Art celte

Les Celtes n'ayant laissé que très peu de traces écrites de leur civilisation, celle-ci nous est avant tout connue grâce à leur art, largement redécouvert durant la deuxième moitié du XXe siècle. L'art celte privilégie les petits objets utilitaires comme des armes, des bijoux, des ustensiles domestiques ou religieux.

L'art des Celtes présente une grande diversité selon les époques et les régions considérées. Il n'est pas, non plus, exempt d'influences extérieures : étrusque, grecque, scythique, puis latine, et enfin germanique et chrétienne.

Toutefois, quelques caractéristiques majeures le distinguent définitivement de l'art des autres civilisations qui étaient en contact avec l'aire culturelle celtique :

  • les représentations des divinités semblent avoir existé, mais les témoignages en sont rares, d'époque gallo-romaine ou difficiles à identifier (l'une des sources les plus connues est le chaudron de Gundestrup).
  • si l'on excepte le cas de la Hesse et celui du midi de la Gaule (voir infra), il semble également que la statuaire de pierre n'ait pas été le domaine de prédilection des Celtes.
  • une caractéristique majeure de l'art celte est la domination de motifs non anthropomorphes ou issus de la nature, tels que les entrelacs, et une tendance à l'abstraction. Issue du schématisme hallstattien, cette tendance atteint son apogée à travers les enluminures des manuscrits celtiques d'Irlande et d'Écosse de la période chrétienne insulaire, tels que le célèbre Livre de Kells (voir aussi le monastère de Iona).
Gold torque 1
Torque en or de l'époque hallstattienne (Tombe de Vix).

Histoire

Les premières découvertes de pièces majeures d'art celtique remontent aux années 1840, période de grands aménagements, mais jusque dans les années 1870, ces pièces sont considérées comme des importations, des copies d'œuvres étrangères, notamment étrusques ou datées du Moyen Âge comme le fait Eugène Viollet-le-Duc pour le casque d'Amfreville[1] ou pour les œnochoés de Basse-Yutz[2].

Les travaux des archéologues Paul Reinecke en 1902 et Joseph Déchelette en 1904 montrent l'existence d'un art celte contemporain de la période de La Tène mais il n'est considéré que comme un répertoire de formes décoratives créé par des artisans. Déchelette ou Paul Jacobsthal, père de l'art celtique qu'il formalise en une succession de styles dans Early Celtic Art en 1944[3], affirment, eux, qu'il ne s'agit que d'un art sous influence gréco-étrusque, le sociologue Henri Hubert voyant encore en 1932 « un art purement ornemental décorant des objets d'usage »[4].

Cette impasse méthodologique (art sous influence) et théorique (art décoratif et non figuratif, rejeté par l'histoire de l'art) est aujourd'hui dépassée par le domaine de l'anthropologie de l'art[5].

Styles

Les principaux « styles » de l'art celtique ont été nommés à la suite des propositions émises par Paul Jacobstahl dans les années 1940. Ils s'appuient sur une distinction entre Hallstatt et La Tène, divisée en quatre styles majeurs.

  • le hallstattien correspond à l'art de la période de Hallstatt, c'est-à-dire au premier âge du fer.
  • Le premier style (laténien et proprement celtique au sens strict[a]) use de formes ornementales géométriques, symboliques et abstraites ; s'il est influencé par les Étrusques et par les Grecs (il utilise notamment des rinceaux grecs), il semble refuser la figuration et il puise son inspiration dans la nature, surtout dans le monde végétal. L'art est alors surtout ornemental et aristocratique, présent sur des objets de prestige : coupes, fourreaux d'épées, etc. Un style flamboyant « classique » et un style baroque et fantastique ont ensuite été distingués pour La Tène 1a et pour La Tène 1b.
  • Le style de Waldalgesheim ou style végétal continu qui dérive, dans une large mesure, du premier s'affranchit davantage de l'influence méditerranéenne au IVe siècle. Alors que les productions du complexe techno-économique nord-alpin se répandent plus largement en Europe parallèlement aux mouvements des Celtes, l'art celte gagne en originalité. Le style végétal est caractérisé par l'emploi de motifs végétaux en deux dimensions, exécutés en relief, avec une allure moins géométrique qu'auparavant. L'émaillerie tend à offrir un substitut à l'emploi de matières premières importées aux époques précédentes, comme le corail. La verrerie, également, se développe.

Au IIIe siècle, le style végétal se scinde en deux : des motifs incisés, avec une allure géométrique encore moins évidente, masquent pourtant une plus grande rigueur dans le décor surtout des fourreaux. Parallèlement, les Celtes adoptent le procédé du moulage à la cire, technique qui aboutit à l'exécution de motifs globulaires en relief (rondebosse) et qui constitue le cœur du style plastique.

  • le style plastique (improprement nommé car le style précédent est également « plastique ») use de volumes géométriques, très en relief et asymétriques, évoquant la nature et se combinant pour que surgissent des figures.
  • le style des Épées (considéré comme contemporain du précédent) use de motifs végétaux incisés, proches de ceux de Wadalgesheim, pour orner notamment les pièces d'armement.

Le motif des « paires de dragons affrontés » couvre la partie supérieure de nombreux fourreaux de cette époque : les épées, quant à elles, se sont considérablement allongées pour une utilisation exclusive de taille.

Cette évolution ne donne qu'une idée générale et schématique des transformations que subit l'art celte durant La Tène. Des chronologies différentes de celle attachée à ces styles par les travaux de P. Jacobstahl ont été proposées depuis. Aussi, l'idée d'une succession chronologique stricte pour les styles de l'art celte a été abandonnée : le premier style et le style de Wadalgesheim, par exemple, se perpétuent tout au long de La Tène. Il en est de même en ce qui concerne une éventuelle localisation géographique de l'art celtique : seul le style des Épées peut, dans une certaine mesure, être attaché à un territoire précis : l'Europe centrale (Autriche et Hongrie).

Un art décoratif

Parade helmet
Le casque celte d'apparat d'Agris en fer, bronze, or, argent et corail, IVe siècle av. J.-C., Charente.

L'art celte offre ses œuvres les plus spectaculaires dans le domaine du décor : les Celtes utilisèrent séparément ou ensemble le bronze, la feuille d'or, l'ambre de la Baltique, le corail importé de Méditerranée et l'argent. L'émaillerie laténienne apporta une technique originale : l'application à chaud de verre coloré et opaque de couleur rouge sur des métaux, probablement afin de remplacer le corail provenant de Méditerranée qui était difficile à obtenir.

Les influences scythiques et méditerranéennes apportèrent les premiers motifs végétaux de l'art celte ; ceux-ci furent ensuite déformés, augmentés de motifs celtiques revêtant probablement un caractère sacré ou spirituel (comme le triscèle) avant d'être fondus en d'admirables et complexes compositions qui renvoient une image différente selon qu'on les observe dans le détail ou dans l'ensemble.

De tous les arts pratiqués par les anciens Celtes, l'orfèvrerie représente probablement leur domaine de prédilection : celle-ci constitue en tous cas le domaine le plus riche de l'art celtique découvert jusqu'à aujourd'hui. Des motifs proprement celtiques, comme le triscèle, et leur combinaison en entrelacs ont été révélés par cet art.

Parmi les plus belles pièces décorées qui ont été conservées figurent nombre de casques d'apparat, datés des IVe-IIIe siècles avant notre ère. Le casque d'Agris, en Charente est l'un d'entre eux.

Statuaire

Le cas de la statuaire celtique doit être traité séparément pour la raison évoquée précédemment, à savoir sa rareté, et à cause de la profonde différence entre cet art et le reste de la production celtique.

La statuaire, en effet, est représentée dans les « résidences princières » du Hallstattien : dans le Wurtemberg, au VIe siècle avant notre ère, ou encore à Vix en Côte-d'Or où seuls des fragments ont été trouvés [8]; Pour le Ve siècle avant notre ère, on connaît la statue du guerrier de Glauberg, en Hesse, caractérisée par ses « oreilles » géantes (peut-être une sorte de coiffe). Enfin, c'est surtout dans le midi de la Gaule (avec le sanctuaire de Roquepertuse et le site d'Entremont) qu'une statuaire importante a été découverte.

Sur ces derniers sites, elle est désormais datée du IIIe siècle, voire du IVe siècle, plutôt que de la période immédiatement avant la conquête romaine de la Narbonnaise (dernier tiers du IIe siècle). Les pièces majeures en sont des linteaux de portiques avec figurations – et cavités d'accueil – de têtes (coupées ?) et un ensemble de « guerriers assis », dont les tuniques portent les traces d'un décor géométrique. Ces derniers ont été présentés comme des représentations de guerriers ou héros divinisés. On dispose également de la représentation d'une créature anthropophage : la bête – ou tarasque – de Noves, aujourd'hui conservée dans l'annexe du musée Calvet, le musée lapidaire, à Avignon. La datation de la tarasque est encore incertaine, mais la majorité des archéologues s'accorde pour lui attribuer une origine antérieure à la conquête romaine. La représentation debout d'un guerrier en armes, proprement celte mais acéphale est difficile à dater mais pourrait être du IIe siècle : le guerrier de Mondragon (Vaucluse).

Les traits proprement celtiques de cette statuaire du midi de la Gaule (notamment le traitement des visages) perdurent après la conquête romaine, par exemple dans la statue du guerrier de Vachères.

Gaul warrior Vacheres 2

Guerrier de Vachères (profil)

Gaul warrior Vacheres 1

Guerrier de Vachères (face)

Gaul warrior Mondragon 2

Guerrier de Mondragon (profil)

Gaul warrior Mondragon 1

Guerrier de Mondragon (face)

Enluminure

L'art celte chrétien insulaire (seul art celtique du haut Moyen Âge) s'inspire en partie de l'art germanique de la période des Migrations des peuples (notamment des Anglo-Saxons). Il pousse l'utilisation des entrelacs à son paroxysme : la technique sert en particulier à réaliser les enluminures de manuscrits chrétiens, comme celles du célèbre Livre de Kells[9].

Galerie

Celtic ornament

Ornement celtique

Torque gaulois en bronze

Torque en Bronze

Spiral bracelet MNMA Cl9245

Bracelet spirale en or

Magdalenenberg collier

Collier d'ambre de Hallstatt

Statère des Parisii Cl. I

Statère des Parissii classe I

Statère des Parisii Cl. II

Statère des Parisii classe II

SusScrofaGallicus

Enseigne gauloise de Soulac-sur-Mer

Notes et références

Notes

  1. Des entrelacs de fils d'argent formant une frise de motifs celtiques ainsi qu'un décor à motifs celtiques sur l'ornementation en or d'une agrafe en fer, découverts parmi le mobilier funéraire de la tombe princière de Lavau, montrent que le premier style celtique était déjà discrètement présent au premier âge du fer[6],[7].

Références

  1. Charles de Linas, Armures des hommes du Nord. Les Casques de Falaise et d'Amfreville-sous-les-Monts, Rousseau-Leroy, , 1864 p.
  2. (en) Paul Jacobsthal, Early celtic art, Oxford, , p. 45-46
  3. Ouvrage de référence vraiment connu seulement à partir des années 1970.
  4. Henri Hubert, Les Celtes et l'expansion celtique jusqu'à l'époque de la Tène, Renaissance du livre, , p. 400
  5. (en) Alfred Gell (en), « Technology and Magic », Anthropology Today, vol. 4, no 2,‎ , p. 6-9
  6. F.S., « Lavau révèle l'art celtique », Pour la science, no 477,‎ , p. 15.
  7. « Le mobilier funéraire du prince de Lavau étudié au C2RMF », sur Inrap (consulté le 4 juillet 2017).
  8. La Tombe princière de Vix sous la direction de Claude Rolley - Paris, éditions Picard, 2003
  9. Bernard Meehan, Le Livre de Kells, Thames & Hudson, 1995, (ISBN 2878110900)

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Les Celtes, EDDL, 2001, Paris, 710 pages.
  • Paul-Marie Duval, Les Celtes, édition Gallimard, L'Univers des formes, 2009, 352 pages.
  • D. Vitali, Les Celtes, White Stars Eds, 2008.
  • Christiane Éluère (dir), L'Art des Celtes, Citadelle et Mazenod, 2004, 624 pages.
  • J. et L. Laing, L'Art Celte, Thames & Hudson, 1992, 216 pages.
  • Sabatino Moscati, Les Celtes, Stock, 1997, 720 pages (ISBN 9782234048447).
  • Dossiers d'Archéologia n°335 sept oct 2009 artisans et savoir-faire des gaulois.
  • Ruth Megaw et John Megaw, Art de la Celtique : des origines au Livre de Kells, Paris, Errance, , 276 p. (ISBN 2-87772-305-4)
  • Olivier Buchsenschutz (dir.), L'Europe celtique à l'âge du fer : VIIIe-Ier siècles, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Nouvelle Clio », , 437 p. (ISBN 978-2-13-057756-0)
  • Lionel Pernet (dir.) et Réjane Roure (dir.), Des rites et des hommes : Les pratiques symboliques des Celtes, des Ibères et des Grecs en Provence, en Languedoc et en Catalogne, Paris, Errance, coll. « Archéologie de Montpellier Agglomération » (no 2), , 288 p. (ISBN 978-2-87772-460-9)
  • Christine Lorre et Veronica Cicolani, Golasecca : du commerce et des hommes à l'âge du fer (VIIIe-Ve siècle av. J.-C.), Paris, Réunion des musées nationaux, , 176 p. (ISBN 978-2-7118-5675-6)
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Art médiéval

L’art médiéval couvre un ensemble large de temps et de lieux, sur plus de 1 000 ans d'histoire de l'art en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Cela inclut de nombreux mouvements de l'art et périodes, art régional ou national, genres, renaissances, métiers d'artistes, et les artistes eux-mêmes.

Les historiens de l'Art classifient l'art médiéval en périodes et mouvements principaux, les relations entre ces périodes sont parfois plus subtiles. Ceux-ci sont l'Art celtique, l'Art paléochrétien, l'Art des migrations, l'Art préroman et l'Art roman, l'Art gothique, l'Art byzantin et l'Art islamique.

Art écossais

L'histoire de l'art écossais retrace la production des œuvres d'arts visuels à l'intérieur des frontières politiques modernes de l'Écosse, depuis les temps les plus reculés. Il se distingue de l'art britannique et de l'art européen par un certain nombre de caractéristiques, qui ont évolué au cours des époques. On peut considérer qu'il débute avec les premières sculptures et objets du Néolithique en passant par ceux de l'âge du bronze et du fer, notamment les ornement en or, les sculptures religieuses et les manuscrits enluminés de la période médiévale, jusqu'aux œuvres contemporaines.

Bois sculptés des sources de la Seine

Les bois sculptés des sources de la Seine, découverts en 1963, sont des représentations humaines datant de l'époque gallo-romaine faisant fonction d'ex-voto. Ils sont conservés au musée archéologique de Dijon.

Carnyx

Un carnyx ou carnynx ou carnux est un instrument de musique celtique, de la famille des instruments à vent, de la sous-famille des cuivres. Cor de musique celtique de l'art celte, et de la mythologie celtique, à caractère guerrier, de l’âge du fer (VIIIe siècle av. J.-C. au Ier siècle av. J.-C.) il est utilisé lors des guerres chez les Celtes pour galvaniser et mener les troupes (musique d'ordonnance), et pour effrayer et impressionner l’ennemi.

Celtes

Les Celtes ont constitué lors de la protohistoire européenne un groupe de populationsindo-européennes parlant des langues celtiques et présentant une certaine unité culturelle, bien que les interactions culturelles de l'Europe celtique ancienne demeurent incertaines et controversées. Par ailleurs, la connaissance du processus de diffusion territoriale des anciennes populations celtiques reste à améliorer, en particulier quant à celles des Îles Britanniques et de la Péninsule Ibérique,.

Le proto-celtique serait apparu avec la Culture des champs d'urnes de l'Âge du bronze tardif en Europe centrale à partir de 1350 av. J.-C.. En outre, selon un consensus se dégageant depuis le xixe siècle, les premiers peuples à adopter des caractéristiques culturelles considérées comme pleinement celtiques furent ceux de la Civilisation de Hallstatt en Europe centrale (1200-450 av. J.-C.) : Autriche, Suisse, grande moitié-sud de l'Allemagne, Bohême, Moravie, ouest de la Hongrie, ouest de la Slovaquie, Galicie, Italie du Nord et Grand Est français. Au cours de la période de La Tène (450 av. J.-C. jusqu'à la conquête romaine), le territoire de l'Europe celtique s'est étendu par diffusionnisme ou migration vers les régions suivantes : îles britanniques (Celtes insulaires), moitié-ouest de la France (Gaulois-Transalpins et Aquitains), Grand Sud-Est français (Celto-Ligures), Benelux (Belges), sud de la la Plaine du Pô (Gaulois-Cisalpins), Péninsule Ibérique (Celtibères, Lusitaniens et Gallaeci), Péninsule-Cimbrienne et Frise, Pannonie (Scordiques), centre de l'Anatolie (Galates de la Grande expédition)...

Les premiers exemples directs incontestés d'une langue celtique sont les inscriptions Lépontiques qui commencent au VIe siècle av. J.-C.. Les langues celtiques continentales sont attestées presque exclusivement par des inscriptions et des noms de lieux. Les langues celtiques insulaires sont attestées à partir du ive siècle dans les inscriptions Ogham, bien qu'elles soient clairement parlées beaucoup plus tôt. La tradition littéraire celtique commence avec les vieux textes irlandais autour du viiie siècle. Des textes cohérents de la littérature irlandaise précoce, tels que Táin Bó Cúailnge (« Rafle des Vaches de Cooley »), survivent dans les recensions du xiie siècle.

Au milieu du 1er millénaire, avec l'expansion de l'Empire romain et la période de migration des peuples germaniques, la culture celtique et les langues celtiques insulaires étaient restreintes à l'Irlande, à l'ouest et au nord de la Grande-Bretagne (Pays de Galles, Écosse et Cornouailles), l'île de Man et la Bretagne. Entre le ve siècle, et le viiie siècle, les populations de langue celtique de ces régions atlantiques ont émergé comme une entité raisonnablement cohérente culturellement car elles avaient un héritage linguistique, religieux et artistique comun les distinguant de la culture des entités politiques environnantes. Au vie siècle, cependant, les langues celtiques continentales n'étaient plus largement utilisées.

La culture celtique insulaire, des périodes médiévales et modernes, s'est diversifiée en celle des Gaels (irlandais, écossais et mannois), et des celtes britonniques (gallois, corniques et bretons). Une « identité celtique » moderne a été construite dans le cadre de la renaissance celtique romantique, en Grande-Bretagne, en Irlande, en Bretagne et dans d'autres territoires européens, tels que le Portugal et la Galice espagnole. Aujourd'hui l'irlandais, le gaélique écossais, le gallois et le breton sont encore parlés dans certaines parties de leurs territoires historiques, le cornique et le mannois connaissant une renaissance.

Croix de Muiredach

La croix de Muiredach est une haute croix celtique située dans les ruines du monastère de Monasterboice à l'est de l'Irlande, construite au Xe siècle. Avec deux autres croix situées aussi à Monasterboice (la Grande croix occidentale et la Haute croix septentrionale), elle constitue un des plus beaux exemples de l'Art celtique insulaire.

Elle tire son nom d’une inscription gravée, entrelacée autour de deux chats, sur le côté ouest de sa base. Cette inscription est une demande de prière pour un dénommé « Muiredach », qui aurait commandé cette croix. Bien qu'il n'y ait aucune certitude sur ce personnage, certains historiens supposent qu'il pourrait s'agir de l'abbé Muiredach mac Domhnaill qui mourut en 923.

La croix en grès fait 5,8 mètres de haut et est entièrement sculptée sur ses quatre faces. Plus de 70 scènes, organisées en panneaux, sont sculptées, représentant 124 personnages mais aussi des animaux et des motifs artistiques celtiques, notamment des entrelacs et des spirales. Le face Est de la haute croix représente généralement des scènes de l’Ancien Testament autour d'une scène centrale de Jugement dernier, tandis que la face Ouest représente des scènes du Nouveau autour de la Crucifixion du Christ, des thèmes très récurrents dans l'art chrétien. Les faces Nord et Sud représentent moins de scènes figuratives et plus de motifs géométriques.

Enluminure insulaire

L'Enluminure insulaire désigne la production de manuscrits enluminés dans les monastères en Irlande et en Grande-Bretagne entre le VIe siècle et le début du IXe siècle, ainsi que dans les monastères sous influence insulaire installés sur le continent. Ils sont caractérisés par des décors fortement influencés par l'orfèvrerie, l'usage constant des entrelacs, ainsi que par l'importance accordée à la calligraphie. Les livres les plus célèbres de cette production sont principalement des évangéliaires. Une soixantaine de manuscrits sont recensés pour cette période.

Ensemble de torques de Fenouillet

L'ensemble de torques de Fenouillet exposé au musée Saint-Raymond de Toulouse est composé de cinq pièces d'orfèvrerie celtes datées du IIIe siècle av. J.-C., découvertes à la fin du XIXe siècle à Fenouillet (Haute-Garonne).

Gaule

La Gaule (en latin : Gallia) était une région de l'Europe de l'Ouest peuplée de populations celtiques principalement et aquitaines, comprenant la France, le Luxembourg, la Belgique, la majeure partie de la Suisse, le nord de l'Italie, ainsi que des régions des Pays-Bas et d'Allemagne : la rive ouest du Rhin. Elle couvrait une superficie de 494 000 km2. Archéologiquement, les Gaulois étaient porteurs des cultures de Hallstatt (en partie) et de la Tène, qui s'étendaient à travers toute la Gaule, ainsi qu'à l'est de la Raetia, Noricum, Pannonia et le sud-ouest de la Germanie du Ve siècle av. J.-C. au Ier siècle av. J.-C. La Gaule tomba sous domination romaine durant le IIe siècle av. J.-C. au Ier siècle av. J.-C. : la Gallia Cisalpina fut conquise en -203 et la Gallia Narbonensis en -123. La Gaule a été envahie après -120 par les Cimbres et les Teutons, qui ont été à leur tour vaincus par les Romains en -103. Jules César a finalement subjugué les parties restantes de la Gaule (qu'il considère comme divisée en trois parties : Gallia Celtica, Belgica et Aquitania) dans ses campagnes de -58 à -51. Quant à l'Aquitaine césarienne, elle se différencie du reste de la Gaule par son assise linguistique basque-aquitaine.

La Gaule romaine a duré cinq siècles, jusqu'à ce que le dernier état croupion romain, le domaine de Soissons, ne tombe aux mains des Francs en 486. Alors que les gaulois celtiques avaient perdu leurs identités et leurs langues originelles durant l'antiquité tardive, devenant amalgamés en la culture gallo-romaine, Gallia est resté le nom conventionnel du territoire tout au long du haut Moyen Âge, jusqu'à ce que la Gaule acquière une nouvelle identité en tant que royaume de France capétien dans la haute période médiévale. Gallia reste un nom de la France dans le grec moderne (Γαλλία) et le latin moderne (à côté des alternatives Francia et Francogallia).

Histoire des Celtes

L’histoire des Celtes est mal connue puisqu'ils n'ont pas produit d'écrits sur eux-mêmes, leurs actions, leur culture, leur religion. La classe sacerdotale des druides privilégiait en effet la transmission orale au détriment de l’écriture, qu'elle connaissait pourtant, vraisemblablement pour des raisons spirituelles et politiques. C'est la raison pour laquelle l'Europe celtique ancienne fait partie de la protohistoire. Les rares documents écrits sont tardifs et secondaires, pour la plupart rédigés en grec.

La reconstitution d'une « histoire celtique » ne peut se faire qu’à partir des témoignages de leurs voisins Grecs et Romains et des découvertes de l’archéologie. Dans les deux cas, les sources sont lacunaires pour des espaces aussi vastes, tant pour la chronologie que pour la géographie.

Seau de Vieille-Toulouse

Le seau de Vieille-Toulouse est un artéfact archéologique découvert dans le sud de la France, à Vieille-Toulouse près de Toulouse (Haute-Garonne) et conservé au Musée Saint-Raymond de Toulouse sous le numéro d'inventaire D 78 3 2.

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