Ferdinand le Catholique

Ferdinand II d'Aragon dit le Catholique (en castillan Fernando II el Católico ; en catalan Ferran el Catòlic), né le à Sos (aujourd’hui Sos del Rey Católico) et mort le à Madrigalejo, est roi de Castille et León de 1474 à 1504 (par mariage, sous le nom de Ferdinand V), roi d'Aragon, de Valence, de Majorque, de Sardaigne et de Sicile et comte de Barcelone de 1479 à 1516 (de son propre chef), comte de Roussillon et de Cerdagne de 1493 à 1516, et enfin roi de Naples en 1503.

Ferdinand II
Ferdinand le Catholique, portrait par Michel Sittow

Ferdinand le Catholique, portrait par Michel Sittow
Titre
Roi de Castille

(29 ans, 11 mois et 13 jours)
Avec Isabelle Ire (1474-1504)
Prédécesseur Henri IV
Successeur Jeanne Ire et Philippe Ier
Roi d'Aragon

(37 ans et 3 jours)
Prédécesseur Jean II
Successeur Jeanne Ire et Charles Ier
Roi de Naples

(12 ans et 25 jours)
Prédécesseur Louis XII
Successeur Jeanne III et Charles IV
Roi de Navarre
Prédécesseur Catherine Ire
Successeur Couronne d'Aragon
Biographie
Dynastie Maison de Trastamare
Date de naissance
Lieu de naissance Sos (Aragon)
Date de décès (à 63 ans)
Lieu de décès Madrigalejo (Castille)
Sépulture Chapelle royale de Grenade
Père Jean II, roi d'Aragon
Mère Jeanne Enríquez
Conjoint Isabelle Ire, reine de Castille
(1469-1504)
Germaine de Foix
(1505-1516)
Enfants Isabelle d'Aragon
Jean d'Aragon
Jeanne Ire Red crown.png
Marie d'Aragon
Catherine d'Aragon

Fernando firma

Ferdinand le Catholique

Jeunesse

Fils du roi Jean II d'Aragon (1398-1479) et de sa seconde épouse Jeanne Enríquez (1425-1468), Ferdinand hérite des possessions de la couronne d'Aragon à la mort en 1461 de son demi-frère Charles d'Aragon, le prince de Viane héritier de la Navarre, qui s'était rebellé contre leur père. En 1466, il atteint sa majorité. Deux ans plus tard, il est nommé roi de Sicile[1].

Un mariage très contesté

Le , il épouse secrètement à Valladolid la future Isabelle Ire de Castille (1451-1504). En effet, le roi de Castille, Henri IV, et demi-frère d'Isabelle est opposé à cette union. Il préfère comme futur beau-frère le frère aîné de Ferdinand, Charles d'Aragon[2]. Mais ce dernier meurt prématurément, peut-être empoisonné. Ferdinand devient seul héritier de l'Aragon, mais il a aussi d'autres prétendants concurrents : Louis XI souhaite éloigner son frère cadet, le duc de Berry, Édouard IV d'Angleterre propose également son frère. Le roi de Portugal Jean II est un candidat plus sérieux.

À cette époque, Ferdinand, malgré ses dix-sept ans, a déjà une maîtresse en titre qui lui a donné un enfant illégitime[3]. Une historiographie favorable à Isabelle a soutenu son précoce génie politique : elle aurait compris le prodigieux avenir de l'union de la Castille et de l'Aragon. Mais Ferdinand n'est pas à cette époque le prétendant le plus riche et le plus puissant. Il n'est "que" le fils d'un roi aveugle, Jean II, dont le Roussillon a été livré en gage à Louis XI et dont les sujets catalans sont entrés en révolte. Il ne dispose pas de Naples (aux mains de son cousin) mais seulement de la Sicile. L'Aragon est un royaume plus petit et moins peuplé que la Castille. Une alliance avec le roi du Portugal qui a entamé une expansion commerciale profitable en Afrique paraît plus intéressante[4]. Pourquoi donc l'avoir choisi ? Isabelle estime en fait que les Aragonais sont les seuls à soutenir ses droits de princesse héritière face à sa nièce.

Les promis, qui sont cousins au troisième degré, n'ont pas obtenu la dispense papale nécessaire et sont obligés de recourir une fausse bulle du défunt pape Pie II[5] fabriquée dès 1464 par le père de Ferdinand. Le pape aurait autorisé le jeune homme à épouser la jeune fille de son choix, laissant en blanc le nom de la fiancée. Le successeur de Pie II, Paul II, est en effet très favorable à Henri IV et ne répond pas aux demandes des ambassadeurs aragonais.

Ce mariage politique s'avère heureux, malgré les infidélités de Ferdinand qu'Isabelle tolère. Contrairement aux mariages princiers de cette époque, Isabelle et Ferdinand passent beaucoup de temps ensemble.

Néanmoins, sur le plan politique, le mariage est très impopulaire : en plus de la désapprobation du roi de Castille, il suscite celle des Grands de Castille et d'Aragon, très attachés à leur indépendance et privilèges. Chacun redoute la sujétion de l'autre. En dehors de la famille de Ferdinand, de l'archevêque et de l'amiral Enriquez, un petit nombre de Grands et de moindres seigneurs sont présents. Les fêtes sont joyeuses mais sans faste : il a fallu emprunter pour couvrir les frais.

Malgré tout, le mariage manque de légitimité : Isabelle et Ferdinand n'ont toujours pas obtenu l'accord du roi de Castille. Or, à cette époque, se marier sans l'accord de son suzerain signifie une trahison pure et simple. C'est de cette manière que l'entend son frère dans la lettre qu'il lui envoie en juin 1470 : Isabelle s'est mise en état de rébellion et sera traitée comme telle[6].

Pendant quatre ans, le couple erre de place forte en place forte. Il manque d'argent et de soutien, hormis celui de l'archevêque de Tolède. La mort du pape Paul II le et l'avènement de Sixte IV, influencé par le vice-chancelier Rodrigo Borgia (le futur Alexandre VI) marquent un tournant : le couple est absous d'un acte qui aurait pu entraîner une excommunication. Malgré tout, l'accession au trône de Castille d'Isabelle n'est pas assurée : Henri IV reconnaît sa fille Jeanne comme unique héritière et les Grands ont fait le serment de la servir. Il aurait rédigé un testament dans ce sens mais Ferdinand l'aurait brûlé[7].

Union des royaumes d'Aragon et de Castille

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Les rois catholiques.

Ferdinand mène avec son épouse une guerre civile visant à déposséder la nièce de cette dernière, Jeanne la Beltraneja (1462-1530), fille du défunt roi Henri IV de Castille, mais dont la légitimité est contestée. Les contemporains pensent en effet que le roi était impuissant et que Jeanne est la fille illégitime de son favori, Beltrán de la Cueva (d'où son nom). Celle-ci a le soutien de son oncle, Alphonse V de Portugal, qui a décidé de l'épouser.

Le génie politique de Ferdinand et d'Isabelle fut capable de transformer[8],[9] la bataille indécise de Toro (1476)[10] en victoire politique[11],[12] garantissant le trône de Castille à Isabelle au détriment de Jeanne qui est enfermée dans un couvent.

En 1474, Isabelle monte sur le trône de Castille. Elle se proclame reine de Castille juste après les obsèques de son demi-frère (le 13 décembre), alors que Ferdinand est à Saragosse. Elle n'a pas jugé bon de le rappeler. Elle ne lui envoie d'ailleurs un message que trois jours plus tard. Cette force de caractère et cet esprit d'indépendance ulcèrent le jeune homme[13]. Comme tous les hommes de son époque, il ne considère pas qu'une femme puisse régner. Étant lui-même issu de la branche des Trastamare, il réclame donc pour son compte le trône de Castille. Il n'a donc pas du tout l'intention de respecter les conventions jurées lors de son mariage. Il quitte Saragosse et entre à Ségovie le . Isabelle reste intraitable, ce qui provoque la colère de Ferdinand qui menace de partir. Elle explique que l'exclusion des femmes entraînera forcément celle de leur petite fille, Isabelle, née en 1471. Sous l'arbitrage du cardinal de Mendoza et l'archevêque de Tolède qui soutiennent la jeune femme, Ferdinand se laisse donc fléchir.

Un compromis est trouvé : Ferdinand est désigné roi de Castille mais c'est Isabelle qui exerce la réalité du pouvoir sur ses terres. Bien que Ferdinand réside en Castille, il ne peut procéder à aucune nomination civile ou militaire, ne donner aucun bénéfice ecclésiastique sans l'accord de sa femme[14]. Il s'engage en outre à respecter les coutumes de la Castille.

Cinq ans plus tard, à la mort de Jean II, Ferdinand accède au trône de la couronne d'Aragon. Les deux monarques règnent ensemble, même si les deux couronnes restent séparées. La concorde de Ségovie précise les droits respectifs des époux.

En 1479, il hérite donc des États de son père, et réunit ainsi sous son autorité presque toute l'Espagne.

Ferdinand et Isabelle mènent une politique religieuse coercitive en réorganisant en 1481 le Tribunal du Saint-Office de l'Inquisition et en décidant l'expulsion, en 1492, des Juifs non convertis vers l'Empire ottoman. Cette politique religieuse agressive est motivée par une piété sincère mais permet aux Rois Catholiques d'asseoir leur pouvoir (l'Inquisition relève de leur autorité et non de celle du pape) et remplit les caisses de l'État. En effet, l'Inquisition spolie les biens de tous ceux qu'elle emprisonne. Elle n'est abolie qu'en 1834.

À la mort d'Isabelle, Ferdinand devient le régent de la couronne de Castille au nom de sa fille Jeanne Ire de Castille, comme le prévoyait le testament d'Isabelle qui avait pressenti l'instabilité mentale de sa fille. Mais il se heurte à l'hostilité de la noblesse castillane qui lui substitue le mari de Jeanne, l'archiduc Philippe d'Autriche. Chacun essaie de profiter de la fragilité de Jeanne et de s'approprier le pouvoir. Son mari meurt en 1506. Des rumeurs circulent : le prince aurait été empoisonné après avoir bu un verre d'eau dans un contexte de forte chaleur et de fatigue (après une journée de chasse)[15]. Ferdinand reprend alors les rênes de la Castille, cette fois-ci au nom de son petit-fils le futur Charles Quint.

Une politique expansionniste en Europe et Méditerranée

La conquête de la Navarre

Remarié en 1505 à Germaine de Foix, Ferdinand annexe en son nom le sud de la Navarre en 1512, où règnent les princes béarnais Jean III d'Albret et Catherine de Navarre. Ses prétentions s'appuient également sur le mariage de sa sœur Leonor avec Gaston IV de Foix.

C'est le duc d'Albe qui se charge des opérations militaires concrètes, au nom de Ferdinand d'Aragon. En 1515, les Cortès de Burgos décident le rattachement du petit royaume à la Couronne pour des raisons qui semblent obscures aujourd’hui. Dans les territoires continentaux dépendant de la Couronne de Castille, seule la Navarre est constituée en royaume autonome avec un vice-roi[16].

Jean d'Albret tente vainement de reconquérir son royaume : une première fois en 1512 avec des renforts français et une seconde en 1516. Il meurt à cette date. Les tentatives de reconquête et de revendications ne cessent pourtant pas à sa mort : son fils Henri II d'Albret (1503-1555) et sa petite-fille Jeanne d'Albret (1528-1572) ne reconnaissent pas cette conquête.

Les guerres d'Italie

Les guerres d'Italie concernent l'extrême fin du XVe et le début du XVIe siècle. La France et les couronnes espagnoles se disputent le contrôle de la botte italienne divisée en de nombreux états concurrents. Pour les Français, il s'agit de contrôler à la fois le duché de Milan (contrôlé par les Sforza)[17] et le royaume de Naples, dirigé par une dynastie aragonaise qui a remplacé les Angevins en 1442. Le roi du moment est Ferrante. Celui-ci est le fils illégitime du roi d'Aragon Alphonse V le Magnanime. Parvenu à le faire reconnaître légitime par le pape, il le fait installer sur le trône de Naples tandis que l'Aragon échoit à son frère, Jean II, le père de Ferdinand.

Une première victoire aragonaise contre Charles VIII de France

Le 29 août 1494, Charles VIII et son armée quittent Grenoble en direction de l'Italie pour prendre possession du royaume de Naples que le roi français considère comme sien. Au préalable, il a mené une politique diplomatique : il se concilie Ferdinand d'Aragon en lui abandonnant le Roussillon (que son père Louis XI avait conquis) par le traité de Barcelone en janvier 1493[18].

L'expédition de Charles VIII est un succès : dès le 22 février 1495, il entre dans Naples. Il n'a pas rencontré de grande résistance. L'historienne Arlette Jouanna avance deux raisons : d'abord une supériorité militaire française et enfin l'attitude des Italiens qui ont vu dans les Français des libérateurs. En effet, les barons napolitains se réjouissent de la chute de la dynastie aragonaise[19].

Mais ils se lassent rapidement et les Français commencent leur retraite. Ils quittent Naples le 20 mai 1495, emportant avec eux, entre autres trésors, la riche bibliothèque des rois napolitains[20]. Elle est marquée par la fameuse bataille de Fornoue, le . Face à eux, une ligue a été conclue à Venise le . Elle rassemble le pape Alexandre VI, le duc de Milan, l'empereur Maximilien de Habsbourg et Ferdinand d'Aragon qui avait pourtant promis sa neutralité par le traité de Barcelone. C'est cette ligue qui est présente à Fornoue. Les garnisons laissées dans le royaume de Naples sont peu à peu délogées par le capitaine espagnol Gonzalve de Cordoue, surnommé el gran Capitan, aux ordres de Ferdinand d'Aragon. La dernière place forte tombe en 1497. Frédéric d'Aragon, surnommé Ferrante, recouvre donc son trône.

Une seconde victoire aragonaise contre Louis XII de France

La mort de Charles VIII en 1498 ne signifie pas la fin des guerres d'Italie. Son successeur Louis XII reprend sa politique. Il est conscient que Ferdinand d'Aragon est susceptible de s'opposer à son désir d'annexer le royaume de Naples. Il a donc l'idée d'un partage. L'accord secret est signé à Grenade, à la fin de l'année 1500[21]. Les deux rois conviennent d'attaquer le royaume ensemble : le roi de France obtiendrait Naples, la Terre de labeur et la province des Abruzzes, Ferdinand les Pouilles et la Calabre. Dès l'accord signé, le roi de France prépare ouvertement son armée. La victoire est rapidement consommée : Louis XII accorde le duché d'Anjou et une pension à Ferrante contre le renoncement de son royaume. Très vite, les deux rois s'entre-déchirent pour la possession totale de Naples. La guerre éclate donc et dure deux ans. Elle se solde par une victoire aragonaise.

En 1503, Ferdinand conquiert le royaume de Naples pour son propre compte. Suivant une politique aragonaise traditionnelle[22], il place sur le royaume un vice-roi. Le premier est Gonzalve de Cordoue. Mais le roi estime que son général est trop populaire et puissant. Avec une grande habileté, il le rappelle en Espagne et le confine dans une retraite dorée. L'armée doit rester un instrument au service de la couronne[23].

Malgré tout, les Français restent présents dans le duché de Milan. Un équilibre s'instaure même entre les deux rois puisque Ferdinand, veuf d'Isabelle, épouse la nièce du roi de France, Germaine de Foix.

Reconquista et croisade en Afrique

Un idéal médiéval toujours présent

L'idéal de croisade et de reconquista est très fort dans la péninsule ibérique depuis le VIIIe siècle (l'invasion arabe remonte à 711). Ferdinand et son épouse, en s'attaquant au dernier état musulman, ne font que poursuivre une politique traditionnelle.

La prise de Grenade

En 1492, Isabelle et Ferdinand réalisent la conquête du royaume de Grenade (300 000 habitants), ce qui leur vaut de se voir décerner le titre de « Rois Catholiques » par le pape Alexandre VI, signant ainsi la fin de la Reconquista. Le , les clefs de Grenade, dernier bastion des Maures, sont officiellement remises aux Rois catholiques. La guerre a duré dix ans.

Après cet acte qui clôt la Reconquista en péninsule ibérique, ils peuvent préparer l'expansion espagnole par le soutien apporté aux expéditions de Christophe Colomb. Pour autant, les expéditions américaines n'empêchent pas celles d'Afrique.

La poursuite de la Reconquista en Afrique

Comme l'a montré Fernand Braudel[24], la chute de Grenade ouvre les portes de l'Afrique (via la maîtrise du détroit de Gibraltar) aux Espagnols. L’expansion au-delà du détroit de Gibraltar semble naturelle aux Espagnols, dans la mesure où il s’agissait de provinces autrefois romaines[25]. Tous se souviennent que ces terres avaient été autrefois chrétiennes et que l’un des plus grands Pères de l’Église, Saint Augustin (354-430) avait été évêque à Hippone, ville aujourd’hui en ruines située près d’Annaba.

Cette idée est renforcée par le testament d’Isabelle la Catholique qui, à partir de 1504, oriente définitivement la politique extérieure de l’Espagne vers une guerre sainte contre l’Islam et un contrôle militaire de l’Afrique du Nord[26]. Cette certitude du soutien divin se trouve renforcée par une pénétration espagnole aisée, consécutive à la fragilité même de l’Afrique, qui souffre d’une faiblesse militaire évidente[27] et d’une grande instabilité politique liée à l’opposition des trois familles régnantes (les Wattasides de Fez, les Zayanides de Tlemcen[28] et les Hafsides de Tunis dont le royaume est en désagrégation depuis la fin du XVe siècle)[29].

La Reconquista se poursuit donc sur ce continent : en 1497, Mellila est prise, en 1505 c'est au tour de Mers-el Khébir, Peñón de Vélez de la Gomera en 1508, Oran en 1509, Bougie et Tripoli, à l’autre extrémité de l’Afrique du Nord, l’année suivante en 1510.

Cette même année, face à la poussée espagnole, Alger et Tunis préférèrent conclure un accord et se soumettent à la suzeraineté de Ferdinand le Catholique. Et même si les Espagnols ne parviennent pas, en 1510, à installer une garnison à Jerba (los Gelves), ni une autre l’année suivante sur les îles Kerkennah, ce qui aurait permis de compléter la chaîne discontinue des présides, à ces échecs près, toute la rive sud de la Méditerranée, dès 1511, est placée sous la domination de l’Espagne[30].

En 1510, Jules II attribue même à Ferdinand le titre de prestige, quoique tout à fait théorique, de roi de Jérusalem (alors aux mains des Mamelouks d'Égypte puis des Ottomans à partir de 1517).

Cette politique africaine s'inscrit aussi dans l'expansion aragonaise en Méditerranée qui a commencé dès le XIIIe siècle. Les Aragonais ont étendu leur influence en Sicile et à Naples. Louis XII, qui a longtemps cherché à s'emparer de ce royaume, reconnaît finalement la possession de Naples par Ferdinand le Catholique. En 1510, le pape Jules II fait de même.

Le jeu des alliances en Europe

Ferdinand cherche par tous les moyens à isoler une France expansionniste. Voulant consolider son alliance avec l'empereur Maximilien Ier, il donne sa fille Jeanne à Philippe (1496), tandis que son fils Jean, l'héritier potentiel des deux couronnes, est marié à Marguerite d'Autriche (1497). Ferdinand rétablit également des liens avec le Portugal en donnant sa fille Isabelle, à l'infant Alphonse, qui disparaît rapidement. Sa veuve est promptement remariée au nouveau roi Manuel Ier. Isabelle meurt en couches en 1498, et son fils meurt en 1500. Ferdinand donne au roi Manuel sa dernière fille, Marie. Enfin Catherine épouse Arthur Tudor, héritier de la couronne d'Angleterre, puis, à la mort de celui-ci, son frère, le futur Henri VIII.

Cette politique d'unions se montre peu efficace. Jean, héritier des deux couronnes de Castille et d'Aragon, meurt sans descendance l'année même de son mariage. La nouvelle héritière, Jeanne, commence à donner des signes de défaillance mentale. Son époux est nommé roi mais disparaît en 1506 et Jeanne en perd définitivement la raison (d'où son surnom de Jeanne la Folle). Ferdinand est alors rappelé comme régent de Charles, son petit-fils, élevé dans le comté de Flandre.

Dans son ambition d'isoler la France, la politique de Ferdinand est à l'origine de l'arrivée de la maison autrichienne des Habsbourg sur le trône d'Espagne.

Après la mort d'Isabelle, Ferdinand tente en vain d'obtenir la main de La Beltraneja, veuve d'Alphonse V de Portugal, dans l'espoir de reconquérir le trône de Castille. Ferdinand se tourne alors vers une princesse française, Germaine de Foix, afin de contrebalancer la future position dominante des Habsbourg en Europe par un rapprochement avec la France.

Ce rapprochement ne peut avoir lieu, Ferdinand entrant en conflit avec le roi Louis XII lors de l'invasion puis du partage de la Navarre (1512).

Mort de Ferdinand d'Aragon

Un chroniqueur fait une rapide mention de l'empoisonnement de Ferdinand[31]. D'après lui, il serait tombé malade après avoir bu une potion de fertilité donnée par Germaine de Foix : "Et la cour étant dans cette ville, durant le mois de mars, et le roi Ferdinand à Carrioncillo, lieu éloigné de Medina d’une lieue, lieu agréable et abondant en gibier, il se reposait avec la reine Germaine sa femme ; en conséquence son Altesse eut tellement envie d’avoir une descendance, en particulier un fils qui hériterait des royaumes d’Aragon que la reine lui fit donner certains breuvages à base de testicules de taureau et de choses de médecine qui aidaient à avoir une descendance ; car on lui laissa entendre que leur action serait immédiate. Même si certains pensèrent que du poison lui avait été donné"[32].

Ainsi, Germaine de Foix voulant améliorer les performances de son époux dont elle n'a eu qu'un fils mort-né, demande à Isabel de Velasco de préparer un breuvage à base de testicules de taureau, et de cantharidine. Rappelons que la cantharidine est une substance tirée d’un insecte, la mouche dite d’Espagne ou de Milan, célèbre depuis l’Antiquité pour ses propriétés aphrodisiaques : une poudre faite à partir de l’insecte était reconnue alors comme propice aux érections. Cependant, une surdose peut être mortelle. Ferdinand n’en réchappa pas. Surdose involontaire ou empoisonnement, le doute plane dans les écrits historiographiques d’alors[33].

Bilan

Ferdinand élève l'Espagne au plus haut point de puissance, agrandit la puissance royale, abaisse la haute noblesse et rend aux lois toute leur force ; en outre, il mérite le surnom de Catholique par son ardeur à combattre les Infidèles ; mais on lui reproche sa versatilité et sa fourberie, qui lui valent aussi le surnom de Rusé : il se joue de la bonne foi de Charles VIII et de Louis XII, se montrant tantôt leur allié et tantôt leur ennemi. Il aurait inspiré Le Prince de Machiavel. Il est habilement secondé dans ses entreprises par son ministre, le cardinal Cisneros, et dans ses conquêtes par son général Gonzalve de Cordoue.

Le jeu compliqué et hasardeux des alliances matrimoniales a rassemblé les Espagnes de façon imprévue. À sa mort en 1516, Ferdinand laisse un empire immense mais fragile à son petit-fils Charles Quint, premier véritable roi des Espagnes. En effet, l'union de l'Aragon et de la Castille n'est que personnelle et à la mort des deux souverains tout est remis en question par la folie de leur héritière, Jeanne la Folle. Charles le Quint est trop jeune pour régner : la vacance du pouvoir se fait sentir. Elle explique la conquête désordonnée des Antilles où de nombreux abus sont commis. Ferdinand avait en outre tenté de faire de son second petit-fils, Ferdinand, qu'il a élevé lui-même, roi d'Aragon mais les Cortès en ont décidé autrement. La naissance du fils de Germaine de Foix a aussi brièvement remis en question l'union des royaumes espagnols. Il faut souligner l'extraordinaire chance de Charles Quint qui a réuni toutes les couronnes et qui ne tient pas à un calcul politique.

Descendance

De son union avec Isabelle, Ferdinand a cinq enfants :

Voir aussi

Sources et bibliographie

Ouvrages :

  • (fr) Heinrich Schaeffer, Histoire de Portugal, traduit de l’allemand en français par H. Soulange-Bodin, AdolpheDelahays, libraire-éditeur, Paris, 1858.
  • (fr) Ignacio Olagüe, Histoire d’Espagne, Éditions de Paris, 1958.
  • (fr) Baltasar Gracián, Le Politique Ferdinand le Catholique, traduit de l'espagnol par Joseph de Courbeville, éditions Gérard Lebovici, 1984 ; rééd. PUF, 2010.
  • (ca) Armand de Fluvià (préf. Josep M. Salrach), Els primitius comtats i vescomptats de Catalunya : Cronologia de comtes i vescomtes, Barcelone, Enciclopèdia catalana, coll. « Biblioteca universitària » (no 11), , 238 p. (ISBN 84-7739-076-2), p. 37-38
  • (ca) Jaume Sobrequés i Callicó et Mercè Morales i Montoya, Contes, reis, comtesses i reines de Catalunya, Barcelone, Editorial Base, coll. « Base Històrica » (no 75), , 272 p. (ISBN 978-84-15267-24-9), p. 176-185

Articles :

Chroniques :

Télévision :

  • Isabel [34]est une série dédiée aux Rois catholiques qui comprend trois saisons[35]. Le rôle de Ferdinand est interprété par Rodolfo Sancho.

Liens externes

Notes et références

  1. Tarsicio de AZCONA, « FERDINAND II LE CATHOLIQUE (1452-1516) - roi d'Aragon et de Sicile (1479-1516) » », sur Encyclopædia Universalis
  2. Philippe Erlanger, Isabelle la Catholique, Editions Perrin, , p. 37
  3. Philippe Erlanger, Isabelle la Catholique, Editions Perrin, , p. 43
  4. Philippe Erlanger, Op cit, p. 44
  5. Philippe Erlanger, op cit, p. 52
  6. Philippe Erlanger, op. cit., p. 57
  7. Philippe Erlanger, op. cit, p. 63
  8. L’historien français Yves Renouard : « La bataille indécise de Toro (1476), que la propagande d’Isabelle transforma en victoire de ses armes, ruina à la fois les espoirs du roi de Portugal et ceux de l’Infanta Jeanne. » in Orestes Ferrara, « L'avènement d'Isabelle la Catholique », Bulletin hispanique, volume 62, numéro 1, p. 89, Faculté des Lettres de l’université de Bordeaux-III, 1960.
  9. L’historien français Philippe Erlanger : « Qui gagna [la bataille de Toro] ? Chacun se déclara vainqueur (…). Isabelle connaissait l'efficacité de la propagande. Elle fit aussitôt chanter le Te Deum en l'église Saint-Paul de Tordesillas, où elle se rendit pieds nus ; elle organisa des fêtes, proclama à travers les Espagnes la nouvelle de son triomphe, en sorte que tout le monde y croyait lorsque fut connue une vérité moins évidente. (…)Cette fausse manœuvre, et non le succès de leurs armes à Toro, donna leur royaume à Isabelle et Ferdinand. » in Isabelle la Catholique dame de fer in Historama, nr 40, 1er juin 1987.
  10. Heinrich Schaeffer : « [le prince portugais] Joao …, attaqua les six petites divisions des Castillans [l’aile droite Castillan]. (...) Ces derniers reçurent l’ennemi vaillamment; mais séparés en plusieurs corps, tandis que les escadrons du prince, la fleur de la noblesse portugaise, formaient une masse compacte..., ils ne purent longtemps résister à des charges impétueuses. Les Castillans commencèrent à fuir ; beaucoup furent tués, quelques-uns blessés, le reste se réfugie dans le corps oú se trouvait le Roi [Ferdinand, au centre]. (...) [Dans le centre commandé par Afonso V, et aussi dans l’aile droite portugaise]... s'engagea une lutte sanglante et acharnée;... les Portugais furent mis en désordre... Les deux rois avaient quitté le champ de bataille avant que l’action fût décidée... Affonso, voyant tomber la bannière royale... après la défaite du corps qu’il dirigeait... se tourna vers Castroñuno. (...). À la fin, le prince [João] resta seul sur le champ de bataille en vainqueur après la défaite du corps principal [Portugais]. Jusqu’au moment de cette défaite, João avait poursuivi les six divisions battues par lui. » in Histoire de Portugal, traduit de l’allemand en français par H. Soulange-Bodin, Adolphe Delahays, libraire-éditeur, Paris, 1858, p. 553-556.
  11. L’historien espagnol Ignacio Olagüe : «...Il y eut une bataille indécise à Toro… ; mais le Portugais, devant le dynamisme de Ferdinand, aidé par le cardinal Mendoza qui était passé dans son camp, abandonna la partie. » in Histoire d’Espagne, Éditions de Paris, 1958, p. 192.
  12. L’historien britannique Townsend Miller : « Mais, si le résultat de [la bataille de] Toro, militairement, est discutable, il n’y a pas de doute quant à ses énormes effets psychologiques et politiques » in The battle of Toro, 1476, in History Today, volume 14, 1964, p. 270
  13. Philippe Erlanger, op. cit, p. 68
  14. Philippe Erlanger, op cit., p.52
  15. Flora Ramires, « "Le poison chez les Trastamare" », Cahiers de recherches médiévales, no 17,‎ , p. 53 - 69
  16. Jean-Michel Sallmann, « "Les royaumes américains dans la Monarchie catholique" », Nouveau monde, mondes nouveaux,‎
  17. Arlette Jouanna, La France du XVIe siècle (1483 - 1598), Quadrige, PUF, , p. 171
  18. Arlette Jouanna, op. cit, p. 172
  19. Arlette Jouanna, op. cit, p. 147
  20. Jean-Louis Fournel et Jean Claude Zancarini, Les guerres d'Italie - Des batailles pour l'Europe (1494 - 1559), Gallimard, , p. 24
  21. Jean-Louis Fournel et Jean-Claude Zancarini, op. cit. p. 38
  22. Jean-Michel Salmann, « "Les royaumes américains dans la monarchie espagnole" », Nouveau Monde, Mondes nouveaux,‎
  23. Jean Louis Fournel et Jean-Claude Zancarini, op. cit. p. 41
  24. Fernand Braudel, « Les Espagnols et l’Afrique du Nord de 1492 à 1577 », première édition en 1928, réédition in Autour de la Méditerranée. Les écrits de Fernand Braudel, Tome I, 1996, p.35., Paris, Fallois,
  25. (es) Rodrigo Sánchez de Arévalo, Histoire hispanique,
  26. « y ruego y mando a la princesa mi hija, y al principe su marido, que como catolicos principes tengan mucho cuidado de las cosas de la honra de Dios y de su Santa Fe (…) y que no cesen de la conquista de Africa y de pugnar por la Fe contra los Infieles… ».
  27. Fernand Braudel, "Les Espagnols et l'Afrique du Nord..." op. cit, p. 49
  28. René Lespès, Alger. Études de géographie et d’histoire urbaine, Paris, Félix Alcan, , p. 103 p.
  29. (es) Carlos Navarro y Rodrigo, El cardenal Cisneros, Madrid, Sarpe,
  30. Anne Brogini et Maria Ghazali, « "Un enjeu espagnol en Méditerranée : les présides de Tripoli et de La Goulette au XVIe siècle" », Cahiers de la Méditerranée, no 70,‎ , p. 9 - 43
  31. Alonso de Santa Cruz, Crónica de los Reyes Católicos,
  32. "Y estando la corte en esta villa, por el mes de março, y el rey don Fernando en Carrioncillo, lugar apartado de Medina por una legua, deleitoso y de mucha caça, holgándose con la reine Germana su muger ; donde como Su Alteza tuviese tanto deseo de tener generación, principalmente un hijo que heredase los reinos de Aragón, le hiço dar la Reina algunos potajes hechos de turmas de toro y cosas de medecina que ayudavan a hacer generación, porque le hicieron entender que se empeñaría luego. Aunque otros pensaron que les avían dado veneno, o tósigo". Alonso de Santa Cruz, op. cit
  33. Flora Ramires, « « Le poison chez les Trastamare » », Cahiers de recherches médiévales, no 17,‎ , p. 53 - 69
  34. « Isabel, au cœur de l'histoire » (consulté le 4 août 2015)
  35. « Isabel, la fin d'une série culte »
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1480

Cette page concerne l'année 1480 du calendrier julien.

1513

Cette page concerne l'année 1513 du calendrier julien.

19 octobre

Le 19 octobre est le 292e jour de l'année du calendrier grégorien, le 293e en cas d'année bissextile. Il reste 73 jours avant la fin de l'année.

C'était généralement le vingt-huitième jour du mois de vendémiaire dans le calendrier républicain français, officiellement dénommé jour de la tomate.

18 octobre - 19 octobre - 20 octobre

Baltasar Gracián

Baltasar Gracián y Morales, né à Belmonte del Río Perejil (aujourd'hui Belmonte de Gracián), près de Calatayud en Espagne le 8 janvier 1601 et mort à Tarazona, près de Saragosse, le 6 décembre 1658, est un écrivain et essayiste jésuite du Siècle d'or espagnol.

Duc de Montblanc

Le duché de Montblanc,, est un titre de noblesse créé par le roi Jean Ier d'Aragon. C'est l'un des titres « liés traditionnellement à l'héritier de la Couronne espagnole », pour l'avoir été anciennement aux héritiers des rois d'Aragon. Sa titulaire actuelle est la princesse Leonor de Borbón, princesse de Gérone.

Espagne des Habsbourgs

L’Espagne des Habsbourgs correspond à l'histoire de l'Espagne des XVIe et XVIIe siècles (1516-1700), quand la monarchie espagnole est régie par les rois de la maison de Habsbourg. Le dirigeants Habsbourgs (principalement Charles Quint et Philippe II) y ont atteint l'apogée de leur influence et de leur pouvoir. Ils ont contrôlé un territoire incluant les Amériques, les Indes orientales, les Pays-Bas, des territoires appartenant aujourd'hui à la France (Franche-Comté) et à l'Allemagne (Rhénanie), l'Empire colonial portugais de 1580 à 1640, et plusieurs autres territoires tels que de petites enclaves comme Ceuta et Oran en Afrique du Nord. Cette période de l'histoire espagnole a aussi été appelée « l'Âge de l'expansion ».

Sous les Habsbourgs, l'Espagne a dominé l'Europe politiquement et militairement la majeure partie des XVIe et XVIIe siècles, mais a subi un déclin progressif de son influence pendant la deuxième moitié du XVIIe siècle.

Ces années voient aussi l'émergence du Siècle d'or espagnol de l'efflorescence culturelle. Parmi les plus remarquables personnalités de cette période figurent Thérèse d'Avila, Pedro Calderón de la Barca, Miguel de Cervantes, Le Greco, Domingo de Soto, Francisco Suárez, Diego Velázquez et Francisco de Vitoria.

L'« Espagne » ou « les Espagnes » recouvrent la totalité de la péninsule, qui est une confédération constituée de plusieurs royaumes nominalement indépendants dans une union personnelle : Aragon, Castille, León, Navarre et, depuis 1580, le Portugal. Dans certains cas, ces royaumes individuels sont eux-mêmes des confédérations, en particulier la Couronne d'Aragon (Principauté de Catalogne, Royaume d'Aragon, Royaume de Valence et Royaume de Majorque).

La mariage d'Isabelle la Catholique et Ferdinand le Catholique en 1469 permet l'union des deux plus grands de ces royaumes, Castille et Aragon, qui mène à leurs plus grandes victoires militaires contre les Maures, avec en point d'orgue la conquête de Grenade en 1492.

Isabelle et Ferdinand reçoivent le titre de Très catholique par le pape Alexandre VI en 1496 et le terme de Monarchia Catholica (en français : monarchie catholique et en espagnol moderne Monarquía Católica) est resté d'usage dans la monarchie des Habsbourgs espagnols. Cette période est celle qui voit la notion d'« Espagne » se forger dans le sens qui sera institutionnalisé au XVIIIe siècle. À partir du XVIIe siècle, pendant et après la fin de l'Union ibérique, la monarchie Habsbourg en Espagne est aussi connue comme Monarchie espagnole (Monarchia Hispanica) ou Monarche d'Espagne (Monarchia Hispaniae) en plus de la forme commune de Royaume d'Espagne (Reyno de España).

L'Espagne comme État unifié le devient de jure après la mort en 1700 de Charles II, qui entraîne l'extinction de la dynastie espagnole des Habsbourgs et l'ascension de Philippe V, inaugurant ainsi la dynastie des Bourbons et ses réformes centrales, comparables à celles du début de la France moderne.

François Fébus

François Fébus, aussi appelé François-Phébus ou François-Phœbus, né à Mazères en 1466, mort à Pau le 29 janvier 1483, fut roi de Navarre (1479-1483).

Guerre civile catalane

La guerre civile catalane (1462 - 1472) oppose le roi Jean II d'Aragon aux institutions catalanes, la Députation de la Généralité et le Conseil de Cent, qui s'affrontent pour le pouvoir politique. L'élément déclencheur de la crise est la mort, dans des conditions suspectes, de Charles de Viane, fils aîné de Jean II (et demi-frère de Ferdinand le Catholique), institué héritier de la couronne de Navarre par sa mère Blanche Ire. Lors de la capitulation de Villafranca en 1461, les Catalans avaient imposé à Jean II la nomination de Charles de Viane comme lieutenant général de la Catalogne. En réalité, acculé par les problèmes de trésorerie son frère et prédécesseur, Alphonse V le Magnanime, avait multiplié les occasions de mécontentements dans la gestion des justices seigneuriales en Catalogne.

Les rois d'Aragon dans le souci de contrebalancer les pouvoirs des seigneurs féodaux ont introduit à la fin du XIIIe siècle le principe du pactisme (gouvernement fondé sur des pactes entre les différentes composantes de la couronne). La grande bourgeoisie catalane (Ciutadans Honrats et Burgesos Honrats) enhardie par le succès de ses affaires tente de s'opposer à une évolution encouragée par les proches conseillers de la couronne et les "affairistes de cour" qui ouvre la voie à l'unification espagnole ainsi qu' à une tendance à l'absolutisme importé de Castille par la dynastie des Trastamare.

Haute-Navarre

La Haute-Navarre est le nom historique donné à la partie du royaume de Navarre qui fut conquise par Ferdinand le Catholique en 1512 et rattaché à la couronne de Castille en 1516.

Elle était constituée des merindades de Pampelune, Tudela, Olite, Sangüesa et Estella.

Aujourd'hui, la Haute-Navarre correspond à peu près à la communauté forale de Navarre, l'une des 17 communautés autonomes d'Espagne.

Hernando del Pulgar

Hernando ou Fernando fut historiographe de Castille sous Ferdinand le Catholique et Isabelle la Catholique ; il est né à Pulgar, près de Tolède, en 1436, mort vers 1493 (date incertaine) dans le village de Villaverde (Espagne).

Il reçoit éducation littéraire et chevaleresque à la cour de Jean II de Castille, et à la mort de celui-ci il est nommé secrétaire de Henri IV de Castille, qui lui confia plusieurs affaires intimes et d'importance. Pulgar fut le chroniqueur officiel de la reine catholique Isabelle de Castille, la Catholique, à partir de 1482. Il a été ambassadeur en France et à Rome, secrétaire de la Reine, traducteur du français, chroniqueur des guerres de Grenade.

Il a été surnommé le « Plutarque espagnol » pour avoir publié 26 biographies des Hommes illustres de la Castille (Los Claros Varones de Castilla). Sa correspondance avec des personnalités éminentes de son temps, à la manière souvent inspirée de Cicéron et Pline le Jeune, fut également publiée. Il est l'auteur des couplets satiriques visant la cour d'Espagne

Ses comptes rendus sont souvent inexacts et son style obséquieux, mais ils constituent un témoignage intéressant sur son époque.

Liste des vice-rois d'Aragon

Le Vice-roi d'Aragon était le représentant de la monarchie en Aragon. La charge a été instituée en 1517 par Ferdinand II d'Aragon, appelé «le Catholique», dernier roi d'Aragon, lors de l'union des Couronnes de Castille et d'Aragon. Avec la création de l'État Moderne, les anciens royaumes de la Péninsule, tout en gardant une certaine indépendance politique et juridictionnelle, se sont transformés en vice-royautés, dont l'autorité était exercée par le vice-roi, représentant l'autorité suprême, celle du roi, à partir de Charles Quint, petit-fils de Ferdinand le Catholique. La vice-royauté d'Aragon a disparu avec la réforme de l'État menée à bien par la maison des Bourbons. Cette réforme est intervenue après la Guerre de Succession d'Espagne avec la promulgation des Décrets de Nueva Planta publiés le 29 juin 1707, une fois gagnée la bataille d'Almansa. Ces décrets ont concerné le Royaume d'Aragon et le Royaume de Valence. Ils ont aboli l'indépendance du vice-royaume d'Aragon et les Fors d'Aragon historiques.

Lois de Burgos

Les lois de Burgos, furent les premières ordonnances que la monarchie hispanique mit en œuvre aux Amériques pour organiser la conquête. Elles furent promulguées à Burgos le 27 décembre 1512, avec pour but principal de protéger les Amérindiens des conquistadors. Elles ne furent que vaguement appliquées aux Nouvelles-Indes, la distance empêchant tout contrôle.

En 1511, le dominicain Antonio de Montesinos avait tenu à Saint-Domingue un sermon célèbre dénonçant les exactions commises par les colons espagnols contre les Indiens dans les Grandes Antilles au cours de la première décennie du XVIe siècle. Cette dénonciation s'inscrivait dans le cadre d'une question préoccupante : la justification de la souveraineté espagnole sur les territoires du Nouveau Monde. Afin de réglementer les rapports entre les colons et les autochtones, le roi Ferdinand le Catholique réunit une junte de juristes à Burgos en 1512.

Les discussions opposèrent le juriste Juan López de Palacios Rubios, qui faisait valoir la théorie inspirée d'Aristote de la servitude légitime des Indiens pour leur propre intérêt, à Matías de Paz, représentant des indigénistes indignés par l'exploitation des Indiens.

Ces débats aboutirent à la reconnaissance des droits légitimes du roi d'Espagne sur son territoire du Nouveau Monde à condition toutefois qu'il n'exploite pas les Indiens mais leur reconnaisse des droits d'hommes libres. Toutefois, les débats aboutirent aussi à reconnaître la nécessité pour les Indiens de travailler au profit de la Couronne par l'intermédiaire des Espagnols installés sur place. Conformément à la tradition médiévale, l'évangélisation des Indiens était comprise comme un bien supérieur permettant de justifier les éventuelles injustices qui pourraient leur être infligées.

Maison de Habsbourg en Espagne

La Maison d'Autriche est le nom qu'a connu la dynastie des Habsbourg régnant sur la monarchie espagnole, du XVIe au XVIIe siècle : de la Concordia de Villafáfila (es) du 27 juin 1506 durant laquelle Philippe le Beau est reconnu comme roi consort de la Couronne de Castille, laissant ainsi à son beau-père, Ferdinand le Catholique, la Couronne d'Aragon, à la mort sans succession directe de Charles II le 1er novembre 1700 qui a mené à la guerre de Succession d'Espagne.

L'empereur Charles V (Carlos Ier d'Espagne) a accumulé un immense empire territorial, alors sans précédent dans l'histoire : ce territoire s'étend des Philippines à l'Est a la Nouvelle Espagne à l'ouest, des Pays-Bas au nord au détroit de Magellan au sud. En plus de l'expansion à l'étranger et de certains acquis comme Milan, cet immense territoire a été le résultat de l'addition de quatre maisons dynastiques européennes : la Bourgogne (1506), l'Autriche (1519), l'Aragon (1516) et la Castille (1555), et il a formé la base de ce qui est connu sous le nom d'empire espagnol, surtout après la division de sa succession (1554-1556) entre son frère Ferdinand Ier et son fils Philippe II. Depuis lors, nous pouvons parler de deux branches de la maison d'Autriche, les Habsbourg de Madrid (sujets de cet article) et les Habsbourg de Vienne (qui ont continué à régner en Autriche jusqu'en 1918).

La monarchie espagnole (également connue sous le nom de « monarchie catholique ») est pendant cette période la plus grande puissance en Europe. Elle a atteint l'apogée de son influence au cours de la période dite des « Vieux Autrichiens » (Charles Ier et Philippe II) notamment avec l'ajout du Portugal et de son vaste empire ainsi que l'âge d'or des arts et des lettres. À l'inverse, les règnes des Habsbourg Philippe III, Philippe IV et Charles II représentent la période de « décadence espagnole » : la perte de l'hégémonie européenne et une profonde crise économique et sociale.

L'Espagne est au XVIe siècle la première puissance maritime (cependant, si son commandement général et sa participation à la bataille de Lépante furent essentiels, par les 54 galères apportées par ses possessions et le soutien financier fourni aux 27 galères génoises (trois pour la République, treize pour les flottes privées), les douze de la flotte de l'État de l'Église, les six de Savoie et les trois de Malte, la république de Venise a apporté à elle seule 106 galères et six galéasses — grosses galères transformées en forteresses flottantes, peu maniables — soit 112 grosses unités, plus de la moitié de la flotte de 214 grosses unités, ainsi que le second contingent de soldats embarqués) et, malgré l'échec de l'Armada espagnole en 1588, elle s'est affirmée dans une série de victoires contre l'Angleterre durant la Guerre anglo-espagnole de 1585 à 1604. Mais la puissance maritime de la Maison d'Autriche au milieu du XVIIe siècle subi un long déclin avec des défaites successives contre les Provinces-Unies et plus tard contre l'Angleterre. Durant les années 1660, la flotte espagnole se battait désespérément afin de défendre ses possessions d'outre-mer contre les pirates et les corsaires. En Europe, les Habsbourg de Madrid sont engagés dans la défense de leur dynastie-sœur de Vienne durant la grande guerre de Trente Ans qui, bien qu'ayant commencé avec de bonnes perspectives pour les armées espagnoles, s'est terminée en catastrophe après la crise de 1640 avec les soulèvements simultanés du Portugal (qui s'est finalement séparé de l'Espagne), de la Catalogne et de Naples. Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, les Espagnols ont été remplacés par l'hégémonie européenne de la France de Louis XIV.

Napolitain

Le napolitain est une langue, parlée à Naples et qui fait partie d'un ensemble plus vaste de parlers dits méridionaux, parlés dans les régions proches de la Campanie (Molise, nord de la Calabre, nord des Pouilles, Basilicate). C'est une langue romane qui reste très vivante aujourd'hui dans les rues de Naples, même si la langue officielle et enseignée dans les écoles reste l'italien. Cette langue a, en outre, emprunté, à la suite des dominations étrangères successives, une série de mots français (par exemple le mot : « boîte ») ou espagnols par exemple et l'intercompréhension est parfois rendue malaisée en raison de ses particularités lexicales et syntaxiques. La région de Campanie a reconnu la langue napolitaine comme langue le 14 octobre 2008.

La langue napolitaine (napulitano) est un idiome romain. Elle est reconnue par l'UNESCO en tant que langue de plein titre dans ses multiples variantes diatopiques. On parle couramment le napolitain dans les régions de Naples, Caserte, Sannio, Irpinie, Cilento et dans le sud du Latium, les Abruzzes, la Basilicate, la Calabre, le Molise et les Pouilles, soit dans tous les territoires qui constituaient le royaume des Deux-Siciles en deçà du phare de Messine (Sicile) où la langue nationale était justement le napolitain, tandis qu'au-delà du phare de Messine dans tout le reste de la Sicile la langue officielle était le sicilien. Le "vulgaire-puillaise" autre nom dont étaient connus historiquement le napolitain et les autres dialectes "àusoni", remplaça le latin dans les documents officiels et dans les assemblées de la cour à Naples, depuis l'unification des Deux Siciles, par décret dAlphonse Ier, en 1442.

Au XVIe siècle, le roi Ferdinand le Catholique imposa le castillan comme nouvelle langue officielle et le napolitain survivait seulement pendant les audiences du Roi et dans les bureaux de la diplomatie et des fonctionnaires publics. Le cardinal Girolamo Seripando, en 1554, décida que dans ces secteurs le napolitain soit remplacé par le vulgaire toscan.

Pendant des siècles, la littérature en vulgaire napolitain a servi de liaison entre le monde classique et le monde moderne, entre les cultures orientales et celles de l'Europe du nord, de l'«amor cortese», qui, avec l'école sicilienne, diffusa le platonisme dans la poésie de l'occident au tragi-comique (Vaiasseide, Policinelle) jusqu'à la tradition populaire ; en langue napolitaine ont été traduites pour la première fois les fables plus célèbres de la culture européenne moderne et pré-moderne en passant par Cendrillon et La Belle au bois dormant, ainsi que les histoires où apparaît le Chat "mammone".

De nos jours le vulgaire méridional (napolitain) survit dans la "chanson napolitaine", connue dans le monde entier, où s'est révélée l'une des expressions les plus caractéristiques de l'art de la culture occidentale, appréciée par sa vivacité, sa veine poétique et par ses mélodies, qui semblent toute leur force de communication aussi face au panorama très varié de courants philosophiques et artistiques de l'Europe.

Ordre de Calatrava

L’ordre de Calatrava est un ordre militaire hispanique fondé au XIIe siècle. Il est le premier ordre militaire espagnol.

Platì

Platì est une commune italienne de la province de Reggio de Calabre dans la région Calabre en Italie.

Sos del Rey Católico

Sos del Rey Católico est une commune d’Espagne, dans la province de Saragosse, communauté autonome d'Aragon, de la comarque de Cinco Villas.

Tableau chronologique des royaumes de la péninsule Ibérique

Ce tableau n'est pas exhaustif. Manquent surtout les gouvernants portugais, arabes et musulmans de 711 à 1492.L'histoire et la chronologie des royaumes qui ont été créés après la chute de l'Empire romain d'Occident et les invasions de différents peuples germaniques remonte autour de l'an 400 de notre ère.

Bien que la formation de l'Espagne comme état moderne commence après la fin de la guerre de Succession, l'unification sous une même couronne des différents royaumes chrétiens qui se sont créés après l'invasion musulmane de 711, est survenue avec les Rois catholiques, qui réunirent les couronnes de Castille et d'Aragon pour achever la conquête du dernier territoire resté musulman et envahir le royaume de Grenade. Plus tard Ferdinand le Catholique, une fois décédée Isabelle I, envahit le royaume chrétien de Navarre. Ainsi débuta une longue guerre poursuivie par Charles Quint et qui s'acheva par la prise de contrôle de la Haute Navarre, au sud des Pyrénées.

La numérotation des rois espagnols a été établie a posteriori, en partant de la royauté asturienne, considérée donc comme la dynastie légitimement hispanique et héritière des wisigoths; ensuite vient la royauté de León, continuatrice de l'asturienne, et plus tard la royauté de Castille. Au début la monarchie asturienne —comme la wisigothe— n'était pas héréditaire mais élective, même si la Couronne se transmettait le plus souvent aux fils ou aux parents des rois. Ainsi, l'actuelle monarchie espagnole descend directement de Bermude Ier (et non de Pélage le Conquérant, car cette dernière lignée s'est achevée avec Alphonse II le Chaste descendant de Pélage). La lignée de Bermude Ier se prolonge sans interruption jusqu'à Juan Carlos I, ce qui fait de la dynastie espagnole régnante la plus ancienne au monde, à l'exception de la dynastie japonaise qui remonte plus haut dans le temps.

Traité de Lyon

Plusieurs traités, signés à Lyon ou à proximité, portent le nom de « traité de Lyon ».

1288 : traité de Lyon, signé entre Sanche IV de Castille et Philippe IV le Bel

1501 : traité de Lyon) (es), accord de mariage de la fille du roi de France Louis XII, Claude de France, avec le fils de Philippe le Beau, le futur Charles Quint. Le projet de cette union sera confirmé par le traité de Trente la même année et par le traité de Blois de 1504. Elle sera annulée par les États généraux de Tours en 1506.

1503 : traité de Lyon (es), par lequel Philippe le Beau cédait le royaume de Naples à Louis XII pour tenter de résoudre la guerre de Naples. Son beau-père Ferdinand le Catholique, roi d'Aragon, a refusé de ratifier ce traité.

1504 : armistice de Lyon ou traité de Lyon, Louis XII cède Naples à Ferdinand le Catholique.

1601 : traité de Lyon, signé par l'Espagne , la France et la Savoie. Il met fin au conflit franco-savoyard.

1930 : traité de Lyon[réf. nécessaire], accord international sur la guerre sous-marine.

Ferdinand II d'Aragon dit le Catholique
Précédé par Suivi par
Jean II d'Aragon
-
Alphonse V d'Aragon
Charles de Viane
-
duc de Montblanc et seigneur de Balaguer — 1458-1479
comte d'Agosta — 1458-1466
prince de Gérone1461-1479
duc de Gandie1461-1483
duc de Noto — 1462-1468
Jean d'Aragon
-
Jean d'Aragon
Pierre Louis de Borgia
-
Jean II d'Aragon
comte de Ribagorce (Ferdinand I)
1458-1469
Alphonse d'Aragon et d'Escobar
-
Coat of Arms of the Crown of Castile (16th Century-1715).svg souverain de la couronne de Castille
roi de Castille, de León, de Galice (Ferdinand V)
Transparent.gif
1475-1504
Jeanne Ire de Castille
dite la Folle
Jean II d'Aragon
dit le Grand
Arms of Aragonese Monarchs (13th-15 centuries).svg souverain de la couronne d'Aragon
roi d'Aragon (Ferdinand II)
comte de Barcelone, de Besalú, de Pallars Jussà,
d'Urgell et de Cerdagne
roi de Valence
roi de Majorque
roi de Sardaigne
roi de Sicile (insulaire)
Transparent.gif
1479-1516
Charles VIII de France
comte de Roussillon
1493-1516
Frédéric Ier de Naples
roi de Sicile (peninsulaire) (roi de Naples) (Ferdinand III)
1503-1516
Jeanne Ire de Castille
et Charles Quint
Catherine de Navarre
et Jean III de Navarre
Royal Coat of Arms of Navarre (1425-1479).svg roi de Navarre (Ferdinand I) Transparent.gif
1512-1516
Premiers comtes d'Aragon (802-943)
Comtes de la Maison de Navarre (943-1035)
Rois de la Maison d'Aragon (1035-1137)
Régence de la Maison de Barcelone (1154-1164)
Rois de la Maison de Barcelone (1164-1410)
Rois de la Maison de Trastamare (1410-1516)
Rois de la Maison de Habsbourg (1516-1556)
Rois catholiques
des Espagnes
Rois d'Espagne

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