Culture des champs d'urnes

La culture des champs d'urnes rassemble les cultures archéologiques de la « Céramique à cannelures légères » (d'environ 1 350 à 1 150 av. J.-C.) et du « groupe Rhin-Suisse-France orientale » (d'environ 1 150 à 950 av. J.-C.), ce qui correspond à l'étape moyenne du bronze final (bronze final IIb et IIIa)[1],[2]. C'est l'époque où des cultures et techniques du bronze et céramiques nouvelles se diffusent en Europe, avant de se terminer au tout début de l'Âge du fer[3]. Cette culture se caractérise par des nécropoles d'urnes en bronze enterrées[4].

Culture des champs d'urnes
Urne d'une tombe à incinération (Allemagne)
Urne d'une tombe à incinération (Allemagne)
Définition
Caractéristiques
Répartition géographique Europe centrale
Période Âge du bronze
Chronologie 1 350 - 950 av. J.-C.

Objets typiques

Urne funéraire en bronze

UrnfieldCulture
Diffusion de la culture des champs d'urnes

Chronologie

La culture des champs d'urnes fait suite d'environ 1 350 à 950 av. J.-C.[5] à la culture des tumulus, quand l'incinération apparait comme rite funéraire[6]. Les sites dans l'ouest et le sud de l'Europe seraient plus récents qu'en Europe centrale (voir la section « Expansionnisme ou changement endogène ? » ci-dessous).

Dans la première période des champs d’urnes, ont été trouvées de rares céramiques cannelées (par exemple à Temse-Velle) datées du bronze D – Hallstatt A1. Ces cannelures indiquent une influence RSFO (Rhin-Suisse-France Orientale[7],[8]), influence qui a donc pu se faire sentir plus tôt que ce qu'on a cru jusqu'à présent[9].

Il est délicat de définir la date exacte de la fin d'utilisation des champs d'urnes. Les deux cimetières de Velzeke étaient encore en usage aux environs de -450. Aucune date n'est postérieure au Ve siècle av. J.-C., et il semble que ce Ve siècle av. J.-C. signe la cessation de ce genre de sépulture[10].

Les deux tables suivantes montrent les principales équivalences de périodes pour la fin de l'Âge du bronze et le début de l'Âge du fer, correspondant au développement de la culture des champs d'urnes[11].

Séquence chronologique de l'âge du bronze final
et de l'âge du fer en Europe Centrale et Europe de l'Ouest,
basée sur la typochronologie
Muller-Karpe (All.) (1959)[12] Hatt (Fr.) (1961)[13] Dates av. J.C.
Bronze final D Bronze final I -1300-1200
Hallstatt A1 Bronze final IIa -1200-1100
Hallstatt A2 Bronze final IIb -1100-1000
Hallstatt B1 Bronze final IIIa -1000-900
Hallstatt B2/3 Bronze final IIIb -900-750
Hallstatt C Hallstatt ancien -750-600
Hallstatt D Hallstatt moyen/final -600-450
Séquence chronologique de l'âge du bronze final et de l'âge du fer en Allemagne du Sud et régions voisines, basée sur la datation absolue
Lanting & van der Plicht (2001/02)[14] Années av. J.C. C14 années BP
Bronze final D -1325-1200 3100–3000
Hallstatt A1 -1200-1125 3000–2950
Hallstatt A2 -1125-1025 2950–2875
Hallstatt B1 -1025-925 2875–2800
Hallstatt B2 - -
Hallstatt B3 -925800 2800–2650
Hallstatt C -800625 2650–2450
Hallstatt D -625480 2500–2400

Caractéristiques

Lahnberge Hügelgrab 03
Champ d'urnes de Lahnberge (Marbourg-Biedenkopf, Hesse, Allemagne) présenté au jardin botanique de Marbourg tel qu'il a été trouvé

Habitations

Les bâtiments sont plus petits (moins de 10 m de long) que ceux de l'Âge du bronze moyen. C'est la conséquence de l'abandon de la maison-étable[9], sans que l'on sache pourquoi ce type d'habitation fut abandonné. Une hypothèse en cours suggère un passage possible de l'élevage bovin à l'élevage ovin (Roymans, 1991[15]), mais le matériel archéologique ne montre guère de réduction des bovins en parallèle avec cette diminution des habitations ; l'autre hypothèse suggérée est donc une réduction de la population due à un mouvement de colonisation d'autres terres (Fokkens, 1997[16],[17]). Cette réduction de taille se présente dans toute l'Europe de l'Ouest, étant plus ou moins datée aux environs de -900[18]. Un aspect mystérieux de ce changement de taille d'habitations, est la soudaineté avec laquelle il est arrivé — aussi bien dans le passage à des habitations plus grandes entre -1800 et -1500, que dans le retour à plus petit entre -1000 et -900. Le retour à plus petit, extraordinairement rapide, s'est fait en trois générations. Il est possible que le changement précédent, allant vers une augmentation de la taille d'habitation, ait eu lieu en un temps très court aussi car les sites connus de cette période sont étonnamment rares comparé au nombre de sites des périodes précédentes et suivantes. Par ailleurs, ces deux changements étant apparus en même temps dans toute l'Europe de l'Ouest et donc dans des paysages divers, il est probable que leur cause ne soit pas d'ordre uniquement économique[17].

Sépultures

Urnfield culture 001
Urnes funéraires de Lahnberge (Marbourg-Biedenkopf, Hesse, Allemagne)

Les champs d'urnes sont souvent localisés près de points d'eau (rivière, source…). C'est par exemple le cas pour tous les sites des Flandres, sauf vers Aalter, Velzeke et le pays de Waes[19].

Ce mode de sépulture ne remplace pas toujours les tumulus : les deux modes peuvent se juxtaposer sur le même site[20]. On peut par exemple trouver des urnes enterrées à côté de tranchées mortuaires[19] Un exemple en est la nécropole récemment découverte à Cesson (Seine-et-Marne)[21]. Il semble que les tombes à urnes dominent au début, puis on voit une augmentation des tombes à paquets d'os et des puits à incinération[9]. La nécropole de Destelbergen en Flandre est organisée autour d'une tombelle : la partie la plus ancienne, datant du bronze final, est située à l'est de cette tombelle, et la partie datant du premier âge du fer, plus récente, se trouve à l'ouest de celle-ci[22]. Les urnes contiennent essentiellement les cendres des morts : les objets sont rares. La plupart du temps, s'il y en a ils se résument à un ou deux petits bols et des répliques de l'urne principale assez petites pour passer par le col de celle-ci, parfois quelques objets significatifs pour les défunts (bijoux, armes, outils)[5],[9]. La photo ci-contre montre des urnes caractéristiques et les urnes miniatures et bols qu'elles peuvent contenir.

Expansionnisme ou changement endogène ?

GNM - Helm Urnenfelderzeit
Casque de bronze du champ d'urnes de Thonberg en Haute-Franconie (Allemagne), l'un des plus vieux casques connus au nord des Alpes

Selon la théorie diffusionniste dite « expansionniste », qui prédominait au XIXe siècle et jusque dans les années 1980[1], ces champs d'urnes correspondaient à un peuple probablement originaire de Hongrie et de Lusace[5] - sont également citées la Saxe et la Silésie. Entre 800 et 1 000 av. J.-C. ce peuple se serait étendu en Allemagne du sud et dans la Haute vallée du Rhin, puis en Bavière, Suisse, Autriche (Styrie et la Carinthie) et Italie du nord. Les urnes globuleuses à haut col remplacent alors celles bicôniques à col court et évasé. Selon Pere Bosch Gimpera et d'autres, un groupe de ce peuple, serait parti de Bavière, Wurtemberg et Bâle et passé par la trouée de Belfort pour arriver au centre de la France (champs d'urnes de Pougues-les-Eaux dans la Nièvre, de Saint-Père-sous-Vézelay dans l'Yonne — deux stations thermales —, de Dompierre-sur-Besbre dans l'Allier) ; aurait ensuite contourné les Cévennes par l'ouest pour arriver dans le Tarn (nombreuses nécropoles vers Saint-Sulpice-la-Pointe), la plaine de Toulouse et les Pyrénées, et de là passer en Catalogne. Un autre groupe du même peuple, passant par le plateau suisse et la vallée du Rhône où il aurait remplacé la civilisation palafitte, aurait suivi le bord de la Méditerranée pour peupler le Roussillon et le Narbonnais. Un groupe est allé en Italie[5] dans la région de Villanova, un autre en Belgique (27 sites connus en 2007[10], principalement autour des vallées de la Lys et de l’Escaut à partir du XIe siècle av. J.-C.[9]) et en Hollande.

Depuis le congrès de Nemours en 1986 (Brun et al.), il était présumé que les nouveaux rites funéraires correspondent plus à un changement endogène aux populations locales, sans grand mouvement de populations extérieures[9] .

A contrario, une étude génétique portant sur les populations préhistoriques de la péninsule Ibérique menée en 2019 par Iñigo Olalde et ses collègues montre une tendance constante durant l'âge du fer de l'augmentation de l'ascendance liée aux populations d'Europe du Nord et d'Europe centrale par rapport à l'âge du bronze précédent. Ce flux de gènes dans la péninsule ibérique à la fin de l'âge du bronze ou au début de l'âge du fer, est, selon les auteurs, possiblement associé à l'introduction de la culture des champs d'urnes. Selon Olalde, contrairement à l'Europe centrale ou du nord, où l'ascendance steppique a probablement marqué l'introduction des langues indo-européennes, dans la péninsule ibérique, cette augmentation de l'ascendance steppique n'a pas toujours été accompagnée d'un passage aux langues indo-européennes[23].

Langues

La langue proto-celtique aurait émergé en Europe de l'Est vers 2 000 av. J.-C.[24]. Les peuples parlant le proto-celtique, venant de l'Est, se seraient installés au plus tard vers 1 500 av. J.-C. dans la région ouest de l'Europe centrale, où ils furent en contact avec des peuples parlant le proto-germanique et le proto-italique[25].

Le Lépontique est le plus vieil exemple écrit (VIe siècle av. J.-C.) d'une langue celtique. Présent d'abord au nord des Alpes, il serait lié à la culture de Golasecca, elle-même issue de la culture des champs d'urnes. Attesté au VIe siècle av. J.-C., il aurait donc divergé avant cette date des autres langues celtiques comme le celtibère, dont certains traits paraissent plus archaïques, et le gaulois, qui contient des signes d'évolution linguistique[26]. La séparation entre le Lépontique et les autres langues celtiques pourrait avoir eu lieu vers 1 200 av. J.-C.[27].

Les langues indo-européennes seraient arrivées en Espagne avec les peuples de la culture des champs d'urnes, qui auraient commencé à traverser les Pyrénées un peu avant l'an 1 000 av. J.-C.[10]. Cette culture aurait notablement influencé le nord-est de la péninsule ibérique, où les Celtibères auraient adapté leurs fabrications pour leurs cimetières[28]. Javier de Hoz souligne que ceci n'implique pas que tous les groupes de la culture des champs d'urnes parlaient des langues celtiques. Mais le celtibère aurait divergé aux alentours de 1 200 av. J.-C., et les Celtibères partageaient des liens culturels avec la culture des champs d'urnes[29].

Historique des découvertes archéologiques

  • Wolfgang Kimmig, 1940 : publie ses travaux sur les champs d'urnes de Baden (Allemagne)[30].
  • Sigfried J. De Laet, 1958 : publie le premier schéma chronologique pour les champs d'urnes belges[31].
  • Marcel Desittere, 1968 : précise le cadre typochronologique des cimetières entre la mer du Nord et le Bas-Rhin[32].
  • années 1980 : révision de la chronologie.
  • Jean Bourgeois, 1989 : introduit la notion de « groupe Rhin-Suisse-France orientale », connu sous le sigle RSFO, pour les influences culturelles d'Europe centrale à l'âge du bronze final ; ce qui amène la réévaluation de la chronologie des sites connus, basée principalement sur l'évolution des formes de poteries dans les champs d'urnes et sur l'étude des céramiques des sites moins bien connus. La typochronologie locale est affinée par la comparaison avec les sites des régions voisines et d'Europe centrale[33].

Galerie

Suelldoerp - Urnengräverfeld

Champ d'urnes à Sülldorf (quartier de Hambourg)

Vaudemanges brassard

Un brassard trouvé à Vaudemange

Urnenfelder panoply

Accessoires de guerrier

Museum Quintana - Webstuhl 1

Métier à tisser

GNM - Feuerbock

Chenet et objets du foyer

Quelques signes décoratifs typiques de l'art des champs d'urnes

Urnenfelder 16
Urnenfelder 33
Urnenfelder 64
Urnenfelder 69
Urnenfelder 85
Urnenfelder 86

Références

  1. Thibault Lachenal, Thomas Perrin, Eric Thirault, Sandrine Bonnardin, dir. Ingrid Sénépart, « En marge du R.S.F.O. : styles céramiques de l’étape moyenne du bronze final en Provence », Archives d'Ecologie Préhistorique,‎ , pp. 157-176 (lire en ligne)
  2. José GOMEZ de SOTO, « En France de l'Ouest, de la Loire à l’Aquitaine septentrionale, de la céramique cannelée au style RSFO. Diffusion ou polygénie ? », Etudes d'archéologie, no 6,‎ (lire en ligne)
  3. Le groupe Rhin-Suisse-France orientale et la notion de civilisation des Champs d'Urnes, P. Brun, C. Mordant, 1988
  4. Les nécropoles de la civilisation des champs d'urnes dans la région des Marais de Saint-Gond, Bernard Chertier, CNRS (ISBN 2-222-01776-9), 1976
  5. H. Jacquinot et P. Usquin, La Nécropole de Pougues-les-eaux (Nièvre). Derniers Temps de L'âge Du Bronze. Bulletin de la Société Nivernaise Des Lettres, Sciences Et Arts. 1879.
  6. La civilisation des Champs d'urnes, Patrice Brun, FMSH éditions, (ISBN 2-7351-0158-4), 1986.
  7. La période de développement du R.S.F.O. correspond aux phases IIb et IIIa de l’âge du bronze final dans la chronologie de J.-J. Hatt, au Hallstatt A2 et B1 de la chronologie de H. Müller-Karpe et, en chronologie réelle, aux XIe et Xe siècles avant notre ère. Voir Thibault Lachenal, « En marge du R.S.F.O. : styles céramiques de l’étape moyenne du Bronze final en Provence », Actes des Rencontres Méridionales de Préhistoire Récente,‎ 7 & 8 nov. 2008 (lire en ligne)
  8. Datations absolues sur les stations littorales et l’âge du bronze final dans les Alpes du Nord. Aimé Bocquet, André Marguet, Alain Orcel, Christian Orcel. Dans Le groupe Rhin-Suisse-France orientale et la notion de civilisation des Champs d’Urnes, Patrice Brun, Claude Mordant (dir.), 1986. Éd. A.P.R.A.I.F., Nemours, p. 435-444.
  9. Jean Bourgeois, « La fin de l’âge du Bronze dans l’ouest de la Flandre et le « Rhin–Suisse–France orientale », dans Marcel Otte et J. Kozlowski, Préhistoire de la Grande Plaine du Nord de l’Europe, Actes du Colloque Chaire Francqui interuniversitaire au titre étranger (Université de Liège, 26 juin 2001)., vol. 99, Liège, coll. « ERAUL (Etudes et Recherches archéologiques de l Université de Liège) », 209-223 p. (lire en ligne [PDF]).
  10. Re-evaluation of the late Bronze age and early Iron age chronology of the western belgian urnfields based on 14c dating of cremated bones. Guy De Mulder, Mark Van Strydonck, Mathieu Boudin, Walter Leclercq, Nicolas Paridaens, Eugène Warmenbol. Radiocarbon, Vol 49, n° 2, 2007, p 499–514. Revue publiée par l'Université d'Arizona.
  11. Pour une nouvelle chronologie de la Protohistoire française, par Hatt, donne deux tableaux fort utiles de correspondances entre lesdifférentes variations selon les auteurs et les régions. Écrit en 1954, les données qu'il résume sont toujours en bonne partie utilisées.
  12. Herman Müller-Karpe, Beiträge zur Chronologie der Urnenfelderzeit nördlich und südlich der Alpen. Römisch-Germanische Forschungen XXII. Berlin, 1959.
  13. Chronique de Protohistoire V: une nouvelle chronologie de l’âge du Bronze final. Exposé critique du système chronologique de H. Müller-Karpe. Dans Bulletin de la Société Préhistorique Française, 1961, vol. 58, pp. 184–95.
  14. De 14C-chronologie van de Nederlandse pre- en protohistorie IV: bronstijd en vroege ijzertijd. J.N. Lanting & J. van der Plicht. Palaeohistoria, 2001/2002, vol. 43–44, pp. 117–262.
  15. N. Roymans, Late Urnfield Societies in the Northwest European Plain and the Exanding Networks of Central European Hallstatt Groups, 1991. Dans Images of the Past – Studies on Ancient Societies in Northwestern Europe, eds. N. Roymans et F. Thieuws, Amsterdam, pp. 9-89. Cité par Jean Bourgeois dans The Bronze Age and early Iron Age in Western Flanders (Belgium): shifting occupation patterns, p. 21 ((en)).
  16. Harry Fokkens, The genesis of urnfields: economic crisis or ideological change?. Dans Antiquity n° 71, 1997, pp. 360-373. Cité par Jean Bourgeois dans The Bronze Age and early Iron Age in Western Flanders (Belgium): shifting occupation patterns, p. 21 ((en)).
  17. (en) Harry Fokkens et Stijn Arnoldussen, chap. 1 « Towards new models », dans S. Arnoldussen et H. Fokkens (eds.), Bronze Age settlement sites in the Low Countries, Oxford, , 1-16 p. (lire en ligne [PDF]).
  18. N. Roymans et Harry Fokkens, Een overzicht van veertig jaar nederzettingsonderzoerk in de Lage landen. Dans Nederzettingen uit de brnstijd en de vroege ijzertijd in de Lage Landen, Nederlandse Archeologische Rapporten 13 (connu comme la conférence "NAR 13", qui fit autorité pendant plusieurs années), Amsterfoort, pp. 1-19, Harry Fokkens et N. Roymans éds. Cité par Jean Bourgeois dans The Bronze Age and early Iron Age in Western Flanders (Belgium): shifting occupation patterns ((en)).
  19. The Bronze Age and early Iron Age in Western Flanders (Belgium): shifting occupation patterns. Jean Bourgeois, K. Verlaeckt. Dans Belgian archaeology in a European setting, éd. Marc Lodewijckx, Vol. 2, 2001. pp. 14-25.
  20. La civilisation des champs d’urnes, Jacques Bloeme.
  21. Nécropole de Cesson.
  22. Sigfried J. De Laet, H. Thoen, J. Bourgeois, Les fouilles du Séminaire d'Archéologie de la Rijkuniversiteit de Gent à Destelbergen-Eenbeekeinde et l'histoire la plus ancienne de la région de Gent (Gand). 1 - La période préhistorique. Dissertationes Archaeologicae Gandenses, XXIII, Brugge.
  23. (en) Iñigo Olalde, Swapan Mallick1, Nick Patterson, [...],The genomic history of the Iberian Peninsula over the past 8000 years, Science, 15 mars 2019, Vol. 363, Issue 6432, pp. 1230-1234
  24. Philip Ross, « L'histoire du langage », Pour la Science,‎
  25. Las lenguas célticas de la antigüedad en su contexto etnohistórico. Celtas y Celtíberos : Realidad y Leyenda. Javier de Hoz. Unión Cultural Arqueológica, Universidad Complutense, Madrid. pp. 52-63
  26. Lepontic, Celtiberian, Gaulish and the archaeological evidence. Javier de Hoz. Études Celtiques, 29, 1992, pp. 223-240
  27. Gaulois et Celtique continental. Pierre-Yves Lambert, Georges-Jean Pinault. 2007.
  28. (en) Aedeen Cremin, The Celts in Europe, Sydney, Australia, Sydney Series in Celtic Studies 2, Centre for Celtic Studies, University of Sydney, (ISBN 978-0-86758-624-4), p. 59-60
  29. (en) Celtiberians: Problems and Debates. Francisco Burillo Mozota, Centro de Estudios Celtibéricos de Segeda, Seminario de Arqueología y Etnología Turolense, Facultad de Humanidades y Ciencias Sociales, Teruel. Journal of interdisciplinary Celtic studies, vol. 6 : The celts in the Iberian peninsula. 2005.
  30. Die Urnenfelderkultur in Baden untersucht aufgrund der Gräberfunde. Wolfgang Kimmig. Römisch-Germanische Forschungen, 14. Berlin 1940. (Dissertation à Fribourg, 1935).
  31. Ancient Peoples and Places: the Low Countries. Sigfried J. De Laet, Hudson, Londres, 1958.
  32. De urnenveldenkultuur in het gebied tussen Neder-Rijn en Noordzee - Periodes Ha A. en B.. Marcel Desittere. Dissertationes Archaeologicae Gandenses, Bruges, XI.
  33. De ontdekking van nieuwe grondstoffen en de eerste metaalbewerkers in Temse en in het Waasland. Dans Temse en de Schelde. Van Ijstijd tot Romeinen, éd. H. Thoen. Brussels: Gemeentekrediet. p 44–68.

Voir aussi

Articles connexes

  • Portail de la Préhistoire
  • Portail de l’archéologie
  • Portail de l’Europe
Bronze ancien

Le Bronze ancien constitue une sous-période chronologique de l'Âge du bronze. Il est caractérisé par le développement de la métallurgie du bronze, qui allie le cuivre et l'étain, et se substitue à celle du cuivre seul. Il succède au Néolithique et à l'Âge du cuivre.

Il est marqué par un développement du commerce international du cuivre et de l'étain et donc des contacts entre groupes humains.

Bronze final

L'âge du bronze final constitue une subdivision chronologique de l'âge du bronze et de la protohistoire. Il se situe à des époques très différentes selon les continents et les régions considérées.

Bronze moyen

La période du Bronze moyen (1600-1350 av. J.-C.), parfois nommée « Bronze véritable », est caractérisée par l'extension sur l'ensemble de l'Europe de la culture des tumulus.

Elle présente une stratification sociale de plus en plus fermée (la classe guerrière prenant le pouvoir), une société de plus en plus patriarcale ainsi qu'un changement véritable des rites funéraires (tombes individuelles). Cette période marque la véritable transition entre l'âge du cuivre et celui du bronze.

Les échanges et la métallurgie se développent également. La course aux armements et l'apparition de nouvelles armes (épée) ainsi que la multiplication des forteresses renforce l'idée de rivalités naissantes entre les différentes ethnies humaines.

Cette période est précédée par l'âge du Bronze ancien, souvent abrégé « le Bronze ancien », et suivie de l'âge du Bronze final, souvent abrégé « le Bronze final ».

Celtes

Les Celtes ont constitué lors de la protohistoire européenne un groupe de populationsindo-européennes parlant des langues celtiques et présentant une certaine unité culturelle, bien que les interactions culturelles de l'Europe celtique ancienne demeurent incertaines et controversées. Par ailleurs, la connaissance du processus de diffusion territoriale des anciennes populations celtiques reste à améliorer, en particulier quant à celles des Îles Britanniques et de la Péninsule Ibérique,.

Le proto-celtique serait apparu avec la Culture des champs d'urnes de l'Âge du bronze tardif en Europe centrale à partir de 1350 av. J.-C.. En outre, selon un consensus se dégageant depuis le xixe siècle, les premiers peuples à adopter des caractéristiques culturelles considérées comme pleinement celtiques furent ceux de la Civilisation de Hallstatt en Europe centrale (1200-450 av. J.-C.) : Autriche, Suisse, grande moitié-sud de l'Allemagne, Bohême, Moravie, ouest de la Hongrie, ouest de la Slovaquie, Galicie, Italie du Nord et Grand Est français. Au cours de la période de La Tène (450 av. J.-C. jusqu'à la conquête romaine), le territoire de l'Europe celtique s'est étendu par diffusionnisme ou migration vers les régions suivantes : îles britanniques (Celtes insulaires), moitié-ouest de la France (Gaulois-Transalpins et Aquitains), Grand Sud-Est français (Celto-Ligures), Benelux (Belges), sud de la la Plaine du Pô (Gaulois-Cisalpins), Péninsule Ibérique (Celtibères, Lusitaniens et Gallaeci), Péninsule-Cimbrienne et Frise, Pannonie (Scordiques), centre de l'Anatolie (Galates de la Grande expédition)...

Les premiers exemples directs incontestés d'une langue celtique sont les inscriptions Lépontiques qui commencent au VIe siècle av. J.-C.. Les langues celtiques continentales sont attestées presque exclusivement par des inscriptions et des noms de lieux. Les langues celtiques insulaires sont attestées à partir du ive siècle dans les inscriptions Ogham, bien qu'elles soient clairement parlées beaucoup plus tôt. La tradition littéraire celtique commence avec les vieux textes irlandais autour du viiie siècle. Des textes cohérents de la littérature irlandaise précoce, tels que Táin Bó Cúailnge (« Rafle des Vaches de Cooley »), survivent dans les recensions du xiie siècle.

Au milieu du 1er millénaire, avec l'expansion de l'Empire romain et la période de migration des peuples germaniques, la culture celtique et les langues celtiques insulaires étaient restreintes à l'Irlande, à l'ouest et au nord de la Grande-Bretagne (Pays de Galles, Écosse et Cornouailles), l'île de Man et la Bretagne. Entre le ve siècle, et le viiie siècle, les populations de langue celtique de ces régions atlantiques ont émergé comme une entité raisonnablement cohérente culturellement car elles avaient un héritage linguistique, religieux et artistique comun les distinguant de la culture des entités politiques environnantes. Au vie siècle, cependant, les langues celtiques continentales n'étaient plus largement utilisées.

La culture celtique insulaire, des périodes médiévales et modernes, s'est diversifiée en celle des Gaels (irlandais, écossais et mannois), et des celtes britonniques (gallois, corniques et bretons). Une « identité celtique » moderne a été construite dans le cadre de la renaissance celtique romantique, en Grande-Bretagne, en Irlande, en Bretagne et dans d'autres territoires européens, tels que le Portugal et la Galice espagnole. Aujourd'hui l'irlandais, le gaélique écossais, le gallois et le breton sont encore parlés dans certaines parties de leurs territoires historiques, le cornique et le mannois connaissant une renaissance.

Civilisation égéenne

La civilisation égéenne est un terme général pour décrire les civilisations de l'âge du bronze en Grèce et dans la mer Égée. Il y a en fait trois régions géographiques couvertes par ce terme : la Crète, les Cyclades et la Grèce continentale.

La Crète est associée à la civilisation minoenne du début de l'âge de bronze, tandis que les Cyclades (civilisation des Cyclades) et la Grèce ont des cultures distinctes. Les Cyclades convergent avec le continent au cours de l'Helladique (« Minyens ») et avec la Crète au milieu de la période minoenne.

Vers 1450 av J-C , la civilisation mycénienne de Grèce se propage à la Crète.

Les poteries des Philistins des 12e et 11e siècle AEC sont de style égéen: forme (petite bouche et base plate) et motifs (Musée de la culture philistine, Ashdod).

Culture apenninique

La culture apenninique est une culture archéologique de l'Italie centrale et méridionale de l'Âge du Bronze moyen,.

Culture d'Unétice

La culture d'Unétice est une culture archéologique au début de l'âge du bronze d'Europe centrale (vers 2300 av. J.-C. – vers 1600 av. J.-C.). Le site éponyme de cette culture, le village d'Únětice, est situé dans le centre de la République tchèque, au nord-ouest de Prague. Aujourd'hui, la culture d'Únětice est connue par environ 1 400 sites en République tchèque et en Slovaquie, 550 sites en Pologne et environ 500 en Allemagne. La culture Únětice est également connue dans le nord-est de l'Autriche (en association avec le groupe dit de Böheimkirchen) et dans l'ouest de l'Ukraine.

Culture des catacombes

La culture des catacombes, entre 2800 et 2200 av. J.-C., désigne une culture de l'Âge du bronze ancien qui occupait essentiellement ce qui constitue aujourd'hui l'Ukraine. Elle succède à la culture du Dniepr moyen. Elle avait des liens avec la culture Yamna et semble être plus un terme géographique qui recouvre plusieurs cultures archéologiques plus petites qui lui sont liées.

Culture des tumulus

La culture des tumuli est une culture protohistorique caractérisée par la pratique de la sépulture par inhumation du corps des défunts qui s'est développée en Europe centrale à la période du bronze moyen, (environ : 1 600 - 1 200 ans av. J.-C.).

Culture lusacienne

La culture lusacienne est une culture préhistorique qui doit son nom à la Lusace, région géographique du nord-est de l’Allemagne, aux confins de la Pologne (Silésie) et de la République tchèque (Bohême). Son aire géographique couvre la plus grande partie de la Pologne, une partie de la République tchèque et de la Slovaquie, des parties de l'est de l'Allemagne et une partie de l'Ukraine. Présente à la fin de l'âge du bronze et au début de l'âge du fer, elle couvre les périodes III à V du schéma chronologique du nord de l'Europe proposé par Oscar Montelius.

Culture talayotique

La culture talayotique est une civilisation qui s'est développée dans les îles Baléares, plus précisément à Majorque et Minorque pendant l'Âge du bronze.

Helladique

L’Helladique est un terme d'archéologie désignant un ensemble de périodes de la culture grecque continentale à l'âge du bronze (Grèce préclassique), créé comme le pendant des termes « cycladique » désignant la civilisation des Cyclades et « minoen » désignant la civilisation minoenne.

La méthode de datation est principalement fondée sur le style des poteries.

La période se subdivise en :

Helladique ancien (HA I, II et III): de 3000 à 2000 ;

Helladique moyen (HM I, II et III) : de 2000 à 1650 ;

Helladique récent :

1650–1600 : Helladique récent I, 1623/1600 éruption volcanique à Théra (Santorin), début du cercle des tombes à fosse B de Mycènes ;

1600–1470 : Helladique récent IIA, cercle des tombes à fosse A de Mycènes ;

1470–1410 : Helladique récent IIB, construction des premiers palais mycéniens vers la fin de cette phase ;

1410–1370 : Helladique récent IIIA1 ;

1370–1315 : Helladique récent IIIA2, ca. 1370 palais de Cnossos détruit, puis reconstruit, apogée de la construction des palais mycéniens ;

1315–1225 : Helladique récent IIIB1 ;

1225–1190 : Helladique récent IIIB2, ca. 1200 destruction de la plupart des palais mycéniens et de celui de Cnossos (discuté) ;

1190–1130 : Helladique récent IIIC1 ;

1130–1070 : Helladique récent IIIC2 ;

1070–1030 : Helladique récent IIIC3.L'Helladique est suivi par la période dite des « siècles obscurs ».

Histoire de la Dordogne

Cet article résume l'histoire de la Dordogne.

La Dordogne est un département français de la région Nouvelle-Aquitaine qui doit son nom au fleuve du même nom.

Proto-celtique

Le proto-celtique ou celtique commun est la proto-langue reconstituée à l'origine de toutes les langues celtiques connues. Il se rattache aux langues indo-européennes occidentales, avec les langues italiques, les langues germaniques et le grec. La relation exacte entre ces branches est encore discutée.

La plus ancienne culture archéologique pour laquelle on ait des indices qui permettent de la considérer comme proto-celtique est la culture des champs d'urnes de l'âge du bronze tardif de l'Europe centrale, dans le dernier quart du IIe millénaire av. J.-C. En est issue à l'âge du fer la culture de Hallstatt, vers 800 av. J.-C., considérée comme pleinement celtique.

La reconstruction du proto-celtique est en cours. Le témoignage du celtique continental est important pour reconstituer la phonologie et certains éléments de morphologie, mais est encore trop peu abondant pour permettre une reconstruction de la syntaxe. Bien que nous disposions de phrases complètes en gaulois et en celtibère, la plus ancienne langue celtique à disposer d'une littérature substantielle est le vieil irlandais, qui fait partie des langues celtiques insulaires. Le lexique peut être reconstruit sur la base de la méthode comparative de la linguistique historique.

Préhistoire de la péninsule Ibérique

La Préhistoire de la péninsule Ibérique commence avec les premières traces laissées par des humains, il y a environ 1,4 million d'années, et s'achève avec les guerres puniques, entre Rome et Carthage, quand le territoire entre dans le domaine de l'histoire écrite. La péninsule Ibérique a livré des vestiges majeurs de la préhistoire européenne. L'Homme de Néandertal a été identifié à la Sima de los Huesos, à Atapuerca, par des fossiles datés de 430 000 ans, les plus anciens connus à ce jour. Néandertal livre ses derniers vestiges fossiles et lithiques au moment où Homo sapiens commence à investir la péninsule, il y a environ 30 000 ans.

Le Paléolithique supérieur ibérique se signale par son art pariétal exceptionnel. Pendant le dernier maximum glaciaire, il y a environ 20 000 ans, la péninsule Ibérique servit de refuge aux Homo sapiens chassés d'Europe du Nord par la glaciation. Ils purent se redéployer vers le Nord à la fin du Pléistocène supérieur, lors du réchauffement climatique qui mena à l'Holocène.

L'agriculture est présente dès le VIe millénaire av. J.-C. en Andalousie apportée par les descendants d'agriculteurs venant d'Anatolie.

A partir de 2.500 ans avant J.C., la péninsule Ibérique connaît une importante vague migratoire de populations issues d'Europe du Nord et d'Europe centrale portant une ascendance génétique venant de la steppe pontique qui remplacent la plus grande partie des hommes qui vivaient dans la région.

Terramare

Terramare, Terramara ou Terremare est un terme désignant une technologie complexe datant de la période de l'âge du bronze moyen et tardif (1700-1150 av. J.-C.),, principalement établie dans la vallée du Pô, en Émilie, Italie du Nord. Il tire son nom du résidu de monticules « terre noire » de la colonie. Terramare est de terra marna, « Marne-terre », où les marnes sont un dépôt lacustre. Il peut être de n'importe quelle couleur, mais dans les terres agricoles, il est plus généralement noir. La population des sites terramare est appelée « terramaricoli ». Les sites ont été fouillés de façon exhaustive entre 1860-1910.

Âge du bronze

L'Âge du bronze est une période de la protohistoire et de l'histoire caractérisée par un usage important de la métallurgie du bronze. Le bronze est le nom générique des alliages de cuivre et d'étain. Aujourd’hui, il est admis que cette période succède à l'âge du cuivre ou chalcolithique et précède l'âge du fer, dans les régions du monde où ces catégories sont pertinentes. Comme pour les autres périodes de la préhistoire, les limites chronologiques de l'âge du bronze varient considérablement selon l'aire culturelle et selon l'aire géographique considérées.

Globalement, dans les régions du monde où il est particulièrement significatif et étudié (Proche-Orient, Europe, Asie), l'âge du bronze s'étend sur une période de 2000 ans, de 3000 à 1000 av. J.-C., mais avec de grandes variations suivant les aires considérées. Il est plus difficile à identifier dans certaines parties du monde telles que l'Amérique où les civilisations précolombiennes connurent une métallurgie de l'or et du cuivre jusqu'à la conquête espagnole mais pas de métallurgie du bronze.

Âge du bronze atlantique

L’âge du bronze atlantique désigne un complexe culturel compris approximativement entre 1300 av. J.-C. et 700 av. J.-C qui inclut différentes cultures de la Péninsule Ibérique, des Îles Britanniques et de la côte atlantique de la France. Elle se caractérise par les échanges culturels et économiques de certaines cultures indigènes survivantes qui finiront par laisser la place aux Indo-européens de l'Âge du fer (majoritairement des Celtes) à la fin de la période.

Ses centres principaux semblent se trouver au Portugal, en Andalousie (Tartessos ?), en Galice et en Grande-Bretagne. Ses contacts commerciaux s'étendent jusqu'au Danemark et aussi la Méditerranée.

Âge du bronze en Europe

L'Âge du bronze en Europe succède au Néolithique au début du IIIe millénaire av. J.-C. en Grèce, et à la fin de ce même millénaire en Europe de l'Ouest, où il englobe la totalité du IIe millénaire av. J.-C. (culture d'Unétice, civilisation des champs d'urnes, culture des tumulus, culture des terramares, culture lusacienne), et s'achève vers 700 av. J.-C. quand commence l'Âge du fer.

Âge du bronze
Âge du bronze
Moyen-Orient
Grèce
Europe orientale
Europe de l'Ouest
Asie centrale
Asie orientale

Dans d’autres langues

This page is based on a Wikipedia article written by authors (here).
Text is available under the CC BY-SA 3.0 license; additional terms may apply.
Images, videos and audio are available under their respective licenses.