Benjamin Mazar

Benjamin Mazar, en hébreu : בנימין מזר, né Binyamin Zeev Maisler ( - ) est un historien israélien précurseur, reconnu comme le « doyen » des archéologues bibliques.

Il est l'un des « porteurs » de la passion israélienne pour l'archéologie du pays, qui suscite également un intérêt international considérable en raison des liens de la région avec la Bible. Il est connu pour ses fouilles sur le site le plus significatif bibliquement parlant d'Israël : le sud et le sud-ouest du Mont du Temple à Jérusalem.

Benjamin Mazar
Mazar 1936
Benjamin Mazar en 1936, à Beït-Shéarim.
Biographie
Naissance
Décès
(à 89 ans)
Jérusalem
Sépulture
Nationalité
Formation
Activités
Parentèle
Eilat Mazar (petite-fille)
Yitzhak Ben-Zvi (beau-frère)
Autres informations
Domaine
Membre de
Distinctions

Biographie

Jeunesse

Benjamin Mazar est né à Ciechanowiec en Pologne. Il fut étudiant des universités de Berlin et de Giessen en Allemagne. Il émigra en Palestine à l'âge de 23 ans et, en 1943, intégra l'Université hébraïque de Jérusalem, dont le premier campus au mont Scopus fut isolé dans le secteur jordanien à l'issue de la guerre israélo-arabe de 1948-1949.

Carrière académique

En 1932, il dirigea la première fouille archéologique soutenue par les Juifs en Israël à Beït-Shéarim. Il y exhuma les plus grandes catacombes découvertes à ce jour dans le pays, datées de la période du IIe siècle au IVe siècle de notre ère et connues pour être le lieu d'inhumation du dirigeant juif rabbi Juda Hanassi. En 1948, il fut le premier archéologue à recevoir un permis accordé par le nouvel état d'Israël (ville philistine de Tel Qasile, 1948). Benjamin Mazar fut formé en tant qu'assyriologue et était expert en histoire biblique, ayant écrit plus de 100 publications sur le sujet. Il conduisit par la suite des fouiles à Ein Gedi et entre 1968 et 1978, dirigea les fouilles au sud du Mont du Temple dans Jérusalem et à proximité du coin sud-ouest où il exhuma d'importants vestiges de la période du Second Temple.

Il développa le champ de la géographie historique d'Israël. Il fut président pendant des décennies de la Société exploratrice d'Israël et du Conseil archéologique d'Israël (qu'il fonda en tant qu'autorité responsable pour toutes les fouilles et relevés archéologiques en Israël). Entre 1951 et 1977, Benjamin Mazar fut professeur d'histoire biblique et d'archéologie à l'Université hébraïque de Jérusalem. En 1952, il devint recteur de l'Université puis son président pour huit ans à partir de 1953.

Il fut à l'origine du nouveau campus de l'Université hébraïque à Givat Ram, de l'école de médecine et de l'hôpital Hadassah à Ein Kerem et développa son université jusqu'à en faire l'une des meilleures au monde[1] Il fut considéré par ses étudiants comme un professeur exemplaire et un chercheur de pointe, et nombre d'entre eux sont à l'heure actuelle considérés comme des historiens et archéologues de pointe en Israël.

Environnement familial

Son fils Ory Mazar, sa petite-fille Eilat Mazar, son petit-fils Dan Mazar et son neveu Amihai Mazar ont tous joué un rôle important dans l'étude et la diffusion de l'archéologie et de l'histoire d'Israël. Eilat Mazar fut ainsi une porte-parole régulière des préoccupations concernant l'archéologie du Mont du Temple à Jérusalem, et Amihai Mazar fut lauréat 2009 du prix Israël pour l'archéologie. Benjamin Mazar fut le beau-frère du président israélien Yitzhak Ben-Zvi.

Récompenses et distinctions

Benjamin Mazar était membre de l'Académie israélienne des sciences et lettres. Il fut lauréat en 1968 du prix Israël pour les études juives[2], et la même année, le prix Yakir Yeroushalayim[3].

Notes et références

  1. On pourra se reporter à l'article Classement académique des universités mondiales.
  2. (he) « Site officiel du prix Israël - Lauréats de 1968 »
  3. (he) « Lauréats du prix Yakir Yeroushalayim (site de la ville de Jérusalem) ».

Voir aussi

  • Portail de l’archéologie
  • Portail de la Bible
  • Portail d’Israël
Académie israélienne des sciences et lettres

L'Académie israélienne des sciences et lettres, basée à Jérusalem, fut créée en 1961 par l'État d'Israël afin d'encourager les contacts entre chercheurs en sciences et lettres en Israël, d'entretenir le gouvernement des projets de recherche d'importance nationale, et de promouvoir l'excellence académique. Elle compte 102 des plus éminents chercheurs d'Israël. Le siège de l'Académie est situé à proximité immédiate de la résidence du président d'Israël.

En sciences, l'Académie finance des projets sur la géologie, la flore et la faune d'Israël, et facilite la participation des scientifiques israéliens aux projets internationaux de recherche, comme la physique des hautes énergies au CERN ou les radiations synchrotron à l'European Synchrotron Radiation Facility. En lettres, l'Académie finance les études sur le Tanakh et le Talmud, l'histoire juive, la philosophie juive, l'art juif et l'hébreu, ainsi que de la littérature hébraïque et de la poésie épique juive et hébraïque.

L'Académie est responsable du fonds de financement des bourses d'enseignement Einstein pour l'encouragement des relations entre la communauté académique israélienne et les scientifiques du monde entier, du Fond pour la science d'Israël (au budget annuel de 53 millions USD) et d'autres fonds de recherche s'appuyant sur l'Adler Fund for Space Research, la Wolf Foundation et le Fulks Fund for Medical Research. L'Académie dirige également le Centre académique d'Israël au Caire, qui aide les chercheurs israéliens pour leurs recherches sur l'Égypte et la culture égyptienne, et vise à améliorer la coopération avec les chercheurs égyptiens.

L'Académie possède un statut d'observateur à la Fondation européenne de la science, et conduit des programmes d'échange avec la Royal Society, la British Academy, l'Académie suédoise et le Conseil national de la Recherche de Singapour.

Acra

L'Acra (en hébreu : חקרא ou חקרה, en grec : Aκρα) est une enceinte fortifiée bâtie à Jérusalem construite par Antiochos IV, roi de l'empire séleucide, après qu'il a dévasté la ville en 168 av. J.-C., la forteresse a joué un rôle important dans les événements entourant la révolte des Maccabées et la formation du royaume hasmonéen. Elle a été détruite par Simon au cours de cette lutte.

La localisation exacte de l'Acra, indispensable à la compréhension du Jérusalem hellénique, a été un long sujet de débat. Les historiens et les archéologues ont proposé divers sites autour de Jérusalem, en se basant principalement sur des éléments littéraires. Cette approche a commencé à changer lors des fouilles qui commencèrent à la fin des années 60. Les nouvelles découvertes ont suscitée une remise en question des anciennes sources littéraires, de la géographie de Jérusalem et des artefacts découverts précédemment. Yoram Tsafrir (en), un archéologue israélien, avait interprété un joint de maçonnerie dans la coin sud-est dans la plateforme du Mont du Temple comme un indice possible pour la position de l'Acra. Durant les fouilles de Benjamin Mazar en 1968 et 1978, à côté du mur sud du Mont, des éléments pouvant être reliés a l'Acra, comme des pièces semblables a une caserne et une énorme citerne, ont été découverts.

En novembre 2015, l'Autorité des antiquités d'Israël annonce la découverte de ses vestiges de l'Acra, dans les fouilles du parking Givati. Un mur massif aux proportions énormes (4 mètres de large sur 20 mètres de long) qui était probablement la base d'une tour a été dégagé ainsi que de nombreuses pointes de flèche et des boulets de catapulte estampillés d'une marque en forme de fourche caractéristique du règne d'Antiochus IV Epiphane.

Le site a ouvert le 6 décembre 2015, premier jour de la fête juive de Hanoucca.

Amihai Mazar

Amihai Mazar (hébreu עמיחי (עמי) מזר) est un archéologue israélien né à Haïfa en 1942. Il est professeur d'archéologie à l'Institut d'archéologie de l'Université hébraïque de Jérusalem.

Archéologie biblique

L'archéologie biblique est une activité d'archéologie consistant en l'étude du passé de la Terre sainte (actuels Palestine, Israël, Liban, Syrie, Jordanie), et plus généralement de tous les territoires concernés par la Bible (Égypte, Mésopotamie), au travers de la lecture de la Bible. Cette discipline est désormais pratiquement abandonnée. Elle fait partie avec l'archéologie chrétienne de l'archéologie des religions (en).

Eilat Mazar

Eilat Mazar est une archéologue israélienne, née le 10 septembre 1956 , spécialiste d'archéologie biblique et phénicienne. Elle a travaillé sur les fouilles du Mont du Temple à Jérusalem, ainsi que sur celles d'Achzib et de Bethléem.

Elle est la petite-fille de l'archéologue Benjamin Mazar, professeur d'archéologie à l'Université hébraïque de Jérusalem et pionnier des recherches archéologiques en Israël. Elle est aussi la nièce de l'archéologue israélien Amihai Mazar avec qui elle a travaillé. Elle définit ainsi sa méthode de travail : I work with the Bible in one hand and the tools of excavation in the other, and I try to consider everything. (« Je travaille avec la Bible dans une main et la pioche dans l'autre, et j'essaie de tout prendre en compte »).

Hershel Shanks

Hershel Shanks est un avocat et auteur américain, né en mars 1930 à Sharon en Pennsylvanie.

Après avoir exercé le métier d'avocat, il s'intéresse à l'archéologie biblique et fonde en 1975 la Biblical Archaeology Review, dont il est le rédacteur en chef. Shanks est l'auteur de nombreux livres et articles sur le sujet.

Israel Exploration Society

L'Israel Exploration Society est une association créée en avril 1913, le 11 nissan selon le calendrier hébraïque, par un groupe d'intellectuels juifs vivant en Palestine ottomane. Elle avait notamment pour objectif de faire office de service des antiquités et d'établir une bibliothèque et un musée à Jérusalem, les fouilles archéologiques dans la région étant alors réalisées par des institutions et des chercheurs étrangers. Elle est créée sous le nom de Jewish Palestine Exploration Society; après l'indépendance d'Israël en 1948, elle devient l'Israel Exploration Society sous la direction de Benjamin Mazar.

L'Israel Exploration Society publie plusieurs revues, des comptes-rendus de fouille et des publications spécialisées, à la fois en anglais et en hébreu. Ces publications constituent des références en matière d'archéologie en Israël.

La Bible dévoilée

La Bible dévoilée, Les nouvelles révélations de l'archéologie, est un ouvrage de synthèse de l'archéologue Israël Finkelstein et de l'historien et archéologue Neil Asher Silberman, d'abord paru en anglais en 2001 sous le titre de The Bible Unearthed. Traduit en français dès 2002, il présente le résultat de recherches archéologiques permettant, selon les auteurs, d'éclairer les événements rapportés par la Bible.

Il a été complété en 2006 par un second ouvrage, Les Rois sacrés de la Bible, À la recherche de David et Salomon , qui rend compte de datations au carbone 14 réalisées postérieurement avec de nouvelles techniques. La Bible dévoilée, Les révélations de l'archéologie est un film de Thierry Ragobert adapté du livre.

Il s'agit d'un ouvrage scientifique sur des données archéologiques récemment « tirées de terre », d'où le terme unearthed dans le titre original, littéralement « La Bible exhumée ». La traduction française a préféré le mot « dévoilée ». Le livre offre la synthèse d'un nombre important d'articles scientifiques publiés dans des revues professionnelles à comité de lecture, tant par les auteurs eux-mêmes que par leurs collègues, abondamment cités. L'ouvrage discute en détail les travaux de 15 archéologues reconnus, et, tout aussi en détail, de 6 biblistes reconnus. Un film documentaire de quatre heures a été tiré du livre ; sa vocation pédagogique explique le choix fait par France 5 et Arte d'en donner plusieurs diffusions à des heures de grande audience, deux ans de suite, à l'occasion des fêtes de Noël.

Liste d'archéologues

Cette page dresse une liste d’archéologues.

Mont des Répits

Har Hamenouhot (en hébreu : הר המנוחות) est un cimetière juif de Jérusalem, fondé en 1951, trois ans après la création de l'État d'Israël. Il est connu pour les nombreuses personnalités juives, israéliennes ou de la diaspora juive qui y ont été enterrées et notamment un grand nombre de rabbins importants.

Philistins

Les Philistins (assyrien : Palastu ou Pilistu ; hébreu : פְּלִשְׁתִּים, pelištīm) ou Peleset sont un peuple de l'Antiquité connus par différentes sources textuelles (assyriennes, hébraïques, égyptiennes) et archéologiques.

Les Philistins apparaissent dans des sources égyptiennes au XIIe siècle av. J.-C. et sont présentés comme des ennemis de l'Égypte venus du nord, mélangés à d'autres populations hostiles connues collectivement sous le nom de peuples de la mer.

Après leurs affrontements avec les Égyptiens, les Philistins se sont fixés sur la bande côtière du sud-ouest de la terre de Canaʿan, c'est-à-dire dans une région longeant la Méditerranée depuis l'actuelle bande de Gaza jusqu'à Jaffa.

Leurs cités ont dominé la région jusqu'à la conquête assyrienne de Teglath-Phalasar III en -732. Ils sont par la suite soumis aux empires régionaux, et semblent progressivement s'y assimiler. Les dernières mentions des Philistins datent du IIe siècle av. J.-C., dans le premier livre des Maccabées.

La langue des Philistins reste inconnue, dans la mesure où on ne leur connaît aucune production textuelle. Il est possible que ce soit à l'origine une langue indo-européenne, mais les preuves en sont ténues.

Porte des Tanneurs

La porte des Tanneurs (שער הבורסקאים, Sha'ar HaBursekaim) est un ancien passage dans les fortifications de la vieille ville de Jérusalem, datant de la période Ayyoubides, XIIIe siècle. Elle a été redécouverte et dégagée par les archéologues Benjamin Mazar et Meir Ben Dov après la guerre des Six Jours et identifiée (peut-être à tort) comme étant la porte des Tanneurs de l'époque croisée. Il s'agit d'une petite porte, de 195 cm de large, située près de la porte des Maghrébins (à 15 m à l'ouest) qui n'est accessible que pour les piétons, par une passerelle à flanc de coteau.

Le nom de cette porte provient des tanneries qui se trouvaient aux alentours, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des murailles. Cette porte était d'ailleurs probablement destinée à l'usage exclusif des tanneurs, qui vivaient plus ou moins en marge de la société, car dans le judaïsme, ils étaient considérés comme impurs par le fait qu'ils touchaient des animaux morts (Lv 11,39). Les fouilles réalisées aux alentours ont mis au jour des bassins (pour le trempage des peaux) et de nombreux ossements d'animaux.

Cette ouverture se trouve exactement dans l'alignement du Cardo Minimus (il y avait deux cardos à Jérusalem) dont on peut voir les dalles de pierre.

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Prix Harvey

Le prix Harvey est une récompense décernée par le Technion à des personnes ayant contribué au développement de la science, de la technologie, de la santé et de la paix.

Une partie de ces lauréats furent ensuite nobélisés: Mikhaïl Gorbatchev (Paix, 1990), Bert Sakmann (Physiologie ou Médecine, 1991), Pierre-Gilles de Gennes (Physique, 1991), Claude Cohen-Tannoudji (Physique, 1997), Eric Kandel (Physiologie ou Médecine, 2000), K. Barry Sharpless (Chimie, 2001), Sydney Brenner (Physiologie ou Médecine, 2002), Paul Lauterbur (Physiologie ou Médecine, 2003), David J. Gross (Physique, 2004), Robert Aumann (Économie, 2005), Roger Kornberg (Chimie, 2006), Elizabeth Blackburn (Physiologie ou Médecine, 2009), Ada Yonath (Chimie, 2009), Kip Thorne et Rainer Weiss (Physique, 2017), Arthur Ashkin (Physique, 2018), James Allison (Physiologie ou Médecine, 2018).

Prix Yakir Yeroushalayim

Le prix Yakir Yeroushalayim (hébreu : יַקִּיר יְרוּשָׁלַיִם, français : Citoyen d'honneur de Jérusalem) est un prix annuel de citoyenneté de la ville de Jérusalem (Israël) créé en 1967.

Le prix est décerné annuellement par la Municipalité de Jérusalem à un ou plusieurs des résidents de la ville ayant contribué à la vie culturelle et éducative de la ville de manière notable. Les lauréats doivent être âgés d'au moins soixante-dix ans. Ils sont sélectionnés par un comité de cinq jurés désignés par le maire, qui liste les candidats et sélectionne un résident ancien de Jérusalem dont le travail en l'honneur de la ville constitue un exemple pour les autres. La remise du prix a lieu sur le Yom Yeroushalayim.

Temple de Salomon

Le Temple de Salomon (hébreu : מקדש שלמה mikdash Shlomo), également connu comme le premier temple de Jérusalem est selon la Bible hébraïque (I Rois 6-8 & II Chroniques 3-5), un lieu de culte édifié par le roi Salomon sur le mont Moria et détruit lors du siège de Jérusalem par l’armée babylonienne de Nabuchodonosor II. Conçu par le roi pour centraliser le culte du Dieu d’Israël, Jéhovah (ou Yahvé), son hégémonie est remise en cause après sa mort et l’ouverture d’un autre sanctuaire à Béthel, dans le royaume schismatique d’Israël. C’est dans ce laps de temps que se produisent la plupart des faits décrits dans les livres prophétiques.

Le compagnonnage et la franc-maçonnerie intègrent dans leurs rituels de nombreuses références au Temple de Salomon : le temple maçonnique en est parfois vu comme une reproduction symbolique.

Yohanan Aharoni

Yohanan Aharoni (né le 7 juin 1919 à Francfort-sur-l'Oder et mort le 10 février 1976 à Tel-Aviv) est un archéologue israélien qui a contribué au domaine de l'archéologie biblique.

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