Arabe

L’arabe (en arabe : العربية, al-ʿarabīyah[4] /alʕaraˈbijja/) est une langue afro-asiatique de la famille des langues sémitiques. Avec un nombre de locuteurs estimé entre 315 421 300[1] et 375 millions de personnes[2] au sein du monde arabe et de la diaspora arabe, l'arabe est de loin la langue sémitique la plus parlée, bien avant l'amharique (seconde langue sémitique la plus parlée).

La langue arabe est originaire de la péninsule Arabique, où elle devint au VIIe siècle la langue du Coran et la langue liturgique de l'islam. L'expansion territoriale de l'Empire arabe au Moyen Âge a conduit à l'arabisation au moins partielle sur des périodes plus ou moins longues du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord et de certaines régions en Europe (péninsule Ibérique, Sicile, Crète, Chypre, territoires d'où elle a disparu, et Malte, où le maltais en constitue un prolongement particulier). Parlée d'abord par les Arabes, cette langue qui se déploie géographiquement sur plusieurs continents s'étend sociologiquement à des peuples non arabes, et est devenue aujourd'hui l'une des langues les plus parlées dans le monde. C'est la langue officielle de plus de vingt pays et de plusieurs organismes internationaux, dont l'une des six langues officielles de l’Organisation des Nations unies.

La langue arabe est marquée par une importante diglossie entre l'arabe littéral, langue véhiculaire surtout écrite, et l'arabe dialectal, langue vernaculaire surtout orale. L'arabe littéral comprend l'arabe classique (pré-coranique, coranique, et post-coranique) et l'arabe standard moderne. L'arabe dialectal comprend de nombreuses variétés régionales, pas toutes intelligibles entre elles.

Les vecteurs du rayonnement culturel de la langue arabe sont l'islam, la littérature de langue arabe et les médias audiovisuels contemporains dont la télévision et Internet. Un vecteur historique important de rayonnement fut l'emprunt lexical de nombreux termes arabes dans des langues étrangères, entre autres les langues romanes dont le français.

La prononciation de l'arabe comporte un nombre assez élevé de consonnes (28 en arabe littéral) et peu de voyelles (3 timbres et 2 longueurs en littéral, souvent un peu plus en dialectal). L'arabe s'écrit au moyen de l'alphabet arabe.

Par sa grammaire, l'arabe est une langue accusative et flexionnelle qui fait un usage important de la flexion interne. La syntaxe suit dans la proposition l'ordre fondamental verbe-sujet-objet, et le déterminant suit le déterminé dans le groupe nominal.

Des sciences linguistiques complémentaires à l'étude de la grammaire sont la sémantique et la stylistique de l'arabe, ainsi que sa lexicographie qui étudie le vocabulaire et permet l'élaboration de dictionnaires.

Arabe
العربية
(
al ʿarabīya)
Pays monde arabe et diaspora arabe
Nombre de locuteurs estimé à 315 421 300[1] ou 375 000 000[2]
Nom des locuteurs arabophones
Typologie VSO, flexionnelle, accusative, à accent d'intensité
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielle 27 ou 28 États

Ligue arabe
Organisation de la coopération islamique
Organisation des Nations unies
Union africaine
Union du Maghreb arabe

Régi par Académie de la langue arabe au Caire (en), Académie arabe de Damas, Haut commissariat de la langue arabe, Arabic Language International Council (en), Academy of the Arabic Language in Israel (en), Iraqi Academy of Sciences (en), Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts et Jordan Academy of Arabic (en)
Codes de langue
ISO 639-1 ar
ISO 639-2 ara
ISO 639-3 ara
ISO 639-3 ara
Étendue macro-langue
Type langue vivante
IETF ar
Linguasphere 12-AAC
Glottolog arab1395
Échantillon
Article premier de la Déclaration des droits de l'homme en arabe standard[3] :

المادة ١

يولد جميع الناس أحرارًا متساوين في الكرامة والحقوق. وقد وهبوا عقلاً وضميرًا وعليهم أن يعاملوا بعضهم بعضًا بروح الإخاء

Carte
Répartition géographique de la langue arabe. .mw-parser-output .legende-bloc-centre{display:table;margin:0 auto;text-align:left}.mw-parser-output .legende-bloc ul li{font-size:90%}.mw-parser-output .legende-bloc-vertical ul li{list-style:none;margin:1px 0 0 -1.5em}.mw-parser-output .legende-bloc-vertical ul li li{list-style:none;margin:1px 0 0 -1.0em} arabe majoritaire arabe minoritaire

Répartition géographique de la langue arabe.
  • arabe majoritaire
  • arabe minoritaire

Origine

Inscription trilingue de l'église Saint Serge à Zébed
Inscription trilingue (grec, syriaque, arabe) de l'église Saint Serge à Zabad (sud-est d'Alep) datée 512 apr. J.-C.[5].

L'origine de la langue arabe remonte au IIe siècle, dans la péninsule Arabique.

La tradition donne par moments des origines bien antérieures : la reine de Saba, l'ancien Yémen ainsi que des tribus arabes disparues dont les plus citées sont les tribus ʿĀd (عاد) et Thamūd (ثمود); qui auraient été de la descendance de Iram, l'un des fils de Sem fils de Noé; et qui auraient parlé cette langue dans une forme plus ancienne. Voir les langues sudarabiques anciennes.

Les plus anciennes inscriptions arabes préislamiques datent de 267[6].

Les Abd Daghm étaient les habitants de Taïf et ce sont les premiers à inventer l'écriture arabe[7].

Répartition géographique actuelle

L'arabe est parlé à des degrés divers dans les pays arabes du Moyen-Orient, en Iran (province du Khouzistan), en Turquie (frontière turco-syrienne), en Israël[8], dans les pays d'Afrique du Nord, du Sahara, du Sahel et sur les côtes de la Corne de l'Afrique.

Il est également pratiqué dans la diaspora arabe.

Liste Swadesh (1-100).

Langue officielle

Arabic speaking world
Pays où la langue arabe est :
  • seule langue officielle
  • langue co-officielle dans un pays à majorité arabophone
  • langue co-officielle dans un pays à minorité arabophone

L'arabe standard moderne est reconnu en tant que langue officielle de 25 États[9], ce qui le place en troisième position après l'anglais et le français :

Le Somaliland, non reconnu internationalement, utilise également l'arabe comme langue officielle, en plus du somali.

Par ailleurs, la langue officielle de Malte, le maltais, est une langue dérivée de l'arabe sicilien du Moyen Âge.

Plusieurs organisations internationales ont l'arabe pour langue officielle :

Diglossie

La linguistique distingue différents registres de la langue arabe. La diglossie oppose langue littéraire et langues vernaculaires.

Langue arabe littérale

L’arabe littéral est un terme générique qui regroupe quatre périodes historiques de la même langue au cours desquelles se déploient successivement l'arabe classique puis l'arabe standard moderne.

Arabe classique

L’arabe ancien est celui de la poésie préislamique.

L’arabe coranique est la langue du texte sacré des musulmans, le Coran, et les textes religieux.

L’arabe classique proprement dit est la langue de la civilisation arabo-musulmane.

Arabe standard moderne

L’arabe standard moderne naît au début du XIXe siècle en Égypte, après l’introduction de l’imprimerie et les publications de livres modernes. Il a été adopté par les pays de l’Afrique du Nord un siècle et demi plus tard. C’est la langue écrite commune de tous les pays arabophones ;

Langues arabes vernaculaires

Arabic Dialects fr
Carte des différents dialectes arabes.

Les langues vernaculaires orales, différentes l’une de l'autre dans chaque région, et influencées par l’arabe standard sont appelées arabe dialectal[10], les substrats, superstrats et emprunts différent selon les régions.

  • Les différences entre des dialectes moins éloignés, comme l’algérien et le marocain ou le syrien et le libanais ne sont pas très grandes, mais celles entre « l’arabe marocain » et « l’arabe syrien » le sont. (On remarquera cette différence à travers la prononciation et la dérivation des mots translatés de dialecte en dialecte.) L'arabe est tout de même généralisé au travers de l'arabe littéraire, enseigné à tous dans le système scolaire arabe.
  • Les dialectes les plus importants sont l’égyptien, le chami, le maghrébin, le hedjazi... Le chami est parlé en Syrie, au Liban, en Jordanie et Palestine, le hassanya parlé en Mauritanie, au Maroc, au Sahara occidental et dans quelques zones de l'Afrique de l'Ouest.
  • Généralement, entre eux, les locuteurs de dialectes différents utilisent plutôt l’arabe littéral, ou une forme simplifiée de l’arabe littéral.

Regroupements de dialectes

Les langues arabes, regroupées en quatre groupes principaux, étant difficilement intercompréhensibles à l'intérieur de ces groupes, on est conduit à distinguer une quinzaine de langues très différentes (au moins autant que les langues latines) au sein desquelles les variantes dialectales sont suffisamment fortes pour être notées.

Les variantes arabes sont issues d'une matrice elle-même diverse, la Fassiha, forme sémitique hétérogène, langue des poètes et sa forme « lingua franca » des négociations inter-tribales.

L'arabe, désormais, constitue un ensemble de dialectes qui sont de plus en plus différents les uns des autres, et ressemble au cas de la langue latine qui donna naissance au français, à l'italien, à l'espagnol, etc. À titre d'exemple, l'arabe algérien parlé en Algérie est aussi différent de celui parlé au Yémen que le français peut l'être de l'espagnol, alors que ces deux derniers sont issus, l'un et l'autre, du latin. Cependant on ne parle pas encore de langues différentes, bien que l'arabe, comme le latin, tende à se différencier en plusieurs langues et dialectes propres. Pour le moment, seule l'écriture semble faire l'unité de la langue arabe.

En Occident par exemple, l'arabisation a commencé par l'implantation de camps arabes en Espagne et en province d'Afrique (Tunisie et Algérie orientale), phénomène à l'origine des langues andalouses et ifriqyennes, il s'est poursuivi par arabisation par contamination commerciale et administrative sur la population « romaine » autochtone, tandis que la ruralité « amazigh » a gardé la langue amazighe, les communautés urbaines maures sont apparues avec cette constante influence andalouse et ifriqyenne, notamment à Kairouan, Fès, Tlemcen (etc.) et les nécessités liturgiques arabes dans ces centres universitaires, puis de l'arabisation administrative, surtout à partir des Mérinides (XIIIe siècle) En parallèle, depuis le XIe siècle, et surtout le XIIIe siècle, des populations arabes bédouines (sinaïtes, libyennes, cyréniennes et peut-être yéménites) ont peuplé le Maghreb central et oriental, ainsi que les espaces sahariens, influençant, chacun avec leur dialecte propre (lié à leur origine singulière et leurs développements autonomes propres...) les populations berbères les plus sensibles.

Le groupe maghrébo-hassani, et les trois types de langue maghrébine (« aroubi », « maure », ifriquien) et la hassânya, tout en gardant des différences fortes, n'ont cessé d'échanger à l'intérieur d'espaces cohérents, et sont désormais absorbés par les dialectes nationaux standards.

Ils ne sont pas du tout intercompréhensibles, mais une forme de maghrébin simplifié permet une intercompréhension entre les commerçants par exemple, mais souvent le français prend le pas dans la diplomatie et le grand commerce.

  • Bédouin : il s'agit d'un groupe qui connait une unité très claire et une similitude avec les dialectes sédentaires locaux, surtout le tripolitain, le jazirien, cyrénien, jordano-palestinien et Najdi, le hadramaoui...
    • Libyen
    • Syro-bédouin du nord, nord Syrie, (Liban), sud-jazirien
    • Syro-bédouin du sud (Palestine-Jordanie-sud-Syrie)
    • bédouin péninsulaire (Arabie saoudite et Jordanie)
    • bédouin néguévo-sinaïtique (Égypte et Palestine).
  • Darija du Maghreb (arabe maghrébin)
    • Dialectes « citadins » (non-hilaliens) du Maroc : parlers anciens de Rabat, Salé, Tanger, Tétouan, Fès, Meknès, Taza.
    • Dialectes pré-hilaliens montagnards : parlers des Jbalas, Ghomaras
    • Dialectes hilaliens des plaines atlantiques : parlers de Chaouia, Doukkala, Rhamna, Sraghna, Tadla, Gharb
    • Dialectes hilaliens de l'est du Maroc.
    • Parlers « urbains » (koinès) à forte influence hilalienne du Marocain : parlés dans les grandes villes du Maroc, résultat du brassage de différents dialectes à la suite des migrations des populations rurales vers les grandes villes
    • Arabe du Sud (transitionnel Hassani) : parlers de Tafilalet, Giri, Tata
    • Algérien : koinès urbaines, parlers citadins et parlers campagnards d'Algérie
    • Tunisien : koinès urbaines, parlers citadins et parlers campagnards de Tunisie
  • Hassâniya, entre le Sénégal et le Niger au sud et l'anti-atlas au nord.
    • groupe « marocain » (Daoublali, Yahiaoui, Baamrani...), transitionnel avec « l'arabe du sud »
    • groupe sahraoui (de la Sagya à l'Adrar)
    • groupe trarza-tagant
    • oriental (entre Tichit et Niger)

En Europe

  • L'arabe andalou (disparu) parlé au Moyen Age en Al-Andalus (Péninsule ibérique et côtes du sud de la France).
  • L'arabe sicilien (disparu) parlé au Moyen Age en Sicile et dans les Pouilles autour de la ville de Bari.
  • Le maltais parlé à Malte est proche des dialectes arabes maghrébins et en particulier du tunisien[11].
  • Tchadien
    • standard
    • arabya (langue ethnique)
    • darfouri
  • Soudanais
    • khartoumi et post-nubien
    • "arabya" (langue ethnique)
    • nilotique

Vecteurs de rayonnement

Un premier vecteur de rayonnement est la religion islamique. L'arabe est resté une langue liturgique dans la plupart des pays musulmans, bien que l'arabe coranique se soit éloigné de la langue arabe moderne.

Un deuxième vecteur de rayonnement est la littérature en prose et poétique. Des écrivains non arabes ont utilisé la langue arabe pour leurs publications, comme le médecin et philosophe perse Avicenne. Les rois normands de Sicile se piquaient de parler l’arabe.

Un troisième vecteur de rayonnement sont les médias contemporains, journaux, radio, télévision (chaînes d'information panarabes, telles Al Jazeera ou Al-Arabiya) et les possibilités multiples d'internet.

Un vecteur important plus ancien est l’emprunt à l'arabe de mots et expressions par les langues non arabes, telles les langues romanes, comme le français.

Interférences entre la langue arabe et la religion

La langue de l'islam étant l'arabe, de nombreux mots du domaine religieux sont d'abord apparus en arabe. Ainsi, certains mots religieux n'existent qu'en arabe, ou possèdent un sens plus précis en arabe.

L'arabisation, est fortement liée à l'influence culturelle, commerciale et administrative d'États se réclamant tout d'abord de la religion coranique.

Ainsi, en dehors du monde arabe proprement dit, de nombreuses langues et de très nombreux peuples ont été ou sont marqués avec plus ou moins d'importance par la langue arabe et ont utilisé l'alphabet arabe.

  • En Europe :
    • Le castillan et le ladino (judéo-espagnol) sont influencés par la langue arabe et notamment le portugais qui est fortement marqué, la variante espagnole andalouse (qui a été largement écrite en caractère arabe : langue mudéjare), absorbée et annihilée par la période castillane (1240 à nos jours) en est une des composantes les plus frappantes, mais l'influence de celle-ci sur les deux idiomes plus nordiques se double de l'influence générale de la civilisation islamique sur les royaumes « galiciens ». Depuis le XIIIe siècle, et a fortiori le XVIe siècle, le castillan a perdu une bonne partie de son vocabulaire arabe.
    • Le sicilien en particulier et l'italien du Sud dans une moindre mesure sont largement marqués par la période arabe (IXe-XIe siècle) et la poursuite de sa civilisation sous les Normands au XIIe siècle. L'arrivée massive d'arabophones serviles originaires de Libye s'est poursuivie au cours de l'époque moderne pour l'exploitation sucrière et a contribué à entretenir et à renouveler le vocabulaire arabe de cette langue latine sicilienne.
    • Le serbo-croate, en particulier celui de Bosnie, et l'albanais ont été islamisés à l'époque ottomane, ils ont ainsi reçu de nombreuses terminologies religieuses, administratives, théoriques, issues de l'arabe via le turc ottoman.
    • Le turc de Turquie, le kurde et l'azerbaïdjanais du Sud comprennent plus d'un tiers de vocabulaire arabe, en dépit d'une entreprise, menée au XXe siècle par la République de Turquie, pour la remplacer par des importations turkmènes et des néologismes, l'emploi du vocabulaire turc-ottoman et anatolien, très arabisé, est resté très fort.
    • Le tatar a été influencé indirectement par le biais du persan et du turc séldjoukide (XIII-XVe siècle, puis le turc ottoman à l'époque de l'État de Crimée(XVI-XVIIIe siècle), mais, comme les langues caucasiennes plus tardivement musulmanes (XVII-XIXe) (abkhaze, tcherkesse, tchétchène, daguestani, et même l'azerbaïdjanais du nord), a été très rapidement russifié.
  • En Asie :
    • Le persan et les autres langues iraniennes sont tellement influencées par le vocabulaire arabe, dans tous les domaines, que certains linguistes y ont vu une langue sémitique au XIXe siècle, seul le tadjik du nord a subi une nette influence russe au XIXe siècle et surtout XXe siècle.
    • Les langues turques d'Asie Centrale (ouzbek-ouïghour, kazakh-kirghize, turkmène) sont elles aussi très marquées par une influence persane certaine, les néologismes, comme en persan, sont souvent issus de néologismes de l'arabe standard contemporain.
    • Les langues ourdou-hindi, sindhi, panjâbî, rajasthani et marahsti, et dans une moindre mesure le bihari, le bengali et certaines langues dravidiennes, sont très fortement influencées par la langue arabe, l'ourdou ayant de son côté volontairement opté pour la "politique du hindi le plus arabisé" pour créer la langue pakistanaise, et, comme ses voisins afghan et iranien, a conservé les caractères arabes.
    • Le hui de Chine est orthographiable, encore aujourd'hui, en caractères arabes, les originalités du dialecte ont mené à distinguer leur langue du mandarin et du jin, les deux groupes han voisins, ils composent jusqu'à 20 % de la petite région autonome du Ningxia.
    • Le javanais et le malais sont superficiellement arabisés, sensiblement autant que le tatar, le kazakh ou le wolof.
  • En Afrique :
    • Au Maghreb le processus d'arabisation est entamé dès le VIIIe siècle, la langue arabe devient alors langue religieuse et administrative et le vocabulaire arabe fait son chemin dans les dialectes puniques, latins et berbères des plaines et des cités les plus importantes. Les invasions hilaliennes accélèrent l'arabisation des populations, introduisant encore plus de vocabulaire courant, bien au-delà du vocabulaire religieux ou d'origine proprement coranique.
    • Les populations musulmanes du Tchad, du Soudan et de la corne de l'Afrique (toubou, nubiens, darfouris, afars, oromos, somalien) sont à des degrés divers si arabisés que la plupart des hommes sont arabophones et la langue en a subi une influence directe et très certaine depuis plus de 5 siècles (plus encore pour la Somalie).
    • Les populations bantoues de l'est sont toutes largement marquées par la civilisation swahili, qui, aussi complètement que le persan, a une structure certes non arabe, mais un vocabulaire, qui atteint jusqu'à 50 % d'arabe, il s'écrit toujours abondamment en caractères arabes.
    • En Afrique de l'Ouest, de la même manière, l'islamisation et l'arabisation du commerce au Moyen Âge, puis les invasions bédouines ont produit deux couches de forte arabisation, leurs langues s'écrivaient depuis le XIIe siècle en caractère arabe, ce qui a augmenté l'influence, surtout sur les peuples sahélo-sahariens : songhai, peuls, touaregs, et dans une moindre mesure en wolof, bambara, mossi et haoussa; même si ces langues ne furent réellement influencées par l'islam qu'en fin d'époque moderne.

La littérature arabe

Quelques écrivains arabes célèbres sont :

Les médias contemporains

Bien que l'arabe soit une langue internationale, en dehors du monde arabe et des universités et départements spécialisés, il n'est guère enseigné en tant que langue étrangère. Le manque de volonté politique de promouvoir la langue, ainsi qu'un trop grand fossé entre arabe littéral et arabe dialectal sont aussi des obstacles à l'internationalisation réelle de l'arabe[12]. Mais récemment, l'apparition de nouvelles chaînes d'information panarabes, telles Al Jazeera, Al-Arabiya, ou encore l'utilisation de l'arabe par des chaînes étrangères telles que la chaîne française France 24, BBC Arabic Television, Russia Today, la Télévision centrale de Chine, Euronews ou l'américaine Al-Hurra laissent entrevoir un possible renouveau de la langue arabe au travers les médias.

Les emprunts lexicologiques à l'arabe

L’arabe a légué une série de mots aux langues romanes (et de là aux autres langues d’Europe dont le français), surtout à l'espagnol, à l'italien et au portugais.

Emprunts arabes du français

On trouve de nombreux mots d'origine arabe en français. Ces emprunts se sont faits soit :

  • directement (alcali, alfa, alizari, almée, amiral, arack, azimut, baobab, baraka, barbacane, barde, bédouin, bled, bordj, bouracan, cadi, cafard, caïd, calife, camaïeu, came, camelote, caoua, chott, clebs, fellah, gazelle, harem, hasard, henné, jupe, kandjar, laiton, luth, maboul, maghrébin, magasin, méchoui, oued, salamalec, toubib, etc.),
  • à partir d’une variété de l’arabe dialectal,
    • Maghrébin (barda, bézef, chouya, kif-kif)
    • Algérien (matraque, nouba, razzia, youdi)
    • Marocain (argan, flouze, tajine)
    • Égyptien (cange, goudron, mamelouk) ;
  • par l’intermédiaire du latin médiéval ou scientifique (alcool, algèbre, alidade, amalgame, ambre, arcanne, avives, benjoin, benzine, bourrache, camphre, chiffre, momie, orcanette, safran, sirop, zénith, etc.) ;
  • par l’intermédiaire d’autres langues européennes,
    • principalement l’espagnol (alcade, alcarazas, alcôve, alezan, alfange, algarade, alguazil, aman, arrobe, azerole, basaner, épinard, felouque, récif, etc.),
    • l'italien (arsenal, artichaut, aval, avanie, avarie, berner, café, calfeutrer, calibre, carafe, coton, girafe, hégire, magasin, sirocco, tarif, zéro, etc.),
    • l’occitan[13] (alambic, abricot de albricòt, almanach de almanac, alchimie de alquimia, ambre, assassin, aubergine de aubergina, auberge de aubèrja, azur, boutargue, camfre, carmin, chiffre de chifra, coton, estragon, jarre de jària, madrague de madraga, magazin, mesquin, poutargue, sacre, safran, sirop de siròp, sucre, tasse de taça, tambour de tambor, tare de tara, tarif de tarifa, etc.)
    • et le portugais (argousin) ;
  • par l’intermédiaire d'autres langues, turc (minaret, muezzin), hindi (nabab) ou persan (lascar).

D’autre part, l’arabe a transmis au français des mots originaires d’autres langues, notamment l’hindi (bonduc, candi) , le persan ( alkékenge, alkermès, aniline, aubergine,azur, babouche, borax, bore, douane, orange, timbale, etc.) , mais aussi le grec ( alambic,almanach, antimoine, etc.) .

Citons enfin le cas du mot abricot, qui vient du latin praecoquum (qui a donné le doublet précoce) et qui est revenu en français sous cette forme après un voyage par l’intermédiaire du grec ancien πραικόκιον (praikókion), de l’arabe أَلْبَرْقُوق (ʾal-barqūq) (qui veut dire prune ou pruneau), de l’espagnol albaricoque ; un intermédiaire catalan albercoc avait donné aubercot, mot qui ne s’est cependant pas imposé contre albricòt de l'occitan pour abricot[14].

En ce qui concerne les noms propres, beaucoup de noms d’étoiles viennent également de l’arabe : Aldébaran, Bételgeuse, Algol, Alioth, Véga, Mizar, Fomalhaut, Altaïr, Saïph (Kappa Orionis), etc.

Une théorie : l'emprunt de l’article défini de l'arabe

L’article défini dans les langues romanes dérive des démonstratifs latins comme "ille", "illa" [15]. Il existe par ailleurs, indépendamment, dans les langues germaniques ("der, die, das"), ou en grec ancien et moderne. De même, l’article indéfini provient du nom du chiffre "un" dans les langues indo-européennes ("uno, una" dans les langues romanes, "an" ou "ein" en anglais ou en allemand…).

Mais une théorie croit y voir un emprunt à l’arabe dans les langues romanes, se fondant sur la ressemblance avec a- ou al, l’unique article défini arabe (on a al normalement quand le mot arabe commence par une « consonne lunaire », c’est-à-dire principalement q, m, k et b ; et a- quand il commence par une « consonne solaire », c’est-à-dire principalement d, r, s, t et z ; pour plus de détails, consulter alphabet arabe).

Pour certains mots empruntés à l'arabe, les Européens en ont parfois conservé cet article défini et l’ont agglutiné au substantif. Les diverses langues romannes n’ont pas toujours conservé l’article défini pour un même mot emprunté à l’arabe. Ainsi, l’espagnol et le portugais en ont conservé davantage que le français : à algodón et azúcar en espagnol correspondent coton et sucre, par exemple, ou encore, dogana en italien en face de aduana en espagnol. En français, on a l'alcool, l'alcali, l'algèbre, etc. et du temps de Voltaire on parlait de l'Alcoran.

Emprunt des chiffres arabes

Les chiffres arabes, utilisés dans la numérotation occidentale, ont été empruntés aux Arabes, qui les avaient eux-mêmes empruntés aux Indiens[16].

Actuellement, dans le monde arabe, seuls les pays du Maghreb (Tunisie, Algérie, Maroc, Libye, Mauritanie) utilisent les chiffres "arabes" dans leur forme occidentale ; les autres pays utilisent les anciens chiffres arabes, appelés naturellement "indiens" (mais ils sont différents des vrais chiffres hindis).

Les « chiffres arabes » dans leur forme actuelle ont été introduits en Europe par le mathématicien italien Fibonacci qui en a appris l’usage dans la ville de Béjaïa capitale de la petite Kabylie (Algérie) au Moyen Âge. En 1202, Fibonacci publie Liber abaci (« Le livre des calculs »), un traité sur les calculs et la comptabilité fondée sur le calcul décimal à une époque où l’Occident utilisait encore les chiffres romains et calculait sur abaque. Ce livre est fortement influencé par sa vie dans les pays arabes ; il est d’ailleurs rédigé en partie de droite à gauche. Par cette publication, Fibonacci introduit le système de notation arabe en Europe. Ce système est bien plus puissant et rapide que la notation romaine, et Fibonacci en est pleinement conscient. Il peina cependant à s’imposer avant plusieurs siècles. L’invention sera mal reçue car le public ne comprenait plus les calculs que faisaient les commerçants. En 1280, Florence interdit même l’usage des chiffres arabes par les banquiers. On jugea que le 0 apportait de la confusion et des difficultés au point qu'ils appelèrent ce système cifra (de sifr, zero en arabe), qui prit la signification de « code secret » en latin, tout comme le mot chiffre en français.

Étude linguistique de l'arabe

La linguistique tient compte de la diversité de la langue arabe qui se présente sous les formes diglossiques d'une langue classique, coranique et littéraire, mais aussi sous une multiplicité de formes dialectales.

La linguistique, appliquée à chacun de ces « niveaux de la langue », étudie successivement l'arabe aux points de vue suivants.

Prononciation de l'arabe

La prononciation de l'arabe est étudiée par trois sciences linguistiques complémentaires qu'il convient de ne pas confondre, la phonétique, la phonologie, et l'orthophonie. Cette dernière est normative et comprend l'étude de la cantillation des textes arabes liturgiques.

Écriture de l'arabe

Learning Arabic calligraphy
Exemple d'écriture arabe.

L'écriture de l'arabe est un phénomène qui peut être étudié, soit en tant que système graphique de l'arabe, soit au point de vue des modalités techniques de cette écriture.

L'étude du système graphique s'attache à décrire l'alphabet arabe et les signes diacritiques de l'arabe parmi lesquels se détachent les particularités de l'écriture de la hamza. Les chiffres arabes intègrent aussi ce système graphique de l'arabe. La linguistique étudie aussi les problèmes de translittération (telle la translittération baha'ie) et de transposition, mais aussi l'usage du système graphique arabe pour écrire des langues non arabes (comme le urdu) qui exige des adaptations de l'alphabet arabe à ce nouvel usage.

Les modalités techniques de l'écriture arabe sont la calligraphie, la typographie, la dactylographie, et l'usage contemporains des programmes informatiques dont voici quelques exemples :

À noter que DIN-31635 est une norme du Deutsches Institut für Normung adoptée en 1982, elle permet la translittération de l'alphabet arabe ; cette norme est la plus utilisée dans le domaine des études arabes dans les pays occidentaux.

À noter également que l'arabe s'écrit de la droite vers la gauche.

Grammaire de l'arabe

La grammaire arabe étudie la formation des mots, la morphologie, et leur composition en phrases, la syntaxe.

Sémantique de l'arabe

L'étude sémantique de la langue arabe s'attache au sens des mots.

Lexicographie de l'arabe

La lexicographie de l'arabe étudie le vocabulaire de cette langue et la composition de dictionnaires.

Plus spécifiquement, elle étudie le vocabulaire de l'islam, ainsi que la formation de prénoms arabes et de noms propres arabes.

Stylistique de l'arabe

La stylistique de l'arabe étudie la littéralité des textes arabes, et l'usage qu'ils font des figures de style, tant en prose qu'en poésie.

Notes et références

  1. Ethnologue [ara].
  2. « Arabic », sur University of Birmingham.
  3. Texte en ligne sur le site www.un.org.
  4. Translittération ALA-LC qui permet la translittération de l'alphabet arabe en caractères latins.
  5. (en) « Zebed Inscription: A Pre-Islamic Trilingual Inscription In Greek, Syriac & Arabic From 512 CE », sur Islamic Awareness.
  6. J. F. Healey & G. R. Smith, "Jaussen-Savignac 17 - The Earliest Dated Arabic Document (A.D. 267)", Atlal (The Journal Of Saudi Arabian Archaeology), 1989, vol. 12, p. 77-84.
  7. Toufic Fahd, Études d'histoire et de civilisation arabes, voir bibliographie.
  8. (en) « Arabic in Israel: an official language and a cultural bridge », sur mfa.gov.il, (consulté le 12 juin 2018)
  9. Wright, 2001, p. 492.
  10. « Le substrat berbère dans l’arabe maghrébin »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogle • Que faire ?) (consulté le 16 mai 2013)
  11. Borg and Azzopardi-Alexander Maltese (1997:xiii) "The immediate source for the Arabic vernacular spoken in Malta was Muslim Sicily, but its ultimate origin appears to have been Tunisia. In fact Maltese displays some areal traits typical of Maghrebine Arabic, although during the past eight hundred years of independent evolution it has drifted apart from Tunisian Arabic".
  12. Jacques Leclerc, « L'arabe », sur L'aménagement linguistique dans le monde, Université Laval, (consulté le 28 octobre 2014).
  13. Louis Alibert dans sa Gramatica occitana donne la liste suivante : aiganafa, alambic, albricòt, alcassin, alcavòt, alcòl, alcòva, alfa, alfàbia, alfasega, almanac, alquimia, alquitran, aluda, ambre, argelat, assassin, aubergina, aubèrja, aubièca, augebit, avivas, azard, azeròla, azur, barbacana, barracan, basana, borraja, burnós, camfre, carmin, carróbia, charrabià, chifra, coton, cramesit, doana, eissauga o savega, escac, escarabida, escarchòfa, estragon, faca, farda, festuc, garbin, garrofa, gipon, jansemin, jària, julèp, laut, limona, madraga, magazin, malhuc, marfega, marrega, matalàs, mesquin, mortaisa, papagai, quermès, quintal, realgar, sabaton, sacre, safran, sagaia, sarron, senha, siròp, sucre, taça, tafatàs, tafurèl, tambor, tara, tarifa, tartana, taüc.
  14. Explication de Bernard Cerquiglini en images et Louis Alibert dans sa Gramatica occitana
  15. [1] et Maria Iliescu, "Aspects de l’évolution de l’article défini en français et en roumain", Travaux de linguistique,2009/2 (n° 59) [2]
  16. Encarta 2006

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Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

Les ouvrages sont classés par date d'édition :

  • T. F. Mitchell, Professeur de langue anglaise et de linguistique générale à l'Université de Leeds, Colloquial Arabic, collection « Teach Yourself Books », Hodder and Stoughton Ltd, London 1962, dixième impression 1980, (ISBN 978-0-340-26519-2)
  • Boutros Hallaq, Agrégé de l'Université, L'arabe pour tous, collection « les langues pour tous », Presses Pocket, 1984, (ISBN 978-2-266-01340-6)
  • Michel Neyreneuf et Ghalib Al-Hakkak, Grammaire active de l'arabe, collection « les langues modernes », Le Livre de poche, Paris 1996.
  • Thomas Bauer, Arabic Writing, article paru dans The World's Writing Systems, ouvrage collectif sous la direction de Peter T. Daniels et William Bright, Oxford University Press, 1996.
  • Toufic Fahd, Études d'histoire et de civilisation arabes, Éditions Isis, 1997, (ISBN 975-428-106-8) version en ligne
  • Mathieu Guidère, Arabe grammaticalement correct ! Grammaire alphabétique de l'arabe, Éditions Ellipses, Paris 2001, (ISBN 2-72980923-6)
  • Ghani Alani, L'Écriture de l'écriture : Traité de calligraphie arabo-musulmane, éd. Dervy, 2002.
  • Régis Blachère et Maurice Gaudefroy-Demombynes, Grammaire de l'arabe classique, Maisonneuve et Larose, cinquième édition, 2004.
  • Kristen Brustad, Mahmoud Al-Batal, Abbas Al-Tonsi, A Textbook for Arabic: Part Two. Georgetown University, Washington, DC, 2005 (ISBN 978-1589010963), 1re édition 1997, (ISBN 0-87840-350-7)
  • Boutros Hallaq, Agrégé de l'Université, Professeur à l'université de la Sorbonne nouvelle Paris III, Quarante leçons pour parler arabe, collection « langues pour tous », Univers Poche, Pocket, Paris 2009, (ISBN 978-2-266-18910-1)
  • Dictionnaire Mounged de poche (français arabe ─ فرنسيّ عربيّ), éditions Dar el-Machreq, dixième édition, Beyrouth.
  • Alain Rey, Le voyage des mots : De l'Orient arabe et persan vers la langue française, éditions Guy Trédaniel, octobre 2013, (ISBN 978-2-266-18910-1).
  • Jean Pruvost, Nos ancêtres les Arabes, JC Lattès, coll. « Essais et documents », , 300 p. (ISBN 978-2709659413)

Liens externes

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Alphabet arabe

L'alphabet arabe est un abjad, c'est-à-dire d'un système d'écriture ne notant que les consonnes (ou peu s'en faut).

Il comporte initialement 28 lettres et s'écrit horizontalement de droite à gauche. Les diverses langues qu'il sert à noter ont donné lieu à de nombreuses adaptations de l'alphabet arabe à leur système phonologique.

L’écriture arabe courante ne note pas les voyelles, qui peuvent cependant apparaître sous forme de diacritiques dans certains textes à caractère didactique (Coran, apprentissage de la lecture, dictionnaires). De ce fait, un mot écrit en arabe peut généralement admettre plusieurs lectures suivant la répartition (ou l'absence) de voyelles et de redoublement de consonne, et s'apparente souvent à une sténographie : il faut pouvoir lire correctement un texte pour le comprendre, et il faut comprendre un texte pour le lire correctement ; seule une bonne connaissance de la langue permet de déterminer le bon mot en fonction du contexte. Cette faculté de l'écriture arabe découle de la structure consonantique des langues sémitiques, où les consonnes sont généralement porteuses de la sémantique, les voyelles ne dépendant que de la nature lexicale et la fonction grammaticale. De ce fait, l'écriture arabe note plus particulièrement la sémantique d'ensemble, à la manière d'un idéogramme, laissant en grande partie au lecteur le soin de traduire la lecture en langage courant.

Avec l'expansion de l'islam, différentes langues ont adopté le système d'écriture de l'arabe, langue du Coran, et l'usage de l'alphabet arabe s'est progressivement répandu. C'est ainsi que cet alphabet sert également à écrire certaines langues indo-européennes comme le persan, le kashmiri, le sindhi, l'ourdou, le kurde. Il est aussi utilisé en Chine, plus particulièrement dans les provinces du Xinjiang, du Gansu et du Ningxia, ainsi que par différentes minorités chinoises qui ont embrassé l'islam (on parle dans ce dernier cas de xiao'erjing). Anciennement, l'arabe a encore servi à noter certaines langues d'Afrique (swahili, haoussa, wolof, somali), ainsi que le turc jusqu'en 1928.

Cet article ne traite pas de la prononciation de l'arabe, ni de sa transcription.

Arabes

Le mot Arabes désigne à l'origine les habitants de la péninsule arabique, dont une partie parlait l'arabe (au nord et au centre de la péninsule), une autre s'exprimait dans des langues différentes (au sud). Aujourd'hui, le terme est utilisé pour désigner des populations liées par la pratique de la langue arabe et/ou la culture arabe, réparties sur une vaste zone qui s’étend d’Oman à la Mauritanie ; cela comprend la majorité des habitants de la péninsule arabique, du Machrek et du Maghreb qui parlent des variantes de l'arabe, une langue sémitique. Ces pays appartiennent pour la plupart à la Ligue arabe.

Ainsi définis, ils sont estimés à environ 450 millions dans le monde. Ils forment la population majoritaire dans de nombreux pays d'Asie occidentale et d'Afrique du Nord et une diaspora parfois importante ailleurs en Afrique, en Europe occidentale et en Amérique du nord et du sud.

Arabie

L'Arabie, ou péninsule arabique (شبه الجزيرة العربية (shibh al-jazīra al-ʿarabīyah) « la presqu'île arabe » ou جزيرة العرب (jazīratu Al-ʿArab) « l'île des Arabes »), est une vaste péninsule située au sud-ouest de l'Asie, à la jonction entre ce continent et l'Afrique. Cette région fait partie du Moyen-Orient et joue un rôle géopolitique fondamental, du fait de ses importantes réserves de pétrole et de gaz naturel.

Damas

Damas (en arabe : دمشق / dimašq) est une ville et la capitale de la Syrie. Elle a plusieurs noms en arabe : le Cham (en arabe : الشام, aš-šām), la ville du Jasmin (en arabe : مدينة الياسمين, madīnat al-yāsmīn).

La ville même compte plus de 1 700 000 habitants pour une agglomération qui dépasse les 2 600 000 habitants, c'est l'une des villes les plus anciennes continuellement habitées au monde.

De 661 à 750, Damas fut la capitale des Omeyyades.

Daïra

La daïra (en arabe : دائرة, cercle ; pluriel dawaa'ir) est une subdivision de la wilaya dans l'administration territoriale algérienne et l'organisation territoriale conçue par le gouvernement en exil de la République arabe sahraouie démocratique.

Golfe Persique

Le golfe Persique est un golfe de l'océan Indien qui s'étend sur une superficie de 251 000 km2. Il sépare l'Iran (l'ancienne Perse) de la péninsule arabique.

Les pays qui le bordent sont :

l'Iran au nord-est

l'Irak, le Koweït, l'Arabie saoudite, à l'ouest, Bahreïn, le Qatar et les Émirats arabes unis au sud et à l'est.

Oman : quelques kilomètres de côtes avec l'enclave de Musandam à l'est.À l'est, il communique avec le golfe d'Oman et la mer d'Arabie en passant par le détroit d'Ormuz.

La profondeur du golfe Persique ne dépasse pas les 100 m et la salinité y est très forte.

Guerre des Six Jours

La guerre des Six Jours s'est déroulée du lundi 5 au samedi 10 juin 1967 et opposa Israël à l'Égypte, la Jordanie, la Syrie et le Liban.

Cette guerre fut déclenchée comme une « attaque préventive » d'Israël contre ses voisins arabes, à la suite du blocus du détroit de Tiran aux navires israéliens par l'Égypte le 23 mai 1967 (les Israéliens avaient préalablement annoncé qu'ils considéreraient cet acte comme un casus belli). Le soir de la première journée de guerre, la moitié de l'aviation arabe était détruite ; le soir du sixième jour, les armées égyptiennes, syriennes et jordaniennes étaient défaites. Les chars de l'armée israélienne bousculèrent leurs adversaires sur tous les fronts. En moins d'une semaine, l'État hébreu tripla son emprise territoriale : l'Égypte perdit la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï, la Syrie fut amputée du plateau du Golan et la Jordanie de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est.

Plus symbolique encore que la défaite arabe fut la prise de la vieille ville de Jérusalem.

Les résultats de cette guerre, épisode du conflit israélo-arabe, influencent encore aujourd'hui la géopolitique de la région. Si Israël s'est depuis retiré de certains territoires annexés, le Sinaï et la bande de Gaza, d'autres ont été annexés : le plateau du Golan et Jérusalem-Est — un acte non reconnu par la communauté internationale — et une partie de la Cisjordanie est toujours occupée.

Israël

Israël ([is.ʁa.ɛl]), en forme longue l'État d'Israël (respectivement en hébreu יִשְׂרָאֵל (Yisrā'el) et מְדִינַת יִשְׂרָאֵל (Medīnat Yisra'el) [mediˈnat jisʁaˈʔel], en arabe إِسْرَائِيلُ (Isrā'īl) et دولة إسرائيل (Dawlat Isrā'īl)), est un État situé sur la côte orientale de la mer Méditerranée au Proche-Orient en Asie occidentale. Son indépendance est proclamée le 14 mai 1948, après le vote du plan de partage de la Palestine le 29 novembre 1947 par l'Organisation des Nations unies (ONU) qui met fin au mandat britannique et qui prévoit la création d’un État juif et d’un État arabe. Les premières bases politiques en ce sens ont été posées lors du premier congrès mondial sioniste à Bâle en 1897 sous la direction de Theodor Herzl.

Israël est une démocratie parlementaire. Le Premier ministre, élu par le Parlement et nommé par le président, est le chef de l'exécutif. La Knesset (assemblée), où siègent cent vingt députés élus au scrutin proportionnel intégral à un tour, représente le pouvoir législatif. La Cour suprême, composée de neuf juges, sert à la fois de pouvoir judiciaire et de Cour d'appel. Le pays a établi sa capitale à Jérusalem, choix qui n’est pas reconnu par une grande partie de la communauté internationale. Tel Aviv est le centre diplomatique, économique et financier du pays.

Israël est également le seul État au monde où la population est majoritairement juive avec une proportion de 75 %. Le 19 juillet 2018, la Knesset adopte une nouvelle loi fondamentale de l'État d'Israël qui fait d'Israël l'État-nation du peuple juif. La population non juive comprend principalement des Arabes pour la plupart des descendants des Arabes de l'époque de la Palestine mandataire aussi appelés Arabes israéliens ; ils représentent 20,6 % de la population : 91 % d'entre eux sont musulmans.

Depuis sa création en 1948, l'État d'Israël a subi de nombreuses attaques et déclarations de guerres venant des pays arabes voisins. L'Égypte et la Jordanie ont signé un traité de paix avec Israël, mais ce dernier reste en conflit avec la Syrie, le Liban et le Hamas dans la bande de Gaza.

Jordanie

La Jordanie (en arabe : الأردن, al-urdunn), en forme longue le royaume hachémite de Jordanie (en arabe : المملكة الأردنيّة الهاشميّة, al-mamlaka al-urduniyya al-hāšimiyya) , est un pays d'Asie occidentale. Sa capitale est Amman. Son territoire est entouré à l'ouest par la Palestine et Israël, le long du Jourdain et de la mer Morte, au sud par l'Arabie saoudite, à l'est par l'Irak et au nord par la Syrie, avec en outre un accès sur le golfe d'Aqaba, celui-ci communiquant plus au sud avec la mer Rouge.

Si l'arabe est la langue officielle, l'anglais est aussi bien répandu dans l'éducation et les médias.

La Jordanie est une monarchie constitutionnelle dont l'actuel souverain est, depuis le 7 février 1999, le roi Abdallah II, dont l'épouse est la reine Rania.

Le Caire

Le Caire (en arabe : القاهرة / al-qāhira, « La Victorieuse ») est la capitale et la plus grande ville d'Égypte. Sa population est de plus de seize millions d'habitants, ce qui en fait la plus grande ville du Moyen-Orient et la seconde d'Afrique derrière Lagos. Elle serait également la sixième agglomération du monde en 2015. Bien qu'Al-Qāhira soit le nom officiel, en arabe égyptien, elle est plus souvent appelée Masr (le nom arabe de l'Égypte) ou el-Qahéra. Elle est située en amont du delta du Nil, sur les rives du fleuve ainsi que sur quelques îles adjacentes. Elle se trouve au nord du pays, à 178 km au sud-est d'Alexandrie et 127 km à l'ouest du canal de Suez. Les habitants du Caire sont appelés les Cairotes.

La région de Memphis a longtemps été un centre majeur de l'Égypte antique. Vers le IVe siècle, les Romains établirent la cité-forteresse de Babylone le long de la rive est du Nil. Dès la conquête de l'Égypte par les Arabes en 641, Al-Fustat devient un centre administratif et religieux. Les Fatimides et leur troupes composées de Berbères kotamas d'Algérie fondent le noyau urbain actuel, alors nommé Al-Mansûriyyah, pour en faire leur nouvelle capitale. Située sur la route des épices entre l'Europe et l'Asie, la ville connaît une longue période de prospérité : vers 1340, la population du Caire atteint un demi-million d'habitants, ce qui en faisait déjà l'une des plus grandes villes du monde arabe. La peste noire frappe toutefois la cité plus de cinquante fois entre 1348 et 1517. Sous l'Empire ottoman, la ville perd son statut de capitale au profit d'Istanbul. Devenue capitale de l'Égypte moderne en 1922, elle connaît une forte poussée démographique et devient le centre politique et économique de l'Afrique du Nord et du monde arabe, abritant aujourd'hui un grand nombre de compagnies et d'organisations multinationales, dont la Ligue arabe.

La ville actuelle présente une grande diversité urbanistique et architecturale. Le centre historique de la ville comprend le Vieux Caire (quartier copte où se trouvent la forteresse de Babylone et le musée copte) ainsi que le quartier islamique, classé au patrimoine mondial de l'humanité, où se trouvent la citadelle de Saladin et le grand souk (Khân al-Khalili). Le Caire compte également de nombreuses mosquées, dont la mosquée Al-Azhar qui abrite également l'une des plus anciennes universités au monde. Centre névralgique de la ville moderne, la place Tahrir est devenue l'emblème de la révolution égyptienne de 2011. À l'ouest se trouve la ville de Gizeh et la nécropole antique de Memphis, avec ses trois grandes pyramides, dont la pyramide de Khéops. Au sud se trouve le site de l'antique ville égyptienne de Memphis.

Libye

La Libye, en forme longue l'État de Libye,,,,, (en amazighe : Libya ⵍⵉⴱⵢⴰ ; en arabe ليبيا, lībiyā ou lībiyya, et دولة ليبيا, dawlat lībiyā), est un pays d'Afrique du Nord faisant partie du Maghreb. Elle est bordée au nord par la mer de Libye (mer Méditerranée), à l'ouest par l'Algérie et la Tunisie, au sud par le Niger et le Tchad et à l'est par le Soudan et l'Égypte. Elle s’étend sur 1 759 540 kilomètres carrés, ce qui la place au quatrième rang africain et au dix-huitième rang mondial. Sa population est estimée entre 6 et 8 millions d'habitants. Elle se concentre sur les côtes, l’intérieur du pays étant désertique. Sa capitale, Tripoli, est également sa plus grande agglomération (1,8 million d'habitants), devant Benghazi (650 000 habitants), Misrata (plus de 350 000 habitants) et El Beïda (250 000 habitants).

Les Libyens sont en majorité de culture mixte berbéro-arabe et de confession musulmane sunnite. Le produit intérieur brut de la Libye est l’un des plus élevés d’Afrique. Son économie repose très largement sur l’exportation du pétrole. Elle est membre, entre autres, de la Ligue arabe, de l'Union du Maghreb arabe et de l’OPEP.

La Libye tire son nom d'une tribu berbère qui était nommée Libou, qui a donné le mot grec Libyè. Traditionnellement, on y distingue les régions de Tripolitaine, de Cyrénaïque et du Fezzan. Peuplé originellement de Berbères, son territoire est colonisé pendant l’Antiquité par les Phéniciens, puis les Grecs, avant d’être conquis par l’Empire romain. Au VIIe siècle, il est conquis par les armées arabes, qui y diffusent leur culture et leur religion. Après avoir été soumis à divers royaumes pendant le Moyen Âge, il passe sous le contrôle de l’Empire ottoman au XVIe siècle. La régence de Tripoli devient un véritable État avant d'être directement reprise en main par l'Empire ottoman en 1835.

Dernière possession ottomane en Afrique, l'actuel territoire de la Libye est conquis et colonisé par le Royaume d'Italie en 1912, à l'issue de la guerre italo-turque. Durant la Seconde Guerre mondiale, la Libye italienne est envahie et occupée par les Alliés. En 1951, elle proclame son indépendance sous la forme d’une monarchie dirigée par Idris Ier. En 1969, un coup d'État militaire renverse le roi, et la République arabe libyenne est proclamée. Dès lors, et pendant près de 42 ans, la Libye est gouvernée par Mouammar Kadhafi. En 1977, le pays prend le nouveau nom de Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste. En 2011, dans le cadre des mouvements de protestation dans les pays arabes, une rébellion éclate et se transforme bientôt en guerre civile : avec le soutien d'une intervention militaire internationale, les rebelles renversent Kadhafi. La Libye s'avère cependant incapable, après la chute de Kadhafi, de trouver la stabilité politique et de construire un État de droit : à partir de 2014, le pays sombre dans une nouvelle guerre civile tandis que deux gouvernements se disputent la légitimité.

Maghreb

Le Maghreb (en arabe : المغرب, al-Maghrib, « le Couchant » ; en berbère ⵜⴰⵎⵣⵖⴰ, Tamazgha, « la Berbérie ») est une région située en Afrique du Nord, partie occidentale du monde arabe correspondant à l'espace culturel arabo-berbère, comprise entre la mer Méditerranée, la bande sahélienne et l'Égypte (non compris dans les limites).

Les premiers conquérants musulmans ont appelé Jazirat al-Maghrib (la forme fautive Djazirat el-Maghreb est parfois utilisée), c'est-à-dire « Île du Couchant », les pays isolés du reste du monde arabe à l'ouest du golfe de Syrte. Pendant la colonisation française, le terme Maghreb au sens strict désignait l'Afrique française du Nord (AFN) qui englobait le Maroc, l'Algérie et la Tunisie. Apparue dans les années 1950, la notion de « Grand Maghreb » se réfère à un espace qui inclut également la Mauritanie et la Libye, ainsi que le territoire contesté du Sahara occidental et parfois l'Égypte. Elle fait référence à un espace géographique, mais ce concept reste peu utilisé. La région de Kidal au Mali et la région d'Agadez au Niger, peuplées principalement de Touaregs, sont culturellement proches du reste du Maghreb. La limite orientale, elle, est plus floue : la Cyrénaïque, en Libye, reste fortement influencée par le Machrek, tandis que Siwa, Qara et certaines villes de l'ouest de l'Égypte sont des oasis berbérophones en territoire égyptien. Le Maghreb occupe une superficie d'environ cinq millions de km2 partagés entre le bassin méditerranéen et le désert du Sahara, qui recouvre la majeure partie de son territoire: la population, d'environ 90 millions d’habitants, est de ce fait très inégalement répartie, et concentrée principalement sur les plaines littorales.

Le Maghreb, situé à la croisée du monde arabe et des civilisations méditerranéenne et africaine, forme depuis plus d’un millénaire une unité géographique caractérisée culturellement par la fusion d'éléments arabo-berbères. Ses habitants, appelés Maghrébins, descendent principalement des Berbères qui ont pour la plupart été arabisés entre le VIIIe siècle et nos jours. Bien qu'éloignés l'un de l'autre par divers aspects, le Maghreb et le Machrek sont néanmoins liés par la langue arabe et la culture islamique. L'histoire contemporaine du Maghreb est marquée par les colonisations française, espagnole et italienne, mais aussi par sa proximité avec l'Europe de l'Ouest. Depuis 1989, une tentative de rapprochement politique et économique a été initiée avec la création de l'Union du Maghreb arabe.

Monde arabe

L'expression de monde arabe (arabe : العالم العربي, al-ʿālam al-ʿarabī ou الوطن العربي al-wațan al-ʿarabī) désigne un ensemble de pays couvrant l'Arabie (Péninsule arabique), l'Afrique du Nord et le Proche-Orient, ayant en commun la langue arabe et une culture arabe. Bien qu'assez largement utilisé, ce terme ne renvoie pas à une liste définie de pays, et à la différence de la Ligue arabe par exemple, elle n'est pas une entité politique formelle. On peut néanmoins considérer plusieurs critères pour rattacher un État au monde arabe : l'importance de la langue arabe, sa localisation (critère géographique) ou enfin l'appartenance à la Ligue arabe (critère politique).

Moyen-Orient

Le Moyen-Orient (en arabe الشرق الأوسط Al-Sharq Al-awsat, en persan خاور ميانه, en turc Orta Doğu ou Orta Şark, en kurde Rojhilata Navîn, en hébreu המזרח התיכון) est une expression d'origine occidentale qui désigne, pour les occidentaux, une région comprise entre la rive orientale de la mer Méditerranée et la ligne tracée par la frontière entre l'Iran d'une part et le Pakistan d'autre part. Le Moyen-Orient est l'Asie de l'Ouest et l'Égypte. Proche-Orient et Moyen-Orient ne désignent pas deux espaces géographiques clairement séparés, comme si, en allant vers l'est, on voyait se succéder le Proche-Orient et le Moyen-Orient avant d'atteindre l'Extrême-Orient. Ces termes désignent un même espace défini, au tournant des XIXe et XXe siècles, par le Foreign Office britannique comme le Middle East, et par le Quai d'Orsay français comme le Proche-Orient.

L'espace concerné comprend au moins le Croissant fertile (Jordanie, Irak, Israël, Palestine, Syrie, Turquie et Liban), la péninsule arabique (Arabie saoudite, Yémen, Oman, Émirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït) et la vallée du Nil (Égypte). On y ajoute parfois la République islamique d'Iran, le Pakistan et l'Afghanistan (héritage de la définition héritée de l'Empire britannique). Les États-Unis n'hésitent pas à y inclure les États du Maghreb (Mauritanie, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye), comme le montre le projet de « Grand Moyen-Orient ».

Cet espace abrite plusieurs groupes culturels et ethniques, incluant la culture perse, turque, arabe, kurde et juive. Les trois principaux groupes linguistiques sont les langues iraniennes, les langues turques et les langues sémitiques (dont l'arabe, l'amharique et l'hébreu). La définition du Moyen-Orient, à la fois établie dans les livres de référence et communément utilisée, définit la région comme « les nations de l'Asie du Sud-Ouest, de l'Iran à l'Égypte ». En conséquence, l'Égypte, avec sa péninsule du Sinaï en Asie, est habituellement considérée comme faisant partie du Moyen-Orient.

Cette expression a été employée pour la première fois par le théoricien militaire américain Alfred Mahan en 1902.

Palestine

Le nom Palestine (en latin : Palaestina, dérivé du grec ancien Παλαιστίνη / Palaistínê ; en arabe فلسطين / Falistīn et en hébreu : פלסטין) désigne la région historique et géographique du Proche-Orient située entre la mer Méditerranée et le désert à l'est du Jourdain et au nord du Sinaï. Si le terme « Palestine » est attesté depuis le Ve siècle av. J.-C. par Hérodote, il est officiellement donné à la région par l'empereur Hadrien au IIe siècle, désireux de punir les Juifs de leur révolte en 132-135 ap. J.-C.

La zone n'est pas clairement définie. Elle est centrée sur les régions de la Galilée, de la Samarie et de la Judée. Ses limites sont au nord la Phénicie et le mont Liban et au sud la Philistie et l'Idumée. À l'époque des croisades, le Pérée au nord-est de la mer Morte, la Batanée et la Décapole au-delà du Jourdain y étaient attachés. La Palestine peut désigner le territoire situé uniquement à l'ouest du Jourdain. Le terme est aussi utilisé comme équivalent à la terre d'Israël.

La région comprend aujourd'hui l'État d'Israël, les territoires palestiniens occupés, la bande de Gaza et parfois également une partie du royaume de Jordanie, le Liban du Sud et le plateau du Golan,.

Historiquement, elle correspond à Canaan, à la Terre d'Israël et fait partie de la région de Syrie (Syrie-Palestine). Dans les traditions abrahamiques, elle est la Terre promise aux enfants d'Israël, la Terre sainte du christianisme et une terre sainte de l'islam.

Persan

Le persan (en persan : فارسی, fārsī, ou پارسی, pārsī) est une langue indo-européenne. C'est la langue officielle en Iran (centre, centre-sud, nord-est), Afghanistan et Tadjikistan où elle est majoritairement parlée. Le persan est une langue minoritaire notable à Bahreïn, en Irak, à Oman, au Qatar, et aux Émirats arabes unis. Le dari, dialecte du persan, également appelé persan afghan ou persan oriental, est une langue officielle en Afghanistan ; il est parlé également en Iran et au Pakistan. De même, le tadjik, autre dialecte du persan, est la langue officielle du Tadjikistan et également parlé au Kirghizistan, au Turkménistan, en Ouzbékistan, et dans une moindre mesure au Kazakhstan. Le persan ou l’une de ses langues-sœurs est également parlé en Azerbaïdjan, en Russie, et en Ouzbékistan (minorité tadjike). Jadis, du XVIe au XIXe siècle, il fut la langue officielle de l'Empire moghol.

Le persan fait partie du groupe indo-iranien de la famille des langues indo-européennes. C'est une langue du type « sujet-objet-verbe ». Les langues persanes s’écrivent surtout au moyen de l'alphabet arabo-persan, variante de l'alphabet arabe, bien qu'elles n'aient aucune parenté avec la langue arabe, dont elles diffèrent tant sur le plan de la grammaire que de la phonologie. Au Tadjikistan, en Russie, en Azerbaïdjan et en Ouzbékistan, où elle a été cyrillisée, la langue tadjike s’écrit en caractères cyrilliques.

Il est appelé fārsi (فارسی) en Iran et en Afghanistan (ce qui est une forme arabisée de parsi — l'alphabet arabe ne comporte pas de consonne p), parsi (پارسی, une appellation locale ancienne, encore utilisée par certains locuteurs), hazara et tadjik (un dialecte d'Asie centrale) ou dari (appellation locale en Afghanistan). Les gens qui parlent persan sont désignés comme persanophones.

Syrie

La Syrie (en arabe : سوريا / sūriyā), en forme longue la République arabe syrienne (en arabe : الجمهورية العربية السورية / al-jumhūriyya al-ʿarabiyya as-sūriyya), est un pays d'Asie de l'Ouest situé sur la côte orientale de la mer Méditerranée. Elle possède des frontières terrestres avec la Turquie, l'Irak, la Jordanie, Israël, le Liban et une frontière maritime avec Chypre. Sa capitale est Damas.

En français, la Syrie était autrefois synonyme du Levant ou de la Grande Syrie (bilad el-Cham en arabe [بلاد الشام]). Durant l'Empire ottoman, cette région fut un temps regroupée, comprenant les États actuels de la Syrie, d'Israël, du Liban, de la Jordanie et de la Palestine. Durant l'Antiquité, ces pays étaient distinctement la Phénicie, les royaumes d'Israël et de Juda, la province romaine de Judée puis de Palestine, l'Assyrie et une partie de la Mésopotamie occidentale.

De février 1958 à fin septembre 1961, l'Égypte et la Syrie s'unissent brièvement dans la République arabe unie, jusqu'au coup d'État du général Haydar al-Kouzbari.

En 1970, après une série de dictatures militaires instables, Hafez el-Assad, alors ministre de la Défense, prend le pouvoir par un nouveau coup d'État. Son régime fortement autoritaire, structuré autour d'un parti unique, le Baas, a mis en place un contrôle de l'ensemble de la vie politique syrienne. Il est responsable du massacre de Hama.

À sa mort en 2000, son fils, Bachar el-Assad, lui succède et maintient le régime instauré par son père, avec un certain relâchement des libertés en début de mandat.

Début 2011, la Guerre civile syrienne se déclenche dans le cadre du Printemps arabe. De 2011 à septembre 2016, le conflit a fait près de 500 000 morts et deux millions de blessés.

Yémen

Le Yémen (en arabe : اليَمَن / al-yaman), en forme longue la république du Yémen (en arabe : ﺍﻟﺠﻤﻬﻮﺭﯾّﺔ اليمنية / al-jumhūriyya al-yamaniyya), est un pays arabe situé à la pointe sud-ouest de la péninsule d'Arabie. Il possède une frontière terrestre avec l’Arabie saoudite au nord et avec Oman au nord-est, et une frontière maritime avec Djibouti et l'Érythrée à l'Ouest et la Somalie au Sud. Il présente une importante façade maritime sur le golfe d'Aden, une moindre sur la mer Rouge, et contrôle avec Djibouti le détroit de Bab-el-Mandeb qui mène vers le canal de Suez. Sa capitale, Sanaa, se situe dans l'ouest du pays, et son principal port est Aden.

Le Yémen est l'un des plus anciens centres de civilisation du Moyen-Orient, dans l'antiquité le pays était un territoire du Royaume de Saba. Il est aussi l'une des premières nations à adopter l'Islam et important centre de la théologie Chaféite. L’actuelle nation yéménite est née en 1990 de la réunion de la République démocratique et populaire du Yémen (Yémen du Sud) et de la République arabe du Yémen (Yémen du Nord). L'histoire du pays est marquée par une forte instabilité politique, qui continue de nos jours.

L'Arabie saoudite, depuis 2015, a lancé un blocus qui empêche l'importation de produits alimentaires, déclenchant la plus grande crise humanitaire du moment. Le Yémen se classe 178e sur 189 pays à l'indice de développement humain de l'ONU en 2017.

Égypte

L'Égypte (en arabe : مصر / miṣr ; en arabe égyptien : مصر / maṣr [masˤɾ]), en forme longue la république arabe d'Égypte (en arabe : جمهورية مصر العربية), est un pays se trouvant en Afrique du Nord-Est et, pour la péninsule du Sinaï, en Asie de l'Ouest. Située sur la côte sud de la Méditerranée orientale, le bassin Levantin, l'actuelle Égypte occupe l'espace géographique qui fut autrefois celui de l'Égypte antique.

Avec plus de 92 millions d'habitants en 2017, l'Égypte est le troisième pays le plus peuplé d'Afrique derrière le Nigeria et l'Éthiopie. En très forte croissance, sa population a été multipliée par quatre en soixante ans.

Sa capitale est Le Caire et sa monnaie la livre égyptienne. La langue officielle du pays est l'arabe, utilisée dans tous les documents et dans l'éducation. Par contre, la langue parlée est l'arabe égyptien (arabe dialectal). Le siwi — tamazight (berbère) de l'ouest du pays — est parlé à Siwa. Le copte, n'est utilisé que comme langue liturgique des chrétiens d'Égypte. Le nubien est parlé par les habitants de Haute-Égypte, dans la province d'Assouan, une région communément appelée Nubie.

Variétés de la langue arabe
Variétés diglossiques
Arabe occidental
Arabe oriental
Judéo-arabe
Créoles arabes
Formes anciennes*

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