Alphabet araméen

L'alphabet araméen est un ancien alphabet consonantique.

Cet alphabet est historiquement important car quasiment tous les alphabets moyen-orientaux modernes en descendent, ainsi que de nombreuses écritures non chinoises d'Asie du Centre et de l'Est, du fait de l'usage répandu de l'araméen comme lingua franca et langue officielle de l'Empire néo-assyrien et son successeur, l'Empire achéménide. Parmi les écritures contemporaines, l'alphabet hébreu est le plus proche de l'alphabet araméen impérial du Ve siècle av. J.-C., comportant les mêmes lettres et, pour la majeure partie, des formes identiques.

Alphabet araméen
Inscription bilingue en grec et araméen à Kandahar, en Afghanistan, sous le règne de l'empereur maurya Ashoka (IIIe siècle av. J.-C.).

Inscription bilingue en grec et araméen à Kandahar, en Afghanistan, sous le règne de l'empereur maurya Ashoka (IIIe siècle av. J.-C.).
Caractéristiques
Type Abjad
Langue(s) Araméen, hébreu, syriaque, mandéen
Direction Caractères de droite à gauche, lignes de haut en bas
Historique
Époque IXe siècle av. J.-C. au VIIe siècle
Système(s) parent(s) Hiéroglyphes égyptiens

 Protosinaïtique ?
  Phénicien
   Alphabet araméen

Système(s) dérivé(s)
Codage
Unicode U+10840 à U+1085F
ISO 15924 Armi

Caractéristiques

Propriétés

L'alphabet araméen est un alphabet consonantique: ses graphèmes ne servent à noter que les consonnes, les voyelles n'étant pas indiquées. Il est écrit de droite à gauche.

Graphèmes

Le tableau suivant donne les formes des graphèmes de l'alphabet araméen impérial, utilisé au Ve siècle av. J.-C.[1]

Lettre Unicode Nom Valeur Correspondances
Hébreu arabe Syriaque Brahmi Nabatéen Kharosthi
Aleph.svg U+010840 Ālaph [ʔ], [], [] א ا ܐ Brahmi a.svg 01 aleph Kharosthi a.svg
Beth.svg U+010841 Bēth [b], [v] ב ܒ Brahmi b.svg 02 bet Kharosthi b.svg
Gimel.svg U+010842 Gāmal [ɡ], [ɣ] ג ܓ Brahmi g.svg 03 gimel.svg Kharosthi g.svg
Daleth.svg U+010843 Dālath [d], [ð] ד د, ذ ܕ Brahmi dh.svg 04 dal.svg Kharosthi dh.svg
He0.svg U+010844 [h] ה ܗ 05 ha.svg
Waw.svg U+010845 Waw [w], [], [] ו و ܘ Brahmi v.svg 06 waw.svg Kharosthi v.svg
Zayin.svg U+010846 Zain [z] ז ز ܙ 07 zayn.svg
Heth.svg U+010847 Ḥēth [ħ] ח , ܚ 08 ha
Teth.svg U+010848 Ṭēth [tˤ] ט ط ܛ Brahmi th.svg 09 taa.svg Kharosthi th.svg
Yod.svg U+010849 Yudh [j], [], [] י ܝ Brahmi y.svg 10 yaa Kharosthi y.svg
Kaph.svg U+01084A Kāph [k], [x] כ, ך ك ܟ, ܟ Brahmi k.svg 11 kaf.svg Kharosthi k.svg
Lamed.svg U+01084B Lāmadh [l] ל ܠ Brahmi l.svg 12 lam.svg Kharosthi l.svg
Mem.svg U+01084C Mim [m] מ, ם ܡ, ܡ Brahmi m.svg 13 meem.svg Kharosthi m.svg
Nun.svg U+01084D Nun [n] נ, ן ن ܢ Brahmi n.svg 14 noon.svg Kharosthi n.svg
Samekh.svg U+01084E Semkath [s] ס ܣ Brahmi sh.svg 15 sin.svg Kharosthi sh.svg
Ayin.svg U+01084F ʿĒ [ʕ] ע , ܥ 16 ein.svg
Pe0.svg U+010850 [p], [f] פ, ף ܦ Brahmi p.svg 17 fa Kharosthi p.svg
Sade 1.svg, Sade 2.svg U+010851 Ṣādhē [sˤ] צ, ץ ܨ Brahmi s.svg 18 sad.svg Kharosthi s.svg
Qoph.svg U+010852 Qof (lettre) [q] ק ܩ Brahmi kh.svg 19 qaf.svg Kharosthi kh.svg
Resh.svg U+010853 Rēsh [r] ר ر ܪ Brahmi r.svg 20 ra.svg Kharosthi r.svg
Shin.svg U+010854 Shin [ʃ] ש , ܫ Brahmi ss.svg 21 shin.svg Kharosthi ss.svg
Taw.svg U+010855 Tau [t], [θ] ת , ܬ Brahmi t.svg 22 ta Kharosthi t.svg

Matres lectionis

Les lettres waw, 𐡅, et yudh, 𐡉, placées derrière des consonnes suivies des voyelles « u » et « i » (et souvent « o » et « e ») sont utilisées pour indiquer les voyelles longues « û » et « î » (ainsi que, souvent, « ô » et « ê »). Ces lettres, qui indiquent à la fois un son consonne et un son voyelle, sont nommées matres lectionis. De même, la lettre ālaph, 𐡀, a certaines caractéristiques d'une mater lectionis : en position initiale, elle indique une consonne suivie d'une voyelle, le coup de glotte ; au milieu et en fin de mot, elle indique souvent la voyelle longue « â » ou « ê ». Parmi les Juifs, l'influence de l'hébreu a souvent conduit à utiliser à la place d'ālaph en position finale.

Histoire

Origines

Les premières inscriptions en araméen font usage de l'alphabet proto-araméen. L'alphabet araméen se développe à partir de celui-ci au cours du temps. L'araméen devient lingua franca du Moyen-Orient, son écriture complémentant tout d'abord le cunéiforme, puis le remplaçant comme système prédominant.

Période achéménide

Vers 500 av. J.-C., à la suite des conquêtes achéménides de la Mésopotamie sous Darius Ier, le vieil araméen (en) est adopté par les conquérants comme véhicule de communication écrite entre les différentes régions de l'Empire[2]. L'araméen impérial est très standardisé ; son orthographe est basée plus sur des racines historiques que sur un quelconque dialecte et il est inévitablement influencé par le vieux-perse.

Pendant des siècles après la chute de l'Empire achéménide en 331 av. J.-C., l'araméen impérial — ou une version suffisamment proche pour rester reconnaissable — exerce une influence sur les différentes langues iraniennes indigènes. l'alphabet araméen donne ses caractéristiques essentielles à l'écriture pehlevi[3].

Un ensemble de trente documents araméens de Bactriane sur cuir, récemment découverts et dont l'analyse est publiée en 2006, rendent compte de l'usage de l'araméen dans l'administration achéménide de Bactriane et de Sogdiane au IVe siècle av. J.-C.[4]

L'usage répandu de l'alphabet araméen conduit à son adoption progressive pour écrire l'hébreu. Avant cette adoption, l'hébreu est écrit en alphabet paléo-hébraïque, un système d'écriture plus proche de l'alphabet phénicien.

Écritures dérivées

L'évolution de l'alphabet araméen à partir du phénicien étant un processus graduel, la division des alphabets entre ceux qui dérivent directement du phénicien et ceux qui en dérivent via l'araméen est un peu artificielle. En général, les alphabets de la région méditerranéenne (Anatolie, Grèce, Italie) sont considérés comme dérivant du phénicien, adaptés vers le VIIIe siècle av. J.-C. ; ceux de l'Est (Levant, Perse, Asie centrale, Inde) sont considérés comme dérivant de l'araméen, adaptés vers le VIe siècle av. J.-C. à partir de l'alphabet araméen impérial de l'Empire achéménide. Après la chute de celui-ci, l'unité de l'alphabet est perdue et il se diversifie en un certain nombre de cursives.

Les alphabets hébreu et nabatéen, tel qu'ils sont écrits lors de la Rome antique, ont peu changé stylistiquement par rapport à l'alphabet araméen impérial.

Une écriture hébraïque cursive se développe dans les premiers siècles du Ier millénaire, mais elle reste restreinte à un statut de variante utilisée à côté de l'écriture non-cursive. Par contraste, la cursive se développant à partir de l'alphabet nabatéen à la même période devient le standard pour écrire l'arabe, donnant à terme l'alphabet arabe tel qu'écrit au début de l'expansion de l'islam.

Le développement de versions cursives de l'araméen conduit également à la création des alphabets syriaque, palmyrénien et mandéen. Ces écritures forment la bases des alphabets d'Asie centrale, tels que les alphabets sogdien et mongol.

Il a été suggéré que l'alphabet de l'Orkhon dériverait de l'alphabet araméen.

Époque moderne

À l'époque contemporaine, l'araméen biblique (en), les dialectes néo-araméens juifs et la langue araméenne du Talmud sont écrits avec l'alphabet hébreu. Le syriaque et les dialectes néo-araméens chrétiens font usage de l'alphabet syriaque. Le mandéen utilise l'alphabet mandéen.

Codage informatique

L'alphabet araméen est ajouté au standard Unicode en octobre 2009, avec la publication de la version 5.2. Il occupe le bloc U+10840 à U+1085F, intitulé « Araméen impérial »[5]. Les 22 premiers caractères, de U+10840 à U+10855, concernent les lettres de l'alphabet ; U+10857 est le signe de section ; U+10858 à U+1085F sont des nombres (1, 2, 3, 10, 20, 100, 1 000 et 10 000. Le caractère U+10856 n'est pas utilisé.

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0 1 2 3 4 5 6 7 8 9 A B C D E F
U+10840 𐡀 𐡁 𐡂 𐡃 𐡄 𐡅 𐡆 𐡇 𐡈 𐡉 𐡊 𐡋 𐡌 𐡍 𐡎 𐡏
U+10850 𐡐 𐡑 𐡒 𐡓 𐡔 𐡕   𐡗 𐡘 𐡙 𐡚 𐡛 𐡜 𐡝 𐡞 𐡟

Annexes

Liens externes

Bibliographie

  • (en) Ryan Byrne, Encyclopaedia of Language and Linguistics, Elsevier, , « Middle Aramaic Scripts ».
  • (en) Florian Coulmas, The Writing Systems of the World, Oxford, Wiley-Blackwell, (ISBN 978-0631180289)..
  • (en) Peter T. Daniels (dir.) et William Bright (dir.), The World's Writing Systems, Oxford et New York, Oxford University Press, , xlvi + 920 p. (ISBN 978-0-19-507993-7, présentation en ligne)
    La réédition de 1999 comporte 996 pages.
    .
  • (en) Joshua Rudder, Learn to Write Aramaic: A Step-by-Step Approach to the Historical & Modern Scripts, CreateSpace Independent Publishing Platform, (ISBN 978-1461021421).

Références

  1. (en) Franz Rosenthal, A Grammar of Biblical Aramaic, Oxford, Otto Harrassowitz Verlag, (ISBN 978-3447052511).
  2. (en) Shaul Shaked, Encyclopedia Iranica, vol. 2, New York, Routledge & Kegan Paul, , « Aramaic », p. 251-252.
  3. (de) Wilhelm Geiger et Ernst Kuhn, Grundriss der iranischen Philologie: Band I. Abteilung 1, Boston, Adamant, , p. 249ff.
  4. (en) Joseph Naveh et Shaul Shaked, Ancient Aramaic Documents from Bactria, Oxford, Khalili Collections, (ISBN 1-874780-74-9).
  5. (en) « Imperial Aramaic », Unicode.
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Aleph (lettre)

Aleph ou alef (א, prononcé /ʔ/) est la première lettre de l'alphabet hébreu. Elle est l'équivalent de la lettre ālaph en alphabet araméen ou de la lettre ʾalif de l'alphabet arabe.

Alphabet

Un alphabet (de alpha et bêta, les deux premières lettres de l’alphabet grec) est un système d'écriture constitué d'un ensemble de symboles dont chacun représente, par exemple, un des phonèmes d’une langue.

Alphabet consonantique

Un alphabet consonantique, aussi appelé abjad, est un alphabet dont les graphèmes (unités de base) sont des consonnes. Les voyelles dans un alphabet consonantique sont implicitement dictées par la phonologie : le lecteur doit connaitre la langue pour lire toutes les voyelles.

Les alphabets consonantiques modernes, comme l'alphabet hébraïque, arabe ou syriaque, descendent tous de l'alphabet phénicien ou araméen, eux-mêmes des descendants de l'alphabet protosinaïtique.

Tous les alphabets consonantiques connus s'écrivent de droite à gauche, à l'exception de l'alphabet ougaritique, qui s'écrit de gauche à droite. Cependant, certains alphabets consonantiques anciens comme le phénicien ou le protosinaïtique pouvaient s'écrire en boustrophédon.

Dans les langues sémitiques, on utilise un alphabet consonantique où les voyelles longues sont notées à l'aide des matres lectionis, mais pas les voyelles courtes. Bien qu'il existe des signes diacritiques qui notent les voyelles courtes — comme les nikkudot pour l'hébreu ou les ḥarakāt pour l'arabe —, leur utilisation est optionnelle et ils n'apparaissent que dans des cas restreints.

Dans les alphabets consonantiques, il est fréquent que les lettres changent plus ou moins de forme selon leur place dans le mot : une lettre en début, milieu et fin de mot n'a pas nécessairement la même graphie, c'est un cas de variante contextuelle.

Alphabet mandéen

L’alphabet mandéen ou mandaïte est un alphabet basé sur l’alphabet araméen auquel ont été ajoutées des voyelles, abandonnant l’usage du matres lectionis avec les anciennes consonnes des autres écritures sémitiques dont les voyelles ont été dérivées. Ce n’est pas un abjad (alphabet consonantique), en dépit de son apparence proche de celle de l’arabe, de sa direction d’écriture et de l’usage abondant des ligatures et formes contextuelles comparables à celles de l’écriture arabe ; il était utilisé pour écrire la langue mandéenne et l’est encore pour écrire les langues néo-mandéennes occidentale et orientale.

Le nom mandéen pour l’écriture est abagada ou abaga, d’après les premières lettres de l’alphabet qui s’écrit de droite à gauche.

Alphabet palmyrénien

L'alphabet palmyrénien est un alphabet sémitique historique utilisé pour écrire le dialecte du même nom, variante locale de l'araméen. Il a été utilisé entre le Ier siècle av. J.-C.} et le IIIe siècle av. J.-C. à Palmyre, dans le désert syrien. La plus ancienne inscription conservée date de 44 av. JC et la plus ancienne de 274 ap. JC, deux ans après la victoire de l'empereur romain Aurélien sur l'éphémère empire palmyrénien. Elle a ensuite été remplacée par le grec et le latin.

Il dérive des versions cursives de l'alphabet araméen et partage plusieurs de ses caractéristiques, : vingt-deux lettres représentant uniquement des consonnes, écrit horizontalement de droite à gauche, nombres écrits dans le même sens à l'aide d'un système non-décimal

L'alphabet palmyrénien est normalement écrit sans espace ni ponctuation entre les mots et les phrases (style scriptio continua). Les formes cursives et monumentales utilisent des ligatures typographiques.

Alphabet phénicien

L'alphabet phénicien (appelé par convention alphabet protocananéen pour les inscriptions antérieures à 1200 av. J.-C.) est un ancien abjad, un alphabet consonantique non pictographique. Il était utilisé pour l'écriture des langues cananéennes et en particulier du phénicien, une langue sémitique utilisée par la civilisation phénicienne. Il s'agit d'un abjad, car il ne note que les sons consonantiques (une mater lectionis a été utilisée pour certaines voyelles dans des variétés tardives).

L'alphabet phénicien est devenu l'un des systèmes d'écriture les plus utilisés, transmis par les marchands phéniciens dans le monde méditerranéen où il a évolué et a été assimilé par de nombreuses cultures. L'alphabet araméen, une forme modifiée du phénicien, est l'ancêtre de l'alphabet arabe moderne, tandis que l'alphabet hébreu moderne est une variante stylistique de l'araméen. L'alphabet grec (et par extension ses descendants, les alphabets latin, cyrillique et copte) est un successeur direct du phénicien, bien que la valeur de certaines lettres ait été changée pour représenter les voyelles.

Les lettres de l'alphabet phénicien étant à l'origine incisées avec un style, leur forme est anguleuse et droite, bien que des versions cursives soient de plus en plus attestées au fil du temps, culminant avec l'alphabet néo-punique d'Afrique du Nord. Le phénicien était généralement écrit de droite à gauche, bien que certains textes soient écrits en boustrophédon.

En 2005, l'UNESCO a enregistré l'alphabet phénicien sur le programme de la Mémoire du monde comme héritage du Liban.

Alphasyllabaire tibétain

L'écriture tibétaine est un alphasyllabaire d'origine indienne, de la famille des écritures brahmiques, utilisé pour écrire le tibétain ainsi que le dzongkha, le ladakhi et parfois le balti.

La forme imprimée est appelée écriture uchen (tibétain : དབུ་ཅན་, Wylie : dbu-can, pinyin tibétain : Ujain ; utɕɛ̃ ; 有头体 / 有頭體, yǒutóutǐ ; littéralement : « avec une tête ») utilisée pour le tibétain classique.

La forme cursive manuscrite usuelle est appelé écriture umê (tibétain : དབུ་མེད་, Wylie : dbu-med, pinyin tibétain : umê ; umɛ̂] ; 无头体 / 無頭體, wútóutǐ ; littéralement : « sans tête »).L'écriture est liée de près à la langue tibétaine au sens large. Ce système d'écriture a été aussi utilisé pour les langues tibétaines non seulement au Tibet, mais également d'autres régions de la Chine, elle y a également influencé l'écriture 'phags-pa, utilisé par les Mongols sous la dynastie Yuan. Elle est également utilisée dans d'autres pays, tel que le Bhoutan, ainsi que dans certaines parties de l'Inde, du Népal et du Pakistan (Chamberlain 2008).

L'écriture est romanisée de multiples façons. Les plus utilisées sont la translittération Wylie, la phonétique simplifiée THL, ainsi que le pinyin tibétain (ou « Zangwen pinyin ») en République populaire de Chine.

Assyrie

L'Assyrie est une ancienne région du nord de la Mésopotamie, qui tire son nom de la ville d'Assur, du même nom que sa divinité tutélaire. À partir de cette région s'est formé, au IIe millénaire av. J.-C., un royaume puissant qui devient plus tard un empire. Aux VIIIe et VIIe siècles av. J.-C., l'Assyrie contrôle des territoires s'étendant sur la totalité ou sur une partie de plusieurs pays actuels, comme l'Irak, la Syrie, le Liban, la Turquie et l'Iran.

L'assyriologie, discipline qui étudie l'Assyrie antique et plus largement la Mésopotamie antique, distingue trois phases dans l'histoire assyrienne, sachant qu'avant les environs de 700 av. J.-C. les dates sont approximatives : la période paléo-assyrienne, du XXe au début du XIVe siècle av. J.-C. ; la période médio-assyrienne, jusqu'à 911 av. J.-C. ; et la période néo-assyrienne, jusqu'à 612-609 av. J.-C., date de la fin du royaume assyrien. Schématiquement, durant la première période, l'Assyrie se résume à la cité-État d'Assur, connue surtout par le dynamisme de ses marchands. La deuxième période voit la naissance du royaume assyrien, en tant qu'État territorial puissant, qui connaît cependant un affaiblissement important au tournant des IIe et Ier millénaires av. J.-C. La troisième période voit l'Assyrie se muer en un empire, grâce notamment à sa redoutable armée. C'est par cette période que l'Assyrie est la mieux connue, grâce aux découvertes effectuées à partir du XIXe siècle dans ses capitales successives, Assur, Kalkhu (Nimrud), Dur-Sharrukin (Khorsabad) et Ninive. La puissance de cet empire et de ses souverains a permis au souvenir de l'Assyrie de perdurer par la tradition de la Bible hébraïque et des auteurs grecs classiques.

La grande quantité de documentation épigraphique et archéologique collectée pour la période assyrienne depuis près de deux siècles permet de bien connaître de nombreux aspects de ce royaume qui est une des composantes essentielles de la civilisation mésopotamienne ancienne, au même titre que celui qui est devenu son rival méridional, le royaume de Babylone. C'est de loin la dernière phase du royaume qui est, toutefois, la mieux connue. On peut dresser un important tableau de plusieurs aspects de l'administration du royaume, les activités économiques, les composantes de la société, la culture assyrienne, notamment la religion et l'art. De nombreuses zones d'ombre demeurent puisque la documentation n'est pas répartie de façon homogène selon les lieux, les périodes et les aspects de la vie des anciens Assyriens, du fait de la disparition de nombreuses sources depuis l'Antiquité, mais aussi parce que les découvertes concernent essentiellement le milieu des élites.

Chorasmien (langue)

Le chorasmien (ou khwarezmien) est une langue moyenne iranienne parlée jusqu'au XIVe siècle dans les oasis du cours inférieur de l'Amou-Daria, dans l'ancienne Chorasmie.

La langue est surtout connue par des gloses contenues dans des sources rédigées en arabe après le XIe siècle, et ce jusqu'au XIIIe siècle. Cependant il existe des sources épigraphiques plus anciennes dans un alphabet araméen. Ce sont des légendes de monnaies qui n'ont pas été publiées.

Coup de glotte

Le coup de glotte ou consonne occlusive glottale est une consonne dont la description en phonétique articulatoire est l'occlusive glottale sourde, notée [ʔ] en alphabet phonétique international, ‹ ʾ › dans la transcription traditionnelle des langues sémitiques et ‹ ‘ › dans l'alphabet hawaïen (signe nommé ‘okina) et la plupart des autres langues polynésiennes. C'est parfois une apostrophe ‹ ʼ › qui est employée à la place de ces deux derniers signes.

François-Maurice Allotte de La Fuÿe

François Maurice Allotte de La Fuÿe, né le 6 novembre 1844 à La Rochelle et mort le 13 février 1939 à Versailles, est un militaire, archéologue et numismate français.

Hatra

Hatra (araméen : ḥṭrʾ d-šmš « Enclos du Soleil » ; arabe : al-Ḥaḍr, الحضر, « l'enclos », « l'agglomération ») est une ancienne cité arabe de Haute Mésopotamie, dans le Nord de l'Irak actuel. Elle s'est développée au cours des trois premiers siècles de l'ère chrétienne, en particulier au IIe siècle, alors qu'elle était capitale d'un royaume puissant, allié de l'Empire parthe, et qu'elle résista à plusieurs sièges des armées de l'Empire romain. Hatra fut un important centre religieux, dont la divinité principale était le Dieu-Soleil (Shamash). Son rayonnement s'étendait aux tribus arabes voisines, et elle était sans doute aussi un important centre caravanier. Sa culture était un mélange de traditions mésopotamiennes, syriennes, gréco-romaines et iraniennes, visible notamment dans les domaines religieux, architecturaux et artistiques. Elle fut détruite après la chute des Parthes, par les Perses sassanides d'Ardachîr Ier et Shapur Ier en 241 puis abandonnée par la suite.

La ville est aujourd'hui appelée al-Hadr et se trouve dans la province de Ninive, à environ 290 km au nord-ouest de Bagdad et 110 km au sud-ouest de Mossoul. Les ruines, dominées par plusieurs grands temples et les restes de son imposante muraille, furent fouillées au début du XXe siècle par des archéologues allemands puis, à partir des années 1950, par des équipes irakiennes, avant d'être inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1985 ; elles firent l'objet d'un important plan de reconstruction de la part des autorités irakiennes. Le 7 mars 2015, le site a été pillé et a fait l'objet de destructions perpétrées par l'État islamique.

Histoire de la Mésopotamie

L'histoire de la Mésopotamie débute avec le développement des communautés sédentaires dans le nord de la Mésopotamie au début du Néolithique, et s'achève dans l'Antiquité tardive. Elle est reconstituée grâce à l'analyse des fouilles archéologiques des sites de cette région, et à partir du IVe millénaire av. J.‑C. par des textes écrits essentiellement sur des tablettes d'argile, la Mésopotamie étant l'une des premières civilisations à inventer l'écriture, avec l’Égypte antique.

Les premiers villages de Mésopotamie apparaissent dans le Nord au début du néolithique, même si la région est un espace de diffusion de la domestication des plantes et des animaux et non pas un de ses foyers, qui se situent alors surtout dans l'Anatolie du sud-est et au Levant. Cependant dès le VIIe millénaire av. J.‑C. elle voit le développement de cultures dynamiques, voyant l'expansion progressive des villages agricoles dans toute la Mésopotamie : la culture de Hassuna (v. 6500-6000 av. J.-C.), la culture de Samarra (v. 6200-5700 av. J.-C.) et la culture de Halaf (v. 6100-5200 av. J.-C.) au Nord et au Centre, et la culture d'Obeïd (v. 6200-3900 av. J.-C.) qui voit l'essor du Sud, et exerce une influence importante sur le Nord.

La période d'Uruk (v. 3900-3000 av. J.-C.) voit l'évolution des sociétés mésopotamiennes se poursuivre vers des communautés plus intégrées politiquement et socialement, et culmine dans sa dernière phase, l'Uruk récent (v. 3400-3000) avec l'apparition de constructions politiques que l'on peut caractériser comme des États, et d'agglomérations qui peuvent être qualifiées de villes, en premier lieu Uruk. Cette époque voit également l'apparition de l'écriture, sans doute sur ce dernier site, et la Basse Mésopotamie, reposant sur une agriculture irriguée très productive, joue un rôle de région motrice, influençant de façon marquée ses voisines, notamment la Haute Mésopotamie.

Le IIIe millénaire av. J.‑C. voit la civilisation urbaine du Sud mésopotamien poursuivre son essor. Cette région est alors occupée par deux groupes principaux, ceux parlant le sumérien, et ceux parlant l'akkadien, une langue sémitique. Elle est divisée en un ensemble de petites entités politiques que l'on désigne couramment comme des « cités-États » (Uruk, Ur, Lagash, Umma, Kish, etc.), qui sont unifiées à deux reprises à la fin du millénaire par deux « empires » : l'empire d'Akkad (v. 2340-2190 av. J.-C.) et la troisième dynastie d'Ur (v. 2112-2004 av. J.-C.).

Le début du IIe millénaire av. J.‑C. est marqué par la création de dynasties dans toute la Mésopotamie (et la Syrie) par des rois amorrites (Isin, Larsa, Eshnunna, Mari, Yamkhad, etc.). Cette période de grande fragmentation politique prend fin avec la brève unification de la région par Babylone au milieu du XVIIIe siècle av. J.-C. Après une période obscure mal documentée au milieu du IIe millénaire av. J.‑C., de nouveaux royaumes, plus vastes que les précédents, se partagent la Mésopotamie : au sud les Kassites régnant depuis Babylone, et au Nord le Mittani puis l'Assyrie.

La fin du IIe millénaire av. J.‑C. est une nouvelle période de crise au Moyen-Orient, avec l'effondrement des grands royaumes et l'arrivée de nouvelles populations, en premier lieu les Araméens qui investissent aussi bien la Haute que la Basse Mésopotamie au début du Ier millénaire av. J.‑C. Les souverains d'Assyrie parviennent néanmoins à les soumettre et à étendre leur domination sur les régions voisines, y compris la Babylonie, constituant le premier empire couvrant une majeure partie du Moyen-Orient. Ils sont néanmoins renversés à la fin du VIIe siècle av. J.-C. par les Mèdes et les Babyloniens, ces derniers constituant un nouvel empire, qui s'effondre rapidement, vaincu et remplacé par celui des Perses achéménides en 539 av. J.-C.

Durant les siècles de l'Antiquité classique et tardive, la Mésopotamie est dominée par des empires fondés par des dynasties étrangères : les Perses achéménides d'abord (539-330 av. J.-C.), puis les Grecs séleucides qui succèdent aux conquêtes d'Alexandre le Grand (330-141 av. J.-C.), ensuite les Parthes arsacides (141 av. J.-C.-224 ap. J.-C.) et les Perses sassanides (224-646 ap. J.-C.). Si la Basse Mésopotamie reste une région riche dans ces empires, en revanche la fin des royaumes proprement mésopotamiens signe la fin de l'antique culture mésopotamienne qui disparaît durant ces siècles, avec son écriture cunéiforme caractéristique, et est largement effacée des mémoires jusqu'à sa redécouverte au XIXe siècle.

Lagash

Lagash est une ancienne ville du pays de Sumer, en Basse-Mésopotamie (au sud de l'Irak actuel), et un royaume dont elle était au moins à l'origine la capitale. Cette ancienne cité-État comprenait, en plus de la ville éponyme située sur le site actuel d'Al-Hiba, Girsu (le site actuel de Tello), ville sainte où se trouve le sanctuaire de la divinité tutélaire du royaume, Ningirsu, et d'où proviennent la plupart des découvertes archéologiques et épigraphiques qui permettent de connaître l'histoire du royaume de Lagash.

Les découvertes archéologiques sur les deux sites principaux du royaume recouvrent environ cinq siècles, de 2500 à 2000 av. J.-C. Cela correspond à trois périodes de l'histoire mésopotamienne : le dynastique archaïque IIIB (DA IIIB, 2500-2340 av. J.-C.), la période d'Akkad (2340-2150 av. J.-C.), et la période néo-sumérienne (2150-2000 av. J.-C.). Ce territoire est le mieux connu de Basse-Mésopotamie pour la seconde moitié du IIIe millénaire av. J.‑C., fournissant une documentation majeure sur la civilisation sumérienne, qui a principalement été redécouverte grâce aux fouilles du site de Tello accomplies à partir de 1877. Les avancées scientifiques concernent aussi bien le domaine de l'art, grâce aux nombreuses œuvres exhumées sur place, que les conceptions religieuses et politiques sumériennes et l'économie ou la société, documentée par plus de 30 000 tablettes administratives retrouvées à Tello.

Schème (linguistique)

En linguistique, dans les langues utilisant un Abjad (hébreu ou arabe par exemple), le schème (aussi appelé thème) est la partie du mot complémentaire à la racine ; il s'agit de l'ensemble de consonnes et/ou de voyelles qui « habillent » les consonnes de la racine afin de former des mots. Par exemple, la racine « ك ت ب » KTB (« écrire ») associée au thème [*â*a*a] (« action réciproque ») donne « كاتَبَ » KâTaBa (« s’échanger une correspondance »).

Ce système de transfixes (patrons) et racines (à trois lettres) gît au cœur de la morphologie des langues sémitiques, et est plus particulièrement prégnant dans le cas de l'arabe classique.

Shamash

Shamash est le nom akkadien du dieu-Soleil dans le panthéon mésopotamien. Il correspond au sumérien Utu. Il occupe une petite position secondaire dans la hiérarchie divine par rapport au dieu Lune Sîn, considéré comme son père, et a un rôle effacé dans la mythologie, qui contraste avec la grande popularité dont il a bénéficié auprès des anciens Mésopotamiens comme l'atteste le fait que nombre d'entre eux ont porté un nom faisant référence à ce dieu.

Shamash était vu comme le garant de la justice. Tout comme le soleil disperse les ténèbres, il expose en pleine lumière le mal et l'injustice. Dans la mentalité mésopotamienne, cette fonction de justice a été mise en relation avec celle de guérison, vue comme la libération de l'emprise de maux injustement subis, ou encore avec la divination, Shamash éclairant les messages divins qui apparaissent dans les entrailles d'ovins, dans les rituels d'hépatoscopie très répandus en Mésopotamie ancienne. Cela lui vaut d'être célébré dans de nombreux hymnes et prières qui figurent parmi les plus belles pièces de la littérature mésopotamienne.

Transcription de la Society of Biblical Literature

La transcription de la Society of Biblical Literature est le système de transcription et translittération de l'hébreu biblique et de l'araméen recommandé par The SBL Handbook of Style de la Society of Biblical Literature (en) (SBL), éditeur du Journal of Biblical Literature (en).

C'est l'une des principales normes utilisées dans les publications académiques pour la translittération et la transcription des langues bibliques.

Unicode

Unicode est un standard informatique qui permet des échanges de textes dans différentes langues, à un niveau mondial. Il est développé par le Consortium Unicode, qui vise au codage de texte écrit en donnant à tout caractère de n'importe quel système d'écriture un nom et un identifiant numérique, et ce de manière unifiée, quels que soient la plate-forme informatique ou le logiciel utilisés.

Ce standard est lié à la norme ISO/CEI 10646 qui décrit une table de caractères équivalente. La dernière version, Unicode 12.0, a été publiée en mars 2019.

Totalement compatible avec le jeu universel de caractères (JUC) de l'ISO/CEI 10646, le standard Unicode l'étend en lui ajoutant un modèle complet de représentation et de traitement de textes, en conférant à chaque caractère un jeu de propriétés normalisées ou informatives[Quoi ?], en décrivant avec précision les relations sémantiques qui peuvent exister entre plusieurs caractères successifs d'un texte[Quoi ?], et en normalisant des algorithmes de traitement qui préservent au maximum la sémantique des textes transformés. Unicode a pour objet de rendre un même texte utilisable à l'identique sur des systèmes informatiques totalement différents.

Le standard Unicode est constitué d'un répertoire de 137 929 caractères, couvrant une centaine d’écritures, d'un ensemble de tableaux de codes pour référence visuelle, d'une méthode de codage et de plusieurs codages de caractères standard, d'une énumération des propriétés de caractère (lettres majuscules, minuscules, APL, symboles, ponctuation, etc.) d'un ensemble de fichiers de référence des données informatiques, et d'un certain nombre d'éléments liés, tels que des règles de normalisation, de décomposition, de tri, de rendu et d'ordre d'affichage bidirectionnel (pour l'affichage correct de texte contenant à la fois des caractères d'écritures de droite à gauche, comme l'arabe et l'hébreu, et de gauche à droite).

En pratique, Unicode reprend intégralement la norme ISO/CEI 10646, puisque cette dernière ne normalise que les caractères individuels en leur assignant un nom et un numéro normatif (appelé point de code, ou également runes en langage Go) et une description informative très limitée, mais aucun traitement ni aucune spécification ou recommandation pour leur emploi dans l'écriture de langues réelles, ce que seul le standard Unicode définit précisément. L'ISO/CEI 10646 fait normativement référence à certaines parties du standard Unicode (notamment l'algorithme bidirectionnel et les propriétés des caractères (en)) ; Unicode est également une norme de facto pour le traitement du texte et sert de base à de nombreuses autres normes.

Écriture birmane

L'écriture birmane (birman : မြန်မာအက္ခရာ, [mjàNmà ɛʔkʰəjà], mranma akkha.ra) est un alphasyllabaire aux formes arrondies, utilisé en Birmanie pour l'écriture du birman. Quelques autres langues utilisent une partie des aspects et des lettres de l'écriture birmane, comme le môn, le shan, le s'gaw karen, le pwo karen occidental et oriental, et elle a aussi été utilisée pour la transcription des langues pali et sanskrit.

Le birman s'écrit de gauche à droite, n'emploie pas de majuscules et, traditionnellement, ne sépare pas les mots par des espaces ; avec l'introduction de l'imprimerie, des traits verticaux ont été introduits pour séparer les phrases et les paragraphes pour améliorer la lisibilité. Le système MLCTS (en) propose une translittération fidèle à l'écriture, mais qui ne dit rien de la prononciation. Il n'existe pas de transcription romanisée officielle. Unicode a un emplacement pour les langues de Birmanie, incluant le shan, le karen et le môn moderne.

Alphabets
Alphabets consonantiques (ou abjads)
Alphasyllabaires (ou abugidas)
Syllabaires
Écritures logographiques ou apparentées
Ductus

Dans d’autres langues

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