Arianisme

Le christianisme arien ou arianisme est un courant de pensée théologique des débuts du christianisme, dû à Arius, théologien alexandrin au début du IVe siècle[1], et dont le point central concerne les positions respectives des concepts de « Dieu le père » et « son fils Jésus ». La pensée de l'arianisme affirme que si Dieu est divin, son Messager (dit le Fils pour les chrétiens trinitaires), lui, est d'abord humain et apporte la parole de Dieu sur terre, et ne disposant pas d'une part de divinité.

Le premier concile de Nicée, convoqué par Constantin en 325, rejeta l'arianisme. Celui-ci fut dès lors qualifié d'hérésie par les chrétiens trinitaires, mais les controverses sur la double nature, divine et humaine, du Christ (Dieu fait homme), se prolongèrent pendant plus d'un demi-siècle entre les chrétiens ariens et les chrétiens nicéens.

Les empereurs succédant à Constantin revinrent à l'arianisme et c'est à cette foi que se convertirent la plupart des peuples germaniques qui rejoignirent l'empire en tant que peuples fédérés. Les Wisigoths d'Aquitaine et d'Hispanie et le royaume des Burgondes restèrent ariens jusqu'à la fin du VIe siècle et les Lombards jusqu'au milieu du VIIe siècle.

Nature christologique3
Schéma des principales divergences christologiques, d'après Eliade[2].
BranchesChristians
Place de l'arianisme dans le schéma diachronique (non exhaustif) de la diversité des christianismes : l'épaisseur des branches évoque l'importance numérique approximative des fidèles de chaque confession.

Origines

L'arianisme est une doctrine due à Arius (256-336), théologien alexandrin d'origine berbère[3] de langue grecque de l'École théologique d'Antioche.

À l'époque, il n'existe pas encore de dogme lié à la relation entre le « Père » et le « Fils ».

L'origine de la christologie arienne reste discutée. Ses premiers détracteurs la présentaient comme l'enseignement de Paul de Samosate, déjà condamné par plusieurs synodes locaux en particulier à Antioche, en 319, mais qui gardait des partisans[4]. Le premier arianisme adopte le subordinatianisme, selon lequel le Fils n'est pas de la même nature que Dieu, incréé et éternel, alors que Jésus est créé et temporel. Si le Fils témoigne de Dieu, il n'est pas Dieu, et si le Fils possède un certain degré de divinité, elle est de moindre importance que celle du Père. Pour Arius, le Père seul est éternel : le Fils et l'Esprit ont été créés.

Les ariens ne professent donc pas la consubstantialité, adoptée ultérieurement par les Églises.

Les arguments de l'arianisme philosophique sont issus du moyen-platonisme sur l'absolu et la transcendance divine, et suivent une théologie négative pour s'orienter vers un strict monothéisme où Dieu est hors d'atteinte par les seuls moyens d'appréhension de l'être humain.

L'opposition entre ariens et trinitaires

Les anti-subordinationistes trinitaires, dits ultérieurement « orthodoxes » (de la « voie droite » en grec), s’opposent à cette vision, ultérieurement qualifiée d’« hérésie ».

La querelle entre ariens et trinitaires prend rapidement une tournure politique.

Entre 318 et 325, une polémique initialement locale entre le patriarche Alexandre d'Alexandrie et Arius, s'envenime au point que l'empereur Constantin Ier, après avoir constaté l'impuissance des conciles locaux, prend le parti de réunir un concile œcuménique à Nicée, qui établira la première version d'une profession de foi. L'empereur Constantin Ier souhaite éviter les désordres religieux et soutient la tenue du concile de Nicée en 325 pour que l'Église unifie sa position.

Les diverses tendances de l'arianisme après le concile de Nicée

Après Arius, les penseurs de l'arianisme sont Eusèbe de Nicomédie, Eunomius, l'« antipape » Félix II (353-365), l'archevêque Wulfila, le patriarche de Constantinople Macédonius (342-346 et 351-360), le patriarche Eudoxe d'Antioche (360-370), et Démophile (370-379).

Le second arianisme voit s'opposer les conciliateurs orientaux (Basile de Césarée, Grégoire de Nysse et Grégoire de Nazianze) aux intransigeants occidentaux, comme Ambroise de Milan.

Les opposants au dogme de la consubstantialité adopté au concile de Nicée se répartirent en trois tendances :

  • l'homoiousisme : favorables à la thèse de la substance semblable du Fils à celle du Père ;
  • l'homéisme (arianisme historique) : favorables à la thèse de la ressemblance du Fils au Père, évitant de sonder le mode de cette ressemblance ;
  • l'anoméisme (arianisme radical) : favorables à la thèse de la dissemblance du Père et du Fils (leur ressemblance n'est qu'une façon de parler).

Il y a aujourd'hui consensus pour réserver le mot d'« arianisme » à Arius lui-même et à ceux qui ont partagé sa position doctrinale, et pour parler plutôt d'« homéisme » (et d'« homéens ») quand il s'agit du courant ultérieur qui a eu une grande influence dans l'Antiquité tardive et au début du Moyen Âge[5].

Du concile de Nicée au concile de Constantinople, 50 ans de controverse

Après Nicée, Constantin favorise le parti d’Athanase d'Alexandrie qui avait procédé à l'excommunication d'Arius. C'est à l'occasion de ce concile que l'arianisme est qualifié d’« hérésie », mot qui prend à cette occasion un sens péjoratif. Mais c’est peut-être par un évêque arien, Eusèbe de Nicomédie, que Constantin se fait baptiser sur son lit de mort.

Les empereurs qui lui succèdent varient entre le soutien aux orthodoxes ou aux ariens. L’arianisme domine l’histoire de l’Église institutionnelle au IVe siècle. Il est bien implanté dans la maison impériale et donc soutenu par le pouvoir. Les trinitaires, tels qu’Athanase, ont des difficultés à obtenir des places, jusqu'à ce qu’ils obtiennent le siège d’Alexandrie, c'est-à-dire le pouvoir sur l’Égypte.

Entre 325 et 361, soutenus par l'empereur Constance II, les ariens rétablissent leur prépondérance politique et religieuse, notamment au cours des conciles de Sirmium. Constance II soutient l’arianisme, probablement plus pour des raisons politiques que religieuses : se trouvant à Arles en Provence, il décide qu'un concile s’y tiendra pour mettre au pas le patriarche Athanase d'Alexandrie qui s’oppose certes à l’arianisme, mais surtout à l’autorité de Constance II. C’est le concile d'Arles de 353, présidé par l’évêque d'Arles Saturnin. Constance II en arbitre les séances et réclame la condamnation d’Athanase. Saturnin d'Arles, évêque d'Arles, est le porte-drapeau de l'arianisme en Gaule, de 353 (date du concile d'Arles) jusqu'au concile de Paris en 361.

Julien, lui, n’apprécie pas la religion chrétienne, et n’est sans doute pas fâché d’envenimer les conflits au sein de l’Église : il revient sur ces dispositions.

Missions ariennes vers les « peuples barbares »

Wulfila bibel
La Bible de Wulfila, premier livre en langue gotique : le Codex Argenteus.

Quelques années plus tard, l’empereur d’Orient Valens favorise à l’inverse certains évêques ariens. Au milieu du IVe siècle, les évêques Photin à Sirmium, Valens (en) à Mursa en Pannonie et son voisin Ursace à Singidunum en Mésie sont ariens. Cet ancrage arien proche du Danube concourt à la conversion à l’arianisme des Wisigoths et des Vandales par l’évêque mi-goth mi-grec Wulfila.

Enfin, de 361 à 381, les trinitaires contre-attaquent. L'empereur Théodose Ier qui leur est favorable convoque le premier concile de Constantinople qui tranche en faveur de l'orthodoxie trinitaire et anti-subordinatianiste, selon le dogme proclamé par le Symbole de Nicée-Constantinople.

Expansion puis disparition de l'arianisme

Christian states 495 AD (en)
L'Église catholique majoritaire à l'Est et l'hérésie arienne majoritaire à l'Ouest.
Visigothic Kingdom
Royaumes barbares au VIe siècle :
  • Royaumes francs - catholiques
  • Royaume burgonde
  • Conquête des francs à Vouillé en 507
  • Royaume wisigoth arien
  • Royaume suève arien
  • Royaume vandale arien

Le Ve siècle vit les migrations des peuples fédérés installés jusque-là sur les marges de l’Empire romain ; or ces peuples sont christianisés ariens. Seuls les Francs, les Anglo-Saxons et les Suèves étaient restés fidèles à la religion germanique.

Les Wisigoths qui s'installèrent en Aquitaine dès 418 étaient ariens, de même que les Burgondes implantés en Sapaudia en 443 et que les Vandales quand ils prirent Carthage en 439[6]. Les Wisigoths convertirent à leur tour les Suèves autour des années 460, lors de leur domination en Hispanie et en Gaule. Les nouveaux venus se heurtèrent à l'épiscopat nicéen qui était le refuge privilégié des cadres de la civilisation romaine du Bas-Empire romain.

La donne changea avec l'avènement du roi des Francs Clovis, qui opta vers 500 pour le christianisme nicéen[7] et put ainsi s'appuyer sur cette subsistance de l'administration romaine lors de sa conquête de la Gaule. Les rois burgondes se convertissent vers 502 après leur alliance avec les Francs ; puis une partie du Royaume wisigoth est conquise à la bataille de Vouillé et doit également rejoindre le christianisme nicéen.

Au VIe siècle, le Royaume vandale d'Afrique et le Royaume ostrogoth d'Italie disparaissent lors des reconquêtes de l’empereur byzantin Justinien Ier. Le roi des Wisigoths d'Hispanie Récarède se rallie à la foi de Nicée lors du IIIe concile de Tolède en 589. Chez les Lombards d'Italie, l'arianisme ne disparut que dans la seconde moitié du VIIe siècle.

Postérité

Les définitions du credo

De plusieurs façons, le conflit autour des croyances d’Arius durant les quatrième, cinquième et sixième siècles contribue à définir le caractère central de la trinité chrétienne dans le flux principal de la théologie chrétienne. En tant que premier conflit majeur interne après la légalisation du christianisme, la lutte entre Nicéens trinitaires et partisans d’Arius laisse une profonde impression sur la mémoire institutionnelle des églises.

Une épithète polémique

L’emploi du terme arianisme comme épithète polémique peut prêter à deux types d’amalgames et d’anachronismes.

Le premier type d’amalgame anachronique, très fréquent dans la littérature historique, religieuse ou non, consiste à opposer les arianistes soit aux « catholiques », soit aux « orthodoxes », termes dont l’emploi séparé suppose que l’une de ces Églises et une seule, celle qui est citée, est l’unique continuatrice de l’Église du IVe siècle. L’emploi d'un seul de ces termes rejette l’autre (ainsi que les anglicans et les protestants) dans la même « illégitimité » que celle prêtée aux arianistes. Or avant le schisme de 1054 on ne peut pas encore parler de « catholiques » ni d’« orthodoxes » séparément : si, par crainte des anachronismes, l’on se refuse à employer les termes de « trinitaires » ou de « nicéens », il faut alors utiliser celui de « catholiques-et-orthodoxes » avec des traits d’union, puisque ces deux adjectifs signifiant « universels et justes-croyants » étaient employés ensemble dans l’Église du premier millénaire[8].

Le second type d’amalgame anachronique concerne les groupes de chrétiens qui ont cru ou croient, comme l’arianisme, que Jésus ne devient de condition divine qu’à travers l’exaltation ; qu’il n’est pas le Dieu, mais une personne distincte et subordonnée au Père ; qu’il fut un temps où Jésus n’existait pas, n’ayant pas encore été créé. Établir un parallèle entre ces groupes et les ariens peut être utile pour distinguer les anti-trinitaires entre eux, mais malgré la fréquence de l’emploi du terme comme épithète polémique, il n’y a pas de survivance historique continue de l’arianisme jusqu’à notre époque : les groupes ainsi étiquetés n’ont pas des croyances identiques à l’arianisme. Pour cette raison, ils n’utilisent pas ce nom quand ils se désignent eux-mêmes, même s’ils reconnaissent que leurs croyances sont en accord sur certains points, ou globalement semblables à l’arianisme.

En 1553, le savant espagnol et réformateur protestant Michel Servet, vu par beaucoup d’unitariens comme une figure fondatrice de leur mouvement[9] et auteur de l'ouvrage De trinitatis erroribus (Les Erreurs concernant la Trinité)[10], est condamné à mort et brûlé par ses coreligionnaires réformateurs, dont Jean Calvin, pour « hérésie » antitrinitaire, sa christologie étant similaire à l’arianisme.

Ceux dont les croyances religieuses ont été comparées à celles des arianistes sont, entre autres :

  • les cathares ;
  • les unitariens, dont beaucoup croient en l’autorité morale du Christ, mais non en sa divinité[11] ;
  • les Étudiants de la Bible, mouvement fondé par Charles Taze Russell, qui a tiré cette croyance de George Storrs (en), une figure du Second Adventisme (en) américain. Pour lui, Jésus a eu une existence pré-humaine en tant que Logos, de même nature que le Père. C’est à la résurrection de Jésus que celui-ci a, en plus, obtenu l’immortalité. Cependant, Arius considérait le Saint-Esprit comme étant une personne, alors que Russell n’attribue pas une personnalité à cet esprit.
    Plusieurs groupes sont issus de l’œuvre de Charles Russell :
  • les Christadelphes (voir socinianisme), qui croient en la naissance virginale, mais selon lequel Jésus a eu une existence prénatale non pas littérale mais en tant que « verbe » ;
  • l’islam, qui voit en Jésus (Îsâ) un prophète du Dieu unique, de naissance miraculeuse, rapprochée de la première création d'Adam, car issue de la vierge Marie sans conception biologique mais par la volonté divine[13], mais non d’essence divine.

Notes et références

  1. http://www.universalis.fr/encyclopedie/arianisme/.
  2. Mircea Eliade, Dictionnaire des religions, Pocket, coll. « Agora », (ISBN 2-266-05012-5), p. 129
  3. Cf. Gilbert Meynier, L’Algérie des origines : De la préhistoire à l’avènement de l’Islam, p151n, Paris, La découverte, 2007, (ISBN 2707150886).
  4. Henri-Irénée Marrou, « L'arianisme comme phénomène alexandrin », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, no 3,‎ , p. 533-542 (lire en ligne).
  5. Les théologiens que l'on appelle couramment « ariens » ont toujours rejeté cette étiquette qui leur était appliquée par leurs adversaires à des fins polémiques ; cf. Pierre Maraval, Théodose le Grand. Le pouvoir et la foi, éd. Fayard, 2009, p. 100.
  6. Michel Rouche, Les Origines du christianisme 30-451, Hachette, p. 140-141.
  7. Camille Pascal, « Le baptême de Clovis, « un moment fondateur de notre histoire » », leparisien.fr, (consulté le 28 décembre 2016).
  8. Mircea Eliade, De Mahomet à l'âge des Réformes : histoire des croyances et des idées religieuses, Tome 3, Payot, « Bibliothèque historique », Paris, 1989, (ISBN 2-228-88160-0).
  9. Michel Baron, Les unitariens, éd. L'Harmattan, 2004 présentation en ligne.
  10. Cf. présentation par la Servetus International Society, en ligne.
  11. Exemple de profession de foi unitarienne par Pierre Yves Ruff, pasteur de la fraternité unitarienne, sur le site Theolib.
  12. article « D'après la Bible… Qui est l'ange Mikaël ? », dans lala revue Réveillez-vous !, 8 février 2002, p. 16-17.
  13. S. III, La famille de 'Imran, 37-42.

Voir aussi

Bibliographie

Langue française :

  • Paul Veyne, Quand notre monde est devenu chrétien, Bibliothèque Albin Michel Idées, 2007.
  • Richard E. Rubenstein, Le Jour où Jésus devint Dieu, Bayard, 2000, rééd. La Découverte, 2004.
  • John Henry Newman, Les Ariens du quatrième siècle, Téqui, 1988.
  • Henri-Irénée Marrou, L'Église de l'Antiquité tardive, Éditions du Seuil, Points Histoire, 1985.
  • Duchesne, Histoire ancienne de l'Église (3e éd., Paris, 1907).
  • Richard E. Rubenstein, Le jour où Jésus devint Dieu, Bayard, .
  • Pierre Maraval, Le christianisme de Constantin à la conquête arabe, PUF, .

Langues étrangères :

  • (en) Athanase d'Alexandrie, History of the Arians, London, 2013. limovia.net (ISBN 978-1-78336-206-6).
  • (en) Athanase d'Alexandrie, History of the Arians. Part I Part II Part III Part IV Part V Part VI Part VII Part VIII
  • (en) Richard P. C. Hanson, The Search for the Christian Doctrine of God. The Arian Controversy, 318-381, Edinburgh, T. & T. Clark, 1988.
  • (en) William C. Rusch, The Trinitarian Controversy, (Sources of Early Christian Thought), 1980, (ISBN 0-8006-1410-0).
  • (en) Roland Steinacher/Guido M. Berndt, Arianism. Roman Heresy and Barbarian Creed (Farnham: Ashgate 2014), (ISBN 978-1-4094-7328-2).
  • (it) Manlio Simonetti, La crisi ariana nel IV secolo, Rome, 1975.
  • (de) Documents sur la controverse arienne (2007, Allemand et VO uniquement, Berlin and New York: Walter De Gruyter, 2007).

Articles connexes

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Alaric Ier

Alaric Ier (en gotique, Alareiks𐌰𐌻𐌰𐍂𐌴𐌹𐌺𐍃), né vers 370 à Pteros (en Dobrogée, dans l'actuelle Roumanie), mort en 410 en Italie, est un aristocrate wisigoth, roi des Wisigoths de 395 à 410. Il est particulièrement connu, en raison de la prise et du pillage d'Athènes en 396, puis de Rome en 410.

Arius (prêtre)

Arius (grec ancien : Ἄρειος), né dans les années 250 en Cyrénaïque et mort en 336 à Constantinople, est un presbytre, théologien et ascète chrétien dont le ministère se déroule à Alexandrie et dont la pastorale innovante est à l'origine de la doctrine qui porte son nom, l'« arianisme ».

La querelle qu'il a ouverte au sujet de la Trinité a profondément divisé la chrétienté durant tout le IVe siècle, durablement influencé le christianisme en contribuant à en définir la profession de foi tandis que l'arianisme est devenu, pour des siècles, l'archétype de l'hérésie.

Concile de Sardique

Le concile de Sardique ou synode de Sardique est une réunion d'évêques chrétiens convoqué en 343 par l'empereur Constant Ier, avec l'accord de son frère et co-empereur Constance II, sur les instances des évêques nicéens de son entourage, Jules Ier et Athanase d'Alexandrie.

Le motif de ce synode était l'examen du conflit entre, d'une part, les évêques nicéens essentiellement occidentaux et, d'autre part, les évêques ariens surtout orientaux qui s'anathémisaient réciproquement. Cette réunion menée sous la houlette de l'occidental Ossius de Cordoue ne débouche sur aucun accord et si le synode est considéré comme un fiasco, son canon devient une pièce essentielle de la revendication de la primauté romaine.

Euric

Euric, né vers 420 et mort en 484, est roi des Wisigoths de 466 à sa mort.

Fritigern

Fritigern ou Fridigern (en gotique Frithugairns), mort vers 380, est un chef wisigoth, roi des Wisigoths à la fin des années 370, à l'époque de l'installation de ce peuple dans l'Empire romain et de la bataille d'Andrinople (378).

Genséric

Genséric, aussi connu sous le nom de Gaiseric ou Geiseric (en latin : Gaisericus, Geisericus ; du gotique : Gaisareiks, signifiant « puissant par la lance »), né vers 389, près du lac Balaton, et mort le 25 janvier 477, à Carthage, est un roi des Vandales et des Alains, de 428 à 477, et le fondateur du royaume vandale en 429. Il est l'un des principaux acteurs de la chute de l'Empire romain d'Occident, au Ve siècle. Au cours de ses presque 50 années de règne, il élève les Vandales, une tribu germanique relativement insignifiante, au rang de puissance méditerranéenne majeure. Après sa mort, son royaume entre dans une rapide période de déclin, et, finalement, d'effondrement.

Succédant à son frère, Gondéric, à l'époque où les Vandales s'installent en Bétique, dans l'Hispanie romaine, Genséric se défend avec succès contre une attaque des Suèves, et transporte tout son peuple au Maghreb, en 428. Il y est peut-être invité par le comte d'Afrique, Boniface, qui souhaite utiliser la force militaire des Vandales dans sa lutte contre le gouvernement impérial.

Genséric cause de grandes dévastations en se déplaçant vers l'Est du détroit de Gibraltar, à travers le Maghreb. Il affronte Boniface, bat son armée en 430, puis écrase les armées conjointes des empires romains d'Orient et d'Occident, qui sont envoyées contre lui. En 435, il conclut un traité avec les Romains, en vertu duquel, les Vandales conservent la province romaine de Maurétanie césarienne et une partie de la Numidie, en tant que peuple fédéré (alliés sous traité spécial) de Rome. Dans un mouvement de surprise, le 19 octobre 439, Genséric s'empare de Carthage, et porte un coup dévastateur au pouvoir impérial. Dans un traité, en 442, avec Rome, les Vandales sont reconnus comme les souverains indépendants de l'Afrique proconsulaire, la Byzacène et d'une plus grande partie de la province de Numidie. Saisissant la Sicile en 440, et plus tard, les îles Baléares, la Sardaigne, la Corse et Malte, la flotte de Genséric parvient bientôt à contrôler une grande partie du bassin méditerranéen.

Son exploit le plus célèbre, cependant, est la prise et le pillage de Rome en juin 455. Par la suite, Genséric vient à bout de deux grandes tentatives des Romains de le renverser, celle de l'empereur Majorien en 460 ou 461 et celle dirigée par Basiliscus à la bataille du Cap Bon en 468. À l'âge de 77 ans, il meurt et est remplacé par son fils, Hunéric.

Gunthamund

Gunthamund est le troisième roi des Vandales et des Alains, de 484 à 496. Il succède à son oncle Hunéric et, continue les persécutions envers les chrétiens de rite catholique.

Gépides

Les Gépides sont un peuple germanique du rameau ostique, proche des Goths, qui était installé en basse Vistule, puis au centre de l'Europe, notamment dans le bassin des Carpates (269–670) durant le Haut Moyen Âge.

Homéisme

L’homéisme est un courant du christianisme ancien qui se développe à partir du IVe siècle dans le cadre de la crise arienne. Les homéens sont parfois appelés acaciens, du nom d'un de leurs chefs de file Acace de Césarée.

Hunéric

Hunéric (en latin : Hunericus ou Hunirix ; en grec ancien : Ὁνώριχος), également orthographié Hunnéric ou Honéric, est le deuxième roi du royaume vandale, de 25 janvier 477 au 23 décembre 484, et le fils aîné de Genséric. Il abandonne la politique impériale de son père, et se concentre principalement sur les affaires intérieures. Comme son peuple, il est de confession arienne, et est principalement dans les mémoires pour sa persécution des membres de l'Église catholique dans ses possessions. Il est marié à Eudocia, fille de l'empereur romain, Valentinien III et Licinia Eudoxia.

Hunéric est le premier roi vandale à utiliser le titre de Roi des Vandales et des Alains. Malgré cela, et que les Vandales conservent leur puissance maritime, et leur emprise sur les îles de la méditerranée occidentale, Hunéric n'a pas eu le même prestige que son père, Genséric, avec les autres États.

La source d'information la plus importante à son sujet est Victor de Vita, dont la présentation n’est pas toujours objective à cause de la politique religieuse d'Hunéric.

Libère

Libère, mort à Rome le 24 septembre 366, est un évêque de Rome qui accède à l'épiscopat le 17 mai 352. Selon le comput de la tradition catholique, il est le 36e pape.

Lors de la crise arienne qui traverse le christianisme de son époque, c'est l'un des meneurs du parti nicéen qui s'oppose au parti arien alors soutenu par l'empereur Constance II, raison pour laquelle il est momentanément exilé. Libère s'aligne sur les positions doctrinales arianisantes de ce dernier, avant de revenir à l'orthodoxie nicéenne après la mort de celui-ci.

Premier à revendiquer le titre d'« évêque du Siège apostolique », prélat populaire à Rome, son pontificat est cependant marqué par ses revirements et sa difficulté à maintenir la cohésion au sein de la communauté chrétienne locale.

Odoacre

Flavius Odoacre ou Odoacer ou encore Odovacer, né vers 433, et mort le 16 mars 493, était un soldat de l'Empire romain d'Occident.

Probablement d’origine skire, peuple allié aux Huns, il quitta la Pannonie pour s’enrôler dans l’armée romaine. S’estimant moins bien traités que les peuples barbares vaincus, des contingents barbares se rebellèrent contre le patrice Oreste et son fils, Romulus Augustule, nommé empereur par son père. À la tête de ces troupes, Odoacre vainquit le général Paulus, frère d’Oreste, et prononça la déchéance de Romulus Augustule en 476.

Après avoir été acclamé comme « roi » par ses troupes, il gouverna l’Italie avec l’agrément du sénat de Rome au nom de l’empereur d’Orient à qui il demanda d’être reconnu comme patrice. Tout en lui donnant effectivement ce titre, l’empereur le pressa plutôt de reconnaître Julius Népos, empereur légitime d’Occident. Le meurtre de Népos mit fin à l’ambiguïté. Odoacre punit les coupables et s’empara de la Dalmatie.

À partir de 488, il eut à lutter contre les Ostrogoths encouragés par Constantinople. Vaincu à trois reprises par le roi Théodoric, il se réfugia à Ravenne. Après trois ans de siège, il capitula, mais fut assassiné par Théodoric à l’occasion d’un banquet devant sceller leur entente le 16 mars 493.

Philostorge

Philostorge (Φιλοστόργιος; vers 370 - vers 430) est un historien ecclésiastique (historien de l'Église) de tendance arienne.

Natif de Borissos en Cappadoce, Philostorge vient s'installer à Constantinople à l'âge de vingt ans et y devient un disciple de l'arien Eunome. Son Histoire ecclésiastique en douze livres, couvrant la période 300-425, est la seule qui nous ait conservé le point de vue des ariens (au sens large du terme) sur les événements qui ont affecté l'Église au IVe siècle. Elle ne nous est pas parvenue entière, mais d'une part par un abrégé rédigé par le patriarche byzantin Photios, d'autre part par d'importants extraits figurant dans la Souda et dans quelques autres textes d'époque byzantine (notamment la Passio Artemii, hagiographie d'époque incertaine, une Vie de Constantin anonyme, et le Trésor de l'orthodoxie de Nicétas Choniatès).

Des fragments conservés de l'Histoire ecclésiastique indiquent qu'il avait écrit d'autre part une Réfutation de Porphyre et un Éloge d'Eunome, mais il n'en est rien resté.

Premier concile de Nicée

Le premier concile de Nicée (en latin : Concilium Nicænum Primum) est le nom donné à un concile général des évêques de l'Empire romain qui se tint à Nicée (aujourd'hui İznik, en Turquie) en Bithynie, sur convocation de Constantin Ier, du 20 mai au 25 juillet 325, sous les patriarcats de Sylvestre de Rome, d'Alexandre d'Alexandrie, d'Eustathe d'Antioche, d'Alexandre de Constantinople et de Macaire de Jérusalem.

Le concile avait pour objectif de résoudre les problèmes qui divisaient alors les Églises d'Orient, problèmes disciplinaires et surtout problème dogmatique mis en évidence par la controverse entre Arius et son évêque Alexandre.

Il est considéré comme le premier concile œcuménique par les Églises chrétiennes. Il forme, avec le premier concile de Constantinople de 381, les deux seuls conciles considérés comme œcuméniques par l'ensemble des Églises chrétiennes. Toutefois il faut noter l’absence au concile des donatistes et des novatiens.

Suèves

Les Suèves (Suevi ou Suebi en latin) sont un groupe de peuples germaniques mentionnés pour la première fois par César durant la Guerre des Gaules lors de ses affrontements avec Arioviste en 58 av. J.-C. Ils participent aux Grandes invasions de la fin de l'Empire romain et laissent de nombreuses empreintes géohistoriques, notamment, la région d'Allemagne qui aujourd'hui encore porte leur nom, la Souabe.

Théodoric le Grand

Théodoric dit le Grand ou l'Amale (en latin : Flāvius Theodoricus, en grec : Θευδερίχος, parfois en français Thierry), né vers 455 et mort le 30 août 526 à Ravenne, est un roi des Ostrogoths.

Unitarisme (théologie)

L’unitarisme est une doctrine qui affirme que Dieu est un seul et même esprit, et non une ousia (en grec : οὐσία, « essence », « substance », « être ») en trois hypostases, à savoir le Père, le Fils et l'Esprit, fondement du dogme de la Trinité. Il s'oppose donc au « trinitarisme », qui est la doctrine officielle du christianisme depuis le premier concile de Nicée (325) et le concile de Chalcédoine (451) et que suivent les principales Églises chrétiennes (catholicisme, christianisme orthodoxe, protestantisme).

L'unitarisme accuse les partisans du dogme de la Trinité de ne pas être strictement monothéiste. Il trouve son origine dans des mouvements antérieurs au concile de Chalcédoine, dont le plus connu est l'arianisme, au IVe siècle. Après la disparition de l'arianisme, l'unitarisme renaît en Europe presque simultanément en Pologne-Lituanie et en Transylvanie au milieu du XVIe siècle, sous l'impulsion de Ferenc Dávid et Jean Sigismond Zápolya. La première église unitarienne en Angleterre est créée en 1774 et la doctrine apparaît officiellement aux États-Unis en 1784 avec James Freeman (en)(1759-1835).

L'unitarisme ne doit pas être confondu avec les Églises uniates ou encore les Églises unies.

Valens

Valens (en latin : Flavius Iulius Valens Augustus), né vers 328 et mort au combat le 9 août 378, est un co-empereur romain de 364 à 378, d'abord avec son frère Valentinien Ier (jusqu'au mois de novembre 375), puis avec ses neveux Valentinien II et Gratien.

Son frère lui confie le gouvernement de la partie orientale de l'Empire, avec Constantinople pour capitale. Il peut donc être considéré aussi comme empereur byzantin.

Vandales

Les Vandales sont une tribu ou groupe de tribus germanique orientale apparues pour la première fois dans l'histoire comme habitant le sud de l'actuelle Pologne. Une grande partie du peuple vandale a ensuite migré, envahissant successivement la péninsule ibérique, puis l'Afrique du Nord-Ouest où ils fondent le royaume vandale au ve siècle.

Selon la vision traditionnelle, les Vandales ont migré du sud de la Scandinavie vers la région comprise entre les rivières d'Oder et de Vistule au cours du IIe siècle av. J.-C. et se sont installés en Silésie à partir de 120 av. J.-C,,. Ils sont associés à la culture de Przeworsk et sont possiblement le même peuple que les Lugiens. S'étendant en Dacie pendant les guerres marcomanniques et en Pannonie pendant la crise du troisième siècle, les Vandales sont confinés en Pannonie par les Goths vers 330 ap. J.-C, où ils reçoivent la permission de s'installer de l'empereur romain Constantin Ier. Vers 400, les raids des Huns obligent de nombreuses tribus germaniques à migrer sur le territoire de l'Empire romain et, craignant qu'ils pourraient être leurs prochaines cibles, les Vandales sont poussés vers l'ouest, traversant le Rhin en Gaule avec les Alains et les Suèves en 406. En 409, les Vandales ont traversé les Pyrénées dans la péninsule Ibérique, où leurs groupes principaux, les Hasdings et les Sillings, se sont installés respectivement en Gallécie (nord-ouest de la péninsule ibérique) et en Bétique (centre-sud de la péninsule Ibérique).

Après l'invasion wisigoth de l'Ibérie en 418, les Alains et les Vandales sillings se sont soumis volontairement à l'autorité du chef hasding Gondéric, qui est poussé de Gallécie à la Bétique par une coalition romaine et Suève en 419. En mai 429, sous le chef Genséric, les Vandales traversent le détroit de Gibraltar et débarquent en Maurétanie (actuelle Maroc). En 439, ils établissent un royaume qui comprend la province romaine d'Afrique puis la Sicile, la Corse, la Sardaigne, Malte et les îles Baléares. Ils repoussent plusieurs tentatives de reconquête romaine, et saccagent la ville de Rome en 455. Après la mort de Genséric, le royaume connait une période de déclin, et s'effondre lors de la guerre des Vandales de 533-534, dans laquelle les armées de l'empereur byzantin Justinien Ier menées par le général Bélisaire déposent le roi vandale Gélimer et annexent la province d'Afrique.

Les écrivains de la Renaissance et du début de l'ère moderne ont qualifié les Vandales de barbares « pillant et razziant » la ville de Rome. Cela a conduit bien plus tard à l'utilisation en langue française du terme « vandalisme » pour décrire toute forme de destruction insensée. Cependant, les historiens modernes ont tendance à considérer les Vandales, pendant la période de transition de l'Antiquité tardive au début du Moyen Âge, comme des agents perpétuateurs, et non destructeurs de la culture romaine.

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