny, actrice française

Georgette Boué, soprano française

Georgette Céline Corsin, comédienne française

Georgette Raymond, femme plongeur sous-marin française

Georgette Coste-Venitien, joueuse de basket-ball française

Georgette Mariot, actrice belge

Georgette André Barry, actrice américaine

Georgette Lacroix, écrivaine québécoise

Georgette Chapelle, photojournaliste américaine

Georgette Nkoma, athlète camerounaise

Georgette Hammel, résistante française

Georgette Ciselet, femme politique belge

Georgette Lamoureux, historienne canadienne

Georgette Shéfer, pédagogue française

Georgette Sorelle, actrice française

Georgette de Montenay, poète française

Georgette Chadourne, photographe française

Georgette Lemaire, chanteuse française

Georgette Lemaire, romancière française

Georgette Tissier, actrice française

Georgette Elgey, journaliste française

Georgette Peyron, actrice française

Georgette Thiollière-Miller, skieuse française

Georgette Clerc, résistante française

Georgette Agutte, peintre française

Georgette Anys, actrice française

Georgette Leblanc, actrice française

Georgette Plana, chanteuse française

Gouvernement André Marie

Le gouvernement André Marie est le gouvernement de la France du 26 juillet au 28 août 1948, et le quatrième de la présidence de Vincent Auriol (1947-1954).

Le gouvernement obtient l'investiture de l'Assemblée nationale par 352 voix contre 190. Face au désaccord entre l'orthodoxie financière défendue Paul Reynaud et les théories socialistes, Marie démissionne le 28 août 1948.

Gouvernement Félix Gouin

Le gouvernement Félix Gouin a été le gouvernement de la France du 26 janvier 1946 au 12 juin 1946.

En désaccord avec l'Assemblée constituante sur la conception de l'État et le rôle des partis, le général de Gaulle remet sa démission à Félix Gouin, alors président de l'Assemblée. Les trois partis au pouvoir, le MRP, la SFIO et les Communistes décident de poursuivre le système de coalition tripartite inauguré avec le général De Gaulle et confie la présidence du gouvernement provisoire à Félix Gouin. Ce dernier répartit les portefeuilles entre les trois partis et laisse à leurs chefs, Thorez pour le PCF et Bidault pour le MRP, le soin d'en désigner les titulaires, affaiblissant ainsi son autorité sur les membres de son cabinet et renforçant l'influence des partis.

Gouvernement Guy Mollet

Le gouvernement Guy Mollet est le gouvernement de la République française du 1er février 1956 au 21 mai 1957.

Gouvernement Henri Queuille (2)

Le deuxième gouvernement Henri Queuille a été le gouvernement de la France du 2 juillet 1950 au 4 juillet 1950.

Henri Queuille est investi par l'Assemblée nationale par 363 voix contre 208 le 30 juin. Mais les socialistes décident de ne pas participer au gouvernement qui penche alors au centre droit. Une coalition de communistes, socialistes et gaullistes lui refuse la confiance le 4 juillet par 334 voix contre 221.

Gouvernement René Pleven (1)

Le premier gouvernement René Pleven a été le gouvernement de la France du 12 juillet 1950 au 28 février 1951.

René Pleven est investi par l'Assemblée nationale par 337 voix contre 185.

Gouvernement Robert Schuman (2)

Le second gouvernement Robert Schuman a été le gouvernement de la France du 5 septembre 1948 au 7 septembre 1948.

Le gouvernement est constitué grâce à l'intervention du Président de la République, Vincent Auriol pour obtenir la participation des socialistes et de UDSR. Toutefois l'Assemblée nationale refuse l'investitue par 295 voix contre 289.

Henri Ulver

Henri Ulver est un homme politique français, né à Paris le 24 mars 1901, il est décédé le 31 décembre 1962 dans sa ville natale.

Il est député RPF puis URAS de la Seine de 1951 à 1956. Il est secrétaire d'État au Budget des gouvernements Joseph Laniel (du 2 juillet 1953 au 18 juin 1954), puis du gouvernement Pierre Mendès France (du 19 juin au 3 septembre 1954), puis ministre du Commerce et de l’Industrie dans ce dernier gouvernement (du 3 septembre 1954 au 20 janvier 1955).

Georgette Elgey signale dans La République des tourmentes (Fayard) qu'Henri Ulver a décidé, en septembre 1953, une majoration automatique des pénalités en cas de fraude si la bonne foi du commerçant et artisan n'est pas prouvée. « C'est un merveilleux tremplin pour le mouvement Poujade » relève-t-elle.

Henry Bergasse

Henry-Emmanuel Bergasse est un officier, avocat et homme politique français, né le 26 septembre 1894 à Marseille et mort le 28 mars 1977 dans sa ville natale.

Je vous ai compris

« Je vous ai compris » est la phrase-clé du discours du 4 juin 1958 de Charles de Gaulle à Alger, depuis le balcon du Gouvernement général, devant la foule réunie sur la place du Forum.

Marcel Peyrouton

Marcel Peyrouton, de son nom complet Bernard Marcel Peyrouton, né le 2 juillet 1887 à Paris (17e arrondissement) et mort le 6 novembre 1983 à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine), est un homme politique français.

De sensibilité centre gauche avant-guerre, « colonial paternaliste », il a participé au gouvernement de Vichy sous l'Occupation et s'est rallié au général Giraud après le débarquement allié en Afrique du Nord.

Mateur

Mateur (arabe : ماطر ) est une ville du nord de la Tunisie située à 66 kilomètres au nord-ouest de Tunis.

Menzel Bourguiba

Menzel Bourguiba (arabe : منزل بورڨيبة) est une ville du nord de la Tunisie qui dépend du gouvernorat de Bizerte.

Elle a été anciennement appelée Ferryville jusqu'au 19 janvier 1957 et surnommée par ses habitants d'origine française « Petit Paris ». De plus, on y trouvait l'arsenal de la marine de guerre française dit de Sidi-Abdallah, qui n'est remis aux autorités tunisiennes qu'en 1962.

Rassemblement du peuple français

Le Rassemblement du peuple français (RPF) est un parti politique fondé par Charles de Gaulle le 14 avril 1947 visant à mettre en œuvre son programme politique exposé dans le discours de Bayeux.

Durant sa courte existence, le RPF est l'un des deux principaux mouvements d'opposition à la IVe République (avec le PCF), voulant se situer au-delà du clivage droite-gauche. Le RPF est le seul mouvement de l'histoire du gaullisme fondé et présidé par Charles de Gaulle et le seul mouvement qui réussit à réunir tous les gaullistes.

Il est mis en sommeil en septembre 1955.

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