David Ricardo

David Ricardo, né le à Londres et mort le à Gatcombe Park, est un économiste et philosophe britannique, également agent de change et député. Il est considéré comme l'un des économistes libéraux les plus influents de l'école classique aux côtés d'Adam Smith et de Thomas Malthus.

Biographie

Jeunesse

David Ricardo est le troisième des dix-sept enfants d'une famille bourgeoise de financiers juifs (d'origine portugaise), ayant émigré des Pays-Bas vers l'Angleterre juste avant sa naissance.

À quatorze ans, David Ricardo rejoint son père à la Bourse de Londres, où il commence à apprendre le fonctionnement de la finance.

Ricardo rejette le judaïsme orthodoxe de sa famille et s'enfuit à l'âge de 21 ans avec une quaker, Priscilla Anne Wilkinson, qu'il vient d'épouser.

Sa mère, en représailles, ne lui parlera plus jamais. À cette époque, Ricardo devient également un unitarien.

Financier : praticien et théoricien

La rupture avec sa famille le contraint à se mettre à son compte en devenant agent de change. Ses premiers écrits, sur les problèmes monétaires des guerres napoléoniennes, paraissent sous forme de trois articles publiés dans le Morning Chronicle entre 1809 et 1810. Il publie un an plus tard Essai sur le haut prix du lingot : preuve de la dépréciation des billets de banque (1811), où il développe une thèse quantitativiste où l'excès d'émission de billets a contribué à déprécier la devise anglaise lors des guerres napoléoniennes. Ce livre influencera la rédaction du « Bullion Report » par la commission du même nom de la Chambre des communes.

Le député

Les débats engendrés par la publication de ses ouvrages monétaires amènent Ricardo à développer ses connaissances en économie.

En 1799, lors de vacances particulièrement ennuyeuses passées dans le lieu de villégiature anglais de Bath, il s'intéresse à l'économie en lisant Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776) d'Adam Smith.

Son travail d'agent de change le rend suffisamment riche pour prendre sa retraite en 1814, à l'âge de 42 ans. Il déménage à Gatcombe Park et partage son temps entre la politique et l'économie.

Entré au parlement britannique en 1819, après avoir acheté un siège de pair représentant de Portarlington, une pairie d'Irlande, il siège jusqu'en 1823, l'année de sa mort.

En tant que député, Ricardo défend le libre-échange et l'abrogation des Corn Laws (lois sur le blé), votées en 1815.

L'économiste

Ricardo est un autodidacte de la pensée économique. Il correspond en abondance avec Jeremy Bentham, Thomas Malthus et Jean-Baptiste Say, sur des sujets tels que le rôle des propriétaires terriens dans la société. Il fréquente aussi les milieux intellectuels londoniens, et devient membre du Club d'économie politique de Malthus (Malthus' Political Economy Club) et du Roi des clubs (King of Clubs).

En 1815, Ricardo publie Essai sur l'influence des bas prix du blé sur les profits du capital (1815).

En 1817, est publiée son œuvre maîtresse, Des principes de l'économie politique et de l'impôt (1817) qu'il modifiera le restant de sa vie. La deuxième édition sort en 1819 et la troisième en 1821.

En 1820[1], David Ricardo écrit à Malthus quelques années avant sa mort :

« L'économie politique est selon vous une enquête sur la nature et les causes de la richesse. J'estime au contraire qu'elle doit être définie : une enquête sur la distribution... De jour en jour, je suis plus convaincu que la première étude est vaine et décevante et que la seconde constitue l'objet propre de la science. »

Il meurt d'une otite en 1823 à Gatcombe Park à l'âge de 51 ans, un an après avoir fait un grand tour d'Europe.

À son décès, sa fortune s’élevait à environ 725 000 £, une importante somme pour l'époque[2].

Cadre analytique et grands traits de l'analyse ricardienne

Ricardo - Opere, 1852 - 5181784
Works, 1852.

Cadre analytique et « vice ricardien »

Joseph Schumpeter[3] note que Ricardo, James Mill et Senior « ne se sont pas souciés de spécifier les détails du cadre institutionnel qu'ils avaient présent à l'esprit, mais ont considéré qu'il allait de soi ». En fait si chez lui, comme chez les classiques, il y a l'idée d'une certaine contingence des institutions, l'idée que « l'orde capitaliste n'est qu'une phase historique, destinée à évoluer par la vertu de sa logique inhérente vers quelque chose d'autre » , leur est étrangère et « n'appartient qu'à Marx »[4]. Ricardo distingue trois classes : les propriétaires terriens qui perçoivent des rentes, les capitalistes qui perçoivent des profits et les travailleurs qui perçoivent des salaires.

Ricardo, au point de vue analytique, a tendance à raisonner à partir de cas-limites à partir d'hypothèses spécifiques en poussant le raisonnement jusqu'au bout. Le problème c'est qu'ensuite il a tendance à appliquer ses conclusions à l'ensemble du domaine économique en oubliant les hypothèses qui limitent la validité de ses conclusions. C'est ce que Joseph Schumpeter appelle le « vice ricardien »[5].

Théorie de la valeur

Ricardo, à la suite d'Adam Smith, distingue la valeur d'usage (c'est-à-dire l'utilité) et la valeur d'échange[6]. Si la valeur d'usage est nécessaire pour qu'il y ait échange, ce n'est pas elle qui fonde la valeur d'échange comme le montre le paradoxe de l'eau et du diamant : l'eau a une forte utilité mais une valeur d'échange (prix) très basse ; au contraire le diamant a une utilité faible mais une valeur d'échange forte. Ricardo distingue également entre les biens non reproductibles comme l'eau et le diamant et les biens reproductibles c'est-à-dire que l'on peut manufacturer. C'est sur ces biens qu'il centre son attention. Ici, Ricardo va s'éloigner de Smith. En effet, pour Smith, la valeur d'une marchandise se mesurait par la quantité de travail qu'elle pouvait commander (par exemple, pour lui, le temps mis à tuer des castors pouvait commander leur valeur d'achat). Au contraire, ce qui va intéresser Ricardo, c'est la théorie de la valeur-travail incorporée dans la marchandise[6]. Ricardo quand il introduit le capital s'en tient principalement au capital circulant et plus précisément aux fonds des salaires, c'est-à-dire aux salaires qu'il faut avancer pour produire une marchandise[7]. Cela conduit Ricardo qui comme les économistes de son temps suppose que l'essentiel des dépenses des ménages est consacré à l'achat de nourriture « à raisonner sur des modèles où le blé tenait lieu à la fois de capital (circulant) et de biens de consommation. »[8].

La théorie de la rente de la terre

Le contexte

Durant la guerre contre la France et Napoléon, suite au Blocus continental, le prix du blé a fortement augmenté en Angleterre. Il valait 152 shillings en 1812. La paix revenue il diminue fortement. Aussi en 1815, le Parlement adopte une loi sur les blés Corn laws qui interdit l'importation du blé chaque fois que le prix descend en dessous de 80 shillings. Ricardo, Sir Edward West , le colonel Torrens et Malthus écrivent chacun un ouvrage sur ce sujet. La loi ne sera abrogée qu'en 1846 en grande partie grâce aux écrits de Ricardo. Pour comprendre le problème de la rente et la pensée économique de Ricardo, il faut se souvenir que les débats parlementaires avaient mis en vedette deux questions : « la loi des rendements décroissants et la détermination de la rente. »[9]

La théorie de la rente

Pour Ricardo, « la rente a un caractère non pas absolu, lié au monopole de la terre, mais différentiel, lié à la fertilité inégale des terres »[9]. La rente est différentielle c'est-à-dire qu'elle vient d'une inégale fertilité des terres. Son idée est la suivante : la hausse de la population exige de mettre en valeur des terres moins fertiles qui pour un même travail produisent moins à l'hectare. Pour que les terres moins fertiles soient exploitées, il faut payer un prix qui couvre au moins les frais de production. Il en résulte que le prix du blé va augmenter et que les propriétaires qui exploitent les terres les plus fertiles percevront une rente qui couvre la différence de prix de production entre le blé produit sur leur terre et les terres moins fertiles. Il en résulte : « que le taux de rente varie selon la terre, que la terre la moins fertile ne paie pas de rente, que le prix de la marchandise, déterminé sur cette terre, ne comprend pas la rente »[10]

La rente de la terre et le prix du blé

Chez Ricardo, la rente est la conséquence d'un prix élevé lui-même conséquence de la nécessité suite à la pression démographique de mettre en culture des terres moins fertiles[11].

« La valeur du blé est déterminée par la quantité de travail consacrée à sa production sur la terre - ou sur la part de capital - qui ne paie pas de rente. Ce n'est pas parce que l'on paie une rente que le blé est cher, c'est au contraire parce que le blé est cher que l'on paie une rente[12]. »

Le théoricien de l'étalon-or

Dans le Bullion Report remis à la Chambre des communes en 1810, Ricardo dénonce l'émission excessive des billets de banque, source selon lui de l'inflation.

Il préconise que l'émission de monnaie soit limitée par le stock d'or, afin d'en garantir la valeur.

Représentation graphique de la distribution des revenus

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La répartition des revenus entre les propriétaires fonciers, les capitalistes et les travailleurs dépend de la fertilité des terres agricoles, des capitaux disponibles (fonds de salaire) et du nombre de travailleurs[13]. Les premiers reçoivent la rente, les deuxièmes le profit et les travailleurs le salaire.

On peut représenter graphiquement la répartition des revenus en utilisant les courbes de rendement moyen et de rendement marginal des terres agricoles[14]. Le fonds de salaire sert à payer les travailleurs. Le taux de salaire dépend du nombre de travailleurs. La rente est donnée par la différence entre le rendement moyen et le rendement marginal. Le profit est ce qui reste après avoir rémunéré les propriétaires fonciers et les travailleurs. À court terme on aura alors le nombre de travailleurs et le salaire .

Le profit augmente le fonds de salaire pour l'année suivante. D'autre part, si les travailleurs reçoivent un salaire supérieur au salaire de subsistance, la population augmente (loi de Malthus). À long terme, on aura un état stationnaire avec un salaire égal au salaire de subsistance () et un profit nul.

Ricardo et le commerce international

Théorie de l'avantage comparatif

David Ricardo a montré que tous les pays, même les moins compétitifs, trouvent dans certaines conditions théoriques (concurrence parfaite, sans pressions politiques donc), un intérêt à rentrer dans le jeu du commerce international en se spécialisant dans la production où ils détiennent l'avantage relatif le plus important ou le désavantage relatif le moins lourd de conséquences.

Dans le chapitre VII des Principes de l'économie politique et de l'impôt, Ricardo développe l'exemple des échanges de vin et de drap entre l'Angleterre et le Portugal. Avec un nombre d'heures de travail donné, le Portugal produit 20 mètres de drap ou 300 litres de vin tandis que l'Angleterre produit 10 mètres de drap ou 100 litres de vin. L'Angleterre est donc désavantagée dans les deux productions. Ricardo montre pourtant que l'Angleterre a intérêt à se spécialiser dans la production de drap, où elle possède un avantage relatif, car avec 10 mètres de drap, elle obtiendra 150 litres de vin portugais (contre 100 chez elle). À l'inverse, le Portugal devra se spécialiser dans la production vinicole puisque l'échange avec l'Angleterre de 300 litres de vin portugais lui permettra d'obtenir 30 mètres de drap anglais au lieu de 20 mètres de drap portugais. L'Angleterre a un avantage comparatif dans la production de drap alors que le Portugal possède un avantage absolu.

L'analyse de Ricardo montre ainsi que la spécialisation fondée sur les avantages comparatifs permet une augmentation simultanée de la production de vin et de drap. Dans son modèle, il existe toujours une combinaison de prix telle que le libre-échange soit profitable à chaque pays, y compris le moins productif ; il s'agit d'un jeu à somme positive.

Pour arriver à cette conclusion David Ricardo émet quatre hypothèses : la valeur du travail est égale au prix multiplié par la quantité de travail ; la concurrence doit être parfaite ; il doit y avoir immobilité des facteurs de production au niveau international (seules les marchandises circulent) et enfin la productivité doit être constante.

Dans la réalité, ces conditions théoriques ne sont jamais remplies, et l'application pratique de la théorie de l'avantage comparatif pose un certain nombre de problèmes qu'il convient d'examiner.

En effet un pays qui se spécialise sur une production devient dépendant, pour les autres productions, du marché international. Cela implique qu'il peut subir des pressions politiques. La réciproque est cependant tout aussi vraie : il peut aussi, à son tour, faire subir aux autres pays qui dépendent de lui des pressions politiques. On peut ainsi dire que cela entraîne, dans l'ensemble, une dépendance accrue des pays engagés dans l'échange les uns par rapport aux autres, ce qui peut avoir comme conséquence un intérêt commun au maintien de la paix. En effet, la guerre venant interrompre les échanges, tous les participants y ont quelque chose à perdre. Nous ne manquerons pas de souligner que c'est l'idée même qui sous-tend la création de la CECA - CEE - Union européenne.

Un exemple de conséquence : la spécialisation d'un pays pauvre dans une culture destinée à l'export peut momentanément entraîner la baisse de disponibilité sur place des denrées alimentaires de base dans ce pays. Il s'ensuit une hausse des prix locaux de ces denrées alimentaires de base, et des risques de famine. Sur le long terme cependant, si des conditions de gouvernance interne sont remplies (diminution de la corruption), la position du pays en question comme source d'exportation d'une denrée alimentaire donnée tend à créer des débouchés pour les producteurs et stimule en conséquence l'appareil productif le rendant ainsi plus robuste.

Il y a également des exemples qui montrent les avantages de la spécialisation : la spécialisation de la Chine dans la production de terres rares lui a conféré un pouvoir de pression sur tous les pays consommateurs de ces matériaux.

Une analyse équilibrée tend à montrer que, bien que la spécialisation comporte des risques, lorsqu'elle n'est pas poussée à outrance et que les risques sont pris en compte en amont de manière adéquate, le contexte réel des échanges entre pays peut s'approcher du contexte théorique idéal et ainsi créer les conditions d'un jeu à somme positive.

L'équivalence ricardienne

L’« équivalence ricardienne » ou la « neutralité ricardienne » est une théorie économique également appelée « effet Ricardo-Barro » ou « théorème d'équivalence de Ricardo-Barro », énoncé en premier lieu par David Ricardo, économiste classique du XIXe siècle, puis repris par Robert Barro en 1974.

Selon ce théorème, il y aurait, sous certaines conditions, équivalence entre l'augmentation de la dette publique aujourd'hui et l'augmentation des impôts requise demain par le remboursement de cette dette et le paiement des intérêts. Si les agents économiques se comportent de manière rationnelle, une politique de relance (distributions de revenus financée par la dette publique) ne les poussera pas à consommer, mais plutôt à économiser (augmentation des taux d'épargne), en prévision de hausses d’impôts futures.

La validité de l'« équivalence ricardienne » a longtemps été – et est encore – discutée. Le théorème n'a été énoncé que dans des situations très précises, limitées par des hypothèses nombreuses.

Une étude de la DGTPE suggère que les ménages, de la zone euro et en France, pouvaient suivre un comportement ricardien : « une hausse de 1 point de PIB du déficit public structurel serait compensée par une augmentation de 3/4 de point de PIB de l'épargne privée, ce qui serait cohérent avec un comportement largement ricardien des ménages de la zone euro » (les auteurs de cette étude notent qu’il convient de ne pas « interpréter trop hâtivement comme une causalité ce type de corrélation »).

Christian Bialès, dans son blog, parle de contestation des hypothèses de l'équivalence ricardienne alors que ses développements devraient aussi conduire à la contestation du principe lui-même : en effet, une augmentation de la dette publique n'induit en rien une augmentation future des impôts. Les pouvoirs publics peuvent choisir de réduire les dépenses, d'emprunter ou d'augmenter les impôts voire une combinaison des trois.

Œuvres

  • Le cours élevé du lingot, preuve de la dépréciation des billets de la banque (1810)
  • Réponse aux observations pratiques de M. Bosanquet sur le « Rapport du Bullion Comittee » (1811)
  • Essai sur le haut prix des lingots (The High Price of Bullion, A Proof of the Depreciation of Bank Notes, 1811)
  • Essai sur l'influence des bas prix du blé sur les profits du capital (An Essay on the Influence of a Low Price of Corn on the Profits of Stock, 1815)[15]
  • Des principes de l'économie politique et de l'impôt (On the Principles of Political Economy and Taxation, 1817)[16]
  • Le système de consolidation, Encyclopædia Britannica (1820)
  • De la protection de l'Agriculture (On Protection in Agriculture, 1822)
  • Plan pour l'établissement d'une Banque Nationale (1824)

Bibliographie

  • (de) Alfred Amonn, Ricardo als Begründer der theoretischen Nationalökonomie, 1924
  • Ghislain Deleplace, Histoire de la pensée économique, Dunod, , 539 p..
  • Claude Jessua, Histoire de la théorie économique, puf, , 584 p.
  • Joseph A. Schumpeter, Histoire de l'analyse économique II : L'âge classique, Gallimard, coll. « tel », , 709 p.
  • David Ricardo, Des principes de l'économie politique et de l'impôtI, GF-Flammarion, , 508 p.

Autres livres

  • (fr) Éric Pichet, David Ricardo, le premier théoricien de l'économie, Les éditions du siècle, 2004

Notes et références

  1. Lettre à Malthus du 9 octobre 1920, citée par A. Piettre, Fondements, moyens et Organes de la répartition du revenu national, in Annales des 35e Semaines sociales, Dijon, 1932, Éditions de la Chronique sociale (1952)
  2. (en) E. Ray Canterbery, A Brief History of Economics, World Scientific Publishing, , 481 p. (ISBN 981-02-3848-7), « The Distribution of Income : Ricardo vs Malthus », p. 80
  3. Schumpeter 2004, p. 227.
  4. Schumpeter 2004, p. 228.
  5. Jessua 1991, p. 180.
  6. Jessua 1991, p. 181.
  7. Jessua 1991, p. 182.
  8. Jessua 1991, p. 183.
  9. Jessua 1991, p. 187.
  10. Deleplace 2009, p. 81.
  11. Deleplace 2009, p. 81-82.
  12. Ricardo 1993, p. 96.
  13. David Ricardo, On the Principles of Political Economy and Taxation, London, 1817, Préface
  14. Nicholas Kaldor, « Alternative Theories of Distribution », Review of Economic Studies, 1955-1956, p. 83-100
  15. Fac-simile en ligne, Gallica
  16. Lire le texte transcrit sur Wikisource

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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Accumulation du capital

L’accumulation du capital est un phénomène économique qui revêt deux aspects principaux :

au niveau macroéconomique, l'accumulation du capital, comme facteur de production, et qui permet d’augmenter la production totale de l’économie ;au niveau individuel (ou de la « classe possédante » selon la terminologie marxiste), l’épargne accumulée par quelques-uns sur l'ensemble des biens d’un pays.Ce concept est issu de l'économie politique classique chez Adam Smith et David Ricardo.

Accumulation primitive du capital

L’accumulation primitive du capital est un principe économique développé par Karl Marx dans les chapitres 26 à 33 de son ouvrage de référence Le Capital, pour expliquer la révolution industrielle du XIXe siècle. D’autres économistes s’en sont emparés, pour l’affiner, ou la contester, en particulier grâce aux statistiques et recherches historiques amassées depuis la mort de Marx.

Pour les marxistes, cette approche est le cœur du matérialisme dialectique, qui analyse l’histoire pour tenter de comprendre l’économie. Les détracteurs y voient au contraire un biais induit par le désir de valider des thèses économiques et sociales. De fait, la thèse de Marx a conservé une forte influence sur les grilles de lecture de la révolution industrielle, bien au-delà des cercles marxistes.

Avantage absolu

La théorie des avantages absolus est une notion économique désignant :

pour une personne, l'avantage qu'elle détient sur une autre lorsque, avec la même quantité de facteurs de production, sa production est supérieure ;

pour un pays, l'avantage qu'il détient sur un autre lorsque, pour un bien, sa production par unité de facteur est supérieure aux autres pays.Adam Smith a introduit la théorie de l'avantage absolu pour décrire des situations où un pays a intérêt à produire davantage qu'il ne consomme, afin d'exporter le surplus et d'importer des biens que d'autres pays produisent mieux que lui. Il part d'abord du cas d'un père de famille, car la « maxime de tout chef de famille

prudent est de ne jamais essayer de faire chez soi la chose qui lui coûtera moins à acheter qu'à faire ». Il généralise cette approche à l'échelle du pays puisque ce « qui est prudence dans la conduite de chaque famille en particulier, ne peut guère être folie dans celle d'un grand empire ».

Ceci autorise l'élargissement des marchés, la baisse des prix (et donc l'accroissement de l'épargne), ainsi que l'accentuation de la division du travail.

Les courants commerciaux trouvent leurs origines dans les différences de coûts de production pour chaque partenaire à l'échange.

Un pays exporte les biens qu'il produit à un coût inférieur vers un autre pays du monde. En revanche il s'engage à importer les biens qu'il produit à un coût supérieur.

Comme le souligne Adam Smith : « Si un pays étranger peut nous fournir une marchandise à un meilleur marché que nous sommes en état de l'établir nous-même, il vaut mieux que nous lui achetions avec quelque partie de notre industrie, employée dans le genre dans lequel nous avons quelques avantages. »

Cependant, en appliquant ce raisonnement à un cas limité (mais relativement fréquent), on aboutit à une conclusion surprenante : si un pays peut produire à un moindre coût et sans limitation de volume tous les biens dont a besoin un autre pays, celui-ci aurait tout intérêt à tout lui acheter et n'aurait rien à lui vendre en contrepartie. Une telle situation est inconcevable : l'ouverture à l'échange conduit à l'impossibilité de l'échange.

David Ricardo va trouver une solution à cette impasse. En limitant le monde à deux pays, la Grande-Bretagne et le Portugal. Les deux pays peuvent produire du drap et du vin. Supposons que la Grande-Bretagne est capable de produire 100 mètres de drap en une heure de travail et 100 litres de vin également en une heure. En revanche, le Portugal peut produire 90 mètres de drap en une heure de travail et 120 litres de vin dans ce même temps.

La Grande-Bretagne possède alors un avantage absolu pour le drap, et le Portugal possède un avantage absolu pour le vin. D'après la théorie de l'avantage absolu, il est bénéfique pour les deux pays de commercer, la Grande-Bretagne vendant son drap contre le vin portugais.

Cet exemple suppose évidemment que les coûts de transport sont inexistants, et que les produits soient homogènes, il ne s'agit pas ici de fournir un exemple réaliste, mais au contraire de minimiser le nombre de variables de manière à rendre le principe plus facile à comprendre.

Supposons maintenant que le Portugal puisse produire 110 mètres de drap en une heure de travail, les autres chiffres étant inchangés. Le Portugal possède alors un avantage absolu pour le drap comme pour le vin : sa productivité est supérieure à celle de la Grande-Bretagne dans les deux cas. Pour Adam Smith, les deux pays n'ont pas intérêt à commercer car ils n'ont pas d'avantages absolus différents. C'est David Ricardo qui introduit le principe d'avantage comparatif, qui explique comment les pays peuvent malgré tout commercer dans cette situation.

Avantage comparatif

En économie, l'avantage comparatif est le concept principal de la théorie traditionnelle du commerce international. Il a été approché par Robert Torrens en 1815, et démontré pour la première fois par l’économiste britannique David Ricardo en 1817 dans ses Principes de l’économie politique et de l’impôt. La théorie associée à l’avantage comparatif explique que, dans un contexte de libre-échange, chaque pays, s’il se spécialise dans la production pour laquelle il dispose de la productivité la plus forte ou la moins faible, comparativement à ses partenaires, accroîtra sa richesse nationale. Cette production est celle pour laquelle il détient un « avantage comparatif ». Selon Paul Samuelson (prix Nobel d'économie en 1970), il s'agit du meilleur exemple d'un principe économique indéniable mais contraire à l'intuition de personnes intelligentes.

La conclusion principale de cette théorie est, que pour un pays, l’ouverture au commerce international est toujours avantageuse, indépendamment de la compétitivité nationale ; ceci, par principe dans une situation de compétition idéale. Il s’agit d'un argument décisif des théoriciens du libre-échange contre ceux qui prônent le protectionnisme par peur de ne pas trouver de débouchés, car il rejette l’idée de « nations moins compétitives » qui ne trouveraient qu'à acheter, et rien à vendre, dans les échanges transfrontières. Bien sûr, la théorie ne réfute pas que le commerce international puisse se faire au détriment de certains pays, lorsque ses modalités ne sont pas celles du libre-échange (impérialisme, colonialisme, et autres formes de domination), ni le fait que l'accroissement des gains d'un pays ne signifie pas nécessairement un accroissement correspondant du bien-être de ses habitants.

Généralement à la base de l’enseignement de l’économie internationale, cette théorie vieille de deux siècles n’a pas de réfutation formelle. C'est le credo officiel de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

La démonstration de David Ricardo est un exercice relativement simple. Elle répond cependant à de nombreuses hypothèses, explicites ou implicites, qui la rendent contestable. Depuis 1817, les économistes se sont donc attachés à lever ces hypothèses, compliquant et enrichissant la théorie. La validation empirique de cette dernière a, elle aussi, impliqué une complexification de ses postulats et de ses éléments. Après Ricardo, nombre d’économistes, dont plusieurs « Prix Nobel » d'économie ont donc associé leurs noms à l’avantage comparatif. On trouve, parmi les plus connus, John Stuart Mill, Eli Heckscher, Bertil Ohlin, Wassily Leontief et Paul Samuelson.

Bien que ces travaux aient toujours confirmé les résultats de Ricardo, ils en ont précisé certains aspects, et, ce faisant, ont levé de nouvelles problématiques. À titre d’exemple, la théorie récente montre que l’ouverture commerciale accroît la richesse nationale, mais aussi qu’elle en modifie la répartition au détriment de certains agents économiques, peut-être les plus pauvres.

Baisse tendancielle du taux de profit

La « baisse tendancielle du taux de profit » (BTTP) est une théorie en économie et économie politique, dont la plus célèbre exposition vient du chapitre 13 du Capital, Volume III de Karl Marx. Des économistes aussi divers que Adam Smith, John Stuart Mill, David Ricardo et Stanley Jevons désignaient explicitement la BTTP comme un phénomène empirique qui devait être expliqué, mais ils divergeaient quant aux raisons pour lesquelles la BTTP pouvait nécessairement se produire.

Conception subjective de la valeur

La conception subjective de la valeur est une conception de la valeur en économie qui postule que, « pour avoir de la valeur, un objet doit être utile et rare ». Elle reconnaît également qu'un objet peut répondre aux besoins d'un individu et non d'un autre.

Elle s'oppose à la conception objective de la valeur, selon laquelle la valeur d'un objet peut être déterminée indépendamment des préférences des acteurs.

Elle a été défendu par Démocrite, les scolastiques de l'École de Salamanque et les classiques français (Turgot, Say, Condillac). Alors que la conception objective de la valeur prédomine chez les classiques anglais comme Adam Smith ou David Ricardo, la conception subjective devient avec William Jevons un des éléments constitutifs de l'école néoclassique. C'est un des fondements de l'école autrichienne d'économie.

Currency school

La Currency school est une école de pensée économique formée par un groupe d'économistes britanniques dans les années 1810 à la suite de la parution du Bullion report, pendant la période d'inconvertibilité de la livre anglaise entre 1797 et 1819 et à la suite des controverses que cette suspension a provoqué. Elle est illustrée par de grands économistes de l'époque comme David Ricardo, Henry Thornton et Robert Torrens.

Des principes de l'économie politique et de l'impôt

Des principes de l'économie politique et de l'impôt (On the Principles of Political Economy and Taxation) est le principal ouvrage de l'économiste anglais David Ricardo, dont la première parution a eu lieu en 1817. Cet ouvrage constitue l'un des plus importants de l'économie politique. Il propose à la fois la présentation la plus aboutie de la théorie de la valeur chez les classiques, et énonce surtout la base de la théorie du libre-échange via la « loi des avantages comparatifs ». Certains voient par ailleurs dans cet ouvrage une critique systématique de la rente et donc une des premières études sur les effets économiques de la répartition des revenus entre groupes sociaux (salariés, entrepreneurs et propriétaires fonciers), ce qui en ferait un des premiers ouvrages de macroéconomie.

Modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson

Le modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson est le « modèle standard » de la théorie du commerce international [citation nécessaire]. Fondé sur l’avantage comparatif de David Ricardo, le modèle Heckscher-Ohlin-Samuelson vise à expliquer la présence d’échanges internationaux par les différences de dotations en facteurs de production de chaque pays. À travers ce modèle, les auteurs entendent prouver la supériorité du libre-échange et les bénéfices de la spécialisation [citation nécessaire].

Ce modèle est connu sous plusieurs noms. Il fut d'abord publié sous une forme plus littéraire par Bertil Ohlin, qui en attribua la copaternité à son directeur de thèse, Eli Heckscher, en 1933. En 1941, Paul Samuelson et Wolfgang Stolper en déduisirent un théorème important sur la rémunération des facteurs, qui fut systématiquement incorporé dans la présentation du modèle, désormais connu sous l'abréviation HOS.

Parti libéral (Royaume-Uni)

Le Parti libéral (en anglais : Liberal Party) est un ancien parti politique britannique.

Fondé en 1859, il est l'un des deux principaux partis politiques britanniques jusqu'aux années 1920, puis un parti d'importance variable. Il fusionne en 1988 avec le Parti social-démocrate (SDP) pour former les Libéraux-démocrates.

Plus-value (marxisme)

La plus-value (ou parfois survaleur) est un concept forgé par Proudhon, puis repris et développé par Karl Marx dans sa critique de l'économie politique, et détaillé dans Le Capital. Karl Marx reprend et complète la théorie de la valeur des économistes classiques (Adam Smith, David Ricardo, etc.), selon lesquels la source de la valeur d’échange d’une marchandise est le travail qui y est incorporé.

Dans la théorie de la valeur de Marx, la plus-value a une signification précise : c’est la différence entre la quantité de valeur ajoutée par le travailleur à la marchandise initiale et la valeur de la force de travail nécessaire (le travail lui-même étant "incommensurable" au sens de non-marchandisable puisque le travail, c'est l'individu, un être vivant, pensant, et non une marchandise).

La question de l'explication de la source de plus-value est exprimée par Friedrich Engels comme suit (dans l'Anti-Dühring) :

« Quelle est l'origine de cette plus-value ? Elle ne peut ni venir du fait que l'acheteur a acheté les marchandises au-dessous de la valeur, ni du fait que le vendeur les a revendues au-dessus de la valeur. Car, dans les deux cas, les gains et les pertes de chaque individu se compensent, puisque chacun est tour à tour acheteur et vendeur. Elle ne peut provenir non plus du dol [tromperie], puisque le dol peut sans doute enrichir l'un aux dépens de l'autre, mais il ne peut pas augmenter la somme totale possédée par l'un et l'autre, non plus, par conséquent, que la somme des valeurs circulantes en général. »Marx lui-même considère le lien entre profit, intérêt, rente et plus-value, et celui entre plus-value et surtravail comme l'une de ses plus grandes conquêtes théoriques.

Théorie du commerce international

La théorie du commerce international est la branche d'une des sciences économiques qui s'intéresse à la modélisation des échanges de biens et de services entre États. Elle se penche également sur les questions d'investissement international et de taux de change.

La théorie du commerce international comprend deux branches essentielles. La première est fondée sur la pensée classique inspirée de David Ricardo, et la seconde s'inspire des outils de l'organisation industrielle et de l'économie géographique.

Théories de la plus-value

Théories de la plus-value est un ouvrage de Karl Marx publié de 1905 à 1910 à titre posthume, réunissant les écrits datant de janvier 1862 à juillet 1863, avec un total de 24 chapitres, comme le quatrième volume du Capital. Les écrits ont été publiés pour la première fois par Karl Kautsky.

Valeur-travail (économie)

La valeur-travail est un concept théorique utilisé notamment par Adam Smith, David Ricardo puis Karl Marx, et avant Smith par William Petty, pour qui le travail est le père et la nature la mère de la richesse, John Locke, qui justifie la propriété individuelle par le travail, et David Hume selon qui toute chose s'achète avec du travail. Ces auteurs identifient le travail comme jouant un rôle essentiel dans la détermination de la valeur d'un bien.

Pour les économistes classiques et marxistes, la valeur d'un bien peut être objectivement déterminée par le travail. Cette théorie de la valeur contraste avec celle défendue par l'école néoclassique reposant sur les préférences subjectives des agents économiques.

École classique

L’école classique en économie regroupe des économistes du XVIIIe siècle et du XIXe siècle. Ses membres les plus importants sont, en Grande-Bretagne, Adam Smith (1723-1790), David Ricardo (1772-1823), Thomas Malthus (1766-1834), John Stuart Mill (1806 -1873), et en France, Étienne Bonnot de Condillac (1715-1780), Anne Robert Jacques Turgot (1727-1781), Jean-Baptiste Say (1767-1832) et Frédéric Bastiat (1801-1850). Le terme a été employé pour la première fois par Karl Marx dans Le Capital. Nombre d'entre eux ont été des contemporains du décollage industriel anglais.

Il est impossible de fixer à cette école de pensée des contours précis, que ce soit en termes de dates, d’auteurs ou de thèses. Les auteurs postérieurs en ont donné des définitions différentes, incluant ou excluant certains auteurs et privilégiant certaines thèses, selon qu’ils souhaitaient présenter leurs propres positions comme en rupture avec les positions présumées « classiques » ou au contraire cohérentes avec elles.

Par exemple, Karl Marx définit l’école classique par l’adhésion au concept de la valeur travail. Il en exclut donc Say qu’il critique sévèrement, et Bastiat. En se réclamant de Smith et surtout de Ricardo, Karl Marx est considéré par certains historiens de la pensée économique comme le dernier des classiques.

Carl Menger caractérise lui aussi l’école classique par la notion de valeur travail, mais c’est pour s’en séparer et proposer une théorie subjective de la valeur. Cette théorie est justement celle des classiques français qu’il semble ignorer.

John Maynard Keynes définit l’école classique par l’adhésion à la « loi des débouchés » ou loi de Say dans la version popularisée par James Mill.

Joseph Schumpeter, en la définissant comme la période 1790-1870, en exclut Turgot et Smith mais y inclut Marx.

En réalité, on ne peut pas caractériser l’école classique par un ensemble cohérent de thèses partagées par tous les auteurs de cette période. Plutôt que d’une école de pensée à proprement parler, il s’agit plutôt d'une période d’intense réflexion économique qui a donné lieu à une diversité de positions, et à des controverses sur certaines.

École néoclassique

L'école néoclassique est un terme générique utilisé pour désigner plusieurs courants économiques qui étudient la formation des prix, de la production et de la distribution des revenus à travers le mécanisme d'offre et de demande sur un marché. L'hypothèse de maximisation de l'utilité qui sous-tend ses calculs économiques la rattache au courant marginaliste né à la fin du XIXe siècle. Des trois fondateurs du marginalisme à savoir Léon Walras, Carl Menger et William Stanley Jevons, le premier nommé est celui qui a la plus forte influence sur l'école néoclassique au début du XXIe siècle.

Le mot néoclassique a été introduit à l’origine par Thorstein Veblen en 1900 pour désigner des auteurs qui intègrent la révolution marginaliste initiée par Stanley Jevons et l'école autrichienne (il n'évoque pas Léon Walras). Les « classiques » sont Adam Smith et David Ricardo, qui ont vécu la 1re révolution industrielle anglaise (coton, fonte et charbon). Thorstein Veblen classe notamment sous le vocable de « néoclassique » Alfred Marshall et les Autrichiens. À partir des années trente à la suite des travaux de John Hicks le courant walrasien va prendre une place croissante et incorporer une partie de l'apport keynésien à travers la synthèse néoclassique. Cette évolution va conduire les économistes dits « autrichiens » à se considérer de plus en plus comme hors de l'école néoclassique et à approfondir ce qui les différencie des autres courants marginalistes.

À la question « Qui n'est pas néoclassique ? », il est possible de répondre : l'économie marxiste, le post-keynésianisme, l'école autrichienne et certains courants de la nouvelle économie institutionnelle ou de l'institutionnalisme. Pour E. Roy Weintraub, si l'école néoclassique représente l'orthodoxie et est enseignée dans les grandes universités, elle le doit à sa capacité à « mathématiser » et à « scientifiser » l'économie ainsi qu'à fournir des indications susceptibles de nous éclairer sur les conduites à suivre. David Flacher (université Paris 13) note cependant que « l'effet est cumulatif : une fois que les orthodoxes sont devenus hégémoniques, ils ont évincé les autres courants ».

État stationnaire (économie)

En économie, un état stationnaire désigne une économie dont les activités sont relativement stables, ne favorisant ainsi ni la croissance ni la décroissance de celle-ci.

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