Codex d'Alep

Le Codex d'Alep (en hébreu כֶּתֶר אֲרָם צוֹבָא Keter Aram Tsova) est la plus ancienne version connue de la Bible hébraïque selon la massora tibérienne. Il aurait été écrit entre 910 et 930 de notre ère.

Bien qu'il ne soit plus complet depuis 1947 (environ un tiers de ses pages manque, ce qui comprend la plus grande partie de la Torah), contrairement au codex de Léningrad, il demeure la plus grande autorité en matière de massora (« transmission », la tradition par laquelle les Écritures hébraïques ont été préservées à travers les générations[1]), et donc le plus fiable concernant le texte biblique, sa vocalisation et sa cantillation.

C'est sur la base du codex d'Alep que le rabbin et décisionnaire Moïse Maïmonide (1135-1204) a édicté les règles exactes de rédaction de rouleaux de la Torah[2]. Ces édits halakhiques confèrent au codex d'Alep un sceau d'autorité suprême, même si Maïmonide ne l'a utilisé qu'au sujet des sections ouvertes et fermées, et non pour le texte lui-même.

Le Codex d’Alep est inscrit le sur la liste des biens du patrimoine mondial.

Aleppo Codex (Deut)
Une page du codex (Deutéronome).

Rédaction et édition du codex

Selon les indications laissées dans les dernières pages du codex, ses consonnes auraient été copiées par un scribe du nom de שלמה בן-בויאעא Shlomo ben Bouya'a dans la région de Tibériade aux alentours de 920. Le texte fut ensuite vérifié, vocalisé, et doté de notes massorétiques par Aharon ben Moshe ben Asher. Celui-ci était le dernier et plus illustre descendant de la famille Ben Asher, scribes et massorètes éminents depuis cinq générations, ayant établi la version la plus exacte de la Massora, donc de la Bible hébraïque.

Le codex de Léningrad, daté de la même période, a la réputation d'être sorti du scriptorium de Ben Asher. Cependant, d'après son propre colophon, il a seulement été corrigé d'après des manuscrits rédigés par Ben Asher, et il n'existe aucune preuve permettant d'attester que Ben Asher l'aurait eu sous les yeux.

Contenu du codex

Le codex était complet jusqu'en 1947, mais à cette date, les émeutes anti-juives à Alep en Syrie l'ont considérablement abîmé.

Il est possible, à la lumière des recherches sur le codex d'Alep (principalement la description qu'en a faite Umberto Cassuto avant sa disparition), de reproduire sa structure. Il semble que le codex d'Alep avait 491 pages, dont 295 ont été préservées, et 196 perdues. Les parties perdues du codex d'Alep sont[3] :

  1. Les sept premières pages, qui incluaient les chapitres du Diqdouq haMassora, un commentaire grammatical-massorétique.
  2. Cent dix-huit pages, contenant le Pentateuque jusqu'à Deutéronome 28:17.
  3. Trois pages du second livre des Rois (2 rois 14:21-18:13).
  4. Trois pages du livre de Jérémie (29:9-31:34) – et la page précédant ce trou est partiellement déchirée.
  5. Trois pages des 12 prophètes (les petits prophètes) - Amos 8:13 à Michée 5:1.
  6. Quatre pages de la fin des 12 prophètes – la fin du Livre de Sophonie jusqu'au Livre de Zacharie 9:17 (y compris le Livre d'Aggée).
  7. Deux pages des psaumes (15:1-25:1).
  8. Trente-six pages des Autres Écrits – depuis le Cantique des cantiques 3:11 jusqu'à la fin (incluant l'Ecclésiaste, le Livre des Lamentations, le Livre d'Esther, le Livre de Daniel, le Livre d'Ezra et le Livre de Néhémie.
  9. Une page de la partie contenant les auteurs puis les propriétaires du codex.
  10. Vingt pages à la fin du codex, avec les annotations massorétiques.

Comme le codex de Léningrad, le codex d'Alep suit l'ordre des livres selon la tradition de Tibériade, qui diffère des autres Bibles hébraïques dans la section des Ketouvim ou l'ordre est : Chroniques, Psaumes, Job, Proverbes, Ruth, Cantique des Cantiques, Ecclésiaste, Lamentations, Esther, Daniel, Ezra-Néhémie.

Histoire du codex

D'après la page du codex indiquant ses auteurs et ses propriétaires, le livre a été dédié, vers le milieu du XIe siècle, à la communauté karaïte de Jérusalem par le karaïte Yisrael Ben Simha, de Bassora (Irak actuel). On ignore s'il était demeuré auparavant dans la famille Ben Asher ou s'il avait déjà été vendu à des Karaïtes avant sa dédicace par ceux-ci à la communauté de Jérusalem[4]. Cette seconde hypothèse est particulièrement soutenue par les Karaïtes eux-mêmes, car elle leur permet de soutenir la possibilité que le célèbre Massorète Aharon ben Moshe ben Asher ait été un Karaïte lui-même.

À la suite de la destruction du centre karaïte de Jérusalem au moment de la première croisade, le livre se retrouve en Égypte dans des circonstances inconnues, peut-être après le paiement d'une rançon aux croisés (ce type de manuscrit avait déjà une énorme valeur). C'est là qu'il est utilisé par Maïmonide (celui-ci décrit, dans son Mishneh Torah, un livre de 24 rouleaux, revu par Aharon ben Moshe ben Asher, et qui venait de la terre d'Israël ; une telle description correspond parfaitement au codex).

La communauté d'Alep, propriétaire du codex, possède une tradition, selon laquelle il aurait appartenu à Maïmonide. Consignée pour la première fois au XVe siècle, elle est basée sur le témoignage de Saadia Adani, contemporain de Maïmonide. L'hypothèse selon laquelle le codex a été utilisé par Maïmonide est donc crédible, mais pas certaine : le professeur Cassuto, qui avait travaillé sur le livre, a plusieurs fois indiqué (sans explication) avant sa mort en 1951, qu'il ne croyait pas à cette théorie. Dans son livre de 1989 The Aleppo Codex in the Light of the Notes made by M. D. Cassuto, Yosef Ofer conclut que le professeur Cassuto s'est trompé et que le livre est bien celui mentionné par Maïmonide[4].
D'Égypte, le codex aurait gagné Alep (Syrie actuelle), peut-être vers la fin du XIVe siècle, où il est resté jusqu'au XXe siècle.

La communauté d’Alep a conservé si soigneusement ce précieux document pendant six siècles, qu’il était impossible pour des étrangers de le consulter : c’est ainsi qu'on dut renoncer à en faire une version photographique complète. Ce n’est qu’après 1947 qu'on a découvert qu’il en existait des photographies partielles, datées de 1887 (Genèse 26,37–27,30) puis de 1910 (Deutéronome 4,38–6,3)[5].

Le 2 décembre 1947, lors des émeutes anti-juives qui font suite à la décision de l'ONU de créer un État juif sur une partie de la Palestine, le codex conservé dans la grande synagogue d'Alep (en) a été jeté au sol et éparpillé. Malgré ce qui est souvent dit, on n'a pas trouvé de trace de feu, mais une partie des pages ont disparu, sans doute emmenées par des émeutiers ou par des membres de la communauté[4]. Il est possible qu'elles aient brûlé, mais le reste du codex ne porte pas de trace de flammes.

Le codex a alors été caché pendant une dizaine d'années par la communauté juive de Syrie, jusqu'à ce qu'il parvienne en Israël en 1958. Sur les parties manquantes, une page a été restituée en décembre 1982 par une famille juive d'Alep émigrée à Brooklyn, aux États-Unis[6]. Le codex est aujourd'hui exposé dans le Sanctuaire du Livre du Musée d'Israël, sous la copie du Rouleau d'Isaïe.

Inscription au patrimoine mondial

Le codex est inscrit le sur la liste des biens culturels du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco). La liste où il figure est le « Registre international des biens culturels sous protection spéciale »[7].

Notes et références

  1. M. H. Goshen-Gottstein, « The Aleppo Codex and the Rise of the Massoretic Bible Text », The Biblical Archaeologist 42.3 (Summer 1979), p. 145-163.
  2. Mishneh Torah, Hilkhot Tefillin, Mezouzah veSifrei Torah, chap. 8 : "Le codex utilisé pour ces travaux est le codex connu en Égypte, qui inclut 24 livres, et était à Jérusalem."
  3. The Extant Parts of the Aleppo Codex, sur le site consacré au codex. Consulté le 03/08/2007.
  4. The Vicissitudes of the Aleppo Codex sur le site dédié au codex. Consulté le 03/08/2007.
  5. D’après Ernst Würthwein, Der Text des Alten Testaments : Eine Einführung in die Biblia Hebraica, Stuttgart, Württembergische Bibelanstalt, (réimpr. 4e augmentée) (ISBN 3-438-06006-X), p. 39, note 3.
  6. The Aleppo codex, sur le site Bible research, consulté le 03/08/2007.
  7. Marie Malzac, « Le Codex d’Alep entre au patrimoine de l’Unesco », sur la-croix.com/Urbi-et-Orbi, La Croix, (consulté le 11 février 2016).

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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Aharon ben Moshe ben Asher

Aharon ben Asher (hébreu : אהרון בן משה בן אשר Aharon ben Moshe ben Asher, arabe : Abū Saʿīd Hārūn) est un scribe juif. Membre d’une éminente famille de massorètes tibériens, il est l'auteur du codex d'Alep, considéré comme la copie la plus fiable du texte de la Bible hébraïque, ainsi que de nombreux ouvrages fixant le système de vocalisation et de cantillation de l'hébreu biblique. Les marques de vocalisation, qui sont écrites sous, sur, et dans la lettre, sont toujours d'usage en hébreu moderne.

Biblia Hebraica Stuttgartensia

La Biblia Hebraica Stuttgartensia (BHS) est une édition du texte massorétique de la Bible hébraïque tel qu'il est préservé dans le Codex de Léningrad, augmenté de notes massorétiques. Il est publié par la société biblique allemande à Stuttgart.

La BHS est généralement considérée, aussi bien par les chrétiens que par les juifs, comme une édition extrêmement fiable des Écritures hébraïques, ainsi qu'un texte critique d'une grande utilité. Elle est la version de l'Ancien Testament la plus diffusée actuellement.

Sur certains détails massorétiques toutefois, des érudits ont montré une préférence pour des éditions basées sur le Codex d'Alep.

Elle a pris la suite de la Biblia hebraica de Rudolf Kittel (BHK), reproduisant le textus receptus publié au XVIe siècle. Une nouvelle édition, la Biblia Hebraica Quinta (en) est en cours d'édition (Quinta, c'est-à-dire cinquième, puisque la BHK a connu 3 éditions), elle aussi basée sur le leningradensis, mais renouvelle l'apparat critique (en prenant en compte notamment Qumrân). Sont déjà publiés : les megilloth, Esdras et Néhémie, le Deutéronome, les Proverbes et les 12 petits prophètes.

Codex Cairensis

Le Codex Cairensis, également appelé : Codex Prophetarum Cairensis ou Codex du Caire des prophètes, est le plus vieux manuscrit hébreu daté contenant le texte des Nevi'im (livres prophétiques).

Codex de Léningrad

Le Codex de Léningrad (Codex Leningradensis), daté en 1008 de notre ère, est la plus ancienne copie du texte massorétique de la Bible hébraïque subsistant dans son entièreté. Il a, selon son colophon, été écrit sur base du Codex d'Alep, rédigé quelques décennies plus tôt, mais dont certaines pièces ont été endommagées ou manquent depuis 1947.

Le Codex de Léningrad a servi de base à la Biblia hebraica en 1937 et à la Biblia Hebraica Stuttgartensia en 1977, qui en sont une transcription presque exacte. Il sert également de source primaire pour les chercheurs tentant de reconstituer les détails de la partie manquante du Codex d'Alep.

Culture israélienne

Cet article traite de différents aspects de la culture israélienne.

Datation de la Bible

La datation de la Bible consiste à déterminer la période de composition et de rédaction de chaque livre qui la compose, et si possible de chaque unité textuelle composant ces livres.

La Bible se présente comme une compilation de textes rédigés ou remaniés à différentes époques. La Bible hébraïque comprend trois parties, qui se sont constituées progressivement. Ce sont, de la plus ancienne à la plus récente : la Torah (תּוֹרָה, la Loi ou Pentateuque), les Nevi'im (נביאים, les Prophètes) et les Ketouvim (כתובים les Autres Écrits ou Hagiographes). À cette liste s'ajoutent les livres deutérocanoniques des catholiques, ainsi que le Nouveau Testament, propre aux chrétiens.

Depuis le XIXe siècle, des fouilles archéologiques au Moyen-Orient ont fourni de nouveaux éléments sur le contexte dans lequel la Bible a pris forme. Ces découvertes permettent de mieux préciser l'histoire des royaumes d'Israël et de Juda, aidant à mieux comprendre la formation du texte biblique qui s'y inscrit. La tradition faisant de Moïse l'auteur de la Torah, de David l'auteur des Psaumes et de Salomon celui des Proverbes est ainsi démentie, et une nouvelle approche historique et critique s'opère, reposant sur une base plus historique et scientifique que proprement religieuse.

La datation des textes bibliques dépend de méthodes telles que la philologie, la paléographie, la comparaison avec d'autres textes antiques, et l'archéologie. Les dates de rédaction des textes de la Bible hébraïque sont parfois difficiles à établir, et certaines datations font l'objet de débats entre les spécialistes. La majorité d'entre eux s'accordent toutefois pour situer son écriture entre les VIIIe et IIe siècle av. J.-C., et celle du Nouveau Testament entre le milieu du Ier et le début du IIe siècle.

Le plus ancien objet sur lequel on retrouve un texte biblique est l'amulette de Ketef Hinnom, datée vers 600 av. J.-C. Le plus ancien manuscrit de la Bible hébraïque retrouvé à ce jour est probablement le fragment d'un rouleau des livres de Samuel, datant du milieu ou de la fin du IIIe siècle av. J.-C., et trouvé à Qumrân en Samarie. Le plus ancien texte du Nouveau Testament retrouvé à ce jour est le papyrus P52 de la bibliothèque Rylands, contenant un fragment de l’Évangile selon Jean, qui date de la première moitié du IIe siècle. Les plus anciennes versions relativement complètes des écrits vétérotestamentaires rédigés en grec qui sont parvenues sont deux copies de la Septante datées du IVe siècle : le Codex Sinaiticus et le Codex Vaticanus. Depuis qu'une partie du Codex d'Alep a été perdue en 1947, le plus ancien manuscrit complet du texte massorétique, qui sert de base aux éditions des Bibles modernes, est le Codex Leningradensis, datant du XIe siècle.

Ketouvim

Les Ketouvim (en hébreu כתובים) forment la troisième et dernière partie du Tanakh (Bible hébraïque), après la Torah (Pentateuque) et les Nevi'im (Prophètes).

On traduit souvent Ketouvim par le terme Autres Écrits en français, le mot כתובים signifiant littéralement « écrits ». On les désigne aussi par l'expression Livres Hagiographes ou simplement Hagiographes.

Dans la tradition textuelle juive, le Livre des Chroniques est compté comme un seul livre. Ezra et Néhémie sont également regroupés dans un seul livre appelé "Esdras". Il y a donc onze livres au total dans cette section, selon l'énumération suivante.

Livre d'Esther

Le livre ou rouleau d’Esther (hébreu : מגילת אסתר Meguilat Esther) est le vingt-et-unième livre de la Bible hébraïque. Il fait partie des Ketouvim selon la tradition juive et des Livres historiques de l’Ancien Testament selon la tradition chrétienne.

Il rapporte une série d’événements se déroulant sur plusieurs années : Esther, d'origine juive, devient la favorite du souverain, Assuérus. Or, sous son règne, le grand vizir — Haman — intrigue et obtient de pouvoir exterminer toute la population juive. Devant pareille menace, Mardochée fait appel à sa cousine Esther afin qu'elle obtienne du roi l'annulation du décret qui les condamne. Le roi — informé par Esther — prend toutes les mesures nécessaires pour protéger la population juive, et condamne le vizir, ainsi que tous ses fils, à être pendus au poteau destiné initialement à Mardochée. Enfin, les Juifs instaurent une fête annuelle, appelée Pourim, afin de commémorer ce miracle.

Livres des Chroniques

Les Livres des Chroniques forment un livre du Tanakh, originellement rédigé aux alentours du IVe siècle av. J.-C. comme un seul livre et dont la division en deux parties est tardive, initialement dans la Septante (LXX) puis, depuis la Vulgate dans les canons chrétiens et, finalement, à partir du XVe siècle, dans le texte hébreu. On distingue ainsi généralement le Premier Livre des Chroniques (1 Ch) et le Deuxième Livre des Chroniques (2 Ch).

Les Chroniques proposent une histoire d'Israël depuis la création jusqu'au terme de l'Exil à Babylone, présentant d'abord de longues généalogies jusqu'à l'époque du roi David puis insistant ensuite sur la période des rois de Juda.

Manuscrits bibliques

Un manuscrit biblique est la copie d'un texte fondateur des religions juive et chrétienne, écrit avant l'usage de l'imprimerie en Occident. Le mot manuscrit vient du latin manus (main) et scriptum (écrit), Bible vient du grec βιϐλια (livres).

La taille d'un manuscrit biblique varie du minuscule parchemin, contenant des versets individuels ou des écritures juives (voir téfiline), à d'énormes codex, comme des Bibles polyglottes. Il peut contenir tout ou partie d'un texte canonique de la Bible hébraïque (Tanakh), du Nouveau Testament ou un travail extracanonique.

Il existe de nombreux manuscrits bibliques, complets ou fragmentés. Ainsi les manuscrits du Nouveau Testament constituent un ensemble de plus de 5 800 textes grecs, plus de 10 000 en latin et 9 300 dans diverses autres langues anciennes - syriaque, copte, arménien, éthiopien, slave ou gotique ; ces manuscrits datent de l'an 125 au XVe siècle, avec l'introduction de l'imprimerie.

La science de la critique textuelle s'intéresse aux évolutions du texte. Ses variations résultent des interprétations et des sélections faites volontairement par les copistes, mais aussi de leurs erreurs de transcription. Aussi ces études tentent-elle de reconstituer les différentes origines du texte.

Les manuscrits bibliques sont répartis en différentes catégories, selon leur support ou leur type d'écriture. On distingue d'abord :

les papyrus, fabriqués à l'aide de moelle de roseau, organisés sous forme de rouleaux ;

les parchemins, fabriqués à l'aide de peaux de veau ou de mouton, organisés sous forme de feuillets séparés.Pour les manuscrits du Nouveau Testament rédigés en grec, on distingue :

ceux rédigés en lettres capitales dites « onciales », ce sont les plus anciens ;

ceux rédigés en lettres minuscules, les plus nombreux.

Massorah

La Massore ou Massorah (hébreu : מסורה, chaîne ou tradition) est un procédé technique, consistant en un système de notes critiques sur la forme externe du texte biblique, visant à sa préservation exacte, non seulement dans l'orthographe des mots, mais aussi dans sa vocalisation et son accentuation, tant pour sa lecture publique que pour son étude privée. La version du texte reconnue comme faisant autorité au sein du judaïsme est appelée le texte massorétique. Elle est également largement utilisée comme base pour la traduction de l'Ancien Testament des Bibles protestantes et, plus récemment, catholiques.

La massore est le produit d'un travail de fixation du texte ayant été initié probablement avant la période macchabéenne, par des sages juifs, les Soferim, principalement évoqués dans le Talmud. Ce travail aurait pu commencer avec Esdras. Elle est ensuite transmise dans ses moindres détails par d'autres sages, les Massorètes, dont les différentes écoles, possédant chacune son système d'annotation particulier et sa version « standard » du texte massorétique, ont œuvré entre le VIIe siècle et le Xe siècle EC. Après la « canonisation » du texte selon l'école de Ben Asher, les différentes versions sont compilées et critiquées, menant à l'aboutissement du processus aux alentours de 1425.

Le texte massorétique est traditionnellement considéré comme une réplique exacte de la Bible originelle. Cependant, il comporte des différences, dont certaines significatives, avec d'autres versions ou traductions anciennes de la Bible, comme la Bible Samaritaine, la Septante et les manuscrits de Qumrân, lesquelles possèdent des similitudes entre elles à des endroits où elles divergent du texte massorétique ; cela a conduit les milieux académiques à considérer le texte massorétique comme une variante parmi d'autres, imposée comme norme après la destruction du Second Temple de Jérusalem.

Les plus vieux manuscrits connus contenant des extraits substantiels du texte massorétique remontent approximativement au IXe siècle EC, et le Codex d'Alep (peut-être la toute première copie complète du texte massorétique dans un manuscrit) date du Xe siècle EC.

Mikraot Gedolot

Les Mikraot Gdolot (hébreu : מקראות גדולות « Grandes Lectures » ou « Grands Textes »), couramment appelées « Bibles rabbiniques », sont des éditions hébraïques de la Bible hébraïque qui comportent, outre le texte massorétique, les notes massorétiques et bibliographiques sur le texte, les principales traductions judéo-araméennes, et les commentaires bibliques des plus importants commentateurs dont les classiques Rachi, Ramban et Ibn Ezra, ainsi que le Rashbam. Inspirées des premières éditions du Talmud de Babylone, les Mikraot Gdolot présentent donc l’ensemble des éléments afférents au verset mais à la différence des anthologies, ces éléments sont soigneusement séparés, notamment par l’emploi de différentes polices, casses et fontes. C’est peut-être d’ailleurs l’emploi de caractères de plus grande taille pour le texte biblique qui aurait valu son nom à ce format.

Musique syrienne

La musique syrienne a une très longue histoire derrière elle. Véritable carrefour culturel, nichée au cœur du monde arabe, elle abrite néanmoins certainement les plus anciens chants chrétiens mais aussi une présence discrète de communautés juive ou kurde aux traditions musicales anciennes. Quant à la musique arabe, elle y a développé l'un de ses styles les plus fins en relation avec celui de l’Égypte et en concurrence avec celui de l’Irak notamment pour le chant et le luth (oud) ; c'est tout naturellement à la mosquée qu'échoit ici la formation des chanteurs classiques.

Parasha

Pour la section hebdomadaire de lecture de la Torah, voir Parasha de la semaine.La parasha (héb. פרשה, « exposé, » rendu en français par péricope, plur.: parashiot ou parashiyyot) est l'unité traditionnelle de division du texte de la Bible hébraïque selon la seule version admise dans le judaïsme, à savoir le texte massorétique. La division du texte en parashiot est indépendante de la numérotation des chapitres et des versets, qui ne font pas partie de la tradition des Massorètes. Les parashiot ne comportent pas non plus de numérotation. Cette division est la seule autorisée pour les rouleaux de la Torah. Néanmoins, les éditions juives imprimées du Pentateuque et de la Bible hébraïque possèdent les deux notations.

D'après la tradition juive, au retour de la captivité à Babylone, la Torah fut divisée en 54 sections hebdomadaires, également appelées sidrot (sing.: sidra), lesquelles comportent au total 669 sous-sections. Ces sections sont désignées par divers types d'espacement entre elles dans les rouleaux de Torah, ainsi que dans les rouleaux des Nevi'im ou des Ketouvim (en particulier les meguilot), et dans les codex massorétiques, mais certaines se distinguent par leur titre comme la Parashat Zakhor, la Parashat Kriyat Hayam, etc.

Une division du texte en parashiot qui serait incorrecte, que ce soit en indiquant une parasha à un endroit inapproprié ou par l'emploi d'une technique d'espacement inappropriée, rend le Sefer Torah halakhiquement impropre à la lecture selon Moïse Maïmonide.

La division en parashiot trouvée de nos jours dans les rouleaux de Torah des communautés juives ashkénazes et sépharades est basée sur la décision de Maïmonide. Lui-même se base sur le Codex d'Alep.

Pogrom d'Alep

Le pogrom d'Alep est une émeute dirigée contre les Juifs syriens ayant fait 75 morts dans la communauté juive de la ville d'Alep en Syrie en décembre 1947, dans un contexte de violence anti-juive dans plusieurs pays du monde arabe, en relation avec le conflit arabo-sioniste.

Il s'agit d'une des plus violentes attaques contemporaines contre la communauté juive Mizrahim avec le Farhoud de 1941 en Irak et le pogrom d'Aden en 1947.

La communauté juive était installée dans la ville depuis deux mille ans et comptait 10 000 membres. En 1853, la communauté avait déjà subi un pogrom.

Sanctuaire du Livre

Le Sanctuaire du Livre (en hébreu : היכל הספר, heykhal ha-Sefer) est une aile du musée d'Israël près de Givat Ram à l'ouest de Jérusalem, qui détient les Rouleaux de la mer Morte — découverts entre 1947 et 1956 dans onze grottes dans et autour du Wadi Qumrân.

Tanakh

Tanakh (en hébreu תנ״ך), est l'acronyme

de l’hébreu « תּוֹרָה - נביאים - כתובים », en français : « Torah - Nevi'im - Ketouvim », formé à partir de l'initiale du titre des trois parties constitutives de la Bible hébraïque :

T ת : la Torah תּוֹרָה (la Loi ou Pentateuque) ;

N נ : les Nevi'im נביאים (les Prophètes) ;

K ך : les Ketouvim כתובים (les Autres Écrits ou Hagiographes).On écrit aussi Tanak (sans h à la fin). Le Tanakh est aussi appelé Miqra מקרא,

Terminologie : Tanakh, Ancien Testament et Bible hébraïque.

La division que reflète l'acronyme Tanakh est bien attestée dans des documents de l'époque du Second Temple, dans le Nouveau Testament chrétien et dans la littérature rabbinique, à ceci près qu'au cours de cette période l'acronyme en question n'était pas utilisé ; le terme correct était Miqra (« Lecture », renvoyant à une fonction liturgique du texte), par opposition à Mishna (« Enseignement », « Répétition ») ou Midrash (« Exégèse »). Le terme Miqra continue à être utilisé à ce jour[Quand ?] aux côtés de Tanakh pour dénommer les Écritures hébraïques. En hébreu moderne parlé, Miqra possède néanmoins une connotation plus formelle que Tanakh.

Les livres inclus dans le Tanakh étant pour la plupart écrits en hébreu, on l'appelle également la Bible hébraïque. Bien que l'araméen se soit introduit en bonne partie dans les livres de Daniel et d'Esdras, ainsi que dans une phrase du Livre de Jérémie et un toponyme de deux mots dans le Sefer Bereshit (Livre de la Genèse), ces passages sont écrits dans la même écriture hébraïque. Les passages en araméen sont les suivants : Esdras 4.8, 4.7 et 12.26 ; Jérémie 10.11 ; Daniel 2.4 à 7.28

Selon la tradition juive, le Tanakh est constitué de vingt-quatre livres : la Torah contenant cinq livres, les Nevi'im huit, et les Ketouvim onze.

La Bible hébraïque a exactement le même contenu que l’Ancien Testament protestant mais les livres sont présentés et classés différemment, les protestants comptant trente-neuf livres, et non vingt-quatre.

Ceci est dû au fait que les Chrétiens ont choisi de subdiviser certains livres de la religion juive.

Cependant, l'expression Ancien Testament, utilisée dans la tradition chrétienne, peut paraître péjorative pour des Juifs. D'une part, elle peut être perçue comme une volonté de s'approprier arbitrairement les textes de la religion juive et d'autre part, selon la foi juive, il ne saurait exister de Nouveau Testament hors des textes massorétiques. Tout ceci étant relatif, puisque le christianisme est issu du judaïsme et que les proto-chrétiens étaient eux-mêmes tous Juifs, il résulte que l'expression « Premier Testament » est parfois considérée comme plus respectueuse envers la tradition juive.

En tant que telle, une distinction technique peut être tracée entre le Tanakh et le corpus similaire mais non identique que les Chrétiens protestants nomment Ancien Testament. L'expression de Bible hébraïque est donc préférée par certains érudits, car elle recouvre les aspects communs du Tanakh et de l'Ancien Testament en évitant les biais partisans.

L’Ancien Testament catholique et orthodoxe contient sept Livres non inclus dans le Tanakh. Ils sont appelés Livres deutérocanoniques (lit. « canonisés secondairement » c'est-à-dire canonisés ultérieurement). Ils sont tirés de la Septante, version grecque étendue du Tanakh. Ainsi, dans les Bibles chrétiennes, les Livres de Daniel et d'Esther peuvent contenir des textes deutérocanoniques, n'ayant été inclus ni dans le canon juif ni dans le canon protestant.

Texte massorétique

Le texte massorétique (abrégé TM) est le texte biblique hébreu transmis par la Massorah, produit du travail des massorètes. Il trouve probablement son origine dans un texte dit « proto-massorétique » datant de la fin du Ier siècle av. J.-C., qui sert de base à de nombreuses traductions de la Bible.

Yad Ben-Zvi

Yad Yitzhak Ben-Zvi (hébreu : יד יצחק בן-צבי) est une institution d'État israélienne qui s'occupe, depuis 1947, de la recherche et de l'étude de l'histoire de la Terre d'Israël et de Jérusalem, de la conservation du patrimoine historique du pays et contribue au développement de la connaissance au sujet des communautés juives vivants ou ayant vécu en pays musulmans. L'institut, qui porte le nom du deuxième président de l'État d'Israël, Yitzhak Ben-Zvi, se situe dans la demeure de ce dernier et de son épouse Rachel dans le jardin Kouzari au 12 rue Abrabanel. Il fut construit d'après le projet d'aménagement urbain du quartier de Réhavia à Jérusalem, réalisé par l'architecte Richard Kaufmann.

Dans la maison du président Yitzhak Ben-Zvi (anciennement Beit Valero), se trouvent les bureaux administratifs de l'Institut et les instituts de recherche.La bibliothèque, la librairie et la maison d'édition se situent sur le terrain de la Maison des Pionniers (he) et proposent des livres variés et des périodiques sur l'histoire du peuple juif et de la terre d'Israël. La "Maison des pionniers" a été achetée par Yad Ben Zvi et comprend, depuis 2011, l'École d'études juives Chaim Kowarsky.

Dans la cour de l'institution se trouve la baraque construite après l'élection de Ben Zvi en souvenir de la baraque d'origine où s'était installée sa famille. En effet, après l'élection de Ben-Zvi, le couple présidentiel refusa de quitter son domicile pour se rendre dans une résidence prestigieuse et représentative. Par conséquent, le gouvernement d'Israël acheta la résidence du président de la main de la famille Valéro. La baraque d'origine a été transférée au kibboutz Beit Keshet en 1950, et fonctionna en tant que Centre pour jeunes à la mémoire du fils de Ben-Zvi, mort durant la Guerre d'Indépendance. La nouvelle baraque qui fut construite, a été le lieu de réunions et de conférences pendant son mandat de président.Le premier fondateur et directeur de Yad Ben-Zvi était Yehuda Ben-Porat (1913-2009). Le docteur Zvi Zameret dirigea l'institution jusqu'en février 2010. Ensuite, Yaakov Yaniv fut nommé à la tête de l'institut.

Dans d’autres langues

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