Dictionnaire historique et critique

Le Dictionnaire historique et critique est une œuvre de Pierre Bayle, publiée en 1697, qui préfigure l'Encyclopédie.

Bayle dictionnaire 1696

Projet de l'auteur

Ce Dictionnaire se veut, en première intention, la correction des erreurs des auteurs des dictionnaires précédents (en particulier Louis Moréri). Mais Bayle précise son projet dans la préface :

"Or voici de quelle manière j'ai changé mon plan, pour tâcher d'attraper mieux le goût du public. J'ai divisé ma composition en deux parties l'une est purement historique, un narré succinct des faits l'autre est un grand commentaire, un mélange de preuves et de discussions où je fais entrer la censure de plusieurs fautes, et quelquefois même une tirade de réflexions philosophiques en un mot assez de variété pour pouvoir croire que par un endroit ou par un autre chaque espèce de lecteur trouvera ce qui l'accommode[1]."

Véritable labyrinthe, ce dictionnaire est composé d’articles emboîtés les uns dans les autres, de nombreuses notes et citations. D’une certaine façon Bayle dans ce dictionnaire pratique l’hypertexte. À travers une pensée en apparence errante, le principal enseignement de Bayle est que le monde ne se réduit jamais à une vision manichéenne et suppose le croisement permanent des points de vue et des opinions contradictoires.

Pierre Jurieu le dénonce au consistoire comme impie et, au Prince d’Orange, devenu roi d’Angleterre comme ennemi de l’État et partisan secret de la France. Mais grâce à la protection de Lord Shaftesbury, il échappe cette fois aux coups de ses persécuteurs. Les dernières années de Bayle sont consacrées à divers écrits, provenant dans beaucoup de cas des critiques faites sur son Dictionnaire, qu’il cherche le reste de sa vie à développer. Il meurt de la tuberculose, toujours en exil à Rotterdam le 28 décembre 1706.

Bayle est surtout connu comme sceptique. Dans son Dictionnaire, il se plaît à exhumer les opinions les plus paradoxales et à les fortifier d’arguments nouveaux, sans toutefois les avouer pour son propre compte. Il pense que dans une certaine mesure l'objectivité historique est possible si on respecte les principes fondamentaux de la critique historique mais en même temps cette objectivité n'est pas la vérité et l'erreur est toujours possible. Avec l’incrédulité qui règne dans ses écrits, il est déjà par son souci de la tolérance un philosophe au sens du XVIIIe siècle et il a frayé la voie à Voltaire.

Publications

Le dictionnaire a connu les éditions partielles ou totales suivantes[2] :

  • 1830, douzième édition, Paris, C. V. Duriez, Crevot, deux volumes in-octavo parus (jusqu'à l'article Alting).
  • 2015 : Dictionnaire historique et critique, réédition partielle (39 entrées concernant la philosophie et la religion), avec une maquette refondue, mais reprenant la mise en page tabulaire d'origine, par le graphiste Alexandre Laumonier, éd. Les Belles Lettres 2015 (ISBN 978-2-251-15003-1)[5].

Liens externes

Références

  1. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k504483/f4.image
  2. Voir notamment le projet ARTFL consacré au dictionnaire de Bayle.
  3. tome premier, A-B ; tome premier, C - G ; tome second, H-O ; tome second, P-Z (Google Books).
  4. Dictionnaire historique et critique, 5e édition, Compagnie des libraires, Amsterdam, 1734 (Gallica).
  5. Dictionnaire historique et critique, édition 2015 (site des Belles Lettres).
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Dictionnaire historique et critique (Wikisource)

1522

Cette page concerne l'année 1522 du calendrier julien.

1595

1595 est une année commune commençant un dimanche.

1690

1690 est une année commune commençant un dimanche.

Années 1620

XVIe siècle | XVIIe siècle | XVIIIe siècle

Années 1600 | Années 1610 | Années 1620 | Années 1630 | Années 1640

1620 | 1621 | 1622 | 1623 | 1624 | 1625 | 1626 | 1627 | 1628 | 1629

Dualisme (philosophie)

En philosophie, le dualisme est la thèse ou la doctrine métaphysique qui établit l'existence de deux principes irréductibles et indépendants, au contraire du monisme, qui n'en pose qu'un seul. D'après les conceptions dualistes du monde, il existe deux réalités de nature indépendante régies par des principes différents ou antagonistes.

Le terme a été introduit en français par Pierre Bayle en 1697, dans son Dictionnaire historique et critique, à propos de la religion manichéenne, qui oppose sans conciliation le Bien et le Mal. Il a ensuite été appliqué en 1734 à la philosophie par le philosophe allemand Christian Wolff dans sa Psychologia rationalis, pour qualifier le système de Descartes, qui sépare la res extensa (l'étendue ou matière mesurable, dont le corps) et la res cogitans (la pensée, ou l'âme).

Le concept peut qualifier de nombreuses autres théories, religieuses ou philosophiques, opposant par exemple la nature et la grâce, les Idées platoniciennes et les apparences mobiles. Une conception dualiste, qu'elle soit particulière ou générale, pose le problème logique de la conciliation des deux principes ou entités distingués.

Le philosophe et historien des idées américain Arthur Lovejoy a décrit sous le nom de « révolte contre le dualisme » les nombreuses tentatives des penseurs contemporains pour réfuter ou éviter le dualisme, en particulier sous sa forme épistémologique ; il estime qu’elles ont toutes échoué.

Ethnocentrisme

L’ethnocentrisme est un concept ethnologique ou anthropologique qui a été introduit par W. G. Sumner. Il signifie « voir le monde et sa diversité à travers le prisme privilégié et plus ou moins exclusif des idées, des intérêts et des archétypes de notre communauté d'origine, sans regards critiques sur celle-ci ». Une autre définition restreint l'ethnocentrisme à un « [c]omportement social et [une] attitude inconsciemment motivée » qui amènent en particulier à « surestimer le groupe racial, géographique ou national auquel on appartient, aboutissant parfois à des préjugés en ce qui concerne les autres peuples ». L'ethnocentrisme peut se trouver associé à la pensée raciale.

Gabriel de Foigny

Gabriel de Foigny (1630 - 1692) est un moine défroqué auteur d'un roman utopique, La Terre australe connue dans lequel il raconte les aventures d'un voyageur imaginaire, Jacques Sadeur, dans un pays appelé Terre australe.

L'article consacré à 'Sadeur' dans la seconde édition du Dictionnaire historique et critique de Pierre Bayle reste l'unique source de renseignements au sujet de cet auteur.

Pour Régis Messac, Gabriel de Foigny est un penseur libertin, « précurseur des philosophes qui proclameront bien haut leur croyance au progrès, et en la nécessité de ce progrès » .

In-folio

L’in-folio est une forme de livre où la feuille imprimée a été pliée une fois, donnant ainsi deux feuillets, soit quatre pages. L'in-folio est plus ou moins grand, selon l'étendue de la feuille.

Aux XVIIe siècle et au XVIIIe siècle, les in-folio sont généralement des ouvrages de référence, fort volumineux (couramment environ 10 kg par tome) et ont un format voisin de nos actuels papiers A3 (deux fois plus grand que la page habituelle des imprimantes de bureau).

Jean d'Amboise

Jean d'Amboise, né à Douai en Flandres (alors possession du roi d'Espagne) vers 1514 et mort à Paris le 13 décembre 1584, fut un chirurgien ordinaire de cinq rois de France à partir du roi François Ier.

Jérôme Cardan

Jérôme Cardan (Pavie, 24 septembre 1501 - Rome, 21 septembre 1576) (en italien : Gerolamo Cardano ou Girolamo Cardano, en latin : Hieronymus Cardanus), est un mathématicien, un philosophe, un astrologue, un inventeur et un médecin italien.

Laevius

Laevius, ayant vécu aux alentours de 80 av. J.-C. (?), est un poète latin oublié.

Contemporain de Catulle, Laevius fait partie de ces poètes ayant vécu dans les dernières années de la République romaine qui auraient pu totalement disparaître des mémoires. Les premiers auteurs à le nommer sont Aulu-Gelle et peut-être Suétone, soit plus d'un siècle et demi plus tard. Puis, selon les propres termes de J. Granarolo « il connaîtra une éclipse totale... interminable ! »

Pierre Bayle le cite dans son Dictionnaire historique et critique comme en témoigne l'index.

Au début du XIXe siècle, des philologues allemands redécouvrent ses poèmes. Cent ans plus tard, deux français, s'inspirant des travaux de leurs confrères, commentent son œuvre.

On doit à Laevius l'invention du dimètre iambique pur, vers composé de dix mots ayant chacun une syllabe, appelé le technopaignion.

Il nous reste de lui à ce jour 34 fragments dont des paegnia érotico-mythiques que Marguerite Yourcenar commenta.

Louis Moréri

Louis Moréri, né à Bargemon le 25 mars 1643 et mort à Paris le 10 juillet 1680, est un érudit français.

Maison d'Amboise

La maison d’Amboise était une des plus anciennes familles de la noblesse française dont la filiation suivie remontait au début du XIIe siècle. Elle tirait son nom de la ville d'Amboise en Touraine, dont elle a possédé la seigneurie.

Elle forma les branches de Thouars (éteinte en 1469 dans la maison de La Trémoille) et de Chaumont (éteinte en 1524), qui donna les rameaux de Bussy, (éteint le 12 mai 1627) et d’Aubijoux (éteint en 1656).

Elle s'éteignit en 1656 avec François-Jacques d'Amboise, mort dernier de son nom et de sa maison.

Michel d'Amboise

Michel d'Amboise, seigneur de Chevillon, né vers 1505/1506 à Naples et mort vers 1547/1551, qui se désigna comme l'esclave fortuné, est un poète, traducteur, rhétoriqueur et essayiste qui connut, dans la première moitié du XVIe siècle, une vie mouvementée.

Pierre Bayle

Pierre Bayle, né au Carla-le-Comte (aujourd'hui Carla-Bayle), près de Pamiers en Pays de Foix (aujourd'hui Ariège) le 18 novembre 1647 et mort à Rotterdam le 28 décembre 1706, est un philosophe, écrivain et lexicographe français.

Pierre de Marca

Pierre de Marca est un historien du Béarn et archevêque français né à Gan (Pyrénées-Atlantiques) le 24 janvier 1594 et mort le 29 juin 1662.

Vocation

Au sens étymologique, la vocation est un appel (latin vocare, appeler). Il a longtemps désigné l'appel à s'engager dans une vie religieuse (prêtrise, vie monacale, etc.). Le concept s'enracine dans la Bible et est corrélatif au thème de l'écoute. Aujourd'hui ce mot est utilisé dans un sens plus large pour désigner l'appel que peuvent ressentir des personnes à une mission particulière : humanitaire, professionnelle, spirituelle, scientifique, etc.

Au pluriel, ce mot désigne le nombre de prétendants à la vie religieuse, et notamment à la prêtrise.

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