Deuxième Livre des Rois

Le Deuxième Livre des Rois est un livre de l'Ancien Testament classé parmi les Livres des Prophètes dans la tradition juive et dans les livres historiques dans le christianisme. Il suit le Premier Livre des Rois, avec lequel il constituait, à l'origine un seul livre.

Depuis le règne d'Ochozias, roi d'Israël, jusqu'à la chute du royaume de Juda, il présente avec plus ou moins de détails chacun des rois d'Israël et de Juda, deux royaumes condamnés par la justice divine après leur rejet des commandements divins.

II Rois
Titre dans le Tanakh Sefer Melakhim
Auteur traditionnel Jérémie
Auteur(s) selon l'exégèse Plusieurs auteurs anonymes
Datation traditionnelle VIe siècle av. J.-C.
Datation historique Fin du VIIe siècle av. J.-C. - IIe siècle av. J.-C.[1],[2]
Nombre de chapitres 25
Classification
Tanakh Nevi'im
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Canon chrétien Livres historiques
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Résumé

Les royaumes d'Israël et de Juda

Elisha-Eliseus
le prophète Élisée (icône russe du XVIIIe siècle)

Dans le Premier Livre des Rois, sont évoquées la mort du roi David, la vie de Salomon, la partition du royaume en deux États : le royaume d'Israël et celui de Juda. La vie des rois des deux royaumes est présentée de façon synchronique mais est coupée par des chapitres consacrés aux prophètes qui viennent avertir les rois que la justice divine s'abattra sur ceux qui ne suivent pas deux commandements essentiels à savoir l'adoration de YHWH, Dieu exclusif, et le respect du Temple de Jérusalem comme seul lieu de culte autorisé. Le deuxième livre continue cette histoire royale et sa condamnation constante des rois d'Israël qui sont coupables d'apostasie et qui ne reconnaissent pas la primauté du Temple de Jérusalem.

D'Ochozias à Jéhu

À la fin du Premier Livre est évoquée l'accession au trône d'Israël du roi Ochozias, fils d'Achab. Le Second Livre commence donc avec quelques versets (2R 1,1-18) concernant son règne qui est bref. Il meurt en effet d'une chute mortelle la deuxième année de son règne. Durant celui-ci, il s'était heurté violemment au prophète Élie qui lui reprochait d'adorer Baal-Zebub. À la mort d'Ochozias, son frère Joram le remplace sur le trône. Il n'adore pas Baal mais se comporte comme Jéroboam Ier et encourt ainsi la colère de Yahvé. Élie, quant à lui, quitte la terre emmené sur un chariot de feu. Il est remplacé par le prophète Élisée qui opère de nombreux miracles[3],[4]. Le chapitre 3 est consacré à la guerre du roi Joram, allié aux rois de Juda et d'Édom, contre le roi Mesha. Bien qu'il remporte la victoire, Joram abandonne sa domination sur le royaume de Moab après que Mesha eut sacrifié son fils aîné. Les chapitres 4 à 6,23 racontent d'autres prodiges opérés par Élisée (résurrection d'un mort, guérison miraculeuse, etc.)[4]. À partir de 2R 6,24 le récit se porte sur la lutte de Joram contre Ben Haddad, roi d'Aram-Damas. Le royaume connaît la famine avant qu'un miracle divin chasse les armées d'Aram. Dans le chapitre 8 une autre famine touche Israël pendant sept ans et Élisée annonce à Hazaël qu'il deviendra roi d'Aram et combattra les Hébreux. Après ce récit le reste du chapitre s'intéresse au roi de Juda Joram qui délaisse les commandements divins et suit les voies mauvaises des rois d'Israël, influencé par sa femme, d'origine israélienne[5],[4],[6]. Durant son règne Édom parvient à reprendre son indépendance.

Son fils, Ochozias lui succède mais ne règne qu'un an avant d'être assassiné par Jéhu. Celui-ci une fois oint comme roi d'Israël par un prophète disciple d'Élisée part tuer le roi d'Israël, Joram. Après l'avoir abattu il s'en prend à Ochozias qui était venu rendre visite à son parent Joram. Il fait aussi tuer Jézabel, mère de Joram, dont le cadavre est dévoré par les chiens comme le demandait la malédiction d'Élie[7]. Jéhu suit les voies de Yahvé en faisant périr la maison d'Achab, y compris les frères d'Ochozias, roi de Juda, et les sacrificateurs de Baal[8],[9] cependant il reste condamnable car il suit les voix de Jéroboam Ier en ne reconnaissant pas Jérusalem comme seul temple[10]. C'est aussi à l'époque de ce règne que selon l'auteur commence la punition de Yahvé contre Israël. Cela est marqué par les victoires de Hazaël qui s'empare de plusieurs régions auparavant dominées par Israël[11].

D'Athalie à la fin du royaume de Samarie

Après avoir raconté la mort de Jéhu, le livre retourne dans le royaume de Juda. Dans le chapitre 11 Athalie, mère d'Ochozias, fait assassiner toute la descendance royale pour pouvoir gouverner. Magré tous ses efforts, un enfant, Joas, lui échappe grâce à la protection de Yehoyada, prêtre de Yahvé. Alors qu'il a sept ans, Joas est porté sur le trône et Athalie est assassinée. Les chapitres 11 à 12 racontent le règne juste de Joas qui lutte contre les adorateurs de Baal. Après avoir régné 40 ans, il est assassiné par des officiers. Auparavant, il avait combattu Hazaèl, roi d'Aram qui victorieux avait exigé une rançon en or payée en livrant les trésors consacrés du temple de Yahvé. Le chapitre 13 revient au royaume d'Israël et au roi Joachaz, fils de Jéhu. Durant ce règne Hazaël et son fils Ben-Hadad III[7] remportent de nombreuses victoires contre Israël[12]. Joachaz règne 17 ans et son fils Joas lui succède. Il parvient à remporter plusieurs victoires contre Ben-Hadad III. C'est durant ce règne que meurt Élisée[13]. Le chapitre 14 traite des règnes d'Amasias, roi de Juda, et de Jéroboam II, roi d'Israël. Le règne d'Amasias est marqué par la guerre qu'il déclare au royaume d'Israël et qu'il perd, vaincu par Joas. Il est assassiné après 29 ans de règne. Son fils Ozias lui succède[14] et reste sur le trône durant 52 ans, soit la plus longue période pour un règne en Juda[15]. Le règne de Jéroboam qui dure 41 ans est présenté succinctement bien qu'il soit marqué par de nombreuses victoires militaires qui permettent à Israël de reprendre des territoires perdus dans les guerres précédentes[16]. Le chapitre 15 parle de divers rois qui régnèrent en Israël et en Juda. Israël connaît une période d'instabilité politique car les rois se font tuer et remplacer par leurs meurtriers. Zacharie monte sur le trône à la mort de son père Jéroboam mais est assassiné six mois après par Shallum qui règne un mois avant d'être tué par Menahem[17]. Menahem garde la couronne jusqu'à sa mort après 10 ans de règne et son fils Peqahya parvient à la conserver deux ans avant d'être assassiné par son écuyer Peqah qui règne 20 ans. Durant cette période le roi d'Assyrie Teglath-Phalasar III s'empare de plusieurs régions d'Israël et fait déporter plusieurs tribus[18]. Péqah est assassiné par Osée. La fin du chapitre 15 revient au royaume de Juda et au roi Yotam qui doit combattre Raçôn, roi d'Aman et Péqah. Le chapitre 16 est consacré au règne d'Achaz, roi de Juda, fils de Yotam. Alors que ce dernier avait honoré Yahvé, Achaz abandonne le dieu de ses pères et adore les idoles et il est même accusé d'avoir immolé son fils par le feu[19]. Juda est toujours menacé par Raçôn et Péqah aussi Achaz demande l'aide de Teglath-Phalasar qui vainc et tue Raçôn. Achaz paie ce service grâce à l'or et l'argent du temple et du palais royal puis il profane le temple de Yavhé pour construire un autel semblable à celui de Damas où il rencontre Teglath-Phalasar. À sa mort son fils Ézéchias monte sur le trône. Le chapitre 17 rapporte l'anéantissement du royaume d'Israël par les Assyriens[9] sous le règne d'Osée qui pour échapper à la domination assyrienne demande l'aide de l'Égypte. Le roi d'Assyrie Salmanazar V l'apprend et s'empare d'Osée qu'il fait emprisonner. Le royaume d'Israël disparaît, les Hébreux sont déportés dans l'empire et des populations viennent occuper ces territoires. Ces peuples idolâtres adorent ensuite aussi Yahvé[20] et seraient à l'origine des Samaritains[21]. Tout en explquant ces faits, le livre revient sur les méfaits des habitants du royaume de Samarie, leur obstination dans le mal même après leur déportation dans le royaume assyrien et l'impossibilité du pardon divin[6].

Le royaume de Juda

Après la chute d'Israël, le récit se consacre exclusivement au royaume de Juda. Les chapitres 18 à 20 racontent la vie juste d'Ézéchias, roi de Juda et du prophète Isaïe. Contrairement à son père, Ézéchias reconnaît seulement Yahvé et détruit toutes les idoles qui profanaient le pays. Il mène par ailleurs une politique étrangère visant à échapper à la domination assyrienne. Menacé par les armées ennemies du roi d'Assyrie Sennachérib, Juda est sauvé par une intervention divine[15]. Ainsi le respect envers Yahvé est récompensé par une victoire contre l'ennemi et l'abandon des règles inspirées par Dieu entraîne un châtiment.

Ceci explique, selon l'auteur du livre, que l'impiété du roi Manassé, fils d'Ézéchias, soit la cause de la colère divine qui menace Juda. En effet Manassé est présenté dans le chapitre 21 comme le plus abominable des rois. Il honore les idoles, profane le temple en y plaçant des statues et décide du martyre d'Ésaïe. Son fils Amon agit de même jusqu'à son assassinat par des serviteurs après deux ans de règne. Si Manassé, et Amon abandonnent YHWH et adorent des idoles, après eux, Josias, fils d'Amon, montre au contraire qu'il est un roi juste et rétablit la loi divine parmi les Juifs (2R 22-23,30) après la découverte du livre de la loi dans le temple de Jérusalem. De 23,31 à 25,30 l'histoire de Juda se poursuit et les règnes de Joaqim, Joakin et Sédécias, tous coupables d'apostasie, sont évoqués. Cette persistance dans le mal amène le châtiment divin qui se concrétise par la prise de Jérusalem (datée de -586), et l'exil à Babylone qui s'ensuit[K 1]. Les derniers versets (2R 25,27-30) relatent l'histoire du roi Joachin qui de prisonnier devient un familier du roi babylonien[9].

Personnages

Rois hébreux

Rois de Samarie

  • Ochozias : fils d'Achab et Jézabel. Il règne pendant deux ans après la mort de son père Achab. Selon certains exégètes c'est durant son règne que le roi de Moab, Mesha, se révolte[22].
  • Joram (Israël) : frère d'Ochozias, il lui succède lorsque ce dernier meurt après une chute d'un balcon. Joram s'allie au royaume de Juda pour combattre Mesha. Les rois hébreux remportent la victoire mais, selon le texte biblique, le sacrifice de son fils aîné par Mesha amène les Hébreux à lever le camp. Joram mène d'autres guerres contre les Araméens puis de nouveau contre Moab. Dans les affaires religieuses, Joram comme son frère Ochozias et son père Achab, délaisse Yahvé et se tourne vers les Baal adorés par sa mère Athalie. Un prophète disciple d'Élisée sacre alors Jéhu qui tue Joram et le roi de Juda Ochozias[23]. Cette histoire est toutefois contredite par le texte de la stèle de Tel Dan qui selon une reconstruction montrerait que le roi Hazaël revendiquait la mort des deux rois hébreux[24].
  • Jéhu : Dans le texte biblique, il est présenté comme un roi qui adore Yahvé et lutte contre les adeptes de Baal. Pour satisfaire Yahvé, il massacre la famille d'Achab, y compris la famille du roi de Juda Ochozias, et les adorateurs de Baal. Il apparaît comme un bon roi qui jouit de la protection divine qui promet la couronne à ses descendants bien qu'il ne reconnaisse pas l'unicité du temple de Jérusalem. En revanche, son règne est marqué par des défaites militaires qui amputent le royaume de la Transjordanie[25].
  • Joachaz : À la mort de son père, Joachaz devient roi d'Israël. Son règne est marqué par des défaites militaires contre le roi d'Aram, Hazaël[26].
  • Joas : fils de Joachaz. Il remporte plusieurs victoires contre Ben-Hadad II[24]. Bien qu'il se soumette à Élisée, il ne peut empêcher la vengeance divine qui s'exercera sur Israël[27].
  • Jéroboam II : fils de Joas, il succède à ce dernier et règne 41 ans. Cependant, ce long règne est évoqué en quelques versets qui décrivent peu la situation d'Israël à cette époque. Il ressort cependant d'une lecture attentive du texte biblique recoupée par d'autres sources archéologiques ou épigraphiques qu'Israël connaît une période de prospérité. Même si Jéroboam est critiqué pour avoir imité Jéroboam Ier dans le domaine religieux, il lui est accordé d'avoir reconquis le territoire d'Israël perdu précédemment face à Hazaël et son fils Ben Hadad II[28].
  • Zacharie : fils de Jéroboam, il est assassiné après six mois de règne par Shallum ce qui met fin à la dynastie issue de Jéhu[27].
  • Shallum : il règne quelques semaines avant d'être assassiné par Menahem[27]
  • Menahem : après avoir tué Shallum, il règne dix ans. Son règne est marqué par des combats contre le roi assyrien Teglath-Phalasar III qui finalement parvient à soumettre le roi de Samarie et à lui imposer un tribut[29]
  • Peqahya : fils de Menahem, tué par Peqah
  • Peqah : assassiné par Osée

Rois de Juda

Athaliah1
La mort de la reine Athalie

Prophètes

Plusieurs prophètes interviennent face aux rois pour leur faire suivre les commandements divins[K 2] :

  • Élie Chapitres 1 et 2. Il ne meurt pas mais est emporté sur un chariot de feu tiré par quatre chevaux[30].
  • Élisée 2-9 et 13, 14-21. Il succède à Élie et se heurte au roi de Samarie. Son histoire mêle avertissements au roi et miracles
  • Houlda 22,14-20
  • Isaïe
  • Amos

Rois d'autres nations

Interprétations

Les derniers chapitres du livre des rois achèvent le texte de l'histoire deutéronomiste si on suit la théorie établie par Martin Noth. Selon ce dernier, l'auteur aurait terminé son récit par la réhabilitation de Joachin parce que c'était le dernier événement dont il aurait eu connaissance. Cela permettrait de fait de dater la fin de la rédaction de cette histoire deutéronomiste en -561. Toutefois, les particularités des derniers versets, 2R 25,27-30, ont amené des auteurs comme Gerhard von Rad ou Erich Zenger à lire dans ceux-ci un espoir messianique[R 1]. De plus, le sort de Joachin, tel qu'il est décrit, évoque celui de Joseph, le fils de Jacob. Tous deux sont prisonniers en terre étrangère puis s'élèvent en dignité auprès du roi du pays (les mêmes mots sont employés : le roi élève leur tête dans le chapitre 40 de la Genèse pour Joseph, en 2R 25,27 pour Joachin). Cependant, si symboliquement, les ossements de Joseph sont emmenés hors d'Égypte par Moïse pour montrer l'impossibilité pour les Hébreux de rester dans ce pays, Joachin reste à Babylone ce qui signifie l'intégration du peuple juif dans l'empire babylonien[R 2].

Notes et références

  1. Ernst Axel Knauf, Introduction à l'Ancien Testament, p. 387-389
  2. (en) Baruch Halpern et André Lemaire, « The Composition of Kings », dans Baruch Halpern et André Lemaire, The Books of Kings : Sources, Composition, Historiography and Reception, Leyde, Brill, , p. 123-153
  3. 2R 2
  4. Cogan 2011, p. 545
  5. 2R 8,16-24
  6. Cogan 2011, p. 547
  7. Cogan 2011, p. 546
  8. 2R 9-10
  9. Thomas Römer, La première histoire d'Israël : l'école deutéronomiste à l'œuvre, Labor et Fides, coll. « Le Monde de la Bible » (no 56), , 216 p. (ISBN 9782830912272, lire en ligne), p. 17
  10. 2R 10
  11. 2R 10,32-33
  12. 2R 13,1-9
  13. 2R 13
  14. 2R 14,1-22
  15. Cogan 2011, p. 548
  16. 2R 14,23-29
  17. 2R 15,8-21
  18. 2R 15,25-29
  19. 2R 16,3
  20. 2R 17
  21. Gérard Sindt, Le peuple de la Bible, Éditions de l'Atelier, , 183 p., p. 89
  22. Herzog et Gichon 2004, p. 137
  23. Herzog et Gichon 2004, p. 141-142
  24. Finkelstein 2013, p. 198
  25. Stéphane Encel, Les Hébreux, Armand Colin, , 416 p. (ISBN 9782200247294, lire en ligne)
  26. Gérard Degeorge, Damas : des origines aux Mamluks, L'Harmattan, coll. « Comprendre le Moyen-Orient », , 412 p. (ISBN 9782738452337, lire en ligne), p. 45
  27. Pierre Chavot, Les religions, Hachette, , 250 p. (ISBN 9782012301566, lire en ligne)
  28. Dany Nocquett, Le livret noir de Baal : la polémique contre le dieu Baal dans la Bible hébraïque et l'ancien Israël, Labor et Fides, coll. « Actes et recherches », , 401 p. (ISBN 9782830911046, lire en ligne), p. 272
  29. (en) Thomas Nelson, The Chronological Study Bible, Thomas Nelson Inc, , 1772 p. (ISBN 9780718020682, lire en ligne), p. 601
  30. (en) Joseph Robinson, The Second Book of Kings, Cambridge, Cambridge University Press, coll. « The Cambridge Bible Commentary », , 256 p. (ISBN 9780521097741), p. 1

Références bibliographiques

  1. p. 384
  2. p. 386
  1. p. 288
  2. p. 292-293

Bibliographie

  • (en) Mordechaï Cogan, « 1-2 Kings », dans The Oxford Encyclopedia of the Books of the Bible, Oxford University Press, , 1056 p. (ISBN 9780195377378, lire en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Chaim Herzog et Mordechai Gichon, Les guerres bibliques, Carnot, , 255 p. (ISBN 9782848550985, lire en ligne), p. 137Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Ernst Axel Knauf, « 1-2 Rois », dans Thomas Römer, Introduction à l'Ancien Testament, Labor et Fides, , 902 p. (ISBN 9782830913682, lire en ligne)
  • Thomas Römer, « La fin des livres de la Genèse et des Rois », dans Dieter Böhler, Innocent Himbaza, Philippe Hugo, L'Écrit et l'Esprit : études d'histoire du texte et de théologie biblique en hommage à Adrian Schenker, Saint Paul, (lire en ligne)
  • Israël Finkelstein, Le Royaume biblique oublié, Odile Jacob, , 288 p. (ISBN 9782738176752, lire en ligne)

Voir aussi

Liens externes

  • Texte intégral français-hébreu-anglais sur sefarim.fr du Livre des Rois 1 et des Rois 2, traduction du Rabbinat.
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Achaz

Achaz (hébreu אָחָז (ʼāḥāz) ; grec ancien Ἄχαζ (Akhaz); latin : Achaz ; une abréviation de Joachaz « Yahvé tient ») est un roi de Juda du VIIIe siècle av. J.-C. (environ 737 à 723 av. J.-C.). Fils et successeur de Jotham, il est l'un des rois mentionnés dans la généalogie de Jésus dans l'Évangile de Matthieu. Le seizième chapitre du deuxième livre des Rois et le vingt-huitième du deuxième livre des Chroniques lui sont consacrés. Il fut un contemporain des prophètes Michée et Isaïe (v. Livre d'Isaïe 14 : 28).

Athalie

Athalie (en hébreu עֲתַלְיָה (ʿAthalyāh), en grec Γοθολία (Gotholia), en latin Athalia) est un personnage des deuxième livre des Rois et deuxième livre des Chroniques, qui font partie de la Bible. Elle est selon les interprétations fille ou petite-fille d'Omri, roi d'Israël. Elle épouse Joram, roi de Juda, puis devient reine de Juda durant six ans, au milieu du IXe siècle av. J.-C.. La Bible la présente comme une usurpatrice idolâtre.

Bataille de Beth Horon

La bataille de Beth Horon est la deuxième grande confrontation militaire de la révolte des Maccabées. Elle se déroule entre les forces juives de Judas Maccabée et des forces séleucides commandées par Séron. Elle a lieu entre l'été 166 et avril 165 av. J.-C..

La bataille est décrite dans le premier livre des Maccabées. Le deuxième livre des Maccabées ne la mentionne que brièvement, préférant se concentrer sur la bataille d'Emmaüs, première grande victoire de Judas Maccabée. Le récit des Antiquités juives de Flavius Josèphe est quant à lui une paraphrase de la description du premier livre des Maccabées.

En fait de bataille, il s'agit d'une embuscade contre des troupes séleucides. Flavius Josèphe la présente comme l'attaque d'un camp, probablement à cause d'une mauvaise compréhension du texte grec de I Maccabées. Les troupes séleucides sont commandées par un certain Séron. Celui-ci est qualifié de « commandant de l'armée d'Aram », c'est-à-dire de la Syrie. Ce titre lui vient d'un parallèle avec Naaman, un général araméen cité dans le deuxième livre des Rois (5:1). Contrairement à ce que ce titre laisse penser et à l'interprétation de Flavius Josèphe, il ne s'agit ni d'un général en chef, ni d'un officier envoyé en Judée pour une mission précise. Son nom suggère une origine thrace. Il est probablement le commandant de la garnison d'une ville de la plaine, Gezer ou Yavné. L'objectif de Judas est d’empêcher l'ennemi de reprendre le contrôle des principales routes de communications et de venir renforcer la garnison de Jérusalem.

L'attaque surprise se déroule dans la passe de Beth Horon. Celle-ci relie la plaine côtière aux monts de Judée et au plateau au nord de Jérusalem. La passe est étroite et a un dénivelé de 225 m sur 2,8 km. En dépit de ses dangers, c'est la principale route d'accès au nord de Jérusalem pendant la période du Second Temple.

Les effectifs des deux camps ne sont pas connus. Le nombre de morts dans le camp séleucide, qui s'élèverait à 800, est douteux. Pour des raisons tactiques, Judas choisit certainement de ne faire intervenir qu'un nombre réduit de combattants juifs. Cette faiblesse numérique est pourtant interprétée par I Maccabées comme un désavantage pour les Juifs. Les troupes séleucides sont battues. Flavius Josèphe fait état de la mort de Séron, mais il s'agit à nouveau d'une interprétation erronée de l'historien du texte de I Maccabées duquel il dépend.

Joiaqim

Joachim ouJoiaqim, de l'hébreu יהויקים (Yehôyaqîm), est un roi de Juda. Son nom signifie « YHWH a élevé, a mis debout ». Il est le fils de Josias. Selon le Deuxième Livre des Rois, avant son accession au trône, il portait le nom d'Elyaqîm.

Josias

Josias (hébreu : יֹאשִׁיָּהוּ, Yishayahou), fils et successeur d'Amon, est selon la Bible le 16e roi de Juda de -639 à -609, année où il est vaincu et mortellement blessé à la bataille de Megiddo par le pharaon Néchao II. Il est le père de trois rois qui lui succédèrent sur le trône de Juda : Joachaz, Joaqim et Sédécias. Il est contemporain des prophètes Jérémie et Sophonie, et est considéré comme un « nouveau » David.

Jéhu

Jehu (hébreu : יהוא), fils de Jehoshaphat, et petit-fils de Nimshi (en), est le dixième roi d'Israël, de -841 à -814.

La Défaite de Sennacherib

La Défaite de Sennacherib est un tableau de Pierre Paul Rubens sur panneau de chêne détenu par l'Alte Pinakothek de Munich. Il illustre une scène du deuxième livre des Rois, qui fait partie de l'Ancien Testament : la défaite de l'armée de Sennacherib vaincue par un ange. Il s'agit du pendant de La Conversion de saint Paul (en) détenue par l'Institut Courtauld à Londres.

Le tableau a été reproduit en gravure par Pieter Claesz Soutman, Ferdinand Piloti et Jacques Gamelin.

Livres des Rois (Bible)

Les Livres des Rois sont deux livres bibliques qui font partie du canon reconnu par les Juifs et toutes les Églises chrétiennes. Dans la Bible juive ils font partie du groupe des prophètes antérieurs qui comprend les livres de Josué, Juges, Samuel et Rois. Dans la Bible catholique les livres des Rois font partie des textes historiques. À l'origine, ils ne formaient qu'un seul livre qui dans la Septante étaient nommés Règnes 3 et 4 et faisaient suite aux Livres de Samuel nommés Règnes 1 et 2. Excepté chez les orthodoxes qui suivent la Septante, ils sont maintenant divisés en Premier livre des Rois (1R) et Deuxième livre des Rois (2R). Ils viennent après les Livres de Samuel et racontent l'histoire d'Israël de la fin du règne de David à la chute du royaume d'Israël et celui de Juda en 586 av. J.-C.. Longtemps considérés comme écrits par le prophète Jérémie, ils sont maintenant le plus souvent considérés comme ayant été écrits par des rédacteurs de l'histoire deutéronomiste après la chute de Jérusalem en -586. Le livre est d'une structure complexe et reprend des thèmes, des formules, des constructions de récit d'une partie à l'autre. Cette écriture a plusieurs fins qui sont d'expliquer pourquoi YHWH a abandonné son peuple malgré ses promesses, de montrer qu'il faut adorer seulement YHWH et que le seul temple accepté par lui est à Jérusalem.

Manassé (Juda)

Manassé (hébreu : מנשה), fils d'Ézéchias, a été roi de Juda durant 55 ans, dans la première moitié du VIIe siècle av. J.-C. ([-697?]-687,-642).

Il réorganise le royaume de Juda après les destructions infligées au royaume pendant la campagne de Sennachérib et la perte des possessions judéennes dans la Shéfélah. Il restaure un état prospère qui se développe en direction du nord du Néguev et de la mer Morte. Il est mentionné dans les annales d'Assarhaddon (Prisme B).

Merodach-Baladan II

Merodach-Baladan II, en akkadien babylonien Marduk-apla-iddina II, « Marduk a donné un héritier », fut roi de Babylone à deux reprises de 721 à 710 av. J.C., puis en 703, durant 9 mois. Il se voulait descendant du roi de Babylone Eriba-Marduk. Merodach-Baladan II était également le chef de la principauté chaldéenne du Bît-Yakîn.

Babylone appartient à cette époque au puissant empire assyrien de Salmanazar V. À sa mort son frère et successeur Sargon II prend la tête de l'Empire. Merodach-Baladan II profite de la passation de pouvoirs et de l'occupation du nouveau roi à consolider son pouvoir en Assyrie, pour accéder au trône de Babylone. Protégé par le royaume d'Élam, il s'y maintient 12 années, jusqu'à la venue de Sargon II en 710 av. J.-C. Il prend alors la fuite vers l'Élam.

Sargon II meurt en 705 av. J.-C. Deux ans après, Merodach revient à Babylone sous la régence d'un noble: Marduk-zakir-shumi II. Il reprend le trône (en 703). Sennacherib fils de Sargon II et roi de l'empire assyrien va rétablir la situation (toujours vers 703) en nommant Bel-ibni vice roi de Babylone. Défait vers Kish il va une nouvelle fois s'enfuir dans le sud et pousser la région à la révolte. Bel-Ibni s'allie à la révolte en 700 av. J.-C.. Cette coalition est défaite et Merodach-Baladan II va s'enfuir une dernière fois en Élam. Il ne fit plus parler de lui par la suite.

Dans le deuxième livre des Rois, qui fait partie de la Bible, il envoie des ambassadeurs à Ézéchias, roi de Juda, qui sont très bien accueillis. Son but est alors probablement de faire alliance avec Ézéchias contre l'Assyrie.

Mitzpah en Benjamin

Mitzpah en Benjamin (en hébreu : מצפה, rendu en grec par Μασσηϕα (Masepha)) est une ville de l'Israël antique appartenant à la tribu de Benjamin. Elle est située dans les monts de Benjamin à quelques kilomètres au nord de Jérusalem.

Mitzpah sert de siège au gouvernement de la Judée après le siège et la destruction de Jérusalem par les Babyloniens au début du VIe siècle av. J.-C.. C'est là que réside Guedalia ben Ahikam. Il est probablement le dernier roi de Juda, bien que ce titre ne lui soit jamais donné dans le Deuxième livre des Rois. Ne faisant pas partie de la lignée du roi David, il ne pouvait être qu'illégitime pour le rédacteur de l'histoire deutéronomiste.

Au cours de la révolte des Maccabées, Mitzpa se substitue à Jérusalem dont le Temple a été profané. Les troupes de Judas Maccabée s'y rassemblent à la veille de la bataille d'Emmaüs.

Mitzpah en Benjamin est aujourd'hui identifiée soit au site de la tombe de Samuel, soit à Tell en-Nasbeh.

Naaman

Naaman (hébreu : נַעֲמָן - «agréable»), lieutenant de Ben-Hadad II, roi d'Aram, fut guéri de la lèpre après s’être baigné sept fois dans le Jourdain sur le conseil du prophète Élisée. On peut lire son histoire dans la Bible, Deuxième Livre des Rois, chapitre 5, dans l'Ancien Testament (Tanakh).

Nékao II

Nékao II (ou Néchao II, ou Ouhemibrê-Nékaou II), est un pharaon de la XXVIe dynastie, régnant de -610 à -595. Il est le fils de Psammétique Ier et de la reine Méhetenousékhet. Selon Kim Ryholt, il pourrait s'agir du pharaon autrement connu des sources grecques sous le nom de Néchepso.

Premier Livre des Rois

Le Premier Livre des Rois est un livre de l'Ancien Testament classé parmi les livres des Prophètes dans le judaïsme et le christianisme. Avec le Deuxième Livre des Rois il constituait à l'origine un ensemble, le Livre des Rois qui a été divisé à l'époque de la Septante.

Les deux livres des Rois racontent l'histoire d'Israël depuis la rébellion d'Adonias (Adonija), quatrième fils du roi David (vers 1015 av. J.-C.) jusqu'à la captivité finale de Juda (vers 586 av. J.-C.). Ils contiennent toute l'histoire du royaume du nord (les dix tribus d'Israël) depuis la séparation d'Israël en deux royaumes jusqu'à sa déportation par les Assyriens dans les régions du nord.

Salmanazar V

Salmanasar V ou Salmanazar (Akkadien: Šulmanu-ašarid), est un roi d'Assyrie, de 727 à 722 av. J.-C. Il est aussi roi de Babylone sous le nom d'Ulûlaiu (ou Ouloulaï ou Ululayu). Il est fils de Teglath-Phalasar III.

On sait peu de chose de ce roi qui régna peu de temps. Il est gouverneur de Phénicie à Zimirra, lorsqu'il rentre en Assyrie pour monter sur le trône (le 25 du mois de Tebet). Dès sa prise de pouvoir, Tyr se révolte. Il annexe le royaume d'Israël en -722 et assiège trois ans son roi Osée (732-724) dans sa capitale Samarie. Celui-ci ne payait plus le tribut et essayait alors d'obtenir l'appui de l'Égypte (Pharaon Osorkon IV) pour retrouver l'indépendance. Samarie ne se rendra qu'au successeur de Salmanasar V, Sargon II. Selon la tradition, 27 290 personnes ont ensuite été déportées dans plusieurs villes d’Assyrie. À cette occasion, bon nombre de colons babyloniens et araméens s’établissent en Samarie.

Il annexe aussi les principautés néo-Hittites de l'Euphrate, jusqu’au Halys. On ne sait pas comment est mort Salmanasar V (le 12e jour de Tebet), ni comment Sargon II prend le pouvoir. Certains spécialistes avancent l'hypothèse d'un coup de force et d'un attentat.

À la fin de son règne, les habitants des royaumes du sud de la Mésopotamie ne veulent plus de la domination assyrienne, le chaldéen Marduk-Apal-Idin II (722-710), protégé par le roi d’Élam Shutruk-Nahhunté II (717-699), usurpe le trône de Babylone. En -710, Sargon II récupérera ce trône.

Salmanasar V épouse Yaba. Il est le dernier souverain de la VIe dynastie. La Bible lui attribue la déportation des « Dix tribus perdues » d'Israël : dans les chapitres 17 et 18 du deuxième livre des Rois, il est décrit comme le vainqueur de la Samarie, dont il déporte les habitants. Il est également mentionné dans le livre de Tobit.

Taharqa

Taharqa est un roi de Napata et un pharaon de -690 à -664, il est le fils de Piânkhy et d'Abar et le frère et successeur de Chabataka. Son nom d'Horus est Oaikhaou, son nom de roi Nefertemkhourê (Nefertoum protège Rê) et son nom de naissance Taharka ou Taherouk. Il est généralement représenté avec la calotte propre aux rois koushites, sur laquelle se dressent les deux uræus, insignes de la double royauté de la Nubie et de l'Égypte antique.

Il est cité dans la Bible (Ancien Testament chrétien, Deuxième Livre des Rois, XIX, 9, et "dès "2R, XVIII, 21 sqq, sous la forme "Taharqa" ou "Tirhaqa"), donc du point de vue des Hébreux (et annoté comme tel, de sa XXVe dynastie ou même « XXVe dynastie éthiopienne », en commentaire de bas de page, dans la Bible de Jérusalem parue aux Éditions Desclée de Brouwer avant 1985).

Tribu de Nephthali

La tribu de Nephthali est une des douze tribus d'Israël. Cette tribu descend de Nephtali, fils de Jacob et de sa troisième épouse Bilha, servante de Rachel, nièce de Deborah, la nourrice de Rébecca. Elle occupe un territoire en Galilée, le long du cours supérieur du Jourdain et du lac de Tibériade.

Elle fait partie du royaume d'Israël. Dans le deuxième livre des Rois, sous le règne de Peqah, vers -734, sa population est déportée en Assyrie par le roi d'Assyrie Teglath-Phalasar III. Elle est l'une des dix tribus perdues.

Tobit, le héros du livre de Tobit, est membre de cette tribu.

Ahira fils d'Enan est le prince des nephtalites.

Élisée

Élisée (hébreu : אלישע ; arabe : اليسع) est un prophète de l'Ancien Testament dont l'activité est décrite dans le deuxième livre des Rois. Son nom vient de l'hébreu El Yasa que l'on peut traduire par Dieu a aidé. À une époque troublée où les rois d'Israël successeurs de Salomon s'adonnaient à l'idolâtrie et à la débauche, Élie et Élisée ne cessaient de rappeler à ces derniers qu'ils devaient se détourner des divinités étrangères, Baal et Astarté, et retourner au culte du seul vrai Dieu.

Il est fêté le 14 juin,.

Éqron

Éqron ((he) עקרון) est une des 5 cités philistines mentionné dans le Tanakh. Elle est identifiée au site archéologique de Tel Miqneh en Israël, à proximité du kibboutz Revadim.

Dans le deuxième livre des Rois, le dieu adoré à Éqron est Baal-Zeboub ou Baal-Zeboul ( Belzébuth ). C'est habituellement un dieu médecin associé aux épidémies, quoique le roi Ahazia le consulte pour une blessure.

Livres historiques de l'Ancien Testament (dans l'ordre des Septante)
"Prophètes (Nevi'im) Antérieurs" en violet, "Autres écrits (Ketouvim)" en vert, "Livres deutérocanoniques" en orange
Livres des Nevi'im (Prophètes)
Premiers prophètes
Derniers prophètes ou
Prophètes seconds
Livres de l’Ancien Testament
Tanakh
(Bible hébraïque commune aux canons juif et chrétiens)
Livres deutérocanoniques
(canon des Églises catholique et orthodoxe)
Canon orthodoxe grec et slavon
Canon orthodoxe géorgien
Canon orthodoxe éthiopien restreint
Peshitta syriaque

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